Azzura

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Magalie de Sombre

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◈ Missives : 6

◈ Fiche personnage : [url=][/url]

Aventurier
Magalie de Sombre

◈ Mar 11 Juil 2017 - 22:39

◈ Prénom :  Magalie
◈ Nom : de Sombre
◈ Sexe : Femme
◈  ge : 23 ans environ
◈ Date de naissance : Inconnue, sans doute dans les derniers jours de Phra ou les premiers d'Eldra
◈ Race : Sang-mêlé
◈ Ethnie : mélange de Villileär et Inoë
◈ Origine : Seregon, quelque part entre Rhaemond et Eliran
◈ Alignement : True Neutral
◈ Métier : Bergère, coureuse de bois


Magie


Je crois que Porte-Puces est une déesse. C’est l’amie bipède la plus amie des amies bipèdes chiens aussi loin que je me souvienne qu’on se souvienne. Mais c’est aussi la louve la plus belle et amicale que je me souvienne qu’on se souvienne que les louves peuvent être belles et amicales. Ouah, elle court toujours aussi vite !

Zeev, lévrier Sharda

Le principe de la métamorphose est encore très incompris. Généralement, les rares cas se sont manifestés chez des individus proches de la nature - le plus souvent - lors d’émotions fortes ou de circonstances particulières, voire exceptionnelles. Nous comprenons encore mal le fonctionnement de la magie en général, mais cette magie-là semble avoir un inconvénient de taille. Il arrive que des métamorphe restent bloqués dans leur forme animale.

Peut-on vraiment parler de blocage ? Ou manquent-ils seulement d’une bonne raison pour redevenir bipèdes ? Et la métamorphose est-elle toujours totale ? Quid des anciennes légendes d’hommes animaux ?


Essai sur la métamorphose magique

Oui c’est une louve. Non elle n’est pas dangereuse. Elle est parfaitement… dressée. Oui, croyez-moi. Les cicatrices ? Un mauvais traitement en captivité. Le chien nous aide à la canaliser, regardez, ils ne se quittent pas. Non elle ne fait pas la belle. Comment je sais que c’est une femelle ? Je lui ai demandé pardi. Avisez-vous de toucher à sa fourrure et je vous écorche pour lui faire un harnais de votre peau. Quoi ? Un problème ? Alors, vous nous embarquez ou bien ?!

Sadi, passablement en colère



Forces & faiblesses


Forces

- Endurante et rapide
- Dégourdie et futée
- Discrète et efficace

Faiblesses

- Claustrophobe, agoraphobe et trouillarde
- Proie de terreurs nocturnes et d'hallucination mémorielles à caractère horrible et traumatisant
- Insomniaque et distante


Physique


Oh, elle devait pas faire beaucoup plus de cinq pieds. Une tignasse brune indisciplinée, coupée courte. Fine, élancée, si ça avait pas été ses fripes crasseuses on aurait dit une coureuse des bois. Mais l'avait l'air encore un peu trop jeune pour ça. On l'a retrouvée au bord de la route, elle semblait nous attendre. Elle a causé qu'au chef de caravane. Il a dit d'lui filer des bottes. On s'est pas fait prier, vu l'état de ses pieds. Elle aurait couru toute la semaine dans les bois et ça, ma foi, j'veux bien le croire. C'est elle qui nous a prévenu de la présence des bandits. L'estafilade sur sa joue semblait fraîche. On a été plusieurs à se demander si elle leur avait pas échappé avant de nous trouver. En tous cas elle nous a sauvés... Comment ? Où elle est ? Mais comment vous voulez que je le sache, mon brave monsieur. Elle s'est tirée dès que l'alerte a été donnée. Vous pensez bien qu'ils sont venus nous trouver quand même, ces brigands. Bien sûr on a survécu, comme elle nous avait mis en garde. De ? La retrouver ? A la vitesse à laquelle elle a pris la fuite ? Mais vous rigolez, le temps de l'attaque, de s'occuper des morts, de remettre le convois en route... Si elle survécut une semaine dans la cambrousse, pieds nus, alors j'imagine même pas la distance qu'elle a dû parcourir après deux jours de soin et avec des bottes. Parole, je sais pas où elle est cette gamine. Pourquoi, vous lui chercheriez pas des noises, des fois, si ?

