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Daren Lindström

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◈ Missives : 1

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Aventurier
Daren Lindström

◈ Dim 2 Juil 2017 - 2:14

◈ Prénom :  Daren
◈ Nom : Lindström
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 32 ans en l'an 90 de l'ère des Rois
◈ Date de naissance : Astar, 16ème jour de d'Elye en l'an 68 de l'ère des Rois
◈ Race : Valduris ◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Ordanie/Vardrek
◈ Alignement : Neutre Stricte
◈ Métier : Chasseur/Trappeur de renom


Magie


Qui n’a jamais rêvé de s’éclipser en un instant, de disparaitre à la vue de ses assaillants, d’éviter la charge d’un féroce sanglier…
Daren est capable de se téléporter sur de courtes distances, lui permettant de grimper aux arbres en un éclair, d’esquiver une attaque d’un  prédateur qu’il chasse, de se déplacer très rapidement derrière un humain pour l’exécuter en silence… Mais il y a un problème, pour le moment, la précision de son déplacement n’est pas excellente et il lui arrive forcément des mauvaises surprises, de plus il n’a pas encore les  ressources magiques nécessaire pour l’utiliser régulièrement, il ne s’en sert donc qu’en cas d’urgence ou lors des entrainements qu’il s’impose… De plus, l’espace dans lequel il se téléporte dans être exempte d’obstacle, il ne peut donc pas traverser la matière en se téléportant…



Compétences, forces & faiblesses


A FAIRE


Physique


Daren est un homme svelte, élancé, plutôt grand (aux alentours de 74 pouces) dont le corps est taillé par de années de vie nomade et de survie dans les étendues glacées, des années de chasse ou il avait obligation d’être plus agile, plus endurant, plus fort que sa proie, une forme physique qu’il conserve par de petits exercices quotidiens. Son corps, et en particulier son visage, portent les traces sanglantes de son passé de chasseur, il est couvert de cicatrices, toutes plus profondes les unes que les autres…Les plus impressionnantes sont les trois griffures qui traverse son visage, l’ours qui l’a attaqué, a faillit lui arracher la moitié du visage, on peut aussi citer la défense de sanglier qui lui a perforé la cage thoracique et qui par chance n’a endommagé ni ses poumons ni son coeur…
Même sans les cicatrices, Daren n’est pas un bel homme, ses traits sont bruts, comme taillés dans la roche, et ses arcades sourcilières sont proéminentes, mais ne réussissent pas à cacher ses yeux glacials, bleu clair comme la glace fondant au soleil, ses longs cheveux blonds foncés coulent sur ses épaules musclées, tel la crinière d’un lion.
Que dire de plus, Daren a la physique affuté du chasseur, impitoyable et létal…



Caractère


Daren est très semblable aux animaux qu’il chasse, tous ses gestes sont contrôlés et d’une efficacité venant de décennies de pratique. Il fonctionne à l’instinct, il dispose de réflexes et d’une capacité de pisteur hallucinants, il est capable de se mettre à la place de son gibier, de le comprendre, d’anticiper ses déplacements… Rien ni personne ne peut le faire abandonner une traque, les intempéries, le froid, une tempête de neige, une montagne à gravir… Absolument rien. Son sens du jugement est incroyablement aiguisé, il dispose d’une très grande connaissance du terrain et de la faune d’Ordanie.
Daren est d’un caractère taciturne, il ne parle que si cela est nécessaire, il peut paraitre froid et détaché, surtout avec les inconnus. Et depuis que son père a trouvé la mort  Il accorde très difficilement sa confiance même à ses compagnons d’armes. Ses longues années de chasse sur les terres gelées lui ont tout appris, il doit être le chasseur le plus réputé de tout l’Ordanie, mais aussi le plus redouté, car lorsque l’argent se fait désirer, ce n’est pas des bêtes qu’il traque mais des hommes, et ces derniers ont rarement le temps de voir la mort venir… Il ne croit que ce qu’il voit, et est difficilement influençable.
Mais pourquoi fait il tout ça ? Principalement pour l’argent dont il a besoin pour vivre, mais aussi pour les trophées qu’il porte sur lui, pour la gloire. Même si la moralité lui importe peu, son père lui a toujours appris à favoriser le bien si le choix est possible… Cependant si il juge un homme mauvais et dangereux ou si un contrat l’y oblige, il n’hésitera pas à l’exécuter…



