Azzura

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Magalie de Sombre - Vagabonde

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◈ Missives : 10

◈ Âge du Personnage : 23
◈ Alignement : Neutre bon
◈ Race : Sang-Mêlé
◈ Ethnie : Vil
◈ Origine : Rhaemond
◈ Localisation sur Rëa : Raiendal
◈ Magie : Métamorphose en louve blanche
◈ Lié : Khadija Al-Khâtib ibn Idris al Mussâ
◈ Fiche personnage : Magalie de Sombre - Vagabonde

Héros
Magalie de Sombre

◈ Mar 11 Juil 2017 - 22:39

◈ Prénom :  Magalie
◈ Nom : de Sombre
◈ Sexe : Femme
◈  Âge : 23 ans environ
◈ Date de naissance : Dernière nuit de Phra 67, à la louche
◈ Race : Sang-mêlé
◈ Ethnie : mélange de Villileär et Inoë
◈ Origine : Seregon, quelque part entre Rhaemond et Eliran
◈ Alignement : True Neutral
◈ Métier : Bergère, coureuse de bois


Magie




C’moi qu’sait l’mieux, ‘lors c’moi qu’raconte.

J’l’ai vue changer pendant qu’n’était chez Madame Cassandra. Archi’ était sur l’point de r’cevoir une flèche dans l’coffre et personne n’aurait pu l’empêcher, sauf elle. J’ai vu une forme bouger à la lisière de mon champ d’vision et j’ai pu capter s’transformation. Elle a les ch’veux qui sont d’venus courts et blancs. Son visage s’t’allongé et couvert de p’lage d’la même couleur. Ses vêt’ments s’sont déchirés ou sont tombés. L’a jailli d’eux comme d’un cocon où l’ aurait trop longtemps attendu. T’son corps ‘tait dev’nu c’lui d’un loup et s’tait couvert de p’lage. J’ai rien vu, promesse ! Sady m’tuerait si c’tait l’cas.

L’a happé la flèche ent’ ses crocs et l’a brisée net avant d’tterrir souplement sur le sol. Jamais j’rai pensé qu’un loup puisse b’ger si vite, puis j’me suis rap’lé qu’c’tait elle. Après ça l’est restée louve plusieurs s’maines, même sur l’bâteau. L’a pas l’air d’pouvoir s’transformer c’m’elle veut d’près c’qu’elle dit.


Karn



Forces & faiblesses


Forces

On a de la chance qu’elle sache se tenir peu importe sa forme.
- Tu veux dire qu’on a de la chance qu’elle nous aime bien, Karn. T’as vu comment elle a bondi sur le tire-laine dans la ruelle du port ?
- Ouais, sans doute. T’en pense quoi, Archi’ ?
- Vous me demandez, à moi, de donner mon avis alors que je lui dois la vie ? Il faut que je fasse semblant d’être objectif ou… ?
- Vu comme ça.
- Effectivement, elle nous a sauvé les miches à deux ou trois reprises à l’aller aussi. Bon. Vous pensez que sa maîtresse voudra bien nous engager nous aussi ?
- D’façon, si elle veut pas nous engager, je m’attache à Magalie et je reste avec elle quand même. Hors de question de quitter une amie pareille. Elle parle moins que vous deux réunis. Elle est plus douce qu’un nouveau-né et plus féroce qu’une mère ourse. Elle court plus vite qu’un lévrier et elle peut se glisser hors du camp et y revenir sans qu’on s’en rende compte même alors qu’on dort pas encore.
- Point pour Sady.
- T’as bien raison Archi. Plus qu’à espérer que la Dame du Sud sera de notre avis…


Archi’, Karn et Sadi, dans la cale d’un transporteur, au chaud autour de Magalie et de Zeev endormis en boule de poil bichromique

Faiblesses

Ça va ton bras ?
- Oui, merci Sadi
- Quelle idée de t'affoler et de te débattre comme ça aussi ?
- J’ai fais un cauchemar.
- Quel genre ?
- Genre j’étais enfermée chez Madame Cassandra, avec des Elfes en colère, mais il n’y avait aucune porte et j’étais couverte de chaînes.
- C’est pour ça que tu t’es affolée ?
- … Oui. J’aime pas être enfermée. Je l’ai jamais été, sauf par Jonsen.
- Tu fais souvent des cauchemars ?
- Toutes les nuits depuis cinq ans.
- Depuis c… Oh. Depuis…
- Vous m’avez aidé à en finir avec Jonsen, Sadi. Je ne l’oublie pas. N’oublie pas qu’il a fallu cinq ans pour ça.
- Je ne l’oublie pas. Tu nous en veux encore.
- Je vous en veux. Je vous en voudrai toujours. Mais je vous en veux moins qu’à d’autres.
- Tu nous pardonnera un jour ?
- Tu peux frapper un chien cinq ans, puis être la plus attentionnée du monde avec lui le reste de ses jours. Il ne te mordra peut-être pas, mais il n’oubliera pas pour autant. Lève encore la main sur lui et il t’arrachera le bras. Ça s’appelle la rancune. C’est aussi profondément ancré en moi, dans le noir, que les cauchemars. Tu peux méditer là-dessus.


