Azzura

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Frasey Alkeryndria

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◈ Missives : 1

◈ Âge du Personnage : 33 ans
◈ Alignement : Chaotique Neutre
◈ Fiche personnage : [url=][/url]

Aventurier
Frasey Alkeryndria

◈ Mer 19 Juil 2017 - 20:45

◈ Prénom :  Frasey
◈ Nom : Alkeryndria
◈ Sexe : Femme
◈ Âge : 33 ans ( Comme vous savez qui)
◈ Date de naissance : Le 6 ème jour d’Auldera, en 57.
◈ Race : Elear Maggle
◈ Ethnie : De l’aube
◈ Origine : Seregon
◈ Alignement : Chaotique neutre
◈ Métier : Voleuse- Mésange

 
Magie


Magiquement cool.

 
Compétences, forces & faiblesses


 
 
Forces:
 
*Agile: De corps et d’esprit
*Passe facilement inaperçue quand elle le décide.
*Ne brille pas au soleil
 
Faiblesses:
*Lâche
*Pas vraiment loyale
*aime mettre le nez dans les ennuis et ne maîtrise pas toujours le flot de ses paroles
 
 

 
Physique


 
Au début on me trouve jolie, je vous jure. Croyez moi, ça dure pas bien longtemps. Il semblerait qu’à chaque fois que j’ouvre la bouche, je ne puisse pas m'empêcher de blaser les gens. Non pas que ça me dérange, mais parfois je me demande ce que ça me ferait de correspondre au bon vieux cliché de l’elfe délicate et fascinante. Un peu comme ma mère quoi. On partage la taille haute et la finesse des membres, mais mes cheveux sont aussi sombres que les siens sont blonds. Et longs. Car les miens, je les ai coupé après avoir failli me faire prendre lors d’un cambriolage. Ma natte s’était coincé dans la fenêtre et la seule manière que j’ai trouvé d'échapper à mes poursuivants fut un grand coup de couteau. Dans les cheveux hein, pas dans les gars.
 
J’ai la peau tout pâlichonne, du genre neige et tralala. Je rougis pas facilement ceci dit.  Des yeux bruns et une bouche qui se plisse pour un oui ou pour un non. Un joli nez pointu, et une peau douce comme du satin. D’après la mère Farfa, j’ai toujours la tronche de quelqu’un qui s’apprête à faire une bêtise.  Mes mains sont fines et agiles, j'ai souvent les doigts qui pianotent, sur des meubles ou dans la poche des gens,
 
J’ai aussi des oreilles d’elfes.  Ouais, sans déc’.
 

 
Caractère


 
 
C’est pas que je suis égoïste, c’est surtout que j’ai jamais aimé partager.  Je me sors de situations sans trop de problème et quelques personnes un peu loufoques me trouvent étrangement marrante. Je les comprends, je peux être hilarante quand j’ai envie. Il m’arrive d’ailleurs de me faire rire moi-même. Car évidemment, j’ai beaucoup de talent.  Ne criez pas à la vantardise, je suis juste réaliste. Je réalise tout ce que j’entreprends. Si j’échoue, c’est que de toute façon je ne le voulais pas vraiment.
 
Et un autre truc chouette chez moi, c’est que je suis un peu le domac d’azzura, tolérance, tout ça, unis dans l’adversité. Venez comme vous êtes.  J’en ai rien à faire de votre race ou de votre classe. Moi, tout ce que je veux c’est être tranquille. Et faire mes trucs.
 
Sinon le courage, c’est une qualité un peu surfaite je trouve. J’ai certainement pas l’intention de me sacrifier pour la veuve et l’orphelin. Mais ne vous inquiétez pas, je suis pas si mauvaise. Durant leurs trépas je prendrai bien le soin de leur expliquer pourquoi je ne peux pas m’en mêler. Ça va  le savoir vivre, je gère.
 
Je suis pas du genre à vraiment sur-penser les trucs. Disons que si ça m’ennuie, euh, je n’y pense plus. Et c’est tout.
 

