Azzura


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Les murmures du passé

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◈ Missives : 2160

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mar 13 Sep 2016 - 16:12

Intrigue


Type de quête : Enquête
Date : Fin du mois de Garges, 90 de l'ère des Rois

Il se raconte dans les villages bordant le lac-mer d'Heisenk en Ordanie, que d'étranges apparitions terrorisent la population lorsque tombe la nuit. Quand la lune et le soleil se croisent à l’orée de l'aube et du crépuscule, lorsque la luminosité se poudre d'or en ces instants fugaces où même le temps semble se figer, une farandole de silhouettes torturées hante les abords du monolithe. Au cœur de la nuit, les guerres des temps jadis murmurent à notre époque les souvenirs terribles de leurs histoires, contant sur la ligne du vent, par le bruit fugace du métal et des clameurs, combien elles furent terribles. Et quand la lune est cachée par un nuage, filtre de brume compact gommant les contours de notre réalité, il est possible de voir les mirages fiévreux de quelques charniers. Lances brisées et étendards déchirés s'élèvent vers un ciel pleuvant la cendre des corps calcinés, comme autant de côtes à la bête brisée des Empires déchus. Le lac est alors rouge du sang versé, débordant de toutes les larmes épanchées.

Ces apparitions sont éphémères, calques d'une autre dimension sur le paysage paisible aux abords du lac. Elles peuvent être des songes, des hallucinations pour les ivrognes égarés sur les sentiers. Elles peuvent devenir des histoires contées aux enfants pour leur faire peur, pour les obliger à rentrer avant la nuit. Elles ne pourraient être que cela... mais comment expliquer les corps retrouvés ? Ces épaves échouées sur les rivages, visages déformés par des peurs indicibles, doigts crispés dans le vide pour saisir des chimères impalpables. Que fait-on des corps exsangues, gris de sécheresse aux yeux exorbités et aux bouches ouvertes sur un dernier râle qui jamais ne put franchir les lèvres fripées ? Doit-on ignorer les carcasses brisées, démembrées forment des peintures macabres lustrant les feuilles et les troncs du sous-bois ? Et que fait-on des enfants raccourcis d'une tête, suspendus aux branches basses comme des pantins désarticulés, où jamais les parents ne pourront baiser les fronts glacés car rien ne semble pouvoir rendre aux corps infantiles leur tête manquante.

Sont-elles si éphémères, ces apparitions sur les rives du lac-mer ? Est-ce l’œuvre d'un malade ivre et perdu par la soudaine apparition de la magie ? Il se murmure dans les tavernes et les postes de gardes qu'il s'agirait de la malédiction des dragons. L'on pourrait aussi bien se confronter à une vile manœuvre d'Azzura, afin que tous quémandent son aide et qu'enfin elle retrouve sa domination d'antan. Un vieux sage au nez aussi rouge que l’hypocras dont il s'hydrate balbutie que la réalité est en train de se rompre. Qu'un retour aussi brutal de la magie aurait élimé les murs de notre monde pour laisser entrer les mirages d'un temps oublié et prisonnier de sa propre trame. Les commérages vont bon train, alimentés chaque soir par la peur et chaque matin par la découverte d'un nouveau corps. L'on entend de plus en plus proche des villages le raclement des sabots, les sanglots d'enfants et de femmes. Le vent porte les relents ferreux du sang, le parfum d'eau stagnante et parfois celle plus douceâtre de la pourriture.

Alors je vous le redemande... Sont-elles si éphémères ces apparitions du lac-mer ?