Sadi et Magalie, pendant une pause, autour du pansement propre du bras de Magalie.



Physique



On venait d’arriver chez les Shardas pour vous chercher. Forcément, se pointer là-bas avec un loup blanc aux yeux vairons qui porte de telles cicatrices, ça fait poser des questions. C’est dans les ports, quand on est tombés sur un vieil ermite fanatique, qu’elle s’est r’transformée. Le type a fait un bondit d’au moins un pied en arrière et a demandé à Magalie si elle était un des loups du Seigneur, venu marcher parmi les hommes pour veiller sur son troupeau.

Elle était presque nue. En fait elle était nue, mais avec ses cheveux noirs qui sont devenus blancs et ils étaient assez longs pour tomber sur sa poitrine. Immédiatement le vieux lui a proposé son manteau et lui a demandé pardon d’avoir laissé sa colère parler. Il doit avoir une pièce qui a fondu. Je me suis rendu compte qu’après qu’elle lui avait sourit et, elle a des crocs, genre vraiment, m’dame. Des crocs miniature, mais c’pas des dents d’humains ou d’elfe, ou alors mon oncle était pas arracheur de dents et il m’a menti toute sa vie.

En tous cas j’peux vous dire, m’dame Khadija, qu’tous ses poils sont dev’nus blancs. Comme si elle avait retenu sa magie trop longtemps en elle. Je trouve même qu’elle en a plus qu’on pourrait s’y attendre, de poils j'veux dire. Entre ses cheveux et le reste, j’ai rien vu quand je l’ai vue nue dans la ruelle. Même pas sa… Enfin. Voilà.


Sadi

Mais si elle existe j’te dis Sergent ! Cinq pieds, des cheveux blancs, un œil de la couleur de la terre et l’autre du ciel. Fine, elle bouge comme un rêve, tu sais, un rêve qui court. Ces nuits où tu te déplace tellement vite que tu touche pas le sol. Là c’est pareil, mais même quand elle court pas.
- C’est pas un loup alors, c’est une fille que tu m’décris là. Une Elfe, avec les cheveux blancs et les yeux d’not’ seigneur.
- Non, NON ! Elle a le sourire du loup. Les crocs du loups, cette lueur de prédateur dans le regard. Elle te regarde comme si elle savait qu’elle n’avait pas besoin de te craindre. Et puis je l’ai vue se transformer ! Avant c’était un loup, avec ces cicatrices comme elle a elle aussi, en croix en travers du visage et les mêmes yeux !
- Transformée ?
- Oui, elle est arrivée avec trois types, sans doute ses disciples maintenant que j’y pense ! Ils la suivaient en parlant, un lévrier avec eux. Puis elle s’est transformée, là, DEVANT MOI !
- Oui, j’avais saisis, arrête de crier.
- Pardon Sergent. Mais voilà, un loup, long de cinq pieds, haut de deux, avec un poil blanc comme la neige et une bonté, cette bonté dans le regard. C’est ce qui fait que je l’ai reconnue tu sais. Tu peux la regarder dans les yeux, elle te rendra ton regard, elle te jaugera, te pèsera sur la balance divine et tu verras, dans ses yeux, le reflet de ton âme ! Elle ne te crains pas, ni moi, ni plus personne. Elle m’a regardé comme une sœur regarde son petit frère crotté qui rentre enfin d’avoir joué au lieu de prier. Elle est venue pour nous aimer, Sergent !


Mendiant fou, dans le poste de garde de la ville, sans doute sous opium, à un sergent fatigué et dubitatif, plus ou moins au milieu de la nuit.



