Azzura


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Hishem Ali - Soldat de l'Émir Mehmet Irajim

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◈ Missives : 4

◈ Âge du Personnage : Vingt-deux ans
◈ Alignement : Loyal neutre
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du nord
◈ Origine : Al'Akhab
◈ Localisation sur Rëa : Casbah d'O'arr, montagnes de Tagensset, Al'Akhab
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Hishem Ali

Héros
Hishem Ali

◈ Jeu 8 Déc 2016 - 12:46

◈ Prénom :  Hishem
◈ Nom : Ali
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : vingt-deux ans
◈ Date de naissance : septième jour d'Ordo de la 68e année de l'Ère des Rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Radjyn/Al'Akhab
◈ Alignement : Loyal neutre
◈ Métier : Soldat de l'Émir Mehmet Irajim


Magie


Aucune.


Compétences, forces & faiblesses


Arts de la guerre
(Métier engagé : Soldat de milice privée)
- Maniement d’armes blanches (cimeterre, épée) : avancé
- Maniement d’armes de distance (arbalètes) : avancé
Combat à mains nues (lutte traditionnelle Alkhabiroise) : avancé
= Sans pour autant posséder les techniques des grands maîtres d'arts martiaux, le jeune Sharda a été initié au combat à mains nues mais également à l'épée, ainsi qu'au tir à l'Arbalète.


Compétences générales
- Folklore (région de Tagensset) : Maître
= Baigné dans des coutumes spécifiques, né dans une région reculée d'Al'Akhab, Hishem en maîtrise les coutumes.
- Religion (Culte d'Elaïm) : Expert
= Ses préceptes sont connus et respectés, tout comme chacun de ses cultes. Néanmoins, son message en est aujourd'hui détourné. Il en connaît pourtant toutes les histoires.
- Géographie (région de Tagensset) : Maître
= Assurément, si des conflits devaient y être menés, Hishem en connaît déjà chaque lopin de terre, chaque butte et presque chaque arbre de sa région natale, ce qui s'avérerait un net avantage.
- Lecture & écriture, linguistique : Al'Khabirois / Expert, Kaerd / Avancé
= Hishem a appris, lors de son endoctrinement, la lecture des textes sacrés et la calligraphie de leur langue littéraire. Il est induit qu'il a appris le kaerd, comme chacun depuis l'enfance.
- Survie en milieu sauvage (Al'Akhab / zones désertiques) : Expert
- Connaissance de la flore & de la faune (région de Tagensset, zones alentours) : Avancé
= Etant né de la région, étant forcé de suivre les transhumances, il est induit qu'Hishem a appris à survivre, à chasser pour subsister en compagnie de ses troupeaux. Il connaît également les plantes comestibles.
- Herboristerie (arbres fruitiers d'Al'Akhab) : Avancé
= Jadis, il aidait son oncle dans la culture des figues. Si les enseignements sont presque oubliés, il pourrait aisément retrouver ses racines.
- Dressage (bergerie / ovins) : Expert
= Hishem a grandi dans un lieu où il devint berger. Il a toute connaissance des troupeaux, des soins à leur apporter, des pâturages auxquels les mener et sait les guider dans leur transhumance pour ne pas perdre ses protégés.
- Équitation (chameau, dromadaire, cheval) : Intermédiaire
= Le sharda a appris à monter correctement, durant son apprentissage de soldat de l'Émir.

Hishem est un individu impulsif et susceptible, qui laisse parfois la colère et la témérité le transcender, le mettant de ce fait souvent en danger.
Assez fourbe, il s'attire rarement la sympathie des étrangers qu'il n'hésite pas à dépouiller quand il le peut.
Malgré son intelligence, il reste un garçon relativement naïf, faille qui a été exploité par les hommes de l'Émir pour en faire un pantin au service du maître d'O'arr. Malléable, il croit aveuglement ce que lui raconte ses maîtres et n'a pas peur de mourir.

Il reste cependant un individu sachant se montrer très affectif avec ses proches, notamment avec sa famille.
Il entretient enfin une bonne forme physique, étant particulièrement agile au combat au corps à corps, tant à mains nues qu'armé de son cimeterre qu'il manie avec une rapidité impressionnante. Il sait également tirer à l'arbalète avec une bonne précision, sans être le meilleur de sa catégorie.