Caravanier d'Eliran

Oui oui, brune, cinq pieds et deux pouces, à tout casser. Non, ses cheveux sont un peu plus long que vous le décrivez. Elle s'efface comme un rien dans un groupe, elle cause pas beaucoup faut dire, puis son visage a rien de remarquable sous sa capuche grise. Oui elle a débarqué il y a trois jours, du premier navire en provenance de Seregon. Où elle est maintenant ? Je ne sais pas, elle prenait la direction de la sortie de la ville, on dirait qu'elle aime pas trop y traîner. J'ai pu croiser son regard, des yeux vairons. C'est significatif pour les gens d'ici vous savez ? Mais ils l'ont pas remarquée on dirait. Je sais pas où elle va, ni pourquoi. Elle paraît plus grande qu'elle en a l'air, juchée sur ses longues quilles fines, mais vous y fiez pas, je sais jauger les gens. Celle-là j'aimerais pas la croiser à la course. Vraiment pas. Mauvais plan si vous voyez ce que je veux dire. Enfin elle trouvera facilement un meilleur job que de devoir faire le trottoir, si elle est aussi dégourdie que ce qu'elle en a l'air. Un regard attentif, des mains habiles, souple, discrète. Vous en faites pas.

"Mendiant" d'un port d'Al'Akhab

Oui, haute de trois pieds, le poil blanc comme neige et puis, l’instant d’après, POUF, cinq pieds deux pouces, cheveux aussi blancs que le pelage et le même regard, les mêmes cicatrices que la louve présente l’instant d’avant. A n’y rien comprendre. Puis vous auriez vu la lueur dans ses yeux. Quelque chose de sauvage, d’animal. J’ai eu l’impression d’être toisé par un prédateur en chasse. J’ai recroisé cette fille et ses amis plusieurs fois dans les rues de la basse-ville. Mais le soir c’était la louve avec eux quand ils sont allés embarquer aux ports.

J’espère que la bande de Criker ne leur aura pas causé trop de soucis. On est tous tendus avec les Ordhas qui ont prit le nord du pays. Ils avaient l’air déçu et soulagés à la fois de partir. Sans doute qu’ils ont cherché quelqu’un et qu’ils ont appris qu’il avait survécu en fuyant ailleurs. Puisse la mer être bonne avec ces gens. Louve ou pas, étrange ou pas, je sais reconnaître les yeux d’une élue quand j’en vois.


Un colporteur dans un port de Saan Met



Caractère


Oui, fine, discrète, le regard alerte. Elle est partie dès qu'on l'a équipée. Non, pas causante, pas rassurée à mon avis. En même temps avec vous à ses trousses, ça ne m'étonne pas. Vous dites qu'elle a volé le "trésor de Jonsen" ? Vous savez au moins que cette gemme était à moi avant d'être à lui ?! Vous avez idée du prix qu'elle coûte ?! Rah, si j'avais su, je la lui aurais achetée et elle aurait pu se payer le meilleur de mon matériel. Et bien quoi ? Ne me regardez pas comme ça, manants, mollusques bistrés, crétins protéiformes ! Vous vous attendiez à quoi en venant ici au juste ? Un accueil en fanfare sans doute ? Raté ! Cette gamine est plus futée que toute la bande de Jonsen réunie. Oh oui, allez lui dire, et dites-lui bien que la gamine a une semaine d'avance sur vous et qu'il vous faudra des années pour la rattraper, si vous la rattrapez un jour ! Pas la peine de me faire ces gros yeux, vous vous rappelez qui je suis ? Oui monsieur, la prêteuse sur gage la plus fortunée de tout Rhaemond ! Et vous, bande de petits fot-en-culs merdeux, vous êtes le casse-dalle de mes chiens si vous vous avisez de me menacer encore. C'est ça, allez courir après la fille ! De toutes façon, trouillarde comme elle a l'air d'être, ils ne l'auront sans doute jamais...

Mme Cassandra

Non, non. Vous perdez votre temps, elle a détalé juste comme vous arriviez. Déjà que j'ai pas beaucoup de monde, si en plus vous effrayez ma clientèle. On est à deux pas des bas-quartiers là, elle a pu aller se cacher n'importe où. De quoi ? Claustroqui ? Ah ! La peur d'être prise dans un endroit confiné. Ouais je vois, non alors pas les bas-quartiers. Peut-être plutôt les grandes avenues, l'extérieur de la ville sinon. Vous me dites qu'elle est du genre à courir plutôt vite ? Oui alors sans doute l'extérieur, il y a de nombreux villages dans les environs, des vergers, des tas de planques en plein air. Elle aime pas la foule non-plus ? Et bah, ça doit pas être facile d'être elle. Je sais pas pourquoi vous lui courrez au train mais bon courage en tous cas.

