Azzura

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Wulfhart Sigbrand - Vagabond

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◈ Missives : 3

◈ Âge du Personnage : 28 ans
◈ Alignement : Chaotique Neutre
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Kaerdum, Ordanie
◈ Magie : Magie Métabolique
◈ Fiche personnage : Le vagabond

Héros
Wulfhart Sigbrand

◈ Ven 12 Mai 2017 - 19:22

◈ Prénom :  Wulfhart.
◈ Nom : Sigbrand.
◈ Surnoms : Le Boucher de Cleverek, le Limier d'Adhémar.
◈ Sexe : Homme.
◈ Âge : 28 ans.
◈ Date de naissance : Onzième jour d'ansbar de l'an soixante-et-un de l'Ère des Rois.
◈ Race : Valduris.
◈ Ethnie : Alsdern.
◈ Origine : Ordanie / Kaerdum.
◈ Alignement : Chaotique neutre.
◈ Métier : Ancien mercenaire / ancien commandant des armées de Kaerdum / vagabond.


Magie


Ne souffrant d'aucun trouble apparent lorsqu'il se trouvait dans les geôles d'Azzura, les mages de la cité blanche le crurent tout d'abord insensible à la magie. La découverte de son pouvoir ne tint qu'à l'audace d'un érudit qui, pour vérifier sa théorie, lui entailla superficiellement la main sans s'assurer au préalable de son consentement. Grâce à la magie métabolique Wulfhart avait acquis la faculté de guérir de la plupart de ses blessures avec une extrême rapidité. Alors qu'un homme normal mettrait des semaines à se remettre d'un coup d'estoc, l'alsdern n'en souffrira que quelques jours tout au plus. Seule une fine cicatrice viendra témoigner du fait que le coup a bien atteint sa chair. Ce pouvoir n'est cependant pas sans conséquences. Bien que faisant partie des chevaliers de la prophétie, son piètre niveau de maîtrise lui fait toujours courir le risque de subir des séquelles irréversibles si son corps est trop durement sollicité. Il ne saurait de plus ni guérir de blessures mortelles, ni faire repousser un membre sectionné.


Compétences, forces & faiblesses


> Arts de la guerre
(Métier engagé : Ancien mercenaire et ancien commandant)
- Maniement d’armes blanches (épées) : Maître
= D'essence et, même si son apprentissage ne fut pas ponctué par un apprentissage classique, Wulfhart est un tueur impitoyable qui eut ses accès à l'armée bien que tardivement.
- Maniement d’armes de pugilats (dagues) : Avancé
= Il n'a point la carrure fine et subtile des assassins, il n'en reste pourtant pas moins redoutable une fois armé, même des lames les plus courtes.
- Équitation de guerre : Avancé
= Il n'est pas des plus à l'aise sur un destrier, mais il aura su apprendre, de grè ou de force, avec son Prince.
- Parade (boucliers, armes, utilisation de son environnement) : Novice
= En bon bourrin, il est capable de foncer sur une lame pour tuer son assaillant... Il n'évite que peu les coups. Cela n'est pas aidé par sa capacité régénératrice qui lui fait peut-être oublier qu'il peut mourir...
- Stratégie de combats & Tactique de guerre: Intermédiare au sens académique, Expert au sens improvisation
= Ses tactiques et stratégies ne sont ni convientionnelles, ni académiques : elles ont pourtant le mérite de l'empirisme, de ce qui fonctionne dans la réalité. De la topographie des lieux, de la brutalité qu'il est nécessaire pour faire ployer son ennemi genou à terre. L'art de la subtilité n'est pas son fort mais il n'a pas été nommé commandant sans raisons. Ses techniques sont brutes, à son image, et cruellement efficaces et sanglantes.
- Commandement & Galvanisation : Avancé
= C'est peut-être sa simplicité et son naturel qui font de lui un bon meneur d'homme. Il est dans la mesure, ni trop bon, ni trop mauvais dans le domaine et saura être suivi par la majorité. Il aura pourtant du mal à se faire obéir des plus rustres ou des plus rebelles s'il n'use pas de ses poings comme de forme d'autorité

> Compétences libres
- Géographie (Kaerdum) : Expert
= Il a sillonné le royaume d'est en ouest durant toute sa vie. Il connaîtra les fleuves et rivières, lacs et mers.
- Lecture & écriture : Novice
= Il a du mal à lire et écrire.
- Survie en milieu sauvage : Maître
= L'on ne vit pas ce que Wulfhart a vécu sans savoir survivre en forêt, seul face au reste du monde. Il saura connaître ce qui se chasse, se cueille, comment se trouver un abri de fortune, s'en fabriquer, concevoir des pièges, allumer un feu, etc.
- Survie en milieu urbain
- Pistage de la faune : Expert
- Connaissance de la flore & de la faune (Kaerdum) : Expert
= Ces compétences sont en accointance avec celle de la survie en milieu sauvage.
- Bagarre de rue : Maître
= Sans réelle technique autre que celle de briser son adversaire, nous donnons peu cher de la vie d'un homme qui s'essaierait à chercher des noises au colosse à la sortie d'une taverne.
- Intimidation : Expert
= Nous supposons que se retrouver face à ce colosse à la face lacérée ne doit pas être une partie de plaisir.
- Artisanat (forge) : Avancé
= Il a fait ses premières armes avec son père adoptif et aura sûrement encore en mémoire la forge dans sa complexité.

