Azzura


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Beyrude Deux-Esprits - Maîtresse d'armes

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◈ Missives : 5

◈ Fiche personnage : [url=][/url]

Héros
Beyrude Deux-Esprits

◈ Mer 23 Aoû 2017 - 14:39

◈ Prénom :  Beyrude
◈ Nom : “Deux-Esprits”
◈ Sexe : Femme
◈ Âge : 61 ans
◈ Date de naissance : 12 Garges 29 de l'Ere des rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Saan Met
◈ Alignement : Neutre Bon
◈ Métier : Maîtresse d’armes


Magie


Magie élémentaire : pluie et brouillard.

Beyrude est capable de changer la nature de l'humidité dans l'air, pour en faire de la brume ou des gouttes de pluie. Ainsi, au milieu d'une averse, elle peut la faire forcir encore ou bien la disperser en nappes de brouillard épais et cotonneux.

Elle est incapable de créer l'humidité ou de la faire plus ou moins présente. Elle peut seulement changer son état. Si elle est au milieu du désert, elle aura autant de pouvoir magique qu'un petit pois sec. Par contre, si elle est au bord d'une Oasis à midi, en pleine évaporation...


Forces & faiblesses



Entre la détermination et l'opiniâtreté il n’y a qu’un pas, que Beyrude tâche de ne plus franchir depuis quelques décennies. Elle sait quand elle doit changer d’avis et c’est une force inconcevable pour “le crétin bas-du-front moyen”. Seule exception notable : ses femmes sont forcément les plus merveilleuses créatures qui aient jamais été et elle défiera en duel quiconque mettra cet état de fait en doute, jusqu’à ce que humiliation du contrevenant s’ensuive.

Car Beyrude est fière. Orgueilleuse même. Sûre de ses compétences et de ses possibilités, il lui arrive de sous-estimer certaines choses, comme le poids des ans sur ses épaules. Changer d’avis ne change rien à l’affaire. Quand on est vieux, on est vieux. Vieille et un peu trop fière, voilà une autre facette importante de Deux-Esprits.

Mais même l’âge ne saurait complètement avachir le fruit de l’exercice quotidien. Réglée comme une pendule pas encore inventée, la guerrière conserve une force et une endurance phénoménales, hors du commun, à l’aune de la carrure qui est la sienne. Ses quintaux sont os et muscle, point de graisse sinon ce qu’il faut pour s’épargner un désagréable frisson quand les frimas de l’hiver tardent à s’éloigner. Et encore.

Son vrai handicap est son œil manquant. Depuis lors, elle n’est plus capable de tirer correctement à l’arc ou quoi que ce soit d’autre. Si vous voulez lui échapper, restez hors de portée de corps à corps. Elle sera incapable de vous toucher de loin.

Sauf avec une porte. Dans un couloir. La porte cochère gagne toujours contre la colonne vertébrale, n’essayez même pas. Ce cas précis mis à part, une taupe asthmatique se débrouillera mieux qu’elle avec une arme de jet ou de trait.

Dernier défaut, et pas des moindre, il arrive un âge où on décide qu’il faut bien mourir de quelque chose, et qu’il est inutile de vivre sans certaines d’entre elle. Si ses femmes venaient à lui être enlevées, elle entreprendrait n’importe quoi, N’IMPORTE QUOI, pour les retrouver. Si elles venaient à mourir, alors elle n’aurait plus rien à faire qu’aller s’étendre quelque part, dans un lieu calme, pour s’éteindre à son tour, sans que qui ou quoi que ce soit ne puisse la faire changer d’avis. On ne voue pas son existence à quelqu’un à la légère.

Il est à noter que Beyrude dispose, et cette force là n’est pas à négliger non plus, d’un talent inné pour transmettre. Enseigner. Elle refusa de monter en grade en son temps, à partir du moment où cela signifiait ne plus instruire directement qui que cela soit. Elle instruisit des recrues, des officiers et même des instructeurs. Maintenant elle transmet des choses plus simple, comme l’amour honnête d’épouse à épouses. Ou bien la juste terreur que tout malandrin se doit de ressentir lorsque elle décide de mettre hors de combat le champion d’une bande sans dégainer son épée. Ou pire, qu’elle rengaine sa lame pour mieux se battre à mains nues.

Bref, la pédagogie dans son plus simple appareil.


Physique


Une toise de haut, lourde d’un peu moins de deux quintaux, bâtie comme une ourse. Beyrude est une force de la nature à la peau hâlée et aux cheveux blancs. Ses soixante-et-un printemps ont prélevé leur tribut de jeunesse et de beauté, puisque les cicatrices le disputent aux rides sur son faciès buriné.

Elle arbore tantôt un sourire en coin qui lui donne l’air d’une paisible grand-mère, tantôt un masque impénétrable de froid calcul et d’implacable jugement. Son œil blanc reflète votre propre candeur face à cette vieille ourse blanche à la musculature de jeune, tandis que son œil ambre vous dévêt du regard acéré d'un rapace arctique.

Il n’existe pas une parcelle de sa peau large ou longue de plus d’un empan qui ne présente une marque quelconque, pour la bonne et simple raison qu'un irezumi multicolore couvre son corps des genoux aux coudes jusqu'au col. Un irezumi qui dépeint quatre femmes nues

Sur son ventre, au centre, Alexandrie bataille, vêtue de son seul cimeterre, contre une forêt de lances. Elle est comme figée dans son tournoiement de sable, derviche brune à la peau de cuivre hâlé, aux yeux d'améthyste. Ses pieds prennent appuis sur la toison blanche qui protège l'intimité de Beyrude, comme si elle défiait quiconque de s'approcher du saint-des-saints de son épouse.

Dans son dos, une redoutable arbalète chargée et presque épaulée dans les mains, la peau anthracite et le cheveux de neige, Isilsandre. Comme adossée à sa compagne Valduris, l'Eleär semble prête à jaillir à tout instant d'entre les troncs que sont les flancs de Deux-Esprits pour assaillir les adversaires d'Alexandrie à revers. Les puits noirs de ses yeux reflètent seulement un éclat de jade.

Le jade, sans doute, qui luit des mains et des cheveux de Maïko juchée dans les branches de l'arbre qui monte le long du flanc gauche de la guerrière. Sa tête penchée à travers les ramures hivernales dégarnies, elle regarde le combat d'Alexandrie qu'elle éclaire de sa lumière. Ses longues mèches lumineuses font comme un rideau devant sa peau pâle, légèrement hâlée, qui se détache du bois noir.

En face d'elle, sur l'épaule droite, Tolède forge des lances ivoires à partir du bois blanc de l'arbre sur lequel elle se porte. Sa peau d'ébène et sa chevelure de jais contrastent violemment avec les branches qui l'entourent. Aussi violemment que ses éclairs blancs qui s'enfoncent dans la masse sombre de ceux qui combattent Alexandrie.

Enfin, sur ses cuisses, ses esprits. Une chouette sable loge sur la jambe gauche, entre les racines de l'arbre noir, dans un trou rond d'où on voir les yeux de ses petits. Elle a les ailes à moitié déployées, comme pour les défendre.

L'arbre blanc n'a pas de racines, on dirait qu'il pousse directement sur une ourse de la même couleur, rampante sur le muscle de Beyrude, qui cherche à mordre les ombres aux lances qui assaillent le ventre de la guerrière.

Invisible pour le commun de ses contemporains puisqu'il s'arrête juste avant la limite de ses vêtements et de son armure, ce tatouage est un spectacle réservé à ses seules femmes, lorsqu'elles profitent de la plus absolue des intimités.