 
Inventaire


 
Une combinaison noire et moulante, faite sur mesure et qu’elle a dû payer un certain prix. Beaucoup plus pratique pour se faufiler dans les recoins les plus étroits.
Une cape à capuche, resserrée à la taille par un bouton en bois et surmontée d’une ceinture contenant des machins utiles. Tel que de la corde, un jeu d’aiguilles, et autres babioles.

 
Histoire


 
 
 
 
Il est né le divin enfant
 
Il pleuvait. Évidemment. La pluie dégoulinait toujours lorsque les enfants naissaient. Le soleil ne pointait pas à l’horizon. La seule chose que l’on pouvait apercevoir était le dépotoir alentour. Une sorte de bidonville où ceux aux longues oreilles déambulaient  le visage baissé, la crasse maculant les restes de leur beauté ancestrale.  La joliesse avait laissé place à la saleté. Et une ravissante jeune femme elfe donnait la vie à son premier et unique enfant. Ses vêtements n’étaient pas beaux. Son mari non plus. Mais la pression de sa main délicate dans la sienne démontrait la puissance de l’amour qui les unissaient. Leur monde c’était eux deux. Deux elfes de l’aube qui se suffisaient  à eux-mêmes et qui clamaient leur attachement en invitant une toute petite créature aux cheveux bruns dans ce monde peu accueillant.
 
-Frasey.
 
 
 
 
*
*   *
 
 
Larmes et Larmoyance
 
Les mots qui se jetaient contre son visage grave, pareils à des coups de poings assénés avec violence. Ils lui clamaient leur dégoût, leur haine de sa différence. Rester fier. Ne pas baisser la tête.  Les cheveux savamment noués en arrière, Deliran ne laissait pas tomber les traditions. Ses  bras forts entouraient sa fluette épouse et leur fillette. Les immondices filaient autour de leur corps qui se glissaient sans précipitation à travers la ruelle. Les cils d’Enira dissimulaient les billes aqueuses qui perlaient au coin de ses yeux. Les bras serrés autour de Frasey, laquelle enfouissait son visage laiteux dans la maigre poitrine de sa mère. Une tresse dans sa chevelure peignée avec amour, ses lèvres rougeâtres exhalait un souffle de brume à chacune de ses expirations. Deliran ne disait mot. La fermeté de son embrassade communiquait à Enira le courage dont elle manquait intrinsèquement.  Les insultes, de plus en plus violentes, bondissaient dans les airs et faisaient tressaillir Frasey à chaque vocifération.
 
Enfin, leur mansarde se dressait sur le bout du chemin caillouteux. Leurs tourmenteurs, lassés sans doute, commençaient à rebrousser chemin. Ne restait que ceux dont les breuvages avaient ravagé la conscience. Comment expliquer autrement alors le déchaînement de violence qui allait suivre suite au regard défiant d’une enfant. Il s’agissait probablement de l’insulte de trop. Peut être était-ce dû au tiraillement de la faim. Au manque de patience d’une enfant qui regardait ses parents souffrir jour après jour. Ou alors seulement, à la graine d’impertinence qui se trouvait déjà au creux de son cœur. A l’insolence de la commissure de ses lèvres. Ou tout simplement aux moqueries que son regard proférait alors qu’elle ne pouvait dire mot.  Il avait dû le lire, l’autre, l’ivrogne. Le dédain pour lui et ses comparses qui dansait dans le regard sombre de la fillette. Ses iris dardés sur eux, les jugeant plus violemment que n’aurait pu le faire un miroir poli. Le reflet de son âme flétrie qu’il aperçut ce jour la lui fut probablement insupportable. Alors il leva une main sale, aux ongles encrassés et poussa le visage de la fillette avec autant de force que son fiel le lui permettait. Il le claqua durement, et seul les yeux exorbités de Frasey le ramenèrent à la réalité.
 
Mais il était trop tard.
 
