Azzura

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Aeryn Derann - guérisseuse en devenir

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◈ Missives : 48

◈ Âge du Personnage : 23 années
◈ Alignement : Loyal bon
◈ Race : Eleär
◈ Ethnie : Eleär de l'aube
◈ Origine : Seregon, Desde
◈ Localisation sur Rëa : Desde
◈ Magie : Magie astrale : guérison.
Cependant son niveau de pratique est très faible. Elle cherche quelqu'un qui pourrait lui apprendre.
◈ Fiche personnage : Aeryn

Héros
Aeryn Derann

◈ Jeu 30 Juin 2016 - 19:20

◈ Prénom : Aeryn
◈ Nom : Derann
◈ Sexe : Féminin
◈ Âge : Vingt-trois années
◈ Date de naissance : Troisième jour d'Auldera, année 67 de l'ère des rois
◈ Race : Eleär
◈ Ethnie : Eleär de l'aube
◈ Origine : Seregon, Desde
◈ Alignement : Loyal bon
◈ Métier : Elle n'en a pas encore, mais aspire à devenir guérisseuse

Magie


Magie astrale - Guérison

Aeryn pense que c'est le destin qui lui a donné son don. Elle qui est née et vit pour soutenir les personnes dans le besoin, ce pouvoir ne fera que renforcer l'aide qu'elle pourra apporter. Cependant, elle ne sait pas s'en servir. Elle ne l'a usité que peu de fois, quelques unes sur des égratignures de petite envergure, mais aussi sur un homme dont la jambe avait été perforé par un couteau. Cependant, cela n'a fait qu'aggraver son cas. À présent, elle connaît les risques et ne veut pas s'essayer sur des personnes qui dépendent d'elle. Elle cherche quelqu'un qui pourrait la conseiller, l'amener à s'améliorer dans cette voie.
« Aujourd'hui, on est allé se promener avec Aaron. Je l'ai défié à la course, et ce vieux loup est tombé à cause d'une racine, cachée à cause des feuilles mortes. Il s'était bien égratigné ! Le sang coulait à flot sur son bras. Du coup, j'ai pris de quoi lui faire un onguent dans mon sac, et quand j'ai approché mes mains de sa plaie pour le lui appliquer, elles ont lui ! » Aeryn soupira « Cela a arraché à ce pauvre Aaron un cri de douleur. Je ne sais vraiment pas ce que c'était. Aaron m'a dit que c'était de la magie, et qu'il faudrait que j'en parle à Emea. Quoi qu'il en soit, sa plaie s'était légèrement refermée ! » Elle regarda sur le côté, gênée, mais avec un sourire en coin. « Après, il a tenu à appliquer l'onguent tout seul... Allez savoir pourquoi ! » La jeune femme croisa ses jambes. […] « Bon. Je vais me coucher, je vous souhaite une bonne nuit... Je vous aime. »

Compétences, forces & faiblesses


> Art des sages
(Métier engagé : Guérisseuse)
- Lecture & Écriture : Avancé
= Lectures de poèmes et de conte, d'ouvrages délicats puis médicaux. Les mots compliqués, les termes adaptés et les jolies tournures de phrases. Dommage que cela ne se cantonne qu'à une seule langue.
- Herboristerie (pigmentation et vertus médicales) : Avancé
= L'apprentissage commença tôt, par des jeux et la curiosité infantile. Il continua avec la ferveur et la conviction de pouvoir faire, plus tard, la différence. L'art de mêler l'étude des plantes pour le dessin avec des pigments ou la médecine pour les cataplasmes et infusions.
- Médecine (Anatomie) : Novice
= Principalement orientée sur les animaux, l'étude est encore balbutiante d'autant qu'elle est effectuée avec écœurement.

> Compétences libres
- Natation : Intermédiaire
= Nager comme un petit poisson dans les eaux calmes et tempérées.
- Équitation : Avancé
= Promenades, galops dans les bois et connaissance de l'animal dans ses soins et ses besoins. Un lien d'amitié et de connivence, offrant à la cavalière une bonne assise.
- Artisanat (Dessin fusain / peinture) : Avancé
= Un exutoire pour oublier un traumatisme, de longues journées puis des années entières à aiguisé la technique, personnaliser les traits et les courbes puis donner vie aux motifs.
- Survie en milieu sauvage : Intermédiaire
= Grâce à la connaissance des plantes, il est bon de reconnaître ce qui est poison ou urticant. Reconnaître son environnement, s'y orienter en journée ou encore savoir filtrer de l'eau stagnante et se construire un petit abris de fortune.
- Pistage de la faune : Novice
= Trouver les passages commun des bêtes, reconnaître quelques traces dans la boue fraîche, savoir se mettre toujours face au vent.
- Connaissance de la faune et de la flore : Intermédiaire
= Du plaisir de l'observation prolongée d'un animal ou du recensement des plantes dans les environs proches. Savoir le mode de vie des animaux communs et généralement herbivore de la région.

Forces :

- Forte psychologiquement
Aeryn est très résistante mentalement. Son positivisme ainsi que son relativisme lui permettent de surpasser les épreuves que la vie lui met sur son chemin.

- Très bonne cavalière, nageuse et coureuse (grande endurance)
Ces talents, elle les acquis avec son tuteur Aaron, avec qui elle s'entraînait dans ces activités physiques. Elle prenait d'ailleurs ces séances comme un jeu, elle qui aime tant se dépenser.

- Bonne observatrice
Le dessin lui apprit à observer les détails d'une scène, d'un objet ou d'un être et rendit son regard particulièrement alerte. Elle possède en plus une mémoire visuelle qui lui permet de garder une image longtemps en tête dans ses moindres détails.

- Très bonne artiste
L'art. Sa passion depuis qu'elle est enfant. Nul besoin d'expliquer à quel point cet exutoire lui est précieux. Elle dit même que c'est le dessin qui l'a sauvé de son traumatisme étant enfant.

- Bonne traqueuse
Aaron voulut lui apprendre à chasser un jour, mais la jeune fille refuse de faire du mal elle-même à un animal. Quand il s'agit de traquer la créature, suivre ses traces tout en couvrant les siennes, elle est devenue maître en la matière. Sa vision d'aigle couplée à sa capacité de déduction lui permettait facilement de suivre et de trouver la bête. Mais quand il s'agit de tendre son arc pour tuer, c'est une toute autre histoire. Plus globalement, la violence même lui fait horreur.

Faiblesses :

- Naïve
La jeune elfe se laisser berner assez facilement. Elle est jeune, et son positivisme exacerbé la pousse à penser que tous les individus sont dotés de bonnes intentions.

- Aucune prédisposition au combat
La violence ? C'est un mot qui n'existe pas dans son vocabulaire. Elle ne veut pas en faire l'usage, c'est inutile et destructeur. (Et puis parfois, si ça tourne vraiment mal, elle a de très bonnes jambes pour les prendre à son cou)

- Ne sait pas mentir
A chaque fois qu'elle essaye, la pauvrette devient rouge pivoine et commence à bégayer. De plus, la jeune elfe n'a pas l'air de croire à ses propres mots. Ce qui, vous en conviendrez, enlève en crédibilité.

- Peu de force physique
Elle possède une très grande endurance, mais quand il s'agit de force brute, c'est une tout autre histoire ! Ses mouvements, délicats et réfléchis, ne résultent jamais d'impulsions musculaires dues à la hâte ou à l’énervement.

- Langue : Elle ne parle qu'une seule langue, le nymeriin. Elle aimerait cela dit apprendre la langue des Valduris en Rhaemond, le rhaedar.