Physique


Comme la plupart des Sharda du Nord, Hishem est un individu de taille moyenne, mesurant soixante-dix pouces pour un poids de cent quarante-neufs livres. Taillé par sa rude vie de berger et de paysan, puis par son entraînement de soldat, il arbore une carrure légèrement athlétique, aux épaules larges. Véritable « chat maigre », son corps est sec et ses muscles longs et rapides. Son principal atout physique demeure ainsi son agilité, frappant et esquivant très vite. Il est aussi bon grimpeur.

Sa mine, relativement radieuse, affiche deux yeux verts vifs et des pommettes saillantes, frappés sur un visage creux et mat, et coiffé d'une chevelure brune semi-raide régulièrement coupée court. Sa face est plutôt droite, et ses traits ne sont ni épais, ni anguleux.

Longiligne, ses membres supérieurs et inférieurs sont relativement fins et longs, de même que le sont les phalanges de ses doigts. Cette morphologie particulière, très répandue parmi les sous-groupes ethniques des zones en marges des centres urbains, s'est mise en place au fil du temps pour faciliter l'aération du corps sous la chaleur.
De part cette constitution avantageuse en milieu aride, alliée à son expérience de montagnard, Hishem préserve une bonne endurance et peut marcher sur de longues distance. Ses jambes, musclées sous l'habitude d'arpenter les versants des reliefs de sa région, lui permettent également de courir très vite, sur de plus courtes distances toutefois.


Caractère


Hishem est un jeune homme avant tout très curieux, captivé par l'existence qu'il mène en mêlant le réel à l'irrationnel. Il est lunatique, sanguin et susceptible comme la plupart des Sharda du Nord, légèrement fourbe, n'accordant aucune importance à la notion d'honneur, et un brin manipulateur.
Cette dernière caractéristique découle de son expérience d'homme de main de l’Émir, axée sur le prosélytisme. Hishem consacre effectivement la plupart de son temps à chercher à persuader des individus de ses convictions, pour le compte de son maître.

Bien que la conscience collective soit particulièrement développée au sein de son ethnie, Hishem conserve une pointe de marginalité qu'il a acquise à travers son expérience de berger, pendant laquelle il a souvent été confronté à la solitude, laissant ainsi son introspection se développer, et plus largement sa réflexion personnelle.

Probablement plus intelligent que la moyenne de ses semblables, ses maîtres étendront son endoctrinement et son entraînement à quatre années au lieu de deux en qualité de recrue, avant de devenir pleinement soldat. Depuis, Hishem est convaincu de la légitimité de sa cause, ayant cessé d'émettre le moindre doute quant au discours véhiculé par ses maîtres. Chercher à le raisonner ne fera que le mettre en colère.
Très religieux comme ses semblables, il est devenu une véritable marionnette au service de son Émir, auquel il voue un courage et une confiance aveugles.


Inventaire


Selon son activité, Hishem peut être habillé de plusieurs façons. Lorsqu'il est en mission, il revêt souvent une djellaba marron de berger, à l'intérieur de laquelle il dissimule parfois un poignard.

Lorsqu'il assure des fonctions de sentinelle, il porte la djellaba blanche caractéristique des Fellyadas et est coiffé d'un chèche de la même couleur. Il est alors armé d'un cimeterre, ou d'une arbalète lorsqu'il est en poste sur les hauteurs.


Histoire


Hishem est né un Sheal du mois d'Ordo en LXVIII de l'ère des Rois, dans une casbah du massif des Tagensset. La chaîne de montagne s'étendant au sud de Siltamyr.
Il est encore très jeune lorsque son père, Sidi Ali, disparaît dans les « Pics de Feu », nom attribué par les autochtones à une zone du massif d'où il est dit que les sommets crachèrent jadis des flammes. Hishem et ses deux sœurs, Sofia et Li'ma, sont ainsi élevés en partie par leur mère Dahilum, ainsi que par leur oncle maternel, Mu'mhet, comme le veut le système de parenté matriarcal de leur village.

Arslan Sayouf, scripte de sa Majesté a écrit:

O'arr, est une grande casbah implantée sur la pente d'une vallée encaissée, dans le bas-massif de Tagensset, et qui compte prêt de quatre cent habitants. Les autochtones vivent d'une économie de subsistance basée sur l'élevage du mouton et l'agriculture. Le village est connu pour avoir été le fief de l'Émir Sethet Irajim, jadis homme de main du Sultan Arif Ar'Rhaman qui mena la guerre jusqu'en Ordanie au nom du Culte d'Elaïm.

