Azzura


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Erd Gosseyn - Chevalier des armées de Kaerdum

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◈ Missives : 12

◈ Âge du Personnage : 23 ans
◈ Alignement : Neutre Mauvais
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën / Alsdern
◈ Origine : Ordanie, Kaerdum, Haldstat
◈ Localisation sur Rëa : Ordanie, Kaerdum, Raiendal
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Erd Gosseyn

Héros
Erd Gosseyn

◈ Mar 6 Sep 2016 - 23:30

◈ Prénom : Erd
◈ Nom : Gosseyn
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 23 ans
◈ Date de naissance : 3 Auldera de l’an 67 de l’ère des Rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën / Alsdern
◈ Origine : Ordanie, Kaerdum, Haldstat
◈ Alignement : Neutre Mauvais
◈ Métier : Chevalier


Magie


Aucune.


Compétences, forces & faiblesses


Langues : Kaerd, heisen.

Forces : Si Erd sait manier tout type d’armes, c’est à l’épée qu’il excelle. Il est un duelliste hors-pair, rusé, misant avant tout sur sa dextérité et son agilité. Il a également reçu de sa formation de chevalier de solides connaissances en matière de stratégie militaire et d’équitation, ainsi que des rudiments d'histoire. / C’est un hypocrite très convainquant, qui ne pourra être démasqué que par un observateur sagace. Il sait trouver chez son interlocuteur le ressort pertinent pour servir ses ambitions, et se fond avec aisance dans les milieux les plus aisés.

Faiblesses : Erd est dénué de tout pouvoir magique et c’est pour lui la source d’une frustration intense. Il perdrait son sang-froid si un adversaire usait de magie contre lui, rongé par la jalousie, son don d’épéiste en serait alors grandement altéré. / Son ego le rend sensible à la flatterie. Plus conciliant, il pourrait venir en aide à un individu qui ne l'intéressait apparemment pas auparavant. / Erd est plein de faux-semblants, il cache aussi bien ses origines alsderns que son manque de foi en Alvar, leur révélation permettrait de lui nuire.


Physique


Erd Gosseyn est né d’un père alsdern et d’une mère vreën, le métissage ne transparait que subtilement dans son apparence physique qui emprunte essentiellement à l'ascendance maternelle.
Il mesure 5 pieds et 8 pouces, sa silhouette est fine mais athlétique. Un entrainement physique quotidien depuis l’enfance a affermi ses muscles longs, sans pour autant parvenir à lui donner la constitution ample et vigoureuse d’un alsdern.
De son père  il a  les yeux bleus délavés et le teint pâle, qui contrastent avec la rutilance métallique de ses cheveux, d’un blond cuivré. De sa mère il a hérité des traits fins et durs, un visage anguleux : son nez est étroit et pointu ; ses pommettes hautes sont saillantes ; ses lèvres minces et pincées. Il se dégage de lui une beauté incertaine, inquiétante.
Selon s’il estime qu’il peut tirer ou non parti de son interlocuteur, Erd atténuera la sévérité de son visage par d’aimables sourires ou gardera un air placide et condescendant, sa voix se fera suave ou grinçante.

Le jeune homme marche d’un pas assuré, avec une rigueur martiale.  Il a appris à imiter les attitudes hautaines de la noblesse, ses gestes, précis et souples, sont d’une élégance exacerbée.  
La plupart du temps, il porte l’armure imposée par sa fonction. Toutefois, il a un goût prononcé pour les tissus nobles, préfère la soie au métal, ceci depuis son enfance - passée dans une draperie. Il aime porter des vêtements raffinés de la dernière mode, qu’il entretient avec un soin méticuleux.


Caractère


La personnalité d’Erd Gosseyn est modelée par son déséquilibre narcissique. Il a développé plusieurs traits de caractère fondamentaux qui concourent à le protéger de son manque de confiance en soi originel, luttant contre lui-même. Il en découle nécessairement certaines contradictions.