Physique


Aeryn est une jeune Eleär dont, comme ses semblables, la beauté est aveuglante. La voir entourée d'un halo de lumière ne serait aucunement étonnant. Ses longs cheveux d'argent, laissés libres de bouger au gré de ses mouvements, sont souples. Ils ne sont ni trop lisses, ni bouclés. Cependant, sous la pluie,  ils prennent un aspect ondulé vraiment plaisant à voir. Les laissant libres, ceux-ci se retrouvent souvent devant son visage, ce qui lui donne un petit aspect sauvage. De plus, la belle passe beaucoup de temps dans la forêt, et revient donc de ses longues balades avec une toute nouvelle coiffure, parée de petites branches ou de végétaux en tout genre. Son visage est semblable à ceux des poupées de porcelaine, sans défauts ni angles disgracieux.  Il n'est cependant pas en tout point semblable à ces poupées d'une perfection incroyable, puisque sa peau est légèrement basanée, du aux sorties plus que fréquentes. Bien qu'elle essaye de se cacher le plus possible du soleil, il aura toujours raison d'elle, même derrière sa capuche et les arbres touffus.
Son doux regard, ses pupilles brillantes, toujours en mouvement, rappellent celles de son père. Ses iris sont remplis de cette faible lueur argentée, dont les reflets apportent un bleu clair timide, entourées d'un gris foncé. C'est certainement ce détail qui rend son regard si pénétrant, si perçant. Ses yeux sont surplombés par des sourcils fins, parfaitement arqués. Cependant, ceux-ci sont noirs, créant un contraste avec sa longue crinière d'argent.

Son visage ne serait pas aussi beau sans son éternel sourire. La jeune femme, très expressive, arbore tout le temps un air radieux de bonheur. C'est ce sourire qui la rend si rayonnante aux yeux extérieurs. Cette bouche… se tordant légèrement pour laisser paraître ce petit bout de joie est irrésistible.
Du haut de ses cinq pieds et quatre pouces de haut, la demoiselle ne se débrouille pas trop mal. Elle fait preuve d'une agilité et d'une grâce certaine pour se mouvoir, ce qui est chose commune pour une Eleär. Cependant, elle ne fait aucunement usage de cet avantage en combat. La pauvre ne serait pas capable de tenir une épée, ni de porter le moindre coup. Pourtant, elle a hérité de la morphologie de sa mère. Des épaules assez larges, un dos musculeux mais fin, des hanches de cavalière et des jambes puissantes, galbées. Une musculature sèche développée sans aucun doute par le biais des escapades multiples dans la forêt. D'ailleurs, on peut voir les effets de ceux-ci sur son physique. Ses mains ont l'air d'être usées, ont perdu de leur douceur. Elle ne se débarrasse que difficilement des impuretés sous ses ongles, qui les rendent noir à leurs extrémités. La terre s'y niche facilement et une fois installée, il est très dur de s'en séparer. Ses vêtements sont salis aussi très rapidement, et bien que lavés, ils ont un aspect usés dus aux déchirures faîtes par les branches ou toute végétation '' agressive '' surtout sur les étoffes qui ne sont que de qualité basique.


Caractère


Aeryn est comme une enfant. Une enfant très... dispersée. Elle pense à faire une chose, puis la seconde d'après en commence une autre. Elle est imprévisible. Son cœur et ses envies la mènent à prendre des chemins que personne ne prendrait. Ou, du moins, pas dans cet ordre là. Elle savoure la vie dans son ensemble, profite de chaque instant. C'est autant une bénédiction qu'une malédiction car les sentiments sont amplifiés, autant dans les bons que les mauvais moments. Mais elle fait face à cela en gardant un esprit objectif, en tirant toujours le positif du négatif. Elle a gardé ce même trait de caractère qu'elle possédait déjà étant enfant : la curiosité. Elle ne se lasse jamais de découvrir. Elle est assoiffée de connaissance. Cependant, elle trie les choses qu'elle veut apprendre, les remet à plus tard si elle ne lui corresponde pas encore. Par exemple, l'art de se battre. Elle ne sait pas faire une telle chose. Aeryn, en réalité, ne ferait pas de mal à mouche. Elle est tout à fait dénuée de sentiments belliqueux, et n'est absolument pas rancunière. Même si les Vreën sont la cause directe de la mort de ses parents, elle se dit tout simplement qu'elle ne peut rien y faire. Le roi des Valduris a été juste avec les Eleär, en arrêtant les personnes mal-intentionnées à leur encontre.  Cependant, la jeune elfe trouve que la peine de mort est trop sévère, même pour les pires des crimes. Si on exécute une personne au nom de la justice, on devient nous-même un tueur. Vous l'aurez compris, la jeune femme aimerait vivre dans un monde enchanté, dénué de mensonges, de meurtres ou de méfaits. Elle est certainement l'incarnation vivante de cette psychologie.
Aeryn n'a encore jamais ressenti la haine, et si elle fut parfois en colère, celle-ci se transformait instantanément en tristesse.  Mais il n'est pas bon pour une personne d'être trop bon ou trop mauvais. Dans le cas de la jeune femme, cela la conduit dans une éthique démesurée. Elle partira toujours du principe que vous dîtes la vérité et que vous êtes sincère, même si vous êtes un louche maraud en longue cape noire, une épée ensanglantée à la main, avec un cadavre encore chaud à vos pieds, et que vous affirmez être innocent. Elle vous laissera le bénéfice du doute jusqu'à ce que lumière eût été faite sur l'affaire. Ce qui est en soit, très noble, et aussi très naïf. Aeryn donne toujours sa confiance très facilement. Elle la donne même à tout le monde. Elle partira toujours du fait que ce que vous dîtes est la '' vérité vraie '' et qu'il ne pourrait en être autrement. « Mais à quoi pourrait servir le fait qu'il ou elle me mente » pense-t-elle parfois. Elle est comme les enfants, qui ne remettent jamais en doute la parole des parents. Elle pose aussi beaucoup trop de questions, se questionne sur tout. Et tout comme les enfants, possède leur honnêteté désarmante. Elle dit ce qu'elle pense au moment où l'idée même lui traverse l'esprit. Ce qui fait d'elle une grande pipelette.

C'est une jeune femme qui reste perturbée par le drame qu'elle a subit étant enfant. Elle fait encore des cauchemars sur la mort de ses parents. Son subconscient y ajoute des monstres et scènes qui n'ont jamais eu lieu, son esprit d'enfant ayant agrémenté la scène au fur et à mesure des années. Si bien que parfois, elle ne sut faire la différence entre son rêve et ce qu'il s'est réellement passé ce soir là. Être orpheline n'est pas chose aisée, surtout quand on sait à quel point les Eleär sont proches de leur famille. Aeryn sait que ses parents sont là, quelque part, errant dans un monde différent mais semblable au sien. Chaque jour ou presque, en fin de soirée, elle prend du temps pour leur parler de sa journée et des événements passés. Même si elle ne les voit pas, elle sait qu'ils sont là, à l'écouter. Cela la motive à avancer et à affronter les difficultés à venir.

