Azzura


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Claudius de Martoeil, Duc de Lathar

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◈ Missives : 11

◈ Âge du Personnage : 41 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Seregon
◈ Localisation sur Rëa : Rhaemond
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Ici

Héros
Claudius de Martoeil

◈ Jeu 8 Fév 2018 - 13:43

◈ Prénom :  Claudius
◈ Nom : De Martoeil
◈ Sexe : Homme
◈  ge : 41 ans
◈ Date de naissance : Astar 2ème, Marghr 48 de l’ère des Rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Seregon, Rhaemond.
◈ Alignement : Loyal Neutre = « Juge »

« Le bon Juge condamne sans haïr le criminel. »
◈ Métier : Duc de Lathar & Membre de la Lune d’Argent


Magie


Aucune

« Le but de la magie, c'est d'amener l'autre à douter du réel.  »


Forces & faiblesses


Forces :

Un physique très imposant : Claudius est quelqu’un de très grand : la dernière mesure qu’on lui avait faite à la fin de sa croissance l’estimait à environ six pieds et deux pouces. En plus de cette taille exceptionnellement grande, l’entraînement militaire qu’il a reçu et qu’il pratique toujours quand il le peut, lui a donné un corps très athlétique et fort, qui fait pâlir même les plus vaillants guerriers vreën. Claudius n’est pas quelqu’un que vous voudriez affronter en duel, ou croiser sur un champ de bataille.

Une maîtrise de l’art oratoire : Claudius est un personnage politique très reconnaissable par sa maîtrise de la rhétorique. Que ce soit pour des discours guerriers, ou pour des négociations sous flux tendu avec d’autres dirigeants, le Duc a brillé de nombreuses fois grâce à sa verve.

Une Loyauté sans faille : D’une manière générale, Claudius est quelqu’un de très fiable, à qui l’on peut se confier et que l’on peut croire. L’idée de loyauté absolue portée par sa famille a déteint sur lui, ce qui a créé quelqu’un pour qui ses alliés sont très importants. Ainsi, trahir quelqu’un en qui il a placé sa confiance lui semblerait très dur, pour ne pas dire absolument impossible.

Une grande tolérance sociale : Claudius est assez patriote et fier d’être un Vreën, partageant les mêmes us et coutumes que ses frères et sœurs. Cependant cela ne veut pas dire qu’il est raciste pour autant, de même il conçoit tout à fait l’idée que des femmes pourraient arriver aux mêmes fonctions que les hommes.

Un grand courage : Une fois que le Duc est engagé dans une voie, ce n’est pas quelqu’un qui a pour habitude de reculer. Claudius sera généralement prêt à tout pour mettre en valeur la chose qu’il a choisi de défendre.

Faiblesses :

Une mentalité assez unilatérale : Le grand courage du Duc peut hélas souvent l’amener sur le terrain de l’entêtement. Il est globalement assez difficile de faire changer d’avis Claudius quand ses opinions sur quelque chose sont établies. Cela lui vaudra d’être assez controversé aux yeux de la Noblesse : certains jugent que son déterminisme est bon, d’autres jugeront certainement qu’il est aussi bête qu’un âne qui refuse de voir autre chose que son propre champ de vision.

Une pensée trop progressiste : Claudius est un membre de la Lune d’Argent et il se complaît dans cet ordre secret notamment parce qu’il milite pour un monde meilleur… Hélas, de par la fonction qu’il exerce et ses relations, il doit bien souvent composer avec un monde qu’il juge trop « lent ». Le Duc de Lathar aimerait changer le monde en sa globalité, mais il ne peut pas car il doit composer avec des institutions et des coutumes qui sont âgées de centaines d’années. Cela lui vaudra parfois de se considérer comme un incompris, ou à défaut de s’énerver car la société, même dans les plus hautes sphères, ne pense pas comme lui.

Une grande volonté de dirigisme : « La famille de Martoeil n’est pas une famille de mouton », disait souvent le père de Claudius à son fils. Le Duc a été bercé depuis sa tendre enfance par le fait qu’il devait diriger et accomplir de grandes choses. De ce fait, même s’il éprouve un respect certain pour la hiérarchie, il ne peut pas se contenter d’une simple vie de soldat lambda, qui lui demanderait bêtement de suivre les ordres sans se poser de questions. Claudius a l’âme d’un chef, de ce fait il doit diriger.

Un physique trop imposant : Claudius doit vivre dans un monde conçu pour ceux qui font en moyenne dix pouces en moins que lui, ce qui est quasiment un combat de tous les jours. Si sa très grande taille peut être gratifiante dans certaines situations, elle s’avère surtout être un vrai calvaire à vivre au quotidien.

Phobie de la solitude : Claudius est globalement très attaché à son entourage proche, ses relations sont très importantes pour lui, que ce soit sa famille, ses alliés, ou ses amis. De ce fait, la plus grande crainte de Claudius serait de se retrouver tout seul, abandonné de tous.


Physique


« Quand on a le physique de l'emploi on en a l'âme. »

Une place. Une grande place.

Du monde s'est rassemblé par ici. Et pour cause : le gouvernant de Lathar doit annoncer « quelque chose de grandiose ». Les hérauts officiels n'ont eu que cette instruction-là, et ordre de convier chaque citoyen sur cette grande place, pour l'allocution officielle.