Il est égoïste, n’envisage les autres que par rapport à sa personne : il manque d’empathie envers autrui, et cultive d’ailleurs cette insensibilité (qui peut exceptionnellement trouver des limites) ; il appréhende toute relation sociale comme un instrument, évaluant l’intérêt qu’elle présente à son bonheur personnel.

Il a un fort besoin de reconnaissance. Ambitieux, il est doté d’une soif de pouvoir qui ne sera jamais assouvie, servie par une hypocrisie sans gêne. Erd peut tromper, voler, voire tuer pour s’élever dans l’échelle sociale. Il prétend ainsi être un fervent serviteur d’Alvar alors qu’il ne croit en aucun dieu, ayant rejeté aussi bien celui de sa mère que ceux de son grand-père.

Il a une confiance en lui démesurée. Son assurance en fait un adversaire redoutable, calme et méthodique. Pour autant, Erd n’agirait jamais de façon inconséquente. Il est très prudent et sait reconnaitre son impuissance, momentanée. Il s’ingéniera à trouver un moyen de surmonter celle-ci car il se doit de toujours parvenir à ses fins. C’est au fond rejeter la possibilité d’un doute quant à lui-même. Ce trait de caractère est une construction essentielle du valdur, une carapace, dont l’effondrement entrainerait des conséquences imprévisibles.


Inventaire


Le plus souvent, Erd est muni de son équipement de fonction. C’est-à-dire une armure en acier, frappée du blason des armes de Kaerdum, ainsi qu’une épée longue et un bouclier. A son ceinturon pend une petite bourse en cuir contenant une dizaine d’arels pour ses besoins quotidiens.
Pendant son temps libre il est vêtu d'une tunique en soie, son bordeaux particulièrement mat est égayé de broderies argentées, dispersées avec parcimonie. En période hivernale un foulard de mousseline blanche couvre son cou, lové dans le col d’un paletot à la teinte vert sombre dont le tissu est traversé par endroits de fils dorés qui, enchevêtrés, forment des motifs délicats.
Il ne porte pas de bijoux ; si ce n’est une bague au sceau d’Alvar, à son annulaire gauche, pour faire bonne figure.

Une chambre est mise à sa disposition au sein de la caserne de la capitale. Il y conserve dans une commode, cachés sous des vêtements, un livre d’histoire ordanienne et, surtout, un précieux parchemin transmis par sa mère, aux extrémités écornées et au papier jauni par l’âge, relatant des récits anciens sur Azzura.


Famille


Erdin Sandvik, un soldat Alsdern de Heisenk, choisit de quitter le royaume en 59 de l’ère des Rois suite à l’annonce du couronnement d’Ivar Velmut, à qui il voue une haine profonde depuis que celui-ci a fait exécuter par caprice sa femme lors d’une guerre antérieure. Emportant avec lui son jeune fils, Eirik Sandvik, il émigre au royaume de Kaerdum - à Haldstat, un bourg du Duché d’Eralie - et fait changer leur nom de famille en ‘Gosseyn’, espérant ainsi faciliter leur intégration.
Eirik Gosseyn, quelques années plus tard, épouse Nora Aulden, une Vreën qui vient d’hériter d’une draperie. Ils ont un fils, auquel ils donnent le même prénom que son grand-père paternel : Erdin.


Histoire


I. L’enfance


La brume se levait dans les ruelles d’Haldstat, tout comme l’angoisse dans le cœur d’Erdin.
Il se dirigeait vers la grande place, accompagné de ses parents et de son grand-père, où devait bientôt se dérouler le combat de clôture du tournoi.
La pluie qui martelait le sol depuis le petit matin l’avait rendu boueux et, du haut de ses 10 ans, il peinait à suivre le rythme rapide imposé par son aïeul. Les rues désertes, simplement éclairées par un filet de lumière grisâtre filtrant à travers d’épais nuages noirs, avaient un aspect lugubre.
Haldstat ne s’était jamais tout à fait remise des pillages successifs de déserteurs d’Heisenk qui l’avaient frappé au début de l’ère des Rois. Le quartier sud, brûlé, était resté à l’état de ruine, ses habitants préférant s’installer ailleurs, et l’on n’y rencontrait plus quelques groupes d’adolescents qui entretenaient des discussions juchés sur les décombres, affectant un air grave.
Le reste de la bourgade était constitué par de petites bâtisses de pierre beiges surmontées de toits en ardoise, disséminées à intervalles irréguliers et entrecoupées de ruelles biscornues, parfois ponctuées d’échoppes. Au-delà des conséquences matérielles, il persistait à Haldstat un fort ressentiment à l’encontre des alsderns.

