Azzura

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Faldarys An'Gallad - Courtisan de la Cour de Kaerdum

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◈ Missives : 7

◈ Âge du Personnage : 27 ans
◈ Alignement : Neutre - Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vraën
◈ Origine : Ordanie
◈ Localisation sur Rëa : Kaerdum
◈ Magie : Élémentaire électrique
◈ Fiche personnage : Portus

Héros
Faldarys An'Gallad

◈ Mar 11 Avr 2017 - 14:02

◈ Prénom :  Faldarys
◈ Nom : An'Gallad
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 27 ans
◈ Date de naissance : Au 16ème jour de la lune d'Ansbar, en l'an 63 de l'ère des Rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vrëen
◈ Origine : Ordania / Kaerdum
◈ Alignement : Neutre Bon
◈ Métier : Courtisan à la cour du Roi


Magie




" Observations du malade, Sir Faldarys An'Gallad, 1ère semaine d'Auldera, Astar.

Le seigneur An'Gallad a été retrouvé dans les bois avoisinants le château par une patrouille qui estimait les dégâts provoqués par la tempête d'il y a trois soirs. Le rapport de la garde indique que le jeune homme gisait là, les vêtements carbonisés et le corps noirci. Autour de lui, les arbres semblaient avoir été zébrés de manière inhabituelle par la foudre, et à l'endroit même où son corps gisait, le sol était brûlé, mort. Tous les soldats le pensaient décédé jusqu'à ce que l'un d'entre eux prenne la peine de vérifier sa respiration, et l'amène alors aussitôt jusqu'à l'infirmerie. Déshabillé, nettoyé, aucune blessure n'apparaissait, seules les traces de ses vêtements brûlés avaient disparu. Il ne semblait pas plus traumatisé que ça par la foudre qui l'avait frappé. Le malade se réveilla en effet assez vite, et je lui fis alors le compte-rendu de la situation. Il m'expliqua qu'il accompagnait une courtisane dans les bois quand la tempête a commencé, avant de ne plus se souvenir que d'une sensation de brûlure fulgurante et d'une lumière, aveuglante. Il fut également étonné de voir que ses cheveux, d'un noir de jais avaient tous blanchi, sans exception, peut-être donc un stigmate de ce foudroiement.

Il me parla cependant de faits étranges qui précédaient l'orage, et qui se répétaient depuis. Son corps semblait subir, de manière accidentelle, des décharges foudroyantes mais de bien moindre mesure. Décrivant ces incidents comme de brusques illuminations, liant le malade à un objet qu'il semblerait métallique (il se rappelait nettement de poignée de porte, ou lorsqu'il portait la main à la garde de son arme ou un récipient en métal quelconque), d'abord douloureuses, puis totalement inoffensives, suggérant une accoutumance, ou alors une adaptation du corps face à ces événements.

A sa demande, je l'amenais près du lieu de l'accident afin qu'il puisse y retrouver quelques souvenirs. Mes réticences étaient néanmoins marquées, et furent vite confirmées. Le jeune homme encore faible fut pris de réelles faiblesses une fois arrivé sur le dit lieu, presque de convulsions. Tout ceci pour un intérêt limité : nous ne pûmes effectivement avoir de récit détaillé de la soirée, néanmoins l'analyse détaillée des zébrures sur les troncs nous indiqua clairement que la foudre semblait s'être dirigée d'une manière non naturelle, déviée probablement par, bien que la logique fut contre nous, le corps du patient.

L'accumulation de ces événements nous a permis d'en venir à une conclusion sans réel fondement, mais qui pourrait néanmoins expliquer les faits en présence : Alvar aura béni son enfant le seigneur An'Gallad par une sensibilité à la foudre, à sa création et à sa manipulation suite au retour de la magie en nos terres. Bien que manquant cruellement de contrôle sur ce pouvoir, ce dernier aura au moins eu le mérite de lui sauver la vie il y a quelques nuits.

Aléa Gaelia - Soignante de la cour "



Compétences, forces & faiblesses


> Arts de la noblesse & de la bourgeoisie
(Métier engagé : Courtisan de la Cour de Kaerdum)
- Lecture & écriture : Maître
- Mathématique (comptabilité, arithmétique de base) : Avancé
= Pas plus qu'il n'en faut pour gérer les comptabilités d'un duché.
- Étiquette (Kaerdum) : Expert
= Son rang le pousse à connaître avec précision les codes de la noblesse.
- Politique : Avancé
= Encore jeune, il ne maîtrise pas les arcanes politiques mais est un jeune homme prometteur. Il pourra en obtenir l'expertise dès lors qu'il oubliera ses sentiments pour autrui et comprendra que cet art n'est pas à prendre à la légère : la théorie et la pratique sont deux choses bien distinctes.
- Équitation : Avancé
= L'art de monter à cheval est une obligation pour la noblesse.
- Escrime (enseignement par une école d’arme, connaissance de l’éthique des duels) : Avancé
= Malgré sa technique sue à la perfection, son physique chétif lui empêche d'être un combattant digne de ce nom et donc de s'adapter aux situations peu courantes.
- Diplomatie (Kaerdum) : Expert
= Homme policé, il saura user de son charme et de sa rhétorique pour ménager les susceptibilités des hauts de ce monde.
- Subterfuge (chantage, mensonge, manipulation, etc) : Expert
= De l'art et de la manière de manipuler son entourage. Faldarys est un digne porteur de cet art et saura, par opportunisme, obtenir ce qu'il désire par tous les moyens inimaginables. Un talent qui lui a valu l'exil de ses terres natales.
- Représentation (musique : harpe et luth) : Avancé
= Sans être un artiste, il aura appris durant de longues années à manier ces instruments qui lui sont chers. Faldarys saura connaître les notes et les harmonies, recréer des airs bien connus.

> Compétences libres
- Religion (Alvar) : Avancé
= Né au coeur d'un royaume pieu, il aura eu l'enseignement obligatoire de ses pairs au sujet de sa religion.
- Histoire (Kaerdum) : Intermédiaire
= Il connaît les guerres, les événements historiques d'importance.
- Natation : Avancé
= Un noble aura nécessairement appris à nager.
- Éloquence : Expert
= Homme d'éloquence, Faldarys saura user des mots pour confondre, pour manipuler, servir ses propres desseins.



