Azzura


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Elund Gartred, Roi de Rhaemond

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◈ Missives : 77

◈ Âge du Personnage : 50 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Race : Vreën
◈ Ethnie : Valduris
◈ Origine : Cealcis, Rhaemond
◈ Localisation sur Rëa : Cealcis, Rhaemond
◈ Magie : Aucune
◈ Lié : Père d'Elladrielle Gartred & Moïra Belgard. Cousin de Catriona de Gallelois.
◈ Fiche personnage : Elund Gartred, Roi de Rhaemond

Héros
Elund Gartred

◈ Dim 16 Avr 2017 - 16:00

◈ Prénom :  Elund
  ◈ Nom : Gartred
  ◈ Sexe : Homme
  ◈ Âge : 50 ans
  ◈ Date de naissance : Lunae, le 8e du mois d’Elye, de l'an 40 de l'Ère des Rois
  ◈ Race : Valduris
  ◈ Ethnie : Vreën
  ◈ Origine : Cealcis, capitale de Rhaemond (Seregon)
  ◈ Alignement : Loyal Neutre
 

 

 
Magie

 

Elund n’est pas personnellement porteur de magie, mais il a bel et bien été affecté par son retour. Sa fille bien-aimée, Elladrielle, souffre terriblement d’une magie ardente qu’elle ne contrôle pas du tout. Elle ne produit pour l’instant pas de flammes, et les rares occasions où elle produisit de la chaleur ressemblaient plus à une légère fièvre qu’à autre chose.  Sa magie se déclenche sous forme d’épisodes, de plus en plus rapprochés, où elle se tord de douleur avec l’impression de se consumer de l’intérieur. Ces attaques l’empêchent de se tenir debout, rendent sa respiration difficile et provoquent parfois des vomissements. Elladrielle doit apprendre à contrôler ces épisodes et, dans la mesure du possible, à les évacuer pour limiter leurs effets secondaires.

Le Roi ne voit pas le retour de la magie d’un œil très favorable. Il la perçoit à ce jour plus comme un problème supplémentaire qu’une opportunité. Il est clair que sa perception évoluera dans un sens ou l’autre, en fonction des solutions trouvées pour sa fille.
 


 
Compétences, forces & faiblesses

 


> Arts de la noblesse & de la bourgeoisie
(Métier engagé : Roi de Rhaemond)
- Lecture & écriture (maître)
= Un Roi se doit de savoir lire et écrire parfaitement.
- Mathématiques (comptabilité, arithmétique de base : avancé)
= Gérer un royaume entier, tel que Rhaemond, nécessite une compréhension solide des chiffres.
- Étiquette (expert)
= Elund saura appliquer parfaitement l'étiquette le cas échéant, mais il en fait régulièrement fi et ne peut donc être considéré comme un maître en la matière.
- Politique (maître)
= Le Roi a acquis au fil des années une connaissance très fine des rouages de la politique intérieure comme extérieure
- Equitation (expert)
= L’équitation est un point central de l'éducation des princes chevaliers.
- Diplomatie (expert)
= Le Roi parle toujours avec prudence et sait choisir les bons mots et les susurer aux bonnes personnes.
- Subterfuge (avancé)
= Le Roi n’est pas toujours au dessus de l’utilisation de basse méthodes pour obtenir ce qu’il désire.
- Héraldique (Rhaemond: maître)
= Le Roi se doit de connaître parfaitement les armoiries et les noms des grandes maisons de son royaume.

> Arts de la guerre
- Maniement d’armes blanches (épée: maître)
= Une connaissance forgée par l'expérience, et un maintien physique malgré l'âge grâce à des entraînements quotidiens.  
- Maniement d’armes de pugilats (dagues : expert)
= Il s'agit selon le Roi d’un apprentissage nécessaire pour les champs de combat.
- Équitation de guerre (expert)
= Savoir maîtriser son destrier dans une mêlée est une question de vie ou de mort.
- Parade (boucliers, armes, utilisation de son environnement : expert)
= Attaquer ne suffit pas, encore faut-il savoir se défendre et se protéger des attaques des autres.
- Stratégie de combats (expert)
= Elund saura adapter ses tactiques à l’environnement et disposer au mieux ses troupes pour les combats.
- Tactique de guerre (maître)
= C’est un stratège militaire hors pair qui sait quand et comment agir pour défendre son royaume.
- Commandement (maître)
= Elund est un commandant né, un homme juste et intelligent, qui inspire la révérence et le respect. On le suivra aveuglément et il n’aura nul besoin de contrainte pour entraîner les autres à sa suite.
- Galvanisation (expert)
= Quelques mots puissants pour inspirer et guider, pour donner la force et la passion.


> Compétences libres
- Religion (expert)
= Né au coeur d'une famille très pieuse, Elund sait beaucoup du culte d’Alvar qu’il pratique quotidiennement.
- Histoire (Seregon : maître)
= Dans le passé résident souvent les clefs du futur.
- Géographie (Seregon) : Rhaemond : Maître / Eliran & Algar : Expert / Usha & Aiseth : Avancé / Desde : Intermédiaire.
= La géographie a fait partie intégrante de son éducation et il a beaucoup appris de ses périples de jeunesse. Concernant Desde, les relations ayant toujours été tendues, il en sait surtout ce que les livres lui ont appris.
- Géographie (Ordanie) : Kaerdum : Intermédiaire / Lavern & Elra et Lyria : Novice
= Elund a consacré énormément d’énergie au déploiement de relations commerciales avec les Etats Vreën d’Ordanie, particulièrement Kaerdum, et se doit donc de comprendre le territoire un minimum, qu'il exploré en partie lors de ses visites protocolaires.
- Linguistique : Kaerd & Rhaedar : Maître / Elirois & Algaréen : Expert / Nymeriin : Intermédiaire
= L'apprentissage des langues est indispensable à la compréhension et au maintien d'alliances solides avec les alliés du royaume


Forces :

Compréhension : Le Roi s’est employé depuis toujours à tout comprendre. À ce titre, sa culture est un puits sans fond et il maîtrise de nombreux domaines, ce qui lui permet d’agir en détail et avec grande précision.
Cela se reflète aussi dans sa pratique des langues. Il maîtrise parfaitement le Kaerd, le rhaedar, l’élirois et l’algaréen bien sûr, afin de ne rien manquer des conversations du Conseil des Trois. Il comprend également le nymeriin, même si ses capacités d’expressions sont limitées et qu'il ne peut ni le lire ni l’écrire.

Action et combat :  Elund est un homme d’action. Après plusieurs décennies de règne, il a mis en place des processus d’action efficaces. Il sait exactement que faire et qui contacter pour obtenir des résultats. Il n’a également pas peur de prendre les décisions difficiles, comme les conflits militaires. Il est reconnu comme un très bon cavalier et combattant, et un stratège encore meilleur.

Popularité : Le couple royal est très populaire auprès de son peuple, ce qui lui offre une certaine tranquillité d’esprit et la capacité de faire appliquer ses décisions sans grande difficulté. Elund est vu comme le Roi qui a rendu à Rhaemond sa prospérité et sa gloire d’antan.


Faiblesses :

Pessimisme et méfiance : Il n’y a pas beaucoup de place pour l’espoir dans l’esprit d’Elund. Il se prépare toujours pour le pire, il voit toujours les défauts avant les qualités. Pour lui, gouverner est prédictif et tactique : il s’agit d’anticiper les actions de ses opposants et d’élaborer des contre-mesures. Il s’agit d’avoir toujours un coup d’avance, de surprendre ses adversaires mais de ne jamais se laisser surprendre. Elund essaiera toujours d’avoir des plans B, C, D, E… Mais dans l’environnement actuel, il y a trop d’inconnues et Elund a le sentiment de perdre totalement contrôle. Cela le pousse à agir de plus en plus défensivement et imprudemment, mais aussi à s’isoler. Les personnes en qui il a réellement confiance se comptent sur les doigts d’une main et cela commence à devenir un problème.