Caractère



Et là, elle a regardé le vieux fou dans sa ruelle, qui lui tendait son manteau crasseux et miteux. Elle l’a pris, l’a revêtu et elle lui a dit “Je te vois, vieil homme. Je sais la douleur de ton peuple, conquis par les démons. Va, portes la parole dans le cœur des hommes. Dis-leur que les loups du Seigneur les libéreront des Ordhalerons. Dis leur bien, aussi, que le troupeau du Seigneur, que VOUS, êtes un troupeau de loups.”
- Vous êtes sûrs que c’est bien la même ? Je l’ai cotoyée des semaines, jamais elle n’a prononcé une phrase aussi longue pour un autre que Zeev !
- Ce n’est pas exact, Sahar
- Maîtresse ?
- Un jour, elle m’a parlé de la ville. J’ai fais noté ces paroles pour ne pas les oublier. J’ai cru que j’avais brisé un barrage et que les mots ne s'arrêteraient jamais de couler de ses lèvres.


Archi, Sahar et Khadija

La ville est un jeu. Les rues pleines de monde sont des couloirs dans lesquels les gens se précipitent pour aller d'un lieu à un autre, ou flânent et ralentissent les autres sans le vouloir. Il y a les ruelles vides et sombres qui inquiètent le quidam et les grandes allées bondées qui étouffent les âmes solitaires. Les gens se déplacent sur leurs pieds mais ils ne savent pas les utiliser. Ils prétendent marcher alors qu'ils rampent et se traînent. Ils prétendent courir alors qu'ils marchent en flânant entre les étals de leur vie.

La poussière abreuve le vent qui l'envoie rejoindre le ciel. Elle peint les murs et les recouvre d'or au levant et d'amarante au couchant. L'air est sec, comme une route en plein soleil. Les ombres meurent le jour durant pour revivre quand la nuit vient disputer sa suprématie à la lumière. Là, elles dansent de longues heures, partenaires languides dans une valse qui traverse milles couleurs, le rouge mourant en mauve et bleus pour laisser le gris de l'aube se moirer d'un éclat qui, aussi beau qu'il soit, n'égale pas celui de tes yeux.

La ville est belle pour qui sait la voir. C'est un terrain de jeu amusant et nul ne m'y poursuit encore., mais je suis vigilante. Les rues n'ont pas senti mes pieds depuis des lunes, tant les toits sont plus amusants à arpenter. Ta ville est vivante, Khadija. Vue de dessus, on dirait une plaine crevassée par une fourmilière, avec des centaines de petites silhouettes affairées en tous sens, mais elle est différente aussi. Il n'y a pas de bagarre dans une fourmilière. Pas de meurtre, de vol ou de peur. Toutes les fourmis travaillent pour la même raison. Dans le même but. Pas les hommes. Quand Zeev ne peut plus me suivre et qu'il a besoin de se reposer, je vais sans lui sur les toits pour m'aérer. J'aime la vue, le plaisir du vent dans mes cheveux et la paix qu'on ressent, hors de vue des balourds qui me convoitent du coin de l'œil, parce que je suis blanche et que mes yeux sont vairons.

Dis-moi que nous ne resterons pas ici toute la vie, que tu me permettras de bouger et de courir encore. J'aime ta compagnie, ton odeur et ta douceur, mais un jour je connaîtrais ces lieux par cœur et, si ce n'est pas l'ennui qui vient me cueillir, le danger me rattrapera. Je ne veux pas fuir en te laissant derrière moi. Les hommes et les femmes qui en ont après moi retrouveront ma trace, un jour ou l'autre. En cinq ans jamais ils ne l'ont vraiment perdue. Jamais.


Magalie à Khadija





Inventaire


Un long manteau brun sans manches, ruiné, une jupe de combat ample et une tunique ouverte sur les côtés. Au moins si elle se transforme encore ça se défera mais on pourra les ramasser autrement qu’en lambeaux. Non, plus de manches, c’est pas la peine. Elle ne transporte plus aucun sac sur elle, aucune sacoche, rien qui puisse entraver ses mouvements. Même pas une ceinture qui ne soit pas un foulard noué. Il faut pouvoir remplacer ses vêtements facilement pour ceux qu’on ne peut pas sauver quand elle change.


Histoire


Ton nom, petite ?
- Magalie, m'sieur.
- Et tu viens d'où dans cet état, Magalie ?
- D'un village dans les montagnes, m'sieur.


Une gamine couverte de boue des pieds aux genoux. Une bergère ou une fille de ferme aux mains calleuses et à l'air effarouché. On dirait une bête aux abois. Elle a refusé de monter dans le chariot, elle préfère rester dehors. J'ai réussi à la faire asseoir le temps que ma fille lui nettoie les pieds et s'occupe de ces sales balafres sur ses joues. Du coup on l'a soignée, recousue même, mais ça laissera une marque. J'ai l'impression que c'était le but, comme une sorte de punition.

Je me rappelle encore, deux jours après l'avoir récupérée, comment elle nous a évité la catastrophe.