<<... Second d'une fratrie de trois garçons, j'ai peut-être été l'un des seuls à ne pas me laisser guider par les plans prédéfinis de notre père, Duc en Kaerdum. Né lors de la nuit du solstice d'hiver, prématuré de plus de quatre semaines, les sages-femmes ne me faisaient pas passer l'hiver. Chétif, j'étais cependant selon les dires des observateurs de l'époque, une "belle bouille pleine de malice", malice qui m'aura suivi toute ma vie. Je déjouais les pronostics, et menais une vie sans réelle encombre, en dehors peut-être des fameux grands projets que notre père avait pour nous trois. L'aîné se formait à sa succession évidemment, et apprenait à diriger la région et aux affres de la politique. Tout ceci en plus des excellents cours de langues, et de chiffres notre éducation passa en revue durant toute notre jeunesse. Au fur et à mesure des années, nous nous ouvrîmes à l'histoire du pays, à nos rapports avec les pays voisins et aux arts de la diplomatie, passant donc par la même occasion en revue notre "glorieux" avenir en tant que futurs époux d'héritières de grandes familles. En complément de cette éducation intellectuelle, au cours de laquelle je surclassais mes deux frères avec aisance, le rapport aux armes fût une toute autre paire de manches. Bien qu'habile dans la plupart des passes d'armes, que ce fût à la lance, aux épées à une main voire une main et demi - la rapière restant mon arme de prédilection - ma prématurité avait distillé en moi une faiblesse de condition physique telle que si je ne trouvais pas une faille dans la garde d'un adversaire rapidement, je me retrouvais vite à abdiquer d'épuisement. Bien qu'handicapante, cette tare m'évita cependant la carrière militaire à laquelle m'avait tout d'abord prédestiné mon père, et qui fut le premier pas vers mon émancipation pleine et entière. >>
AN'GALLAD, Faldarys, Souviens-toi que tu es déjà mort Ch. I

<<... Mon arrivée à la capitale de Kaerdum fut le fruit d'une accumulation de nombreux événements, qui me forcèrent, à terme, à m'exiler plus ou moins volontairement du territoire de mon père.

J'ai longtemps été présenté par ce dernier comme le moins habile de la fratrie. Faisant fi de tout sentimentalisme à mon égard, je fus souvent dénigré, parfois humilié par le Duc qui n'avait de cesse de vouloir créer une place confortable à mon aîné Aedhar, futur héritier, mais à la finesse politique et diplomatique limitée. Choses en lesquelles et ce, au grand dam de mon père, je faisais preuve d'un talent certain. Bien que moins imposant physiquement que mes deux frères, mon charme était indéniable et bien plus apprécié. Mêlant à celui-ci une rhétorique fine accompagnée de traits d'esprits soignés je semblais, étais et serais sans doute toujours bien plus compétent que mon aîné, ébranlant tous les efforts de mon père pour me discréditer.

Contrairement à mon frère, j'avais appris les arts et les mystères de la politique sur le tas, rendant mes facilités d'autant plus étonnantes. Et bien qu'à l'échelle du royaume ce n'était peut-être guère éblouissant, mais à l'échelle de notre duché, je savais user de mes talents afin de les mettre au service du territoire. Manipulation, mensonges, écoutes, intimidations s'ajoutaient alors au reste de mon bagage et permettaient de déjouer bien des situations compliquées, tels que des complots à l'encontre du Duc, des insubordinations parmi les soldats, ou encore divergences économiques avec les territoires voisins. Je ne me trompais jamais, ou tout du moins me semblait-il. Il me manquait peut-être à l'époque une vision plus globale. Perché dans ma tour d'ivoire, je ne connaissais peut-être pas toutes les circonstances qui pouvaient mener à telle ou telle situation, et réglais les situations avec une certaine froideur, qui aura pu m'être reprochée. Mais malgré cela, j'avais acquis du respect, et une stature qu'aucun second fils n'aurait pu espérer avoir dans une telle situation.

Dans cette situation où un certain nombre de personnes reposaient sur moi, une forme de peur de l'échec s'est installée. Une pression qui ne me quittait que rarement, accentuée par le fait que je n'avais de cesse de vouloir prouver mes capacités aux yeux de mon père, comme aux yeux du monde. Dans cette vision perfectionnée de moi-même que j'imposais aux autres, seule était moquée ma tendance à flancher face aux femmes. Bien que ma relation avec ces dernières eut des phases compliquées, je suis resté tout ma vie un charmeur, et surtout un charmé face à ces douces créatures. Rarement manipulé, il m'arrivait souvent de vouloir plaire, ou de leur éviter embarras et complications par des gestes subtils mais qui me rendaient sûrement trop galant.

Cependant, séquelle reliquate d'une trahison subie il y a maintenant des années, il me fut longtemps, si ce n'est toujours, terriblement difficile d'accorder ma confiance à quelqu'un que ce soit homme ou femme. >> AN'GALLAD, Faldarys, Souviens-toi que tu es déjà mort, Ch. IV



Physique



Les souvenirs de la tempête étaient encore flous. Faible, mais malgré tout en vie, je m'étonnais d'avoir réussi à échapper à la foudre, et ce sans même un stigmate sur mon corps en dehors de cet étonnant blanchiment de cheveux. Ces derniers tombaient négligemment sur mon visage allongé qui se reflétait dans la glace, et qui avait encore et toujours ces traits finement dessinés. Mes yeux en amande d'un bleu auparavant profond mais qui semblaient s'être éclaircis et leur donnaient un aspect violacé, détonaient par rapport mon teint encore plus blême qu'à l'accoutumée. Je reposais le miroir en soupirant. Ayant regagné ma chambre depuis quelques jours déjà, je restais malgré tout diminué, ce que mon corps prenait un malin plaisir à me rappeler en sortant de mon lit d'un pas incertain, presque titubant. Je me dirigeais alors vers la salle de bain, profitant de cet instant intime pour observer encore une fois mon corps. Frêle, comme à son habitude, mais malgré tout aux muscles dessinés, il semblait encore plus amaigri, et me faisait ressembler à une grande asperge d'un d'un peu plus de cinq pied et demi de haut. Tout en redécouvrant mon corps, je constatais encore une fois avec stupéfaction que rien ne semblait avoir vraiment changé. Ni traces, ni nouvelles cicatrices. Je ne retrouvais que celles que j'avais subies lors de mes entraînements aux armes, petites traces de leçons reçues il y a de ça bien longtemps, en particulier face aux coutelas et autres armes à lames courtes qui resteront sans doute toujours une de mes failles, ayant toujours manqué d'une certaine agilité face à des adversaires plus petits et plus vifs que moi, et munis donc d'armes qui accentuaient cet avantage. Et alors que mes mains parcouraient ma peau à la recherche de traces que je ne pouvais voir, je ressentais leurs aspérités frotter contre mon derme. Des petits cals provoqués par le maniement des armes, aux durcissement présents sur les bouts des doigts à force de gifler les cordes de mes instruments, elles aussi ne semblaient présenter aucun stigmate de ce fâcheux événement.


Caractère



<< J'ai, si mes souvenirs sont bons, toujours été quelqu'un d'ambitieux. Porté par mon ego plus que par mon respect de l'ordre établi, j'ai, durant des années, tenté de parasiter les plans de mon père quant à sa succession et aux avenirs qu'il avait dressé pour nous. Me considérant plus compétent, et donc plus légitime, je pris le temps de me présenter auprès de la population ainsi qu'auprès des cercles plus fermés de la noblesse comme le meilleur des trois fils du Duc Raviel. Loin de la gêne ressentie par mon aînée, je faisais preuve d'un charisme indéniable, ainsi qu'un sens de la répartie à en faire pâlir plus d'un. Usant ainsi de ces talents, opportuniste, je me suis rapproché petit à petit du pouvoir, appuyé progressivement par toutes les tranches de la population.