Famille : Le monarque est de plus en plus protecteur envers sa famille, particulièrement sa femme et sa fille Elladrielle. Si quelque chose venait à leur arriver, qui sait quelles seraient les conséquences.
 


 
Physique

 

Elund observe d’un oeil bienveillant son aîné se mouvoir et agiter avec fougue son épée de bois de droite à gauche, d’avant en arrière... Douce ironie d’Alvar que de peindre ainsi un reflet si parfait de sa jeunesse perdue dans le fruit de ses entrailles.

Oui. Feu le Prince Chatoyant. Vive le Roi Grisonnant ! Le suzerain de Rhaemond n’est plus le beau jeune prince d’autrefois. Son corps est meurtri, ses traits sont marqués, même ses yeux semblent fatigués, lavés par tout ce qu’il a vu, et hantés par les fantômes du passé.

Le Roi est un grand homme, environ 5’6 pieds, au dos musclé et aux épaules larges, qui tendent néanmoins à s’affaisser légèrement sous le poids des responsabilités portées pendant tant d’années. Ses jambes, son torse et ses bras puissants témoignent d'entraînements armés réguliers et d’un réel souci d’entretien physique. Sous les étoffes simples mais délicates qu’il porte, sa peau presque imberbe se pare de nombreuses cicatrices blanchâtres ; notamment le souvenir d’une plaie profonde, courant de sa hanche à l’épaule opposée, ou encore l’ancien trou de chair déchiquetée sur son épaule gauche.

Le visage du souverain est osseux, le front large, les pommettes hautes mais les joues creusées, le menton long et carré mais adouci par une barbe courte, douce, blonde et grisonnante. Ses lèvres sont fines. Son nez, autrefois long et droit, tire maintenant plus sur le bec d’aigle suite à une vilaine fracture. Au-dessus, deux cavités cernées et surmontées de sourcils fournis laissent place à deux petits yeux enfoncés. De couleur gris ardoise, ces pépites vives et flamboyantes illuminent son visage entier. Son regard perçant semble tout voir, tout traverser ; semble vouloir toucher votre âme et démasquer vos plus profonds secrets. Si le corps crie “Guerrier ! Je combats au front avec mon armée !”, le regard murmure “Je suis sage, j’ai vu et j’ai appris”.

Le monarque meut son corps avec grâce et prestance. Il n’écrase pas ses interlocuteurs de sa présence mais ne pourrait jamais être confondu pour autre chose qu’un membre de la haute noblesse.
 


 
Caractère

 

Elund n’a pas la prétention d’être un homme bon, mais il se considère être un bon Roi. Pour lui, le bien et le mal ne sont que les deux facettes d’une seule et même réalité, selon où la personne se place. Au cours de sa vie, le monarque a donc réalisé des actes “bons” comme “mauvais” aux yeux de la société. Il a contourné et détourné les règles à de multiples reprises sans sourciller. Mais ce qu’Elund a fait avait pour objectif  le bien commun, prendre soin des personnes à sa charge, maintenir l’équilibre et l’harmonie et non se servir lui-même. Pour lui, les lois et les codes étouffent le changement, le rendent impossible et finissent par scléroser leurs porteurs. On a toujours un choix, même le fait de ne pas choisir est un choix. Les gens enfermés n’ont seulement pas exploré toutes leurs options ou n’ont pas eu le courage de toutes les considérer. L’immobilisme n’est qu’une option parmi d’autres.

Le monarque est également un homme très cartésien. Il raisonne méthodiquement, rationnellement et rigoureusement, ce qui donne parfois à tort l’impression d’un esprit sec, calculateur et systématique, avec peu de place pour l’intuition, l’empathie et les émotions. C’est faux, il comprend très bien ce qui l’entoure ainsi que les nuances dans les comportements ou les situations, mais ne vous attendez néanmoins pas à ce qu’il compatisse ou vous laisse vous complaire dans la douleur. Elund est un homme d’action. Tels sont les paramètres, les options, maintenant qu’allez-vous faire ?

Elund n’est donc pas un homme impulsif, même s’il raisonne très vite et passe sans tarder à l’action. Rien ne blesse plus le suzerain que l’impossibilité d’agir, rien ne lui est plus insupportable que le sentiment d’impuissance, qu’il ressent de plus en plus souvent. Ses réactions peuvent parfois être extrêmes, violentes.
 


 
Inventaire

 


Travail titanesque que d’inventorier les possessions de celui qui a tout. Quantité et qualité ne s’opposent nullement, et le Roi de Rhaemond a toute la qualité en quantité. Sa consommation n’est pas luxueuse et Elund ne cherche pas à prouver son statut par l’ostentatoire, mais après avoir vécu toute sa vie dans l’opulence et hérité de son père, il a amassé nombre de vêtements, mobilier, livres, tableaux et autres cadeaux divers. Il n’a pas beaucoup d’attaches à ses biens matériels, si bien qu’Elund ne s’est par exemple pas approprié une monture en particulier, mais se contente de n’importe quel étalon dans les écuries royales.

Ses bagues méritent néanmoins une mention particulière. Elund porte en permanence son alliance et sa chevalière. La première, son alliance, est un simple anneau d’or. La seconde, sa chevalière, est un bijou imposant, une bague à large chaton sur laquelle ses armoiries sont gravées en intaille pour servir de sceau royal. Elles attireront peut-être votre attention car le suzerain a pris l’habitude de jouer avec et de les faire tourner autour de son doigt lorsqu’il est agacé, ce qui produit un son métallique distinctif très discret des bagues qui se cognent l’une à l’autre. Il s’agit d’un tic dont il n’a pas conscience mais que ceux qui le fréquentent beaucoup ont appris à écouter.
 
 
Histoire

 

Chapitre I : D'enfant à roi

L’héritier ! Le prince héritier de Rhaemond était né ! Il était vivant, sain, et criait à pleins poumons. Toutes les cloches du royaume de Rhaemond avaient sonné pendant de longues heures Lunae, le 8e du mois d’Elye, de l'an 40 de l'Ère des Rois. C’était le fils tant attendu, le dernier joyau de la couronne d’Aldron Gartred, Roi de Rhaemond. Il arrivait à temps, presque dix ans jour pour jour après son mariage avec la délicate Fleur Kébert. Une fille, Lyson, avait précédé son arrivée de trois ans, mais ce n’était quand même pas la même chose qu’un fils pour Aldron. Sa lignée était maintenant assurée.

Le jeune prince grandit dans l’opulence, à la fois couvé par sa mère et chahuté de maître en maître qui lui prodiguaient la meilleure éducation possible, sous le regard attentif de son père. Outre la lecture, l’écriture, l’histoire, la géographie et les langues, il fut aussi entraîné à l’équitation et aux arts de la guerre dès son plus jeune âge. On le hissa sur un cheval à moins de 6 ans, sa première épée lui fut offerte pour ses 8 ans. Diantre, elle était quasiment aussi grande que lui et il n’arrivait même pas à la soulever !  

Sa mère fut également attentive à développer ses capacités sociales et son réseau pendant sa jeunesse. Plusieurs semaines par an pendant l’été, elle organisait des retraites dans le magnifique château rural de Fonleau où il rencontrait, courait et jouait avec les autres petits héritiers de la grande noblesse Vreën. De fortes relations qui allaient déterminer le futur se nouèrent là, dans les grandes plaines de Fonleau ; notamment avec sa cousine la princesse Catriona de Galellois et Peter de Lenlay, l'héritier du Duc de Lenlay.