Caractère


Un grand chef a dit un jour “Déjà, tout petit, je savais ce que j’étais. Un jour mon père m’a dit de cogner ma tête contre une pierre, je l’ai fait sans me poser de question. Vous savez ce qui s’est passé ? La pierre s’est fendue en deux. Je savais déjà, à cet âge-là, que rien ne résiste à la volonté d’un Alsdern.” Cet homme s’appelait Stoïque, ou un truc du genre.

Beyrude est de ces femmes qui ont forgé leur propre destinée en cognant dessus assez fort et assez longtemps pour que, même à froid, l’immuabilité du destin plie et ploie devant elles. C’est ce caractère typique qui lui a permit d’avancer malgré les faux départs, les embûches et les chausses-trappes.

Notre guerrière n’aime pas perdre son temps avec les poisons de l’existence que sont l’hypocrisie, la jalousie, la croyance ou même le jugement de valeur. Elle constate les faits. Elle établit des bases solides sur lesquelles elle bâtit son avenir et ses projets. Toute sa vie est une succession de tactiques issues de l’empirisme.

Si elle est incapable de planifier à long terme, elle met cependant un point d’honneur à ne jamais avancer sans une base de repli ou sans avoir quelques idées pour s’en sortir. C’est typiquement le genre de femme à avoir trois plans de secours avant d’avoir terminé son plan principal.

Beyrude porte le nom de “Deux-Esprits” parce qu’elle est considérée tant comme une femme qu’un homme depuis sa petite enfance et son “passage à l’âge adulte”. Elle démontre à la fois les aptitudes martiales typiquement masculines pour les Shardas du Sud et l’empathie et le physique d’une femme. Refusant de se catégoriser, elle entre dans cette case souvent inusité des “Deux-Esprits”, respectés parce qu’ils savent prendre le point de vue tant des hommes que des femmes.

C’est une part importante de la psychologie de Beyrude, qui prend facilement du recul et ne s’empêche jamais de reconsidérer ses options et ses positions. Cela lui a plusieurs fois sauvé la vie au cours de ses campagnes dans le désert notamment. Elle met un point d’honneur à ne pas camper sur une position intenable, qu’il s’agisse d’idées ou de stratégie. Sa méthode reine reste l’adaptation et la flexibilité, quitte à se replier pour mieux revenir plus tard.

Le concept d’honneur lui peint un sourire amusé sur le visage. “Le désert n’a pas d’honneur, dit-elle, il vous tuera si vous n’êtes pas plus malins que lui.” Cela résume à merveille sa pensée. Se priver moyens de rester en vie est, de ses propres mots, “d’une stupidité sans nom, d’une inconséquence crasse et la preuve d’une inadaptation conséquente à la survie de manière générale et à la vie en particulier.” Ce qui ne l’empêche pas d’accorder à la parole donnée simplement la même valeur qu’un serment de sang. Mais ce n’est pas de l’honneur, seulement de la fiabilité. L’honneur est encombrant. La fiabilité, elle, est une richesse. Le reste est silence.

Beyrude est une maîtresse d’arme. Ce qui signifie tout à la fois qu’elle manie nombre de choses tranchantes et dangereuses mieux que ses pairs, mais aussi qu’elle est tout à la fois une maîtresse et une arme sans pareille.

Une maîtresse, parfaitement. Parce que cette femme a pleinement adopté le mode amoureux des Shardas du Sud, dont la culture l’a imprégnée pour d’excellentes raisons. Elle partage la vie de quatre autres femmes et toutes sont les amantes passionnées les unes des autres depuis maintenant de longues années. Cette fidélité polyamoureuse est cependant absolue, puisque ces cinq dames ont refusé toute autre forme de compagnie de vie depuis leur union. “Bey” comme l’appellent ses compagnes, est donc plus qu’un monolithe guerrier musculeux et qu’un esprit tactique redoutable.

C’est une femme mariée et son quouple est le meilleur fondement et la meilleure position de repli qu’elle ai jamais eu.

Dans la guerre comme dans l’amour, Beyrude est avant tout une maîtresse d’arme. Vous voici prévenus.


Inventaire


Ce qui frappe en premier c’est le poitrail imposant et large de son cheval de bataille. Quand on lui demande où elle l’a trouvé, elle répond que ce cheval est au moins aussi vieux qu’elle est obstinée et qu’il refusait de quitter le champ de bataille pour les travaux des champs, moins dangereux pour finir sa paisible existence. Conséquence de cela : il est d’une inutilité crasse quand il s’agit de faire chauffer de l’eau ou de monter le camp, par contre il n’aime rien plus que charger, Beyrude à ses côtés, et broyer des crânes sous ses sabots. Cassius, de son tendre sobriquet, n’écoute et ne répond qu’à Beyrude. Il lui arrive de littéralement déféquer sur les bottes de ceux qui tentent de s’adresser à lui pour lui faire faire quelque chose. Il ne respecte que les épouses de sa maîtresse. Le reste du monde est une partie remuante du sol qu'il convient de songer à ramener à sa place. Plus bas que terre.

Contraignant, donc, mais fidèle au possible.

Ce qui cogne ensuite c’est la lame. Un trésor de savoir-faire alsdern, poli pendant des décennies par les sables du désert, reforgé par les nains et parachevé par leur élève la plus talentueuse : Tolède, forgeronne Sharda de légende. Du point de vue de Beyrude du moins. Ainsi, le Croc du Désert est aussi efficace du pommeau que de la lame, parfaitement équilibrée comme elle l’est, son quillon paré d'un croc véritable tape aussi fort que son estoc trempé.

Puis vient la partie désagréable, si tant est qu’on soit encore en vie. La botte. Fourbe, ferrée, coquée, propulsée par un Cassius taquin qui vous aura déjà décalé pour que vous mangiez chaud l’étrier, chargé du pied élégant et lourdement blindé de sa maîtresse. Qui plus est ladite botte n’est qu’un avant goût indigeste de ce qui vous attend si vous avez le malheur de vous relever, plein de défi et de verve, pour en découdre.

Parce que là, Beyrude saute du dos de son bourrin et laisse parfois même son épée au fourreau. Vous ne verrez que son heaume intégral, ses épaulières - celle de droite à l’effigie d’un ours, celle de gauche à celle d’une chouette - et le reste de son armure de plates lourdes, sous laquelle elle porte une cotte de maille, un surcot de cuir et un gambison. Pour être sûre de protéger sa chemise que ses épouses lui ont offerte. Vous pouvez tenter de la frapper, bien évidemment. Mais vous devriez courir avant qu’elle ne vous attrape et ne vous cogne à mains “nues”, si j’ose ainsi nommer ses gantelets métalliques cloutés.

Le reste du bagage de Cassius comporte de l’huile pour l’armure et la lampe, de la corde, un briquet, une pierre à aiguiser, de la nourriture et de quoi monter une tente pour une personne. Il est à noter que cette tente peut être combinée avec celle de ses compagnes pour faire une tente plus grande. Ce qui revêt un aspect pratique évident pour se tenir (au) chaud quand on bivouaque l’hiver venu.

Puisqu'on parle de chaleur, il serait inconvenant de pas citer le Manteau des Trophées. Noir, il est cousu de plus d'une vingtaine de bannières différentes, toutes prises à des bandes adverses affrontées sur le champ de bataille. On raconte qu'elles sont plus nombreuses encore à avoir fuit en apercevant le manteau ou à n'avoir simplement jamais eut de bannière.