Inventaire


La première chose que l’on remarque chez Daren, c’est son habitude macabre de conserver les ossements soigneusement nettoyés des proies qu’il a tué… Un crâne d’ours des glaces, couronne sa capuche en fourrure de renard, toutes sortes d’ossements renforce son armure de cuir de sa fabrication, la colonne vertébrale appartenant au même ours que le crâne précédemment cité suit sa propre colonne vertébrale et la protège efficacement. Il utilise un crâne de chamois en guise d’épaulière… Un crâne humain pend à sa ceinture au même titre qu’une sacoche remplie d’aiguilles, enfin ce qui lui sert d’aiguilles, des fémurs de mulot champêtre taillés, de différentes tailles, du fils, des bandages, et de l’alcool rustique de patate, utilisé pour les blessures mais également à moindre mesure pour la consommation. Lorsqu’il ôte son armure, on peut entre apercevoir un collier comptant plusieurs dents de loups et un croc d’ours en son centre. Il dispose d’un sac à dos dans lequel il range toutes fourrures destinées à la vente, de la viande crue, des baies: toutes les vivres nécessaires à sa survie. Tout est issu de la récolte et de sa propre fabrication, (il dévide, et lime les os au maximum pour réduire leur poids tout en conservant une relative résistance, il doit tout de même fréquemment les changer après des combats car ils se brisent plus facilement que des pièces en fer ou en bronze), excepté son couteau de chasse, hérité de son père dont la lame dépasse les vingts centimètres, qu’il a fait reforger à de nombreuses reprises chez des forgerons et qu’il aiguise tous les matins. il est placé sur le côté droit de sa cuisse droite, dans son fourreau… Sa magnifique lance offerte par un client richissime pour l’abattage du meute de loups mangeurs d’hommes qui avait déjà fait plusieurs victimes, se compose d’un manche d’une longueur d’un mètre vingt gravée d’une inscription « Qui trop chasse le dragon, devient dragon lui même » en chêne escamotable en deux parties grâce une charnière facilitant le transport et terminée à l’une de ses extrémités par une lame courbée semblable à un shamshir de 40 centimètres, sa base n’est autre que deux crânes de loup renforcés en leur sein par des plaques de fer forgées. En temps normal, elle est pliée et attachée entre son sac et son dos facilitant le déplacement en endroits confinés. Il possède une autre arme, de sa fabrication, qu’il cache, elle se compose d’un mécanisme placée sous son avant bras, un tube de la longueur de son avant bras contient un épieu d’une longueur moindre, le mécanisme de projection de l’épieu est constitué de deux gros ressorts de métal de par et d’autre du tube, que Daren remonte grâce à une petite manivelle (cela prend du temps, et ne peut être effectué en combat, seulement en embuscade) qui dépasse légèrement de sa manche, propulsant une petite pièce de métal contre le bout de l’épieu (dont la pointe et le bout opposé sont renforcés de métal ) lorsque Daren étend violemment la main, le bras tendu, les ressorts se détendent et le percuteur frappe l’épieu qui est projeté à une force telle que celui ci est capable de traverser le cuir épais d’un sanglier, et de le tuer sur le coup si il atteint le coeur. Les épieux sont en chêne, taillés par ses soins, mais les renforcements doivent être effectués par un forgeron. Daren en porte en permanence une vingtaine sur lui, ils sont rangés dans des sacoches dédiées de par et d’autres de sa cage thoracique, et dans celles de chaque côté de son sac. Pour finir une gourde en métal est attaché à son sac, cette gourde qu’il remplit d’eau bouillie (et donc exempte de bactéries) le plus souvent possible…



Histoire


C’est ici que la toundra, terre hostile et dangereuse, laisse place à la forêt boréale, plus paisible mais non moins dangereuse… La neige gelée craque sous les bottes du chasseur, portant une femme à la beauté primitive, enceinte, dont la grossesse arrive à son terme, à en juger par son ventre volumineux… Quelle belle chose de donner la vie, d’élever un enfant, de le voir grandir… Mais un enfant n’a pas sa place dans la toundra, l’environnement le plus hostile que connait cette terre, dont les habitants, obligés de vivre en nomade, de résister aux assauts inlassables du vent et du froid mordant, sont menacés par la multitude de prédateurs peuplant cette terre éternellement gelée, recouverte une grande partie de l’année par plusieurs mètres de neige et de glace… Ce sont ces multiples raisons qui ont poussé ce couple, à voyager, à s’éloigner de cette région mortelle. Après plusieurs mois de marche, ils sont enfin arrivés à leur destination, un environnement tempéré, où les températures chutent rarement en dessous de -20°et se maintiennent généralement entre 5 et 20°, et qui compte une multitudes d’espèces herbivores vulnérables, d’une flore fertile et en grande partie comestibles, ainsi que des prédateurs bien moins dangereux qu’un énorme ours des glaces ou qu’une féroce meute de loups polaires, à la fourrure blanche comme la neige… Le chasseur continue sa route, pas après pas, haletant sous le poids de sa compagne et après une multitudes de kilomètres parcourus, de nombreuses nuits difficiles dans l’attente angoissante de l’accouchement, parvient enfin à la lisière de la forêt, dans son nez les senteurs enivrantes du Printemps, promesse d’une vie tranquille, au fur et à mesure de son avancée, la neige se raréfie, et une multitudes d’arbustes apparait, se transformant en arbres au fil de sa marche… Des crampes tenaces lui déchirant le corps, il entreprend de chercher un abri raisonnable, en s’éloignant encore quelques peu de cette terre de malheurs… Il finit par le trouver, un bosquets d’arbustes aux troncs souples et qui peuvent facilement être rattachés entre eux, Il dépose délicatement sa femme sur un tapis de fleurs qui malgré ses recommandations, se lève et commence à amasser une multitude de bâtonnets et de feuilles mortes, participant à la construction de l’abri, qui fût terminé quelques minutes plus tard, le soleil est dans sa phase descendante et n’éclaire déjà plus le visage des deux voyageurs. Epuisés par leur long voyage, il ne tardent pas à s’endormir, enlacés dans leur abri de fortune…
Une heure plus tard, l’astre solaire, en fin de vie, termine sa chevauchée dans l’étendue astrale et disparait derrière les montagnes au loin, les ténèbres envahirent la forêt… Une respiration rauque, sauvage… Une immense ombre se glisse de derrière les arbres, un monstrueux ours des glaces, la faim lui déchirant le ventre. Il a traqué pendant des jours et des jours les deux voyageurs, attiré par les phéromones et la faiblesse apparente de la femme enceinte… Tout chez cet animal inspire l’effroi, sa truffe frémissante captant les délicieuses odeurs des corps chauds, une énorme mâchoire portant des crocs létaux, un museau couvert de cicatrices, traces des combats à morts se livrant les ours dans la toundra, un cou de taureau, des épaules immenses, les muscles tendus, noueux, des pattes énormes terminés par des griffes mortels, capables de déraciner un arbre, des pattes arrière effroyablement musclées capable de tracter un gros phoque sur des mètres de distance, l’effroyable prédateur s’approche de l’abri puis attaque… Il abat ses énormes pattes sur l’abri, déracinant les arbustes le composant, sa mâchoire effroyable se refermant sur un pied humain, il tire et traine le corps ensanglanté de la femme, avant de la décapiter, ses crocs monstrueux déchirant la chair, les vaisseaux sanguins et la trachée, pour finir, la colonne vertébral craque et finit par céder… Alors qu’il allait ouvrir le ventre bombé du cadavre pour se délecter du délicieux foetus, un cri de rage retentit et une lance s’abat entre les côtes de l’effroyable colosse et transperce de plein fouet son ventricule gauche, et si cela n’avait pas tuer l’ours sur le coup, il serait mort de l’hémorragie interne, après avoir agonisé pendant des jours, dévoré vivant par les charognards, l’animal chute et pousse son dernier souffle. Le chasseur, pleurant de rage et de tristesse, s’agenouille au côté du corps décapité de l’amour de sa vie…Il hurle de chagrin, puis regardant le ventre de sa compagne, remarque qu’il est intact et voit de légers mouvements agiter sa surface, son enfant est vivant, mais ne peut sortir du corps inanimé de sa mère… L’homme, saisissant l’occasion de sauver son enfant, saisit son couteau et entreprit de découper délicatement la peau du ventre, atteignant rapidement l’utérus qui s’ouvre,  le liquide maternelle coule sur l’humus, et un bébé apparait à la vue de son père et toussote, son père le prend dans ses bras, et subjugué par le charme de son enfant, oublit un court instant son malheur… C’est ainsi que naquit Daren Lindström, lors d’une nuit sanglante et sans lune…