Un enfant monte sur les épaules de son père, impatient de croiser pour la première fois celui qui se faisait appeler « Le Briseur de Sièges ». Nombre de paroles circulent à son propos : ce serait un géant qui pourrait balayer une armée entière de sa propre main, un puissant guerrier qui ferait pleuvoir la foudre sur ses ennemis…

La porte s'ouvre, et les trompettes sonnent faisant taire tous les murmures et les quelques paroles de la petite assemblée populaire présente.

Le Duc vient de faire son apparition, au petit balcon de son Palais, surplombant ainsi avec majesté le monde. Et au fur et à mesure qu'il se dévoile, les yeux de l'enfant grandissent d'émerveillement.

De longs cheveux noirs atterrissant jusqu'à un peu plus bas que le milieu de ses épaules, apparemment entretenus avec grand soin, probablement par ses serviteurs les plus minutieux. Une tenue officielle parée de bleu et or, probablement brodée par les plus grands tailleurs de la région, témoignage d’un raffinement propre à son statut social. Un air fier, supérieur, exposé sur son visage qui semble uni et laisse transparaître un air relativement jeune. Un Vrëen de sang pur.

Des yeux d'un marron rappelant la couleur des plus sombres chênes, et sur le côté gauche du visage, une cicatrice, partant du haut de sa paupière, jusqu'au milieu de sa joue. Un guerrier. Quelqu'un qui tient sa légitimité de ses faits d'armes. Qui a mené des batailles, et rugit des cris de victoires mais aussi de défaite.

Le petit est également surpris par sa très grande taille. L'enfant n'a pas encore vraiment le sens des mesures, mais l'on estime la taille de son souverain d'à peu près six pieds et deux pouces. Un pas déterminé, et des gestes pragmatiques, aucun geste grandiloquent en trop, sans manquement au protocole officiel.

Alors qu'il pose ses deux mains sur la petite barrière en fer forgé de son balcon, l'enfant retient son souffle. Il est prêt à le faire. Il va parler.

Un regard attentionné vers son peuple, mais qui sait aussi se montrer droit et juste. Il a les yeux très expressifs. Il les a toujours eus. On y voit de la fatigue, de la résilience, mais surtout en cet instant précis, dans ce cours laps de temps qui semble durer une éternité, de la fierté. Et ainsi il parla, d'une voix forte et intelligible. Pas une syllabe en dessous de l'autre :

« Cher peuple Latharien. C'est un honneur pour moi, que de prendre la parole pour vous annoncer une grande nouvelle pour la région. Aujourd'hui, Alvar a répondu à notre appel, et à notre dur labeur. De son souffle, il a choisi de donner la force à chacun d’entre vous qui fait battre le cœur de cette contrée. Il y a de cela quelque temps, de grands travaux pour notre port principal ont été lancés. Ceux-ci sont officiellement terminés. Grandes plateformes de commerce, plus de place pour nos baleiniers, un chantier naval d’ouvert… Le Port de Lathar vous souhaite la bienvenue. »

Tonnerre d’applaudissements et de cris de joie. Une assurance qui a fait flancher nombre de ses ennemis sur le champ de bataille, et fait douter les plus talentueux orateurs de Seregon. Une stature et rigueur physique apprise des plus grands, son affinité pour le combat et son prestigieux parcours n’étant inconnu de personne.

Il est Duc. Il est Claudius De Martoeil.


Caractère


« La faiblesse de la force est de ne croire qu’à la force. »

« Julius, tu sais, il y a quelque chose que je voudrais te dire. Tout comme ton arrière-grand-père, ton grand-père, et moi, ton pire ennemi, c’est toi-même. »

Une grande phrase toute faite, et pourtant Claudius devait absolument le dire à son fils. Le petit ressemblait trop au Duc pour qu’il ne lui dise pas.

« C’est la raison pour laquelle je repousse tes assauts depuis le début de cet entraînement, parce que tu mets trop de force dans tes coups, parce que tu n’en manques pas. C’est même une de tes premières qualités. Et tu penses sans doute que cela te suffit et pourtant… Malgré mes conseils, pour pouvoir me battre tu t’obstines à toujours agir de la même façon. Laisse-moi te dire une chose. C’est en acceptant l’échec, en sachant faire preuve de sagesse, et en ne te reposant pas sur tes seules et uniques qualités que tu arriveras à avancer. Le pragmatisme est mère de toutes choses. Quand je ne serais plus là, et que tu devras reprendre les rênes de ce territoire, je veux que tu en aies conscience. Si l’on reste obstiné, alors c’est la ruine qui t’attend. »

Il s’accorda une pause. Son fils hocha la tête, et le regarda droit dans les yeux. Il avait les yeux d’un vert magnifique. Ceux de sa mère. Le duc reprit ensuite son élocution :