La partie la plus vitale de ce que porte Beyrude reste ses preuves d’engagement. Le Croc du Désert, offerte par Tolède. L’anneau décoré de jade de Maïko. Le croissant d’Elaïm, d’Alexandrie. La spallière de la Chouette, enfin, présent d’Isilsandre qui porte sa jumelle. Chacun de ces objets vaut plus que tout l’or du monde à ses yeux et aucun d’entre eux ne peut valoir plus que ses semblables, puisqu’elle n’aime aucune de ses femmes plus que les autres.


Histoire


Bon. Asseyez-vous. Finissez votre thé qui a sans doute tiédit. Resservez-vous une tasse chaude. Mettez-vous à l’aise surtout. J’ignore combien de temps cela prendra. Voici le

Prologue

En 28 de l’Ere des Rois arriva, si je peux me permettre cette expression, un engambi* du plus bel effet. Une sorte d’embrouille félonne comme les méandres du destin en réservent aux enfants trop sage qui rechignent à aller embrasser leur avenir.

Dans un monde plus calme et plus parfait, Beyrude, première du nom, aurait pu épouser sans broncher le jeune noble qui la courtisait et vivre avec lui une vie sans doute paisible. Elle aurait finit par être l’épouse d’un Jarl, digne promotion pour la fille d’un Jarl, et tout aurait été bien. elle aurait eut nombre de petites Beyrudes et autres variantes dues à une reproduction à la façon des léporidés**.

Seulement, si cela avait été le cas, votre thé serait encore trop chaud pour être bu. Alors le destin, grand ami des buveurs de thé, en appela à ses idées saugrenues pour vous donner encore un peu de lecture à moudre avant d’engager la suite.

Beyrude mère, donc, trébucha par hasard, le jour de ses fiançailles, sur le regard d’un jeune huscarl. Celui-là même qui avait juré de servir son futur époux. Ce dernier trébucha réciproquement et, comme vous vous en doutez déjà, ce qui trébucha ensuite est affaire de sexe et de grandes personnes. Comme je suis bonne - de source extérieure, quoique sûre - je vous parle comme à des grandes personnes : ils ont fait trembler les murs sans discrétion aucune.

Problème.

Fiancée de frais, la jeune pas encore mère de notre amie ne pouvait décemment s’engrosser de la semence d’un autre. Dommage que, pressés par l’amour, nulle précaution ne fut prise - la jeunesse, je vous jure. Dommage, aussi, qu’une seule fois ai si bien suffit - enfin, une seule nuit en tous cas.

Ce qui, du regard de son père, des pleurs de sa mère, ou de la colère de son promis, fut le pire ? Sans doute la décapitation de son aimé sous ses yeux et sa répudiation publique. Sans doute. Son humiliation pour avoir aimé plutôt que simplement vécu. Pour avoir cédé à la tentation et ainsi humilié la si précieuse virilité d’un mâle prétendant qui s’était donné les moyens de conquérir, sinon sa future épouse, au moins les parents d’icelle.

Beyrude ne dut son salut qu’à son frère, qui la mit sur un cheval au caractère épouvantable, avec tout juste de quoi se payer une traversée vers Alstrom sait où, pour fuir et refaire sa vie, au loin. Il pleura longtemps le départ de sa jumelle, consola sa mère de son mieux. Il se prépara, lui, héritier du Jarl Bjornlys, à prendre la succession de son père le moment venu. Il épousa la bonne femme, eut des enfants, fut le fils modèle. En secret, il espéra. Longtemps. Si longtemps.

Beyrude Bjornlys atteignit un port et s’embarqua dans le premier navire en partance. Là encore, elle aurait pu arriver en Seregon sans heurt, mettre là-bas sa fille au monde, vivre en paix parmi les Vrëen sans rien demander à personne. Peut-être même aimer à nouveau. Ce capitaine de Rhaemond ne lui était après tout pas indifférente et… la réciproque était sans doute vraie.

Mais enfin, qui veut entendre l’histoire de Beyrude de Rhaemond, fille d’exilée, capitaine de navire de commerce sans histoire ? Pas moi ! Alors le destin lâché un vent dans le bain, si vous pouvez en esquisser l’image dans votre esprit. Une vilaine tempête avec une mer déchaînée. Parfaitement.

Tempête. Récifs. Naufrage. Décès du beau capitaine. Echouage sur la plage. Culpabilité. Soif. Chaleur. Grossesse, aussi, accessoirement.

Heureusement, les Shardas du Sud patrouillent leurs côtes. Heureusement, le destin est partit se reposer, il a bien travaillé pour l’heure. L’heure, elle, est à


L’histoire

Tu vois qu’il y a des survivants. Au moins un en tous cas. Qui a eut l’intelligence de se réfugier à l’ombre en plus. Viens, dépêchons nous.
- Mais, Kibassao, c’est un navire Alsdern.
- Et alors gamin ? C’est pour ça qu’on doit laisser mourir ses occupants ?


Le silence seul répondit à Kibassao, Maagizo de Dehernatbi, au service du roi Juwayria. Celui qui l’accompagne, âgé d’à peine onze ans, est un jeune garde en formation de Dehernatbi. Son nom est Kelled.

Oh, vous m’entendez ?

Un œil qui s’ouvre, il fait si chaud ici, même à l’ombre. Ses vêtements déchirés ne protègent plus vraiment ni du sable ni de quoi que ce soit, sauf peut-être des regards.

Vous comprenez ce que je dis ?

Un acquiescement muet. Une longue chevelure blonde qui voile en partie un visage qui paraît si blanc dans ce monde de couleurs brûlées par le soleil.

Prenez ma main, venez, nous avons des chevaux, nous allons vous emmener à l’abri.

Se traîner hors de cet abri de fortune et de roche, est presque aussi pénible que ce que s’y traîner le fut. Chaque pas est comme une torture. Chaque reptation, une épreuve de volonté pure. Puis son ventre pèse si lourd. Elle est si fatiguée.

Elle est enceinte ! Par les ancêtres, Kelled, va vite chercher une monture et de l’aide. Un médecin !
- Bien Maagizo ! Tout de suite Maagizo !

- Êtes-vous depuis longtemps enceinte ? Est-ce que ça va ?
- Qu…


Chaque mot est comme un pavé de sable qui passe sur sa langue. Heureusement, Kibassao verse l’eau de son outre sur le visage de cette femme rejetée par les flots. Puis il lui fait boire une, deux gorgées, doucement.

Quatre mois et demi.
- On vous dirait presque à terme, pourtant. Quelle grande enfant vous portez.


Grande, oui. Déjà. Si grande.

Kelleb ramena le cheval et l’aide. Elle, Beyrude Bjornlys, héritière répudiée, fiancée rejetée, mère déjà veuve, survivra. Ramenée à Dehernatbi, on la soignera.

Quatre mois plus tard

Un cri perce l’obscurité et le relatif silence de la cité. Kibassao assis, patiente. Sa sœur l’a prévenu qu’il était inutile de venir demander ce qu’il se passait. Encore moins de s’inquiéter. Les ancêtres de cette Alsdern avaient jugé bon de la tirer des flots sur le chemin de sa patrouille, ce n’était sans doute pas pour la soustraire maintenant à la vie. Pas alors qu’ils lui ont accordé de ne pas perdre son bébé malgré le traumatisme.

Enfin, les gémissements de douleur, les paroles d’encouragement, tout cela se taît. Un moment passe, puis on vient le chercher, lui faisant signe qu’il est attendu à l’intérieur. “L’accouchement est un de ces moments où même un roi doit s’incliner et accepter de ne plus être maître en sa propre demeure, le temps d’une naissance.” Kibassao est tout sauf un roi, il a attendu comme l’aurait fait un père, un ami, un amant.