***

Daren a une quinzaine d’années et traque sa première proie sous la supervision de son père, Anibal…

La pénombre des sous-bois, l’odeur âcre et chaude de la matière organique en état de décomposition, la fraîcheur caractéristique du « monde sous les arbres », le bruissement insignifiant des feuilles frottant les unes contre les autres par l’action du vent, le frottement presque inaudible d’une musaraigne, ses griffes creusant la terre à la recherche de nourriture, le craquement d’un gland sous les incisives d’un écureuil roux à trois mètres du sol, le léger halètement du chevreuil, alerte, guettant le moindre signe de la présence d’un prédateur… La tension règne, le chevreuil se sent observé, vulnérable… Ses muscles se tendent, son rythme cardiaque s’accélère, ses pupilles se dilatent légèrement par l’effet de la peur… Mais rien ne se passe, tout reprend son cours, les oiseaux chantent, le chevreuil se met à brouter tranquillement, son rythme cardiaque ralentit, il se détend… Plusieurs mètres plus loin, le jeune chasseur guette, c’est lui que le chevreuil craignait, et il a bien failli se faire repérer…Il sens la douceur du bois de la poignée de mon arc dans la main, la hampe de la flèche caressant sa joue de ses plumes délicates, une deuxième ombre, difficilement repérable derrière lui, son père qui l’encourage par son silence plusieurs mètres plus loin…. La flèche file, sifflant légèrement, et frappe l’animal juste en dessous de la jugulaire, le sang gicle… Le chevreuil terrifié se met à galoper, Daren sors de l’ombre et le poursuit, il le sent faiblir, sa flèche le fait souffrir… Le jeune homme accélère, slalomant entre les arbres, et rattrape sa proie… L’animal s’effondre, faible. Le chasseur se positionne comme son paternel lui a apprit, au dessus de la bête mourante et il frappe… De la lame parfaitement aiguisé de son couteau de chasse, il tranche la jugulaire palpitante de l’animal et sa trachée, l’achevant et précipitant sa mort déjà inévitable… Il le sent expirer, il retire délicatement sa flèche, vérifie qu‘elle n’est pas endommagée et la replace dans le carquois qu’il porte dans son dos. Il se relève et cherche du regard son paternel. Ce dernier s’approche, son regard plein de fierté, il chuchote:
« Bravo fils, continue comme je te l’ai appris. »
Daren reporte maintenant sa concentration sur le cadavre encore chaud, il doit le dépecer et vite, avant que les charognards n’arrivent, la lame plonge dans le ventre de la bête et découpe la peau nettement sans bavures,  il le vide de ses entrailles, poumons, coeur, foie, appareil digestif, système cérébral, toute matière pourrissable, est laissé aux charognards… l’adolescent charge le cadavre sur son dos au moyen de plusieurs cordes tressées et se dirige vers la grotte leur servant d’abri temporaire, son père sur ses pas.
Arrivant à la grotte, la nuit tombe, il entreprend de terminer le dépeçage de la bête tandis qu’Annibal allume un feu, au même titre que les torches autour du campement.
Il découpe les sabots, décapite le cadavre, et l’écorche… Daren pend la peau à l’entrée de la grotte et nettoie le sang sur le sol de la grotte. Il n’a pas omis de découper quelques pièces de viande qu’il va pouvoir conserver grâce au sel en prévision de l’hiver qui approche à grand pas… Ce fut une belle chasse, sa toute première… La première fois, qu’il traquait, mettait à mort et qu’il dépeçait un animal en parfaite autonomie grâce aux enseignements de son père, Il était devenu un chasseur dans la lignée millénaire de ses ancêtres.

***

Daren est maintenant un jeune adulte, ses connaissances concernant les espèces et leur environnement s’améliorent de jour en jour… Accompagné de son père, ils décident de s’arrêter  dans un petit village bien connu du vieil homme, à la frontière entre la toundra, la forêt boréale et les montagnes a l’extrême est du Valdrek, les deux hommes, ayant l’intention de rallier le Sud, en quête d’argent facile et de tranquillité

Sortant de la forêt, légèrement éblouis par le soleil, à son zénith, les deux chasseurs marchent lentement, épuisés par de longues journées de marche, un village se découpe dans le paysage, en contrebas, à quelques kilomètres, Daren jète un coup d’oeil à son père, sa fébrilité le choque, il se rend soudain compte de sa blancheur cadavérique, l’inquiétude lui noue les tripes… Il prend l’initiative:
« Nous nous arrêtons, tu as besoin de te reposer. »
N’ayant même pas la force de riposter, le vieux chasseur acquiesce d’un léger mouvement de tête…

Les deux hommes pénètrent dans la taverne… Une chaleur étouffante, le bruit difficilement supportable des rires exacerbés des hommes sous, la familiarité choquante de leurs paroles, l’odeur de pisse mélangée de la sueur, Daren ne supporte déjà plus cet endroit, et lui préfère mille fois les étendues sauvages…
Il se dirige vers le comptoir, évite de justesse un homme s’écroulant dans son propre vomi, et lève la main, de façon à attirer la jeune serveuse, qui s’approche de lui et engage la conversation:
« -Bien le bonjour monsieur, que puis-je pour vous ? 
  -Je cherche une chambre pour deux personnes et un marchand susceptible de nous fournir deux chevaux pour rejoindre le Sud.
-Bien monsieur, une chambre est disponible à l’étage, deuxième porte à droite, vous réglerez bien sûr à la fin de votre séjour… Et pour les chevaux, vous pouvez vous adresser au responsable des écuries, habitant à l’entrée du village…
-Merci. »
Se dépêchant de sortir, de cette endroit putride, il cherche du regard son père, qui a dû se retirer à l’extérieur, il le trouve au bord de la rivière bordant le village…
« -Je nous ai trouvé une chambre, à l’étage, deuxième porte à droite, tu devrais aller te reposer d’accord ? Je m’occupe des chevaux.
Merci Daren. »