Presque cent ans après la campagne d'Ar'Rhaman, O'arr demeure sous le joug d'un des descendants direct d'Irajim, l'Émir Mehmet Irajim, et conserve officieusement sa non-reconnaissance envers la lignée impie des El Thali. C'est depuis son repère que l'Émir cinquantenaire, maître de quatre autres casbahs de la région, guidait ses acolytes à travers Al'Akhab afin de rallier le plus d'adeptes à sa cause, fondée sur une vision drastiquement dichotomique de la religion. D'un côté le Très Vénéré Elaïm, qui se devait d'être révéré quotidiennement, de l'autre Nephalar incarnant l'idole des païens et des hérétiques.

Le mode de fonctionnement de la casbah n'a ainsi jamais changé depuis l'Émir Sethet. Seul l'Émir, sa famille, ses conseillers et ses Fellyadas étaient au courant de sa position envers la dynastie El Thali.
Allié à son isolement géographique, le conditionnement religieux qui pesait sur O'arr permit au fief des Irajim d'échapper à la vigilance du Sultanat pendant des décennies. Ne sachant que peu de choses à propos de leur Sultan, si ce n'étaient les nouvelles portées par les caravaniers, les autochtones de la région se sentaient avant tout loyaux envers leur Émir qui se portait garant de leur protection et de leur subsistance.

Bien que la dissidence des Irajim ait diminué depuis la guerre fratricide des années 67 à 69, pendant laquelle l'Émir d'Oarr ne pouvait qu'être satisfait de la position prise par le Sultan Altair-El-Thali à l'encontre des hérétiques, elle connut une recrudescente depuis l'invasion des Ordhalerons et la mise en place de leur patin sur le trône: le Sultan-bâtard Elyas El Thali, comme aimaient le prénommer les gens de l’Émirat Irajim.

Jusqu'à ses seize ans, Hishem assista son oncle dans ses travaux quotidiens basés sur la culture des figues et la surveillance de troupeaux de moutons.
Tandis que ses sœurs consacraient la plupart de leur temps à appuyer leur mère dans ses tâches quotidienne, Hishem, passait le sien sur les plateaux et les pentes des montagnes à garder les troupeaux de son oncle. Quand il n'était pas convié au temple pour l'éducation religieuse qui s'exerçait chaque jour pendant une heure, il consacrait son temps libre à s'amuser avec ses camarades d'âge, déambulant dans le village en riant, jouant avec les poules ou s'amusant encore à grimper dans les arbres.
Le garçon gagna significativement en maturité à l'âge de douze ans, comme la plupart de ses semblables, où, bardé de parures et soulevé sur un socle de bois pendant une journée, il entra dans « le monde des grands » comme le voulait le rite Sharda.

Son quotidien se structure alors davantage, et il passe dorénavant la plupart de ses journées à s'occuper des figuiers de son oncle qui poussent sur les versants de la montagne, tandis que son petit cousin, Farrij, le relaye dans le gardiennage des troupeaux.
C'est à l'âge de ses seize ans que son existence connait un premier tournant.

Hishem et son ami d'enfance Yasmine marchaient sur les versants rocheux et fertiles de la vallée du Brââ, s'arrêtant régulièrement pour cueillir des figues sauvages dans les arbres.
-Te plais-tu de ton sort, mon cousin ? Lui demanda Yasmine.
-Eh quoi! Je passe mon temps avec les plantes et les animaux, je suis bien par Elaïm. Rétorqua le garçon.
-Par Elaïm et son serviteur Irajim, tu as raison cousin. Mais ne te sens-tu pas seul parfois ?
-J'ai appris à m'y faire, cousin. Ton père m'a dit que je m'habituerai avec le temps.
-Cousin, ne voudrais-tu pas que nous passions plus de temps ensemble ?
-Ahaha, je te promet, je préfère mon sort au tiens et à celui de Razzim et de Qod. Je préfère marcher dans la montagne la journée plutôt que de rester immobile devant l'entrée de la casbah. Cette vie n'est pas pour moi, cousin.
-Tu te trompe, et d'abord je ne suis pas un gardien. Et Razzim et Qod non plus. On est des Fellyadas de l'Émir.
-A quoi bon, pour faire le gardien devant la maison de l'Émir ? Te plais-tu de ton existence, cousin ?
-Écoute cousin, n'as-tu jamais remarqué que ce ne sont jamais les mêmes qui gardent les portes plus d'une heure ? Nous nous relayons, pendant que d'autres suent à l'exercice. Personne ne s'ennuie là-bas !
-Je sais cousin tu me l'as déjà dit.