Emea et Aaron sont les personnes qui l'ont aidée à traverser cette sombre période de sa vie, même si elle fut sa première. Ils sont, par ailleurs, devenus ses parents de substitution. La matriarche lui apprit les fondamentaux théoriques sur la vie, et releva le niveau petit à petit en fonction de ses connaissances personnelles. Aeryn se découvrit par exemple une passion pour la médecine, et à travers elle, espère un jour devenir guérisseuse. Elle apprit aussi à aimer et respecter ses aînés, et se fier à leur connaissance en s'en imprégnant le plus possible. Si avec la matriarche, elle aiguise son esprit avec les arts théoriques, c'est avec Aaron que, sans nul doute, c'est la praticité qu'elle améliore. Mettre en pratique la théorie inculquée par Emea n'est pas toujours chose aisée, mais Aaron l'aidait beaucoup dans ce genre d'entreprise. Quand il ne l'aidait pas à chercher des plantes rares et à en faire des onguents, les deux grands enfants faisaient la course à pied, à cheval, à la nage. Aeryn s'est même quelques fois intéressée à la chasse, mais ce n'est pas une activité qu'elle apprécie. De surcroît, son apprentissage de l'archerie s'est révélé être un fiasco... Mais elle conserve des attributs telle que la traque en elle-même. La recherche d'indices, de traces. Rester invisible, inaudible et inodore pour que la bête ne s'enfuît pas à son approche. La discrétion est un de ses points forts, qui excelle grâce à Aaron.
La dichotomie de l'éducation donnée par l'Ancienne et le soldat ont forgé ce qu'elle est, une personne jeune et énergique, passionnée par tout ce qui l'entoure.

« Papa, maman. Aujourd'hui, Emea m'a dit que j'avais été choisie par la magie comme réceptacle. Moi je pense que c'est le destin qui m'a fait un don, et il faut que je l'utilise à bon escient. Je vais enfin trouver ma place dans la grande toile de la vie. Je pense qu'elle est une immense peinture. Chaque coup de pinceau représente la vie d'une personne, dans un coin du monde. Seule, elle n'est rien, mais reliée à d'autres traits, elle forme quelque chose de beau, de merveilleux. Elle raconte une histoire. Le destin est le peintre, et il sait ce qu'il fait. Chaque trait a son utilité, son dessein. J'ai compris le mien. »


Inventaire


En sortie :

- cheval nommé Et'ar (black forest chestnut)
- sac en toile
- bourse
- grande boîte en bois avec herbes médicinales et différents pigments ainsi que de l'encre
- petite marmite

Chez elle :

- Quelques tenues en tissu (de ville, de balade et de cérémonie)
- Équipement en cuir bardé de fer de sa mère ainsi que sa lance et bouclier d'excellente facture ( elle les garde en souvenir car n'en a absolument pas l'utilité. Même s'ils lui vont comme un gant)
- Collection des œuvres de son père. (Peintures, lettres, poésies, chants, ballades, croquis...)




Histoire




L'histoire d'Aeryn commença dès l'instant où Alyse posa les yeux sur Eyden. C'était la première fois qu'il venait dans cet endroit, et, de peur que ce ne soit la dernière, la guerrière alla vers lui pour écouter de plus près sa voix mélodieuse. Ils étaient dans les jardins de la garnison d'An'daerel. Alyse aimait rester proche de la nature pendant son temps libre et cet endroit était tout indiqué. À la fin de la chanson, alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour complimenter le chanteur, il s'approcha rapidement et posa son index sur les douces lèvres d'Alyse et dit : « Charmante créature, celle-ci t'es dédiée » et entonna une magnifique chanson, une poésie chantée, sur la beauté guerrière qu'il avait en face de lui. Très rapidement, il se virent de plus en plus souvent, et malgré leurs différences, tombèrent amoureux l'un de l'autre. Cinq ans plus tard, ils prirent la décision de s'unir pour la vie et l'année suivante, Alyse tomba enceinte. Cette dernière, important élément de la cavalerie moyenne depuis bien des décennies, allait devoir quitter l'armée des Eleär de l'aube pour mener une vie bien plus tranquille. Le choix déchira son cœur, mais il le fallait. La décision était donc prise. N'étant pas bien fortunés, ils choisirent une maison familiale dans un village près de la frontière de Rhaemond, se trouvant à une petite heure de marche de la ville d'An'daerel. Les jours, les mois s'écoulaient lentement, très lentement pour Alyse, qui supportait de moins en moins de rester inactive. Le troisième jour d'Auldera arriva, en l'année soixante-sept de l'ère des rois où la petite, toute petite Aeryn pointa le bout de son nez.

Les Derann menaient une vie simple, sans trop de richesses, et cela leur convenait parfaitement. Dès la naissance, Aeryn était détentrice d'une curiosité insatiable. Alors que ses grands yeux bleus-gris se posaient sur une chose inconnue et mystérieuse, le bébé entreprenait la grande quête d'aller vers elle et de puiser tous les secrets qu'elle contenait. Si bien qu'il fallût redoubler d'attention et de surveillance pour qu'elle n'aille se rendre malade à goûter la peinture de papa, ou à mordre dans la cuirasse de maman. C'est d'ailleurs à ce moment précis qu'elle perdit sa toute première dent. Alyse aimait plus que tout s'occuper de sa fille et la voir grandir, mais l'armée lui manquait cruellement. Les entraînements quotidiens, ses amis,  les combats. Les jours passaient, et elle perdait le sentiment d'utilité qu'elle possédait quand elle était encore membre de la cavalerie. Elle se sentait vide de sens. Elle en parla à Eyden, qui lui conseilla de retrouver son ancienne place.

Ils auraient en plus une rentrée d'argent un peu plus élevée, et l'artiste n'aurait plus besoin de travailler d'arrache-pied chaque jour pour vendre ses peintures rapidement. Car finalement, la vente ne lui rapportait que ce dont ils avaient besoin pour vivre, et cela ne laissait pas beaucoup de places aux dépenses secondaires. Les toiles étaient très chères, et comme il voulait rester près de sa femme et sa fille le plus souvent possible, il devait payer un coursier pour livrer la peinture. Certes, nobles et bourgeois s'arrachaient ses œuvres, mais il aimait aussi prendre son temps pour en finir une, qu'elle soit parfaite. D'ailleurs, profitant de sa renommée, il avait même demandé à ses clients de leur envoyer leurs commandes par coursier pour vraiment rester chez lui le plus possible. C'était d'ailleurs selon lui, une '' idée de génie ''. Grâce à ce stratagème, il avait des demandes précises, il savait donc quoi faire pour satisfaire le commanditaire. Eyden avait aussi décidé d'arrêter son métier de barde, et n'allait plus dans les tavernes ou les jardins pour chanter et jouer du luth. Il écrivait toujours des chansons quand l'inspiration lui venait, mais les réservait à sa famille. D'ailleurs, nombre de bardes ne conservent pas leurs chansons, vu que c'est un art majoritairement oral. Cependant, Eyden, dont le réseau de connaissances était vaste, récupérait des peaux d'animaux pour créer ses propres parchemins. Il connaissait nombre de chasseurs et d'éleveurs de la région, et dès qu'ils le pouvaient, ils ramenaient les peaux des bêtes tuées, pour Eyden. Certes, elles étaient de ce fait souvent abîmées, mais une fois recousues et lissées, les parchemins qu'il réussissait à créer étaient tout à fait respectables. Pour ce qui était des plumes, il demandait à sa dulcinée de chasser un oiseau spécial qui lui fournirait la plume pour l'effet désiré sur le papier. Quand il écrivit son codex sur les plantes et les minéraux, il y a bien des années de cela, il avait relié les feuilles entre elles avec des crins de cheval. Certes, ce n'était pas élégant, mais c'était fort pratique et très solide. L'encre, il la fabrique lui-même grâce à ses connaissances dans les pigments. Avant de rencontrer Alyse, il avait énormément voyagé, et créée des couleurs dont peu de peintres peuvent se vanter.