Un tavernier d'une ville portuaire d'Al'Akhab

Oui mon capitaine, deux hommes, la trentaine, avec une sale gueule. Morts mon capitaine, une meute de chacals je dirais. Non mon capitaine, aucune idée de pourquoi ils se sont jetés droit dans la gueule du... Comment ? Oui, oui, une troisième série d'empreinte et des chacals qui semblaient suivre quelque chose, d'après les pisteurs. Sans doute un gibier que les hommes chassaient et que les chacals voulaient aussi. De quoi ? Une fille ? Pour de bon mon capitaine ? Bon, bon, oui mon capitaine, à vos ordres mon capitaine. On va voir si on peut s'assurer qu'elle ait survécu et voir ce qu'elle peut nous apprendre. Vous êtes sûr que votre votre lorgnette était pas... Oui ! Aïe, non mon capitaine, pas sur la t... Aïe ! Votre lorgnette mon capitaine, vous allez l'abîmer pour de bon. Outch !

Un garde d'une ville portuaire d'Al'Akhab

On a de la chance qu’elle sache se tenir peut importe sa forme.
Tu veux dire qu’on a de la chance qu’elle nous aime bien, Karn. T’as vu comment elle a bondi sur le tire-laine dans la ruelle du port ?
Ouais, sans doute. T’en pense quoi, Archi’ ?
Vous me demandez, à moi, de donner mon avis alors que je lui dois la vie ? Il faut que je fasse semble d’être objectif ou… ?
Vu comme ça.
Effectivement, elle nous a sauvé les miches à deux ou trois reprises à l’aller aussi. Bon. Vous pensez que sa maîtresse voudra bien nous engager nous aussi ?
D’façon, si elle veut pas nous engager, je m’attache à Magalie et je reste avec elle quand même. Hors de question de quitter une amie pareille. Elle parle moins que vous deux réunis. Elle est plus douce qu’un nouveau-né et plus féroce qu’une mère ourse.
Point pour Sady.
T’as bien raison Archi. Plus qu’à espérer que la Dame du Sud sera de notre avis…


Archi’, Karn et Sadi, dans la cale d’un transporteur, au chaud autour de Magalie et de Zeev endormis en boule de poil bichromique



Inventaire


Rapide ? C'est rien de le dire. Elle a coiffé Rox au poteau l'autre jour. Ce bougre de vantard a été obligé de s'endetter d'un mois de paye auprès de Mme Cassandra. Du coup, bien sûr, je l'ai équipée la petite, comme Mme l'a demandé. Elle m'a dit "ne la charge pas trop, je veux qu'elle puisse reprendre sa route comme elle le souhaite, mais qu'elle soit mieux dotée qu'avec ces fripes qui doivent avoir plus peur de l'eau que mes chats." Et faut que les chats de Mme sont... enfin bref, je m'égare. Veste coupe-vent, tunique neuve et propre, braies de coureur, bottes en daim, besace, sacoche, des petites poches en bandoulière, des rations de voyage. Comme elle sait pas lire je lui ai appris par cœur la recette de base pour en refaire. Puis un briquet, de l'amadou. Mme a insisté pour lui filer une boussole et une carte, ça faisait tout juste le compte avec le couteau de chasse pour qu'elle puisse se dépatouiller, pis un peu de corde. Si avec ça elle s'en sort pas, alors personne pourra rien pour elle, parce que là, le vent, la neige, la pluie, elle est équipée pour. Pour le reste, je pense que tant que ça ne la rattrape pas, ça devrait aller


Histoire


Ton nom, petite ?
- Magalie, m'sieur.
- Et tu viens d'où dans cet état, Magalie ?
- D'un village dans les montagnes, m'sieur.


Une gamine couverte de boue des pieds aux genoux. Une bergère ou une fille de ferme aux mains calleuses et à l'air effarouché. On dirait une bête aux abois. Elle a refusé de monter dans le chariot, elle préfère rester dehors. J'ai réussi à la faire asseoir le temps que ma fille lui nettoie les pieds et s'occupe de ces sales balafres sur ses joues. Du coup on l'a soignée, recousue même, mais ça laissera une marque. J'ai l'impression que c'était le but, comme une sorte de punition.

Je me rappelle encore, deux jours après l'avoir récupérée, comment elle nous a évité la catastrophe.