Hishem mit du temps à se convaincre de laisser sa solitude et sa tranquillité de côté pour rejoindre ses plus proches camarades d'enfance, dont la plupart était devenue des Fellyadas.

Arslan Sayouf, scripte de sa Majesté a écrit:

A O'arr, beaucoup se sont étonnés de voir plus de bergers et de Fellyadas que de gardiens. En vérité, une grande partie des jeunes garçons jugés digne de confiance par leur naïveté, étaient recrutés tôt dans la garde personnelle de l'Émir.

Signifiant littéralement « soldat prêt à se sacrifier », les Fellyadas sont une invention de l'Émir Reda Irajim, fils de Sethet Irajim et père de Mehmet Irajim. Désireux de poursuivre la lutte de son père, et persuadé de la légitimité de sa cause, Reda Irajim décida de s'entourer d'adeptes prêt à respecter aveuglément sa volonté. Craignant les oreilles de ses propres sujets, il confia à ses muezzins la charge de recruter les plus naïfs des jeunes hommes d'Oarr et des fiefs sous son contrôle pour en faire des soldats dévoués à son service.

Soumis à une éducation religieuse quotidienne et entraînés à combattre quatre fois par semaine, ces soldats étaient ses propres agents déguisés sous sa garde personnelle. En dehors de la casbah-mère, leur activité principale consistait à mener des campagnes de prosélytisme dans la cité de Siltamyr, ainsi que dans d'autres casbah du royaume. Résolus à se donner la mort plutôt que d'être capturés, leur existence fut longtemps ignorée par le Sultanat d'Al'Akhab.

Alors qu'Hishem approchait de sa seizième année, un muezzin de l'Émir vint voir son oncle Mu'mhet pour lui annoncer que son maître en personne voulait son neveu parmi ses Fellyadas. Bien qu'ennuyé de perdre les bras et les jambes d'Hishem qui lui étaient utiles dans son travail, Mu'mhet fut honoré par la nouvelle, tout comme le furent la mère et les sœurs du garçon.

Le quotidien d'Hishem se modifia drastiquement dès son  entrée dans le casemate des Fellyadas, qui était proche à la maison de l'Émir.
Il se retrouvait chaque matin à l'aube dans une salle avec les nouvelles recrues, parmi lesquels figuraient toujours Yasmine, Qod et Razzim. Assis sur un grand tapis, la trentaine d'élèves écoutait les enseignements religieux d'un muezzin pendant deux heures consécutives, et s'initiaient à la calligraphie. Après une pause de trente minutes, ils enchaînaient avec un second cours qui traitait de politique. Un muezzin y usait de sa rhétorique pour ternir l'image de la dynastie El Thali. La manipulation intellectuelle se révélait dans le fait que les élèves avaient l'impression de déduire par eux-mêmes l'imposture des Sultans, ce qui flattait sérieusement leur égo.
Au fur et à mesure, les enseignants durcissaient leur discours religieux, cherchant à persuader leurs élèves des vertus de l'obéissance et même de la mort, leur accordant qu'une vie cadrée par des préceptes ascétiques leur accorderait les plus grandes vertus lors de leur rencontre avec le Très Vénéré Elaïm.

Environ cinq heures par semaines, les recrues Fellyadas étaient initiées au combat à mains nues, à l'arme blanche, ainsi qu'au tir à l'arbalète légère. On leur apprenait également à monter correctement à cheval et à dos de chameau. Dans le casemate, on comptait cinquante Fellyadas et prêt d'une centaine de recrues.
Lorsqu'un élève était jugé suffisamment entraîné et endoctriné, on l'envoyait effectuer une première mission en compagnie d'un maître, plus âgé et plus expérimenté que lui. La recrue devenait à ce moment un soldat, qui pourrait plus tard devenir un maître après des années d'expérience. Hishem qui avait pour habitude de « trop réfléchir » attendit quatre années avant de se voir confier sa première mission. Âgé de vingt ans, il partit avec son mentor Alp Malek, maître âgé d'une quarantaine d'année, dans un petit village de la région, afin de s'initier au prosélytisme. Ses trois premières missions furent identiques. Puis, il fut envoyé à ses vingt-et-un an dans une casbah proche de la Cité de Siltamyr, en compagnie d'un maître et d'un autre soldat, pour y corriger un muezzin qui n'enseignait pas la religion selon le code littéral. L'homme fut isolé dans sa case et battu à plusieurs reprises par les hommes de mains de l'Émir. De part son degré d'endoctrinement qui lui faisait vouer une haine viscérale pour cet homme, le jeune Hishem n'eut aucune difficulté à le frapper comme le lui indiquait son maître. Captivé par le sens qui s'imposait à son existence, il était devenu un soldat et un bourreau parfaitement dévoué à son Émir.