C'est pourtant hors de ce réseau très exclusif qu'Aldron alla quérir la future femme de son fils. Sa cousine de Galellois avait été brièvement considérée comme épouse de l'héritier au trône de Rhaemond, mais Elund et Catriona partageaient déjà une amitié sincère et Aldron doutait qu'un quelconque mariage ne puisse améliorer encore les relations solides qu'entretenaient Rhaemond et Eliran. Il s'en alla donc prospecter du côté d'Algar, jusqu'à une très jolie jeune femme du nom de Sigrid d'Escault. Ses origines étaient somme toute modestes en comparaison, en ce qu'elle était seulement la fille d'un petit Marquis d'Algar, mais les intérêts d'Aldron n'en étaient pas moindres. Le Marquis d'Escault était un fin politicien qui avait l'oreille du Roi d’Algar, et il siégeait sur une base permanente au Conseil des Trois. D'une part, il renforçait les relations avec les Etats Fédérés par cette union et, de l'autre, il offrait en mariage à son fils la plus belle femme du continent !

Oh oui, Alvar s’était penché sur le berceau de Sigrid et elle grandissait pour devenir une des plus belles femmes qu’il soit. Une taille fine et souple, des hanches arrondies douces et vierges d’enfantement, des cuisses blanches et nerveuses, une cheville fine et délicate… Le port altier de la tête révélait la noblesse de la naissance, elle aimait souligner sa nuque en relevant ses lourdes boucles dorées en coiffures élaborées. Son visage était délicat et son regard cyan scintillait de mille feux sous de longs cils immenses et fournis. Sa bouche charnue au sourire espiègle était une invitation au baiser. Elund et Sigrid furent officiellement présentés lors d'un bal royal où ils partagèrent quelques danses, puis la date du mariage fut officiellement fixée. Elund était conquis, mais comment aurait-il bien pu résister ?

Elund et Sigrid furent mariés avec l’été, le seizième jour de Friya, l’an 60 de l'Ere des Rois. Les festivités furent grandioses et durèrent dix jours et dix nuits, puis le couple fut envoyé à Fonleau pour une lune de miel en tête à tête. Les premières semaines à Fonleau passèrent bien vite et les serviteurs prirent l’habitude de frapper avant d’entrer, les amoureux trop passionnés pour limiter leurs ébats à la couche royale. Les deux tourtereaux parvenant difficilement à rester décents, nul ne doutait qu’un héritier pointerait rapidement le bout de son nez... Il ne vint pas.

La passion fana bien vite et c'est là que les ennuis commencèrent. Au début, son épouse parlait assez peu et Elund ne s'en était pas vraiment inquiété. Convenances, timidité peut-être ? Mais maintenant ? Oh, comme il aspirait au silence ! Tout pour ne plus l'entendre babiller sur ses robes, ses broderies, ou ses anciennes querelles avec les demoiselles de la Cour qui devaient être “... tellement jalouses maintenant !”. C'était comme si rien d'intéressant ou de tangible ne pouvait sortir de sa bouche. Le couple n'avait rien à se dire ; ils n'avaient rien en commun, ne partageaient pas le moindre centre d'intérêt. Très rapidement, Elund ne parvint plus à supporter ne serait-ce que le son cristallin de sa voix. Puis, il ne parvint plus à la supporter du tout. Il exécrait tout d'elle, jusqu'à ce que même la vue de ce corps voluptueux, qui l'avait pourtant séduit au premier abord, ne le rebute totalement. Avant la fin de l’été, il supplia sa cousine Catriona de trouver une excuse, n'importe laquelle, pour abréger son calvaire et le faire venir seul en Eliran ; ce qu'elle fit promptement et de bon coeur.

Après plus d'un mois passé en Eliran aux côtés de sa cousine, et sous la menace de la venue imminente de sa jeune épouse, Elund se trouva un autre périple important puis un autre… Un an après leur union, le prince partit réaliser des visites protocolaires en Ordanie pendant plus de deux ans. Le Prince, qui tournait déjà son regard au-delà des mers et océans, voyait toute la richesse du territoire de Seregon dans son ensemble et aspirait à faire de Rhaemond le centre des échanges commerciaux. Le royaume était de fait dans la position idéale pour amasser de nombreux produits eleär et inoës et les acheminer en Ordanie où ils étaient en forte demande. Bien que le Roi Aldron ne voit pas grand intérêt à étendre les relations commerciales avec l'Ordanie, tout obnubilé qu'il était par sa Coalition des Trois qu'il avait passé sa vie à batir et à alimenter, il laissa son fils partir. Ce départ était par bien des aspects un symptôme de la crise profonde qui agitait la famille Gartred : le monarque avait atteint l'âge mûr à partir duquel on préparait normalement sa succession, mais il aimait trop son pouvoir et ses petites manières pour laisser à son héritier une place de poids à la table. Alors, qu'il aille donc développer les liens avec les royaumes vreën d'Ordanie s'il y tenait tant. Le Roi Aldron n'avait rien à perdre. Si Elund réussissait, il remplirait les caisses de Rhaemond. S'il échouait, peut-être reconcentrerait-il enfin son attention sur Seregon, là où elle était nécessaire. Dans les deux cas, il ne l'aurait plus dans les pattes pour quelques temps.

La mission diplomatique du Prince se révéla être un franc succès. La délégation rhaedar – composée en tête de pont d'Elund et de ses amis d'enfance, Peter de Lenlay, Gaucelm d'Ambeorn et Ulric de Thibert – réussit à susciter envie et convoitise pour les produits rhaedar dans toutes les cours qu'ils traversèrent, offrant en conséquence aux commerçants qui les accompagnaient des accès qu'ils n'auraient pu imaginer dans leurs rêves les plus fous. Plus important encore, des liens puissants furent tissés là avec les grandes familles nobles de la Terre bleu, notamment les Séverac de Kaerdum, des relations d'amitié qui suivraient le Prince dans son règne futur. Sur une note plus personnelle, bien qu'en rien moins importante, cette épopée permit à Elund de s'affranchir un peu de l'emprise toxique de son père intransigeant, de sa soeur détestable et de son épouse superficielle. Quelque part, il trouva dans les landes bleues la place qui deviendrait la sienne.

Revenir à Cealcis fut un crève coeur pour le monarque en devenir et assurément, il reprit la route à peine quelques mois seulement après son retour. Son père n'étant pas plus prêt qu'avant à lui ouvrir les portes, Elund passa près de quatre ans à sillonner Seregon, se forçant à rentrer au palais royal quelques semaines par an pour faire acte de présence et "s'occuper" de Sigrid afin qu'elle produise l'héritier que l'on attendait de lui et cesse de l'ennuyer. Ses prières furent exaucées, bien que teintées de l'ironie du destin, et Sigrid tomba enceinte. Sa grossesse se passait mal et elle vivait recluse dans sa chambre, aussi personne ne s'inquiéta outre mesure de ses plaintes de douleur, de ses nausées et vomissements fréquents. Puis, il y eut la fièvre, et des plaques rouges envahirent son front, ses tempes, ses poignets, avant de devenir des vésicules et enfin des pustules : nul doute à ce stade, Sigrid était la première victime de la variole au château. A un mois du terme, l'accouchement débuta. Les sages-femmes, peu optimistes, firent tout pour le retarder, puis pour sauver la mère... Sans succès. Sigrid Gartred, Princesse de Rhaemond par alliance, mourut en couche Astar le 2, au mois d’Ordo de l’an 66 de l’ère des Rois. Elund, qui s'était hâté pour rejoindre le palais, y arriva juste à temps pour les obsèques... et se retrouver avec un nouveau-né sur les bras.

