Azzura

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Aslak Grimsson ~ Conteur itinérant & explorateur

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◈ Missives : 2

◈ Âge du Personnage : 27
◈ Alignement : Neutre
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsderns
◈ Origine : Satvar, Alsvard
◈ Localisation sur Rëa : Seregon
◈ Magie : Magie arcanique ~ Déformation métallurgique
◈ Fiche personnage : Il est passé par ici...

Héros
Aslak Grimsson

◈ Mar 20 Juin 2017 - 20:59

◈ Prénom :  Aslak
◈ Nom : Grimsson
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 27 ans
◈ Date de naissance : Né le septième jour d’Eldra, an 63 de l’ère des Rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsderns
◈ Origine : Satvar / Alsvard
◈ Alignement : Neutre
◈ Métier : Conteur itinérant & explorateur


Magie


Magie arcanique – Déformation métallurgique :

La vague primaire effleura Aslak telle une brise ancrée intrinsèquement, qui souffle avec une légèreté sans nom, éthérée, insaisissable, illusoire ? Un songe éveillé, auquel l’esprit conscient ne sut comment s’accrocher, mais que le corps mémorisa, comme toute inscription sensorielle, au plus profond de ses chairs…

La déferlante qui survint en second lieu happa le cœur de l’Alsdern à l’image d’une tornade de sensations… indistinctes, mais puissantes, tumultueuses et pourtant bienveillantes. Initialement effrayée, l’angoisse chut dans ses propres limbes afin de laisser place à un abandon total et confiant de la part d’Aslak.

Complexe phénomène à relater, seules des brides demeurent en l’état. Une réminiscence à la fois corporelle et psychique, le souvenir d’un alliage sans aspérités entre les moindres parcelles de son corps et de sa psyché…

Une sensation diluée au contact de son doigt sur la lame de sa dague, suspendue à un pouce de sa barbe fraîchement taillée, comme si le métal glissait sous son épiderme, fluide, liquide… Non, sans doute un tour de l’esprit mal éveillé ! Aslak baissa un regard surpris sur une lame pliée, désormais obsolète. Il fixa l’objet altéré un moment, dépourvu de réponses rationnelles, puis, son rythme cardiaque s’emballa à la pensée d’une hypothétique résurgence de la magie, seul phénomène susceptible de plaidoyer en faveur de ses sens et de sa santé psychique… Odrim avait évoqué tant d’histoires oubliées à ce propos, de fables et de mythes… Et…  pourquoi pas ?  

Une foule d’images se bousculèrent alors aux rives de son esprit, des souvenirs, des histoires, les liens s’établir par dizaines, sans certitudes que sa conscience seule en soit responsable. Quelque chose de plus profond participait à ce flux de pensées, projetant des détails visuels dont Aslak ne pouvait pas se souvenir, qui ne lui appartenaient pas l’instant précédent… Azzura, l’ancienne cité… des ailes immenses, déployées au dessus des plaines de Rëa… les flux iridescents de l’éther en plein déploiement… la dague heurta la terre avec un bruit mat, tandis que l’alsdern se prit la tête dans les mains, tout cela tournait trop vite, son esprit semblait opérer des connexions inhabituelles, trop instables, épuisantes… Aslak sombra, inconscient.

Le nordique reprit connaissance au crépuscule, sa jument soufflant un air chaud et rassurant contre la nuque de son maître. Quelque peu éperdu, ce dernier opta finalement pour le « on verra bien », au sujet de ce qui venait de se produire.

Les jours et semaines passant, il constata qu’une affinité tactile se développait au contact de différents métaux, mais nul autre élément de son environnement. Les métaux bruts, de moindre qualité en terme de résistance, tel le bronze, pliaient parfois aisément sous ses doigts, il arrivait à moduler leur arête, courbant une ligne droite, donnant une forme à peu près semblable à une idée… Par contre, les matières plus nobles ou les alliages, plus complexes dans leur composition, demeuraient généralement inertes entre ses mains.

Il arrive néanmoins qu’il réalise des exploits, lors de crises émotionnelles fortes, positives ou négatives… Exploits peu glorieux, car totalement incontrôlables. En ces instants, Aslak ressent une connexion intense avec la moindre particule environnante, de quelconque nature qu'elle soit, il se sent relié à tout, et la sensation en elle-même suffit à le faire sombrer dans les limbes d’un évanouissement prolongé.



Compétences, forces & faiblesses



Forces :

La sensibilité tant physique qu’émotionnelle du jeune homme constitue une richesse et une ressource importantes. Elle lui offre la possibilité de percevoir le monde en haute définition, d’une certaine manière… Simples peuvent être ses plaisirs, un fruit sucré, un chant d’oiseau, une image aux détails multiples, des textures agréables… tout ce peu de choses qui savent donner lieu à une explosion sensorielle.

D’un point de vue relationnel cette sensibilité lui permet également de comprendre davantage le ressenti d’autrui, même s'il ne sait pas toujours comment manier ces informations qu’il perçoit.

La curiosité fait également partie des choses essentielles à son élan vital et motivationnel. Une grande capacité à l’étonnement, un besoin irrépressible de comprendre, découvrir, évoluer, … redéfinir, désapprendre, réapprendre…

Cette singularité le pousse ainsi dans des sphères tantôt intellectuelles, tantôt aventurières, parfois mystiques. Au contact d’Odrim, le jeune homme a beaucoup appris du ciel et de ses repères, fasciné par ce visuel étincelant et l’inaccessibilité des cieux.  

Comme la plupart des Nordiques, la constitution d’Aslak lui octroie une certaine puissance musculaire, et une bonne endurance, notamment grâce à leur formation martiale, mais aussi le labeur quotidien d’une vie de village, qui plus est dans un climat assez rude.

En parlant de formation martiale, bien que moyennement friand de combat, Aslak manie très aisément l’épée à une main, son arme privilégiée. Par ailleurs, même si les bagarres et rixes de comptoir ne sont pas dans son style, Odrim lui a enseigné pas mal de tours pour la lutte à mains nues. À ce propos, le nain avait un credo simple : « Il est toujours utile de savoir utiliser la seule chose qu’on a sous la main, quand on n'a rien sous la main ! »

La chasse faisant partie des corvées de son enfance, il a appris très tôt à chasser le petit gibier à l’aide d’une fronde, avec laquelle il est resté particulièrement habile. Il garde de cette activité quelques notions de pisteur, bien utiles  en voyage.