Deliran était un homme fier. Un homme d’honneur, il pouvait s’habituer à la pauvreté, laisser le peu de nourriture qu’il parvenait à amasser à ceux qui en avaient plus besoin que lui. Ses seules richesses étaient sa conduite digne et sa famille. Il ne toléra pas l'événement. Enira avait immédiatement resserré sa prise sur son enfant alors que son époux repoussait violemment l’homme qui venait d'agresser la fillette . Les vreens s’amassaient autour de l’elfe de l’aube. Le premier coup le fit chanceler, et lorsqu’une botte s’écrasa sur son dos mince, il s’effondra au sol. Les hommes s’acharnaient sur lui, le rouant de coup de pieds. Les hommes ivres s’excitaient de plus belle, riant et l’injuriant tandis que son épouse pleurait et suppliait. Que Frasey restait silencieuse, serrant de toutes ses maigres forces ses maigres poings contre la robe de sa mère. Sentant la douleur et la peur lui étreindre la gorge et la poitrine. Sa mère lui maintenait le visage d’une main en poussant toutes les supplications possibles. Alors que Deliran était traîné par une horde hurlante et moqueuse, qui proféraient des insanités tandis qu’un nœud coulant venait d’être jeté au dessus de la branche d’un arbre sombre et dense.
 
Lorsqu’Enira comprit leur intention, il était déjà trop tard. Qu’aurait-elle pu y faire de toute façon. Une femme elfe et sous alimentée, face à un troupeau d’hommes imbibés et violents. Elle lâcha immédiatement Frasey qui pu l’observer courir, supplier et agripper. Rouler au sol et se relever, inlassablement. Hurlant et pleurant. Puis enfin pousser le cri de douleur le plus atroce que Frasey entendrait de toute sa vie. Assise sur le sol, les yeux sombres dardés sur le corps de son père qui se balançait lamentablement, la fillette ne bougea pas un muscle.  Puis enfin, le calme retomba. Comme si les gens comprenaient enfin l’acte qu’ils venaient de commettre. Seul troublait le silence les pleurs d’une pitoyable femme elfe. Ils s’en allèrent. Tous sauf un. L’ivrogne qui avait frappé l’enfant. D’abord, lentement,  il s’approcha de Frasey et la prit dans ses bras. Et peut-être  par repentance, comme s’il effleurait enfin son implication dans la déferlante de violence qui venait de se produire, il apporta la fillette et la déposa auprès de sa mère. Comme l’on déposerait des fleurs sur un cercueil.
 
 
*
*   *
 
Agitation en gestation
 
“Ça”,  c’était mon enfance, racontée par des troubadours soit saouls ou exalté. Probablement les deux. En soi, c’était pas très éloigné de la vérité. Surtout si l’on omettait la partie idiote sur la pureté de mon regard. Mon regard n’était pas pur. Et j’étais probablement plus troublée par les résidus de morve qui s’étalaient sous le nez de Carvon  que par sa prétendue malignité.  Parce qu’il s’appelait Carvon. C’était pas un mauvais bougre d’ailleurs, je vous jure. Et j’avais jamais été une grande fan de ces prétendues vengeances que l’on devait poursuivre jusqu’à la mort. D’autant que c'était apparemment long une vie d’elfe, et que j’étais probablement beaucoup plus humaine dans ma façon de penser qu’elfique et stylée. Mais soit. Il nous avait ramené chez nous, avait pris soin de nous quelques temps, et enfin nous avait conseillé de suivre la suite de la reine qui rentrait à la capitale. Erin, l’amie des elfes.  Pour la première fois depuis des semaines, les yeux vides de ma mère avaient repris un peu de couleur  à la mention du surnom de la monarque. Elle s’accrochait  à cette idée comme au bord d’un précipice. Son délice semblait être de collecter toutes les histoires qui vantaient la bonté de la jeune femme. Elle l’idolâtrait d’une telle manière que s’en était un peu effrayait, parlant d’elle comme d’une déesse sensée protéger notre race. Je dois bien avouer qu’elle n’avait plus vraiment toute sa tête mais  utilisait le peu de contact avec la réalité qui lui restait en s’enthousiasmant pour un départ à Caelcis. Alors Carvon nous souhaita bon vent.
 