Sa fille, Hélène, était minuscule, frêle et fragile, mais elle s'accrochait à la vie un souffle à la fois. La petite était entre les mains d’Alvar et on ne savait vraiment quoi en faire. La soeur cadette du meilleur ami d’Elund, Erin de Lenlay, qui venait d’arriver à la Cour de Cealcis et était dotée d'une prédisposition toute particulière pour les soins, se prit d’affection pour l’enfançon et réussit par sa tendresse et sa diligence à stabiliser son état. Parce que c’était la solution de facilité, et certainement pour nombre d’autres très mauvaises raisons, Elund épousa la jeune femme. Le mariage se tint rapidement, simplement et en tout petit comité. Il n’y avait pas beaucoup de temps pour autre chose, tant l’épidémie avait drainé d’ennuis dans son sillage. Le Roi Aldron lui-même fût touché par la variole qui, sans le tuer, lui déroba la vue et la santé. C’était le début du déclin, tout le monde le savait, mais cela ne faisait que rendre le suzerain plus irascible encore.

Les conseillers royaux insistaient pour qu’Elund soit de toutes les audiences, réunions, décisions, pour qu’il reçoive enfin la passation de pouvoir que son père lui refusait depuis tant d’années. Le mécontentement d’Aldron donna lieu à quelques superbes scènes de destruction de mobilier et de hurlements à en faire trembler les murs. Elund se retrouva une nouvelle fois sur les routes. La version officielle retenait que le Prince avait été missionné de passer des accords pour assurer l’approvisionnement alimentaire de la capitale en ces temps de disette ; la version officieuse, qu’Elund avait claqué la porte quand son père lui avait asséné qu’il perdrait moins son temps à aller compter les vaches de Rhaemond.

Le Prince, désormais établi au château de Fonleau, ne franchit de nouveau les portes de Cealcis que près d’un an et demi plus tard, après de nombreuses lettres suppliantes de sa mère et de son épouse annonçant la fin proche du monarque. Et pour cause, le Roi Aldron mourût quelques jours après son retour, le vingtième jour de Siralon de l’an 68, sans avoir fait la paix avec son fils.

Elund fût couronné neuf jours plus tard et ainsi commença sa vie de Roi.

Chapitre II : Guerre civile

Cartes de Rhaemond:





Les débuts du règne d’Elund furent laborieux et maladroits. Le nouveau suzerain était entouré de visages qu’il connaissait peu et se trouvait à devoir traiter de problématiques dont il ne savait rien. Il s’entoura de ses amis d’enfance, particulièrement Peter de Lenlay et Gaucelm d’Ambeorn, pour l’aider à faire sens du monde autour de lui, constituer son gouvernement et le conseiller sur les problématiques les plus urgentes.

Il était malheureusement déjà bien trop tard pour tout cela, en ce que les graines de la discorde avaient été semées il y a longtemps. Aldron avait été un roi fort et sévère, tyrannique par certains aspects, qui avait tenu la noblesse si fermement sous sa coupe son règne durant que nul n’avait osé de rebeller face à ses vues, même les moins universelles. Il était mort désormais et certains seigneurs n’avaient pas l’intention de se rallier derrière un autre Gartred, de laisser Elund perpétuer l’héritage de son père. Les avis sur le jeune monarque étaient partagés : on le connaissait de par ses nombreux périples en Rhaemond, il avait partagé leur table plus d’une fois et on s’accordait sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un mauvais bougre, qu’il pouvait être plaisant, bien qu’un peu rigide ; mais avait-il seulement le cran nécessaire pour assurer ces hautes fonctions ? Certains auraient souhaité être tout bonnement débarrassés de lui, d’autres préféraient plutôt attendre de voir s’ils pouvaient en faire un homme de paille à la solde de leurs intérêts. Cette dernière catégorie était particulièrement courroucée qu’il se soit entouré de ses amis et y voyait le signe d’un début de favoritisme latent.

Il y avait un autre homme que l’on aurait aimé voir au pouvoir cependant. Un grand stratège, un homme puissant, le seul peut-être à avoir représenté à un moment une menace pour Aldron, au point qu’il lui avait même consenti la princesse Lyson en mariage : le Duc de Lathar. Lui, au moins, semblait savoir exactement ce qu’il faisait. Depuis quelques temps déjà, il prêchait auprès de ses fidèles l’idée d’une guerre de reconquête de ce qu’il nommait les “territoires justement vreëns”. Les Gartred s’étaient historiquement positionnés en faveur de relations pacifiques et cordiales avec les autres races et ethnies qui peuplaient le continent, notamment les eleärs sur leur frontière. Lathar, quant à lui, susurrait tel le serpent à des hommes déjà aveuglés par leur cupidité et leur haine que ces terres étaient les leurs, qu’ils n’avaient qu’à marcher sur les eleär et les reprendre. C’est à son initiative que, quelques jours après le couronnement d’Elund, la noblesse commença à payer des mercenaires, bandits et voleurs pour attiser les rivalités, massacrer les eleär du territoire et tyranniser tous les Vreën qui ne rejoignaient pas leur cause. Avant toute approche directe, il s’agissait de tester discrètement le nouveau suzerain, dans l’idée qu’il pouvait les soutenir, ou tenter de les en empêcher et se voir destituer sur le champ.

Il n’y eut pas de réponse royale immédiate. Elund avait été rapidement informé des exactions mais, submergé de problématiques diverses à ses yeux plus importantes, il commit l’erreur de passer cela pour des incidents mineurs et de compter sur la justice locale pour régler le problème. Quand les incidents s’intensifièrent, et sous l’injonction du Roi de Desde, Elund fit proclamer un décret royal condamnant ces actions contre les eleär et ordonnant l’arrestation et l’exécution des contrevenants. En quelques passes adroites, Lathar alluma le feu de la rébellion contre le suzerain, sans toutefois s’imaginer qu’elle prendrait si vite. En seulement trois petits jours, Cealcis était à feu et à sang, le peuple dans les rues n’ayant guère plus besoin d’être harangué par les quelques agitateurs publics à la solde du Duc. Le monarque se devait de protéger ses proches, sa famille, son tout jeune fils qui apprenait encore à marcher. Face à une situation de plus en plus délétère, Elund dut se résoudre à sa seule possibilité : fuir.

Tout dérapa ensuite. Les tunnels : scellés. A la surface : embuche. Ce fut la débandade la plus totale et, dans la confusion générale, au ferraillement des épées et aux pleurs des enfants, ils furent séparés... Elund fut grièvement blessé, alors on fit des choix difficiles, des sacrifices, pour le sortir de là. Encore à ce jour, les circonstances exactes de ce qui se passa cette nuit là restent obscures. Dans l’esprit d’Elund, ils furent trahis, probablement par nulle autre que sa soeur, leur mère ayant dû tenter de convaincre Lyson de les accompagner. Le dangereux trajet jusqu’au duché d’Aelyon ne fut pour le monarque que bribes embrumées. “Iric est sain et sauf, vous êtes sain et sauf…” lui répétait son ami Peter en serrant fort sa main dans la sienne. Sur le moment, il n’avait pas réalisé le sens des mots soigneusement choisis pour qu’il s’accroche, ce qui se cachait dans les non-dits, exactement ce qu’ils avaient laissé derrière à Cealcis. La reine mère. La reine, enceinte jusqu’aux yeux. La princesse Hélène. La moitié de leurs gens. Abandonnés à eux mêmes. Réfugiés dans le grand temple d’Alvar.