La pêche étant aussi inhérente aux activités de son peuple, il possède encore quelques connaissances de la navigation et de l’importance des éléments climatiques sur cette dernière. Suite à son séjour au bord d'un navire marchand, comme matelot, il a pu développer ses rudiments de navigation, et s'y connaît aujourd'hui relativement bien.

La capacité d’adaptation est un de ses atouts les plus précieux. Elle s’est développée essentiellement grâce à sa façon de percevoir le monde et son caractère imprévisible. Plutôt que juger être en position de faiblesse car il ne contrôle pas tous les éléments d’une situation, Aslak estime que chaque seconde de hasard peut créer une suite d’événements en sa faveur, même lorsqu’il se retrouve acculé.

Faiblesses :

La sensibilité citée plus haut est évidemment à double tranchant. Les débordements émotionnels et sensoriels, qu’ils soient bénéfiques ou non, peuvent rendre Aslak instable. À vif, il agit alors sous impulsion, prend les choses trop à cœur, et s’abîme de l’intérieur… Il a ainsi développé une certaine aptitude à se fermer, émotionnellement. L’instinct prend alors le dessus, parfois très inconsciemment, et l’homme devient distant, parfois indifférent, froid.

L’aptitude à la remise en question, bien que souvent salutaire, peut également s’avérer un sport extrême. À force de se réévaluer constamment, Aslak se sent parfois flou, comme le monde qui l’entoure, sujet à l’impermanence. Il doute alors grandement de ses capacités et du sens qu’il donne aux choses en général…

De cette propension à s’effacer soi-même, naît un grand besoin de stabilité et de consistance. Un besoin de reconnaissance, en soi, à l’égard de l’individu qu’il est, dans la façon dont il peut être perçu, jugé, critiqué… Besoin qu’il masque parfois dans la légèreté, l’humour ou l’indifférence.

Le relativisme extrême qu’il peut adopter le place parfois dans des situations délicates. Avec des « on verra bien », il arrive de tout et pas toujours que du bon. Sur le plan relationnel, il n’est d’ailleurs pas toujours adéquat, car trop spontané, brut, dans son propos ou l’expression de sa pensée.

Parfois, le soir tombé, le trop-plein de pensées envahit son esprit. Lorsqu'il s'avère incapable de réguler ce flot, il passe des nuits agitées, voire blanches. Ses insomnies l'affaiblissent donc fortement certains jours.

Connaissances diverses ~

On peut parler de rudiments historiques disparates, suite à ses voyages et les recherches menées en différents lieux de passage où il demeura quelques temps.

S’y mêlent divers savoirs sur la faune et la flore environnantes, ainsi que des notions culturelles variées (coutumes, religions, ect.) voire des arts martiaux spécifiques.

Il recueille de-ci de-là des informations sur tout élément susceptible de le fasciner, ou éveiller sa curiosité. Cela ne peut s’apparenter à des compétences solides, mais demeure un bagage hétéroclite intéressant, et parfois pragmatique.

Par ailleurs, son goût pour les histoires et ses longues soirées passées en compagnie d'Odrim, lui ont permis de développer certaines capacités d'éloquence et de conteur. Aptitude qu'il exploite avant tout par plaisir, et ensuite pour gagner son pain et celui de sa jument.



Physique


L’apparence d’Aslak se décline, de prime abord, sous des caractéristiques assez typiques de ses origines. Une stature forte, détaillée d’une musculature forgée par les arts martiaux Alsderns, et relativement imposante. L’homme se dresse à un peu plus de 5 pieds de haut (1m88), entêté d’un faciès au regard clair, teinté d’un bleu-vert espiègle qui adoucit des traits un peu bruts. Une tignasse ambrée comme le blé mûr recouvre son chef de quelques pouces de long à peine, et vient, plus bas, cercler bouche et menton.

L’allure apparemment guerrière d’un premier regard s’étiole rapidement, l’œil étranger perçoit alors une fatigue creusée sous le regard posé du jeune homme. Une certaine finesse se profile sur un corps qui s’avère plus souple qu’on ne pourrait l’imaginer. Aslak ne pèse pas lourd, malgré ses muscles et sa taille, comme si une énergie invisible dévorait la moindre parcelle de consistance (l’esprit éveillé consomme parfois davantage que le plus grand effort physique).

L’ensemble est paré d’une tenue sobre et pratique, appropriée aux voyages, comme aux imprévus. Il possède une chemise de lin beige, surmontée d’une tunique sans manches brune, en cuir. Harnaché par-dessus, un baudrier porte dans son dos une épée bâtarde. Un simple ceinturon tient des brailles de cuir, brunes également, enfournées dans de hautes bottes noires.

En résumé, on pourrait dire d’Aslak qu’il ressemble à un voyageur un peu bourru, pas spécialement effrayant, malgré un côté énigmatique. On ne lit pas toujours quelque chose de très précis dans ses traits, tantôt bonhommes et malicieux, tantôt taciturnes ou indifférents.



Caractère



La psyché d’Aslak n’est guère évidente à traduire, un peu comme toute abstraction humaine (ou vivante, en soi). Les méandres psychiques passent en tours et détours, tantôt fluides, tantôt plus abrupts, souvent nuancés et complexes… toujours contextuels. Pour dégager une ligne plus « nette » avec toute la relativité possible que cela comporte malgré tout, on notera chez le Nordique la présence d’une propension au questionnement et à l’étonnement.

Peu à l’instar de ses pairs, très jeune, Aslak s’est détourné des sphères habituelles qui lui étaient dédiées. Davantage résigné à s’y soumettre par « facilité » que réellement attiré par les armes, démonstrations physiques, ou toute autre activité qui ne nourrit pas pleinement son désir de découverte. Bien que courageux, et volontaire, car il aida dès qu’il put son père aux travaux quotidiens, aussi pénibles et endurants ceux-là pouvaient-ils être.

Une grande lucidité naturelle s’est arrimée aux rives de son cœur et son esprit avant même sa naissance. Tiraillé par des sens trop en éveil, affûtés telles des lames sur lesquelles sa chair et sa pensée se blessent encore bien souvent, Aslak porte une sensibilité peu adéquate au mode de vie qui lui était prescrit. Trop emporté, à vif, blessé aisément par la critique ou la simple taquinerie, la sensation de décalage, l’absence de compréhension de soi… un abîme s’est creusé en lui très tôt, malgré l’attention particulière de sa famille.

Cette béance, le jeune Alsdern la combla, en partie, grâce à cette même sensibilité exacerbée, qui lui offrait nombreuses opportunités d’étonnement et de fascination à l’égard du monde et des vivants qui le composaient. Aujourd’hui encore, elle demeure un moteur essentiel, vital.