Il ne fut cependant guère aisé de manipuler dans l'ombre les ficelles du pouvoir, face à un père aussi tenace que moi. Le duc était quelqu'un de plus sanguin et hardi, contrairement à moi qui faisais le plus souvent preuve d'un calme calculateur. Et alors que nous jetions nos forces dans la bataille pendant des années, Raviel réussit à me piéger, faisant alors disparaître tous les fruits de ce travail laborieux et acharné. Amer de cette défaite et surtout de la trahison subie ce jour là, je ne fis plus jamais preuve de la même naïveté. Cette dernière laissant sa place à la suspicion et à une forme de froideur à laquelle je n'étais guère habitué. Mais telle une bête blessée et meurtrie, ma confiance devint alors le butin d'une forteresse quasiment imprenable.

En dépit de cette distance qui s'établissait malgré moi avec mon entourage, je me faisais violence et réussissais à la Cour du Roi, nouveau lieu servant mes ambitions, à retrouver les ingrédients qui m'avaient auparavant conduit au sommet. Cependant, la chaleur de mes paroles, de mes discours, mon empathie auparavant bien plus sincères, furent dès alors dotées d'une pointe de cynisme et de sarcasme auxquels je n'étais jusqu'alors pas habitué. S'ajoutait à celles-ci, un désintérêt notoire face à la plupart des personnes que mon orgueil n'arrivait guère à supporter, les considérant très vite comme insipides ou indignes de moi, et me forçant alors à ne porter mon attention que sur les gens qui arrivaient à titiller ma curiosité ou mon intelligence.

De la même manière, alors que durant des années je mettais un point d'honneur à rassembler autour de moi en inspirant respect, je rechignais alors beaucoup moins à l'imposer par la crainte et les menaces, faisant fi de certains principes auxquels je m'étais assujetti.

Une chose ne changea pas cependant, ma tendance à la solitude. Bien que vivant dans un milieu mondain, la possibilité de me retrouver seul avec moi-même provoquait en moi une forme de délectation subtile et libératrice. Loin des attitudes guindées et des mondanités qui m'horripilaient, je pouvais me laisser plus facilement aller loin de tout ce brouhaha. Les réflexions étaient plus aisées, et cet isolement dans ma tour d'ivoire me permettait également de laisser libre court aux charmes de la musique dans des élans de mélancolie, véritable maîtresse et exutoire dans ce monde cruel et sans limites. >>



Inventaire



Bien qu'habillé richement, portant les couleurs de sa famille un violet sombre accompagné de noir, Faldarys n'avait guère de fioritures ou autres bijoux extravagants. Fils de Duc il conservait sa chevalière sur l'auriculaire gauche, en baise-main, symbole de son titre. Une rapière, son arme de prédilection, était accrochée à sa ceinture, taillée sur les vestiges d'une épée bâtarde à la signification particulière par un grand forgeron de la capitale, qu'il portait comme une croix, un rappel de sa situation.

En amateur de musique, dans sa chambre trône une harpe diatonique toujours bien accordée, ainsi qu'un luth qu'il affectionne tout particulièrement, vestige de son enfance. Sa chambre est également la demeure de nombreux ouvrages savants comme fabuleux trônant sur des bibliothèques imposantes, qu'il s'efforce de lire dans ses moments de temps libre.

Plus récemment, et suite à la découverte de son affinité magique envers l'électricité, afin de s'éviter tout désagrément lié à cette dernière qu'il ne maîtrisait guère, on le voyait volontiers porter une paire de gants en cuir noir, coupant tout contact avec les objets métalliques.


Histoire



Le réveil fut plus difficile qu'à l'accoutumée. Ses escapades nocturnes bien qu'habituelles, étaient devenues bien plus fatigantes depuis l'arrivée de la famille Folaiche, qui régnait sur le duché voisin. En conflit depuis plusieurs années maintenant, les deux Ducs se parasitaient mutuellement via des taxes aux frontières menant la vie dure aux commerçants, ou l'envoi de criminels et de bandits de manière dissimulée sur le territoire du voisin afin d'y faire régner terreur et ravages, sans parler de friction de patrouilles mais qui n'avaient pas encore entraîné de conflit plus global. Cette rencontre signait l'espoir d'une réconciliation, et bien que le père de Faldarys, Raviel, était doté d'un orgueil incommensurable, il ne pouvait refuser cette opportunité, surtout que le Duc Folaiche lui proposait la main de sa fille, en gage de sincérité et de bonne foi.

Au vu des tensions possibles et des risques que pouvait représenter une telle rencontre, la sécurité du château du Duc An'Gallad avait été considérablement renforcée, menant la vie dure aux personnes qui comme Faldarys, avaient des choses à cacher. Et en dehors de tous ces secrets, celui qu'il aurait aimé garder était le fait qu'il continuait à voir Yen. Yen était une jeune femme charmante qui avait réussi à susciter son intérêt il y a deux ans de cela. Courtisane, elle était une jeune femme volage, libre, mais à l'esprit vif et acéré, ce qui avait particulièrement plu au jeune noble. Cependant, leur relation ne plaisait guère à son géniteur, qui en plus de réfléchir à un mariage politique pour son fils et ne voulait pas qu'un quelconque sentimentalisme puisse intervenir, il trouvait qu'un noble de son rang ne pouvait pas se permettre de fricoter avec une prostituée, même de luxe. Raviel lui avait alors proscrit tout contact avec la jeune femme, ordre qu'il s'était néanmoins empressé de transgresser tant la fascination qu'il avait pour cette dernière était irrépressible.

Alors qu'il la cherchait du regard à ses côtés, Faldarys fut déçu de n'y voir que les draps, vides. Ses yeux encore ensommeillés scrutèrent alors la chambre sans réel succès et il soupira alors se remémorant la nuit précédente. Cette dernière fut bien plus intense qu'a l'accoutumée, la jeune femme n'ayant guère usé de sa voix pour autre chose que pour gémir, et ne l'avait que peu laissé souffler, comme si elle cherchait à compenser quelque chose. Bien qu'étonné, il n'en dit rien : la jeune courtisane était égale à elle même, libre et fougueuse. Et bien que le fils du Duc espérait à chaque fois pouvoir se réveiller auprès d'elle, les fois où cela fut le cas étaient rares, cette dernière disparaissant le plus souvent au petit matin, ne laissant dans la pièce que son parfum entêtant. La cloche sonna au loin onze coups distincts, laissant au noble la joie de se rendre compte qu'il n'avait que bien trop tardé. Se rhabillant avec hâte, il prit cependant quelques instants afin de vérifier que nulle trace de son passage n'était restée. Prenant le double de clé qu'elle lui laissait chaque fois afin de refermer la porte, il accola son oreille à celle-ci, scrutant des bruits de pas qui pouvaient briser le silence des rues adjacentes. Visiblement désertes, il se faufila en dehors de la petite maisonnette rapidement, avant d'entendre le cliquetis significatif du verrou s'enclencher, et de glisser la clé avec laquelle il l'avait fait sous la porte, se débarrassant ainsi du dernier indice pouvant mener à elle. Il rejoignit alors d'un pas vif mais silencieux les allées principales du bourg, sans avoir omis de réaliser quelques détours, n’omettant aucune précaution. Il s'étonnait encore de voir toutes ces ruelles habituellement sombres et miteuses, plus propres que jamais. Nettoyées, tout comme tout le château, pour la venue du Duc Folaiche, Raviel An'Gallad ne pouvant ne serait-ce que s'imaginer, avoir à rougir à cause d'un manque d'entretien.