« Parfois, et même souvent si tu me ressembles vraiment, tu seras rongé par les sentiments. Si un chemin plutôt qu’un autre te semble plus idéal pour continuer sur une route, tu vas insister pour t’y enfoncer. Parce que tu auras l’intime conviction, et la force de croire que celui-ci est le meilleur. Je ne vais pas te blâmer pour cela : il est rare de voir les membres de la famille Martoeil comme des perdants, ou des suiveurs, à ta guise. Nous sommes des dirigeants, nous imposons notre pensée avec force, et nous brisons nos adversaires. Il n’y a qu’à voir le résultat avec les anciens dirigeants de cette région. Seulement si tu es vraiment comme moi, tu essuieras tes mauvais choix avec amertume… »

Claudius retira ses deux mains de l’épaule de son jeune fils, avant de s’écarter de lui quelques instants. Le Duc tira son épée de son fourreau : un acier d’une parfaite qualité. Son fils tira la sienne, qui était conçue pour être à sa taille. Claudius et Julius, le père et le fils, allaient échanger une passe d’arme prochainement. Néanmoins Claudius n’avait pas terminé son discours :

« Mais fils, c’est précisément là que tu devras faire preuve de sagesse, et de pragmatisme. Les sentiments d’un échec, le doute, la perte de confiance en toi, l’obstination t’envahiront à chaque moment important de ta vie. C’est la même chose pour moi. Et pourtant, le Peuple qui attend là dehors ne doit rien savoir. Eux, ont besoin d’un dirigeant. De quelqu’un d’une image idéale, forte, précise et qui sait ce qu’il fait. C’est à ce moment très précis que tu devras te souvenir de cette phrase, cet enseignement qui m’a aidé, et m’aide encore à diriger et assumer mon rôle avec la plus grande fierté qui soit… Imprime cette maxime dans ton cœur, et qu’elle soit ton credo à tout jamais. »

Claudius leva sa lame, pour la pointer sur le visage de son fils, qui en fit autant dans l’instant d’après. Puis il fit finalement par dire :

« Tirons notre courage de notre désespoir même. »

Il lui fit ensuite un signe de main d’engager le combat.


Inventaire


“La richesse consiste bien plus dans l'usage qu'on en fait que dans la possession.”

Un pas assuré se fait entendre dans le Palais du Duc, construit en hauteur, surplombant Lathar. Ce pas c'est celui de Cia. D'une trentaine d'années, elle travaille avec tant d'autres au service du Duc depuis maintenant quelque temps déjà. Elle n’a pas n’importe quel poste cependant : elle est Intendante. Qu’une femme soit à ce poste était assez rare pour le signifier, alors elle en est très fière.

Elle se plaisait bien, au Palais. Elle était en quelque sorte une « secrétaire personnelle » du Duc : elle gérait pour lui tout ce qui concernait l'intendance de sa colossale habitation, avec tout ce que ceci impliquait. Rien qu'à travers la gestion d'une partie de ses possessions et ses petites habitudes, Cia pouvait, sans rougir, dire qu'elle connaissait le Duc probablement mieux qu’il ne se connaissait lui-même.

La gestion des possessions était en effet un travail à plein temps, mais aussi très significatif du comportement et des journées du Duc : par exemple, Claudius accordait une grande importance à son équipement militaire, celui-ci n'avait pas changé depuis maintenant quelque temps, et seul lui, son écuyer, ainsi que Cia en qui il avait une totale confiance, pouvait le toucher. Monsieur le Duc voulait qu’on en prenne le plus grand soin possible.

Il y avait notamment son grand marteau à deux mains, que l’intendante jugeait absolument gigantesque : néanmoins le maniement de cette arme avait fait toute sa réputation. Constitué d'un long manche fait en bois d'ébène très solide, il avait en son embout une grande partie en acier, qui constituait la partie avec laquelle le Duc frappait, souvent mortellement, ses ennemis. L'arme était forgée d'une telle façon que sur la frappe, on pouvait voir que trois pics avaient été forgés pour mieux transpercer les armures. Sur la tête de celui-ci, on y distinguait une décoration : un poing qui semblait porter un coup contre un mur. C'était l'illustration de la fameuse appellation « Le Briseur de Sièges », comme on l'avait surnommé.

Pour le reste de ses possessions, Cia savait que le Duc ne faisait pas tellement dans l'ostentatoire. Par exemple, il était rare qu'elle voie dans sa garde-robe quelques habits étranges et d'apparence extrêmement chère, seulement sa tenue officielle se distinguait : d'une couleur bleue et or, elle était effectivement celle qui représentait le plus ce côté riche que l'on octroyait souvent à la Noblesse. Claudius n'avait jamais été vraiment un grand adepte du criard.

Tout ce côté pragmatique, se ressentait en fait dans les lieux que Cia fréquentait où Claudius choisissait la décoration : on y voyait rarement des dorures, et autres pierres précieuses généralement affiliées à la richesse. Le Duc y préférait quelque chose de plus calme, efficace, et qui fait son travail. Les quelques tableaux qu'il avait, représentaient souvent des scènes de batailles, ou des portraits simples, et n'étaient généralement pas de la taille d'un mur. Pour ses bijoux, il n'en avait qu'un : une chevalière où trônait au centre de celle-ci ce que l'on appelait de la pierre de lune. Cette bague ne quittait habituellement jamais Claudius.