Se dirigeant vers la sortie du village, Daren aperçoit l’homme dont parlait la jeune serveuse, rustre, la soixantaine, un alsdern pur souche. Il s’approche de lui et engage la conversation:
« -Salutations, une jeune serveuse m’a informé de votre capacité à nous fournir des montures, quel est votre prix pour deux chevaux, endurants et en bonne santé ? »
L’homme l’observe longuement et déclara:
« Cela fera 7 oryns. »
Après avoir fouillé dans sa bourse, et son sac, il se rendit compte qu’il était loin d’avoir assez d’argent… Le vieil homme, anticipant, lui propose une solution, son regard, cupide:
« Vous avez l’air d’être un chasseur, je vais donc vous proposez un… contrat.
-Je vous écoute.
-Un mythe local parle d’un légendaire bouquetin, à la fourrure blanche comme la neige, et aux yeux rouges comme le sang… Ramenez moi sa fourrure… Et je vous donnerez mes deux meilleurs chevaux… »
Un sourire apparait sur le visage du chasseur.
« Marché conclu. »

Une semaine plus tard, Daren atteint enfin le sommet de cette crête… il avait quitter le village après avoir convaincu son père de le laisser faire cette mission seul et avoir reçu toutes les infos sur l’espèce qu’il chasse et la survie dans les montagnes… Il se retourne, et observe le paysage…

Il vient de quitter la haute montagne et ses alpages infinis, parcourus par des troupeaux de bovins et de caprins; broutant l’herbe épaisse et grasse de ses plaines d’altitudes, véritables paradis pour ces animaux. Il s’approche progressivement des rochers escarpés du pic, étonnamment recouverts par plusieurs mètres de neige malgré les températures printanières, Daren aperçoit des bouquetins au loin, deux mâles et une femelle, mais tous bruns… Aucune trace de l’albinos… Il décide de poser le camp au bord d’un petit torrent, dont l‘eau cristalline d’une transparence absolue, humidifie légèrement l’air, de par les petites gouttelettes projetées par le choc contre les berges rocheuses. Du fait de la température agréable en cet période de l’année, il décide de dormir à la belle étoile seulement emmitouflée dans ses vêtements fourrés de fourrures animales… Se couchant sur un lit de brins d’herbes entrelacés, il s’endort rapidement, épuisé par ses longues journées de marche, mais garde une oreille à l’affut, alerte et vif en cas de danger enfin c’est ce qu’il croyait…

Le contact glacial de la neige fraiche le réveille, il se lève lentement… L’espace autour de lui n’est plus qu’un malstrom de flocons agités par un vent violent,  cinq centimètres de neige recouvre dorénavant l’herbe verte, qui n’est plus qu’un lointain souvenir… Le froid mordant surprend Daren, qui avait encore la doux contact de la chaleur de soleil sur sa peau quelques heures plus tôt…Il se met à chercher un abri, afin d’attendre que la tempête se calme… Il entreprend de marcher lentement, ses épaisses bottes s’enfoncent dans la neige, il ne voit rien…
Il distingue un mouvement sur sa droite, il se tourne subitement, mais l’ombre blanche a disparu dans le néant environnant… Il se sent observé, traqué, tel une vulnérable biche… Le chasseur est devenu la proie… Un grondement résonne, presque étouffé par le mugissement du vent… Daren sent soudain un énorme animal s’abattre sur son dos, et des griffes déchirer ses vêtements et atteindre sa peau rose et fragile, il chute dans la neige et parvient à rouler, restant sur ses deux jambes et se retourne… Un énorme lion des montagnes, ramassé sur lui même, prêt à bondir, lui fait face… Des crocs longs et acéré comme un couteau de chasse, dépassant légèrement de ses babines, un regard perçant qui transperce le chasseur, une magnifique fourrure blanche comme la peau d’albâtre d’une vierge, des membres extrêmement musclés lui permettent de faire des bonds gigantesques… Le plus redoutable prédateur des monts enneigés lui fait face et s’apprête à le tuer… Daren reprenant ses esprits suite à la surprise, dégaine son couteau. Le félin parait l’observer, jauger sa dangerosité puis bondit, surprenant l’homme qui n’a d’autre choix que de se jeter en arrière et tomber sur le dos. Le lion s’abat sur lui, coupant son souffle, le chasseur sent les griffes du prédateur rentrer entre ses côtes, il voit sa fin venir… Les crocs du félin se renferment sur sa gorge, comprimant la trachée, un filet de son sang tâche la neige… Mais le coup fatal ne viendra jamais, la tension sur sa jugulaire se relâche, les muscles du lion se détendent, et un dernier soupir expire l’air de ses poumons… Daren pousse subitement le cadavre sur le côté, et enragé par son vulnérabilité, saisit son couteau, planté dans la cage du mammifère qui s’était empaler dessus, puis pousse un cri condensé de colère et du plaisir d’être en vie… Calmé, il se lève lentement, l’écho de son cri résonne bien plus fort qu’il ne l’aurait pensé, un déchirement retentit, il lève les yeux et voit un immense nuage de neige condensé, incroyablement puissant se dirigeant vers lui à toute vitesse… Sur sa droite, il repère une corniche révélant par la présence d’une cavité… Il l’atteint de justesse avant que l’avalanche ne s’abatte sur lui, et puis enfin le silence s’abat sur le pan dévasté de la montagne. Daren, se cognant dans la précipitation, tombe inconscient…