Tout cela fait de lui un être quelque peu distrait, attiré par de multiples stimuli. Parfois posé, car déconnecté par ce qui a capté son attention, parfois emporté et saturé de dynamisme car trop sollicité par ses sens et ses envies. Il peut aussi s’avérer froid et indifférent, car muré derrière ses défenses. En effet, les trop-pleins émotionnels ont tendance à impacter parfois durement son être, et devenir ingérables s’il ne s’isole pas de sa propre personne…

Alignement : Neutre ~

Aslak a développé au long de son enfance et de ses voyages par la suite, un équilibre philosophique assez simple. Conscient du caractère imprévisible et impermanent de toute chose, des flux tantôt stables, tantôt impétueux de la vie sous toutes ses formes, de la nécessité des paradoxes et des contraires, sans lesquels l’un et l’autre ne pourrait exister, il porte un regard ouvert et malléable sur le monde.

Sa philosophie relationnelle peut se traduire par une forme de « compréhension à autrui », élan subjectif nécessaire à toute relation à ses yeux. Cette compréhension signifie la reconnaissance de l’autre dans sa singularité et sa globalité, comme être possédant un vécu et un cheminement qui le façonne constamment. Pour Aslak, nul n’a raison ou tort, chacun, cependant, possède des raisons de faire, penser, croire, réagir,… qui lui sont propres et n’ont pas à être jugées sur des critères normatifs qui annihilent toute singularité.

Par conséquent, son caractère n’est pas de l’ordre du prévisible en termes cloisonnés, « bien », « mal », « honorable », … tout est susceptible de remise en question à ses yeux, et souvent, il préférera suivre son instinct et son ressenti, attitude qui possède au moins le mérite d’être en cohérence avec soi-même.  
     


Inventaire


Vêtements : 3 tenues composent l’essentiel de son vestiaire. 2 pour les voyages, chacune adaptée à un climat différent (chaud & froid), et une troisième plus « habillée » au besoin, ainsi qu’une cape de voyage avec capuchon et deux paires de bottes.

Armement : Un baudrier avec une épée bâtarde, forgée par son oncle, une dague et une fronde.

Richesses : une bourse emplie de quelques monnaies, dont la quantité varie selon la qualité de ses prestations ou des menus travaux exécutés en chemin. Bien qu’en général, il privilégiera l’échange de denrées alimentaires pour lui et son cheval avant quelconque argent.

Ressources : une gourde et quelques rations alimentaires, selon ses finances. Il possède en permanence une réserve d’avoine pour sa jument, achat prioritaire à ses propres besoins personnels.

Compagnie : une jument alezane, dénommée « Calyst ».


Histoire


Genèse ~

Une déchirure… processus barbare mais inéluctable de défusion entre les chaires mères protectrices et son nourrisson. Oh, c’est bateau vous savez, toutes les vies humaines commencent ainsi, enfin, si dans une vision globale cela paraît banal, singulièrement parlant…

Aslak braillait à la mort, et ne s’agit-il pas, au fond, que de cela ? La naissance est une forme de mort, le trépas d’une entité à la fois unique et double, la déchirure originelle, source d’une béance profonde dont l’entière vie se fera objet de combler.
Bon, présenté sous cet angle, cela semble un peu cru et dramatique, mais il faut bien aux êtres un élan de vie qui puise source en quelques profondeurs charnelles.
Assailli par des vagues de perceptions intrusives, l’enfant fut meurtri dans ses chairs à la sortie du nid douillet qu’était le ventre de sa mère… et cet enfant-là, doté d’une hypersensibilité, ne fut pas le plus gâté en cet instant crucial.

Voilà une base aux suites de l’histoire, mais contextualisons un brin avant d’aller outre-récit sans fondement.

Nous sommes au mois d’eldra, il y’a 27 ans, en Alsvard, contrée glacée du nord. Un petit village dresse fièrement ses masures en haut d’une colline, située aux abords d’une forêt dense et de la mer. La nuit se profile, dégorgeant ses ombres entre les rues étroites, sondant le moindre recoin de lumière encore présent. Les échos de la vie crépusculaire s’éveillent, mais le record de tapage nocturne, ce soir, c’est en la demeure de Grim Ildarson qu’il prend pied. Fermier et guerrier du village, ce dernier veille Silde, sa délicieuse épouse aux traits actuellement déformés par la douleur et l’effort d’un accouchement. La sage-femme qui procède à l’opération, après quelques pénibles heures (pas pour elle, notez), extirpe enfin le braillard de la tête aux pieds (oui, parce qu’il beuglait déjà à peine le fief dehors).

Après un temps vraisemblablement trop long pour la plupart des voisins alentour, le blondinet consenti enfin à sombrer dans les bras de Morphée, au creux de ceux de sa génitrice. Guérisseuse (aux connaissances en herboristerie particulièrement poussées), la mère dut recourir à quelques plantes sédatives, dont l’inhalation calma le bébé anormalement  bruyant et presque devenu bleu à force de s’égosiller.


Chapitre I  ~  Enfance & Déshérence

Le flux du temps égrena sa semence, et les floraisons passèrent, certaines s’épanouirent en toute sérénité, d’autres moins, aléas coutumiers des cycles de vie… Aslak grandit, sous l’œil parfois intrigué de son entourage, mais toujours attentionné. Petit garçon vif d’esprit, il manifestait un étonnement et une curiosité particulière à l’égard du monde. La vie, assez rude en ces contrées, compensa partiellement sa sensibilité accrue, forgeant son corps, usant son émotivité. Certes, il ne possédait pas l’âme guerrière, ni le tempérament classique des Nordiques, malgré une allure solide. Mais les valeurs humaines prévalent, et la famille comme les enfants du village, s’ajustèrent pour lui laisser une place comme tout un chacun.

Petit, il trouva accueil et complicité chez son cousin, fils du forgeron du village, et quelques jeunes qui, rapidement, décelèrent chez lui une finesse et une agilité d’esprit susceptibles de les sortir aisément des mauvais coups dans lesquels les gosses vont toujours se fourrer. L’intérêt se mua vite en respect et camaraderie partagée.  