Arslan Sayouf, scripte de sa Majesté a écrit:

Au cours de l'année 90, le royaume d'Al'Akhab s'alarma de l'apparition d'une peste sur ses terres, après que la maladie ait frappé l'Ordanie et la Satvar. L'Émir d'O'arr saisit alors l'occasion pour multiplier ses activités prosélytes.

Des hérauts dispersés dans le royaume annonçaient la colère du Très Vénéré suite au manque de rigueur de ses adorateurs et de la masse païenne et hérétique qui sévissait dans Rëa. Cette peste venue de Seregon n'était qu'un énième avertissement chronique du divin après le retour de la magie, "la pratique interdite", et l'apparition d'une créature de l'apocalypse au-dessus du Lac de Raiendal. Un cataclysme décimerait le monde si les croyants ne respectaient pas les rites à lettre, et que les non-croyants ne se soumettaient pas pleinement à la loi divine. Lorsqu'un dérèglement climatique surgit peu après l'arrivée de la maladie, deux villages infiltrés par les Fellyadas basculèrent sous le joug de l'Émir d'O'arr. Puis un enchaînement d'évènements dramatiques précipita l'adhésion de trois autres casbahs. Au mois d'Ordo de la même année, des rumeurs apportées par la mer semèrent la discorde en Al'Akhab. Des légions de démons approchaient des côtes.

L'attaque chaotique des Ordhalerons sema une terrible panique dans le royaume, et bien plus encore dans les fiefs gangrénés par les agents de l'Émir qui avaient annoncé la venue des temps sombres.
Les flottes du Sultan Altair-El-Tahli furent dévastées, les remparts de ses grandes villes détruits, et sa capitale rapidement occupée par l'armée impériale. Sa propre mort au cours du siège de Seltamyr, puis celle de son épouse, concrétisèrent les paroles des agents de l’Émir dans de nombreux esprits. C'était là le châtiment divin soumit à la dynastie hérétique. Mehmet Irajim jubilait de cet enchaînement catastrophique d'évènements. Il y voyait réellement un signe du Très Vénéré de marquer le début de son ascension.
Bientôt fut annoncée la mort du prince héritier Idriss El-Thali, puis la défaite de l'armée de secours d'Henseik sous les murs de Siltamyr. L'occupation gagna progressivement les principaux pôles urbains du royaume, à la grande satisfaction du maître d'O'arr qui observait malicieusement l'exode urbain garnir les casbahs rurales dans lesquels ses hommes de mains formataient les esprits de la population.

Craignant que la situation ne lui échappe, Mehmet Irajim se mit à durcir ses méthodes et ordonna de destituer tous les Sayyids s'opposant à l'influence de ses hommes. Un certains nombre d'entre eux furent éliminés et souvent remplacés par des muezzins. Puis un impôt spécifique, en plus de l'impôt destiné au Sultan, fut soumis à toutes les casbahs sous son joug, afin de bénéficier de sa « protection divine ». En effet, un important crédit fut accordé dans tout le royaume à celui qui avait prévenu de la colère du Très Vénéré Elaïm, en mettant en cause la décadence des générations modernes. Une aura divine semblait désormais planer dans l'esprit de beaucoup de gens autour de cet Émir qui de son côté, n'avait sournoisement pas manqué d'assurer au nouveau Sultan sa totale dévotion.

L'adhésion croissante d'individus à sa cause l'enrichit sur une échelle de temps courte. Tout en jouant double-jeu avec les envahisseurs et le nouveau Sultan, il acheta du matériel militaire et commença à exploiter ses sujets dans des travaux visant à précipiter une fortification d'O'arr ainsi que les casbahs son Émirat. Mehmet craignait effectivement d'être dénoncé, malgré la terreur et la traque aux dissidents qu'instauraient ses soldats.