Son chemin presque erratique le conduisit jusqu'au marché, passage quasiment obligé afin de retourner au château. Toujours aussi animé, il était également surveillé de près par les gardes aux rondes inhabituellement nombreuses. Cette augmentation de la charge de travail les avait d'ailleurs rendus plus nerveux et avait, alors que l'effet inverse était recherché, augmenté le nombre d'incidents et frictions avec la population. De nombreux rapports étaient arrivés aux oreilles de Faldarys, que ce soit par ses informateurs, ou bien par les gardes eux-mêmes, et beaucoup se rejoignaient sur le fait que certains dépositaires de l'autorité Ducale abusaient de leur pouvoir. Le fils du Duc eut l'occasion par lui-même d'observer ce type d'abus il y a quelques jours de cela, où de la même manière il revenait de son escapade nocturne et en avait profité cette fois-là pour ralentir le pas et observer par lui même la situation. Ceci afin d'essayer comme à son habitude, d'augmenter son influence et sa côte auprès de la population. Le marché étant un des centres névralgiques de ces tensions, il était tout à fait propice à la survenue d'autres incidents, il y avait alors vagabondé avec prudence, évitant le plus possible les contacts avec les gens de la classe populaire qu'il n'affectionnait guère, les trouvant mal élevés, sales et par trop disgracieux. Tout ceci en cachant de sa cape sombre et légèrement crasseuse tout effet qui pouvait le faire se distinguer de la masse, observant les différents étals de fruits, légumes, bijoux ou autres manufactures, et jugeant avec dédain bon nombre de ce qu'il y voyait. Le fils de Raviel n'eut guère à attendre longtemps avant qu'un de ces dits incidents n'arrive. Des remous se firent entendre non loin de là, jusqu'à même ouïr des cris perçants. Se faufilant parmi la foule qui commençait à s'agglutiner, le jeune noble n'eut guère de mal à comprendre la situation. Deux jeunes femmes au charme certain, visiblement propriétaires d'un étal de fleurs qui se trouvait juste à côté, avaient été prises à parti part deux gardes visiblement assoiffés de désir. Prétextant une autorisation de vente dépassée, ils souhaitaient monnayer leur clémence en échange de faveurs charnelles. Bien qu'habituellement déconnecté des revendications populaires, l'occasion était trop belle pour parfaire son image chevaleresque, tout en prenant en compte sa tendance naturelle à la bonté ainsi que sa faiblesse envers la gente féminine. Tout ceci le poussa à agir et à s'interposer, alors que les deux gardes se faisaient de plus en plus pressants. Il s'avança alors d'un pas feutré, et attrapa d'un geste vif l'épée du garde qui était le plus proche de lui, trop concentré à violenter les jeunes paysannes pour surveiller son fourreau.

<<- Halte là, au nom du Duc ! >>

Dans l'incompréhension générale, Faldarys avait enlevé sa cape et mit en avant sa chevalière portée à l'auriculaire gauche, tout en pointant l'épée qu'il venait de subtiliser face à lui, tenant en respect les deux gardes. L'épée du benêt qui se l'était faite subtiliser, bâtarde classique d'une main et demi, pesait lourd, mais bien que fatigué par cette nuit agitée, il faisait de son mieux pour ne pas ressentir l'usure. Il ne lui restait plus qu'à espérer que les gardes n'essayent pas d'aller à l'affrontement. Seul, il n'avait guère d'autre choix que d'être armé et menaçant, mais il redoutait que deux hommes acculés n'essayent de jouer leur va-tout et veuillent mettre au silence le jeune noble.

<<- Est-ce là la manière de traiter notre peuple ? N'avez-vous donc aucun honneur ? Moi, Faldarys An'Gallad m'insurge de voir un tel comportement au sein de notre garde. Brusquer deux jeunes femmes pour des prétextes aussi futiles, afin d'assouvir vos basses pulsions. Êtes-vous des hommes ou des bêtes ? Ne pouvez-vous donc pas vous comporter en personne honorables ?

Faldarys parlait lentement, marquant les pauses et espérant que son intervention ait créé suffisamment de remous pour qu'une autre patrouille vienne appuyer son discours. Bien qu'hébétés et visiblement remontés, les deux gardes n'osaient malgré tout pas répliquer ni s'attaquer au fils du Duc, risquant un sort bien pire que le simple emprisonnement.

<<- Ah, enfin. Gardes, emmenez-moi ces deux brutes afin de les mettre aux geôles. >>

Par chance une patrouille se trouvait déjà non loin et était arrivée sur les lieux, empêchant l'incident de s'envenimer encore plus. Bien qu'il ne doutait guère de sa capacité à mettre hors d'état de nuire deux gardes à la formation limitée, il ne souhaitait pas donner de raison supplémentaire à la population de détester les forces de l'ordre. Des violeurs qui en plus se révoltaient contre leur souverain n'étaient guère des exemples à suivre. Et alors que les deux jeunes victimes l'avaient remercié d'un regard apeuré, avant de s'éloigner aussi poliment que prestement, une vague d'approbation avait commencé à se former au sein des différents témoins qui ont assisté à la scène. Approbation qui se transforma assez vite en acclamationque Faldarys prit le temps d'apprécier, tentant néanmoins d'éviter un maximum les accolades amicales et autres poignées de main. L'arme du garde toujours en main, il s'était alors servit de sa cape désormais inutile pour l'emmitoufler, et était alors rentré au château.

Se remémorant la scène le regard perdu dans le vide, il retrouva sur son chemin du jour les deux jeunes femmes sur leur étal, visiblement pas plus traumatisées que ça par cette histoire, qui alimentait pourtant toujours les discussions dans les tavernes. Ne prenant pas la peine de ralentir, le jeune Duc laissa cependant au passage quelques pièces cachées parmi les fleurs, comme dernier cadeau de compensation face à la gêne occasionnée, avant de retrouver d'un pas vif le chemin dallé qui l'emmènerait au château.

La fin de la journée déroula sans autre surprise, le fils du Duc An'Gallad ayant passé son temps à valser entre plaisirs solitaires et mondanités. Se laissant aller à quelques notes de musiques dans sa chambre sur le Luth qu'il affectionnait tant ou à se perdre dans différentes lectures, avant de procéder à de nouvelles rencontres protocolaires avec la famille Folaiche ainsi que sa suite. Le Duc voisin, sa femme ainsi que ses deux enfants avaient tout de la famille traditionnelle. Léandre, le mari, était un homme imposant de près de six pieds de haut, et dominait son fils encore jouvenceau, sûrement proche de la quinzaine, en hauteur comme en largeur. Bourru mais avec un certain franc-parler, il ne s'étonnait pas qu'un tel personnage puisse être en conflit avec son père, étant donné que comme lui, il ne semblait pas manquer de caractère. La femme et la fille étaient plus en retrait, à l'image de sa propre mère, loin des stéréotypes de femmes de pouvoir que l'on pouvait croiser dans d'autres régions. La fille, Maëlysse de son prénom, faisait preuve d'un charme froid derrière ses grands yeux verts et sa chevelure rousse qui soulignait son visage fin, et faisait presque regretter Faldarys de ne pas pouvoir lui courir après. Mais le souvenir de Yen, sa volage bien-aimée, lui fit vite disparaître cette pensée. Les commodités et usages terminés, chacun regagna ses quartiers le soir tombé afin de se préparer pour la grande journée de demain, sensée sceller définitivement leur accord.