Il a passé des semaines à gagner la confiance de Beyrude, à lui apprendre le Saa de son mieux. Elle est restée sous sa protection, reconnaissante, enfin à l’abri, sans doute considérée comme morte par tous ceux qui auraient pu vouloir la retrouver. Jamais son navire n’arriverai en Rhaemond. La paix. Enfin.

Dans la pièce, elle est allongée, délivrée du poids dans son ventre. Elle porte son enfant dans les bras, la serre contre elle avec une douceur infinie. Elle sourit à Kibassao quand il entre. Elle va bien. Son visage est apaisé.

Comment vas-tu l’appeler ?
- Beyrude.
- Comme sa mère donc, sourit-il.
- Et sa grand-mère, et toutes leurs mères depuis soixante générations, sourit-elle en retour.


Quatre ans et des centaines de nuits courtes plus tard

Kibassao ! Kibassao ! C’est vrai que Beyrude c’est ta fille ?
- Bien sûr, pourquoi cette question Betma ?
- Ah ! Je te l’avais dis !
- Bey’, laisse-la répondre, il est important qu’elle apprenne.
- Bah comme elle est toute blanche et blonde, ça fait bizarre en fait.
- Parce qu’elle est différente de moi, elle ne pourrait pas être ma fille ?
- J’ai pas dis ça.
- Qui alors ?
- Et bah Kelled il dit que…
- Kelled n’a pas son mot à dire sur ma vie, que je sache. Si ?
- Non, tu as raison.
- Allez vous deux, c’est l’heure du repas. Bey’, ne traîne pas, ta mère a préparé du mouton aux fèves.
- WIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! Viens, Bet’, on va se régaler !


39 de l’Ere des Rois

Kibassao, maman ?
- Tu ne dors toujours pas ma chérie ?
- Je pense à demain.
- Tu as peur, Bey’ ?
- … Oui, Kibassao.
- Viens, dit-il en lui tendant les bras.
- Nous t’aimons, Bjornling, rajouta sa mère en se joignant à l'étreinte.
- Et ce qui se passera demain, se passera bien, parce que tu es aussi capable que n’importe qui d’autre de réussir l’épreuve.
- Mais… et si j’échoue ? demanda la petite Beyrude. Et si je me ridiculise ?
- Et bien, commença Kibassao
- Bjornling, coupa sa mère, un jour tu rendras Kelleb meilleur qu’il aurait jamais pu espérer l’être. En attendant, il se contentera d’être jaloux de toi parce que tu es la fille de Kibassao ET une Alsdern. Mais parce que tu es notre fille, tu résisteras. Tu es comme une lame d’acier le plus pur, forgée par le soleil de ce pays. J’ignore ce qu’il adviendra demain, mais je peux te promettre une chose, Bjornling.
- Quoi donc ?
- Tu seras toujours notre fille, répondit Kibassao.
- Et ton petit frère ou ta petite sœur sera fier de t’avoir comme grande sœur.
- Mon… hein ?!
- Je suis enceinte, Bjornling. De Kibassao.
- Mais c’est super ! Et…
- Et il est l’heure d’aller dormir pour être en forme demain, Bey’.
- D’accord, d’accord… Merci !


Le lendemain matin, Beyrude s’illustra par un grand potentiel dans la maîtrise de toutes les armes et intégra en conséquence les recrues de l’armée du roi, au grand dam d’un certain Kelleb. A ce jour, ses résultats aux épreuves d’admission restent exemplaires et cités par nombre de ses pairs comme “Ce qui constitue la graine d’une véritable force de la nature.”

Mais cela n’était rien. L’année suivante, vint le véritable commencement. L’instant qui changea tout. Pour toujours.

40 de l’Ere des Rois, solstice d’été

Douze jeunes filles sont assise dans une grande salle, encadrées par autant de leurs aînées. Leurs mères sont restées dehors, pour ne pas interférer. Devant chaque enfant, une table basse, avec un bol plein d’une décoction fumante, odorante.

Ce breuvage vous mettra en connexion avec les ancêtres et les esprits. C’est eux qui jugeront si vous êtes digne d’être une femme parmi les femmes de notre peuple. Buvez, maintenant.

Et Beyrude boit, d’un trait. Sans grimacer devant l’amertume de la mixture. Sans tressaillir quand les psychotropes attaquent son esprit et l’emmènent loin, tellement loin.

La première chose qui survient c’est comme une lucidité surnaturelle. Une certitude, celle de devoir saisir l’instant. Alors elle se lève et bondit par la fenêtre ouverte sans rien dire à personne. Personne ne sait la retenir, qui aurait pu ? Droguée, elle s’envole, ou peu s’en faut, à travers l’ouverture.

Le temps que les adultes sortent, la cherchent, elle a disparu. Elle s’enfonce dans la savane au sud du Désert, guidée par les drogues et les hallucinations. Tout le jour durant, elle va un peu plus vers le sable et l’infini, dépassant de loin les limites de la cité. Enfin, elle arrive chez le Mwenji. Ce dernier habite dans une caverne en retrait. On ne vient le chercher que pour les morts. Il lève la tête quand le pas de Beyrude marque la poussière à l’entrée de sa demeure.

Je t’attendais.

Il l’emmena encore plus loin, dans son domaine à lui, celui des bêtes sauvages et du cycle de la vie et de la mort. A l’entrée d’un cirque enfoncée dans la roche, une passe sèche et rouge, il la laissa car “C’est ici que tout commence, que tout finit. Que le cycle se poursuit.”, ainsi elle entra, passa l’arche de roche, encore sous l’effet psychotrope de son épreuve du matin.

Le ventre vide, celle qui n’était pas encore prédatrice s’avança pour rencontrer la plus vieille et le plus retorse de celles de la région : la vieille lionne blanche qui dort à l’entrée de sa tanière. Celle-ci lève la tête, avisant le repas qui vient se jeter entre ses griffes. En face d’elle, la fillette a tout juste dix années et demies, pourtant elle est déjà grande de presque quatre pieds. Sans le dire à ses parents, elle se bat déjà, tous les jours, même après l’entraînement, avec des garçons plus grands qu’elle pour s’entraîner.

Et elle gagne.

La lionne s’approche, calmement. Elle jauge sa proie. Ce ne sera pas la première fois qu’elle dévorera un enfant Sharda perdu sur son territoire. Ce sera bien la première fois, par contre, qu’un enfant aussi pâle vient, qui plus est pour la défier devant son antre. Elles se jaugent. L’une termine sa vie. L’autre la commence. C’est un cycle. Un moment crucial d’un cycle, même.

Résolue, la lionne se ramasse, prête à bondir pour achever d’un seul coup cette impudente. Résolue, Beyrude se ramasse, prête à affronter ce nouveau tour qu’on lui joue. Elle évite le premier assaut en roulant dans la poussière, sous la lionne qui rugit. Elle se redresse, bondit en avant, file vers les os qui sont sur les côtés du cirque. Elle pense encore qu’il lui faut une arme.

Une fois, deux fois, elle évite les bonds et les griffes de la lionne. Elle repère la poignée d’une épée. Il lui faut du temps pour l’extirper. Elle ne l’a pas. Elle conduit son adversaire dans les ossements. Ses pieds nus bondissent d’un crâne de gnou à un dos de buffle. Elle prend appuis sur ses deux jambes en même temps pour bondir en arrière et laisser la vieille blanche s’empêtrer dans le squelette qui s’effondre.

Une poignée de secondes. La lame résiste à sa traction. Elle doit la laisser. Fuir encore. Rouler, encore. Tant pis. Elle saute sur le dos du fauve en grondant à son tour. Pas comme une lionne. Comme une ourse. Elle s’accroche, résiste quand la bête roule pour la faire tomber. Elle lui mord l’oreille, ceinture la gorge. Serre. L’épuise. Lentement, sûrement. Force et endurance. Clairvoyance. La Chouette et l’Ourse triomphent de la Lionne.