La petite Aeryn n'avait même pas un an donc, quand sa mère reprit du service dans l'armée des Eleär de l'aube. Elle avait demandé cependant une affectation moins importante que son ancien poste, dans la surveillance des frontières. Ayant un enfant, elle n'avait donc pas obligation de résidence, mais ne devait pas manquer les entraînements réguliers dans la caserne de la ville d'An'daerel. Elle aurait pour mission de surveiller les frontières la nuit, en cas d'attaques des Valduris.
Alyse détestait les Valduris. Eyden les trouvait passionnants. Cette divergence d'opinion a d'ailleurs parfois déclenché des disputes au sein couple. Alyse les voyait pour ce qu'ils étaient, avec une approche plus terre à terre, alors que l'artiste, le barde, les voyait de manière utopique, même poétique. Elle les voyait comme un danger, il les voyait comme une source d'inspiration. « Ils sont tels des fleurs, disait-il, ils ne vivent guère longtemps, et chaque jour suivent leurs désirs comme les fleurs suivent le soleil, sans jamais les atteindre. Ils ne sont et ne seront jamais assez satisfaits de ce qu'ils possèdent déjà. »

Alyse avait été affectée à la surveillance de nuit. Ses yeux de lynx scrutaient la forêt avec intérêt, sans jamais faillir. Elle allait bientôt être rejointe par un nouveau camarade, donc elle ne s'inquiéta pas des bruits de pas qu'elle entendait monter dans les escaliers de la tour de guet. Elle se demandait déjà qui allait bien pouvoir remplacer Emphyr, qui agrémentait très joyeusement les nuits de garde. Elle espérait que ce ne soit pas quelqu'un de grognon, ou pire, quelqu'un de silencieux. Les nuits étaient terriblement longues dans le silence. La personne était enfin arrivée en haut. Elle tourna doucement la tête, pour se faire une idée de l'Elëar avec qui elle passerait la nuit, et écarquilla ses grands yeux bleus de surprise. Elle se leva rapidement, poussa la chaise en bois avec force qui frotta sur le sol en pierre avec un bruit désagréable, et sauta sur le nouvel arrivant. Elle l'étreignit de toutes ses forces en criant presque : « Aaron, je suis tellement contente de te voir ! Mais que fais-tu ici ? » Il profita de cette étreinte avant de répondre : « J'ai été muté, et je voulais revenir près de la forêt. J'ai pensé que te rejoindre serait agréable. » Il mentait. Il avait lui-même demandé le changement dès qu'il sût qu'Alyse revenait dans l'armée, pour être auprès d'elle. Mais il ne lui avoua pas. En fait, il n'avait pas besoin. Elle savait sûrement déjà. Tournés vers l'horizon, ils se racontaient les nouveautés dans leurs vies, et se remémoraient les souvenirs d'antan.

Trois années merveilleuses passèrent ainsi. La nuit, Alyse était de garde aux frontières, elle dormait un peu au matin et vers le midi, rejoignait sa fille et son mari pour le reste de la journée. Eyden avait un peu de mal à gérer Aeryn au début, tant elle voulait aller partout, tout le temps, et à la moindre seconde d'inattention elle pouvait se volatiliser. Il fallait donc une surveillance constante. L'après-midi, c'était l'heure de la sieste pour la petite, et les deux parents pouvaient enfin profiter d'un peu de temps ensemble. Mais il était de courte durée, allant d'une heure à deux maximum. Et souvent, le soir, Aaron les rejoignaient pour souper, et ensuite, Alyse et lui retournaient au poste de guet, un peu avant s'il y  avait un entraînement. Ce soir là, il n'y en avait pas, et Alyse put rester un peu plus tard le soir. Ils étaient tous à table, dînant joyeusement. Aaron avait ramené un magnifique morceau de cerf à déguster et Eyden l'avait cuisiné toute la journée. (Aaron était chasseur à ses heures perdues.)
Le repas était délicieux, tous mangeaient de bon cœur. La soirée, comme toutes les autres, se déroula rapidement. Quand il fut l'heure de s'en aller, comme chaque soir, Alyse étreignit sa toute petite fille, et embrassa tendrement son mari, puis partit avec Aaron. Trois autres elfes les attendaient cette nuit là, devant la tour de guet. « La garnison a décidé d'augmenter les effectifs de surveillance. Il y a eu une tentative d'attaque au niveau de la frontière nord-ouest. »

Cette nuit là, la forêt était particulièrement silencieuse, et cela n'annonçait rien de bon. Alyse avait un très mauvais pressentiment. En fin de nuit, ils aperçurent au loin de rapides lumières qui s’éteignirent immédiatement. « Ce sont eux, chuchota l'un des gardes. » Il prit Aaron part le bras, et appela l'un de ses compagnons à le suivre. Il dit au dernier de prévenir la garnison d'An'daerel le plus vite possible. Alyse se dit que c'était une très mauvaise idée de partir à leur rencontre. De plus, elle devait rester ici pour surveiller le moindre mouvement suspect. Ils partirent à cheval, silencieux tels des ombres. Elle restait là. Impassible. La chaleur montait bien que la fraîcheur matinale s'installait. Un cri retentit dans la nuit, au loin. Là où les gardes étaient partis jouer les éclaireurs. Elle allait pour les rejoindre, quand elle entendit des chevaux lancés à une allure folle, qui passèrent près de la tour, puis la dépassèrent. Elle comprit. Ses compagnons s'étaient jetés dans une embuscade pendant qu'une autre  escouade attaquerait le village. Elle jura férocement, et sauta sur son cheval pour les rattraper. Des cris. Des pleurs. Des flammes.

La maison des Derann était la plus lointaine du village, si bien qu'elle fut épargnée par le feu. Alyse, arrêta son cheval en catastrophe, courut vers sa chambre et réveilla son mari brusquement. « Eyden. Prends Aeryn avec toi, et fuis vers An'daerel, sors par derrière, mon cheval y est sellé. J'essaierai de te rejoindre le plus rapidement possible » Alyse se glissa dans l'entrée. Il n'y avait personne, elle sortit donc avec précaution, scrutant les alentours. Il n'y avait rien, du moins pas encore. Des hurlements de douleur et de tristesse s'élevaient partout dans la ville en feu. Elle décida d'avancer encore, au moins jusqu'à la prochaine maison. Un des Valduris la vit, et courut dans le sens inverse pour prévenir ses alliés. Elle empoigna alors fermement sa lance vers le haut et la lança de toutes ses forces vers l'ennemi. Il s'effondra dans un bruit sourd. Elle entendit son cheval hennir et se retourna, pour vérifier si son mari et sa fille avaient pu fuir à temps. Un ennemi cria quelque chose dans sa langue incompréhensible, ayant l'air de donner un ordre. Un archer tendit son arc vers Eyden, qui commençait à partir au trot, puis au galop. Alyse vit rouge. Elle se jeta férocement sur l'archer en sortant son épée. Mais ce fut trop tard, la flèche était déjà partie. Elle enfonça sa lame dans le cœur de l'archer sans aucune hésitation, et effectua un volte-face pour s'occuper de son supposé commandant. Elle regarda au loin. Le cheval galopait toujours, avec son cavalier. Rassurée, elle se focalisa sur son propre combat.