M'sieur ?
- Oui Magalie ?
- Vous devriez pas prendre cette route, m'sieur.
- Et pourquoi ça ? Il y a un charmant village sur cette route, tu sais ?
- Plus maintenant, m'sieur.
- Comment ça ?
- Des bandits, m'sieur. Il n'y a plus que des cendres et des cadavres.
- ... Tu en viens, c'est ça ?
- Oui m'sieur.
- A pieds, seule dans les bois ?
- Oui m'sieur.
- Sans provisions sans... rien ?
- Non m'sieur.
- Et ça fait combien de temps ?
- Dix jours, m'sieur.


Voilà. Dix jours perdue dans la cambrousse en solitaire, enfin huit, plus deux depuis qu'on l’a récupérée. Pas de malnutrition. Pas de blessure autre que ses pieds abîmés. Rien. Elle doit avoir dix-huit, dix-neuf ans. Même pas. Enfin grâce à elle on s'est pas jetés dans l'embuscade des bandits. Par contre dès qu'ils sont venus nous attaquer elle a disparu aussi vite qu'elle a pu. J'ai jamais vu quelqu'un courir aussi vite. Parole !


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Ton nom, petite ?
- Magalie, m'dame.
- Bien, Magalie, moi je suis Mme Cassandra, cet établissement de prêt sur gage m'appartient. Tu viens chercher du travail c'est ça ?
- Oui m'dame.
- Qu'est-ce que tu sais faire, Magalie ?
- Courir, m'dame.


Les premiers sourires discrets apparaissent dans les rangs de mes employés. Ils assistent à l'entretien depuis la galerie ou les arcades de chaque côté de la grande salle. La gamine doit avoir moins de la vingtaine et elle a pas l'air rassurée, là, à l'intérieur, avec tous ces gens qui la fixent.

Quoi d'autre ?
- Garder les chèvres, m'dame.


L'hilarité est totale, cette fois, même plus dissimulée. Le visage de la petite se ferme, ses traits se durcissent. Ses poings se serrent.

D'où tu viens ?
- D'un village, dans les montagnes, m'dame.
- Et tu étais donc...
- Bergère.
- Je... vois. Tu es donc partie ?
- Non m'dame. J'ai fui m'dame.
- Fui ? Quoi donc ?
- Un paysan un peu trop pressant sans doute !


Le trait avait fusé depuis Rox, un de mes meilleurs coursiers, parmi les plus rapides. Un fanfaron. Les rires, bien sûr, redoublèrent.

Et bien, quoi donc ?
- Les bandits. M'dame.


Silence. Pesant. Plus rien de drôle à la situation de cette fille qui, retirant sa capuche de misère, dévoile une chevelure brune, coupée courte, crasseuse, des yeux vairons troublants et des joues couturées, blessées de frais. Selon un motif qui ne me parle que trop.

Tu as fui les bandits ?
- Oui m'dame.
- Ils ont eu tout le monde ?
- Oui... m'dame.
- Mais pas toi ?
- Si m'dame. Mais j'me suis échappée.
- Les marques sur tes joues...
Ses pommettes couturées s'empourprent, ses yeux se font brillants. Du chagrin ? De la colère ? De la peur.
- Les bandits, m'dame. Leur chef.
- Tu connais son nom ?
- Non, m'dame.
- Tu pourrais me le décrire ?
- Il avait un bandana noir, avec une main blanche transpercée par un couteau, dessinée dessus.
- Il s'appelle Jonsen. Il est connu par ici. Tu lui a échappé donc ? Tu t'es cachée ?
- Non m'dame. J'ai couru.


Evidemment que Jonsen est connu. C'était mon meilleur coursier avant que j'aie besoin d'engager Rox. Avant qu'il ne se tire avec un gros caillou qui vaut trois fois le village de misère d'où la gamine doit venir. Bétail compris. Jonsen est le coureur le plus rapide et endurant que je connaisse. J'ai du mal à croire que cette petiote l'ait semé.

Et tu as courus longtemps ?
- Huit jours m'dame. Puis j'ai croisé une caravane de marchands, je crois qu'ils ont échappé aux bandits, mais moi j'ai fui encore quand ils sont arrivés, les bandits pas les marchands. Depuis j'ai encore couru deux ou trois jours.


Malpeste, dix jours de course en sauvage ! On dirait qu'elle a quitté son village bouseux la veille. Fiente ! Écrin ajouré, culotte perlée, coureuse de... coureuse, en fait.