Daren ouvre les yeux, l’excès de dioxyde de carbone lui fait mal au crâne, il se tient à l’entrée d’une minuscule grotte qui l'a sauvé de l’asphyxie, empêchant la neige de pénétrer ses poumons. Il dégage ses jambes de la neige à l’entrée de la grotte et entreprend de sortir, il commence à creuser avec ses mains, la neige froide et mouillée… Le sang pulse à ses tempes, son mal de crâne s’amplifie progressivement… Heureusement la neige n’est pas tombé en très grandes quantités devant la cavité et il atteint rapidement l’air libre, pur et froid, qui pénètre ses poumons et le galvanise. Après quelques minutes de creusage intensif, il s’extirpe enfin, et se relève… Il observe les environs dévastés…
De la neige, de la neige et encore de la neige… Il croit soudainement voir quelque chose dépasser de la couche d’eau cristallisée sur sa gauche… Il s’en approche lentement, ralenti par la couche importante de neige… Une corne, il commence à creuser patiemment, autour de cet appendice solitaire et découvre le cadavre d’un bouquetin… Mais pas n’importe quel bouquetin, un caprin à la fourrure aussi blanche que celle du félin qu’il l’a attaqué, et aux yeux rouges comme le sang coulant sur le torse blessé du chasseur, la proie dont à parler le vendeur de chevaux… Le jeune Daren exulte, se rendant compte de la chance inouïe dont il a fait l’objet, il tombe à genoux… Il se relève et entreprend le voyage de retour, à travers les montagnes, trainant le cadavre par les cornes immenses qu’il possède, au fil de ses pas, il se rend compte des multiples erreurs qu’il a commis, son père l’a pourtant prévenu au sujet des dangers du Printemps en haute montagne dont les chutes de neige soudaines et l’instabilité des strates immaculées… Il va devoir apprendre à être prudent sous peine de raccourcir drastiquement son espérance de vie…

Après de longues journées épuisantes, à descendre le flanc de la montagne en portant le cadavre dépecé de l’albinos, Daren arrive enfin au village, mais il est loin de s’attendre à ce qu’il va voir…

A première vue, rien n’a changé depuis son départ, les enfants jouent sur les berges ripuaires à s’éclabousser et s’esclaffer de joie, tandis que leurs mères discutent quelques mètres plus loin en lavant des étoffes diverses sous le soleil, à son zénith…
Mais Daren sent que quelque chose ne va pas, son instinct le presse de rejoindre son père au plus vite… Cherchant le palefrenier, il s’empresse de le rejoindre dés qu’il le repère, adossé aux portes de son écurie, les yeux fermés et profitant de la lueur chaude et réconfortante de l’astre solaire en ce début d’après-midi… Ce dernier l’entend approcher et ouvre les yeux… Sa mâchoire se décroche à la vue du cadavre dépecé au pelage immaculé tandis que ses yeux s’écarquillent: 
« -Co…Comment avez vous fait ?
  -Peu importe, j’ai tenu mon engagement… J’attend la même chose de votre part, deux chevaux en bonne santé…
  -Oui…oui bien sûr, je pars les équiper sur le champ, je suis un homme de parole », répond le marchand, tout émoustillé à la pensée de l’argent que représente ce trophée de chasse… Daren, enfin libéré de ses engagements, se presse vers la taverne…
L’apercevant au loin, la serveuse qui l’a accueillit prés de deux semaines plus tôt, le rejoint devant l’entrée, la mine grave…
« -Monsieur, j’ai le regret de vous annoncer que votre compagnon nous a quitté…
 - C’est mon père ! Ou est-il parti ?
 - Il est mort… Il est tombé gravement malade le lendemain de votre départ, notre guérisseur n’a rien pu faire, je suis désolée… »
Sous le choc, Daren tombe à genoux, mais nulle larme ne vient suivre la courbe de ses joues, ce ne serait pas digne d’un Alsdern et encore moins du fils de l’illustre Anibal Lindström… La tristesse qui l’envahit, est immense mais il se force à se relever et à garder la tête haute :
« - Puis-je voir son corps ?
  - Malheureusement, il a déjà été honoré selon les coutumes Alsdern et incinéré… Qu’il repose en paix et festoie en compagnie des dieux… Vous pouvez tout de même recueillir l’urne contenant ses cendres… Je vous l’apporte…
-Merci » répondit-il le regard vide… Il ne vient pas de perdre la seule famille qu’il avait, mais bien plus que ça… Son père était la seule personne qui comptait pour lui… Il est maintenant seul… Après avoir récupéré l’urne, Daren décide de voyager  vers le Grand Nord, c’est là que son père a vécu et là que ses cendres doivent être dispersées afin de l’honorer dignement… Il récupère le cheval et les 3 oryns que le marchand lui donna en échange du précieux macchabée et se mit en route, un long voyage l’attendait…

***

Une dizaine d’années plus tard, Daren Lindström est devenu un illustre chasseur, il porte sur lui ses innombrables trophées de chasse tandis qu’il traque un énorme élan mâle sur les étendues glacées du Grand Nord de l’Ordanie…

Un vent glacial souffle sur les steppes immaculées, le soleil pointe difficilement son nez au dessus de l’horizon… Le jour se lève, éclairant les immenses congères formées par l’intense blizzard… Posté au somment de l’une d’elle face au vent pour éviter de se faire repérer, Daren Lindström observe sa proie… Un immense élan, à la musculature impressionnante même pour un individu de son espèce… Ses muscles noueux se tendent tandis qu’il observe les environs à la recherche d’une menace potentielle, ses bois sont absolument magnifique et leur envergure dépasse les 3 mètres… Ce spécimen va rapporter gros, très gros à Daren… Un léger sourire se dessine sur le visage comblé de cicatrices du chasseur, tandis qu’il déguste sa proie du regard… Il place une mèche récalcitrante de ses longs cheveux blonds derrière son oreille, et rabat sa capuche couronnée d’un crâne du terrible ours polaire qui a bien failli triompher deux ans plus tôt, Il ajuste le col de son épais manteau de trappeur renforcé des restes macabres de ces précédentes chasses, parmi lesquelles le crâne d’un loup polaire protégeant son épaule droite…