Pendant cette période de relative insouciance, Aslak  connu, trop tôt à son goût, le premier incident notable de sa vie d’enfant. À peine âgé de 6 ans, il perdit sa mère dans des circonstances somme toute banales. Cette dernière revenait à la maison, lorsqu’un cheval de trait, emballé, fit quelques pas de côté, rua furieusement et heurta la tempe de la jeune femme d’un coup de sabot. Les heures qui suivirent furent pénibles. Alitée, mais consciente, tous ignoraient comment soigner le mal étrange dont elle souffrait. En ces temps et lieux reculés, on ignorait encore la manière d’endiguer une commotion cérébrale sévère. La mère d’Aslak savait venir sa fin, à défaut d’y remédier, elle pouvait aisément lire les symptômes de la mort, qui brouillaient sa vision, altéraient sa mémoire, et versaient le sang par ses narines…



…Explosion, implosion, déchirure… à nouveau. Un cataclysme émotionnel déferla dans l’esprit et le corps de l’enfant. Trop lucide pour saisir la perte et ses multiples contours, trop à vif pour recouvrir suffisamment la moindre parcelle exposée à la douleur et au sentiment de vide… Vide qui creuse les chairs, meurtrit les âmes…
… Fin. Une mort pour en combler une autre, condamné, fermé, reclus à l’intérieur de lui-même, Aslak se figea dans les méandres obombrés de son cœur abîmé.

Un an, un cycle de vie passa avant que ne pointe l’étincelle qui raviva le cœur de l’enfant. Jusqu’alors pantin sans regard, malgré la protection, l’entourage permanent d’un père aimant désœuvré face à une réaction, à ses yeux, si extrême,… l’attention, la considération et l’amour inconditionnel de ce dernier portèrent leurs fruits après une longue et triste année. Aidé par un de ses neveux, Grim put jongler entre son enfant et les nécessaires travaux de la terre. Il fut généreusement exempté de sorties en mer pendant cette année, par le chef de son village, compatissant.


Chapitre II  ~  Renaissance & Rencontre

Vers la fin de sa septième année, le jeune garçon reprit peu à peu goût à la vie. Ou, plus précisément, s’y autorisa à nouveau… Le processus cicatriciel s’acheva, bien qu’une douleur latente demeurât, empreinte charnelle irréversible. Depuis quelques semaines, il œuvrait à la réappropriation se son univers et de son existence. Il ouvra en première instance son corps aux stimuli, sortant enfin de la maison pour la première fois depuis des lunes.
Le vent, l’âpre cisaille de l’hiver sur ces joues, la dureté d’un sol froid… Les bruits alentour, cris, rires, simples conversations, l’odeur d’un chien qui filait dans la rue, le parfum d’un plat rôti dans la masure à côté… Aslak se sentit d’abord submergé, méfiant il dressa des barrières mentales, recula, puis heurtant quelque chose, il tomba à genoux. Sa main écorcha un caillou effilé, le sang perla…

Soudain, les larmes se déversèrent en torrent, mais nulle douleur n’en était la cause. Il étouffa un rire entre deux sanglots, se sentir vivant faisait mal, mais aussi tellement de bien… Trop jeune pour conceptualiser ce qui lui arrivait, tout son être s’exprimait en un flux d’émotions et réactions physiques exacerbées. Puis, deux mains énormes le soulevèrent de terre et le portèrent à lui. Dans les broussailles brunes et grisâtres qui s’enchevêtraient, il décela un sourire éclatant… un sourire que son père ne lui avait plus asséné depuis la mort de Silde.

La vie reprit un cours étonnamment agréable. Tel le papillon qui sort de son cocon après un long moment de maturation, Aslak débordait d’une joie déstabilisante. Sa curiosité avait regagné le dessus et l’élan vital qu’il l’accompagnait redoubla d'intensité... seconde naissance.

Par ailleurs, un événement particulier vint moucher l’esprit curieux et aventureux du jeune Nordique. Le retour d’un temps plus clément signifiait, cette année, la venue d’un marchand nain, bien connu du village. Tous les 2 ou 3 ans, l’homme passait vendre quelques denrées convoitées par les habitants. C’était la première fois qu’Aslak en entendait parler, et il n’eut pas le temps d’entendre davantage qu’il filait déjà au-devant…


~O~

Aslak poussa la lourde porte de la taverne, appuyant tout son poids contre cette dernière avant de se glisser au chaud. L’ambiance y était conviviale, et l’atmosphère relativement douillette comparée à la bise extérieure, bien que l’air saturé exhalât relents de sueur, de tabac et d’alcool. Le jeune garçonnet fronça les narines un instant, tandis que son regard détailla de façon circulaire la gargote. Le bleu-vert de ses yeux accrocha quelques pieds plus loin, dans un recoin de la vaste salle, attablée, une personne de petite taille sirotait une pinte. Aslak se fraya un chemin entre les tables, et une fois arrivé, posa son derrière sur un tabouret, face au nain. Celui-ci ne prêta pas attention à lui de suite, achevant son godet dont les bords se noyaient dans une broussaille noire et sel. Quand il reposa sa chope, une paire de petits yeux d’un bleu perçant traversa Aslak de part en part. Enfin, c’est ainsi qu’il ressentit la chose, mais il ne cilla pas, trop curieux, trop impatient, il continua de fixer l’individu.

« T’as jamais vu d’nain gamin ? »

Abrupte, la question tomba nette, sans pour autant se vouloir agressive. Le nain se passa une main aux doigts larges dans la barbe, tandis qu’Aslak rétorqua.

« Elle est pas possible ta question ! Puisque t’es devant moi, ça n’avait déjà plus de sens avant que tu me le demande. »

Son vis-à-vis resta interdit deux secondes. Puis, lentement, la bouche du nain forma alors un "o", bien rond, avant qu’il parte soudainement d’un grand rire.  

« Hahahaha ! S’pas bête ce que tu dis là, t’as l’air d’un petit futé… Ou un petit qui se moque, mais là, tu vas vite trouver moins drôle d’être venu me voir ! »

Comme le dernier ajout contrastait par le fond, avec une forme et un ton sympathiques, Aslak se détendit rapidement et prit la parole, pour se présenter, dans un premier temps et ensuite, noyer le nain de questions diverses sur ses origines, le monde hors du village, les autres peuples… la magie…

Odrim, ainsi nommé, était un ancien guerrier nain, devenu marchand suite à une blessure à la jambe l’ayant rendu inapte au combat. D’un caractère un peu bourru, il aimait boire et raconter ses voyages. Il connaissait de nombreuses choses, du moins, bien plus que celles auxquelles Aslak pouvait avoir accès par ici.