Le Cealcis dream ne tenait pas vraiment ses promesses. La faim nous tenaillait le ventre et l’estomac, et ma mère, pauvre femme,  n’avait trouvé comme seul moyen de subsister que de commencer enfin à travailler. Elle avait signé un contrat indéterminé pour un emploi stable et relativement bien rémunéré. Elle embrassait la condition féminine en écartant les jambes. Mais on était au chaud et plutôt bien logées. Elle avait  pu me garder auprès d’elle à condition que je me fasse toute petite. Ou sinon, moi aussi je devrais travailler.  Étrangement, ça me tentait moyen comme idée.
 
La maison, close, était un nid douillet. Je me faisais houspiller par la matrone de temps à autre et j’avais le loisir d’observer ma mère déambuler dans les couloirs avec l’air d’une héroïne tragique. Elle buvait déjà plus que de raison en ce temps la. Ça se voyait à peine toutefois. Son regard devenait vague et un sourire triste se dessinait sur son joli visage.  Elle riait parfois, me prenait dans ses bras et me racontait des histoires lorsque je n’esquivais pas ses étreintes qui me mettaient mal à l’aise. Dans d’autres occasions, elle s’endormait sur son lit qui empestait les odeurs corporelles, murmurant dans ce sommeil qu’elle trouvait si difficilement. Alors souvent, je me glissais derrière les fauteuils lors des soirées et j’écoutais les clients débiter leurs sornettes aux filles de joie. C’était fascinant la facilité avec laquelle on pouvait faire gober n’importe quoi à n’importe qui. Certes, certaines des catins ne brillaient pas réellement par un intellect sur-développé. Pour être honnête, leurs facultés intellectuelles se rapprochaient probablement plus du gobelin attardé que de l’un de mes frères de sang éduqué sur l'île des mirages.  Mais les bobards atteignaient leur apogée lorsqu’ils étaient proférés par des malotrus ivres et puants.  Et quand les odeurs et les bruits parvenaient à leur summum, je remontais dans ma chambre et me faisait la malle par la fenêtre. Elle donnait juste au dessus de l’écurie, et d’un bond souple, j'atterrissais sur le toit et pouvait parvenir au sol rapidement. C'était la remontée qui n’était pas une mince affaire, mais en ce temps-là  je commençais déjà à maîtriser l’escalade et prendre la poudre d’escampette était mon hobby favori.
 
Une fille seule au milieu de la nuit n'était pas une excellente idée, alors comme dans la taverne, j’apprenais à me faufiler sans bruit. A me glisser dans la pénombre pour vaquer à mes occupations et passer inaperçue. A plusieurs reprises, j’échappais de peu à des affrontements. On me prenait à parti, ou un homme un peu saoul tentait de me “faire découvrir les plaisirs de la vie”. Mais l’alcool étant mon ami, d’une poussée ou d’un croche-patte, je pouvais souvent faire tomber au sol les hommes titubants. Et puis je leur piquais des trucs. Au début, c'était simplement par jeu. Après tout, ils me dérangeaient non? Une jeune fille fragile méritait bien compensation. Et puis par la suite, je pense que j’y ai simplement pris goût. Je ne faisais plus seulement les poches aux ivrognes, mais également aux passants. J’avais arrêté l'expérience consistant à dérober aux clients de la Maison.  La matrone m’ayant foutu la raclée de ma vie lorsqu’elle s’en était rendue compte. Je la revoyais encore, me tenant par les cheveux et me postillonnant au visage tandis que ses grandes mains de bûcheronnes m’assenaient des taloches bien trop grande pour ma petite gueule. Ma mère n’avait même pas bronché. Et moi j’avais souri sous la douleur. Ça lui avait plu à la maquerelle.  Je crois qu’au fond, elle m’aimait vraiment bien.
 