La bête finit par tomber, épuisée, haletante. Alors Beyrude se lève et descend d’elle. Elle la laisse là, sans l’achever. Elle se contente de fouiller parmi les débris de leur affrontement et récupère un croc. Puis elle va vers l’épée et la retire pour de bon de sa gangue de débris. Elle n’a pas sauvé celui qui l’a dégainée. Elle ne l’a pas sauvée, elle. Mais elle lui a enseigné une leçon.

Dégainer sa lame est déjà une victoire en soi. Un luxe réservé aux mieux préparés.

C’est ainsi que le Mwenji raconte son aventure dans le désert quand il la ramène, le lendemain matin, à l’aube, à Dehernatbi. Elle est délivrée alors de la drogue et des hallucinations. Ce dont elle se souvient ? Que la Chouette l’a guidée, que l’Ourse l’a portée et, qu’ensemble, elles ont défait la Lionne. Mais comme la Lionne est valeureuse, comme la Lionne n’a pas offensé personnellement ni l’Ourse, ni la Chouette, elles l’ont laissée en vie. Elle ont simplement pris leur récompense dans les trophées de la Lionne et l’ont laissée en vie.

C’est ainsi, amis, que naît réellement Beyrude Deux-Esprits, pour avoir communiqué avec les esprits ET accomplis l’épreuve de la brousse mieux que n’importe quel jeune homme cette année-là. Ce jour efface son aura de petite Alsdern sous la protection de Kibassao, puisqu’elle porte désormais un nom d’adulte. A compter de cet instant, seuls ses proches la nommeront Bey’, ou Beyrude. Pour les Autres, elle sera Deux-Esprits.

47 de l’Ere des Rois

Kibassao devient Mkuu wa Jeshi, chef des armées royales et conseiller direct de sa majesté. Deux-Esprits et Bjornlys, sa mère - qui a elle aussi passé l’épreuve et gagné son nom à sa manière, bien avant sa fille - le suivent au palais dans ses nouveaux appartements et intègrent donc l’entourage proche du roi.

Le vieux Juwayria a laissé sa place à son fils en s’éteignant dans son lit, du sommeil du juste. Âgé de tout juste trente-sept ans, ce dernier lui succède donc. Deux-Esprits sera allée chercher elle-même le Mwenji pour qu’il emmène le vieux roi. En remerciement et pour marquer son affection à cette jeune guerrière de sa cité, il la fera sa filleule, chargée de l’éducation aux armes de son aîné, qui a alors cinq ans.

Cette nomination ne tombe pas par hasard, puisque la soldate est déjà pressentie comme instructrice tant elle entraîne avec elle le reste de son groupe à l’exercice. Le seul qui s’y opposerait est Kelleb, depuis monté en grade de son côté, qui du haut de ses douze ans d’aînesse n’a toujours pas su pardonner à Deux-Esprits d’exister.

A compter de cette année 47, Beyrude fréquente la cour et, par conséquent, sa faune colorée et étrange. Elle décide d’en tirer profit et commence à collectionner les conquêtes. Elle ne fréquente que les artistes et les intellectuelles, usant et abusant de son charme exotique pour séduire et entraîner dans ses draps une femme après l’autre. La gent masculine ne l’intéresse pas. Elle ne s’y essayera même pas.

La souplesse amoureuse des Shardas lui offre l’opportunité de changer parfois de compagne presque chaque nuit, sans avoir à se soucier de la suivante.

Impitoyable avec elle-même, elle veille à ce que son entraînement n’en pâtisse pas. Avec succès. Elle est nommée instructrice de la Garde Royale à l’âge de vingt-et-un ans. Son propre entraînement avancé se poursuit, ses maîtres refusent de la laisser s’arrêter avant d’en avoir tiré tout le potentiel possible. Elle même est très en demande à ce niveau là et ne se plaint jamais de devoir passer jusqu’à seize heures les armes à la main pour exercer ou s’exercer.

Mais tout ne pourrait être si facile. Le Destin a dormi quelques années mais il s’éveille à nouveau. Le fourbe. Le félon.

52 de l’Ere des Rois

Avec l’appuis de quelques mécontents racistes, Kelleb réussi à faire promouvoir Beyrude sur le terrain, pour l’envoyer immédiatement sur une mission quasi-suicidaire, avec un groupe de soldats connus pour leurs problèmes disciplinaires.

Dans le Désert des Mohars, mal préparés, ils doivent débusquer un camp de pillards retranchés près d’une oasis. Ils sont plus nombreux, nourris, abreuvés, reposés. Le moral de sa troupe descend en flèche jusqu’à ce qu’elle décide de reprendre les choses en main. Elle commence par établir un plan de combat, s’appuyant sur les rapports toujours plus défaitistes de ses éclaireurs, puis galvanise ses hommes en le leur exposant. Comme souvent, les plans les plus simples fonctionnent le mieux. Elle veut passer par la source qui alimente l’oasis depuis le massif rocheux proche, pour surgir au milieu de la nuit au cœur du camp et neutraliser leur état-major qui doit être dans la position la plus retranchée, près des réserves. A partir de là, utiliser cette position à leur avantage pour vaincre la troupe.

La première étape est la chasse, il faut des poches d’air pour passer sous l’eau. Tout ceux qui ne portent pas d’armure en métal se lestent avec des cailloux pour pouvoir marcher au fond de l’eau. Tout est préparé, testé. Il faut une semaine au groupe pour être près sans se faire repérer. Puis, c’est le grand soir.

Ils suivent aussi longtemps que possible la rivière en respirant l’air libre, sur son cours souterrain. Vient alors la plongée vers l’oasis. Encordés, sans lumière autre que celle de la lune à la sortie. Ils y arrivent, tous, sans perte aucune. Tout était préparé. La tactique était parfaite. Le vent se lève et cache la lune par des nuages. Profitant des ténèbres l’escouade suit Deux-Esprits jusqu’à la tente du chef. Les sentinelles tombent sans avoir pu crier. le cercle de pieux qui entoure la tente, surélevée, est parfait.

L’escouade encercle la tente en silence, à l’intérieur des protections. Elle écoute, se tient prête. Le chef est réveillé, il parle avec trois… quatre personnes. Trois nains et une Sharda à juger les voix et les accents. Il les menace des pire sévices s’ils refusent encore de coopérer pour mieux équiper son groupe. Ses prisonniers refusent. Il s’énerve, appelle son homme de main. Sans doute celui qui se vide de son sang par la gorge.

C’est Deux-Esprits qui entre, épée de service au fourreau, le vestige de la Lame du Désert dans son dos. Elle ne s’en sépare plus depuis son épreuve. Il se lève d’un bond, le seigneur pillard. Il songe à hurler, à dégainer, à frapper. Elle frappe. Une seule fois. Les doigts tendus dans la pomme d’adam. Il suffoque, tousse, s’effondre lentement. L’escouade investit la tente et libère les prisonniers.

Ils sont effectivement trois nains - dont une naine - et une Sharda. Cette Sharda, Beyrude la connaît. Elle s’appelle Tolède et elle a passé bien plus qu’une nuit ou deux dans son lit. Elle s’appelle Tolède et c’est la meilleure forgeronne de sa génération d’après plus d’un maître, envoyée en apprentissage chez les quelques Nains avec lesquels la capitale a de bonnes relations.

La suite de cette aventure est écrite dans les livres d’histoire, racontée par les compagnons de Deux-Esprits, ou dans les tablettes naines, au chapitre des dettes de vie.