Quelques minutes de marche plus tard, Erdin et sa famille arrivaient sur la place. La plupart des habitants étaient présents, bravant le mauvais temps et l’heure matinale.
Le tournoi, organisé chaque année, était ouvert à tout jeune homme de moins de 15 ans. On s’y affrontait armé d’une épée de bois et d’un bouclier ; à chaque manche, on désignait gagnant celui qui parvenait à toucher le cou de son adversaire. Depuis sa création il avait remporté l’adhésion enthousiaste des habitants, devenant un exutoire indispensable à l’équilibre de la vie de la communauté. Les rivalités latentes des parents y trouvaient une conclusion relativement pacifique, tandis que leur progéniture se réjouissait de pouvoir parader devant l’ensemble de la petite société.
On avait cette année fait installer des gradins autour de l’arène, afin que le public soit à son aise. Jamais un aussi grand nombre de personnes n’avait pu assister au tournoi. Erdin, nerveux, embrassa ses parents, qui lui adressèrent des paroles réconfortantes. Son grand-père se contenta de lui poser une main sur l’épaule ; « Fais honneur à ton sang ».
C’était la dernière manche, malgré son jeune âge Erdin avait remporté les précédentes sans difficulté. Il ne manquait pas d’entrainement. Son grand-père avait tenu à ce qu’il soit formé au maniement des armes le plus tôt possible, aussi bien à l’épée qu’à l’arc, et se chargeait lui-même de son éducation, lui transmettant tout son savoir d’ancien combattant Alsdern. Il méprisait la mollesse des Vreën, leur climat doux et leur vie oisive.
C’était un vieil homme mélancolique et amer, durci par le racisme larvé au sein du bourg qui s’était quotidiennement manifesté alors qu’il élevait, seul, son fils. Il s’était senti trahi une première fois quand Eirik entreprit de devenir commerçant plutôt que soldat, puis une seconde à la célébration de son mariage avec une vreën au temple d’Alvar. Eirik avait choisi de s’intégrer, de renoncer à une revendication vindicative de ses origines. Il vivait en bonne entente avec sa femme, la propriétaire d’une draperie dont les recettes leur assuraient une existence confortable. Les regards désapprobateurs de son père et sa sévérité constante à l’égard du couple venaient ternir leur bonheur.
A chaque rumeur d’escarmouche entre Heisenk et Kaerdum, la famille Gosseyn se déchirait un peu plus.
C’est dans ce climat de tension permanente, pris en tenaille entre son grand-père ruminant des idées noires à l’étage de la boutique et ses parents s’occupant des clients au rez-de-chaussée, qu’était né Erdin. Le jour de sa naissance, en l’an 67 de l’ère des rois, on lui avait donné le même prénom que son grand-père dans un ultime effort d’apaisement, malheureusement vite balayé par une nouvelle crise familiale, l’année suivante, lorsqu’Eirik fut réquisitionné pour participer aux combats contre les hommes d’Ivar Velmut, roi d’Heisenk. A son retour, il était différent, en proie à une culpabilité qu’il se refusait à admettre. Il avait tué plusieurs alsderns, au côté de soldats vreën galvanisés par la haine. La pensée qu’il s’agissait de partisans d’Ivar, celui-là même qui avait provoqué l’émigration de son père en exécutant sa mère, ne suffisait pas à faire cesser ses doutes. Ce déchirement identitaire se nourrissait par ailleurs des remugles d’une condescendance xénophobe dont il était encore victime dans son échoppe.
Ce mal-être du grand-père et du père avait façonné l’enfance du fils, qui eut du mal à trouver sa place parmi les autres enfants de la bourgade. Il apprit très tôt la duplicité.
Mû par un impératif besoin de reconnaissance, il se faisait soldat impassible et obéissant lors des matinées d’entrainement passées avec son grand-père tandis qu’il se jetait dans les jupons de sa mère pendant l’après-midi. Nora Gosseyn, profitant des moments où elle était seule avec son fils dans la boutique, l’abreuvait de caresses tout en lui contant les légendes d’Azzura et d’une ère où la magie régnait sur Rëa. Il était de tradition dans sa famille de transmettre ces récits. Elle prenait un grand plaisir à les raconter à son tour, retombant en enfance devant la candeur d’Erdin, qui s'en passionnait, les joues roses de plaisir en s’imaginant devenir un mage. Ce dernier cachait ces moments doux à son grand-père, pour qui la disparition de la magie, l’arme des faibles si elle avait jamais existé, était heureuse.
Avec les autres enfants il se faisait appeler Erd, refusant de porter le prénom de son aïeul et rejetant ainsi symboliquement les racines nordiques qu’il y rattachait.
Le tournoi s’était présenté à lui comme l’occasion de museler les railleries naissantes sur ses origines en s’imposant au sein du troupeau d’adolescent à la force de son épée.