Le marchand demeurait souvent une semaine à dix jours au village, avant de repartir vers le sud, auprès de son peuple, ou poursuivre sa route par-delà les mers. Aslak eut ainsi l’occasion de venir converser quelques fois en sa compagnie avant son départ. C’est par son biais qu’il apprit l’existence de la cité disparue d’Azzura, des anciens mages et des flux magiques qui parcouraient soi-disant le monde de Rëa. Ces histoires l’éblouirent autant qu’elles attisèrent une curiosité sans fin. Bien qu’il était peu aisé de démêler le vrai du faux, les croyances d’Odrim et la réalité des mythes qu’il lui contait. Le nain avait bourlingué à travers les continents, entendu bien des choses, vu certaines autres, mais il ne posait jamais de réelle limite entre son imaginaire luxuriant et les faits établis.


Chapitre III  ~  Choix & allégeance

Vint alors le temps des labeurs et de la participation active à la vie en communauté. Une fois en âge (et en force), le jeune alsdern pris part aux travaux à la ferme de son père, aux expéditions de chasse, ainsi qu’à quelques sorties en mer. Bien qu’éprouvante, l’existence qu’il menait ne lui pesait guère, au contraire il nourrissait au fond de son cœur un désir inextinguible qui lui procurait une énergie et un allant surprenant. Depuis sa rencontre avec Odrim, le jeune homme n’avait plus qu’une idée en tête : voyager. Dépasser les limites de son environnement actuel, ou, en réalité, les siennes…

Aslak souhaitait voir et découvrir les choses que son regard ne pouvait encore percevoir, éprouver de nouvelles sensations, s’étonner à chaque instant. Et le temps lui était compté, contrairement à son ami marchand, il disposait d’un quota d’années moindres pour arpenter le monde. Mais il ne voulait pas se presser non plus, jouir pleinement d’un instant c’est aussi accéder à l’éternité.

Lorsqu’il ne s’attelait pas aux travaux quotidiens, Aslak passait ses quelques temps libres en compagnie de son oncle, à la forge du village. Cet artisanat en question le fascinait depuis son plus jeune âge et son parent avait toujours quelques menues bricoles à lui faire faire. Étonnement, les bruits pourtant brutes de la forge résonnaient davantage comme une mélodie à ses oreilles plutôt qu’une cacophonie assourdissante à laquelle ses sens auraient du le soumettre. Émerveille par la modulation des métaux et la création subtile des finitions, son esprit s’absorbait tout entier en observations et à la participation minime qui lui était accordée.  

Plusieurs cycles saisonniers passèrent, comme une brise qui parcourt la cime des arbres, sans réellement agiter leur feuillage. Sans crier gare, la majorité alsdern s’était rapprochée du jeune Aslak…

À l'aube de ses 12 ans, le jeune homme avait fait son choix. Hors de question pour lui d’entrer dans l’armée, il n’y trouverait pas sa place. Son ami Odrim passait au village les jours à venir, et il était bien décidé à repartir avec lui. Aslak en avait déjà touché un mot à son père, sceptique, ce dernier accorda au jeune homme un temps de réflexion et de discussion avec le marchand, avant qu’une décision soit prise. Grim connaissait bien le marchand, avec qui il entretenait une relation amicale, et ne se faisait pas trop de soucis de ce côté, cependant il jugea nécessaire de laisser son fils apprendre par lui-même certaines choses, sans le brider inutilement…


~O~

Lorsque le nain arriva en ville, le soir même, Aslak l’avait rejoint à la taverne.  Sûr de lui, comme n’importe quel gamin enflammé par ses désirs sans aucune prise de recul. Lorsqu’il fut attablé, il s’enquit de la santé de son ami, avant de débiter, en modérant mal son excitation.

« J’ai acquis ma majorité cette année, je dois choisir ma voie et… mon père ne s’oppose pas à ce que je t’accompagne, plutôt que d’entrer au service des armées. »

Un sourire large aux lèvres, il fixa le regard sombre d’Odrim. Il s’agissait d’une possibilité dont ils avaient fait allusion, de temps à autre, bien que vaguement. Néanmoins, l’alsdern était certain que les conditions actuelles correspondaient parfaitement aux deux, par conséquent, il ne vit pas venir la réponse qui suivit…

Odrim leva un sourcil tout en reposant sa chope et fixa le jeune homme d’un œil vif avant de s’exclamer.


« Comment ? Et ça veut faire le tour du monde ? Prendre le large et partir sans bagage martial ? Mais c’est pire que d’se balader la bite à l’air au milieu d’un repère de succubes, gamin ! »

Aslak  plongea dans son gobelet, le visage empourpré à la fois de gêne et de frustration suite à la remarque qui venait de tomber. Il n’était pas encore sûr de ce qu’il allait répondre, lorsque le nain ne le laissa pas ouvrir la bouche et poursuivit.

« Dehors, ce sont plus des histoires mon grand, c’est la réalité dure et brute. Rien d’édulcoré comme j’peux si bien l’faire ! Tu peux croiser tout et n’importe quoi… Et crois-moi bien, les bêtes féroces c’est qu’une petite chose. Mais le plus dangereux, là, dehors, c’est l’homme ! »

Le nain saisit sa chope qu’il termina d’une traite avant de s’essuyer la barbe d’un revers de manche et de commander une nouvelle tournée. Puis il continua en agitant un doigt tendu devant lui, tandis qu’une pierre semblait tomber lourdement au creux de la poitrine du garçon assis sous ses yeux.

« Et j’te parle pas des hommes en comparaison aux nains, s’pas mon genre de faire des catégories comme ça. Mais de l’humain en soi, ceux qui se prévalent du concept d’humanité là, quelconque espèce que ce soit… bah, c’est une chose de le dire, encore une autre de l’être ! »

Le jeune Nordique acheva sa boisson, puis posa doucement le gobelet devant lui, en dosant sa réflexion et son propos. Il venait de conscientiser des aspects élémentaires, voire évidents, qu’il lui faudrait affronter s'il décidait de sortir de son village "douillet". Quel idiot ! Ne pas y avoir songé plus tôt! Il était trop émoustillé à l'idée de partir vite que pour réfléchir un temps soi peu ! Penaud, il demeura le regard vide un instant, disputé par la frustration et les perspectives qui commençaient à se former dans son esprit… Des perspectives qu’il avait déjà reléguées aux rebuts, dont il pensait ne plus jamais avoir à se soucier. Pourtant, la situation lui apparaissait claire, et il fut réellement choqué par sa propre imbécillité.

Il ravala alors sa salive et recula son tabouret avant de se lever en déclarant calmement.