En somme, Cia pensait qu’on pouvait dire n'importe quoi de Monsieur le Duc tant que cela restait dans la limite du respectable : qu'il était parfois un peu bourru, qu'il riait fort, et parfois un peu pragmatique à outrance… Mais certainement pas qu'il était un pédant riche jusqu'à montrer toute sa fortune partout où il passait.


Histoire


Chapitre I

Rhaemond, Terres Royales, Marghr, Année 48 de l’Ère des Rois

Reinold de Martoeil et Mirava de Martoeil, respectivement marquis et marquise du territoire de Martoeil viennent d’avoir leur premier enfant. C’était un garçon, autrement dit, le tout premier héritier, qui allait pouvoir assurer la suite de la grande lignée qui était la leur.

La famille Dussard, d’où provenait Reinold de Martoeil, disposait d’un grand héritage a assuré. Fondamentalement loyale aux divers rois légitimes qui se sont succédé en Rhaemond, elle avait construit sa réputation sur le soutien qu’elle apportait à chaque instant au régime en place. Toujours authentique, elle n’avait jamais émis ne serait-ce qu’une velléité de rébellion. Tout ce qu’elle avait construit, elle l’avait fait dans le respect des institutions, en tenant toujours sa parole. Ceux qui avaient le nom de “Dussard” étaient un modèle d’exemplarité et de travail.

Le couple considérait donc qu’il était dans leur devoir d’inculquer ces valeurs, cet héritage à leur fils. Tous deux, décidèrent de l’appeler Claudius. Ce “cadeau du ciel” qu’il était fut chéri comme aucun autre. Le couple mettait toute son énergie dans le bon développement de leur petit chéri. Père comme mère, ainsi que de très nombreux percepteurs lui apportèrent une éducation digne de tout fils de nobles, lui apprenant les bases de la vie et tout ce qui s’ensuivait.

Déjà à son jeune âge, ce qui passionnait le plus le jeune Claudius c'était tout ce qui avait attrait à la guerre et au commandement. Reinold était profondément fier de cela. Au fur et à mesure que les années passaient, il s’émerveillait de plus en plus face aux premiers instants de vie de ce qui s’annonçait comme un très grand Dussard. Cette grandeur, il la vit non seulement à travers sa taille physique, exceptionnellement élevée pour quelqu’un de cet âge-là, mais aussi à travers sa faculté à se faire respecter par d'autres garçons, à travers cet éclat dans ses yeux quand Reinold lui racontait des histoires d'antiques batailles… Le père ne pouvait l’expliquer, mais une multitude d’indices venait lui dire que son fils allait avoir un grand destin. Plus les années passaient, plus il pensait qu’Alvar en personne avait posé son regard sur ce petit garçon.

Une fois le mois de Marghr en 57 venu, le Marquis décida de choisir un Parrain pour son fils. Le Parrain devait former son héritier pour qu’il devienne chevalier, comme le voulait la tradition. Être chevalier signifiait beaucoup : bien plus qu’un simple titre, c’était toute une école de vie. C’était un corps réservé à l’élite dans le Royaume de Rhaemond, celui qui était censé le protéger face à tous les dangers. Cela passait donc par une longue éducation, étendue sur plusieurs années, qui allait être déterminante dans la vie de Claudius. C’est véritablement là qu’il allait se construire.

Ainsi c'est donc tout naturellement que Reinold de Martoeil fit appel à Cyrus des Écores, un vieil ami qu'il avait connu sur le champ de bataille. Il était majoritairement connu pour être un épéiste de renom dans l’armée du Roi Aldron, mais il était également un fin conseiller politique qui épaulait Reinold dans sa gestion de Martoeil.

Lors de son apprentissage, Claudius était un élève disons… Agité. Son Parrain dut le reprendre maintes et maintes fois pour qu'il soit attentif, particulièrement quand il n'était qu'un simple Page et que de ce fait il devait faire des tâches de… Page. Malgré sa récalcitrance à les faire parce que comme Claudius le disait “ce n’était pas le devoir de chevalier de ramasser du crottin”, nettoyer les écuries, prendre soin d'un cheval, et tout ce qui s'ensuivait étaient des devoirs généralement ingrats, mais qui servait de formation au jeune homme. Reinold décida de n’accorder aucun privilège à son fils, malgré le fait qu’en pratique on pouvait sûrement aménager ce genre de tâches, parce que cela n’avait jamais été le cas pour toute sa famille. Le Marquis disait d’ailleurs souvent à son jeune fils quand il se plaignait que connaître les conditions dans lesquelles vivaient la plupart des gens sur ses terres l'aiderait, au moment où il devait régner à son tour. Parce que « Pour bien connaître un Prince, il fallait être particulier ». C'était un enseignement de base, et qui ne sortait pas forcément de nulle part, surtout en Rhaemond où la plupart des gens passaient par ce genre d'étapes injustes avant d'arriver à des fonctions importantes. Seulement, Claudius avait du mal à le comprendre. « La fougue de la jeunesse » disait souvent Cyrus, en contemplant le jeune héritier dans son apprentissage.