M'sieur ?
- Oui Magalie ?
- Vous devriez pas prendre cette route, m'sieur.
- Et pourquoi ça ? Il y a un charmant village sur cette route, tu sais ?
- Plus maintenant, m'sieur.
- Comment ça ?
- Des bandits, m'sieur. Il n'y a plus que des cendres et des cadavres.
- ... Tu en viens, c'est ça ?
- Oui m'sieur.
- A pieds, seule dans les bois ?
- Oui m'sieur.
- Sans provisions sans... rien ?
- Non m'sieur.
- Et ça fait combien de temps ?
- Dix jours, m'sieur.


Voilà. Dix jours perdue dans la cambrousse en solitaire, enfin huit, plus deux depuis qu'on l’a récupérée. Pas de malnutrition. Pas de blessure autre que ses pieds abîmés. Rien. Elle doit avoir dix-huit, dix-neuf ans. Même pas. Enfin grâce à elle on s'est pas jetés dans l'embuscade des bandits. Par contre dès qu'ils sont venus nous attaquer elle a disparu aussi vite qu'elle a pu. J'ai jamais vu quelqu'un courir aussi vite. Parole !


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*

Ton nom, petite ?
- Magalie, m'dame.
- Bien, Magalie, moi je suis Mme Cassandra, cet établissement de prêt sur gage m'appartient. Tu viens chercher du travail c'est ça ?
- Oui m'dame.
- Qu'est-ce que tu sais faire, Magalie ?
- Courir, m'dame.


Les premiers sourires discrets apparaissent dans les rangs de mes employés. Ils assistent à l'entretien depuis la galerie ou les arcades de chaque côté de la grande salle. La gamine doit avoir moins de la vingtaine et elle a pas l'air rassurée, là, à l'intérieur, avec tous ces gens qui la fixent.

Quoi d'autre ?
- Garder les chèvres, m'dame.


L'hilarité est totale, cette fois, même plus dissimulée. Le visage de la petite se ferme, ses traits se durcissent. Ses poings se serrent.

D'où tu viens ?
- D'un village, dans les montagnes, m'dame.
- Et tu étais donc...
- Bergère.
- Je... vois. Tu es donc partie ?
- Non m'dame. J'ai fui m'dame.
- Fui ? Quoi donc ?
- Un paysan un peu trop pressant sans doute !


Le trait avait fusé depuis Rox, un de mes meilleurs coursiers, parmi les plus rapides. Un fanfaron. Les rires, bien sûr, redoublèrent.

Et bien, quoi donc ?
- Les bandits. M'dame.


Silence. Pesant. Plus rien de drôle à la situation de cette fille qui, retirant sa capuche de misère, dévoile une chevelure brune, coupée courte, crasseuse, des yeux vairons troublants et des joues couturées, blessées de frais. Selon un motif qui ne me parle que trop.

Tu as fui les bandits ?
- Oui m'dame.
- Ils ont eu tout le monde ?
- Oui... m'dame.
- Mais pas toi ?
- Si m'dame. Mais j'me suis échappée.
- Les marques sur tes joues...
Ses pommettes couturées s'empourprent, ses yeux se font brillants. Du chagrin ? De la colère ? De la peur.
- Les bandits, m'dame. Leur chef.
- Tu connais son nom ?
- Non, m'dame.
- Tu pourrais me le décrire ?
- Il avait un bandana noir, avec une main blanche transpercée par un couteau, dessinée dessus.
- Il s'appelle Jonsen. Il est connu par ici. Tu lui a échappé donc ? Tu t'es cachée ?
- Non m'dame. J'ai couru.


Evidemment que Jonsen est connu. C'était mon meilleur coursier avant que j'aie besoin d'engager Rox. Avant qu'il ne se tire avec un gros caillou qui vaut trois fois le village de misère d'où la gamine doit venir. Bétail compris. Jonsen est le coureur le plus rapide et endurant que je connaisse. J'ai du mal à croire que cette petiote l'ait semé.

Et tu as courus longtemps ?
- Huit jours m'dame. Puis j'ai croisé une caravane de marchands, je crois qu'ils ont échappé aux bandits, mais moi j'ai fui encore quand ils sont arrivés, les bandits pas les marchands. Depuis j'ai encore couru deux ou trois jours.


Malpeste, dix jours de course en sauvage ! On dirait qu'elle a quitté son village bouseux la veille. Fiente ! Écrin ajouré, culotte perlée, coureuse de... coureuse, en fait.