---------------


La commodité des nouveaux gradins ne suffisait pas à calmer l’audience, qui grouillait, impatiente. Voilà plus d’une heure qu’on attendait que la pluie cesse pour commencer le combat. Aussi, lorsque les deux adversaires entrèrent en lice, ils furent accueillis par un tonnerre d’applaudissement, suivis d’hystériques hurlements d’encouragement, dont l’écho tira définitivement Haldstat de sa langueur matinale.
Erdin devait affronter Jahn, le fils d’un forgeron. De quatre ans son aîné, il avait bien deux têtes de plus que lui et le toisait d’un air goguenard quand ils se serrèrent la main, avant d’aller rejoindre leur places respectives aux extrémités de l’arène.
Les deux jeunes hommes affichaient au quotidien un mépris réciproque. Jahn était grand et bien bâti, sa personnalité impétueuse et affirmée en faisait le meneur charismatique des enfants du bourg. Il ne souffrait aucune remise en cause et le combat devait assurer sa position en mettant fin aux récentes véhémences d’Erdin, qui contestait son autorité. Néanmoins ce dernier s’était montré tout aussi billant que lui lors des manches précédentes et l’issue du combat restait incertaine.

Une main exerça une légère pression dans le dos d’Erdin, lui signalant ainsi que le combat commençait.
Le jeune garçon avança, hagard, vers le centre de l’arène. Il était tout entier sous l’emprise de l’angoisse. Il se déplaçait mécaniquement, les jambes lourdes, les bras raides. La cacophonie des gradins ne lui parvenait plus que sous la forme d’un son étouffé et bientôt il n’entendit rien d’autre que le battement sourd de ses tempes. Il semblait entrer dans un rêve, sa vision se grisait et un sifflement perçant paralysait ses pensées.
Au moment où Jahn leva son épée, un éclair d’adrénaline traversa le corps d’Erdin. Un picotement brûlant gagna en quelques instants l’ensemble de son corps, son cœur pulsait frénétiquement le sang dans ses veines.
Il repoussa le coup d’un geste ferme.
Armés d’une acuité nouvelle, ses cinq sens étaient tendus vers le combat. Il ressentait chaque sensation pleinement, avec volupté : la légère impulsion de ses pas dans la terre accompagnant son pas de côté ; le mouvement leste de son bras gauche lorsque, d’un coup de bouclier, il fit vaciller son adversaire ; le vent glissant contre son bras droit alors qu’il enchainait par un coup d’estoc à la gorge, paré in extremis par son rival en se roulant sur le sol.
L’euphorie le gagnait, il flottait, invincible.
Jahn s’était relevé, le doute l’avait gagné et crispait son visage où l’assurance cédait sa place à l’aigreur. Il perdait son sang-froid  et mit tout son poids dans une ultime tentative. Erdin, impavide, glissa entre ses jambes, qu’il fouetta d’un coup sec pour le faire trébucher. Tous deux se trouvaient alors à terre, Erdin fut le plus rapide à se relever et asséna le coup final, du dos de sa lame, sur le cou de Jahn.