L’alerte finit par être donnée. Le camp se réveille, s’ameute, s'affole. Le passage étroit qui défend la tente du chef est parfait pour défendre. Seule au milieu avec sa lance et son bouclier, Beyrude tient la passe pendant huit heures, aidée par le reste de son groupe et les ex-prisonniers qui s’assurent que personne ne passe la barricade alentours.

Les derniers bandits choisissent de fuir.

Les nains emmènent le groupe à leur demeure, pour que tout le monde puisse se reposer avant de retraverser le Désert vers Dehernatbi. Là, les nains prêtent chacun le serment de rembourser leur dette de vie à Deux-Esprits. Tolède, au cœur d’une nuit partagée dans la passion d’un chambre de pierre ocre, convient avec Beyrude d’un serment qui les liera au-delà de ce qu’elle pense encore possible. La Lame du Désert et le croc de la Lionne restent avec Tolède jusqu’à la fin de son apprentissage, pour qu’elle les rende en un seul et unique trophée restauré à son amante, à leurs retrouvailles.

Il n’y a pas encore d’épouse. Pas encore de fidélité jurée pour la vie.

La première pierre, cependant, est déjà posée.

A son retour à la capitale, Deux-Esprits est faite Maagizo-Instructrice. Son escouade demande à lui être affiliée pour de bon, ce qui est accepté. Le groupe qu’ils composent entreprend alors de réformer entièrement l’art du combat et de la tactique Sharda, forts de leurs expérimentations. Bientôt, toutes les recrues attendent et redoutent tout à la fois de devoir affronter leur enseignement. En quelques années, l’efficacité de l’armée contre les bandes de pillards progressera sensiblement.

Bien évidemment, rien ne va sans conséquence.

Deux-Esprits a vingt-trois ans.

55 de L’Ere des Rois

Affamés et repoussés sans cesse, les pillards des Mohars se rassemblent en une bande gigantesque qui fond sur Dehernatbi. Plutôt que de subir un siège qui durerait des semaines, le roi laisse Deux-Esprits appliquer une stratégie de sa composition.

La rue principale, derrière la grande porte, est transformée en long couloir dont nul ne peut s’échapper sinon par son issue, le palais royal. Ce dernier est transformé en guet-apens. L’ensemble des forces armées de la ville se répartit entre les murailles - pour donner l’illusion d’une garde - et le palais, pour s’y dissimuler et y piéger les assaillants. La population civile est mise à contribution pour barricader l’avenue principale en prévision de la ruée des bandits à travers la cité. Nul ne doit quitter ce rail soigneusement posé pour eux.

Les bâtiments sont murés, les ruelles bouchées, les avenues barrées. On enlève les pavés des rues pour en faire des murs. L’ouvrage est commencé dès les premiers signes de l’armée ennemie, pour être terminés deux semaines plus tard, trois jours après le début du siège. Alors, on ouvre les portes à la nuit tombée. Alors, les bandits se ruent tous à l’intérieur, sans réfléchir plus avant ni écouter leurs chefs. Ils ont faim, ils sont en colère, ils veulent se venger des revers subis ces trois dernières années.

Le destin gît, assommé dans une ruelle par un coup de tête de Beyrude.

Le palais a été vidé de ses richesses, toutes dissimulées dans les parties rendues inaccessibles. Ce n’est qu’une immense nasse vide, laquelle se referme sur les assaillants aveuglés par la colère et la nuit. Le plus gros du combat se déroule dans la salle du trône où le roi tient à siéger, protégé par le rempart d’acier de sa garde rapprochée. Deux-Esprits et son escouade, ses vingts guerriers, le fer de lance de son dispositif, occupent la salle du trône, disposés de manière très précise. Le plus grand cercle vide est autour de la Maagizo, armée cette fois d’une épée longue de presque une toise.

C’est autour d’elle que s’accumulent les pillards qui entrent dans la salle. Ses hommes sont répartis sur les flancs, ils affaiblissent l’ost déchaîné. Deux-Esprits est l’écueil qui le brise. Sa danse est hypnotique. Les hommes tombent, fauchés par deux ou trois à chaque mouvement. Le balancier de son arme est comme l’inéluctable avancement du temps qui vient cueillir les vies arrivées à leur terme.

C’est un mois plein qu’il faut à la cité pour retrouver son visage de paix une fois les bandits exterminés. Moins d’une centaine en réchappent. Les autres sont morts et bien morts. Cet événement marque le point culminant de la carrière militaire de Deux-Esprits. Elle est nommée Maîtresse d’Armes du palais et plus aucun enseignement militaire dans Dehernatbi ne se fait sans son aval.

56 de l’Ere des Rois

Cette année est celle de ses vingt-huit ans. C’est l’année de la fin de l’apprentissage de Tolède.

Deux-Esprits en profite pour faire venir des érudits et des guerriers Inoës, Vrëens et Shardas du Nord pour échanger ensemble sur leurs arts respectifs. Les jardins du palais accueillent alors, avec l’aval du roi, le plus grand rassemblement d’intellectuels, d’artistes et de techniciens de guerre que la capitale ait jamais vue. Le climat de paix, loin des incessantes guerres de leurs voisins, encourage le partage et les discussions.

On note même la présence d’une délégation naine d’une demi-douzaine d’individus menés par les trois débiteurs de Deux-Esprits. Plus discrète encore, la délégation Eleär, composée de deux représentants de chacune de leurs trois ethnies.

Pendant douze jours, les conférences sur l’art, les mathématiques et la philosophie se succèdent, entrecoupées de concours de poésie, de contes et de duels de démonstration. Le point d’orgue est le Croc du Désert, la lame bâtarde reforgée et améliorée pour Deux-Esprits, par Tolède et les nains, suivie d’une mêlée à arme réelle entre les Maîtres d’arme des différentes nations représentées.

Le véritable enjeu de l’affrontement est de démontrer son talent aux armes sans blesser ses adversaires. Pas de victoire, rien que du partage en professionnels. Deux-Esprits combat d’abord armée du croc, jusqu’à se retrouver seule avec une Sharda du Nord, une Eleär du Crépuscule et un Vrëen tout petit. La Sharda est une derviche, tournoyante, déployant un rideau de métal autour d’elle au moindre de ses gestes. Il faut tout sa science du combat à l’épée à Deux-Esprits pour désarmer son adversaire avant de poser son pied sur son abdomen pour l’envoyer s’écraser dans le sable de l’arène.

Commence alors le duel de fin tant attendu. Le Vrëen a mordu la poussière depuis déjà une paire d’instants. L’Eleär sourit, elle porte deux lames courtes et des épaulières de chouette. Son armure de métal et de cuir est parfaitement ajustée à son corps, comme une seconde peau. A n’en pas douter elle a vu tout ce que son adversaire sait faire, son arme à la main.

C’est la raison pour laquelle Beyrude lâche le Croc et engage son adversaire à mains nues. Surprise, elle se reprend vite pour riposter de même, laissant tomber ses épées au profit de la vitesse du poing. Leur duel dure plusieurs longues minutes sans qu’aucune ne prenne le dessus. Ni l’épuisement, ni le soleil qui chauffe leurs casques, rien ne fait ralentir le ballet de leurs échanges. Pourtant plus lourdement vêtue, Deux-Esprits prouve sa supériorité, petit à petit, en établissant sa technique au fur et à mesure, en avançant, un poing après l’autre, dans la garde de son adversaire, jusqu’à réussir à la saisir à la fois à la ceinture et au col.