Ah que cette chasse a été satisfaisante, Daren a été chargé par un richissime marchand Alsdern d’abattre une meute de loups mangeurs d’hommes qui avait déjà attaqué plusieurs de ses convois et qui rodaient dans les montagnes au sud de Valdrek. Il les avait traqué des jours durant, recueillant les indices tels que les cadavres de leurs proies ou les innombrables traces qu’ils laissaient ainsi que les témoignages des bergers des environs qui avait perdu plus de la moitié de leur troupeau en l’espace de quelques mois, il avait finalement localisé leur tanière et les avait dénombré, identifiant les alphas, une meute de huit loups dirigée par un couple… Des semaines durant il avait préparé son embuscade, confectionnant de multiples pièges, tous plus meurtriers les uns que les autres, en les plaçant méthodiquement aux alentours de la tanière des prédateurs et en utilisant des appâts vivants, des rennes qu’il arrive à capturer sans les blesser grâce à des collets placés sur des pistes que Daren sait déceler de son oeil avisé… Son plan marchait à merveille et cinq loups moururent les uns après les autres… Jusqu’au jour ou les loups restants attaquèrent pendant qu’il mettait en place un piège très risqué à l’entrée de leur tanière, une grotte à flan de falaise : Daren voulait placer un collet à l’entrée de la grotte, relié à un rocher placé en équilibre au dessus de l’entrée, par chance le rocher était bien situé à l’origine et Daren ne dut le déplacer que de quelques mètres en le faisant rouler… Le plan de Daren était simple, placer le rocher suffisamment proche du bord de la corniche surplombant le grotte pour qu’il chute au moindre choc, ensuite placer un collet à l’entrée de la grotte… Les loups en rentrant dans leur tanière allaient surement déclencher le collet et provoquer le chute du rocher, qui allait en tuer au moins deux… Mais le plan ne se déroula pas comme prévu, les loups attaquèrent Daren lorsqu’il était en train de confectionner le collet, qu’il avait déjà relié au rocher, il avait espéré, à tord, que les loups chasseraient toute la soirée mais ils rentrèrent plus tôt que prévu… D’instinct, il évita les crocs du loup qui avait bondi sur son dos en roulant… Il se releva et dégaina une lance simple confectionnée par un médiocre forgeron et son couteau de chasse légué par son père avant sa mort, et se retrouva face aux trois loups… Il tenta de frapper le loup le plus proche de sa lance mais ce dernier esquiva et la lance se brisa sur la falaise… Daren n’avait aucune chance de sortir vainqueur d’un combat contre trois loups affamés et impitoyables… Les prédateurs savouraient leur victoire en s’approchant lentement de l’endroit ou se tenait le chasseur… Ce dernier tenta le tout pour le tout, il saisit la corde qui était reliée à son piège et tira de toutes ses forces en se jetant en arrière, les loups bondirent mais n’atteignirent jamais la gorge de Daren, leurs dépouilles écrasées par le rocher… C’est ainsi que l’illustre chasseur qu’il était devenu renforça sa réputation en Heisenk et en Valdrek, et obtint une magnifique lance digne de son talent, résultant de décennies de pratique… En échange de sa victoire et des huit crânes lupins, le marchand fit confectionner par un forgeron de renom, une magnifique lance escamotable, terminée par un shamshir à l’une de ses extrémités, prolongement de deux crânes de loups coulées dans de l’acier, mâchoires ouvertes.


Cette lance, il la porte maintenant entre son manteau et son sac, repliée en deux parties. Grâce à un astucieux système de charnières et à son poids étonnamment léger, cette arme ne gène aucun de ses mouvements, même dans des fourrés et des endroits très confinés… Son éternel couteau de chasse, fier d’une lame de vingts centimètres parfaitement aiguisée, siège sur la face extérieure de sa cuisse droite, prêt à être dégainé si besoin… Mais ce ne sont pas les seules armes de Daren… Sous son avant-bras est fixée une arme de son invention, un lance-épieu doté d’une puissance d’arrêt telle qu’un épieu lancé peut transpercer le cuir de n’importe quel animal, malheureusement elle met longtemps à être chargée et sa portée n’excède pas quinze mètres…  Ses yeux toujours rivés sur l’élan face à lui, Daren commence à s’approcher silencieusement, pas après pas… Des décennies de pratique lui permettent de ne faire quasiment aucun bruit, exceptés le très léger crissement de ses semelles sur la glace, parfaitement inaudible à cause du rugissement du vent… Trente mètres, vingt mètres… Daren approche face à l’élan car ayant les yeux sur le coté de la tête, ce dernier ne dispose pas d’une vision à 360°, et est donc obligé de tourner la tête pour repérer une menace devant lui. De plus le chasseur avance accroupi, et est doté de vêtements tissés à base d’animaux polaires et donc entièrement blancs, ce qui le rend quasiment invisible dans les conditions actuelles… Il s’arrête à une distance de quinze mètres, soit la portée maximale du lance-épieu, il ne peut s’approcher plus car l’élan le repérerait grâce à son odorat très développé… Il se redresse lentement et tend son bras, vise le cou de sa proie et détend violemment sa main activant le mécanisme… Un bruit sourd retentit, l’élan n’a même pas le temps de dresser sa tête que l’épieu percute son épaule brisant l’os… Daren a loupé la jugulaire… Galvanisé par la menace et l’adrénaline, les pupilles dilatées, fulminant, l’élan fonce vers le chasseur, tête baissé, ses bois acérés pointés vers son agresseur… Daren roule sur le côté, esquivant de justesse la charge et dégaine sa lance, totalement dépliée, elle mesure prés d’un mètre vingt, puis il bondit et frappe l’élan blessé au cou, précis et redoutablement efficace, fruit de plusieurs milliers d’heures d’entraînement, tranchant la jugulaire… Le sang jaillit de l’artère tranchée et salit la neige immaculée tandis que la proie s’effondre et que le chasseur commence à la dépecer…