Ce fut tout. Il avait gagné. Lentement, ses muscles se relâchèrent, son cœur ralentit, il redevenait lui-même. La pluie tombait de nouveau, drue, et une buée évanescente entoura les deux garçons qui récupéraient leur souffle en haletant. Sa chemise de jute lui collait à la peau, trempée, et la fatigue l’assaillait désormais avec brutalité mais Erdin n’en avait cure, car, en tournant la tête vers les gradins, il avait surpris le regard admiratif que lui portait son grand-père.


II. L’adolescence


L’aïeul mourut deux ans après le tournoi. Ce fut un soulagement pour Eirik et Nora, qui se décidèrent à prendre en main l’éducation de leur fils. Ils consolidèrent ses connaissances en calcul en l’associant à l’établissement des comptes de la boutique familiale, qu’ils espéraient lui transmettre à leur mort, et firent venir un livre d’histoire ainsi que quelques romans de la cité de Castelaube pour qu’Erdin s’imprègne de la culture Vreën.
Cependant Erdin n’abandonnait pas ses exercices physiques quotidiens, décidé à conserver la réputation acquise depuis le tournoi. L’épisode avait marqué un tournant décisif dans l’évolution de la personnalité du jeune garçon. L’euphorie de la victoire l’avait doté d’une assurance pérenne, balayant en quelques instants l’angoisse qui avait précédé le combat et avec elle tout le mal être plein d’anxiété qui lui serrait fréquemment la poitrine pendant sa tendre enfance.
Il effectuait désormais son entrainement sous la surveillance d’Edmure Valin, un ancien maître d’arme de la capitale venu prendre sa retraite à Haldstat.
L’homme, âgé d’une soixantaine d’années, restait à l’écart de la vie du bourg, sortant peu. Son arrivée avait piqué au vif la curiosité des habitants et ses réponses évasives quant aux motifs de sa retraite avaient achevé  de stimuler les fantasmes les plus invraisemblables. Certains le disaient membre d’une organisation secrète, œuvrant dans l’ombre pour un roi étranger, d’autres avaient reconnu en lui les attitudes d’un sorcier, tandis que l’aubergiste jurait l’avoir vu s’entretenir avec un monstre humanoïde à la peau grise, près de la rivière.
Edmure avait choisi de prendre Erdin sous son aile après qu’il l’eut aperçu s’entrainer, seul, dans un terrain abandonné du quartier sud. Il lui prédisait un futur brillant. Ils se rencontraient à l’aube, à l’orée de la forêt, et le vieil homme corrigeait sa posture, affinait ses mouvements, se laissait parfois aller à un duel amical où il prenait garde de ne pas décourager le garçon en lui infligeant une trop cuisante défaite.
Il était non seulement un guerrier émérite mais également un fin stratège ; il initiait Erdin aux manœuvres militaires et lui apportait une rigueur technique qui complétait l’éducation plus sommaire reçue de son grand-père.

Les années passant les Gosseyn sentaient le chemin de leur fils progressivement diverger du leur, Erdin semblait de moins en moins disposé à prendre leur suite à la tête de la boutique.
Toutefois, ils ne l’avaient jamais vu autant épanoui qu’avec ce nouveau professeur et ne pouvaient que constater la rapidité de ses progrès. Aussi, c’est sans trop de difficultés qu’ils se laissèrent convaincre par Edmure que leur enfant recevrait un meilleur enseignement dans la capitale  et que le retenir à Haldstat était brider son talent. Nora avait de la famille à Raiendal et savait qu’en cas de besoin son fils pourrait trouver refuge chez eux. Eirik s’y résigna en partie par culpabilité envers son père défunt, qui aurait voulu que son petit-fils emprunte cette voie.
Il fut donc convenu que, le moment venu, Edmure appuierait la demande de l’adolescent à effectuer son service militaire auprès de la garnison de la capitale.