Ô combien fut le second fils surprit en trouvant sur la chemin vers ses appartements, qu'il accueillit d'un sourire qui ne lui fut pas rendu. La jeune femme se tenait dressée à un croisement sombre d'un couloir, et était encore plus pâle qu'à l'accoutumée, visiblement terriblement soucieuse, tranchant avec son habituel air badin. Il entreprit de briser le silence gênant qui s'était installé lorsque la demoiselle le priva de cette politesse, d'une voix chevrotante.

<<- Faldarys je... Je sais que nous ne sommes pas censés nous voir comme ceci sans précautions m-mais... >>

Visiblement perturbée, l'amant tenta de prendre Yen dans ses bras afin d'essayer la calmer tout en cachant sa propre inquiétude qui commençait à se lire sur son visage, mais n'eut le droit qu'à un mouvement discret de recul de la part de la jeune femme.

<<- Non, s'il te plaît pas maintenant... Fichtre, Yen reprends-toi !>>

Se faisant violence, la courtisane reprit contenance avant de reprendre la parole un tant soit peu plus confiante.

<<- Tu sais durant les conversations mondaines et autres rencontres plus... "poussées", il arrive à certaines personnes d'entendre des choses qui ne devraient parfois pas être entendues. Et hier soir, ce fut le cas.

- Yen je t'en prie, viens-en aux faits ! De quoi parles-tu ? Quelqu'un est mort ?

- Pas encore. Faldarys tu.. Toute ta famille va être assassinée.

- Mais qu'est-ce que c'est que ces âneries encore ? Je l'aurais su si une telle affaire se tramait voyons.

- Tu ne comprends pas. Tes informateurs sont bien trop cantonnés au duché. Ils ne savent rien de ce qu'il se trame du côté des Folaiche. Ils veulent tuer ton père ainsi que tous ses fils et reprendre le territoire à leur compte. Je.. Je n'en sais pas plus mais crois-moi, les confidences qu'une femme peut entendre sous l'oreiller ne peuvent être plus véridique, et la jeune demoiselle qui m'a transmis ces informations est digne de confiance.

- Arrête tes bêtises...

- Ca suffit. >>

Son ton était devenu plus froid, visiblement offusquée qu'il ne la croie pas, avant de se radoucir.

<<- Je t'ai dit ce que je savais, libre à toi de me faire confiance ou pas. Il faut que j'y aille maintenant avant qu'on ne remarque ma présence ici dans un éclat de voix. Faldarys je.. s'il te plaît pard... Fais attention à toi, je t'en prie.>>

Elle se tût. Et alors qu'elle s'était tournée et redirigée vers la porte, elle se tourna une dernière fois vers lui, en lui jetant un regard plein de désespoir accompagné d'un sourire aussi triste que désolé, avant d'enfin quitter les lieux, reprenant une stature digne, tandis qu'il resta dressé planté là, visiblement décontenancé, avant de terminer sa route jusqu'à sa chambre d'un pas lourd.

Plusieurs sentiments s'entremêlaient chez le fils du Duc, hébété.
Tout d'abord l'incrédulité. Comment une entreprise d'une telle envergure avait pu passer à travers sa toile. A lui, le cerveau, le roi des secrets, à qui rien n'échappe et qui voit toujours tout plus loin que tout le monde. Son ego blessé cherchait coupables, et les avait déjà trouvés en partie chez ses informateurs, qui n'avaient pas eu la subtilité d'aller chercher plus loin que d'habitude, se dédouanant de ce tort.
La tristesse, ensuite, de voir la jeune femme qu'il aime tant lui annoncer cette nouvelle avec tant de gravité sans qu'il ne puisse rien faire pour la garder à ses côtés et profiter de sa présence pour le réconforter.
Le désespoir enfin, face à la véritable portée de cette information. Il avait, lui comme sa fratrie ainsi que ses parents, sa tête sur le billot, sans savoir quand la lame allait tomber, mettant ainsi un terme à la lignée An'Gallad.

Faldarys, rentré dans ses quartiers, s'assit sur la chaise qui faisait face à son bureau tentant de concilier tout ces ressentis, avant de se ressaisir après quelques minutes d'introspection. Bien que toujours secoué, il ne voulait s'admettre battu, et entreprit de faire tout ce qui était en son pouvoir afin de ne pas connaître le sort funeste qui leur était à tous réservé : la nuit allait être courte. Il commença alors à rédiger missive sur missive, s'adressant à ses différents contacts les plus proches du château et dont la réponse pouvait être suffisamment rapide, questionnant, interrogeant et demandant ne serait-ce que la moindre information concernant ce qu'il se tramait. Une fois envoyées via pigeons, il se décida à enquêter par lui même dès l'aube. Voulant ainsi profiter des dernières heures de sommeil avant cette dernière, il s'endormit laissant le poids du stress abattre ses paupières, le guidant ainsi vers une nuit brève et sans rêves.

Le réveil fut abrupt. La nuit aussi courte que la précédente ne fut guère reposante, mais le plus surprenant fut peut-être l'oreiller qui se trouvait sur son nez et qui l'empêchait de respirer correctement. Chaos, incompréhension, et panique submergeaient complètement le jeune dormeur, et ce ne fut que dans un éclair de sang-froid qu'il réussit à se saisir d'une des mains de son agresseur, et d'y planter profondément ses ongles afin de lui arracher la peau. Bien que l'efficacité d'une telle action ait pu être douteuse, elle suffit à faire diminuer la pression qu'il subissait et lui permit de se dégager de l'étreinte mortelle.

<<- Gardes !>>

D'une voix forte, bien qu'essoufflée, il lança dans un élan de désespoir sa bouteille à la mer avant d'esquiver immédiatement une approche de son vis-à-vis. D'une musculature bien plus imposante, il n'en restait néanmoins doté d'une certaine vivacité, tandis que Faldarys restait diminué par son absence de réel repos ainsi que par l'usure provoquée par son essoufflement. Il ne put donc éviter la seconde prise de son assassin, qui réussit à lui saisir son cou de ses mains puissantes. Se débattant comme jamais, ils chutèrent tout deux, renversant le mobilier de la grande chambre du fils du Duc, dans un fracas qui ne laissait plus guère de doute quant à la scène qui se tramait à l'intérieur. Un cliquetis particulier réussit à capter son attention dans le combat pour la survie qui se jouait. L'épée qu'il avait saisie il y a quelques jours de cela venait de glisser d'une table basse qu'ils avaient renversée, et se trouvait non loin de là, presque à portée de main. Respirant avec difficulté, sentant le souffle de la vie lui échapper, il tendit son bras gauche, grappillant les millimètres avant que par miracle il n'arrive à s'en saisir et trancha le flanc de la brute sur cinq longs pouces. Les hurlements provoqués par la douleur furent une douce mélodie aux oreilles de Faldarys, presque autant que le bruit de sa respiration retrouvée. Et alors que le sang coulait déjà à flots, il approcha l'épée de la gorge de son agresseur qui se tenait les côtes, avant de lui demander d'une voix abîmée.