Les nouvelles de Cealcis se propageaient comme un incendie de forêt en plein été et elles laissaient à Elund un goût amer en bouche. C’était à la fois si peu et déjà trop, réconfortant et douloureux, daté et à manipuler avec précaution. Apparemment, le duc de Lathar avait désormais été proclamé régent et semblait peiner à éteindre le brasier qu’il avait allumé. D’une part, les cealcirois se montraient tout aussi insatiable avec lui qu’envers son prédécesseur, et de l’autre, la noblesse était bien trop obnubilée par leurs petites chamailleries personnelles ; le tout ne faisant que contrarier et retarder les plans du Duc. Les nouvelles qui angoissaient le plus Elund avaient à faire avec sa filiation et elles ne lui parvenaient que par bribes. Lathar n’avait visiblement pas encore eu l’indécence de violer le sanctuaire d’Alvar pour prendre par les armes ou faire assassiner sa belle-mère, sa belle-soeur et sa nièce. Il faut dire que de telles actions lui auraient coûté, outre les raisons évidentes, en ce que la reine Erin était déjà fort aimée du peuple. Dès le mariage princier, elle s’était mise au travail dans l’objectif d’améliorer la vie des plus démunis et des petites gens et ses efforts s’en étaient ressenti. Puisse ce dôme de sympathie suffir à les protéger.

La nation de Rhaemond était entièrement divisée. Les duchés de Lenlay et Aelyon s’étaient déclarés immédiatement en soutien à la cause du monarque : il s’agissait des terres frontalières des eleärs, celles où la mixité était la plus forte, et la noblesse avait clairement évalué les bénéfices tirés de relations pacifique avec le beau peuple. De même, le duc d’Ether s’était placé du côté des Gartred, honorant la loyauté pluri-centenaire du duché à la couronne. Malheureusement, tous les vassaux du duc d’Ether ne partageaient pas cette fidélité sans faille, et le marquis d’Iken se déclara en défiance de la couronne, faisant perdre au duché d’Ether une large partie de ses terres agricoles. Bien que ce ne fut jamais officiellement prouvé, il est fort probable que Mordvain, le perfide monarque d’Eliran, ait usé de son influence pour obtenir ce résultat et ait soutenu la cause dissidente la guerre durant ; tout pour affaiblir la coalition des trois et, idéalement, faire tomber son cousin. En défiance, on trouvait les duchés-frères de Lathar – bien évidemment –, Valemar et Aldemar. La légende voulait que, dans les temps immémoriaux où les frontières se mouvaient encore, trois vaillants frères aient conquis la lande et se la soient partagée ; et de fait, la noblesse de ces trois régions se voyait très richement liée. Point de surprise donc dans le fait que Valemar et Aldemar aient décidé de suivre Lathar dans son entreprise. Un quatrième duché, sans ces attaches historiques, s’était néanmoins rallié à la cause de Lathar : Gorion. Alvar seul sait ce que le duc de Lathar avait bien pu leur promettre pour obtenir son adhésion. Quoi qu’il en soit, ce fut un coup dur pour la couronne, en ce qu’il fallut moins de deux mois à la redoutable flotte militaire de Gorion pour raser toutes les villes côtières d’Ether, y compris la cité ducale d’Ambeorn… Quant aux terres royales, les divisions partisanes courraient au sein même des familles, selon que l’on ait subit le courroux ou les faveurs de feu Aldron, selon que l’on croit en un ordre ancestral ou nouveau. Nombreux furent les jeunes gens qui s’expatrièrent pour aller alimenter les contingents de chacun des deux camps.  

La première bataille qui agita Rhaemond fut celle de l’information. Face à la rumeur insidieuse que le Roi était mourrant, Elund fut forcé hors de sa convalescence bien avant d’être pleinement rétabli. Ses plaies lui faisaient souffrir le martyr en se réouvrant régulièrement mais n’entamaient en rien sa détermination. Après avoir établi sa base militaire à Lenlay, chez sa belle-famille, Elund multiplia les apparences publiques, les discours de guerre galvanisant les troupes et les appels à la résistance contre toutes les actions de Lathar, même les plus bénignes. Les mots lui venaient aisément. Il puisait toute sa passion dans son propre coeur empli de rancoeur, de rage, de l’humiliation de s’être fait jouer si pleinement et du besoin impétueux de se prouver à lui-même et au monde qu’il était le juste monarque de Rhaemond, un grand chef de guerre et plus encore. Des troubadours à la solde du Roi avaient été chargés de convoyer partout ses propos et la grandeur de son armée. Par ailleurs, il envoya un message clair à la noblesse rhaedar en constituant une liste de seigneurs de substitution à tous les nobles dissidents. Bien qu’assez intransigeant et peu ouvert aux négociations avec ceux qui semblaient hésiter encore, l’entreprise lui permit de rallier quelques puissants alliés.

Au Sud de Rhaemond, on adopta d’abord une posture défensive. La fin de l’an 68 et une partie de l’an 69 furent consacrés à former et consolider une ligne de défense le long de la frontière entre les territoires d’Aelyon et de Lenlay, fidèles au Roi, et les duchés dissidents de Lathar et Valemar. Les troupes de la couronne repoussèrent vaillamment les assauts de l’armée ennemie. Il n’y eut qu’une seule percée de la frontière en Aelyon, qui se vit décimer une centaine de lieues à peine à l’intérieur des terres. A vrai dire, la cavalerie de Lenlay avait tellement piétiné l’infanterie latharienne que l’on s’était étonné que les stratèges ne saisissent pas l’occasion pour envahir le duché dissident et s’attaquer à son chef-lieu. Le monarque et ses généraux avaient préféré temporiser. Repousser les troupes ennemies était une chose, susciter l’ire du nouveau régent en envahissant ses terres quand sa parentèle demeurait prisonnière et sous sa coupe en était une autre. Quoi qu’il en soit, l’hiver approchait et courir le risque d’envoyer leurs meilleurs éléments en territoire ennemi sans la logistique appropriée était simplement déraisonnable.

Le début de la phase offensive fut officiellement marquée par l’exfiltration de la famille royale du temple d’Alvar au moins d’Elye 70. Soit le divin loué, le plan d’intervention avait fonctionné à merveille et il fallut même plusieurs jours au régent pour se rendre compte de leur absence. A ce stade, les anciennes prisonnières étaient déjà loin. Un navire avait été appareillé pour transporter la famille royale jusqu’en Kaerdum en suivant la longue route de l’océan des nilva’rys pour éviter toute rencontre avec la flotte de Gorion. A bord cependant, moins de passagers qu’escompté : seulement le prince héritier et sa jeune soeur née dans le temple, sous la tutelle de Myrine de Lenlay, elle-même originaire des terres kaerd. La princesse Hélène, de trop faible constitution, avait succombé à une pneumonie le premier hiver au temple. Les reines, quant à elles, avaient opposé une fin de non recevoir : d’une part, la reine mère avait décrété qu’elle était bien trop âgée et rongée par les rhumatismes pour entreprendre un tel périple ; de l’autre la reine Erin avait rit à l’idée d’abandonner son roi, son peuple, sa cause, et avait préféré rejoindre le duché d’Ether avec sa suite pour participer à l’effort de guerre en se consacrant à la protection des eleärs et aux soins des blessés.