Écoute, gamine, j'ai pas de travail pour toi mais j'ai un marché à te proposer. Le grand couillon qui a pondu la remarque fine tout à l'heure, sous les arcades, s'appelle Rox. Il a mis au défi quiconque le voulait de le battre à la course, mettant en jeu un mois plein de son salaire. Salaire que JE lui verse. Si tu gagnes contre lui à la course, c'est à moi qu'il devra l'argent et je t'équiperai le mieux possible pour te permettre de reprendre ta route, pour un montant égal à un mois de son salaire. Tu en dis quoi ?

Elle a accepté. C'est ça le pire. Un regard à Rox, une moue circonspecte, un regard vers moi, un hochement de tête. Je les ai emmenés sur la piste de course, derrière le bâtiment, les coursiers aiment bien se tirer la bourre ici. On a un tableau avec les meilleurs temps de chacun et le meilleur temps de tous. C'est toujours le nom de Jonsen qui est inscrit tout en haut.

C'était.

Rox s'est retrouvé dépassé, purement et simplement. Le record de Jonsen a été pulvérisé, tout aussi simplement. Je doute que quiconque efface le nom de Magalie du haut du tableau avant un moment. Elle est repartie de chez moi comme elle est venue, par la petite porte, en silence. La différence c'est qu'elle était parée pour affronter le dehors et la plupart des imprévus de la route : froid, vent, pluie. Pour le reste, j'imagine que comme ça ne réussira pas à la rattraper ce ne sera pas un vrai problème.


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Nous avons suivi la gamine depuis les montagnes du nord de Rhaemond. A travers tout Seregon, y compris le comptoir de Mme Cassandra, qui a une anicroche avec Jonsen. Le boss veut vraiment son caillou, cette gemme qui semble valoir tellement mais qu'il a jamais utilisée. Clart et moi on traque la petite depuis bientôt quatre ou cinq ans. Dire qu'elle devait pas avoir la vingtaine à l'époque, depuis elle a changé trois fois d'allure. Dure à suivre la gamine. Enfin plus si gamine que ça du coup. Je crois qu'on s'amusera un peu avec elle avant de la ramener à Jonsen, quand on la chopera. Ce qui ne devrait plus tarder.

Elle a fait son campement en dehors de la ville, j'imagine qu'elle espère qu'on ne la trouvera pas avant le matin. Enfin elle a fait deux leurres qu'on a éventés rapidement. Tenace la fille, mais on commence à avoir l'habitude. Cette fois-ci elle ne nous aura p... Dieux ! C'est quoi cette odeur immonde ?

Par les couilles pelées du Grand Torve, une charogne, au milieu de son camp. Elle nous regarde, de loin, elle nous nargue. Ces glapissements, qu'est-ce que... Merde ! Des chacals. Une meute complète, ils nous ont repérés, ils faut choper la gamine et se tir... pute ! Elle est déjà si loin ? Elle court plus vite que dans mon souvenir, on ne va pas... on ne... Aïe, non... pas comme ça. Non... Argl...


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Chapitre 2

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On l’a retrouvée. J’ai jamais eu autant le trac de ma vie. Heureusement qu’Archi ne me voit pas, il se foutrait de ma gueule pour le restant de mes jours. Karn est trop occupé à stresser pour pouvoir se vanter de quoi que ce soit.

Vous êtes conscients qu’à la moindre incartade, la protégée de notre dame disparaîtra hors de votre vue pour toujours, puisque nos cimeterres sont la dernière chose que vous verrez, n’est-ce pas ?

Ce type, ce Sahar, a l’air capable de nous cisailler en deux avant qu’on ai eut le temps de dire “Pas sur la tête.” je suis sûr qu’on court plus vite que lui, mais il a des copains. Cinq copains. Puis Elle est là. L’ombre que nous traquons depuis si longtemps. Si sauvage dans son regard, qui jure avec la livrée qu’elle porte. Si élancée qu’on dirait qu’elle court alors même qu’elle est immobile, qu’elle nous observe, calmement. Elle nous scrute. je me sens plus nue devant elle que devant Karn la première fois.

Ce regard. L’éclat de son oeil gauche. Tout cela me parle, mais je n’arrive pas à remettre le visage autour. Je l’aurais déjà vue ? Elle, la légende ? Une fois peut-être, dans le camp, après l’attaque du village. Pas longtemps. Depuis je n’ai vu que ses traces, je saurais les reconnaître entre mille. C’est pour ça que nous sommes là. Nous avons reconnu les empreintes de sa course dans le sable. Si je me doutais qu’elle avait trouvé refuge quelque part, pour de bon. Si des gens la protègent maintenant, en plus, heureusement qu’on est passés au plan B.