Écoute, gamine, j'ai pas de travail pour toi mais j'ai un marché à te proposer. Le grand couillon qui a pondu la remarque fine tout à l'heure, sous les arcades, s'appelle Rox. Il a mis au défi quiconque le voulait de le battre à la course, mettant en jeu un mois plein de son salaire. Salaire que JE lui verse. Si tu gagnes contre lui à la course, c'est à moi qu'il devra l'argent et je t'équiperai le mieux possible pour te permettre de reprendre ta route, pour un montant égal à un mois de son salaire. Tu en dis quoi ?

Elle a accepté. C'est ça le pire. Un regard à Rox, une moue circonspecte, un regard vers moi, un hochement de tête. Je les ai emmenés sur la piste de course, derrière le bâtiment, les coursiers aiment bien se tirer la bourre ici. On a un tableau avec les meilleurs temps de chacun et le meilleur temps de tous. C'est toujours le nom de Jonsen qui est inscrit tout en haut.

C'était.

Rox s'est retrouvé dépassé, purement et simplement. Le record de Jonsen a été pulvérisé, tout aussi simplement. Je doute que quiconque efface le nom de Magalie du haut du tableau avant un moment. Elle est repartie de chez moi comme elle est venue, par la petite porte, en silence. La différence c'est qu'elle était parée pour affronter le dehors et la plupart des imprévus de la route : froid, vent, pluie. Pour le reste, j'imagine que comme ça ne réussira pas à la rattraper ce ne sera pas un vrai problème.


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Nous avons suivi la gamine depuis les montagnes du nord de Rhaemond. A travers tout Seregon, y compris le comptoir de Mme Cassandra, qui a une anicroche avec Jonsen. Le boss veut vraiment son caillou, cette gemme qui semble valoir tellement mais qu'il a jamais utilisée. Clart et moi on traque la petite depuis bientôt quatre ou cinq ans. Dire qu'elle devait pas avoir la vingtaine à l'époque, depuis elle a changé trois fois d'allure. Dure à suivre la gamine. Enfin plus si gamine que ça du coup. Je crois qu'on s'amusera un peu avec elle avant de la ramener à Jonsen, quand on la chopera. Ce qui ne devrait plus tarder.

Elle a fait son campement en dehors de la ville, j'imagine qu'elle espère qu'on ne la trouvera pas avant le matin. Enfin elle a fait deux leurres qu'on a éventés rapidement. Tenace la fille, mais on commence à avoir l'habitude. Cette fois-ci elle ne nous aura p... Dieux ! C'est quoi cette odeur immonde ?

Par les couilles pelées du Grand Torve, une charogne, au milieu de son camp. Elle nous regarde, de loin, elle nous nargue. Ces glapissements, qu'est-ce que... Merde ! Des chacals. Une meute complète, ils nous ont repérés, ils faut chopper la gamine et se tir... pute ! Elle est déjà si loin ? Elle cours plus vite que dans mon souvenir, on ne va pas... on ne... Aïe, non... pas comme ça. Non... Argl...


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Chapitre 2

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On l’a retrouvée. J’ai jamais eu autant le trac de ma vie. Heureusement qu’Archi ne me voit, il se foutrait de ma gueule pour le restant de mes jours. Karn est trop occupé à stresser pour pouvoir se vanter de quoi que ce soit.

Vous êtes conscients qu’à la moindre incartade, la protégée de notre dame disparaîtra hors de votre vue pour toujours, puisque nos cimeterres sont la dernière chose que vous verrez, n’est-ce pas ?

Ce type, ce Sahar, a l’air capable de nous cisailler en deux avant qu’on ai eut le temps de dire “Pas sur la tête.” je suis sûr qu’on cours plus vite que lui, mais il a des copains. Cinq copains. Puis Elle est là. L’ombre que nous traquons depuis si longtemps. Si sauvage dans son regard, qui jure avec la livrée qu’elle porte. Si élancée qu’on dirait qu’elle court alors même qu’elle est immobile, qu’elle nous observe, calmement. Elle nous scrute. je me sens plus nue devant elle que devant Karn la première fois.

Ce regard. L’éclat de son oeil gauche. Tout cela me parle, mais je n’arrive pas à remettre le visage autour. Je l’aurais déjà vue ? Elle, la légende ? Une fois peut-être, dans le camp, après l’attaque du village. Pas longtemps. Depuis je n’ai vu que ses traces, je saurais les reconnaître entre mille. C’est pour ça que nous sommes là. Nous avons reconnu les empreintes de sa course dans le sable. Si je me doutais qu’elle avait trouvé refuge quelque part, pour de bon. Si des gens la protègent maintenant, en plus, heureusement qu’on est passés au plan B.