Lorsque le maître d’armes avait demandé à son élève s’il souhaitait partir et peut-être devenir chevalier, celui-ci avait acquiescé avec enthousiasme.
En réalité, Erdin jouait un rôle. Il n’avait aucune passion pour le combat, n’en avait jamais eu, simplement son talent s’était révélé être un outil efficace. Ce fut un moyen de plaire à son grand-père, puis de se faire respecter par les autres enfants de la bourgade et désormais il lui permettait d’échapper au morne quotidien d’Haldstat pour découvrir la capitale.
Il avait développé une obsession maladive concernant les légendes d’Azzura, passait ses soirées à relire fébrilement les quelques lignes d’un vieux livre donné par sa mère, décrivant une ville à la blancheur éclatante où chacun était doué de magie. L’exaltation le gagnait lorsqu’il s’imaginait flânant dans la Bibliothèque de la citadelle royale, revêtu d'une armure de métal étinbrillant, entouré de récits sur la ville mythique.


---------------


Le jour de ses 15 ans Erdin prit la route pour Raiendal, au sein d’un convoi de voyageurs protégé par une troupe de mercenaires.
Au cours du voyage il fit la connaissance d’Elise Bovois, une jeune fille du même âge que lui qui - talonnée d’un précepteur et d’une dame de compagnie - revenait d’un voyage à Castelaube. Issue d’une famille noble et pieuse, son père était chevalier d’Alvar et sa mère assesseur, elle se montra d’abord dédaigneuse avec le provincial.
Le garçon avait passé toute son enfance à déchiffrer les sentiments des autres, afin de mieux leur plaire,  et ne tarda pas à déceler une gêne derrière le mépris apparent de son interlocutrice. Il ne compris pas tout de suite de quoi il retournait, à Haldstat il n’avait jamais connu le désir qu’à travers des romans. Le léger rougissement qui s’épanouissait sur ses joues alors qu’elle riait et le ton plus aigu qu’elle empruntait lorsqu’elle s’adressait à lui ne pouvaient, toutefois, longtemps rester équivoques. Il s’enorgueillit de l’attention que lui portait la citadine. Dans un moment où ils furent seuls, il lui proposa de se rencontrer à nouveau dans la semaine. Elle accepta avec un flegme affecté.
Le convoi arriva quelques jours plus tard à sa destination, sans encombre.

Ils franchirent les portes de la ville à la tombée du jour. Elles donnaient sur une large place, noircie par une foule en effervescence, au centre de laquelle se dressait une statue d'un ancêtre du roi, immense. Les trois artères principales de la ville y prenaient naissance, leurs flancs se divisant au loin en ruelles étroites. La place était cernée de bâtiments gris aux formes dures et carrées mais dont l’allure austère était adoucie par les rayons du soleil, qui s’y évanouissaient dans une teinte dorée.
Les citadins marchaient d’un pas rapide, nécessairement absorbés par quelque affaire pressante, et jetaient des regards mauvais à ces nouveaux arrivants aux allures de province qui abondaient dans une foulée indécise depuis l’extérieur de la ville.

Un membre du convoi indiqua à Erdin que la caserne était située dans le centre, près de la citadelle royale. Il s’y rendit immédiatement, trépignait, impatient de découvrir la ville.
L’air frais du soir enveloppait doucement l’adolescent qui, frissonnant, s’enivrait de l’atmosphère allégrement chaotique de la capitale. La Garde maintenait éclairées les artères principales pendant toute la nuit ; Raiendal, cœur politique et économique du royaume, ne s’endormait jamais.