Cette mentalité puérile qu’il avait, atteignit son point d’orgue en 60, au moment de la naissance de son petit frère Martial de Martoeil. Ce fut un véritable choc pour Claudius qui, du haut de ses 12 ans, avait toujours connu ses parents uniquement dédiés à sa personne : la jalousie fut grande dans la période qui suivait, toute aussi grande que les leçons qu’il recevait de son Parrain en punition de ce vice. Ses parents avaient beau lui dire qu’ils l’aimaient tout autant que son petit frère, Claudius, lui à qui on avait tout donné, ne se sentait plus vraiment à sa place. La crise d’adolescence arrivant à la suite de ce nouvel événement et avec celle-ci les premiers changements dans le caractère du jeune garçon, ce ne fut clairement pas une partie de plaisir pour tout le monde.

Ce fut son parrain qui le perça finalement à jour. Se suivirent alors de longues séances d’entraînements où Claudius passait la plupart de temps à se plaindre, Cyrus s’efforça alors d’endurcir le jeune homme et à lui inculquer quelques valeurs et considérations fondamentales qu’il devait avoir pour le futur : il ne voulait pas que la colère soit son moteur principal pour se battre. Cela ne faisait pas de bons dirigeants, bien au contraire.
Ainsi vint naturellement dans son apprentissage des notions telles que la vie en famille, l’amour universel des parents, le respect que chaque être devrait avoir pour un autre, le fait qu’il devait montrer l’exemple car il était l’aîné… En bref, tout un tas de choses qu’un jeune enfant n’avait pas envie d’entendre mais qui était pourtant nécessaire pour l’avenir.

C’est en faisant preuve d'un peu de patience qu’il comprit l'utilité de ces enseignements. Ayant atteint l’âge limite, il devint par la force des choses écuyer, et se trouva un petit peu plus assagi qu’auparavant, Claudius avait fini par se résigner et accepter son destin : il allait devoir vivre avec son frère et faire perdurer l’héritage familial. Il réalisa également plus tard quand il était déjà un peu plus âgé, que suivre ces enseignements étaient fondamentaux. On devait respecter ses aînés car eux savaient ce que les jeunes gens ne savent pas.

Ce ne fut pas simple tous les jours mais, avec quelques efforts, Claudius s’y habitua. Ainsi se poursuivait son apprentissage : Cyrus des Écores étant là pour le former militairement et pour l’écouter s’il avait des questions quelconques, ses parents eux tâchaient de lui apprendre diverses règles telles que l’étiquette, les bases de la gestion d’un royaume et comment l’on devait se comporter en public, quand on agissait comme Marquis. Ainsi se mettaient en place petit à petit en Claudius les bases d’un grand dirigeant : conscience de la vie du peuple, militarisme et bien sûr la politique.
Ainsi était son apprentissage inévitable de la vie, et s'il n'était pas passé par là, Claudius ne serait pas cet homme qu'il est aujourd'hui : un fier Duc qui dirige la région de Lathar, dans le Royaume de Rhaemond.

Vint finalement l'année 68, une année troublée par de nombreux sombres événements, mais qui fut aussi le moment où Claudius fut sacré Chevalier.

En l’an 68, l’enfant pourri gâté jaloux n’était plus. Il avait parfaitement pris la transition, et son vieillissement lui avait été très bénéfique : devenu un jeune homme d’honneur, Claudius en imposait autant par son physique, que par l’esprit qu’il avait. On sentait que c’était un homme aux convictions unilatérales et claires : il était globalement déterminé à se faire respecter, et à s’imposer.

Si Cyrus des Écores avait quelques craintes, comme le fait que sa fougue et que son implacabilité lui joue des tours à l’avenir, car Claudius était quelqu’un de très émotif, il décida finalement de mettre ses doutes de côté. Il fallait maintenant que la vie apprenne des choses à l'héritier de Martoeil.

L’an 68 était cependant très particulier. La mort du Roi Aldron Gartred avait secoué le monde de la noblesse. Elund Gartred, fils d’Aldron, allait prendre le pouvoir à sa place, mais il était loin de faire l’unanimité.
Pour la Maison Dussard, c'était un cas très clair, le Marquisat de Martoeil avait accordé sa totale confiance dans le nouveau souverain légitime, comme il l’avait fait par le passé avec les autres. Claudius partageait donc fort logiquement cette confiance.

La famille de Martoeil au grand complet s’était rendue à la cérémonie du couronnement d’Elund en Cealcis, Sheal le septième de Friya. Claudius se souvient encore aujourd’hui de ce moment riche en émotions : c’était là que sa vie avait “véritablement” commencé. Inspiré par le nouveau Roi, il voulait lui aussi connaître ce genre de destin grandiose. Il voulait que sa famille soit fière, et montrer que des idées pouvaient le porter au plus haut de l’échelle.

Claudius ainsi que d’autres jeunes hommes se firent adouber le lendemain du Couronnement, par le nouveau Roi Elund Gartred. C’était un moment fort, qui avait rendu particulièrement fier sa famille, tous venus pour assister à cela. Après le geste traditionnel, c’était fait. En étant sacré Chevalier, l’héritier de Martoeil avait ainsi scellé non seulement sa confiance en sa famille, mais aussi dans le Roi, sans qui tout cela n’aurait pas été possible.

Il commençait sa vie en tant que soldat à ce jour, et le moins que l’on puisse dire, c’était qu’il avait un long chemin à parcourir…

Chapitre II

Le futur Marquis de Martoeil, désormais chevalier, était revenu en ses terres.