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C’est qui eux ? Ils lui veulent quouah, à Porte-Puces ? Je comprends pas ce qu’ils disent. Porte-Puces elle bouge et elle montre comme un chien. Comme mouah ! Je sens qu’elle a peur, Porte-Puces ! J’aime pas quand elle a peur. C’est eux ? S’ils s’approchent, j’abouah ! OUAH ! Comme ça !

Ah ! Ils sursautent, Sahar me sourit. Il est d’accord. On les aime pas. OUAH ! Non !


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Jonsen. Il est devenu fou. Nous voulons le renverser. Te libérer de la peur. Nous libérer de son pouvoir.

C’est risqué, ça, ma belle Sady, mais au moins on ne pourra pas nous reprocher de tourner autour du pot.

Vous êtes ses nouveaux traqueurs. ?
Non, gamine, on est ceux qui ont tenu la distance depuis le début, la peur au fesse, à courir aussi vite que possible pour te suivre. A récolter et reconnaître tous les indices pour ne pas te perdre. Au début on voulait l’or de la récompense de Jonsen. Puis on a finit par se demander pourquoi il te lâchait pas.


Elle fronce les sourcils, je reprends à la place de Sady.

On se demande ce que tu as. Qui tu es. On veut juste la réponse à la question. Tu lui as piqué un truc, on le sait, mais est-ce que ça vaut vraiment les fortunes qu’il a dépensées pour te retrouver ? On a mit notre propre plan en place, pour avoir ces réponses-là. On a un ami qui fait le tour de tous ceux qui connaissent ou ont connu Jonsen pour trouver les réponses. Mais il risque de manquer une pièce au puzzle. Toi.

Cartes sur table. J’peux pas mieux faire. On doit gagner sa confiance sinon c’est fichu.

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Sahar.

Il regarde ma porteuse, qui vient de l’interpeller. Il a l’air interrogateur. Il a compris ce que les deux autres ont dit, c’est marqué sur son visage. Il la considère d’un oeil neuf, ma porteuse. Des années de traque, il savait. Des fortunes dépensées pour l’attarper. Il se doutait, un peu. Le voir confirmer, ça lui fait bizarre on dirait.

Je vous retrouverai. Je reviendrai. Dis-le bien à notre maîtresse. J’ai peur que Zeev ne veuille pas ne pas me suivre, par contre.
Tu les crois ? Magalie ! Ce sont des bandits !
Ils ne peuvent pas me mentir. Pas à moi. Tu le sens toi aussi. Regarde leurs visages. On dirait le mien quand vous m’avez recueillie. Ils mangent à peine moins mal que moi à l’époque et courrent à peine moins vite que moi il y a cinq ans. Tu imagine qu’ils sont ceux que j’ai semé dans les ruelles des villes de tous les continents ou presque ? J’ai vu leurs visages, assez souvent pour savoir qu’ils disent vrai. Ils sont aux abois. Si c’est un piège, j’y échapperait. Si ça n’en est pas un, je reviendrai, en paix. Vous êtes la seule famille que j’ai eue de…
De… ?
La seule. Sahar. Prends soin de notre Dame.
Tâche de la ramener en un seul morceau, Zeev. Tu ne survivrais pas à la douleur de sa perte et je ne suis pas sûr qu’on serait bien vaillants après non plus. D’accord ?


Zeev, ce brave lévrier à l’air de parfaitement comprendre qu’il va pouvoir courir des semaines durant avec Magalie et grogner sur tous ceux qui tenteront de lui faire du mal. Il en a même l’air ravis. Sahar, quant à lui, toise Sady et Karn, nos anciens traqueurs. Nos nouveaux alliés ? J’espère que tu ne fais pas une bêtise, Porteuse. Sincèrement, je l’espère;

Si elle devait ne pas revenir, vous, ne revenez pas en ces terres. Jamais.


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Voilà bien six semaines qu’on court. Derrière elle. Je vois qu’elle et le lévrier se retiennent. Je la respecte pour tout ce que j’ai découvert sur elle pendant le voyage. Elle est comme un fauve qu’on aurait apprivoisé. Enfin, on, pas nous. Cette Dame du Sud, sans doute. Nous, on survit dans son sillage. Nous n’avons jamais eut faim ni soif grâce à elle. Elle nous a mené, sans doute pas à dessein, dans des lieux où elle nous a déjà échappée. Pas à dessein parce que ce sont juste les lieux les plus adaptés à un camp que je connaisse et je doute qu’elle ai l’esprit aussi retord.