III. L’ascension sociale


« Erd Gosseyn, c’est bien cela ? », le jeune homme acquiesça, on lui désigna une porte qui donnait sur la cour d’honneur en lui faisant signe d’avancer. Il avait renoncé de manière définitive à porter le prénom de son grand-père, se faisait connaitre de tous - y compris par l’administration - sous le pseudonyme de « Erd ».
Il plissa les yeux. C’était l’après-midi et d’intenses rayons de soleil, en ce milieu de Drema, blanchissaient la citadelle royale. Comme la dizaine d’hommes qui l’entourait, il avait revêtu pour la cérémonie d’investiture l’amure d’office des chevaliers, qu’il porterait toujours à l’avenir. Un silence solennel s’installa dès que tous furent en place, alignés devant le Haut Commandant Adalbéron, qui, suppléant Aldric de Rémat pendant son absence, prononça rapidement les formules d’usage avant de retourner dans ses appartements, l’air préoccupé.

Tandis qu’on les introduisait dans leurs nouveaux quartiers, les pensées d’Erd revenaient inlassablement à Elise. Elle était morte d’une pneumonie quelques semaines auparavant. Il regretta qu’elle ne puisse assister à sa réussite, après tout c’était, en quelque sorte, grâce à elle qu’il était désormais chevalier.
Ils s’étaient revus régulièrement depuis son arrivée à la capitale, quelques années plus tôt, toujours dans le secret étant donnée l’infranchissable différence d’origine sociale qui les séparaient.
Dans un premier temps ils se retrouvaient au temple d'Alvar, le seul endroit où elle pouvait s’affranchir de la présence permanente de ses domestiques. Ils s’asseyaient côte à côte sur le même banc, se lançaient des regards complices, leurs doigts s’effleurant parfois lorsqu’ils en trouvaient le courage. Ce simple contact suffisait à emplir de volupté le cœur des adolescents, tant il leur semblait audacieux - s’ils avaient découvert leur relation les parents d’Elise auraient crié au scandale et auraient certainement obtenu le renvoi du garçon de la garnison.
Puis, en vieillissant, le désir avait attisé leur hardiesse. Erd était soumis à l’obligation, une nuit par semaine, de participer à un tour de garde, accompagné d’autres jeunes soldats. Il avait réussi à être affecté dans le quartier où vivait les Bovois et escaladait le petit muret qui donnait sur leur jardin, avant d’entrer dans la chambre d’Elise par la fenêtre, qu’elle avait laissé entrouverte. Il achetait le silence de ses camarades de garde avec l’argent envoyé par ses parents. Vivre chichement était bien peu de choses si cela lui permettait de céder aux élans de sa passion.
C’est en sortant de la résidence des Bovois qu’une nuit, il entendit des murmures échangés devant la porte principale. Il s’était plaqué contre le muret, le cœur emballé, terrifié à l’idée d’être pris. Un éclair froid lui passait dans le dos, il se trouvait dans une de ces situations rocambolesque qui n’arrivent jamais que dans les livres.  Au bout de quelques minutes, calmé, il avait osé s’approcher de l’origine des chuchotements, tendre l’oreille. C’était le père d’Elise, qui s’entretenait à voix basse avec une femme en pleurs. Furieux, il se contenait pour ne pas réveiller la maison. Sa maitresse était venue lui faire du chantage, elle exigeait « Immédiatement ! » une lettre de change lui conférant 50 oryns contre son silence. Trop inquiet pour prendre le risque qu’elle lance des commérages, il se résignait à payer. Ils négocièrent un petit moment, la somme descendit à 42 oryns, 23 arels et  80 brias ;  Erd songea qu’elle s’en tirait plutôt bien. La lettre fut jetée d’un geste hargneux à la figure de l’intrigante, qui effaça promptement ses larmes d’un revers de manche avant de se diriger vers une ruelle d’un pas guilleret. Le jeune soldat, qui n’avait rien perdu de la scène, eut une intuition diabolique. Il se précipita à sa suite, l’assomma avec la poignée de son épée d’un perfide coup dans les cervicales et s’empara de la lettre - ainsi que de la précieuse signature qu’elle contenait.
Le lendemain, en pleine journée, il toquait à la porte des Bovois et se faisait annoncer : « Erd Gosseyn, je viens voir Monsieur ». Elise, pantoise, l’avait regardé monter les escaliers jusqu’au bureau de son père, puis redescendre avec nonchalance, l’air confiant. Il l’avait convaincu que le déshonneur rejaillirait plus intensément encore sur sa maison si le Sermonnaire avait vent de sa liaison pécheresse, preuve écrite à l’appui, que s’il acceptait que sa fille cadette épouse un jeune homme talentueux de la garnison, certes au sang ordinaire mais promis à un avenir radieux. D’autant plus radieux que le père contribuerait à son épanouissement - et dans le même temps au bonheur futur de sa fille, tout le monde gagnait à cette affaire - en appuyant la nomination de chevalier de la dite recrue.