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C’est qui eux ? Ils lui veulent quouah, à Porte-Puces ? Je comprends pas ce qu’ils disent. Porte-Puces elle bouge et elle montre comme un chien. Comme mouah ! Je sens qu’elle a peur, Porte-Puces ! J’aime pas quand elle a peur. C’est eux ? S’ils s’approchent, j’abouah ! OUAH ! Comme ça !

Ah ! Ils sursautent, Sahar me sourit. Il est d’accord. On les aime pas. OUAH ! Non !


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Jonsen. Il est devenu fou. Nous voulons le renverser. Te libérer de la peur. Nous libérer de son pouvoir.

C’est risqué, ça, ma belle Sady, mais au moins on ne pourra pas nous reprocher de tourner autour du pot.

Vous êtes ses nouveaux traqueurs. ?
- Non, gamine, on est ceux qui ont tenu la distance depuis le début, la peur au fesse, à courir aussi vite que possible pour te suivre. A récolter et reconnaître tous les indices pour ne pas te perdre. Au début on voulait l’or de la récompense de Jonsen. Puis on a finit par se demander pourquoi il te lâchait pas.


Elle fronce les sourcils, je reprends à la place de Sady.

On se demande ce que tu as. Qui tu es. On veut juste la réponse à la question. Tu lui as piqué un truc, on le sait, mais est-ce que ça vaut vraiment les fortunes qu’il a dépensées pour te retrouver ? On a mit notre propre plan en place, pour avoir ces réponses-là. On a un ami qui fait le tour de tous ceux qui connaissent ou ont connu Jonsen pour trouver les réponses. Mais il risque de manquer une pièce au puzzle. Toi.

Cartes sur table. J’peux pas mieux faire. On doit gagner sa confiance sinon c’est fichu.

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Sahar.

Il regarde ma porteuse, qui vient de l’interpeller. Il a l’air interrogateur. Il a compris ce que les deux autres ont dit, c’est marqué sur son visage. Il la considère d’un oeil neuf, ma porteuse. Des années de traque, il savait. Des fortunes dépensées pour l’attarper. Il se doutait, un peu. Le voir confirmer, ça lui fait bizarre on dirait.

Je vous retrouverai. Je reviendrai. Dis-le bien à notre maîtresse. J’ai peur que Zeev ne veuille pas ne pas me suivre, par contre.
- Tu crois ces bandits.
- Ils ne peuvent pas me mentir. Regarde leurs visages. On dirait le mien quand vous m’avez recueillie. Ils mangent à peine moins mal que moi à l’époque et courent à peine moins vite que moi il y a cinq ans. Tu imagine que je les ai semés dans les ruelles des villes de tous les continents ou presque ? J’ai vu leurs visages, assez souvent pour savoir qu’ils disent vrai. Ils sont aux abois. Si c’est un piège, j’y échapperait. Dans tous les cas, je reviendrai. Vous êtes la seule famille que j’ai eue de…
- De… ?
- La seule. Sahar. Prends soin de notre Dame.
- Zeev ! (Ouah ?) Tâche de la ramener en un seul morceau. (Wouh !) Brave. (*jappements joyeux débordants d’allégresse devant ce compliment d’un autre monde venant de Sahar*)


Zeev, ce brave lévrier à l’air de parfaitement comprendre qu’il va pouvoir courir des semaines durant avec Magalie et grogner sur tous ceux qui tenteront de lui faire du mal. Il en a même l’air ravis. Sahar, quant à lui, toise Sady et Karn, nos anciens traqueurs. Nos nouveaux alliés ? J’espère que tu ne fais pas une bêtise, Porteuse. Sincèrement, je l’espère;

N’essayez même pas de ramener une mauvaise nouvelle à dame Khadija.


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Voilà bien six semaines qu’on court. Derrière elle. Je vois qu’elle et le lévrier se retiennent. Je la respecte pour tout ce que j’ai découvert sur elle pendant le voyage. Elle est comme un fauve qu’on aurait apprivoisé. Enfin, on, pas nous. Cette Dame du Sud, sans doute. Nous, on survit dans son sillage. Nous n’avons jamais eut faim ni soif grâce à elle. Elle nous a mené, sans doute pas à dessein, dans des lieux où elle nous a déjà échappée. Pas à dessein, parce que ce sont juste les lieux les plus adaptés à un camp que je connaisse et je doute qu’elle ai l’esprit aussi retord.