Enfin bref, me demander de raconter des trucs, à moi, en suivant un fonctionnement linéaire et sans digression, c’était un peu débile.  Je continuais mes escapades sans trop de problèmes donc, jusqu’au jour où je commis une légère erreur qui faillit me coûter cher.  Car voyez vous, j’ai eu le malheur de naître avec une plutôt belle gueule. Nez droit et fin, bouche pulpeuse, grand yeux chocolat. Si on rajoute le côté exotique de l’elfe, je vous laisse imaginer. Certes, pas au point qu’on se retourne sur mon passage, non. Assez pour que la matrone tente de me convaincre de m’ouvrir à de nouveaux horizons professionnels.  “Au lieu d’aller vagabonder de ci, de la, comme une bonne à rien”. De toute façon, je m’arrangeai pour que l’on ne fasse pas attention à moi. Mais bien assez pour éveiller la libido de deux  individus. J’aurais d’ailleurs probablement passé un sale quart d’heure si un groupe de la garde du roi n’était pas passé à proximité de la ruelle probablement en route pour la taverne. Un œil au beurre noir et une tunique bonne à jeter aux ordures furent mes seuls châtiments.
 
Par conséquent, j’avais fini par prendre la mesure des propos de la mère Farfa et après moult aberrations, j’avais décidé de gagner un peu de flouz en faisant mes armes en tant que serveuse dans la taverne du coin. Après tout, mes petits larcins ne me rapportaient pas grand chose à l’époque, dévaliser la nuit me semblait plus très pratique au  vu de ma récente aventure et j’aimais bien m’acheter des trucs. Les clients étaient divisés en deux catégories selon moi, les “ça passe” et les “putain de merde”. Les ça passe étaient la majorité, surtout avant la tombée du jour. Les putain de merde se manifestaient lorsque trop d’alcool avait coulé. Principalement des ivrognes un peu trop centrés sur la bagarre ou qui tentaient de me tripoter. Je pouvais tout de même gérer. Mais au bout de quelques mois, une nouvelle catégorie fit son apparition. Pour ne pas choquer les bonnes âmes, je me contenterai de l’euphémisme “Fils de Chienne”, ou FdC pour abréger.
 
La première fois que j’eus affaire à un FdC, il était entouré par 4 de ses comparses. Bien entendu, puisqu’un FdC était principalement caractérisé par la grandeur de ses opinions, à condition qu’il soit entouré d’une bande de débile du même acabit. Ce soir la, la taverne était inhabituellement peuplée. Des groupements de voyageurs ayant fait escale dans la capitale, je déambulais de part et d’autres pour prendre les commandes et apporter des boissons. J’avais tressé mes longs cheveux bruns en une grande natte qui me traînait dans le dos pour plus de praticité et j’allais et venais avec une demi douzaine de choppes dans les mains à chaque fois. Une de mes oreilles frémit lorsqu’une tablée commanda ses premières bières, et d’un geste de la tête, l’aubergiste me fit signe de leur apporter les cinq verres qui étaient déjà préparés sur le bar. En avançant vers eux, je m’étais déjà aperçue de leur manière étrange de me dévisager, ils se chuchotaient des trucs à voix basses. Je déposai rapidement leur commande sur la table et au moment de continuer mon travail, l’un d’eux s’écria:
 
-Comme si j’allais boire ça.
 
Je l’avisai perplexe, et lâchai avec énormément de charisme dans le regard et dans la voix:
-Hein?
 
Ils échangèrent des coups d’œil et le FdC reprit:
-Comme si j’allais boire un truc que t’avais apporté. Tu as probablement souillé la boisson juste par ta présence
-Mais qu’est ce qu’il raconte celui la encore... Ouais j’ai mis du jus de Frasey dedans, délicieux, miam miam.
Les cinq hommes me faisaient face, me regardant avec dégoût Je finis par soupirer:
-Bah écoute.. Si t’as pas soif, tu bois pas mon frère.
-Qu’est ce que tu dit, catin?
 