Erd avait compris que malgré ses résultats brillants, ses origines sociales resteraient un obstacle insurmontable pour la nomination de chevalier qu’il convoitait. Il avait trouvé chez les Bovois une solution commode.
La mort d’Elise, survenue peu de temps après l’annonce de son adoubement, l’avait profondément contrarié. D’abord il pensait, avec ce mariage, anoblir son nom et puis il aimait se voir à travers les yeux de sa fiancée, pleins de l’amour qu’elle lui portait. Enfin, le trouble d’Erd s’expliquait peut-être par une autre raison plus profonde, affective. Il se refusait à admettre que la jeune femme, à force de sincérité et de confiance aveugle, ait réussi à déborder l’insensibilité qu’il s’évertuait pourtant à dresser constamment face à autrui, comme un rempart solide entourant son égo.


---------------


Il n’arrivait pas à dormir. Il avait la peau moite, une chaleur humide régnait dans sa chambre, et l’esprit agité par une frustration sourde. Être devenu chevalier ne lui suffisait plus, ses vieux démons s’étaient réveillés.
Il pensait son obsession concernant Azzura tarie, faute d’avoir trouvé de quoi l’alimenter à la Bibliothèque de la citadelle où les archives ne contenaient rien de plus que quelques légendes floues déjà connues de lui. Un jour, pourtant, il avait vu de ses propres yeux un banal saltimbanque faire apparaitre une flamme au creux de sa main, et on lui avait rapporté plusieurs scènes du même genre depuis quelques mois. A l’annonce du retour du prince Adhémar puis de la magie son ancienne obsession revint plus vive que jamais. Erd enrageait chaque soir, dans la solitude de son lit, face à son incapacité à la maitriser et, peu à peu, l’idée de se rendre à Azzura germait dans son esprit.


Ambitions & Desseins


Erd Gosseyn est en proie à un dilemme. D’une part il souhaite maitriser la magie et se rendre à Azzura, deux choses qu’il imagine liées. D’autre part il a soif de reconnaissance sociale et de pouvoir, et ses fonctions ne lui permettent pas de voyager à son gré. Il cherche un moyen de concilier ces ambitions.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui.
Moultipass : Mdp validé par pépé qui boude parce que personne n'a lu la Divine Comédie... Bon...


avatar
◈ Missives : 2167

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Ven 9 Sep 2016 - 18:23

C'est avec joie que je te souhaite la bienvenue ici, pour ton premier forum rp Smile.

La lecture de ta fiche a été des plus agréables, et je suis réellement ravi de te compter parmi nos membres !

Je t'invite dès maintenant à mettre à jour ton profil, avec les informations liées à ton compte (lien de ta fiche, âge du personnage, etc), ainsi qu'à créer ton journal de bord.

Tu peux également chercher dans les membres une personne avec qui il te plaira de converser, donc de rp, ou de faire une proposition de RP dans la partie de l'Antichambre à la suite des demandes de RP.