<<- Qui t'envoie ?>>

Silence, regard haineux qu'il semblait reconnaître, mais dont l'origine n'arrivait pas à lui revenir dans l'excitation générale.

<<- Parle, ou je te tranche la gorge. >>

Et sans un mot, l'assassin attrapa la lame de ses deux mains et se l'enfonça lui même dans la gorge. D'un dernier sursaut de vie il cracha aussi fort qu'il le put vers le visage du noble, ne réussissant cependant qu'à se salir encore plus le visage. Reprenant son souffle malgré sa gorge douloureuse, Faldarys sentait encore son coeur battre la chamade, comme pour compenser le fait qu'il avait failli ne plus jamais en être capable. Il essuya sa lame sur le pan de la chemise sombre du cadavre, avant d'en profiter pour lui même se nettoyer et se rhabiller. L'assassin avait eu la décence de le réveiller juste à l'aube, ce qui lui laissait à présent encore quelques heures avant le grand repas de midi, réservé aux deux seigneurs, leurs épouses, ainsi qu'aux deux enfants à marier, et qui devait sceller définitivement l'accord entre les deux duchés. Chose qui ne pourrait se faire s'il trouvait des preuves tangibles d'une tentative d'assassinat émanant de Léandre Folaiche.
Prêt à quitter ses quartiers, le second fils du Duc restait chagriné par quelques détails. Ce visage tout d'abord, bourru et caractéristique, auquel il n'arrivait pas à attribuer d'identité. Et l'absence de gardes pour le secourir, laissant supposer que son assassin connaissait parfaitement les rondes pour trouver le moment opportun pour l'attaquer.

Laissant ces détails derrière lui estimant qu'il pourrait y revenir plus tard, ainsi que le cadavre pourrir sur le sol de sa chambre, il quitta cette dernière sans avertir qui que ce soit d'autre de ce qu'il venait de s'y passer. Profitant de cette discrétion afin de l'user à son avantage, il pouvait ainsi mener son enquête sans prendre la peine de créer la panique, se permettant cependant d'avoir gardé à sa ceinture l'épée bâtarde qui venait de lui sauver la vie. Il réalisa quelques détours afin de vérifier que ses deux frères étaient bien sains et saufs, sans prendre la peine d'aller voir la chambre Ducale, qui était elle surveillée en permanence. Il s'escrima alors à discuter avec certains gardes, usant de ses relations, sa position et ses qualités rhétoriques afin de tirer certaines informations en toute discrétion. Il usa des mêmes stratégies avec les bonnes, les femmes de chambres, les cuisiniers, les courtisanes (tout en s'étonnant de ne croiser Yen nulle part), bref, toute personne ou presque qu'il croisait, sans avoir pour autant la moindre piste. Frustré par son inefficacité et stressé par le temps qui s'écoulait, il retourna à sa chambre où l'odeur du sang séché vaguement ferrique embaumait la pièce, afin d'y récupérer les réponses aux missives qu'il avait envoyé la veille. A son grand regret, seules quelques-unes avaient reçu un retour sur la vingtaine qu'il avait envoyé, ayant fait fi de toute précaution quant au nombre conséquent d'envois simultanés. Surtout que les réponses qu'il avait reçues ne valaient clairement pas la peine de risquer la position de ses informateurs d'une telle manière.
Personne n'avait entendu quoi que ce soit sur l'assassinat de masse qui se préparait dans le château, mais au vu de ce qu'il venait de subir lui-même il y avait quelques heures, les paroles de Yen ne pouvaient être mises en doute.

Midi sonnait au loin, tandis que Faldarys était de nouveau parti en vadrouille, ne ménageant pas ses efforts, malheureusement toujours vains. Ce ne fut qu'une heure plus tard qu'une dernière missive apparut à sa fenêtre à la patte d'un pigeon couvert de sang. Sur le papier à lettres déchiré et rougit par le liquide rubis n'était écrit qu'un seul mot : Poison.
Et alors tout fit sens. Le dernier repas devant acter la décision définitive d'alliance était l'endroit idéal pour se débarrasser du Duc et de son principal héritier. Le second influent étant sensé être déjà mort, il ne restait plus que le plus jeune, à tuer ou à manipuler afin d'être la marionnette du Duc Folaiche. Et rien n'était plus simple que d'empoisonner la famille An'Gallad, habituée en fin de repas à trinquer dans une liqueur aux mûres d'un goût horrible, que Faldarys avait depuis longtemps abandonné, ainsi même que tous leurs invités qui n'osaient tremper leurs lèvres dans ce breuvage aussi amer que sucré.

La fin du repas approchait, au vu de l'heure, à grands pas, et ce fut donc sur ce rythme que le second fils se dirigea vers la grande salle de réception spécialement affrétée pour l'occasion. Les minutes s'écoulaient trop vite à son goût alors qu'il parcourait les couloirs, et tandis que la sueur autant froide que chaude s'écoulait dans son dos, il arriva enfin à la porte, évidemment gardée.

<<- Faldarys An'Gallad, je demande à rentrer afin de régler une affaire urgente avec le Duc Raviel An'Gallad.

- Le Duc a expressément ordonné que personne ne rentre. Ni vous monseigneur, ni personne d'autre.>>

L'implacabilité du garde, dont le visage lui également familier, était louable, mais terriblement déplacée en une période aussi urgente. Ne se laissant plus guider par quoi que ce soit d'autre que son instinct, il recula de quelques pas avant de foncer directement sur la porte, arme en main afin de parer une attaque d'estoc que le garde lui asséna, et ouvrit l'entrée de la salle de réception dans un fracas assourdissant.

<<- Père, non, ne buvez pas ça !>>

Le minutage était peut-être idéalement choisi par le seconde fils du Duc. Les digestifs venaient d'être servis. En tant qu'hôte et meneur, il avait déjà son verre en main, prêt à l'ingurgiter.

<<- Faldarys ? Mais que fais-tu là ?

- Père s'il vous plaît écoutez moi, ce verre que vous tenez là est...

- Quoi ? Empoisonné ? Ne me raconte pas de bêtises.>>

Les gardes s'étaient, durant ce court dialogue, saisis du jeune homme, l'immobilisant lui et surtout son bras armé.

<<- Je vous en prie père.

- As-tu la moindre preuve de ce que tu annonces ? Non ? Hé bien, évite de déranger cet accord historique et laisse-nous trinquer veux-tu ?>>

L'incompréhension était totale chez les Folaiche ainsi que chez sa mère et son frère,  tandis qu'une pointe de désespoir pouvait se lire dans les yeux bleus du garçon alors que son père buvait d'une traite son verre. Les secondes passaient, en silence, dans l'attente d'une quelconque réaction du Duc Raviel. Et cette fois-ci ce fut du côté de Faldarys que l'incompréhension commença à se dessiner, mêlant à cela peut-être une point de...

<<- Déception ? Est-ce là de la déception que je vois chez toi Faldarys ?.. Ne me dis pas que...>>

Soudain, la voix de son père se modula légèrement. Une petite cassure s'y ressentait sans pour autant qu'elle y soit naturelle. Comme un rôle que Raviel se donnait afin de mieux convaincre son audience. Un changement tout à fait subtil, mais que quelqu'un comme Faldarys, habitué aux mondanités, savait repérer.