Wulfhart est un foudre de guerre impitoyable. Sa force surhumaine lui permet de manier son espadon avec dextérité d'une seule main, laissant la seconde libre de malmener ses adversaires. Il démontre de plus une exceptionnelle endurance, continuant à faire preuve d'une redoutable férocité quand d'autres tomberaient d'épuisement. Il est enfin souple et rapide, bien plus que sa taille imposante ne pourrait le laisser supposer de prime abord. Ses adversaires peinent à lire ses mouvements, autant en raison de son agilité que de ses techniques de combat peu orthodoxes. Il empreinte aussi bien aux mercenaires d'Ordanie, parmi lesquels il a appris l'art de la guerre, qu'aux guerriers d'Al'Akhab, dont il a acquis les ruses de par ses entraînements en compagnie de Fahim, son ami et frère d'armes. S'il ne parvient à donner le meilleur de lui-même qu'armé de son épée à deux mains, des années passées sur les champs de bataille l'ont rompu à toutes les formes et techniques de combat, au sol comme à cheval. Le combat en groupe tend à l'incommoder, d'autant plus lorsqu'il doit se plier à une stratégie définie à l'avance. Il préfère ne pas avoir à craindre pour le sort de ses hommes afin de pouvoir céder à l'ivresse du combat et laisser libre court à son instinct. Lorsqu'il est amené à diriger il s'avère toutefois être un meneur naturel, sa puissance et son efficacité l'auréolant d'un charisme certain parmi les rangs de l'armée kaerd tout comme dans les rangs ennemis. Il démontre à l'occasion des talents tactiques innés, étant doté d'un solide sens pratique et de grandes capacités d'observation. Bien que trop grossières au goût des autres officiers, ses stratégies sont à même de dénouer les situations les plus désespérées et reçoivent généralement l'approbation du prince Adhémar, ainsi que celle du haut-commandant Aldric par la force des choses. Il applique également ces manœuvres au combat rapproché, ne rechignant à aucun coup bas et n'hésitant pas à se laisser volontairement blesser si cela lui garantit de pouvoir porter le coup fatal. Ce dédain pour son intégrité physique a, selon les sages d'Azzura, fait de lui un candidat tout désigné à la magie métabolique. Son impulsivité se retrouve dans ses interactions sociales. Il est dénué de tact et souvent brusque, voire grossier, sans même nécessairement le réaliser. Les subtilités de la diplomatie l'exaspèrent et la notion d'art lui est étrangère. Il préfère user d'intimidation ou de sarcasmes pour se soustraire à une situation tournant en sa défaveur, passant pour un rustre aux yeux de ses interlocuteurs. Le fait qu'il ne puisse que difficilement lire un livre vient un peu plus témoigner de son manque d'érudition. Il sait aisément reconnaître certaines inscriptions courantes, en particulier celles à visée tactique, mais déchiffrer une phrase lui prendra plus de temps. Il n'en conçoit cependant aucune honte. Les connaissances dont il dispose sont celles qu'il a jugé utiles à sa carrière de mercenaire. Loin d'être incapable de s'adonner à d'autres savoirs, il ne voit tout simplement pas l'intérêt d'y consacrer de son temps.


Physique


D'une taille plutôt moyenne pour un alsdern, Wulfhart fait figure de véritable colosse aux yeux des vreëns, mesurant environ six pieds pour deux-cent-quatre livres. Les lignes de son corps sont dures et effilées, et ses épaules sont larges et massives. Son torse puissant est soutenu par une taille élancée, rendant l'ensemble harmonieux et dépourvu de toute lourdeur. Ses bras sont longs et noueux, lui accordant une confortable allonge en combat. Ayant beaucoup voyagé, sa peau est tannée par le soleil, faisant ressortir ses yeux gris. Une tignasse de cheveux noirs ébouriffés surmonte son large front et encadre un visage aux traits virils. Sa mâchoire est large, ses lèvres pleines, son nez droit et ses sourcils fournis. De nombreuses cicatrices parcourent son corps. L'une d'elles, particulièrement profonde, fend en deux son arête nasale. L'ancien mercenaire a gardé pour habitude de se vêtir d'une chemise en lin dont il aime retrousser les manches, de braies en coton et de bottes en cuir. Par dessus il arbore un baudrier en fer ainsi que des plaques de renforcement au niveau de ses jambes. Sa main gauche est enserrée par un lourd gantelet, sa main droite étant laissée libre pour ne pas entraver son poignet. À sa ceinture est accrochée une modeste dague tandis que dans son dos pend l'imposant espadon qu'il a hérité de Dáin, dissimulé sous une épaisse cape noire. L'arme se réduit à une lame anormalement large de plus de cinq pieds et à une longue poignée terminée par un pommeau massif qui contrebalance le poids du reste de l'épée. Seule une chape massive vient délimiter ces deux éléments afin de consolider leur jonction. Au premier regard l'objet semble grossier voire inachevé, mais la qualité de la lame dénote un degré de maîtrise exceptionnel dans l'art de la forge et l'ensemble, malgré son poids, est parfaitement équilibré. Malgré la bizarrerie que constitue l'absence de garde, l'espadon s'avère être un instrument redoutable si son détenteur dispose de la force nécessaire pour le soulever.