Sa famille enfin hors des griffes du régent, Elund put s’en donner à coeur joie. Il allait excéder ses ennemis, ereinter leurs troupes, prendre et détruire tout ce qui leur tenait à coeur. Le monarque laissa à ses généraux le soin de dessiner et planifier sa reconquête de Rhaemond, de choisir les futurs champs de bataille de manière à forcer Lathar à des déplacements de troupes fréquents et à leur convenance. De son côté, il fomentait sa guerre à lui, bien plus sordide par certains aspects, mais il ne se sentait plus contraint par les règles, mêmes celles de la bienséance : il était roi, il forgeait les règles. Le jeune monarque avait appris à ses dépends que Cealcis s’avérait être une maîtresse impitoyable, que les cealcirois étaient le talon d’Achille de quiconque daignait s’asseoir sur le trône. Il s’arrangea donc pour faire secrètement condamner toutes les lignes d’approvisionnement de la capitale, n’hésitant pas un instant à payer grassement brigands et voleurs pour détourner tous les convois en direction ou en provenance de la cité. Lathar eut vite bien du mal à vendre sa victoire imminente une fois Cealcis coupée du monde extérieur, encore plus quand l’armée de troubadours et ménestrels à la solde d’Elund le louait en grand libérateur contre la tyrannie et chantait à qui voulait l’entendre le récit des exploits de l’armée royale ou la puissance de la légendaire cavalerie de Lenlay. La couronne subit d’importantes pertes ainsi que bien des revers, mais la stratégie de démoralisation portait ses fruits et ils rencontrèrent de moins en moins de résistance dans leur passage. Quant aux seigneurs dissidents, Elund ne les connaissait que trop bien et il prit un malin plaisir à exploiter toutes leurs faiblesses. Certains furent exécutés sur place, d’autres furent envoyés au suzerain de Desde pour répondre de leurs crimes devant la justice eleär.

Elund estima la guerre gagnée quand le duché de Gorion déposa les armes en l’an 72. En bon marins, ils avaient senti le vent tourner et saisi l’occasion de négocier avec Ether pour un cessez le feu. La flotte de Gorion était puissante, avait détruit et pilonné toute la côte d’Ether et aurait aisément pu continuer des années durant, mais ils étaient de piètres combattants en pleine terre. A partir de là, les dernières batailles, le siège de Cealcis et sa libération semblaient n’être guère plus que des formalités aux yeux du monarque. Elund laissa tout cela à ses généraux, se reconstitua un conseil et commença à travailler à l’après-guerre.

Arthom de Lathar périt au combat. On rapporta également au monarque le décès de sa soeur, de ses neveux et nièces, bien que les circonstances exactes de leurs fins demeurent obscures. Certains disaient que c’était Lathar lui-même qui les avaient occis, d’autre que Lyson avait préféré se suicider et épargner un terrible sort à sa chaire. Même la reine mère ne la pleura pas.

Elund reprit sa place sur le trône Verne le 5e de Rahn de l’an 73, solidement épaulé de son épouse.

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◈ Missives : 77

◈ Âge du Personnage : 50 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Race : Vreën
◈ Ethnie : Valduris
◈ Origine : Cealcis, Rhaemond
◈ Localisation sur Rëa : Cealcis, Rhaemond
◈ Magie : Aucune
◈ Lié : Père d'Elladrielle Gartred & Moïra Belgard. Cousin de Catriona de Gallelois.
◈ Fiche personnage : Elund Gartred, Roi de Rhaemond

Héros
Elund Gartred

◈ Dim 16 Avr 2017 - 16:06



 
Histoire

 

Chapitre III : L'âge de raison

La transition avait été préparée avec grande minutie. Passé les effusions de sang nécessaires pour satisfaire la soif de vengeance de tous ceux qui avaient tant perdu pendant la guerre, le monarque avait adopté un ton réconciliateur pour unifier la nation. Cinq ans de guerre avaient fait maturer le suzerain, lui avaient donné la poigne et l’assise nécessaire pour tenir pleinement ses fonctions. Tout semblait alors aller pour le mieux, à peine un an plus tard. Les seigneurs de substitution avaient pris leur poste sans trop d’encombre. Partout, les travaux de reconstruction et d’infrastructure faisaient rage, la nation bien impatiente de mettre derrière elle les décombres et les ruines de la guerre. Les récoltes avaient été excellentes et achevaient la disette des années passées. Les convois d’eleärs vers Desde et Aiseth étaient arrivés sain et sauf et il avait toutes les raisons d’espérer un réchauffement des relations diplomatiques.

Sur une note plus personnelle, la situation familiale d’Elund le réjouissait. D’abord, il avait enfin une piste concrète pour faire libérer sa cousine et amie, la princesse Catriona d’Eliran. Ensuite, on attendait la famille ducale de Séverac au printemps pour lui ramener enfin ses tendres enfants qu’il avait dû exiler et, ce faisant, inaugurer la nouvelle route commerciale régulière entre Ambeorn et Révelant. Quant à son épouse, Erin… Elle avait endosser son rôle de reine bien au-delà des attentes de son époux pour devenir progressivement son bras droit, sa conseillère et plus encore son amie. La Reine travaillait sans relâche au bien-être du petit peuple, particulièrement à l’amélioration des conditions de vie des pauvres, des enfants et des malades. Elle continuait à étudier les plantes médicinales, notamment les pratiques eleärs, et répandait son savoir avec largesse, ce qui lui valut rapidement la réputation de guérisseuse. La suzeraine était adorée des foules et, comme si cela ne suffisait pas, elle attendait désormais le troisième enfant du couple.

Tout cet enchantement ne fit que rendre la chute plus ardue et pénible encore. La rancoeur est un sentiment dur à abattre, et les vaincus sont souvent peu amènes à avouer la défaite. Le premier sheal d’Ansbar 74, une série d’attaques concertées fut exécutée à l’encontre du roi et de son conseil à travers Rhaemond. Si certaines relevaient de l’amateurisme et furent repoussées aisément, d’autres avaient été savamment orchestrée, comme celle qui s’abatit sur le convoi royal en route pour Valemar et ne laissa derrière elle que des cadavres calcinés. Les malfaiteurs n’avaient visiblement pas été informés que le Roi avait rebroussé chemin jusqu’à Cealcis la veille après avoir reçu la nouvelle du trépas de sa mère. Elund avait été épargné d’un cheveu par Alvar, mais la nouvelle de la mort de son meilleur ami Peter le heurta de plein fouet, comme un coup dans l’estomac qui le laissait abasourdi, assurément la pire des tragédies. Ils avaient traversé la guerre ensemble juste pour qu’il soit assassiné à sa place. Comme si cela ne suffisait pas, la mort d’un diplomate eleär originaire de Desde déclencha une crise diplomatique de taille, donnant au suzerain Aerandir Ciryior l’occasion rêvée de fermer les portes de son royaume à la Coalition des Trois. Le roi Elund ne put qu’accepter cette sentence, atermoyant la clémence future de Desde et la réouverture des routes commerciales.

S’en suivit une sombre période d’inquisition forcenée et punitive. Tout ce que ces attaques avaient réussi à accomplir, c’était donner au monarque la ferme détermination de laver Rhaemond de ses traîtres et parjures quand il s’était autrefois montré plus coulant. Quand bien même elle pleurait tout autant son frère, la Reine Erin s’avança sur la scène publique pour apaiser la nation écorchée de l’onguent de sa douceur et générosité. Elle commença à assurer seule une partie de plus en plus large des audiences royales, ce qui satisfaisait tout le monde en ce que, d’une part, cela libérait l’emploi du temps chargé du Roi et, d’autre part, tous savaient qu’elle dosait à la perfection magnanimité et fermeté dans ses jugements, quand le Roi se montrait beaucoup plus intransigeant. Sa patience était infinie, elle semblait toujours trouver les bons mots pour apaiser maux et conflits. Un jour à la fois, elle entreprit de rendre à Elund la confiance en son peuple qu’il avait perdu et d’en faire un bon monarque, respecté, mesuré et soucieux du bien commun.