« C’est juste, je suis bête de ne pas y avoir pensé avant. Mais je vais rattraper le coup ! Veille bien sur ton royal postérieur quand tu reviendras d’ici quelques années, parce que je le botterais en moins de temps qu’il ne te faut pour faire demi-tour ! »

Il acheva un sourire au coin des lèvres avant de se détourner de son ami, qui digérait à peine la pique faisant allusion à sa patte folle.

Quelques jours plus tard, Aslak prêta serment devant son jarl, reçut un bracelet d’acier emblématique et dit au revoir à son père. Il pensa alors que, malgré ses réticences de l’époque, ce dernier avait bien fait d’entamer sa formation militaire et de le préparer un minimum… Il regretta cependant d’y avoir mis si peu de bonne volonté.


Chapitre IV ~ Brasier & Départ

Après plusieurs années au service des armées alsderns, sa formation de base achevée, Alsak put rentrer auprès de son père. Il n’avait guère eut besoin de feindre la maladresse pour que ses précepteurs jugent inutile de le recruter, bien que très performant sur un plan technique, les tripes n’y étaient pas. Or, un bon guerrier est avant tout guidé par son cœur et sa dévotion. A l’évidence, il deviendrait un guerrier protecteur au sein de son village natal, ou autre lieu alsdern où il désirerait s’établir.

Cela ne faisait nullement partie des desseins de l’homme qui entamait son retour. Mais, après six longues années de séparation, il escomptait demeurer auprès de sa famille quelque temps, reportant un désir de voyage, toujours véhément, qu’il avait néanmoins réussi à contrôler.

Malgré l’accueil chaleureux dont il bénéficia, il nota avec une stupeur silencieuse les affres du temps marquées sur son père. Affecté deux ans plus tôt par une maladie, sa santé et sa vitalité s’étaient considérablement amenuisées. Le jeune second cousin d’Aslak assistait régulièrement son parent dans les travaux quotidiens et l’exploitation de sa terre. Les perspectives de voyages furent remisées à l’arrière-plan, et le nordique pris en main de subvenir aux besoins de son père.

Plusieurs années passèrent, les graines d’un quotidien simple s’écoulaient dans le sablier de vie d’Aslak, tiraillé entre ses désirs et ses attaches familiales. Son lien avec Odrim avait pris une nouvelle forme, désormais adulte, ses rapports avec le marchand s’enrichissaient d’échanges amicaux plus complices, sans cette connotation paternelle qu’ils avaient pu revêtir des années plus tôt.

Peu après la 22ème année d’Aslak, une fièvre maligne finit par emporter son père, déjà considérablement affaibli. Les sentiments qui se mêlaient dans le cœur de l'alsdern lui demeuraient inaccessibles. Une part de son être, toujours tournée vers demain, avait anticipé le drame, tandis qu’une étincelle d’éternité lui avait permis de jouir pleinement des dernières années en sa compagnie.


~O~


L’écrin crépusculaire s’ouvrit aux volutes bleutées, parmi lesquelles dansaient d’ardentes lucioles.  Lasses, dépourvues d’ailes, les braises s’offraient aux grès des vents marins, tandis que la barque prenait le large. Elle abritait le corps d’un père, d’un mari, mais également, d’un guerrier valeureux, reconnu de tous, le corps d’un homme…

Avant de s’établir pour fonder un foyer, Grim avait fait partie des plus puissants combattants du royaume, et la cérémonie funéraire tintaient délicatement de cette gloire passée. La fête battrait son plein, en mémoire de cet homme, dont Aslak réalisa soudain qu’il connaissait peu de choses d’avant sa propre naissance.

D’un pas claudiquant, Odrim rejoignit son ami, l’accompagnant dans son deuil avec une authenticité humaine bien particulière. D’une main, il lui offrit à boire, ajoutant d’un ton bourru.


« Nous partirons dans deux jours, si cela suffit à préparer ton paquetage. »

Aslak hocha silencieusement la tête, le regard perdu au milieu d’un océan de flammes. Nul mot n’était nécessaire, et son compagnon avait bien saisi les intentions du jeune homme. Malgré la peine, il se sentait apaisé, pouvant désormais partir sereinement, sans craindre pour son père.

Tandis qu’Odrim descendait vers les festivités, une ombre se détacha à la droite du nordique. Le visage qui apparut le heurta avec une brutalité qu’il n’escomptait pas. En cet instant précis, les traits de son oncle, similaires à ceux de son père, tranchaient avec la vision habituelle qu’Aslak portait sur lui. Un soupir s’extirpa de ses lèvres, suivi d’un sourire léger et d’une accolade chaleureuse.

Garülf portait un long bagage, qu’il donna à son neveu, une étincelle dans le regard.


« Cette babiole ne pouvait pas traîner dans mon atelier éternellement… j’espère que les modifications apportées te plairont. »

Interloqué, Aslak déballa un fourreau fait de cuir et de peau de bêtes. Il en tira une épée bâtarde, dont il connaissait bien le pommeau. La lame, rouillée, tordue, étrangement fondue et obsolète de l’époque avait été remplacée par une nouvelle, forgée récemment, a priori. C’était une arme d’excellente facture, évidemment, mais surtout sertie du pommeau d’une épée que son père avait utilisée dans sa jeunesse et dont il n’avait jamais voulu se débarrasser. Le seul objet, témoignage d’une vie oubliée, qu’il avait donné à son fils, petit, pour chipoter dans la forge de son oncle et expérimenter à son bon vouloir.

« J’en prendrai grand soin… En espérant y recourir le moins possible. »

Dit-il en esquissant un sourire, avant de rejoindre le centre du village en compagnie de son oncle, et profiter pleinement de cette nuit d’adieu.

Deux jours plus tard, Aslak quitta son village natal avec Odrim et sa carriole, ils devaient rejoindre une caravane de passage par la suite. Il voyageait léger, monté sur une jument alezane, dont il avait assisté la naissance 4 ans plus tôt. Celle-ci devait servir à son père, une fois adulte, pour aider à certains travaux… une vie d’autres perspectives s’offrait aujourd’hui à l’animal.


Chapitre V ~ Voyages & Détours

Pendant la première année de son périple, Aslak eut à loisir de découvrir une bonne surface de son continent d’origine. De fait, Odrim réalisait un tour dans les contrées plus au nord, avant de redescendre à Lorh, dans les cités naines.