Caractère


Wulfhart est un homme taciturne peu enclin à se livrer sur le plan émotionnel. Il ne se laisse pas facilement approcher et rares sont ceux à le connaître réellement. Sa vie se résumant à une longue succession de tragédies et ayant vu ce que la nature humaine réservait de pire dès son plus jeune âge, il ne peut que se montrer méfiant envers ceux qui croisent sa route. Un simple regard de sa part suffit généralement à dissuader les plus sensés tandis que sa lame finit de convaincre les indécis. S'il sait se montrer dur envers ceux qu'il méprise, il fera inversement preuve d'une loyauté indéfectible envers ceux qui auront su s'attirer ses faveurs. Il ne s'est jamais embarrassé des interdits et des politesses et ne laisse que rarement la place à l’ambiguïté. Si cette attitude doit lui causer des ennuis il n'en a cure. Peut être n'attend-t-il inconsciemment qu'une excuse pour se battre. Ayant versé le sang alors qu'il n'était qu'un enfant, le meurtre a laissé en lui une marque, et, de par sa vie de mercenaire, tuer est devenu une part intégrante de ce qu'il est. Il n'est véritablement lui-même que lorsque sa lame se heurte à celle de son ennemi, que lorsqu'il lutte pour rester en vie et sent l'adrénaline s'engouffrer dans ses veines pour étourdir ses sens, que lorsqu'enfin il vient à bout de toute résistance pour sentir l'acier pénétrer la chair. Il redoute de s'abandonner totalement à cette facette de sa personnalité. Il sent qu'en lui se cache toujours un être en quête d'un endroit auquel appartenir, de personnes sur qui il pourrait compter. Il dissimule derrière le cynisme un cœur généreux ne demandant qu'à tendre la main à ceux qui se trouvent dans le besoin. Il voudrait pouvoir se reposer sur la certitude qu'il est fondamentalement bon, mais l'appel du sang n'est jamais loin.


Inventaire


- Espadon à lame noire (avec fourreau) ;
- Dague (avec fourreau) ;
- Pendentif serti de Fahim ;
- Chemise en lin ;
- Ceinture et bottes en cuir ;
- Baudrier, gantelet (main gauche) et renforcements (jambes) en acier ;
- Cape noire ;
- Flasque d'eau ;
- Viande séchée.


Histoire


Alors que le ciel s'assombrissait, Dáin observait silencieusement les ombres lentement étendre leur règne sur les collines avoisinantes. Il soupira longuement, encore grisé par ce spectacle malgré toutes ces années passées au nord de Kaerdum. Ramené à la réalité par le vent froid du crépuscule, il ramassa péniblement les fagots qu'il venait de constituer, laissant échapper un léger grognement en se redressant. Il accorda un dernier regard à la forêt qui se dressait devant lui tandis que le soleil disparaissait derrière la cime des pins. Il s'apprêtait à regagner sa forge quand quelque chose retint son attention. Bien que les nains soient capables de voir dans les tunnels les plus sombres comme en plein jour, son long séjour à la surface lui avait fait perdre beaucoup de cette capacité. Il lui semblait qu'une silhouette serpentait parmi les arbres, se dirigeant dans sa direction d'un pas mal assuré. Il resta campé sur ses courtes jambes, attendant de voir ce que cette rencontre inattendue lui réservait. Déjà endurci par une existence faite de batailles, la vie en solitaire lui avait appris à faire preuve de prudence. Il ne parlait qu'à quelques fermiers du coin et, bien qu'il les connaisse depuis des années, il ne leur faisait toujours pas entièrement confiance. Il tendit l'oreille, guettant le moindre bruit qui pourrait s'échapper des fourrés. Il n'entendait rien d'autre que le râle de la jeune femme qui s'approchait lentement. Elle s'adossa à un arbre, visiblement à bout de forces, les mains crispées sur son ventre.

« Vous êtes blessée ? »

Il n'y avait aucune trace de compassion dans la voix du nain. Il avait parlé sèchement, encore sur ses gardes, sans esquisser le moindre geste. Les secondes s'égrenaient et l'inconnue ne semblait pas décidée à répondre. Alors qu'il s'apprêtait à lui demander son nom, elle commença à s'affaisser le long du tronc. Dáin balaya en un instant ses réticences et la rejoignit, laissant tomber les branchages qu'il portait pour la rattraper avant qu'elle ne chute totalement.

À en juger par son teint pâle et sa haute stature, il s'agissait sans doute d'une alsdern, et elle ne devait pas avoir plus de vingt ans. Alors qu'il resserrait ses bras sur elle, l'alsdern lui jeta un regard méfiant au travers des mèches brunes qui lui zébraient le visage. Elle eut beau lutter pour rester éveillée, elle ne tarda pas à perdre connaissance. Le nain passa une main caleuse dans sa barbe grisonnante comme il en avait l'habitude lorsqu'il était en proie au doute. Il ne pourrait pas arrêter de penser à l'enfant simplement en tournant les talons. Il devait à contrecœur se résoudre à lui venir en aide. Poussant un nouveau soupir dans l'air glacé du soir, il passa ses avant-bras sous les épaules de la jeune femme pour la tirer en direction de sa chaumière. C'est alors qu'il se rendit compte que les mains gelées de l'alsdern protégeaient un ventre anormalement rond.