Au moment où j’allais saisir les choppes pour les ramener au comptoir, celui qui s’échauffait me repoussa violemment, me jetant à terre et renversant la moitié de la bière au passage. Le brouhaha se calma subitement tandis que l’attention des autres clients se reportait sur nous. Ma tête avait heurté durement le sol lors de ma chute et je me redressai péniblement  lorsque le FdC m’écrasa sa botte sur le thorax, forçant un bruit sourd à s'échapper de ma poitrine.
 
-Une vermine comme toi n’as rien à faire ici. immondice, pour qui te prends tu à ne pas respecter des humains.
 
La pression s’intensifiait alors qu’il me piétinait plus durement.
-Une elfe.  Quel détritus. Moi je dis que les seuls bons elfes, ce sont des elfes morts!
 
Un peu secouée par sa finesse d’analyse, des deux mains j’essayais de repousser sa jambe immonde de mon torse. Je ne parvenais même pas à me dégager. La seule chose à laquelle je parvenais penser c’était le monde était tombé sur la tête. Que cet individu venait chez moi* pour m’insulter et me faire du mal,  et que j’étais presque impuissante. Presque.
 
-Ben moi je dis, qu’un elfe vivant, c’est pas mal aussi. Et puis regarde toi mon grand, a jeter des jolies filles au sol. Quand on te dit qu’il faut toute les faire tomber. C’était pas à prendre au sens propre hein.
 
Il m’a regardé comme si je lui parlais gobelin. Tandis que les autres clients s’esclaffaient comme pour relâcher la pression. C’était probablement plus simple que de me donner un coup de main...
 
-Ben oui. Je comprends que je t’attire tout ça et que je suis super occupée. Mais la prochaine fois, pour obtenir mon attention, fais comme tout le monde, une petite claque sur le cul. Regarde Ralf, ça fait trois mois qu’il vient jour après jour. Au grand dam de sa femme. Et il prends toujours le soin de ma saluer convenablement.
-Ouais, même que son petit cul, il est bien ferme sous ma main, précisa ledit Ralf, romantique à ses heures perdues.
 
Des rires gras retentirent pendant que je profitais de la perplexité du FdC pour m’extirper de sous sa botte.
-Et puis en soi, t’es même pas si laid que ça t’sais. Deux trois pustules en moins, et avec suffisamment d’alcool de vigne dans le sang, y aurait grave moyen pour que je t’embrasse de loin et dans le noir.
 
L’hilarité était enfin à son comble  et finalement sur mes pieds, j’époussetai ma tunique  tout en continuant à déblatérer:
 
-Surtout que franchement, comparé à Jalquin, tu pues pas tant que ça. Deux ou trois graines de muscade dans les narines, et ton odeur me préviendrait à peine de ton arrivée. Donc pas besoin de toutes ces simagrées.
-Mais qu’est ce que tu dis sale chienne?
 
Bon à défaut d’être très forte, j’ai toujours été plutôt rapide et prompt à l’esquive. Et c’est sans trop de problème que j’ai pu contourner le coup qu’il tentait de m’assener au visage. Ses compagnons se dressaient derrière lui, unis dans le courage et la connerie face à une elfe si terrifiante.
 
-Wow, c’est quoi ton petit nom à toi? Parce que c’est pas en me caressant ma petite gueule d’amour avec le poing que tu parviendras à me faire grimper aux rideaux, hein. Je sais pas pourquoi, moi je trouve que t’as une tête à t’appeler Vlarg ou Shlarg. T’aurais pas des origines gobelines par hasard?
 
Les clients se pliaient de rire en deux.
 
-C’est vrai qu’il a un petit air hein!  Mi homme mi gobelin haha!  Bien dit Frasey!
 