Oh non…

Beyrude la souleva en l’air comme si elle ne pesait rien et la reposa au sol, presque délicatement, prouvant son ultime maîtrise de son art de prédilection.

Je passe volontairement sur le banquet de célébration qui suit, pour me concentrer sur l’élément vraiment essentiel de cette fin de festival aux yeux de Bey’. L’amour. Ce soir-là en effet, alors qu’elle discute avec Tolède et Maïko - une artiste peintre et tatoueuse Inoë qui veut immortaliser les faits d’arme de Deux-Esprits en peinture - Alexandrie et Isilsandre, respectivement la Derviche Sharda et la lutteuse Eleär, viennent réclamer leur revanche.

Tu t’es illustrée dans l’arène, Deux-Esprits, tu es la meilleure d’entre nous sur le sable, je l’admet volontiers, mais je t’interdis d’en rester là avec nous.
- Isilsandre a raison, continue Alexandrie, tu réalise que trois femmes ont surpassé tous les hommes de plusieurs nations ? Je veux m’entraîner avec toi jusqu’à te vaincre.
- Je ferai tout ce qu’il faudra pour ça, rajoute l’Eleär, je refuse de rentrer vaincue à l’Île des mirages, vaincue par une Valduris. Mon ego en a prit un sacré coup tu sais ? Pourquoi est-ce que tu ris ?
- Parce que je me demandais justement comment occuper ma nuit, répondit Deux-Esprits. Je n’ai pas le droit d’enseigner les armes à n’importe qui. Il me faut l’aval du roi ou au moins d’Akilah, mon filleul.
- Votre… marraine de l'héritier en plus ? Vous êtes de plus en plus surprenante, Beyrude Deux-Esprits, intervient alors Maïko. Quel âge a le fils du roi désormais ?
- Quatorze ans, c’est déjà un homme accomplis et sa compagne est d’une intelligence rare. Elle sera une conseillère précieuse tout le long de son règne.
- Quel est ton âge, à toi ? demande alors Alexandrie
- Vingt-sept ans bientôt.
- Quoi ?! s’étouffe alors Isilsandre, Même pas trente printemps et déjà meilleure que la Maîtresse d’Armes du Temple de Matra ? Je ne sais si je dois te haïr ou t’adorer pour cela, Deux-Esprits, mais tu peux te vanter de m’avoir fait perdre tout calme et toute raison.
- Venez, dit enfin Tolède, allons parler là où nous pourrons hurler notre passion à loisir.


Et quelle passion. La discussion continue tard dans la nuit, dans les appartements privés de Beyrude. Finalement, elle demande au roi la permission de garder à ses côtés Maïko, Tolède, Isilsandre et Alexandrie. Les deux premières pour profiter de leur art respectif, les deux dernières pour les avoir tout à la fois comme élèves et comme enseignantes à ses côtés.

Kibassao approuve grandement le projet, de même que le reste du conseil. Le roi accepte donc avec joie. Seul Kelleb, toujours plus aigri et sombre, y trouve à redire.

59 de l’Ere des Rois

Trois années ont passées. Tolède, Maïko, Isilsandre et Alexandrie ont rencontré Bjornlys, Kibassao et les petits frères et sœurs de Beyrude.

Maïko a eut l’occasion de peindre d’innombrables scènes de vie de la cour, des entraînements et même Tolède à la forge. Alexandrie et Isilsandre ont depuis longtemps accepté de payer leur propre entraînement en temps donné pour former les troupes royales. Tolède, elle, a eut largement de quoi exprimer son art et s’exercer aux réparations d’équipement. Elle a finalement décidé de forger en personne de nouvelles lames pour les deux élèves de son amante, lasse de retrouver des armes brisées par le Croc du Désert.

Et puis, vous vous en doutez maintenant, elles ont, un soir de longue discussion passionnée, toutes glissée dans la même couche. En même temps. Je me refuse à vous détailler leur nuit, sachez simplement qu’à dater de ce jour, elles n’ont plus couché séparément si elles pouvaient l’éviter. Bien sûr, admettre ses sentiments n’est jamais simple. Il a fallu beaucoup d’alcool et de fumée pour finalement briser le mur d’acier qui séparait ces cinq femmes les unes des autres, à l’exception de Tolède et de Beyrude, qui ne comprenaient pas que cela prenne autant de temps à leurs invitées pour admettre une simple attirance mutuelle entraînant des envolées sexuelles parfaitement compréhensibles.

Bref. Un quouple bien exotique fête donc l’anniversaire, la trentaine en fait, de l’une d’entre elle. De celle qui les a réunies. Leurs échanges de vœux de fidélité et d’exclusivité mutuelle, quoique exotique (surtout à cinq il faut le dire), se sont fait en public, pendant la fête en l’honneur de Deux-Esprits. La nouvelle s’est donc rapidement propagée et c’est sans doute ce qui a provoqué définitivement le coup de folie de Kelleb.

Etouffant de rage et de haine, de jalousie contenue, il décide de salir Beyrude, au sens propre du terme. Il la provoque directement, en lui lançant un seau d’excréments au visage, la mettant au défi de prouver qu’elle vaut mieux que ce qui la recouvre. Il veut un duel, il veut la justice. Il veut que son humiliation publique, à elle, répare sa vie, à lui. Il crève d’envie, de sentiments refoulés, pervertis par le temps et la peur, l’angoisse.

Alors, Beyrude s’approche de lui et le prend dans ses bras, toute recouverte qu’elle est d’excréments dégoulinants encore de frais. Il n’a même plus la force de reculer. Il ne peut que s’effondrer sur son épaule et pleurer toutes les larmes de son corps.

Exilé pour l’affront et l’insulte, malgré que Beyrude ait demandé qu’il n’en soit rien, Kelleb semble parti pour mal finir. Elle décide donc de l’accompagner dans son exil, jusque chez les nains. Ces derniers acceptent de prendre le Sharda avec eux et de lui trouver quelque chose d’utile à faire pour le restant de ses jours. “Nous ne te devons plus qu’une vie.” disent-ils. Beyrude, embarrassée, ne peut qu’acquiescer et repartir.


72 de l’Ere des Rois

Beyrude va de nouveau chercher le Mwenji. Le vieux Juwayria, son “parrain”, est mort à l’âge respectable de soixante-deux ans. Akilah Juwayria prend sa place. Excellent guerrier, fruit de l’enseignement de Beyrude, Isilsandre et Alexandrie, poète compétent, politicien avisé et diplomate doué, il est prometteur. Il voudrait que Deux-Esprits succède à Kibassao en tant que Mkuu wa Jeshi. Elle refuse.

Elle décide de partir parcourir le monde, avec ses épouses. Depuis longtemps, Maïko a fini de tatouer leurs corps à elles-toutes, chacune portant ses propres symboles, ses propres représentations des quatre autres.

Le jeune roi accepte. Après le Chant des Hyènes, il demande à Beyrude de patienter un an avant de partir, refusant de dire pourquoi. Pendant cette année, se succèderont quatre événements d’importance.

Pour la cinquième fois, Saan Met accueille des érudits, des artistes et des combattants de tout Réah. Cette année sont présents tous ceux, ou presque, qui y ont participé depuis la toute première fois il y a presque vingt ans. C’est tout un mois de festival qui prend place cette fois. Comme lors de la toute première compétition, Beyrude remporte la mêlée finale sur Isilsandre, après avoir vaincu Alexandrie. Une excellente excuse pour ces deux-là de demander réparation la nuit venue, d’une manière bien différente, cette fois-ci.

A l’issue de la rencontre, l’année est presque révolue. Les nains viennent alors terminer de payer leur dette en amenant à Beyrude une armure entière, faite sur mesure, dans leur meilleur alliage. Ils acceptent, cette fois-ci, de considérer leur dette comme définitivement réglée.