*
*   *

Il avait sorti de vieux chiffons et fait bouillir de l'eau sans vraiment savoir à quoi cela allait bien pouvoir lui servir. Il avait simplement vu une fois ou deux des sages-femmes pratiquer des accouchements dans des camps de fortune pendant la révolte de Satvar, il y avait de cela une éternité. Les contractions étaient venues peu de temps après que l'alsdern se soit reposée à la chaleur de l'âtre. Elle avait pu reprendre suffisamment de forces pour que le travail se mette en marche, mais le nain doutait qu'elle en ait assez pour le mener à son terme. Alors qu'il venait de poser un linge chaud sur son front, elle lui agrippa la main, les yeux toujours rivés aux siens malgré la douleur et la fatigue. Il ne tenta pas de retirer sa main et n'eut pas l’indécence de prononcer le moindre mot. Il l'encouragea en silence, raffermissant sa poigne lorsqu'il la sentait défaillir. Elle ne put toutefois retenir longtemps les cris entre ses dents serrées. Il se dirigea vers le pied du lit, prêt à faire ce qu'il pourrait.

Bientôt le corps du nouveau-né se retrouva au creux de ses bras. Le nourrisson tardait cependant à pousser son premier cri. Bien qu'elle soit exténuée, la mère se redressa, jetant un regard inquiet en direction de Dáin qui berçait énergiquement le corps frêle et sans vie, ne sachant que faire. Après des secondes qui leur semblèrent une éternité, des pleurs retentirent dans la chaumière. Dans un soupir de soulagement, l'alsdern retomba sur le lit, s'autorisant enfin à fermer les yeux. Le nain, un sourire de satisfaction au coin des lèvres, s'approcha de la jeune femme pour lui présenter son enfant. Il réalisa alors que son hôte était mourante. Comme il le craignait elle avait mobilisé ses dernières forces dans le seul objectif de mettre au monde l'être qu'elle portait, sacrifiant sciemment sa propre vie. Il agrippa alors d'une main ferme l'épaule de la jeune femme, la secouant sans ménagement.

« Nomme le ! Nomme ton fils ! »

Un sourire vint poindre sur le visage blême de l'alsdern. Elle entrouvrit les yeux, et adressa à son enfant un regard que le nain n'avait pas encore vu, un regard d'une incomparable douceur. Du bout des lèvres, elle murmura alors :

« Wulf … hart … »

Le soleil matinal arriva enfin. Une vie venait juste de s'éteindre pour qu'une autre puisse s'embraser.

*
*   *

Dáin était comme hypnotisé par les étincelles produites par son marteau au contact de l'enclume. Ces éclats de lumière lui rappelaient son enfance, quand il observait, entouré des siens, les feux d'artifice tirés lors des grandes occasions. Tous ou presque étaient morts aujourd'hui. Troublé, il se forçait néanmoins à garder toute sa concentration sur son ouvrage, soucieux de réussir la lame qu'il était en train de forger. Il craignait de l'entendre éclater à chaque fois qu'il la plongeait dans l'eau glacée. Si les valduris considéraient que le métal pouvait être aisément refondu, les nains pensaient qu'il ne révélait tout son potentiel que lors de sa première fonte. La taille disproportionnée de la lame ne lui facilitait pas non plus la tâche. Il n'avait pas prémédité de faire une arme aussi grande. Il lui semblait simplement qu'il devait utiliser la totalité du lingot en une seule fois. Il ne s'était pas interrogé sur la maniabilité de la future arme, il devait en être ainsi, c'est tout. Alors qu'il se retournait il croisa le regard d'acier qui ne l'avait pas quitté depuis le début de son labeur. Dans tout cela il l'avait presque oublié.

« Ça ressemble pas à un alliage ordinaire, marmonna le garçon. »

En effet le métal incandescent, au lieu de rayonner comme d'ordinaire d'une couleur orangée, virait au pourpre avant de se teinter d'un noir miroitant une fois refroidi. Le petit ne parlait peut-être pas beaucoup, mais il apprenait. Le forgeron pensait que les quelques séances au cours desquelles il l'avait initié à son art n'avaient fait que consolider un physique prédestiné à la puissance.

« C'est parce que ça n'en est pas. Je ne saurais pas te dire ce que c'est exactement. On se passe ça depuis des générations dans ma famille. Mes ancêtres ne se sont jamais sentis de taille à en faire quelque chose …
- Mais toi oui.
- Eh bien … Ma lignée s'arrêtera avec moi, alors je me dis que la tâche doit forcément me revenir. »

Le nain continua de façonner l'espadon jusque tard dans la nuit. Il eut beau invectiver l'enfant pour qu'il aille se coucher, il n'en fit qu'à sa tête, comme à son habitude. Wulfhart veilla avec lui avant d'enfin s'endormir, affalé sur un banc.