Elle parle peu. Nous aussi. Parfois, cependant, à la nuit tombée, nous discutons toute une heure d’affilée. Le temps passe comme une flèche dans ces moments-là. Nous lui parlons de nous. Elle nous parle d’elle. D’elle, avant. Nous seront sur Seregon demain. Là on est sur un bâteau. On peut parler un peu plus. Le capitaine, c’est drôle, nous connaît tous les trois. Ils nous a transportés, elle d’abord entre deux continents, nous fuyant, nous ensuite, entre deux autres continents, la poursuivant.


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Sadi, Karn,

Retrouvez-moi chez Madame Cassandra.

Archi’

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Oui, c’est possible.
- Non.
- Si, gamine. Jonsen a eut une vie avant de te courir après. Même avant de me voler mon caillou, un peu moins de vingt ans avant ta naissance. Et une partie de cette vie, je le sais, il l’a passée avec une Elfe. Une amourette en cachette, mais on s’entendait bien à l’époque, alors à moi, il l’a dit. Ils avaient couru ensemble dans la forêt. Il l’avait charmée. Il était jeune et beau encore, même à l’intérieur. Elle devait avoir le même âge que lui. Ne te ferme pas. J’ai vu tes oreilles quand tu es venue ici. Je me suis tue. Tu n’avais pas besoin de ça en plus. Montre-les nous, s’il-te-plaît.


Réticente, elle relève ses cheveux. Dieux, des oreilles pointues. On dirait une elfe. Une foutue Elfe comme celle qui venait parfois avec sa bande à elle, voir Jonsen. Bon sang, quand on disait qu’ils s’aiment pas comme deux qui ont baisé et qui se sont fâchés, on le pensait pas vraiment. Merde. MERDE. MERDE. Ce serait sa fille ! P... !

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Ils commencent tous à réaliser. Qui elle est. S’ils savaient ce que je suis, moi. Moi son trophée depuis des années. Ils m’ont encore tous oubliés. Mais la mère comme le père se moquent de leur fille. Je n’ai pas toujours appartenu à Madame Cassandra. Après tout elle m’a acheté à Jonsen quand elle l’a recruté, et elle l’a bien roulé. Quant à Jonsen, il ne m’a pas achetée, lui. Il m’a trouvée, dans un temple de bois et de fougères, quelque part dans la forêt. Juste assez loin d’un village Villileär pour ne pas se faire attraper.

Maintenant, devinez d’où vient la mère de ma Porteuse et amie ? Allez, je vous donne en mille les raisons de leurs dissensions, de leurs disputes et de l’enfance solitaire de Magalie dans un village de montagne étrangement calme et épargné par les bandits jusqu’à un certain jour. Jusqu’à un certain ultimatum donné par une certaine mère. Jonsen aurait bien voulu amadouer son ex-chère et tendre avec le sang de leur sang et la chair de leur chair. Si seulement sa fille ne s’était pas enfuie avec l’objet réel de leur convoitise à tous les deux.

Cet Archi est bien renseigné. Il sait de quoi il parle, il a travaillé son biscuit un moment et ça se voit. Magalie commence par se fermer, par se tendre, par avoir envie de fuir. Puis la colère arrive. Elle enrage de n’être qu’un jouet d’influence entre deux géniteurs qui n’ont jamais vraiment prêté attention à elle jusqu’à ce qu’elle puisse servir de leurre pour cacher un objet précieux. Je sens la colère gronder en elle. Je sens l’étincelle de la rage allumer, enfin, cette force à laquelle elle s’était assourdie depuis plus d’un an maintenant. Tout n’est pas encore écrit.


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Ce que nous faisons, Archi’ ? Mais rien, enfin. Enfin vous, du moins. J’ai les choses en main vois-tu. Vous êtes mes invités.

Elle claque des doigts, les portes se ferment. Mince ! On s’est fait roulés par celle sur qui on pensait pouvoir compter pour rouler Jonsen. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle veut ? Pas nous livrer à lui quand même ? Une minute, c’est qui l’elfe qui vient de sortir de l'alcôve ?

Vous avez prit la bonne décision, Madame Cassandra. Mais vous en savez trop vous-même.

Bon sang, comment elle peut bouger si vite ?! On dirait qu’elle traverse les ombres. Mince de mince ! Tout ce sang, elle l’a pas ratée. Qui sont ces types qui sortent des coins ? D’autres elfes ? Mais ils sont pas censés être pacifistes ? Zut de zut de zut de zut, elle me regarde, je vais jamais réussir à esquiver sa fl...

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Rien n’est encore écrit.