Âgée de quarante-quatre ans, elle s’embarque vers le nord avec ses quatre compagnes,  à la recherche de son oncle, le Jarl Bjornlys.

75 de l’Ere des Rois

Je préfère ne pas vous raconter comment Beyrude retrouva son oncle et lui fit l’excellente surprise de lui donner des nouvelles de sa sœur. Pas plus que je ne vous raconterai la seule vraie colère de la vie de Beyrude, lors de sa rencontre avec l’ex-fiancé de sa mère. Ce dernier, marié, Jarl, père de nombreux enfants et petits enfants, réussi à trouver la force dans ses vieilles années de reprocher à Deux-Esprits d’exister et, pis encore, “de dénaturer le sang Alsdern en forniquant avec des créatures inférieures, des proies, ou des lavettes Eleär, sans même avoir la décence de se faire monter en silence comme la bâtarde que tu es.”

Autant vous dire qu’elle enseigna à l’ensemble de sa lignée l’humilité par la force de la seule bâtarde de la pièce, Croc du Désert, sans que ni Alexandrie ni Isilsandre ne daignent intervenir dans ce qui reste, du point de vue de l’ensemble du quouple, “une histoire de coucherie en souffrance pour l'orgueil d’un mâle”.

Aucun garde ne voulu ne serait-ce que tenter d’arrêter les cinq femmes lorsqu’elles quittèrent la place. Mais est-il nécessaire de le préciser ?

Non, par contre, la rencontre avec Cassius, elle, est une affaire intéressante ! Sachez que Cassius a servi toute sa vie durant le chef d’une bande de mercenaires dont le nom s’efface déjà des mémoires parce qu’il le voulut ainsi. Les Ailes-Brumes, spécialisés dans la protection rapprochée et le décanillage de rotules agressives.

Leur meneur finit sa vie comme il l’avait commencée, en tant que fossoyeur. Cassius tirait donc des bières jusqu’à des fosses plus ou moins communes, tandis que son maître descendait maintes bières dans sa fosse à lui. Quand il rencontra Beyrude et ses femmes, il leur offrit volontiers le gîte à condition qu’une d’entre elle au moins puisse le vaincre en combat singulier.

Ce jour-là, Beyrude perdit. Le fossoyeur se battait à la pelle et il n’avait pas son pareil. Même à mains nues, Deux-Esprits fut dépassée. Alors pendant un an, il les garda avec lui, leur contant son histoire et celle de sa guilde. Il ne les laissa partir que lorsque Beyrude, Alexandrie et Isilsandre furent chacune en mesure de le vaincre, séparément. Ce jour-là, il confia Cassius à “la meilleure élève que j’ai pu avoir, puisque tu es la première à m’avoir jamais vaincu.” et on dit qu’il mourut dans son sommeil la nuit suivante. Dans les fontes de Cassius, la vieille bannière des Ailes-Brumes, roulée soigneusement, devait désormais accompagner le quouple sur sa route.

Et j'aurais pu en rester là, simplement vous compter ce que leur fit le retour de la magie et enchaîner sur autre chose.

Mais non.

Mécontent de s'être fait étioler la dignité d'innombrables fois au cours de cette histoire, le destin tenta une mesquine revanche. C'est qu'il est fourbe, le destin,il ne va pas se laisser compter fleurette par une gueuse empoussiérée, non mais, hein ? Dites.

Pauvre destin.

76 de l'Ere des Rois

Une paire de semaines après avoir quitté le Fossoyeur, la bande arriva dans un village pour y faire étape. Cinq vieilles femmes, dont trois en armure, sur de vieilles bourriques au moins aussi têtues que leurs cavalières. Un village perdu dans les montagne de nulle part. L'hiver. Une tempête de neige qui les bloque là pour la saison.

Quelle plaie. Non content de les bloquer, le Destin envoie aussi une bande de mercenaires affamée, qui a décidé de piller un petit peu pour passer l'hiver au chaud. Fatale erreur. Encore.

La bannière des Ailes-Brumes servi cet hiver là de ralliement aux paysans terrifiés. Les mercenaires, défaits jour après jour, ne purent que mourir de froid et on retrouva leurs corps au printemps.

Cette fois-ci, remontée contre l'injustice d'un monde trop cruel à son goût, motivée par des années de lutte qui n'ont fait que la préparer à un combat plus grand encore, Deux-Esprits et ses compagnes repartent avec une poignée de recrues.

La poignée devient escouade, puis bande organisée. Bataillon, régiment. Troupe de plusieurs douzaines d'hommes. Les Ailes-Brumes ont un nouveau combat : traquer pillards, bandits et félons. Défaire ceux qui s'imaginent prédateurs et leur enseigner l'humilité par le fil de l'épée s'il le faut.

Beyrude finit par se faire coudre un grand manteau, sur lequel sont cousues les bannières vaincues : le Manteau aux Trophées, dont l'évocation seule suffit à faire trembler certains survivants de leurs attaques foudroyantes.

89 de l’Ere des Rois

Le retour de la magie apporta à chacune des femmes du quouple un atout complémentaire de sa propre nature. Tolède peut désormais augmenter la force et la chaleur d'une flamme par sa simple volonté, mais doit prendre garde de ne pas en perdre le contrôle. Maïko peut créer de la lumière à partir de ses cheveux et de ses mains, aussi fort qu'une lanterne, couleur de jade. Elle doit cependant s'exposer assez longtemps au regard de la lune pour pouvoir le refaire.

Isilsandre peut voir dans la nuit. Ses yeux sont devenus des puits de ténèbre et la lumière du jour l'incommode désormais, car c'est le prix à payer pour se glisser dans les ombres. Alexandrie soulève du sable quand elle tournoie, même là où il n'y en a pas. Garde à elle si elle s'emballe, car elle pourrait s'y trouver emportée.

Deux-Esprits, enfin, peut agir sur la pluie pour la forcir ou au contraire la disperser en une brume épaisse et cotonneuse. Quel sera son sort, à elle, si elle en abuse ?

Quelques autres soldats de leur ost ont eux aussi développé tel pouvoir ou telle magie. Tous ne le vivent pas de la même manière. Tous n'y ont pas survécu. Mais les Ailes-Brumes vivent toujours et croisent désormais les routes d'Ordanie, à la recherche du prochain faquin qui devra être rossé.

A la recherche, aussi, d'un lieu paisible pour hiverner, en ce frais Friest de 90 de l'Ere des rois.
*une couille, si vous préférez. Mais chez moi, on dit "il y a engambi". Admettez que c'est quand même nettement plus pittoresque pour parler d'une belle cagade entre les gens, pas vrai ?
**les léporidés sont la famille du lapin et du lièvre. Je dois vous faire un dessin sur le cliché parfaitement réel qui concerne leur reproduction ? Vraiment ?


Ambitions & Desseins


Etablir une position stable aux Ailes-Brumes, qui serve de quartiers d'hiver et de point d'action pour sa troupe. Finir ses jours auprès de ses compagnes. Continuer à pourfendre les injustes, les persécuteurs et les auto-proclamés prédateurs.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Bien sûr votre honneur.
Moultipass : Validé par Harden

J'ai le cerveau en feu. Tu parle d'une fiche de perso. *va se plonger la tête dans une bassine d'eau froide*


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◈ Missives : 2163

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Jeu 31 Aoû 2017 - 20:05

Suelle grande fiche.

Un personnage badass de chez les plus badass... ainsi, je te souhaite la re bienvenue et mes félicitations pour la validation. Tu sais déjà quoi faire <3.