Le gaillard était poussé à bout. Et c’était pas comme si le tavernier me serait d’une quelconque utilité. J’avais travaillé suffisamment longtemps ici pour comprendre qu’il n’aimait pas les problèmes et considérait que rien ne le regardait tant que ça ne mettait pas son argent en danger. Mais je fus tirée de ce mauvais pas par l’arrivée d’un groupement de soldat du roi dans l’établissement. J’en connaissais quelques uns et me précipitai à leur rencontre tandis qu’ils me demandaient familièrement de leur apporter de quoi se désaltérer. Le groupe de FdC s’élança vers la porte et le plus agité me bouscula sans vergogne.
-Tu perds rien pour attendre sale elfe.
-Ouais c’est ça, ciao bisou.
 
Je faisais genre que j’en avais rien à faire, mais mon cœur battait à tout rompre alors que je me baladais de table en table. Je connaissais ce genre de regard haineux. Je voyais déjà une corde se balancer sur la branche d’un arbre. J’ai dit au patron que je devais rentrer, et il devait se sentir coupable de ne pas avoir bronché lors de l’altercation car il ne balança qu’une ou deux phrases au sujet de la difficulté de trouver de bons employés de nos jours.
*
*   *
Chasse et Pêche
 
Je sais pas trop ce que vous savez des elfes. Probablement plus que moi de toute façon. Mais les insultes racistes commençaient à se faire de plus en plus nombreuses et de plus en plus violentes. La matrone du bordel avait mis une raclée phénoménale à des hommes qui avait bousculé ma mère. Et je commençai à sentir qu’il était temps de prendre la tangente.  Du coup je mettais des écus de côté afin de faire un long voyage vers des contrées plus vertes. Mon activité de serveuse et ma tendance à organiser les objets trouvés me permettait d’accumuler une somme plutôt rondelette. Mais je me sentais pas a encore prête, je pense, à sauter le pas.  Puis vint le jour ou deux événements changèrent mon destin.Tin din diinn. Oui.
 
 
En soit,  mettre le nez à l’extérieur ça devenait moyen tentant. Du coup j’eus la bonne idée de chaparder à un chapardeur. Non seulement, je n’ai rien trouvé dans ses poches, mais ma propre bourse avait disparu. Un sourire ravissant sur toutes ses dents moins une, le voila qui filait prestement à travers une ruelle.  Mon pas se fit plus rapide également, et en me faufilant, je me trouvais à sa suite dans un passage étroit.
 
La suite est confidentielle, mais c’est ainsi que j’ai intégré la guilde des voleurs.
A dire vrai, c’était un taff comme un autre, d’autant que le charmant scélérat avait pris soin de m’enseigner l’art de la dérobade  contre un autre type d’enseignement que j’avais appris grâce à la carrière maternelle. Ceci dit, ça m’offrait enfin l’échappatoire à laquelle j’aspirais tant. Que ce soit via les missions que j’effectuais en binôme avec Kaliel ou à travers des sommes conséquentes que j’amassais.  L’homme était mon compagnon plus que mon amant, ce n’était pas de l’amour qui nous unissait mais une franche camaraderie jointes à une affection certaine et  des valeurs similaires. Pour faire simple, nous étions unis tant que nous arpentions la même route. Cela me convenait parfaitement. Et je n’aurais échangé pour rien au monde nos nuits de beuveries joyeuses pour quelques clichés nyan-nyan et romantiques qui faisaient rêver les catins que je côtoyais auparavant. Nous, on faisait l’amour par accident.
 
C’est lors de notre dernière mission, après plusieurs années de vol à l’unisson, qu’il me présenta à Sephna de Blain. Une femme à la poitrine opulente et au minois moins attirant. Mais soit, elle payait bien et semblait animée par une ferveur qui m’amusait. Alors j’ai commencé à bosser pour elle, de temps à autre, et je dois bien avouer qu’en général, ça me plaisait.
 
 
 
 
 

 
Ambitions & Desseins


L’argent, c’est ce qui l'intéresse. Pour pouvoir le dépenser. Et se marrer. Et être tranquille. C'est plus une jeune femme qui vivote en suivant les opportunités qu'une personne avec un plan bien établi,

 
 
Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : hinhin
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