Outre les quatre fiefs de sa région, Mehmet contrôlait dorénavant cinq casbahs dans le royaume, ce qui regroupait un peu plus de mille personnes sous son contrôle.
Un mois après l'invasion des armées de Neya, les effectifs opérationnels de sa propre garde atteignirent deux cents individus. Enfin, il pouvait compter sur le soutien de plusieurs hommes d'influence, parmi lesquels le Spahbod Youssuf Ismidun et l'Iran Anbaraghbad Nassir Houbila. Les deux hommes étaient animés par les mêmes sentiments, la volonté de combattre l'envahisseur alliée à une vision draconienne de la religion. Les deux militaires permirent ainsi à l'Émir d'implanter une cellule active dans un temple de la Cité de Siltamyr. Les agents opérant dans la ville venaient s'y réfugier et s'y ravitailler.

Le dixième mois de l'année 90 de l'Ère des Rois, Hishem fut pour la première fois envoyé à Siltamyr avec cinq complices.

Qod apporta la théière fumante et commença à refroidir le liquide en le versant dans un verre qu'il reversait régulièrement dans le récipient. Puis, il s'en alla et revint avec un panier remplit de galettes de semoule qu'il tendit à ses frères d'armes. Razzim le remercia et en saisit un, aussitôt imité par Yasmine, Tarek et Hishem. Les cinq compagnons étaient directement unis par les liens de parenté. Razzim et Yasmine étaient frères, et étaient cousins avec les autres. Le système de parenté spécifique des gens de la région de Tagensset donnaient effectivement souvent des familles nombreuses, ce qui était exploité par l'Émir d'O'arr qui voyait là une formidable force de cohésion pour ses soldats. Ces derniers avaient généralement pour compagnons de mission des membres de leur propre famille.
Les cinq cousins discutèrent en goûtant, tandis que Yasmine terminait de rédiger le parchemin sur lequel il était écrit « Tu es en notre pouvoir. Obéis aux prochaines missives ou tu vas le payer très cher. » Puis Qod convia l'ensemble à la prière. Les soldats saluèrent le vieux muezzin, Raffik, firent leur devoir, puis quittèrent la salle en se dirigeant vers la sortie. Chacun connaissait son rôle et avait assimilé le plan qu'ils avaient répété la veille.
Le groupe se scinda dès la sortie, et chacun marcha en silence dans la ville en direction de la maison de l'Eran Spahbod. Razzim apparut devant la structure avec la charrette de fruit tirée par un âne, qu'il venait de récupérer.
- Légumes frais ! Fruits frais ! Légumes frais ! Fruits frais ! Il continua ainsi en criant fort et en s'arrêtant devant l'entrée de la demeure. Puis il fit mine de pousser sa charrette pour continuer sa route mais celle-ci n'avança plus.
- Au large, drôle, avertit aussitôt un garde, ou veux-tu que je te fasse fouetter ?
- Seigneur, mon âne ne veut plus avancer.
- Ya Sulam, mais gare à toi si tu mens.
Rétorqua le garde en s'approchant. Hishem lâcha la crinière de l'animal qu'il tenait discrètement, puis le garde donna une tape sur la mule qui reprit sa route.
Te moquerais-tu de moi vilain ? File avant que je ne te corrige sévèrement.
- Par Elaïm, grâce te soit louée, Seigneur, mille pardon Seigneur.
Puis il reprit sa route. Le garde  regagna son poste. Hishem était déjà à l'intérieur.
Accroupi derrière une plante qui poussait le long de la clôture, Hishem jeta des regards de chaque côté, ainsi qu'aux fenêtres de la maison, puis il traversa la basse-cour, courbé sur lui-même. Il se raidit contre le mur et jeta un nouveau coup d'œil aux fenêtres des maisons limitrophes. Un frisson glacé lui parcouru le dos lorsqu'il entendit des voix qui approchaient de sa position. Dans la précipitation, il vint s'abriter en pas-chassés derrière un gros pot d'argile dans lequel poussait un arbuste. Les deux gardes passèrent devant lui en parlant, Hishem se recroquevilla davantage, puis les paygans disparurent dans l'angle de la structure. Le jeune-homme ne perdit plus de temps et se mit à escalader la paroi, dissimulé par une grosse plante grimpante qui recouvrait la façade, en s'agrippant aux rebords des fenêtres. Atteignant le première étage de la large villa, il s'infiltra par un balcon et pénétra dans la demeure par la chambre qui y était reliée. La porte de la pièce était ouverte et semblait donner sur un couloir blanc. Il s'arrêta un moment dans la pièce en se cachant derrière un meuble, ferma les yeux, puis écouta. Il n'y avait pas de bruits significatifs. Il sortit alors de son abri et se mit à essayer toutes les pièces de l'étage, en gardant à chaque fois un œil sur une éventuelle couverture, jusqu'à trouver celle qui ressemblait le plus à l'appartement de l'Eran. Marchant pieds nus sur le sol de marbre froid, une habitude qui lui évitait de faire du bruit lors de ses intrusions, il finit par trouver la dite-pièce et s'y infiltra. Il s'approcha d'un meuble qui reposait prêt d'un large lit et y déposa le parchemin qu'avait rédigé Yasmine, ainsi qu'un poignard. Il s’appéta à sortir quand des cris féminins surgirent à l'extérieur de la chambre. Une décharge d'adrénaline lui traversa la colonne vertébrale à l'idée de devoir se donner la mort aussi vite plutôt que d'être capturé. Bien qu'il soit convaincu des idéaux de ses maîtres, Hishem était ennuyé de quitter le monde aussi vite. Il ne savait pas où se cacher. Il remarqua au dernier moment que le lit était assez élevé pour qu'il s'y glisse dessous. C'est ce qu'il fit. Il vit les jambes de trois femmes surgir dans la précipitation depuis un large escalier. Puis il entendit leurs rires. Il souffla. Elles continuèrent sur leur gauche, à l'opposé de la position d'où il était venu, et disparurent derrière une porte. Hishem surgit aussitôt de sa cachette, s'approcha de la porte en longeant le mur, risqua un regard, puis s’élança dans le couloir. Il effectua le même circuit qu'à l'aller pour regagner la sortie et s'évada par le balcon. Se sentant à découvert sur la terrasse, il se risqua de descendre en vitesse pour regagner sa précédente cachette, misant sur une improvisation totale pour échapper aux gardes s'ils le surprenaient dans sa descente. Il attendit derrière le pot d'argile le passage des deux sentinelles, puis, il se dirigea vers la petite porte à l'arrière de la maison que Tarek avait remarqué lors de son repérage. Il enleva la barre de fer et s'échappa. Yasmine et Tarek qui l'avaient vu descendre occupaient deux sentinelles qui n'avaient plus le champs de vision orienté vers lui. Il s'éloigna de la structure et remarqua Qod et Razzim accroupis près d'une fontaine, se tenants prêts à intervenir en cas d'imprévus. Les cinq frères et cousins finirent par se regrouper et déménagèrent jusqu'au repaire y prendre un thé et une fumette parfumée pour fêter leur réussite.