*
*   *

Le forgeron ne s'était jamais véritablement considéré comme un père à proprement parler. Aider un enfant à venir au monde n'était pas assez à ses yeux pour en nourrir une quelconque fierté. Il ne s'était à l'origine occupé du garçon que par sens du devoir, s'efforçant de respecter la promesse qu'il avait faite à une inconnue un soir d'automne. Dire cependant que Wulfhart n'avait pris aucune importance dans sa vie aurait été mentir. L'enfant lui avait permis au cours de ces dix dernières années d'enfin s'ouvrir aux autres, de commencer à pardonner aux valduris, et d'envisager de laisser derrière lui un héritage. Il ne regrettait pas ce qui lui arrivait. Il s'était autorisé à vivre, lui qui jusque là n'avait fait qu'attendre la mort dans un coin. Dáin sentit le sang poindre au fond de sa gorge alors que le jeune alsdern appuyait sur sa blessure, essayant de stopper l'hémorragie. Il vit les larmes de rage dans les yeux de son protégé, des larmes que lui-même avait versé il y a de cela bien longtemps.

L'enfant n'avait pas pu venir en aide au nain lorsque les deux étrangers s'en étaient pris à lui. Il avait tenté de neutraliser l'un des intrus avec un tisonnier, mais il avait été vite repoussé, blessé au visage d'un coup de dague. Une large entaille fendait maintenant en deux son visage aux traits encore si purs. Incapable de parler, Dáin se contenta de poser sa large main sur la tête du jeune garçon pour tenter de l'apaiser, lui adressant un sourire désolé. Il ne fallait pas que Wulfhart cède à l'appel de la vengeance. Sa vie était bien trop précieuse pour la risquer inutilement. Alors que ses yeux se refermaient pour la dernière fois, une dernière pensée lui vint : il ne s'était toujours pas pardonné les atrocités qu'il avait lui-même commises en Satvar. Toutes ces morts au nom de qui, au nom de quoi ? Il n'était même plus certain de le savoir.

*
*   *

L'homme fixait le tronc d'arbre, scrutait ses nervures, tentant d'oublier le froid insidieux pour ainsi pouvoir soulager sa vessie ... Sans résultat. De peur de ne voir geler le gage de sa virilité, il se résigna à rejoindre son camarade près du feu de camp. Ce dernier devait être encore en train de ruminer devant les flammes, l'air sombre. Il avait toujours été trop tendre. Brigand n'était pas un métier où l'on pouvait se permettre d'avoir des remords. Lui s'en était vite accommodé. Demain ils prendraient la direction de Raiendal et le surlendemain, ils seraient riches. Il se débarrasserait ensuite de ce pleurnichard à la première occasion. Pour l'instant, il ne se sentait pas de protéger seul une si précieuse cargaison. Il n'était pas fin connaisseur en matière d'armes, mais le métal de celle qu'ils venaient de subtiliser était d'une qualité qui lui semblait venir d'un autre monde.

« À ton tour ! Pas moyen de ... »

Il s'arrêta, figé d'horreur par la vision qui s'offrait à ses yeux. Une ombre rougeâtre était en train de se répandre sous ses pieds, imprégnant lentement le blanc immaculé de la neige. Le brasier, éclaboussé, avait perdu en intensité. C'est par une flamme chancelante que l'être qui se tenait au-dessus du cadavre de son complice était éclairé, immobile, le visage couvert de sang. Il ne reconnut pas l'enfant à qui il avait pris un père quelques heures auparavant. Il devina cependant à sa taille qu'il était jeune, peut être âgé de douze ans tout au plus. Il avait toutes ses chances. Affichant un sourire qui se voulait carnassier, il se ressaisit et dégaina sa dague, commençant à faire le tour du feu sans quitter sa proie des yeux. Ce n'était qu'un gosse, se rassura-t-il, encore fébrile de ce qui devait être son premier meurtre. Une proie facile. Surtout pour lui qui n'en était plus à son coup d'essai.

Son adversaire redressa soudainement la tête, le fixant de son regard gris acier, le coupant une nouvelle fois dans son élan. Les flammes se mirent alors à crépiter sous l'effet de l'hémoglobine suintant des bûches. Au comble de la nervosité, il en échappa son arme. Il n'eut le temps que de cligner des yeux avant que l'enfant ne se trouve face à lui, le stupéfiant de rapidité. Il sentit le couteau se frayer un chemin dans ses intestins avant de les voir se répandre sur le sol.

*
*   *

Marten Reiner était un homme aguerri, à la tête d'une troupe de redoutables mercenaires à qui il devait chaque jour démontrer sa puissance pour espérer garder le commandement. Bien que primitif et brutal, ce mode de fonctionnement lui semblait légitime, lui qui avait grandi dans un monde fait de violence où seule la force pouvait prévaloir. Il avait mené un nombre incalculable de batailles, vu d’innombrables hommes croiser le fer, mais aucun n'égalait son jeune bras droit dans l'art de tuer. Il revit la scène, alors qu'il mettait un genoux à terre devant Harden de Dévéra, roi de Kaerdum. La lame noire s'était abattue en un éclair, faisant virevolter dans les airs la tête de l'impudent qui avait tenté de prendre par surprise le prince Adhémar. Les conflits n'avaient débuté que depuis quelques semaines à Cleverek et déjà ils s'étaient fait remarquer par le roi. Wulfhart avait encore une fois dépassé de loin toutes ses attentes.