***

L’Hiver approche, l’Hiver impitoyable du Grand Nord fait de violentes tempêtes de neige, de crevasses meurtrières et de terribles prédateurs des glaces affamés… Il est beaucoup trop dangereux de rester dans cette région pendant cette glaciale saison, même pour un survivant du calibre de Daren… Il décide donc de descendre vers le Sud, et pourquoi pas sortir de Valdrek, sa terre natale ? Après avoir rejoint le village le plus proche et acheté une bonne monture, Daren débute son long voyage vers les terres accueillantes de Kaerdum…


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Cela fait maintenant quelques mois que Daren chevauche… L’équitation n’est vraiment pas son péché-mignon ni celui de son postérieur… Mais cela lui a quand même fait gagner du temps et de l’énergie ce qui n’est pas négligeable… Il est arrivé en Kaerdum, il y a moins de deux semaines. Il se trouve sur une route pavée, assez fréquentée, il décide donc de se retirer vers les arbres qui la borde, histoire de pouvoir dresser son camp sans être dérangé en ce début de soirée…

Le coucher de soleil enflamme l’horizon tandis que Daren dresse son camp entre les branches d’un grand chêne, il ne dresse jamais de tente, et préfère dormir en hauteur, au sein d’un camp truffé de pièges. Il étend des draps entre les branches d’un grand arbre afin de se fabriquer une sorte de grand hamac qui lui permet de se reposer tout en réduisant les risques de se faire attaquer pendant son sommeil… Des automatismes bien rodés, résultats d’années de survie en pleine nature… Ce soir, Daren est particulièrement fatigué, et s’endort en quelques minutes, c’est ce moment que les bandits choisissent pour attaquer, cinq renégats qui ont suivi le chasseur pendant une dizaine de jours, attendant la faille… Son cheval et son équipement va leur rapporter gros… Peut-être décideront-ils de s’amuser un peu avec lui avant de le tuer et de récupérer ses biens…
Le groupe se poste en dessous du chêne abritant le chasseur, en silence, le plus agile d’entre eux, un jeune homme d’une vingtaine d’années, entreprend d’escalader le tronc… Lorsqu’il arrive au niveau du campement, il remarque une forme endormie sous des couvertures rustiques, surement le trappeur… Un sourire macabre et rempli de convoitise se dessine sur le jeune visage du mécréant, ce dernier décide d’attaquer sans attendre ses compagnons… Une grave erreur… Alors qu’il finalise son ascension, il remarque que la forme n’est en réalité qu’un amas de couverture, un leurre… Destiné à l’attirer dans un piège… L’épieu, projeté à toute vitesse traverse sa cuisse, déchirant peau, muscles et brisant l’os… Le brigand bascule en hurlant et chute sur ses camarades, postés en contre-bas, qui étaient en train de détacher le cheval du chasseur, ce dernier, effrayé  par le cri de douleur se cabre et rue, brisant le crâne d’un autre renégat…  Les trois derniers, terrifiés partent en courant, mais l’un d’eux trébuche sur une corde tendue entre deux arbustes et terminée par un noeud coulant, cela provoque la chute d’un contrepoids, la corde s’enroule autour de la cheville du malheureux qui se retrouve suspendu à un mètre du sol, la tête en bas… Les deux survivants pressent l’allure et disparaissent rapidement dans la pénombre du crépuscule… Daren sort lentement de sa cachette, dans un arbuste alentours… Les brigands obnubilés par l’avarice et leurrés par le faux campement du trappeur sont passés à côté de lui, sans même le remarquer et le regrettent à présent… Le chasseur se rapproche du blessé, vérifiant que l’artère fémorale n’est pas touché, puis le ligote et le charge sur le dos de son cheval… Puis il s’occupe de l’autre qui, toujours suspendu, l’inonde d’insultes prononcées en kaerd… Sans un mot, le regard glacial, Daren lui enfonce une boule de tissu dans la bouche afin de le faire taire et lui attache les mains et les pieds avant de le détacher et de le charger également sur son cheval…
Le dernier brigand, celui frappé par la monture, est mort, le crâne fracturé…
Daren entreprend de le décapiter afin de conserver une preuve de se mort, pendant ce temps, les deux ligotés gémissent, l’un par douleur, l’autre par dégout… Une fois sa besogne terminé, et la tête du troisième renégat attachée à côté de ses petits camarades, la nuit étant sérieusement en train de tomber, Daren, jugeant qu’il a assez effrayé ses agresseurs potentiels, décide de dormir dans son campement, et cette fois, pour de vrai…  Se levant à l’aube, Daren se met en route en la compagnie des deux ligotés et de la tête solitaire, afin de rejoindre le village le plus proche sur la route qui le mènera à Raiendal, la capitale de Kaerdum…

***

C’est ainsi que Daren a commencé la chasse à l’homme, lorsqu’il est arrivé au village, les gardes présents l’ont grassement récompensé en échange des deux prisonniers et du mort… Flairant l’éventuel apport en argent de cette pratique, Daren s’est mis en quête de tous les avis de recherche qu’il pouvait trouver, à la manière d’un chasseur de primes… Utilisant ses méthodes de traque, il est parvenu à réussir tous ses contrats, même celui le chargeant de tuer le bandit le plus réputé de la région, un violeur-tueur du nom de Barbe Verte, qui était réputé pour sa paranoïa et sa violence, il vivait avec sa bande à la manière de nomades semant la panique et  versant le sang dans toute la région, insaisissables… Daren l’a traqué des semaines durant comme il sait très bien le faire avec ses proies animales… Jusqu’à ce que Barbe Verte commette l’erreur qui lui sera fatale… Après le raid d’un village, savourant sa victoire, le bandit s’est retiré de son groupe, afin de profiter d’une jeune femme fraichement capturée, dans les fourrés proches du campement… A l’écart, Daren l’observait en silence depuis quelques jours, il s’est retenu d’intervenir à chaque fois, chaque meurtre commis par le brigand devant son regard le blessait, viols, meurtres, pyromanie… Mais cette fois, il vengea les victimes précédentes… Avant même que le mécréant ait baissé son pantalon, sa gorge tranché déversait des litres de sang sur le sol humide des sous-bois…  Daren parvint même à se retirer sans se faire repérer en compagnie de la jeune femme après avoir soigneusement récupérer la tête du défunt…