Elle parle peu. Nous aussi. Parfois, cependant, à la nuit tombée, nous discutons toute une heure d’affilée. Le temps passe comme une flèche dans ces moments-là. Nous lui parlons de nous. Elle nous parle d’elle. D’elle, avant. Nous seront sur Seregon demain. Là on est sur un bâteau. On peut parler un peu plus. Le capitaine, c’est drôle, nous connaît tous les trois. Ils nous a transportés, elle d’abord entre deux continents, nous fuyant, nous ensuite, entre deux autres continents, la poursuivant.


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Sadi, Karn,

Retrouvez-moi chez Madame Cassandra.

Archi’

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Oui, c’est possible.
Non.
Si, gamine. Jonsen a eut une vie avant de te courir après. Même avant de me voler mon caillou, un peu moins de vingt ans avant ta naissance. Et une partie de cette vie, je le sais, il l’a passée avec une Elfe. Une amourette en cachette, mais on s’entendait bien à l’époque, alors à moi, il l’a dit. Ils avaient couru ensemble dans la forêt. Il l’avait charmée. Il était jeune et beau encore, même à l’intérieur. Elle devait avoir le même âge que lui. Ne te ferme pas. J’ai vu tes oreilles quand tu es venue ici. Je me suis tue. Tu n’avais pas besoin de ça en plus. Montre-les nous, s’il-te-plaît.


Réticente, elle relève ses cheveux. Dieux, des oreilles pointues. On dirait une elfe. Une foutue Elfe comme celle qui venait parfois avec sa bande à elle, voir Jonsen. Bon sang, quand on disait qu’ils s’aiment pas comme deux qui ont baisé et qui se sont fâchés, on le pensait pas vraiment. Merde. MERDE. MERDE. Ce serait sa fille ! PUTAINS VEROLEES !

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Ils commencent tous à réaliser. Qui elle est. S’ils savaient ce que je suis, moi. Moi son trophée depuis des années. Ils m’ont encore tous oubliés. Mais la mère comme le père se moquent de leur fille. Je n’ai pas toujours appartenu à Madame Cassandra. Après tout elle m’a acheté à Jonsen quand elle l’a recruté, et elle l’a bien roulé. Quant à Jonsen, il ne m’a pas achetée, lui. Il m’a trouvée, dans un temple de bois et de fougères, quelque part dans la forêt. Juste assez loin d’un village Villileär pour ne pas se faire attraper.

Maintenant, devinez d’où vient la mère de ma Porteuse et amie ? Allez, je vous donne en mille les raisons de leurs dissensions, de leurs disputes et de l’enfance solitaire de Magalie dans un village de montagne étrangement calme et épargné par les bandits jusqu’à un certain jour. Jusqu’à un certain ultimatum donné par une certaine mère. Jonsen aurait bien voulu amadouer son ex-chère et tendre avec le sang de leur sang et la chair de leur chair. Si seulement sa fille ne s’était pas enfuie avec l’objet réel de leur convoitise à tous les deux.

Cet Archi est bien renseigné. Il sait de quoi il parle, il a travaillé son biscuit un moment et ça se voit. Magalie commence par se fermer, par se tendre, par avoir envie de fuir. Puis la colère arrive. Elle enrage de n’être qu’un jouet d’influence entre deux géniteurs qui n’ont jamais vraiment prêté attention à elle jusqu’à ce qu’elle puisse servir de leurre pour cacher un objet précieux. Je sens la colère gronder en elle. Je sens l’étincelle de la rage allumer, enfin, cette force à laquelle elle s’était assourdie depuis plus d’un an maintenant. Tout n’est pas encore écrit.


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Ce que nous faisons, Archi’ ? Mais rien, enfin. Enfin vous, du moins. J’ai les choses en main vois-tu. Vous êtes mes invités.

Elle claque des doigts, les portes se ferment. Mince ! On s’est fait roulés par celle sur qui on pensait pouvoir compter pour rouler Jonsen. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle veut ? Pas nous livrer à lui quand même ? Une minute, c’est qui l’elfe qui vient de sortir de l'alcôve ?

Vous avez prit la bonne décision, Madame Cassandra. Mais vous en savez trop vous-même.

Bon sang, comment elle peut bouger si vite ?! On dirait qu’elle traverse les ombres. Mince de mince ! Tout ce sang, elle l’a pas ratée. Qui sont ces types qui sortent des coins ? D’autres elfes ? Mais ils sont pas censés être pacifistes ? Zut de zut de zut de zut, elle me regarde, je vais jamais réussir à esquiver sa

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Rien n’est encore écrit.