Le mercenaire le vit approcher du coin de l’œil. Il se rappelait encore du jour où il avait trouvé le jeune alsdern errant sur les routes, enserrant ce monstrueux espadon qui était aujourd'hui devenu son signe distinctif. Il avait eu toutes les peines du monde à le capturer malgré le piteux état dans lequel il l'avait trouvé. Un animal blessé couvert d'un sang qui n'était pourtant pas le sien. Marten avait vu en l'arme que l'enfant chérissait un levier pour le faire plier. S'il voulait la récupérer, il devrait rejoindre ses rangs. Dans l'hypothèse inverse il serait vendu comme esclave et il récupérerait une somme rondelette de la vente de l'épée. Le vieux renard avait vu dans le jeune loup un digne successeur qui lui assurerait une paisible retraite, lui rendant des comptes lorsqu'il serait trop vieux et trop faible pour se faire respecter. Le temps lui donnait peu à peu raison. Alors que Wulfhart s'accroupissait à côté de lui, Marten remarqua son sourire en coin empreint d'une ironie à peine voilée. Pour lui tout ce protocole était parfaitement ridicule. Il s'était contenté de faire ce qu'il avait toujours fait. Savait-il qui il avait sauvé ? Rien n'était moins sûr.

« J'ai donc sous les yeux l'homme à qui je dois la survie de mon fils ? »

La voix de stentor du roi le ramena soudainement à la réalité. Il donna un léger coup de coude au jeune homme afin qu'il reprenne son sérieux. Le visage du roi ne donnait aucun indice quant à son humeur, augmentant sa nervosité.

« Comment dois-je vous nommer ? continua le roi.
- Wulfhart, répondit sobrement l'intéressé.
- Vous ne vous adressez pas à n'importe qui, un peu de respect, souffla un homme debout à la droite d'Harden.
- Mon aide de camp ne connaît pas toutes les règles de l'étiquette, haut-conseiller. Je vous prie de l'excuser, minauda Marten. »

Alors que les yeux de tous se tournaient vers le monarque, ce dernier se contenta de faire danser ses doigts sur les accoudoirs de son trône massif.

« Tout être ne connaît pas les us et coutumes de la cour, trancha finalement le souverain après un ostensible claquement de langue. Nul grief ne lui sera porté. »

Un silence pesant retomba sous la tente royale. L'homme à la couronne savourait visiblement d'imposer son rythme à l'échange. Marten, lui, ne tenait plus en place.

« La bravoure dont vous avez fait preuve mérite compensation. Que souhaitez-vous ? Demandez ...
- Eh bien, votre majesté, ce serait un immense honneur pour nous que d'intégrer votre armée régulière, implora Marten, main sur le cœur.
- Votre aide de camp est en mesure de répondre de lui-même, coupa le roi. Dites moi, de vive voix, ce que vous désirez. Si votre demande est réalisable, votre souhait sera exaucé. »

Le souverain posait à présent ses mires polaires sur Wulfhart qui, bien que se sachant surveillé, ne pouvait s'empêcher de soutenir son regard.

« Je me range à l'avis de mon supérieur sire. Il sait sans doute mieux que moi ce qui profitera à la troupe toute entière.
- Bien. Alors vous intégrerez l'armée régulière après avoir passé les tests obligatoires. Vous pouvez disposer. »

Le roi fit un geste de la main pour signifier au haut-conseiller Adalbéron qu'il pouvait raccompagner les deux mercenaires. Marten quitta la tente à reculons, suivi de Wulfhart, visiblement contrarié.

« Qu'y a-t-il encore ? demanda le mercenaire, ne dissimulant plus son agacement.
- Je ne sais pas quoi penser de tout cela … Être au service du roi … J'aimais notre liberté.
- C'est dans notre intérêt à tous. Tu t'y feras, crois moi. »

*
*   *

La jeune lyrienne savait que lorsqu'elle essayait de lutter, cela ne faisait qu'empirer les choses. Il fallait que les rires gras de l'assemblée se tarissent, que l'homme qui versait de la bière sur sa tête ait fini de prouver à tous sa supériorité. Une façon que ces porcs avaient trouvé de se réapproprier un semblant de virilité après avoir souillé plusieurs fois leurs chausses durant la précédente bataille. Tandis que le houblon ruisselait sur son front elle s'efforça de ravaler sa fierté, s'intimant l'ordre de ne pas réagir. Les poings fermés sur des phalanges blanchies, son cœur s'emballait dans sa poitrine, protestait de son inaction, quand soudain un bruit sourd annonça la fin de son calvaire. Lorsqu'elle redressa la tête, son tortionnaire gisait au sol, le nez et les lèvres en sang. Un sourire fugace s'apprêtait à poindre sur ses lèvres quand elle réalisa qu'à côté d'elle se dressait maintenant un autre homme. Sa stature ne laissait que peu de mystère quant à son origine. Lorsqu'elle sonda le regard de l'alsdern, elle fut surprise de le voir détourner les yeux.

« T'es un homme mort ! tonna le soudard vreën, toujours à terre. »

La vision avait quelque chose de pathétique, mais il n'y avait rien de plus dangereux qu'un homme s'accrochant aux lambeaux de sa dignité. Avant qu'il ne puisse esquisser le moindre geste, deux de ses camarades vinrent à lui, autant pour l'aider à se relever que pour l'empêcher de se ridiculiser davantage.