En tous cas, je m’efforce d’y croire. Les cadavres dans la salle sont trop nombreux à mon goût. J’ai pas été spécialement irréprochable de mon vivant mais, bon sang, là c’était un massacre. Puis Zeev et Magalie ne sont pas restés en arrière. Foutre et chancre ! Karn tire une de ces gueules. On s’attendait pas à repartir de là après avoir affronté des Sylvains et avoir vu Magalie se transformer en louve blanche. Chancre et foutre. En LOUVE. Elle est mage ? Bordel, depuis quand ?

Si on l’avait rattrapée et qu’elle nous avait sauté à la gorge, on aurait fait comment ? Elle porte quand même les cicatrices en travers de la gueule, même transformée. Je sais pas pourquoi elle reste comme ça et elle redevient pas humaine, ou quoi qu’elle soit. Chancre, une sang-mêlée. Jonsen devait avoir la mère sur le dos et il flippait sa race de devoir la retrouver avant qu’elle ne l’étripe. Enfin si c’est elle, la mère, celle qui traverse les ombres et répand du sang partout, je suis heureuse que Magalie ait pas hésité à lui broyer le bras entre ses crocs. Une vraie… bête sauvage !

Je crois que j’ai vraiment peur pour la première fois depuis longtemps maintenant. On est passés par le camp de Jonsen hier. Il a reculé devant la louve et le chien. Il nous a demandé ce qu’on faisait là. On lui a dit ce qu’il était arrivé chez Madame Cassandra. Devant tout le monde. Quand on est repartis il avait ses propres hommes au cul. Archi ne lâche plus Magalie d’une semelle, si elle n’avait pas attrapé la flèche au vol, en se jetant vers sa… Chancre, vers sa MERE, avant de se transformer, il serait épinglé sur un mur de la salle.

Une LOUVE.

Foutre et chancre !


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Porteuse.
Louve blanche comme la neige et pure comme le matin.
Enfant bâtarde, née de deux coureurs des bois, plus rapide que la somme des parties, plus noble que leur entier potentiel. Plus vive. Plus forte. Plus belle à sa propre manière; Je suis avec elle même si elle est transformée. C’est de la magie, de la vraie magie comme j’en ai plus vue depuis des éons.

Elle est adulte maintenant. Elle a trouvé son totem. Pourtant sa course ne s’arrête pas. Ils repartent vers sa protectrice, à elle. Ils espèrent tous, Sadi, Karn et Archi, trouver refuge chez elle. La course ne s’arrête jamais. Ses poursuivants sont différents désormais. Les Elfes sont une toute autre menace. Ses nouveaux protecteurs semblent décidés à la suivre en enfer. Une bonne chose, car ils y passeront si vous me demandez mon avis.


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Maîtresse,
Comme nous le pensions, votre fille est une métamorphe. Les bandits que nous avons payé pour les intercepter dans les ruelles du port ont été mis en déroute. Comme vous le préconisiez, nous nous sommes servis d’eux pour jauger de la force de ses suivants et de la sienne. Elle n’a rien, en louve, du petit animal apeuré qu’on nous avait décrit.

Quelque chose a changé en elle. Ses cheveux ont blanchis. Ce n’est plus seulement une proie. J’ai bien peur que récupérer l’objet de notre quête ne soit plus compliqué que prévu.

Arssann

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Merde. Elle a beau ne toujours pas avoir reprit son apparence hum… son apparence normale, j’ai l’impression que c’est la même. Elle ne parle pas beaucoup moins qu’avant finalement. C’est toujours aussi simple de comprendre ce qu’elle veut. Bon sang, elle court toujours aussi vite; Un qui a l’air ravis, c’est le chien. Quant à nous, plus qu’à espérer qu’on puisse s’expliquer avant de se faire découper par Sahar s’il vous voit arriver sans elle. Pourvu qu’elle reprenne son apparence d’ici là. Pourvu qu’on les retrouve, déjà. Depuis le temps, Al’Akhab a été conquise par les Ordha. Chienlit infesté. C’est la tuile.

Où ont-ils bien pu aller ?




Ambitions & Desseins



Retrouver Khadija.
Se débarrasser de ses nouveaux poursuivants.
Retrouver Khadija.
Essayer de vivre enfin paisiblement.
Trouver l’usage de ce que peut être un “ami”.
Rester avec Khadija.
Comprendre comment fonctionne sa magie.

Bonus : faire comprendre à Zeev qu’il est adorable mais que c’est seulement un ami.




Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui
Moultipass : Ok par pépé Calim

C’est chouette de revenir =)


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◈ Missives : 2158

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mer 9 Aoû 2017 - 12:33

Bon retour parmi nous ! Super content que tu reviennes !!!

Tu connais un peu les lieux. Parchemins des héros pour le journal, Antichambre pour les rp, etc etc !!! :3