Le nordique, émerveillé par l’architecture des lieux, demeura plusieurs mois en la région. Fasciné par les constructions spectaculaires, semblables à des extensions naturelles qui bordaient les montagnes et s’enracinaient dans les profondeurs, son désir premier fut d’apprendre l’histoire de la cité d’Odrim et la mise en œuvre d’un tel ouvrage.

Après quelques temps, Odrim reprit la route, pour quitter le continent, cette fois. Aslak se remit en chemin à ses côtés, ainsi que d’autres marchands itinérants qui quittaient la capitale. Après plusieurs semaines de voyage, ils embarquèrent à destination de l’Ordanie, afin de rejoindre Kaerdum. La traversée dura une bonne dizaine de jours, avec des vents et courants favorables, aucun incident n’était à déplorer… jusqu’à ce qu’Aslak mît pied à terre.


~O~

L’après-midi touchait à sa fin, nombre de bâtiments exsudaient matelots et ouvriers, déchargeant des cargaisons diverses. Le port brûlait d’une effervescence inconnue à Aslak, bien plus fréquenté que celui qu’ils avaient quitté en Aslvard. Bruits, odeurs, parfums, couleurs… enivré par ses sens en éveil, le regard alerte, l’alsdern ne faisait plus attention à rien en faisant attention à tout. Soudain, il sentit quelque chose le long de sa jambe, une petite main habile venait de se poser sur son ceinturon. Par réflexe, il recula en saisissant le poignet maigre, qui glissa tortueusement entre ses mains, avant de suivre son propriétaire qui filait déjà dans la foule. L’anecdote aurait pu passer sous silence, mais le bruit fracassant d’un objet qui se brise et le cri qui l’accompagnait derrière le nordique lui donna des frissons tout le long du corps. Il se retourna sur un ouvrier, les pieds couverts d’éclat miroitants… Sans le vouloir, le fourreau du nordique avait heurté le porteur quand Aslak s’était vivement tourné une seconde plus tôt. Son précieux chargement gisait à ses pieds, sous l’œil effaré de l’homme…

« Oh, je suis sincèrement navré… je vous rembourserai, pardonnez-moi, je… »

L’homme le regarda avec un air atterré et effrayé à la fois, sans oser prononcer la moindre parole, il jeta alors des regards autour de lui, avant de se prendre la tête dans les mains, le visage soudain livide.

Une voix d’homme, dure et sonore tonna près d’eux.


« Que se passe-t-il ici ? » Ses yeux balayèrent le sol, il fit une moue énervée, lasse. « Oslek, ces statuettes valent plus que cinq années de votre paie… Le capitaine Arhen ne va pas vous épargner. »

À ces mots, Aslak s’avanca, prenant la défense du dénommé Oslek qu’il venait, apparemment, d’endetter d’une somme incroyable. Il n’avait pas la moindre idée de la suite et, comme à son habitude, suivit son instinct au détriment de tout autre bon sens.

« Messire, cet incident est de mon fait, ne le jugez pas durement et indiquez-moi comment je puis vous dédommager. »



Deux jours plus tard, Aslak quitta l’Ordanie, sous l’œil amusé mais aussi dépité d’Odrim. Il avait embarqué avec sa jument et ses maigres bien sur le bâtiment du capitaine Arhen, à qui il avait offert gratuitement ses services jusqu’à ce que ce dernier estime sa dette acquittée.

Chapitre VI ~ Seregon

Aslak passa près de six mois à bord du Sel d’Orage, pendant lesquels il découvrit, trop brièvement, des pays dont il ne connut que les ports. Il noua des liens parfois forts, avec d’autres marins de l’équipage, et découvrit un mode de vie étrange, nomade, qui lui plut énormément. Seul bémol, sa jument qui aspirait aux grandes étendues vertes et à la terre ferme. Heureusement, le bâtiment faisait aussi commerce d’animaux de monte, et les quartiers dédiés à ceux-ci offraient tout le confort possible à ces derniers.

Le sixième mois après son engagement, Aslak aborda en Seregon. Là, le capitaine Arhen vint lui offrir sa liberté. Il songeait devoir le garder plus longtemps à son service, mais l’alsdern s’était révélé un marin volontaire, toujours prêt à endurer des heures supplémentaires afin de réaliser un travail des plus corrects. Par ailleurs, originaire d’une contrée que le marchand ne fréquentait pas, il avait octroyé à l’équipage nombre de soirées animées par des récits susceptibles de briser la mélancolie des hommes en mer. Le moral des hommes étant plus que contributif à la qualité de leur prestation, l’homme s’était pris d’une affection redevable envers son « employé passager ».

Arhen lui donna la possibilité de poursuivre en leur compagnie, comme passager ou matelot privilégié, le temps qu’il repasse en Ordanie. Mais Aslak, qui déambulait aux côté de « son » capitaine dans les rues d’Ambeorn, déclara, sans une once de réflexions préalables, une étincelle dans les yeux.


« Je reste ici… Capitaine. Je souhaite explorer ce continent, peu importe où cela me mène, et je pense que ma jument en serait encore plus réjouie. »

Arhen ne fut pas tellement surpris, bien que la déception sourdait en lui, mais il refusa d’en faire part. Le jeune marin, assez atypique, qu’il avait gratuitement engagé, s’était montré plus d’une fois étonnant, insaisissable. Sans but apparent, incapable de rancune ou de plainte, réjoui par d’infimes banalités qui blasaient aujourd’hui la plupart des hommes de son équipage. Cette décision relevait d’une logique imprévisibilité… Ha ! Cela aussi il le devait au jeune nordique, associer naturellement de paradoxaux concepts qui font sens. Un sourire naquit sur ses lèvres, la compagnie de l’homme lui manquerait, sans conteste.

En partant, Aslak emmena quelques bibelots offerts sournoisement par Arhen. Comme l’alsdern refusait un soutien financier de la part d’un homme envers qui il venait de régler une dette, ce dernier avait fourré à son insu quelques objets dans son bagage. À l’évidence, il pourrait aisément troquer ses babioles en cas de besoin contre diverses ressources utiles.

Il fallut une bonne quinzaine de jours pour rallier Cealcis, capitale de Rhaemond où Odrim lui avait conseillé de se rendre, pendant son périple, si l’occasion lui en était donnée. Bien qu’Aslak ignorait parfaitement pourquoi. Quelle raison aurait-il eut à se préoccuper de cela, d’ailleurs ? Le voyage en lui-même l’attirait plus que la destination.