<<- En réalité, c'est t-toi qui voulais m'empoisonner. Tu voulais, et tu es venu ici pour vérifier que tout se passait selon ton plan. Qu-Qu'avais-tu prévu d'autre ? Je te vois armé, comme c'est rarement le cas. Tu étais aussi prêt à tuer ton frère afin de prendre sa place ? L'accusant de ma mort ? Ou alors était-ce pour finir le travail vu que visiblement tu n'étais pas sûr que le poison arrive jusqu'à moi ? Hé bien voilà, tu as échoué. Je suis en vie, ton frère ici présent me succédera le moment venu et toi... Toi... Je ne veux plus te voir. Emmenez-moi cette vermine aux cachots.>>

Les gardes terminèrent de le désarmer, et traînèrent sans difficulté le jeune homme complètement décontenancé jusqu'aux geôles ducales. Jeté dans une cage sombre, Faldarys ne cessait de se questionner, complètement abasourdi devant ce qu'il venait de se passer. Comment quelque chose comme cela avait-il pu arriver ? A quel moment s'était-il fait berner ? Pourquoi lui ? Pourquoi comme ça ? Pourquoi alors que pour une fois il voulait sauver sa famille d'un funeste destin, faisant acte d'abnégation alors que lui-même s'en était sorti, c'était contre lui que tout cela se retournait. Ce sentiment d'injustice grondait en lui, en même temps que la colère et la frustration supprimant tout sens commun et capacité de raisonnement logique. Ajoutant à tout ceci la faim, qui ne fut guère comblée par le morceau de pain et la gamelle d'eau qui lui furent transmises quelques heures plus tard par les gardes qui ne pipèrent mot, laissant le garçon à ses tourments.

Le temps s'écoulait lentement. L'obscurité du cachot l'empêchait d'avoir une bonne estimation du moment de la journée, et quand il comprit enfin que personne ne lui rendrait visite dans l'immédiat, il mit fin à ses réflexions incessantes afin de se laisser tomber dans un sommeil agité. Sa nuit fut de nouveau écourtée, par un bruit de métal cognant sur les barreaux. Ouvrant ses yeux encrassés par la poussière, il ne reconnut pas immédiatement le visage de la personne qui se dressait derrière la porte, se réhabituant à la lumière via celle qui émanait du chandelier. Les traits s'affinèrent, pour former plus nettement le visage de son père, sur lequel on pouvait lire une forme d'extase maladroitement dissimulée. Les cliquetis d'une armure un peu plus loin dans le couloir suggéraient qu'un garde l'avait accompagné, mais Raviel se tenait là seul, voulant sans doute ajouter un air solennel à cette rencontre, dont il fut le premier à briser le silence.

<<- Mon fils. Je crois que tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux de te voir enfin hors d'état de nuire. De voir que malgré tous tes efforts à vouloir t'émanciper, tu restes ma petite marionnette dont le destin ne tient qu'aux fils que je tends. Aujourd'hui, tu as fait preuve de négligence. Tu as commis l'erreur de faire confiance alors que pourtant rien n'allait dans le sens de ce que l'on avait dit.

- Mais qu'est-ce que.., grommela le jeune homme de sa voix encore pâteuse.

- Ne t'avais-je pas prévenu que fréquenter cette catin ne te causerait que du mal ? Qu'elle n'avait de plus aucun droit de côtoyer quelqu'un de ton rang ?

- Arrête de parler de Yen comme ça avant que..

- Que quoi, ricana-t-il, tu me tues ? Allons, un peu de sérieux. Laisse moi continuer veux-tu, je suis sûr que tu trouveras toute cette histoire palpitante. Bien. Depuis des années maintenant je t'observe tu sais ? Ta volonté, ton orgueil, et toutes tes capacités t'ont conduit là où personne ne t'attendait ! Ni te souhaitait sans doute. Mais comment te le reprocher ? Quel second fils n'espère pas chiper la place au premier. Mais l'honneur vois-tu, l'honneur n'est pas quelque chose avec lequel il est aisé de jouer, et bien que tu surpasses ton frère aîné sur beaucoup de points, c'était son destin et ça le restera. Et tu ne pourras jamais rien y changer. Et en parlant d'honneur justement, lorsque j'ai appris que tu t'envoyais cette traînée... >>

Il contint un rictus plein de haine, sûrement trop occupé à jubiler et à déguster ce qui était, semblerait-il, sa victoire.

<<- Tu auras osé traîner dans la boue notre nom, notre honneur à cause de cette sale p...

- Ne termine pas ta phrase, où je te jure que quoi qu'il arrive tu le paieras de ta tête.>>

La voix de Faldarys était froide, implacable. Le Duc Raviel ne put alors s'empêcher d'éclater de rire. Un rire tonitruant qui résonna dans tout le cachot, avant de se calmer quelques secondes plus tard.

<<- Tu fais décidément preuve d'un manque de perspicacité cruel ce matin. Sont-ce les cachots qui t'ont obscurci l'esprit ? N'as-tu pas écouté ce que je t'ai dit au début de notre entrevue ? Il cacha un rire dans un soupir, Il est amusant de voir à quel point tu défends quelqu'un qui t'a trahi. Amène-moi la fille, Velert.>>

Accompagnant le cliquetis d'armure qu'il avait entendu précédemment, un bruit de talon plus léger s'approchait, et c'est le visage de Yen qui sortit de la pénombre à mesure que la lumière du chandelier la dévoilait. Ce visage si parfait, si doux, et si désespéré en ce moment même. Mais plus rien de tout cela ne comptait aux yeux de Faldarys qui ne voyait plus rien d'autre que la femme qu'il aimait aux côtés de la personne qui venait de le jeter ici.

<<- Toi...

- Oh ? Surpris ? Et oui, ta catin préférée t'a menti. Elle t'a raconté toute cette histoire d'assassinat guidée par mes ordres, afin de te faire tomber dans ce piège grossier. Tu m'as drôlement facilité la tâche cela dit. La confiance que tu lui accordes est vraiment aveugle.

- Faldarys je t'en pr... >>

Tenta-t-elle d'une voix suppliante, mais fut immédiatement rappelée à l'ordre par le regard sévère du Duc.

<<- Chut, demoiselle. Ne dites pas de choses que vous regretterez plus tard. >>

La scène surréaliste qui se passait devant les yeux du jeune homme lui avait fait définitivement perdre tout sens logique. Il ne prêtait plus attention aux signes, aux visages, aux mots, et gravait dans son esprit uniquement ce que son paternel voulait bien lui faire croire, telle une parole d'évangile.

<<- Si seulement tu avais fait preuve d'un peu plus de jugeote... Tu aurais peut-être remarqué quelque chose. Comme le fait que personne parmi tes nombreux et efficaces informateurs n'avait eu la moindre connaissance de ce qu'il se tramait ? Ou bien que le dernier pigeon ensanglanté que tu as reçu ne faisait pas partie de ceux que tu avais envoyé ? Ou enfin, cet homme qui a tenté de t'assassiner et qui n'était que le garde que tu avais fait arrêter quelques heures auparavant et qui voulait se venger. Un détail peut-être, mais que tu as négligé, dans l'excitation et dans ta crédulité, sachant que seul moi ou le capitaine de garde qui te respectait et ne l'aurait donc pas fait, avaient le pouvoir de libérer cet homme. Lui, ainsi que celui qui est ici, qui se fera un plaisir de retrouver son poste en échange de ce qu'il dira pour me contenter.>>

Il se tut quelques instants, savourant avec délectation l'effet de ses paroles sur son second fils, avant de reprendre d'une voix doucereuse.