Seulement, ce petit séjour à Cealcis avec sa famille lui donnait l’impression que Martoeil n’était plus la même. Le comportement des gens était différent : plus malsain, plus sombre. Quelque chose de grave s’était passé.

Des attaques de mercenaires étaient survenues aux alentours d’une semaine après le couronnement d’Elund et la cérémonie d’adoubement de Claudius. L’objectif de la chose était de globalement conspuer les eleärs. Ainsi, ils attisaient de vieilles haines racistes en rapport avec la reconquête des territoires qui étaient Vreën autrefois, le fait que les eleärs n’étaient pas légitimes de vivre en Seregon, qu’ils volaient le travail du peuple… Certains mercenaires allaient jusqu’à tuer des eleär innocents, de manière pure et gratuite. Un outrage absolu quand on connaissait toute la politique de réconciliation qui avait été construite par la famille Royale.

Le futur Marquis était irrité que son peuple qu'il avait juré de protéger soit capable de ce genre de comportements. L'état de passable énervement de l'héritier ne fit qu'amplifier quand il constata une fois sur place, que sur les marchés et dans quelques lieux populaires de sa région, de nombreux crieurs s'étant mis à attiser la haine à propos des eleärs. Claudius avait toujours été très ferme sur cette question : il promouvait la tolérance et l’égalité entre les peuples, peu importe leurs origines. Il jugeait totalement illégitime, stupide et puéril le fait que l’on désigne les eleärs comme coupables de tous les maux systématiquement.

Là où cela devenait criminel cependant, c’était que certaines personnes se servaient de ce soudain mouvement de populisme raciste pour plus ou moins faire comprendre que le nouveau Roi Elund était incapable de prendre une décision à ce sujet. Ou alors ce n’était pas la décision qu’ils voulaient. En bref, d’une manière ou d’une autre, les gens contestaient le pouvoir en place.

Il ne fallut évidemment pas longtemps pour que tout cela remonte aux oreilles du Marquis. Se rendant compte de l'état troublant de la région, Reinold enclencha des procédures particulières pour tous ceux qui contribuaient à la propagation de cette idéologie néfaste : Claudius ainsi que les différents militaires officiels de la région en furent le bras armé. Ensemble, ils arrêtèrent complètement ce genre d'initiative en enfermant au fin fond des plus âpres prisons de Martoeil les gens qui clamaient haut et fort l'idéologie naissante de rébellion, ou encore ceux qui tuaient purement et simplement les eleärs par pure haine envers la race.

L'opération fut plutôt efficace en Martoeil, si bien que la situation locale fut gérée en un temps record : en quelques jours, il ne restait plus aucun perturbateur dans la contrée que Claudius chérissait tant.

En réaction à ces tentatives de rébellion, un mois plus tard, le premier Lunaë de Bremisc un décret royal fut pris par Elund Gartred. Il donnait ordre d'exécuter quiconque ayant tué des Eleärs. Ce fut l'élément déclencheur qui donna toute son ampleur au feu que couvait Cealcis depuis longtemps. On ne le sut que quelques jours plus tard à Martoeil, mais une grande révolution avait alors éclaté juste après cette décision : trois jours après cet arrêté royal, le contexte politique avait complètement changé.

Elund Gartred avait fui face à la véritable révolution en Cealcis. Arthom de Lathar, alors Duc de Lathar, s'était ensuite emparé de Cealcis et s’était immédiatement considéré comme le nouveau régent de Rhaemond. Le tout tenait plus ou moins debout : il était un fin stratège, un authentique guerrier connu et reconnu de tous et surtout un habile politicien. Le fait qu’il ait épousé Lyson Gartred, la soeur d’Elund, lui avait donné cette légitimité qui lui a permis de s’autoproclamer régent, en l’absence du véritable Roi. Claudius était plutôt de l’avis que c’était surtout un odieux raciste et un décérébré qui militait pour des idées qui avaient autant d’âge qu’un bon vin.

Le Marquisat de Martoeil avait appris de source sûre qu'il était en direction de Lenlay chez son beau-frère afin de former une armée de contre-attaque : ses soutiens dans cette région de Rhaemond étaient solides, sans doute qu'il allait compter sur eux pour reprendre ses terres qui lui revenaient justement. La question ne se posa vraiment quant à l’attitude à adopter : la famille de Martoeil avait donné leur parole et leur confiance à Elund, ce n’était donc pas à la moindre rébellion que cela allait cesser. Ils décidèrent ensemble de faire sécession face au nouveau régent et de couper complètement les ponts avec Cealcis en attendant qu’Elund revienne au pouvoir.

Allant jusqu’au bout de la démarche, Claudius décida de prendre ses responsabilités, et il rejoignit la Résistance dans l’armée d’Elund Gatred, en amenant avec lui une dizaine des meilleurs guerriers de Martoeil. L’Héritier espérait ainsi honorer sa famille pendant qu’elle était occupée à mettre des bâtons dans les roues à l’Insurgé. C’était également son premier moyen officiel de s’affranchir, et de se battre pour ses idées : il était déterminé à défendre sa vision politique en Rhaemond, qui était partagée par le Roi Légitime.