Daren marche lentement aux cotés de la jeune femme, ils sont maintenant à une distance respectable du campement des renégats et peuvent se permettre une pause, la pénombre commence à envahir progressivement le sous-bois et un vent froid commence à souffler mais ils ne peuvent se permettre de faire du feu, trop visible…
Daren observe la jeune femme, assise face à lui… Elle est d’une beauté irréelle, ses longs cheveux bruns coulent sur ses épaules, ses vêtements soulignent avec volupté la courbe de ses seins, tandis que son magnifique regard d’un vert verdoyant évite soigneusement celui du chasseur, avec une lueur de crainte… Daren prend la parole, d’une voix douce et qui se veut rassurante:
« - Ne t’inquiète pas… je… je ne te ferais aucun mal, je te le promets… »
Elle lève les yeux, croisant son regard pour la première fois, un frisson parcoure le corps de Daren, cette fille est spéciale… Elle répondit d’une voix timide mais laissant pressentir un caractère bien trempé :
« -Comment pourrais-je te croire ?
  - Je viens de te sauver d’un connard qui te voulait du mal, ce serait stupide de ma part de te faire subir le traitement qu’il avait prévu pour toi… », Daren sourit chaleureusement, il n’avait plus souri de la sorte depuis la mort de son père, douze ans plus tôt…
« -J’espère que je ne suis pas trop indiscret, comment t’appelles-tu ?
  -Cynthia.
 -Enchanté, je me nomme Daren… Toutes mes condoléances, tu as du perdre des êtres chers pendant le massacre…
   -C’est agréable d’entendre cela, mais pas vraiment, ma famille habite dans un autre village proche de Raiendal, celui dans lequel j’ai été enlevée était le village de mon fiancée, que je n’aimais pas et qui me battait… Il était seulement riche, et mon père a arrangé ce mariage afin de pouvoir nourrir mes deux petites soeurs… Il a été tué lors de l’attaque… Et merci de m’avoir sauvé tout à l’heure, je t’en suis reconnaissante…
  -Tu n’as pas à être reconnaissante, je n’ai fait que mon devoir, et je suis heureux qu’il n’ait pu te toucher…
   - Tu parles de devoir, mais pourquoi étais-tu à cet endroit là, et armé ?
    - Je suis un trappeur, c’est mon métier et ce qui me permet de vivre…
    - Ah… Cela explique donc ton accoutrement effrayant…
    - J’imagine que tu parles des crânes qui parsèment mon armure… Ils jouent surtout un rôle de protection mais font également peur aux hommes que je poursuis, ils sont vachement utiles, même si, je te l’accorde ils ne doivent pas être très attirants pour une jeune femme… » Daren ne se reconnait plus, cette femme le change… Jamais il n’aurait discuté de la sorte avec quelqu’un d’autre, son regard l’attire inexorablement, tandis que le petit sourire qu’elle lui a accordé pour sa remarque précédente a accéléré son rythme cardiaque…
      - Je compte me rendre à Raiendal, je peux donc te conduire à ton village afin d’assurer ta protection si tu le souhaites…
       - C’est le cas, je te remercie », lui répondit-elle en grelottant légèrement…
« -Tu peux dormir un peu, je monte la garde, on part à l’aube… », dit-il tandis qu’il lui tend sa couverture fraichement sortie de son sac…
« Merci… » lui répondit-elle avec un sourire chaleureux qui le fait fondre, encore un peu plus…  

Une rivière coule non loin de leur campement, Daren en profite pour se laver… Quittant son armure, puis sa tunique, il plonge, nu dans l’eau fraiche… Cynthia l’observe discrètement, découvrant son corps musculeux, couvert de cicatrices, elle  le trouve bien plus attirant qu’elle ne l’aurait cru au premier abord, son regard d’un bleu glacial, son sourire… Daren, se sentant épié, se retourne et croise le regard de la regard de la jolie jeune femme qui rougit en se cachant maladroitement…

Leur voyage vers Raiendal s’est passé à merveille, chaque soir, ils ont poursuivi leur conversation, ont appris à se connaitre petit à petit, se sont rapprochés… Il a fait la connaissance des parents de Cynthia qui ébahis et reconnaissants du sauvetage de leur fille lui ont offert un logis, le temps qu’il en trouve un en ville… De plus, il s’est rendu dans la caserne, et a reçu une grosse somme d’argent pour le meurtre de Barbe-Verte… Mais l’argent n’est pas sa seule récompense, sa réputation l’a précédé, et il a reçu par un messager, une offre d’emploi d’un recruteur de l’armée kaerd… Recevoir un salaire pour traquer les bandits et les prédateurs des environs, le rêve pour Daren car cela allait lui permettre de se payer un logement et de s’établir dans les environs de Raiendal, proche de Cynthia…

***

Quelques mois s’écoulent sans incident, Daren et Cynthia vivent des jours heureux malgré la menace de mort qui pèse sur lui, ils commencent d’ailleurs à entrevoir un mariage en bonne et due forme… Et un jour, un messager a annoncé à Daren qu’il était mandé par le Roi lui même, sa Majesté, intéressé par ses compétences… particulières… Il lui demandait de partir en mission en compagnie du prince Adhémar de Dévéra et de trente-neuf hommes afin de retrouver la cité perdu d’Azzura… Une offre alléchante à souhait, que Daren ne pouvait refuser malgré la peur de se voir séparé de Cynthia… Il faisait partie des dix-neuf chevaliers de la Prophétie de l’Oracle… La suite de l’histoire ? J’imagine que vous la connaissez mieux que moi n’est ce pas ?


Ambitions & Desseins


Tout d'abord, Daren est l'un des dix-neuf chevaliers de la Prophétie de l'Oracle d'Ann'Drah..
Ensuite, il a toujours pour but d'amasser des trophées de chasse, et quelque chose me dit qu'il va se régaler avec l'apparition des créatures fantastiques...
Enfin, sa récente histoire d'amour avec Cynthia va le pousser à protéger ses proches au péril de sa vie contre l'invasion Ordhaleron.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Affirmatif mon Colonel !
Moultipass : MDP validé par pépé

Navré pour l'histoire, elle dépasse (légèrement) les 7000 mots...