« Tais-toi Ervin, murmura le premier.
- Marten le défendra comme toujours, renchérit le second.
- Comme si ça changeait quoi que ce soit, pesta de nouveau l'homme, cette fois avec un peu moins de conviction dans la voix. On finira ça ailleurs, Wulfhart. »

Ervin ne tarda pas à tituber jusqu'à la sortie, flanqué de ses comparses. Entre temps le nouvel arrivant, peu réceptif aux menaces, avait pris place à une table vidée depuis peu, cherchant du regard une choppe encore pleine. La jeune femme lui en apporta une, le seul témoignage de gratitude qu'il obtiendrait d'elle.

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Marisa était restée accroupie au centre de la tente, les mains délicatement posées sur son ventre. Elle ne s'était pas attendu à ce qu'il renonce aussi facilement à son grade de commandant et à la seule vie qu'il ait jamais connu pour la suivre, elle. Elle et l'être qu'elle portait en son sein. Il n'avait pu cacher son trouble à l'annonce de la nouvelle, mais il avait finalement décidé d'annoncer son départ au prince le soir même. Il l'avait laissée seule, entourée des bruits de la vie nocturne du camp, en proie à la joie mais aussi au doute. Se satisferait-il d'une vie simple à ses côtés ? En temps normal elle ne se serait jamais posée cette question. Elle était sûre d'elle et de ce qu'elle valait, mais Wulfhart revêtait une importance particulière à ses yeux. Bien qu'il la traitait comme son égale, lui reconnaissant une force qu'il n'aurait probablement jamais, elle se sentait reconnaissante qu'il la garde à ses côtés. Elle avait toujours été livrée à elle-même par le passé, faisant face aux difficultés sans que personne ne se soucie de son sort. Eut-elle faibli un instant, elle serait allée rejoindre les rangs de ces destins tragiques mais anonymes que les gens balayent d'un revers de la main. Des caniveaux d'Altar, elle avait lutté par elle-même pour se retrouver dans la position de domestique en Kaerdum. Une situation enviable pour une femme de son rang, quoique peu valorisante. Elle ne s'était jamais autorisée à s'ouvrir à quelqu'un comme elle l'avait fait avec l'alsdern. Leur union s'était concrétisée comme une évidence et depuis elle l'avait suivi, pansant ses plaies bataille après bataille jusqu'à ce que la campagne de Cleverek touche enfin à sa fin. Aucun mot n'avait été échangé sur la nature de leur relation, ils savaient seulement que l'un ne pouvait dorénavant plus vivre sans l'autre.

Plongée dans ses pensées elle ne remarqua pas les trois intrus. Elle ne vit pas l'hésitation dans leur regard lorsqu'ils réalisèrent l'absence de leur cible, pas plus que la sombre résolution lorsqu'ils comprirent qu'à sa place se trouvait un témoin gênant. Lorsque la dague se fraya un chemin jusqu'à son cœur, Marisa n'eut pas le temps de réaliser ce qu'il se passait. Elle imagina dans un dernier soupir le sourire que son enfant aurait hérité de l'homme qu'elle aimait.

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Prostré dans la neige, Fahim demanda à l'alsdern d'approcher le pendentif de son visage. Voir les reflets du soleil danser au cœur du rubis l'apaisait. Il trouva la force de parler à nouveau.

"Prends ce talisman avec toi, commandant … Au moins une partie de moi continuera de voyager à tes côtés … Si tu le peux, rapporte-le à mon clan. Je n'ai jamais été très croyant de mon vivant … Mais tu sais ce qu'on dit, la mort finit de convertir même les plus sceptiques …"

Le sharda commença à rire, mais une toux incontrôlable le stoppa dans son élan. Le silence s'installa de nouveau, uniquement perturbé par les plaintes sporadiques d'autres mourants, plus loin le long de la crête enneigée. Les vivants, eux, ne parlaient pas, ne parlaient plus. Ils regardaient, vides de toute émotion, l'océan blanc qui s'étendait devant eux à perte de vue.

"- Arrête de t'agiter tu veux, finit par grommeler Wulfhart, portant une flasque aux lèvres de son ami.
- À vos ordres, commandant ..."

Fahim voyait que l'alsdern s'obligeait à ne pas détourner les yeux, comme pour graver ce moment à jamais dans sa mémoire, endossant la pleine responsabilité de cette débâcle. Le sharda n'avait pourtant aucun reproche à lui adresser. Il avait suivi Wulfhart de son plein gré, et il était certain que si plus d'hommes avaient eu l'autorisation de les accompagner, ils l'auraient fait sans hésiter. Marten avait accepté avec réticence de voir partir quelques uns de ses meilleurs hommes dans ce qu'il disait être une mission suicide. Le vieux mercenaire espérait que l'expédition permette à son bras droit d'aller de l'avant et d'oublier sa lyrienne, l'exécution brutale d'Ervin et de ses complices n'ayant su atténuer sa douleur.

Devant la mine sombre de son ami, le guerrier d'Al'Akhab se força à garder le sourire. La situation était déjà assez désespérée sans qu'il en rajoute. Il remarqua que le commandant serrait sa main pour le réconforter, sa main aux doigts noircis. Depuis quand la tenait-il ? Il n'en savait rien. Il ne sentait déjà plus rien au delà de ses épaules.