Le couple royal en fut béni d’une descendance nombreuse et saine. Bien qu’Alvar ait rappelé à lui certains de leurs petits, l’après-guerre vit naître et grandir Guilhem né en l’an 74, suivi promptement de Ledo en 75, Aldron en 78, Constant en 81 et enfin d’une autre petite princesse, Arlett, en l’an 85. Bien qu’il les aimât tous sincèrement, ce fut été mentir que de dire qu’il consacrait autant d’attention à ses enfants d’après-guerre qu’à ceux qu’il avait été forcé d’exiler pendant celle-ci. Si la relation d’Elund avec la princesse Elladrielle était fusionnelle, celle qu’il entretenait avec le prince héritier était pour le moins houleuse. Celle ci était étrangement à l’instar de celle qu’il avait entretenu autrefois avec son propre père, bien que le monarque se fasse un point d’honneur à former lui-même Iric et à l’intégrer au maximum à ses tâches. Outre l’intense ressemblance physique, le monarque voyait en son fils nombre de ses propres traits de jeunesse, qu’il ne pouvait s’empêcher de critiquer rudement, comme si corriger ses propres faiblesses chez son fils pouvait quelque part empêcher ou réparer les atrocités de la guerre d’antan.

Le monde changeait néanmoins, tournant de plus en plus vite et devenant de plus en plus complexe. Vint l’an 90, il était devenu indéniable que le monarque avait perdu part du ce contrôle qu’il chérissait tant. Son fils adoptif, Tommen de Lenlay, s’était engagé dans la mission suicide du prince kaerd pour réveiller Azzura. La magie était réapparue et il assistait impuissant au sort qu’elle avait réservé à sa fille adorée. La peste ravageait le pays, et le monarque était désoeuvré face au flot des damnés affluant sur Cealcis dans l’espoir d’un remède ou au moins des bons soins promulgués par la Reine.

Elund exila sa famille et la cour au château de Fonleau en Ansbar 90, réduisant le palais royal à sa plus simple exception, guère plus qu’un fort de guerre, un lieu stratégique de concile et prise de décisions. Un sentiment grandissant d’impuissance emplissait son être et son inaction relative le réduisait au désespoir.

Chapitre IV : Catriona

Aussi loin qu’Elund parvienne à se souvenir, Catriona avait toujours été dans sa vie. Sa cousine avait bien évidemment été de tous les périples à Fonleau, mais il y avait aussi eu de nombreuses visites, les deux familles étant très proches. Bien sûr, la différence d’âge et de sexe les faisaient souvent évoluer dans des cercles différents, mais elle n’était pas suffisante pour les séparer totalement.

Elund était taquin et, les enfants étant d’un naturel cruel, il avait tendance à s’amuser au détriment des enfants plus jeunes. Il trouva vite une adversaire redoutable en Catriona. L’enfant n’était pas une pleureuse, elle n’allait pas se cacher dans les jupes dans sa mère comme les autres, mais redoublait plutôt d’intelligence pour le prendre à son jeu. Très vite, elle devint sa complice et son amie.

Avec le temps, ils passèrent des blagues puériles à des occupations plus sages, comme les jeux de plateau. Leurs parties étaient toujours ponctuées de grandes discussions, souvent animées par les différences dans leurs lectures. Le Roi Aldron avait fait donner à son fils une éducation militaire et littéraire de grande qualité, mais les vues qu’il transmettait à son fils étaient très traditionnelles. Catriona, quant à elle, recevait par sa mère une éducation très novatrice, centrée sur des auteurs révolutionnaires qui mettaient en lumière une autre manière de penser. Quand ils étaient séparés, ils échangeaient des lettres plusieurs fois par mois d’une dizaine de pages chacune. Sa cousine lui fit découvrir et lire nombre de ces auteurs au travers de ces discussions, faisant évoluer par bien des aspects sa pensée encore très conservatrice.

La fatalité frappa Elund et Catalina pratiquement au même moment. Alors qu’Elund se voyait condamné à la fuite et l’exil, sa cousine perdait ses parents dans d’étranges circonstances. Elund fut stupéfait d’apprendre l’arrestation de Catriona pour l’assassinat de ses parents qu’elle adorait tant. Le procès fut tenu en hâte, si vite qu’Elund en fût à peine informé avant son occurrence, et elle fut emprisonnée à vie alors que Mordvain accédait au trône. Le nouveau monarque d’Eliran était tout ce qu’Elund détestait chez un homme. Il n’avait aucune des qualités d’un Roi. Il était perfide et malhonnête, il manigançait dans l’ombre et sa soif de pouvoir détruisait tout sur son passage. Fondamentalement convaincu que Catriona était innocente de ce crime, Elund missionna ses propres hommes pour effectuer une enquête en Eliran, pour infiltrer la Cour et découvrir la vérité.

Bien que présente dans ses pensées et prières quotidiennement, Catriona fut reléguée au second plan face aux affres de la guerre. En l’an 73, alors que le conflit touchait à sa fin, la situation n’avait guère changé. Ses hommes avaient réuni suffisamment d’informations pour exonérer complètement Catriona aux yeux d’Elund, mais rien d’assez concret pour faire de même aux yeux du monde. L’enquête patinait, Mordvain avait bien caché son jeu. Le nouveau Roi d’Eliran commençait à prendre de plus en plus de pouvoir, et bien sûr à en abuser largement. Sa ruine finit par venir d’une de ses victimes, une certaine Sephna, fille du Baron de Helmne, un petit territoire paysan du nord d’Eliran.

La jeune femme venait d’être présentée à la Cour et avait attiré l’oeil de Mordvain. Il lui avait fait des avances poussées, sans aucune intention de l’épouser bien sûr, et la jeune femme avait poliment décliné. La suite logique fut l’emprisonnement du Baron d’Helmne sur cachet royal, une relation de cause à effet tout sauf subtil en direction de la jouvencelle, qui finit par céder sous la pression. Sephna servait Mordvain plusieurs fois par semaine, tombant de plus en plus dans le désespoir. Un des hommes d’Elund intervint juste à temps, alors que la jeune femme, réfugiée sur les murailles du château, s’approchait dangereusement du vide. Il y avait un moyen, lui dit-il. Son bienfaiteur la protègerait si elle acceptait de l’aider. Il ferait libérer son père, rétablirait son nom et son honneur, si elle l’aidait. Elle n’aurait plus rien à craindre. Non, plus rien du tout…

Les résultats ne se firent pas attendre. Le premier document qu’elle leur apporta était une liste de noms, qui s’avéra être une liste d’assassins, empoisonneurs et autres professions de l’ombre. Pendant plus d’un an, Sephna fit des livraisons régulières de documents qu’elle trouvait dans le bureau de Mordvain, et rapporta avec célérité toutes les confidences sur l’oreiller. Mais, bien vite, son ventre commença à s’arrondir. Convaincue qu’il allait la faire tuer, Sephna risqua le tout pour le tout et subtilisa deux documents clefs : son journal et son livre de comptes personnel, que Mordvain conservait toujours près de lui. Ces documents étaient une preuve accablante de culpabilité, de la main même de Mordvain, non pas seulement de l’assassinat des parents de Catriona, mais de dizaines d’autres crimes punis de la peine de mort...

Il était maintenant temps de rendre tout cela public. Elund avait beaucoup préparé ce moment. Depuis qu’il avait entendu parler pour la première fois des journaux, il avait su qu’il s’agissait du dernier clou dans le cercueil de Mordvain. Pendant de long mois, il s’était renseigné, avait manoeuvré en secret, trouvé des soutiens et noué des alliances. Une fois le départ donné, la machine infernale se mit en marche, sans un grain de sable dans ses rouages : l’enquête fut réouverte, une nouvelle date de procès fut programmée, Catriona fut libérée temporairement…

Elund ne se rendit pas au procès. Il en était l’instigateur, mais le public ne devait pas y voir un lien direct, ou la noblesse risquait d’y voir une manoeuvre d’Elund pour prendre le pouvoir en Eliran. L’armée de Rhaemond était puissante, et après tout, Elund était le cousin du Roi Léodevain par son père. A ce stade, il avait plus de légitimité que qui que ce soit d’autre, à l’exception peut-être d’une.