Eyden mis sa main sur son côté droit pour étouffer la blessure. Il avait été touché par une flèche, venue de nulle part. Avec peine, il déchira une partie de son haut en tissu, et le serra contre sa taille. Il devait veiller à bien tenir Aeryn, et pour cela, il ralentit l'allure quelques secondes.  Il plissa les yeux... La douleur, en plus de l'obscurité, lui assombrissait la vue, bien qu'il fut bientôt l'aube et qu'il ne faisait pas totalement noir. Sur le côté de la route, un cheval paniqué et blessé était allongé, et émettait de faibles hennissements. Il eût le temps de remarquer le cadavre d'un Eleär au sol, portant la même armure que son aimée. Il devait sûrement prévenir An'daerel, et il n'a pas pu finir sa mission. Le meurtre avait été commis il y a quelques minutes déjà, et les tueurs étaient déjà repartis vers le village en empruntant un autre chemin que la route principale. Mais cela, Eyden ne le savait pas. Il serra Aeryn contre lui. Oh... Comme il l'aimait… Il devait rejoindre An'daerel le plus vite possible... Il se vidait de son sang. Il espérait de toutes ses forces qu'Alyse s'était mise en sécurité... Bien qu'il sût que la guerrière ne ferait jamais une chose pareille.. Une larme coula sur sa joue. Il souffla, pour Aeryn et pour lui même « Je suis tellement désolé... »

La fière guerrière était au milieu de pas moins de cinq cadavres à ses pieds. Chancelante, elle avait été blessée au mollet, à la cuisse, ainsi qu'à l'épaule gauche. Trois mercenaires surgirent alors, apparaissant tels des fantômes. Ils tournaient autour d'Alyse, tels des charognards attendant que leur cible s'épuise. Elle était sur ses gardes. Les autres, elle avait les tué un par un, sans trop de problèmes... Ils étaient trois en même temps à présent. Elle para le premier coup, mais l'homme qui était derrière elle attaqua peu après. Elle ne le vit pas à temps, et fut dépossédée de son bouclier, avec un craquement sourd. Elle cria de douleur. Son coude avait rompu sous le poids de l'attaque. Le sang ruisselait à présent sur elle, rendant sa main glissante. Elle passa à l'offensive. Ses deux premiers coups furent parés, mais le troisième tua son adversaire sur le coup. Il ne restait que deux guerriers. Ils attaquaient, inlassablement, l'un après l'autre. Un rythme qu'Alyse ne put tenir. Elle puisa dans ses derniers retranchements, ses limites. Elle hurla de toutes ses forces et attaqua ses adversaires. Elle en toucha un légèrement au bras, le déstabilisant. Elle lui donna un coup avec son épaule valide, le faisant alors tomber. Elle allait l'achever, quand une épée la transperça.

Aaron arriva à ce moment précis. L'embuscade qui leur avait été tendue avait emporté les deux autres elfes. Lui en était revenu vivant. Entendant les cris venant du village, il y  était retourné et découvrit avec horreur la scène à laquelle il venait d'assister. Son visage, ensanglanté, se tordit de douleur. Le cavalier fit galoper son cheval sur la dernière ligne droite, écrasant sans pitié le Valduris à terre, sauta de sa selle, saigna au cou le dernier mercenaire encore debout de sa lame parfaitement aiguisée. Aeryn était à genoux. Il accourut vers elle, et la retint de tomber. « Ne meures pas, je t'en prie... » Elle lui répondit par un sourire. « Mon ami...Veille sur Aeryn et Eyden… S'il te plaît. » Il acquiesça, sans un mot, les yeux embués de larmes et la gorge trop serrée pour pouvoir parler. Elle ferma les yeux. Toute la terre tournait. La nature reprenait le cadeau le plus précieux qu'on lui ait jamais offert. Elle perdait prise. Alyse chuchota « Merci... » Et ce furent ces dernières paroles, sombrant ensuite parmi les ombres, pour l'éternité. Aaron pleurait, tout le village autour de lui était terriblement silencieux. Les cadavres de connaissances, d'amis, jonchaient ici et là, figés dans dans leur expression de terreur. Le feu avait dévasté la plupart des maisonnées, mais quelques unes en avaient réchappé, comprenant celles des Derann. Les pleurs des survivants montaient dans les airs, et le jour se leva.

Eyden arriva à An'daerel. Aeryn pleurait bruyamment, et c'est ce qui alerta la population aux alentours. En chuchotant, ne pouvant produire un son plus fort, il expliqua aux gardes avec grande peine ce qu'il s'était passé. Lui et Aeryn furent escortés chez le médecin le plus proche, et une patrouille envoyée au village.
Eyden n'était pas dupe. Il savait que sa vie touchait à sa fin. Ses yeux ne voyaient plus, sa respiration était faible. Son cœur battait de moins en moins vite. Il avait perdu bien trop sang à présent. Il aurait tellement voulu laisser quelque chose pour sa femme et sa fille. Un dernier mot, dessin ou chant. Quelque chose, qu'elles puissent garder avec elles en son souvenir. Il regretta de ne pas avoir son aimée avec lui pour cette dernière épreuve. Il l'imagina alors, souriante, à son chevet. Elle tenait Aeryn dans ses bras, qui était en train de dormir. Il s'éteignit avec cette image, rassuré…

Aaron arriva à An'daerel un peu plus tard. Son visage, pâle, inspirait toute la tristesse du monde. Il descendit de cheval, Alyse dans ses bras. Il fut conduit chez le médecin. Trouvant là le cadavre d'Eyden, sur le premier lit, le guerrier tomba à genoux. Il voulait que le cauchemar s'arrête. Il voulait se réveiller. Maintenant. Il serra une dernière fois Alyse dans ses bras, se releva, et la déposa délicatement près d'Eyden, sans un mot. Il ne voulait plus vivre. Il ne voulait plus exister. Il ne voulait plus ressentir. Une violente douleur dans la jambe et le torse le fit tomber, inconscient.

« Shht petite, ne t'inquiète pas, il se réveille. Laisse-lui le temps. » Aaron émergea. Il vit la tête d'Aeryn dépasser du lit, affichant un regard plein d'espoir. Elle grimpa sur le lit avec difficulté, et se blottit contre lui. Il laissa échapper un râle de douleur. Elle s'appuyait certainement sur une côté fêlée. Mais il voulait qu'elle reste là, contre lui. Il était donc dans cet endroit bien éclairé, dans un lit bien confortable. Le soleil était apparemment déjà bien haut dans le ciel. Des bribes d'images, sanglantes et brutales refirent surface. Il se souvint. Il entoura de ses bras la petite elfe. Il la croyait morte, elle aussi…

La médecin qui était encore là lui décrivit ses blessures. Il en avait certes de petites, mais en nombre. Une côte fêlée, une entorse à la cheville, un claquage à la cuisse et quelques coupures et bleus sur le corps. Rien de bien méchant, mais cela mettrait du temps à bien se remettre. Il n'avait autorisation de sortir qu'après une semaine de repos, et avec une béquille. Quant à la reprise de service, elle ne pourrait s'effectuer que bien plus tard, quand il se serait complètement remis.
Plus tard, il reçu la visite de son officier, qui voulait toute la description de l'attaque, dans ses moindres détails. Il partit une heure après, faire son rapport à ses propres supérieurs.

Aaron était là, assis dans son lit, pensif. Aeryn est en vie. Il avait promis à Alyse de la protéger. Leur maison est encore intacte dans le village, mais Aaron ne voulait pas que la petite elfe y retourne. Comment allait-il veiller sur elle ? Qui allait s'en occuper quand il était de garde ? Que de questions sans réponses. Il décida d'aller voir la petite, dans la chambre au dessus. Il prit sa béquille, et se leva avec une grimace de douleur. Sa jambe droite était meurtrie. Il fallait qu'il se repose dessus le moins possible. Les escaliers étaient son pire ennemi. Il les gravit avec une lenteur qui lui fit froid dans le dos… Il arriva enfin devant le palier de la chambre. Il reprit son souffle, qui s'était coupé à cause de l'effort et de la douleur.