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Marten ne pensait pas revoir un jour le visage de son second. Pourtant quand on lui avait annoncé que seuls quelques survivants étaient revenus de l'expédition pour Azzura, il n'avait pas douté un instant qu'il en fasse partie. Il l'avait fait monter dans ses appartements dès son arrivée pour le voir de ses propres yeux. Il le regardait à présent, vautré sur un fauteuil luxueux comme sur la chaise d'une taverne miteuse, habillé tel un prince, le visage encore marqué par les conditions extrêmes de son voyage. Le chandelier posé sur la table face à lui l'illuminait, le glorifiait parmi les ténèbres qui nimbaient la pièce. Il passa de longues heures à scruter Wulfhart tandis que ce dernier se perdait dans la contemplation des flammes s'agitant dans l'âtre. Qu'y voyait-il ? Quelle scène était-il en train de revivre ?

Alors que les premières lueurs de l'aube commençaient à poindre à l'horizon, les hommes qui les avaient rejoint dans la soirée les quittèrent un à un, n'aspirant qu'à retrouver le confort de leur couche après une nuit de réjouissances et d'ivresse. Marten échangea un bref regard avec les quatre hommes restés tapis au fond de la pièce. Il les vit se rapprocher de l'alsdern, n'attendant qu'un signe de sa part. L'heure était venue.

« Ervin … Il agissait sous mes ordres, annonça-t-il calmement. »

Il observa avec délectation l'incompréhension qu'il venait de susciter dans le regard du jeune homme. C'était au vieux mercenaire qu'aurait dû revenir l'honneur de devenir commandant. L'alsdern n'avait fait que foncer dans le tas, profitant de ses décisions avisées et faisant tomber les têtes qu'on lui désignait. Comble de l'ironie, Marten avait fini par être placé sous ses ordres comme lieutenant. Maintenant la majorité de la troupe obéissait aveuglément au valeureux commandant. L'hiver éternel d'Azzura n'avait pas voulu le prendre. Le lieutenant n'avait plus d'autre recours que d'organiser une mutinerie au sein de sa propre troupe.

Avant que la stupeur ne puisse laisser place à la colère, une dague vint se planter dans le flan gauche de l'asdern. Ce dernier chuta lourdement à terre, se protégeant de ses avant-bras comme il le pouvait alors que les lames commençaient à pleuvoir. Le combat, loin de s'achever, redoubla toutefois en intensité à la surprise de Marten. Ses complices furent repoussés les uns après les autres, l'un d'eux un couteau enfoncé sous la mâchoire.

Il vit le colosse se redresser en s'appuyant contre la table, recouvert de plaies béantes, décidé une nouvelle fois à se soustraire à la mort. Marten tenta à son tour de dégainer son arme avant d'être saisi au cou puis traîné parmi les restes du banquet. Les coups qu'il assenait ne semblaient pas atteindre la colère froide qu'il lisait dans le regard d'acier. La vie le quittait inexorablement alors qu'il entendait les craquements de sa trachée, confondus à ceux de sa colonne vertébrale. Alors que sa vue s'embrumait, il vit l'un de ses hommes quitter la pièce en toute hâte. Dans un dernier sursaut il parvint à griffer l'alsdern au menton avant de mourir.

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Pendant des mois, enfermé dans les geôles d'Azzura, Wulfhart avait lentement fait le deuil de ses camarades tombés durant l'expédition. Il s'était accroché à l'espoir de retrouver Marten et le reste de la troupe, à l'espoir de retrouver un semblant de normalité. Aujourd'hui cet espoir avait été réduit à néant. Il l'avait tué. Il contempla ses mains caleuses, réalisant peu à peu les implications de son geste. Ses blessures, bien qu'encore ouvertes, ne saignaient déjà plus. Il adressa un dernier regard aux yeux exorbités de son mentor d'hier avant de se saisir de l'espadon qui reposait dans un coin de la pièce. Il savait pertinemment comment cela allait finir. De nombreux nobles se frotteront les mains à la nouvelle de ce meurtre fratricide et il ne tarderait pas à être jugé en cour martiale. Il devait fuir la capitale avant d'obliger le prince à se compromettre davantage pour lui. Il sortit de la pièce en trombe et dévala les escaliers en pierre de taille pour aboutir dans une petite cour intérieure. De là il rejoignit les écuries où il s'empara d'un cheval. Alors qu'il venait de passer les portes il entendit les cors résonner derrière lui.


Ambitions & Desseins


Hanté par le souvenir des morts et des vivants, Wulfhart se retrouve à nouveau seul. Dans sa fuite de Raiendal, il fit la rencontre de gens dont la vie fut bouleversée par le retour de la magie. Il considère cette dernière comme une anomalie, et se juge responsable de son retour au même titre que les autres chevaliers de la prophétie. Il s'efforce aujourd'hui de détruire les sources malveillantes de magie là où ses pas le mènent.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui.
Moultipass : Validé par Harden


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◈ Missives : 2136

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Jeu 18 Mai 2017 - 15:08

Re Wulfy !

Ben alors, où qu'il est Sang-de-Boeuf ? :p
On le mentionnera in RP hein ^^.

Cette fiche est un vrai cimetière xD... C'est la dépression haha ! Fahim et Dain, snif...

Bref. Re bienvenue ici ! Tu sais quoi faire (journal, demande de rp etou etou).