Chapitre VII ~ Rhaemond, la mécène

Aslak entra dans la cité, brûlant d'une excitation mal contenue. Avant de réaliser un voyage au minimum "organisé" sur les vastes terres de Seregon, un passage par la capitale lui octroierait quelques pistes intéressantes. Du moins, l'espérait-il. Il ignorait bien des choses, et les bribes édulcorées des histoires d'Odrim demeuraient une référence assez tangible... Quoique, Alsak appréciait encore à se laisser soulever, égrainer par les vents hasardeux, porter et poser en un temps et un espace inconnu.

Mais son souci se tournait également vers son ami marchand en question. Ce dernier lui avait fourré un parchemin avec son tracé habituel, et les dates, relativement approximatives, de ses passages en différents lieux. Ce besoin d'ancrage relationnel constituait l'élément le plus complexe et paradoxal de la personnalité du nordique, bien que désireux de voyager aux gré des vents, il lui était impératif de garder un repère minimal.

Or donc... il venait à la capitale en quête de l'acquisition d'une ou plusieurs cartes de Seregon, avoir une vague idée des distances et de la période dans laquelle il se trouvait. Voire, écouter quelques histoires attrayantes, susceptibles d'éveiller sa curiosité dévorante. Il ignorait encore quel type de rencontres inattendues croiseraient sa route et qu'elles lui permettraient de développer ses aptitudes à raconter des histoires...

Chapitre VIII ~ Magie

Suite à son départ de la capitale, Aslak, désireux de descendre dans le continent, entama sa route en empruntant des chemins côtiers. Il ne s’agissait pas de la voie la plus rapide, mais quelque chose d’étrange et de profondément ancré en lui exerçait une attirance indicible vers le large. Ignorant de la géographie des lieux, peut-être aurait-il pu, en d’autres circonstances, relier les futurs événements à la promiscuité d’une île mystérieuse, située non loin du continent.

Son bivouac établi près de la grève, sous couvert d’arbres denses, il entreprit de prendre un peu soin de son aspect. De fait, son menton exhibait une broussaille blonde hirsute, à laquelle il n’avait touché depuis plusieurs jours. Il acheva de tailler cette masse informe, lorsque le phénomène eut lieu… [voir descriptif de la magie, flemme de tourner l’épisode autrement et aussi justement]

Son premier contact conscient avec la magie l’avait dépourvu de toute son énergie. L’obscurité embrassait à présent les ombres du feuillage, pour ne faire plus qu’un dans la nuit tombante, lorsqu’il reprit connaissance. Calyst léchait consciencieusement le front de son maître, avant de se détourner vers un repas plus appétissant quand elle fut assurée de son bien-être. Aslak se releva, le corps douloureux, courbaturé comme s’il sortait d’un intense entraînement. Ses sens confus se réappropriaient progressivement une contenance et une lucidité certaine. Il ne réfléchissait pas… plus… laissant à tout son être le temps de se réorganiser à sa propre mesure, sans bousculade psychique purement interprétative et aléatoire.

L’alsdern réalisa, après quelques minutes, que malgré les maux corporels, il se sentait relativement apaisé. Un sourire passa sur son visage un peu ahuri, il ne comprenait pas bien, mais tout cela lui semblait d’agréable augure, comme si un changement avait commencé à opérer dans les profondeurs de son être, un changement positif.

Il lança Calyst sur la route dès l’aube, revigoré par ce sommeil forcé bien plus efficace que ces nuits d’insomniaque… Les jours et semaines suivantes, il fut bien obligé de reconnaître des détails incongrus, aux contacts de certains métaux. Un objet en bronze, ramassé sur le bord d'un chemin, plia nette entre des doigts qui l'avaient pourtant saisi avec délicatesse. Divers événements insolites similaires se produisirent, sans contours et fondement, jusqu'à son passage dans une petite bourgade, au nord de Seregon.

Après avoir troqué une minuscule statuette parmi les objets donnés par Arhen, quelques piécettes lui offrirent un bon repas et une chambre dans une auberge. Auberge très animée, où l'on attendait la venue d'une ménestrel assez connue depuis quelques années.

Ce soir-là, elle apporta dans des teintes musicales, les échos d'un retour désormais assuré de l'ancienne magie...

Aslak s'étrangla de moitié lorsqu'il saisit, entre accords, suggestions puis emphases, l'authenticité brute des propos relatés. Son cerveau, à peine embué par l'alcool, commença à tourner à plein régime, élaborant hypothèses, délires, espoirs, désirs, ... un amas de pensées stellaires, fusant dans toutes les directions, se télescopant pour adjoindre une myriade d'idées supplémentaires lui vrillait les tempes.

Il s'extirpa d'une taverne oppressante, titubant plus à cause de ses réflexions que d'ébriété et marcha, longtemps, dans la nuit noire.




Ambitions & Desseins


Au départ, explorer et s’enrichir des histoires du monde et des vivants, quels qu’ils soient. Devenir un « baroudeur », à l’image d’Odrim… Vivre, avec une certaine simplicité en soi, celle qu’il ne trouve pas toujours aisément en lui-même.

Depuis le retour de la magie, cependant, Aslak ayant été affecté, il nourrit de plus en plus ardemment le désir de découvrir Azzura. Un vague espoir aux contours incertains de compréhension de soi-même et de sa place dans ce vaste espace de connexions, une attirance intrinsèque,… Ses tripes l’y poussent, son cerveau ignore encore qu’en faire et qu’en penser.


Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Depuis une décennie !
Moultipass : Validé par Harden (ce sont eux qui le disent !)

+ Tout ce que je voudrais écrire !

...Et voilà, enfin!! Bon, j'effectuerais une ou l'autre relectures en plus, mais pas de suite... Il reste sans doute encore pas mal de fautes d'orthographe, j'avoue que ce n'est vraiment pas mon fort. De plus, c'est la jungle ici, la concentration et la chaleur ne font guère bon ménage.

J'ai essayé de ne pas trop introduire en détails des éléments contextuels, afin de ne pas commettre trop d'erreurs vis à vis de l'histoire du forum, évidemment je modifierais volontiers tout ce qui ne correspond pas ou doit être adapté.


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◈ Missives : 2152

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mer 19 Juil 2017 - 11:33

Une sublime fiche que nous avons réellement pris grand plaisir à lire.

Je suis heureux de te valider enfin et de pouvoir voir ce personnage à la personnalité si belle errer en nos contrées.

N'oublie pas de créer ton journal de bord, mais aussi de faire une demande de RP partie Antichambre !

Je te souhaite encore une fois la bienvenue ici !!! Encore toutes mes félicitations.