Sur le voyage, l’héritier de Martoeil vit de ses propres yeux la cruauté du régime mis en place par le Duc de Lathar. Il apprit sur les routes que dans les territoires les plus durs, les Eleär étaient traqués comme des animaux, puis parqués dans des camps gardés par des soldats ayant fait allégeance au nouveau régent. Ils étaient enfermés dans des quartiers précis et livrés à eux-mêmes. Ces pratiques évidemment révoltantes n’eurent que pour effet de stimuler Claudius, qui n’avait envie que d’une seule chose : de décapiter lui-même ce dissident, pour que la paix règne à nouveau dans son pays qu’il aimait tant.

Fort heureusement, le régime du Duc ne faisait pas l'unanimité, et plus il se rapprochait de Lenlay, plus il revenait à des endroits où la population avait un comportement « commun ». Claudius apprit que le Roi avait en vérité déjà commencer à former bien plus qu'une petite résistance : les duchés de Aelyon et Lenlay, deux territoires historiquement alliés à la famille Gatred, s'étaient mis d'accord pour former une coalition qui avait pour but de créer une armée afin de bouter le Duc de Lathar hors de Cealcis.

Une fois arrivé à Lenlay, c'est cette résistance que Claudius rejoignit sans trop de mal : il lui avait suffi de décliner son identité aux autorités compétentes et de dire que lui et sa petite troupe voulaient rejoindre la résistance pour qu'on les engage.
Tout s'enchaîna ensuite rapidement : Claudius était enrôlé dans les forces d’élite de l’armée d’Elund et il prit de ce fait part aux nombreuses batailles qui agitèrent Rhaemond en cette période de Guerre Civile. Il était évidemment au cœur de l'action sur le front sud, où le Duc de Lathar accompagné de ses alliés de Valemar et d'Aldemar avait levé une armée pour « reconquérir les territoires justement vreën ».
Claudius se démarqua notamment par son volontarisme et sa grande force qui firent de lui un élément de choix pour l'armée de la résistance : il était également atypique du fait qu'il n'utilisait pas exclusivement l'épée, mais aussi un marteau de guerre qui avait contribué à créer son profil de grand guerrier. Ainsi, plus la guerre et les batailles passaient, plus les troupes rebelles semblaient se démotiver et de ce fait Aelyon et Lenlay reprenaient du terrain. Claudius brillant par son efficacité sur de nombreux champs de bataille, commençait à s'acquérir une petite réputation en plus d'être apprécié par ses collègues soldats.

Ses agissements sur le champ de bataille atteignirent finalement son pinacle en 73 au moment du siège de Cealcis. L'armée résistante avait finalement remonté la pente, et la guerre civile se termina sur cette période de quatre mois, ou elle devait reprendre la capitale sans meurtres excessifs.
On conte encore aujourd'hui les exploits de Claudius, qui avait redoublé d’ingéniosité pendant tout ce temps pour trouver des stratagèmes capables de sauver un maximum d'innocents. À l’issue de cette longue et intense lutte avec les résidus de l’armée Latharienne, il obtiendra son fameux surnom de « Briseur de Sièges ».

À la fin de la Guerre, en 73, Claudius, désireux d’aller jusqu’au bout de la voie où il s’était engagé, se proposa pour démêler un dossier de taille. Si le Roi Elund avait gagné la guerre, il restait encore à redorer l’image de Rhaemond auprès des eleärs. Cela s’expliquait par le fait qu’ils étaient d’influents partenaires commerciaux pour la Coallition des Trois, elle-même mise à mal avec ces vents révolutionnaires. À cet effet, était prévu un grand convoi Vreën pour ramener les eleärs mis à mal pendant la guerre dans leurs pays d’origine. Un corps diplomatique spécial était également mobilisé pour stabiliser les relations entre eleärs et vreëns. Claudius s’était ainsi proposé pour escorter le convoi et faire partie de ce corps diplomatique.

Grâce à son rôle pendant la guerre et sa réputation qu’il s’était construit, on lui donna ce poste qui allait véritablement changer toute sa vie.

◈ Chapitre III

Comme bien souvent, un changement radical de vie est conditionné par un événement exceptionnel.

Ici, c'était pour Claudius la rencontre de son « âme sœur », une eleär dénommée Elladrielle Ilthalion. Le jeune homme l'avait rencontré quand il était en mission pour escorter le convoi eleär vers Aiseth : indéniablement très belle et d'une élégance propre à sa race, l'eleär semblait tout avoir pour elle aux yeux de Claudius.

C'est à cause d'une bête chute à cheval que Claudius eut l'occasion de connaître plus amplement l'eleär : sa selle était mal serrée, il n'avait pas fait attention et il s'était blessé bêtement. Elladrielle – après avoir joyeusement ri de cette chute grotesque — s'occupa de l'héritier de Martoeil : elle était particulièrement connue en ses terres pour ses vertus de guérisseuse. C’est naturellement pendant cette période que le jeune homme tenta d'en savoir plus sur la mystique eleär.