Quand il poussa doucement la porte, il ne s'attendait pas à voir Emea, la matriarche d'An'daerel, assise sur le lit à côté d'Aeryn. Être matriarche était signe de grande noblesse d'âme et de surcroît jouir du titre '' Ancien ''. De cette manière, les anciens ayant été choisis pour pour devenir matriarches se voient obtenir de nombreuses responsabilités dont la plus grande est sans conteste la gérance des temples. Ils vivent la plupart du temps grâce aux dons des elfes, qui viennent rendre honneur aux anciens au temple. Ils n'utilisent que le stricte nécessaire, puis redonnent le reste aux plus nécessiteux. Il baissa la tête, en signe de respect, mais elle prit la parole avant qu'il n'en ai eu le temps, tellement il était surpris. « Le guérisseur m'a expliqué toute la situation. Cette enfant a vécu une grande tragédie...Il m'a aussi demandé de veiller sur elle, une fois qu'elle sera rétablie. Je connaissais bien Eyden, et j'aimerais le faire pour lui. » Le regard intelligent d'Emea donnait l'impression qu'il le transcendait. Aaron marqua une pause, toujours troublé. Il réfléchissait à toute vitesse. Il releva la tête.« Je... Je pense que c'est une bonne idée. Si vous l'acceptez, bien sûr. Je ne veux en aucun cas vous forcer, vous faîtes déjà tant pour la ville et les Eleär de l'aube... » L'aide qu'elle proposait était d'une grande gentillesse et un honneur pour Aeryn. Refuser aurait été sottise. La jeune elfe aurait une vie bien meilleure aux côtés de la matriarche. Et, il pourrait toujours la voir, tout en conservant la vie qu'il possédait et qu'il a toujours désiré. Le visage d'Emea s'étira, dévoilant un magnifique sourire.« C'est entendu alors. Je vous remercie cependant de ce que vous vous apprêtiez à faire pour cette enfant. Le don de soi est un beau sacrifice et un cadeau des plus inestimable. » Elle se leva, et avec un pas leste, se dirigea vers la porte. Avant qu'elle ne l'ouvre, Aaron rajouta tristement : « Merci à vous. Sachez par ailleurs que la maison des Derann est restée intacte. L'héritage d'Aeryn y est donc dans son entièreté. » Elle acquiesça doucement. « Bien sûr. Venez au temple pour me les donner, une fois que vous serez rétabli. » La petite avait les yeux grands ouverts, le regard inquiet. Elle ne comprenait pas pourquoi tout le monde la regardait si tristement. Pourquoi ses parents n'étaient-ils plus là ? Elle se sentait très seule, mais ne savait pas comment l'exprimer. Plus tôt, la matriarche avait tenté d'expliquer la situation à Aeryn. Elle était encore trop petite pour comprendre la vérité dans les paroles de l'ancienne sur la disparition de ses parents. Cependant, elle avait compris qu'elle ne les reverrait plus, et en était affligée. Elle sauta du lit, en larmes, et attrapa Aaron en entourant ses petits bras autour de son mollet. Il la souleva avec tendresse et elle posa sa tête sur son épaule, cherchant le réconfort de la seule personne qu'elle connaissait  dans cette pièce.

Les jours s'écoulaient, et Aaron devait rester le plus souvent possible près de la jeune fille, car il était le seul capable de lui rendre le sourire. Elle s'était renfermée aux autres. Elle ne s'exprimait qu'avec lui. Sinon, elle restait silencieuse et triste. Elle se réveillait parfois la nuit, revivant la perte de ses parents. Elle était inconsolable et le restait jusqu'à ce qu'Aaron vienne la voir pour la rassurer, le lendemain ou le jour suivant. Il fut d'une grande aide pour qu'elle surpasse ce traumatisme. Elle resta silencieuse très longtemps, et c'est grâce à Emea qu'elle  put s'exprimer librement pour la toute première fois. En utilisant ni les mots, ni le langage corporel. Un jour, elle lui apporta une feuille de parchemin, un pinceau, et des petits pots avec de la '' couleur liquide '' comme l'a longtemps appelé Aaron, qui faisait rire la jeune Eleär (Ces ingrédients étaient des dons que lui avait fait un noble d'An'daerel. Elle avait depuis longtemps l'idée de faire dessiner la petite, mais n'avait pas les outils à sa disposition. Par la suite, le même noble faisait de plus en plus de dons comme ceux-ci, des codex et parchemins vierges, des incunables historiques, énormément de choses qui permettait à l'Ancienne de donner des cours plus fournis aux enfants.)
Comme son père avant elle, les arts devinrent rapidement sa passion, et une échappatoire pour son âme meurtrie. À partir du moment de cette découverte, elle dessinait à chaque fois que quelque chose la perturbait. C'est une activité qui la rendit heureuse, vivante, qui lui vidait l'esprit de toutes pensées négatives. Comme si ses maux, une fois représentés sur le papier, restaient sur la feuille et la laissaient tranquille. Emea s'en souviendra longtemps, car, après le tout premier dessin accompli, la petite de quatre ans l'avait regardée droit dans les yeux avec un grand sourire, en lui chuchotant le mot « Merci » qui réchauffa son cœur, blessé de voir un si petit être souffrir autant dès son enfance.

Après cet événement, Aeryn retrouva peu à peu le sourire, et s'ouvrait aux autres. La matriarche et elle communiquaient de plus en plus et elle l'aidait à ouvrir son esprit aux beautés extérieures, pouvant commencer son long apprentissage de la vie. Emea découvrit très tôt la volonté d'Aeryn a vouloir aider les autres. Le plus attendrissant était de la voir soigner la moindre petite égratignure d'Aaron, quand il passait la voir. Elle sautait sur le lit, demandant au combattant de s’asseoir, et se mettait à compter ses blessures. Elle prenait ensuite les baumes de guérison de la matriarche, et généralement lui vidait la boîte sur les coupures et bleus d'Aaron (qui, en soit, n'en avait pas vraiment besoin...)

Elle grandit ainsi, dans la gentillesse et la générosité. Elle apprit avec Emea à aimer et respecter ses aînés. Donner à ceux qui n'ont rien, aider ceux qui en ont besoin. Avec Aaron elle apprit à aimer la nature, respecter les animaux et les plantes. Pour Aeryn, Emea et Aaron étaient devenus ses parents de substitution et, sans aucun doute, elle était devenue leur fille. Elle adorait tout autant les cours théoriques de l'Ancienne que les courses dans la forêt avec le guerrier. Elle apprit rapidement à monter à cheval, et c'est une activité qui l'amusait grandement, alors Aaron lui acheta un cheval du nom d'Et'ar, grâce à sa solde de soldat. Il était magnifique, dans sa robe noire. Sa crinière blanchâtre était frisée et avait le don d'amuser grandement Aeryn, qui prenait un malin plaisir à le brosser sans arrêt.
Elle habitait avec Emea, mais Aaron lui rendait souvent visite, s'il elle n'était pas chez elle, cela voulait dire qu'elle était au temple avec la matriarche. En sa qualité d'Ancienne, Emea donnait des cours à nombre d'enfants, et Aeryn assistait à chacun d'entre eux. Parfois, quand elle le connaissait déjà, sa tutrice la laissait même le donner à sa place. Emea ne parla jamais à la jeune fille de son lien avec son père. Elle l'aimait énormément. Il était très cultivé, généreux. Il faisait beaucoup de dons au temple pour aider les démunis. Quand lui-même n'avait rien, il donnait ses œuvres. Il avait été décidé par les Anciens de la ville qu'il serait le futur matriarche, quand il aurait l'âge et qu'Emea ne serait plus de ce monde. Il aurait certainement accepté s'il était encore là aujourd'hui… L'Ancienne retrouvait cette personnalité en Aeryn. Elle espérait qu'elle garde cet état d'esprit jusqu'à son âge adulte.