La réponse à la question de la succession de Mordvain au trône d’Eliran avait souvent troublé ses pensées au cours des années. La réponse lui avait longuement échappée, et à vrai dire, il ne la trouva même pas par lui-même. C’est son épouse Erin qui lui susurra l’idée que Catriona était de loin la mieux placée pour hériter. Il aurait eu bon dos de la contredire, au vu de tout ce que la reine rhaedar avait fait pour son peuple en seulement quelques années. L’idée fit son chemin. Catriona était une femme forte, féroce et déterminée, stratège et droite, qui gouvernerait Eliran d’une main de fer dans un gant de velours. C’était exactement ce dont la région avait besoin. Une nouvelle génération de femmes fortes avait émergé en Seregon, et il était temps de leur laisser une place à la table, de les faire sortir de l’ombre. Cette pensée surprit Elund. Finalement, les apprentissages des livres d’auteurs éclairés que lui faisait lire Catriona avaient trouvé leur place en lui.

Catriona fut déclarée innocente et libérée pour de bon, après sept ans de captivité. Mordvain fut déchu de son titre de monarque, puis retrouvé mort dans sa cellule. Bien qu’il ne l’avoua jamais, Elund fut assez impliqué dans cette histoire de suicide. Il ne voulait pas d’un long procès diviseur, il ne voulait pas laisser le temps à Mordvain de manigancer ou d’obtenir des soutiens, aussi s’assura-t-il que le matériel approprié lui fut donné et que ses autres options soient sévèrement limitées. Sephna, quant à elle, vit son père libéré et elle trouva refuge avec sa fille dans un Comté en Rhaemond. Elle fut garantie un titre, des terres et suffisamment pour ne jamais manquer de rien.

Un moment très émouvant pour Elund fut sa visite à Catriona après sa libération. Elle l’étreint à son arrivée et il la serra longuement dans ses bras. Puis, il lui posa de vraies questions : Tenait-elle à son Royaume ? Était-elle prête à tout ? Le voulait-elle seulement après toutes ces années ? Le Roi de Rhaemond avait semé la graine de cette idée auprès de personnes clés du Conseil des Trois, et l’avait arrosée régulièrement de louanges à la faveur de Catriona. C’était révolutionnaire, mais pas du tout impossible, et Elund ferait tout en son pouvoir pour voir sa cousine monter sur le trône, si c’est ce qu’elle souhaitait.

L'Ellsya douzième du mois d'Elye, en l'an 80 de l'Ere des Rois, Catriona de Galellois fut couronnée Reine d’Eliran. Le Roi de Rhaemond était au premier rang. Après tout, n’était-il pas lui-même faiseur et défaiseur de Rois ?

Chapitre IV bis : Catriona, Elund, et Moïra
Deuxième semaine de Siralon de l'an 81 de l'Ere des Rois

Elund brûla la missive sitôt lue. C’était une lettre de sa cousine Catriona qui l’informait qu’elle avait trouvé sa bâtarde et que la situation était « sous contrôle », la jeune femme étant recluse dans un couvent. Lorsque sa cousine l’avait confronté aux rumeurs de sa paternité plusieurs mois auparavant, une gêne rampante l’avait envahi. Il commença par feindre de ne pas se souvenir précisément puis peina à admettre que oui, c’était techniquement envisageable qu’une telle rumeur soit vraie, qu’il avait effectivement « commis une erreur » pendant son mariage avec Sigrid.

Il se souvenait distinctement de cette nuit, même presque deux décennies après. C’était le soir où Sigrid lui avait lancé un vase au visage. Il était tout juste de retour de son périple en Ordanie. En arrivant à Cealcis, il avait fait un tour rapide au château pour se délester de son équipement de voyage, avait pris un bon bain puis avait vaqué à ses occupations dans la capitale avant d’aller saluer Sigrid. Il ne lui était nullement venu à l’esprit que retrouver sa mie était peut-être la toute première chose qu’il aurait dû faire après deux ans d’absence. C’est une vraie furie qui l’attendait dans leurs quartiers. Il suffit que leurs regards se croisent pour qu’un déluge ne s’abatte sur le pauvre Elund, complètement déconcerté. Alors ainsi, tout le monde savait qu’il était de retour, tout le monde l’avait vu, SAUF ELLE ! N’avait-il donc aucune affection et même aucun respect pour son épouse ? Pourquoi si peu de lettres ? Oh, qu’elle était malheureuse ! Avait-il ne serait-ce que pensé à elle pendant tout ce temps ?

Visiblement, la réponse « Mais je suis là, maintenant » n’était pas la bonne, à en croire le vase volant qu’il eut à peine le temps d’éviter. Le vase alla s’écraser contre le mur, se brisant en mille morceaux et répandant verre, eau et fleurs sur le sol. Au moment même de l’impact, Sigrid s’écroula en pleurs sur le parquet.

Elund fit ce qu’il faisait toujours quand elle se comportait de la sorte : il l’ignora. Une pointe de culpabilité le hanta tout de même suffisamment pour le faire boire plus que de raison, et pour qu’il suive passivement ses amis dans les rues de Cealcis jusqu’à un établissement nommé le Shanoiry. Ils y jouèrent longuement aux cartes, mais les joueurs disparaissaient un à un pour rejoindre les belles de nuit et, bien qu’il soit l’un des derniers, Elund suivit le mouvement. Il n’était pas un homme très enclin aux plaisirs de la chair et se contentait bien de son épouse, mais voilà, après deux ans en Ordanie sans toucher qui que ce soit, et peu convaincu qu’il obtiendrait quoi que ce soit fusse-t-il à retourner dans ses quartiers, il se laissa tenter. La nuit fut douce, mais lui laissa un goût amer et un profond sentiment d’inconfort face à ses actions. À l’époque, il s’était réconforté avec la certitude qu’il n’y aurait aucune conséquence, sans réaliser qu’il avait semé la vie.

   
Ambitions & Desseins

   

Le Roi lutte pour son peuple ainsi que pour l’égalité et l’harmonie en Seregon. Son principal objectif est d’éviter une nouvelle guerre en Seregon et, pour ce faire, il use de tous les leviers à son actif pour assainir les relations des Etats Vreën avec les Eleär. Elund est totalement désoeuvré face aux ravages de la peste, qu’il tente tant bien que mal de contenir et d’éradiquer.

Sur un plan plus personnel, Elund souhaite par-dessus tout protéger son épouse et ses enfants des maux contemporains, et particulièrement sa fille, Elladrielle, qui subit de plein fouet la réapparition de la magie.

Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Absolument.
Moultipass : ok par Harden

Tout ce qui concerne Catriona et Moïra a été préalablement approuvé par MP.

Edit refonte de fiche :

  • • Merci infiniment à Claudius de Martoeil pour son aide sur la refonte de la guerre civile et le lore de Rhaemond.  
  • • Les cartes et une chronologie détaillée seront disponibles dans le journal de bord d'Elund.



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◈ Missives : 2201

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mar 18 Avr 2017 - 10:19

Et bien bienvenue ici, officiellement : D.

Tu nous honore d'une très belle fiche !

Je te souhaite bon jeu ! N'oublie pas de faire ton journal de bord, partie parchemin des Héros et à poster une demande de rp en partie concernée (mais je vois que tu n'as pas attendu pour ça 8D... Mouhaha).

Amuse toi bien parmi nous !

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