Depuis leur fief reclus dans le Massif des Tagensset, Mehmet Irajim et ses Fellyadas mènent une lutte sans merci contre les sbires du Sultan-bâtard.


Ambitions & Desseins


Hishem est avant tout un soldat dévoué à son Émir, dont il respecte aveuglément la volonté. Celle-ci vise à prendre le contrôle du royaume d'Al'Akhab en étendant le pouvoir tentaculaire de l’Émirat sur les fiefs isolés, et en éliminant les derniers représentants de la dynastie des El-Thali. L'imposition du Culte d'Elaïm à Rëa est une tâche secondaire.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui M'dame !
Moultipass : ok par Harden

Jamais vu un Forum aussi bien foutu.


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◈ Missives : 2163

◈ Âge du Personnage : 82 ans
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◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Lun 12 Déc 2016 - 11:57

Je te souhaite la bienvenue et toutes mes félicitations pour ta validation !

Cette fiche sent bon les campagnes Alkhabiroises. Elle est criante d'authenticité et la lecture fluide, agréable et nous sommes heureux de voir un contre-pouvoir naissant à propos du changement du Sultanat !

Espérant que tu ne te trouves pas à subir les foudres de l'implacable Légion.

Je t'invite désormais à faire une demande de RP pour tes débuts, ainsi qu'à créer ton journal de bord et à remplir ton profil Smile !

Encore bravo !