<<- Voilà comment cela va se passer. Nous allons tenir un procès, où la jeune femme ici présent se présentera comme ton amante, à qui tu as dévoilé tous tes plans pour faire échouer le traiter et prendre ma place et celle de ton frère sur le duché. Tes contacts, qui ont été identifiés grâce à tes nombreux pigeons simultanés, témoigneront, menacés de mort évidemment mais ce n'est qu'un détail, de tes manigances et de ta volonté de nous empoisonner. L'assassin, enfin, le valeureux soldat qui enquêtait sur toi et qui t'avait découvert, et que tu auras tué de sang-froid, avant de vouloir, de peur que ton plan soit compromis, finir le travail dans la salle de réception, sous les yeux avisés de Vellert, ici présent. Tu finiras sûrement pendu, ou peut-être écartelé afin de montrer l'exemple. Bien que cela coûte beaucoup à l'honneur de notre nom, l'exemplarité de ton jugement aura sitôt fait de le laver.>>

Le jeune garçon déglutit face à cette vision pessimiste qui lui était dressée devant les yeux. Le cœur en miettes, l'esprit détruit, il ne voyait ni failles ni faiblesses dans le discours de son père, malgré la perche qu'il lui tendit sur l'honneur bafoué, qu'il aurait en tant normal, exploitée. Raviel rayonnait d'ailleurs, face à son fils et jubilait de son succès, trop habitué à voir celui-ci lui faire des pieds de nez.

<<- A moins que... Tu nous quittes. Pas que tu meures, non, je ne suis pas si cruel au point de ne pas vouloir te laisser un moyen de t'en sortir. Non, que tu quittes le duché, renonces à toute prétention à la succession, que tu ne te mêles plus de nos affaires et que jamais plus on ne te revoie en nos terres. Pardon, en mes terres. Tu iras là où le diable t'emportera, un noble de ton rang ne devrait pas avoir du mal à se trouver un endroit où loger. Libre à toi alors d'expliquer les raisons de ton départ. Mais je ne doute pas du fait que tu sauras te justifier avec brio, comme toujours. Tu as jusqu'à l'aube pour te décider.>>

Le duc ricana de nouveau avant de se reprendre, un sourire carnassier aux lèvres

<<- Suis-je bête. C'est justement l'aube. Ta réponse donc ?>>

Malin, Raviel ne voulait surtout pas laisser le temps à son fils de se recomposer et lui laisser l'opportunité de trouver une échappatoire. Et alors que celui-ci voyait devant lui sa porte de sortie, telle une lueur d'espoir aussi fugace que la flamme du chandelier, il acquiesça sans un mot, et attrapa les papiers ainsi que la plume que son père lui avait tendu. Par trop prudent, il avait couché sur papier les aveux prétendus de Faldarys, ainsi qu'une grâce rédigée en deux exemplaires, un étant évidemment destiné à sa progéniture, à la condition de ne plus jamais entendre parler de lui sur le territoire. Il rendit à Raviel ce qui lui était dû, et se tourna sans un mot. Il ne remarqua alors pas le soulagement sur le visage de son père, qui malgré son exaltation n'avait jamais cessé de redouter une réaction de son fils. Ni, et surtout, les larmes douloureuses et surtout silencieuses qui coulaient à grosses gouttes sur les joues de la femme qu'il avait aimé, et qu'il n'arriverait peut-être pas à pardonner.

<<- Quelqu'un viendra te libérer avant midi, ayant vu passer le mot que tout ceci n'était qu'une grossière erreur de jugement provoquée par ma fatigue prononcée suite aux événements de ces derniers jours. Tu devras être parti avant le crépuscule. Adieu, Faldarys.>>

Il ne remarqua pas même la voix légèrement fendillée de son père, qui malgré ses grands discours et les blessures que son second lui avait infligées, ne pouvait s'empêcher de lui accorder de l'affection. Ils s'en allèrent sans un autre mot, et tout se passa alors comme lui avait dit son géniteur. Il fut relâché par des gardes qui le tenaient en haute estime, et qui s'excusèrent platement devant le regard vide de toute expression du noble. Il se dirigea alors vers sa chambre, où le cadavre ainsi que la majorité des tâches sanguines avaient disparues. Gisait sur son lit la fameuse épée du garde décédé, dans son fourreau, tel un dernier pied de nez lui rappelant qu'il avait été dupé.

Il attrapa son seul sac, y plaça quelques ouvrages qu'il affectionnait particulièrement, son luth, tout ceci d'un geste très automatique, avant de récupérer une bourse pleine de pièces dans son coffre qui avait été en majeure partie vidé. Son départ se fit sans remous, Faldarys n'ayant guère pris la peine de faire ses adieux et se laissant alors aller à cheval, là où la route l'emmènerait.

Le jeune noble ne saura sans doute jamais que la femme qu'il avait aimée lui avait sauvé la vie. Elle qui avait appris les desseins, initialement bien plus sombres du Duc, avait alors âprement négocié avec ce dernier, jouant de secrets et de scandales, laissant ainsi à son bien-aimé une chance de s'en sortir. Le prix à payer était peut-être trop lourd pour cette jeune femme dont le sourire perdit de son éclat après ce jour, le silence que lui imposait leur accord étant peut-être encore pire que le poids de la trahison qu'elle lui avait infligé. Trahison cruelle, mais nécessaire, permettant à la personne qu'elle chérissait tant de refaire sa vie, bien que loin d'elle.


Ambitions & Desseins


Suite aux événements cités ci-dessus, Faldarys rejoignit la capitale, porté par le poids de l'épreuve qu'il venait de traverser, mais surtout par une volonté de revanche que ce soit envers lui-même qu'il avait déçu, que son père, cherchant à terme des moyens de lui rendre la monnaie de sa pièce.

Très vite brillant, il se fit une place confortable à la cour entremêlant intrigues et conflits politiques. Il se fit également remarquer par Constant Adalbéron, haut conseiller du roi de Kaerdum, dont les visions et rêves de grandeur pour le royaume étaient parfaitement en phase avec ceux de Faldarys, et parachutant très vite le courtisan à ses côtés, sans pour autant tout lui dévoiler de ses nombreux secrets.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : YES
Moultipass : ok par Harden

des bisous <3
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Calim Al'Azran

◈ Jeu 18 Mai 2017 - 16:32

Et ben tu vois qu'c'est pas si difficile ? :p

Bienvenue ici et merci pour cette lecture !
Le père est un... ******** x)

Adhémar dit qu'il est ravi de t'avoir à la Cour. Par ailleurs, tu as deux joueurs, Léontine et Erd, qui font partie de cette même Cour mais aussi Renaud de Séverac et je t'invite à les contacter pour des RP !

Aussi, n'oublie pas de faire ton journal de bord Wink.

Encore bravo !