En tous cas, je m’efforce d’y croire. Les cadavres dans la salle sont trop nombreux à mon goût. J’ai pas été spécialement irréprochable de mon vivant mais, bon sang, là c’était un massacre. Puis Zeev et Magalie ne sont pas restés en arrière. Foutre et chancre ! Karn tire une de ces gueules. On s’attendait pas à repartir de là après avoir affronté des Sylvains et avoir vu Magalie se transformer en louve blanche. Chancre et foutre. En LOUVE. Elle est mage ? Bordel, depuis quand ?

Si on l’avait rattrapée et qu’elle nous avait sauté à la gorge, on aurait fait comment ? Elle porte quand même les cicatrices en travers de la gueule, même transformée. Je sais pas pourquoi elle reste comme ça et elle redevient pas humaine, ou quoi qu’elle soit. Chancre, une sang-mêlée. Jonsen devait avoir la mère sur le dos et il flippait sa race de devoir la retrouver avant qu’elle ne l’étripe. Enfin si c’est elle, la mère, celle qui traverse les ombres et répand du sang partout, je suis heureuse que Magalie ait pas hésité à lui broyer le bras entre ses crocs. Une vraie… bête sauvage !

Je crois que j’ai vraiment peur pour la première fois depuis longtemps maintenant. On est passés par le camp de Jonsen hier. Il a reculé devant la louve et le chien. Il nous a demandé ce qu’on faisait là. On lui a dit ce qu’il était arrivé chez Madame Cassandra. Devant tout le monde. Quand on est repartis il avait ses propres hommes au cul. Archi ne lâche plus Magalie d’une semelle, si elle n’avait pas attrapé la flèche au vol, en se jetant vers sa… Chancre, vers sa MERE, avant de se transformer, il serait épinglé sur un mur de la salle.

Une LOUVE.

Foutre et chancre !


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Porteuse.
Louve blanche comme la neige et pure comme le matin.
Enfant bâtarde, née de deux coureurs des bois, plus rapide que la somme des parties, plus noble que leur entier potentiel. Plus vive. Plus forte. Plus belle à sa propre manière; Je suis avec elle même si elle est transformée. C’est de la magie, de la vraie magie comme j’en ai plus vue depuis des éons.

Elle est adulte maintenant. Elle a trouvé son totem. Pourtant sa course ne s’arrête pas. Ils repartent vers sa protectrice, à elle. Ils espèrent tous, Sadi, Karn et Archi, trouver refuge chez elle. La course ne s’arrête jamais. Ses poursuivants sont différents désormais. Les Elfes sont une toute autre menace. Ses nouveaux protecteurs semblent décidés à la suivre en enfer. Une bonne chose, car ils y passeront si vous me demandez mon avis.


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Maîtresse,
Comme nous le pensions, votre fille est une métamorphe. Les bandits que nous avons payé pour les intercepter dans les ruelles du port ont été mis en déroute. Comme vous le préconisiez, nous nous sommes servis d’eux pour jauger de la force de ses suivants et de la sienne. Elle n’a rien, en louve, du petit animal apeuré qu’on nous avait décrit.

Quelque chose a changé en elle. Ses cheveux ont blanchis. Ce n’est plus seulement une proie. J’ai bien peur que récupérer l’objet de notre quête ne soit plus compliqué que prévu.

Arssann

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Merde. Elle a beau ne toujours pas avoir reprit son apparence hum… son apparence normale, j’ai l’impression que c’est la même. Elle ne parle pas beaucoup moins qu’avant finalement. C’est toujours aussi simple de comprendre ce qu’elle veut. Bon sang, elle court toujours aussi vite; Un qui a l’air ravis, c’est le chien. Quant à nous, plus qu’à espérer qu’on puisse s’expliquer avant de se faire découper par Sahar s’il vous voit arriver sans elle. Pourvu qu’elle reprenne son apparence d’ici là. Pourvu qu’on les retrouve, déjà. Depuis le temps, Al’Akhab a été conquise par les Ordha. Chienlit infesté. C’est la tuile.

Où ont-ils bien pu aller ?




Ambitions & Desseins



Retrouver Khadija.
Se débarasser de ses nouveaux poursuivants.
Retrouver Khadija.
Essayer de vivre enfin paisiblement.
Trouver l’usage de ce que peut être un “ami”.
Rester avec Khadija.
Comprendre comment fonctionne sa magie.

Bonus : faire comprendre à Zeev qu’il est adorable mais que c’est seulement un ami.




Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui
Moultipass : Ok par pépé Calim

C’est chouette de revenir =)