Quinze ans. C'était l'âge auquel elle commença à se poser de plus en plus de questions sur elle-même, sur ses parents. L'âge où l'on commence à prendre conscience de soi-même. Elle passait de longues nuits avec Aaron, qui lui parlait des actes héroïques de sa mère, représentées par son père à travers de magnifiques ballades ou de tableaux au charme envoûtant. Lui qui connaissait Alyse depuis très longtemps, il pouvait lui raconter des anecdotes très croustillantes sur la vie de sa mère depuis sa plus tendre enfance. Il connaissait cependant beaucoup moins Eyden. Il l'appréciait sans nul doute, mais avaient moins de choses en commun.

C'était lors de cette nuit, un peu plus fraîche que les autres, qu'Aaron avait pris la décision de révéler à la jeune elfe ce qu'elle voulait savoir. Le feu crépitait auprès d'eux. Les chevaux se reposaient. Ce ne fut pas facile pour lui. Au début de son récit, les mots sortaient difficilement de sa bouche. Cela ravivait la peine qu'il avait enduré quand ils sont partis. Mais au fur et à mesure qu'il parlait, il comprit que c'était une bonne chose à la fois pour lui, de laisser enfin ses sentiments refoulés quitter la prison dans lesquels il les avaient enfermé, que pour elle d'apprendre enfin qui étaient ses parents. « Tes parents étaient... Des personnes extraordinaires. Je ne sais par où commencer ! Il y a tant à dire... Alyse avait son caractère bien trempé. Elle savait toujours ce qu'elle voulait et d'une manière où d'une autre, finissait toujours par avoir ce qui lui résistait. Ton père, au fil des années où il la côtoya, la rendit plus douce. Son art a dû attendrir son cœur de guerrière. Aaron fixa la jeune elfe dans les yeux. Elle était... D'une beauté incroyable. D'ailleurs, tu deviens son portrait craché. Sauf... Les yeux. Tu as vraiment les yeux de ton père, ainsi que son regard, qui exprimait une curiosité constante. » Il se mit à rire. « Tu es vraiment le parfait mélange des deux ! Caractère et passions d'Eyden et le physique d'Alyse. Tu sais, elle se battait vraiment comme une déesse. Il regarda sur le côté, nostalgique, comme s'il revivait les moments passés avec elle. Quand on était petit, on se battait pour savoir qui était le plus fort. J'ai perdu, même à ce moment là. En fait, dit-il avec un sourire, je n'ai jamais gagné. Elle était dotée d'une force incroyable, pour une elfe. Une force dont tu n'as absolument pas hérité, apparemment », rajouta -t-il sur le ton de la plaisanterie. Il rattrapa au vol la botte qu'elle lui lança en signe de réponse contestataire, destinée sans nul doute à sa figure. « Qu'est ce que je disais ! » cria – t-il. Ils se mirent à rire, tout deux. Et'ar s'ébroua, réveillé par les bruits mélodieux de leur voix. Aeryn regarda longuement le guerrier, et lui posa cette question, qui résonna longuement dans la nuit. « Ma mère... Tu l'aimais ? » Il regarda le sol. Aeryn crut voir une larme couler sur sa joue. Il répondit d'une voix brisée, quelques instants plus tard : « Oui. »

« AERYN !!! » Elle leva brusquement la tête, regardant la fenêtre. Son visage se décomposa. Le soleil était déjà bien haut dans le ciel, c'était le seizième jour d'Elye de l'année 90. Elle tendit l'oreille. Trop tard, Emea était déjà sur le palier et la toisait de tout son haut. « Jeune fille, dit-elle sèchement, tu dépasses les limites. Cette journée est importante, tu devrais déjà être en train de t'acquitter des tâches que je t'ai confié pour aujourd’hui ! » Aeryn, pas encore réveillée totalement, baissa la tête d'un air coupable, sa joue touchant l'oreiller...Il était d'une douceur cet oreiller... Moelleux à souhait. Elle se rendormit. C'est le pied droit d'Emea tapant frénétiquement sur le plancher qui la tira de son sommeil. « Puis-je savoir ce que tu fais encore dans ton lit ? Tu étais encore dans la forêt hier soir et cette nuit, n'est-ce-pas ? Tes sorties  sont de plus en plus fréquentes et longues. Nous avons besoin de toi ici, tu sais.» « Oui, je sais... Je suis désolée... Je me lève et j'irai faire la course pour l'herboriste. » Emea, dont le visage était redevenu doux et bienveillant, redescendit les escaliers, satisfaite. Elle pouvait enfin vaquer à ses occupations en s'assurant qu'Aeryn allait faire la part qu'elle avait promis. La jeune Eleär allait quitter la pièce à son tour quand elle fit volte-face. Elle allait encore oublier son carnet. « Quelle tête en l'air... » Elle prit le gros livre de sa table de chevet, et le posa délicatement dans son sac. Ce livre était précieux pour elle. Il a été écrit par son père. Il y a avait recensé toutes les plantes qu'il trouvait. Toutes, à sa connaissance. Aeryn l'avait complété au fil des années, au gré de ses expéditions avec Aaron. Sur chaque page, il y avait le dessin d'une plante, de ses caractéristiques, mais aussi du pigment de la couleur qu'elle produit une fois moulue ou filtrée. Elle en a fait de même avec le carnet sur les minéraux et sur la faune. Ce dernier est le résultat du long travail d'Aaron et de sa protégée, qui notaient toutes sortes d'informations sur les animaux qu'ils apercevaient. Leur habitude alimentaire, physionomie, instinct, comportement, bref, tout ce qu'ils pouvaient remarquer. Parfois, Aeryn l'accompagnait à la chasse pour ensuite étudier l'animal et les mystères de sa physiologie. Elle n'aimait pas trifouiller dans le corps sans vie d'un cerf, mais il fallait bien un début à tout. D'autant plus que si le travail était bien fait, et ensuite bien représenté sur le papier, il n'y aurait nul besoin de renouveler cette désagréable expérience. De plus que son talent dans le dessin lui permettait de faire ce travail à merveille. Mais ce n'est pas pour décortiquer un oiseau ni un mulot qu'Aeryn sortit ce jour là, mais pour cueillir des fleurs afin d'enjoliver le banquet qui se tiendra le soir-même pour l'arrivée du printemps. Elle s'était engagée auprès d'un fleuriste, qui avait cruellement besoin d'une certaine spécialité de fleurs violettes qui se trouvait à une heure de cheval de la ville. Les fleurs en question ? Des anémones pulsatilles. Bien qu'elles soient rares, il y avait des endroits dans lesquels leur développement était favorisé. Aeryn s'y dirigeait en ce moment-même sur son fidèle cheval, Et'ar.

Emea commençait à s'inquiéter. Cela faisait longtemps qu'Aeryn était partie, et personne n'avait eu de nouvelles d'elle depuis. La fête commenceait d'ici une heure, au coucher du soleil. Et elle n'était toujours pas là... « Mais que peut-elle bien faire encore ? » marmonna la matriarche. La jeune eleär avait certes la réputation d'être toujours en retard, mais à présent, elle aurait dû revenir il y a des heures. Aaron arriva sur son grand étalon noir et en descendit souplement. Elle courut vers lui, la mine sombre. Aeryn n'était pas avec lui et ce n'était pas de bonne augure. « Aaron ! Tu n'aurais pas vu Aeryn par hasard ? Elle est partie dans la forêt en fin de  matinée mais n'en est pas revenue ! » Il plissa les yeux. Il avait l'air de réfléchir. « Je l'ai en effet croisée, mais cela fait plus de deux heures maintenant, je l'avais justement renvoyée vers toi pour... » Il se tut soudainement. « Je pense que c'est plutôt à elle de t'en parler. Mais qu'elle ne soit pas encore revenue m'inquiète à présent. Je vais essayer de la chercher. » Il remonta sur son destrier et repartit au galop. Il resta sur la grande route pour commencer, et il bifurquerait ensuite pour se diriger là où il s'étaient vus la dernière fois, peut-être que... Une vision bien trop familière se dévoila à lui. La cavalière était avachie sur son cheval, qui avait l'air de se diriger de son propre gré. Et'ar se stoppa. « Aeryn ! Tu vas bien ? » Elle posa sa main sur son épaule. L'espace d'un instant, il vit Alyse. « Tout va bien, je suis juste...exténuée. J'ai dû fuir. Je les ai semé depuis longtemps, mais j'ai préféré être prudente. Je ne suis pas blessée, je te le jure. Arrête de me regarder comme ça. » Tout un panel d'émotions faisait changer de couleur et d'expression le pauvre Aaron. C'est la colère qui parla en premier « Mais que s'est-il passé bon sang ? Qu'as-tu fait ? » Elle chancela, manquant de tomber de son cheval. Il reprit ses esprits. « On y va. Emea se fait encore un sang d'encre pour toi. » Aeryn eut un sourire. « Y'a vraiment pas d'quoi »

La jeune Eleär loupa les festivités tant elle était fatiguée. À son réveil, elle trouva Emea à son chevet. « Je crois que tu as des choses à me dire, lança - t -elle, perplexe.» Aeryn se sentait encore faible, et préféra ne pas tourner autour du pot. « Je... Je peux soigner avec mes mains. Elles luisent, et font guérir les plaies. » La matriarche fronça les sourcils, et si c'est possible, afficha un air encore plus perplexe que précédemment. Elle voulût poser une question, mais Aeryn s'était déjà rendormie. Elle se reposa deux jours entiers, et quand elle se leva pour de bon, mangea comme quatre. Emea avait obtenu des réponses d'Aaron, qui expliqua du mieux qu'il pût ce qu'il s'était passé avec sa blessure. À la fin de son repas, l'Ancienne et le guerrier allèrent vers la jeune Eleär, pour comprendre ce qu'il s'était passé ensuite. « Après t'avoir quitté, Aaron, je ne suis pas retourné à An'daerel pour la bonne raison que je n'avais pas obtenu ce que je suis venue chercher ». Les deux interlocuteurs répondirent en cœur : « Les anémones » Frustrés par l'ignorance, Aeryn se douta qu'ils avaient déjà discuté entre eux de ce qui avait bien pu se passer, et retourner dans tous les sens leurs hypothèses. Elle reprit « Et quand je suis arrivée dans la clairière, près de la rivière, j'ai remarqué que les plantes en question avait déjà été arrachées. Et vu les traces, c'était récent. Un peu déçue, j'ai donc continué ma route vers le deuxième endroit que je connaissais et savais que les anémones poussaient, et c'est là que j'ai entendu un cri. Et certainement des jurons par la suite. Je me suis donc dirigé vers eux. Proche de l'endroit, je suis arrivée furtivement, et c'est là que j'ai vu la personne. Elle avait des petites oreilles. » Emea et Aaron répondirent encore de concert « Un Valdur... » La jeune elfe répondit à cela, un peu vexée. « Oui, évidemment que c'en était un. Mais il était blessé. J'ai donc pris le risque de m'en approcher pour voir les dégâts, et si possible le soigner. »

Aaron fronça les sourcils, et Emea fit la moue. Aeryn décida de les ignorer de continuer son récit. Quand j'ai vu ce qu'il avait, j'en ai conclu qu'il n'allait pas pouvoir réutiliser un jour sa jambe si je le soignais par les moyens conventionnels. Ce malin s'était planté son couteau de chasse dans la cuisse en tombant de cheval. Quelle idée de porter une dague à la ceinture sans fourreau. Je lui ai donné son gant à mordre, et j'ai tout d'abord retiré la lame. J'ai cru qu'il allait tourner de l’œil, ce qui m'aurait arrangé. Mais non. J'ai donc ensuite voulu réutiliser le soin que j'avais déjà utilisé sur toi, Aaron. J'ai mis mes deux mains sur sa plaie, et je me suis concentrée. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu... Il s'est mis à hurler bien plus fort, et certainement par réflexe, m'a mis un coup de poing dans la tempe qui m'a complètement hébétée. Il arrêtait pas de crier, de parler à toute vitesse en usant son langage dont je ne comprends un traître mot. D'ailleurs, Emea, j'aimerais bien apprendre cette langue, je sais que tu la connais.  Enfin bref, ses amis ont rappliqué. J'ai eu peur, j'ai donc sauté sur Et'ar et j'ai filé. J'ai pris des détours pour m'assurer qu'ils ne me suivaient pas. De nombreux, nombreux détours. Et je me suis perdue. Plus exactement, j'ai eu un moment d'absence. Et en réalisant que je ne faisais plus attention à mon chemin, j'ai mis beaucoup de temps à me repérer pour faire demi-tour. La fatigue m'avait frappé alors, après que le feu de l'action ne fut dissipé. Une grande et lourde fatigue. J'ai mis deux fois plus de temps pour retourner sur la grand route qu'à l'aller. Et c'est là où tu m'as retrouvée, Aaron.» « Bien. » Dit alors Emea. « J'avoue ne pas avoir été d'une grande sincérité avec vous, il faut ainsi que je vous dise quelque chose. Aeryn, tu n'es pas la seule à développer des pouvoirs étranges. Ici, à An'daerel, quelques personnes sont venues pour me dire qu'elles avaient subitement mis le feu à leurs rideaux, ou font des rêves bien étranges. Quelque chose dans ce monde a changé. Les anciens murmurent. La magie serait de retour en Rëa. Tu fais partie des personnes qu'elle a choisi pour réceptacle. »

Quelques mois passèrent après cet événement troublant. La petite graine de magie plantée en elle n'avait qu'un seul désir : grandir. Aeryn resta aux côtés de ses deux tuteurs, mais avec l'envie de plus en plus séduisante de partir à la recherche de quelqu'un qui pourrait lui en apprendre plus sur la magie se faisait ressentir. Peut-être que dans un jour proche, elle devra quitter An'daerel pour un voyage vers la connaissance ?


Ambitions & Desseins


- Trouver une personne qui lui apprendra l'art de la magie du soin.
- Élargir sa collection de pigments, pour la peinture. Avoir la collection de son père ne lui suffit pas, d'autant plus qu'elle s'amenuise. Certaines plantes ne se trouvent même pas en Desde. Certaines couleurs restent donc un mystère pour Aeryn, qui les conserve pour savoir un jour les reproduire à la perfection.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Affirmatif !
Moultipass : Validé

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◈ Missives : 2134

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◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Lun 8 Aoû 2016 - 7:55

Je me joins à toute l'équipe d'Azzura pour te souhaiter la bienvenue chère Aeryn !

Je t'invite à créer ton journal de bord, partie parchemin des héros, et à contacter qui tu veux par mp ou simplement en postant une demande de rp partie taverne pour débuter tes aventures !

Bravo à toi !