Claudius apprit en fait que Elladrielle n'avait nullement été prisonnière des camps pendant la Guerre Civile. En vérité elle faisait partie d'une haute maison eleär, elle-même était une amie très proche de la reine Erin Gatred, la femme de Elund. Elladrielle se trouvait en fait avec la famille royale au moment où la guerre civile a éclaté, et de ce fait elle avait tenté d'échapper au chaos avec sa grande amie. Contraintes et forcées, elles durent se cacher dans un temple d'Alvar à Cealcis : un édifice religieux isolé de tous conflits, que pas même une longue guerre civile n'avait endommagé. Elles avaient ensuite réussi à fuir la dangereuse capitale, vers la région d'Ether à Ambeorn, où de là elles avaient grandement contribué à l'effort de guerre notamment en soignant des blessés dans la plus grande nécessité.

Ainsi, les deux apprirent à se connaître tout le long du voyage. Claudius fut enchanté de constater que Elladrielle était d’une grande sagesse, probablement dû à sa longévité d’Eleär, et ensemble ils purent échanger sur des sujets divers et variés. Les deux partageaient une même vision politique progressiste, même si évidemment ils agissaient à leurs échelles. Étant une noble, et probablement la guérisseuse la plus talentueuse de Seregon, si ce n’est du monde, Elladrielle multipliait les rencontres depuis des années avec les personnalités vreën notables et dispensait son savoir où elle le pouvait.
Claudius, quant à lui, faisait son nécessaire pour que la loi du Roi de Rhaemond soit respectée, et que la politique globale soit centré sur quelque chose de plus diplomate et non très agressif, comme l’Insurgé avait essayé de le faire.

Ainsi se tissa progressivement un lien d'amitié entre les deux personnes, même si c'est évidemment la flamme de l'amour qui brûlait dans le regard de Claudius à chaque fois qu'il posait les yeux sur Elladrielle.

À vrai dire, au-delà de l’amour certain, sa compagnie était un véritable plaisir. Plus qu’avec n’importe quelle autre personne, Claudius se sentait bien avec elle. Il ne se serait jamais lassé de l’écouter parler : chaque échange était une nouvelle découverte, pour être tout à fait exact, chaque discussion était un dépaysement, un voyage. C’est quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti auparavant. Ce fut véritablement ce point-là qui décida Claudius sur ses sentiments : quand le temps viendrait, il n’avait pas envie de passer le restant de ses jours avec une espèce de « femme tarte » qui serait là uniquement pour lui donner des enfants.

Lorsqu’il était arrivé à Allsyria, Claudius avait également pris des fonctions vraiment tournées vers la diplomatie : en côtoyant Elladrielle, et en s’essayant au dialogue entre deux nations puissantes, il vit de manière concrète comment l’on pouvait agir pour maintenir un certain équilibre en ces deux forces. C’est avec ce voyage qu’il se rendit compte qu’une idée de monde progressiste ou tout le monde se regarderait de la même façon n’était peut-être pas si absurde que cela. Claudius faisait partie de ces « artisans de la paix », ceux qui avaient baigné dans les idéaux d’Aldron, un Roi qui avait mis à genoux tout le monde et qui avait réussi à faire quelque chose de concret pour préserver un horizon politique stable.

Nourri par cette vague d’espoir grandement entretenu par ces nombreuses conversations et collaborations avec Elladrielle, qui était en quelque sorte son point de repère à Allsyria, l’investissement de Claudius fit son œuvre. Il s’était développé une certaine « atmosphère » entre ces deux-là, en tout cas l’héritier de Martoeil en était convaincu. Cette relation permit à Claudius d’apprendre, de persévérer dans ses idéaux, et surtout elle avait donné une véritable consistance aux désirs politiques du jeune homme. Il était nécessaire que le peuple, son peuple, prenne conscience de tout cela. La vision politique d’Elund Gartred devait être préservée.

Cependant, préserver cette telle vision quand on avait affaire en majeure partie à des eleärs traumatisés n’était définitivement pas chose facile : au début de l’an 75, une terrible nouvelle pour les Rhaedars envoyés en mission diplomatique tomba : le Roi de Desde avait décidé de fermer complètement ses frontières à la Coalition des Trois. Pour Claudius, qui était présent à Aiseth dès la fin de la guerre civile rhaedar, ce fut une situation catastrophique à gérer. En cette période, il dut beaucoup travailler en Allsyria pour qu’une situation similaire ne se reproduise pas.
C’est également en grande partie grâce à l’implication de son valet Rodéric Haldebourg, que Claudius put y voir plus clair dans la situation. Rodéric, qui était depuis l’adolescence une épaule solide du Chevalier dans les moments difficiles, vint lui révéler pendant cette période d’intense travail qu’il travaillait pour “un groupe qui œuvrait pour le bien”, c’était en fait la Lune d’Argent, mais le valet n’en fit nullement mention pour l’instant. Le processus de recrutement de l’Ordre étant lancé, Claudius reçut une aide précieuse de la part de Rodéric : il s’avérait que le valet lui mentionna quelques soutiens importants, proches de la Reine dont il devait se rapprocher. En échange de cette information, il devait faire en sorte que l’accord commercial ne cesse pas.
Claudius apporta donc un soutien de poids au travail de ses quelques collègues experts en diplomatie présents au moment des faits, et ils réussirent finalement à démêler la situation à leur avantage. Les facteurs de leur réussite résidaient principalement dans le fait qu’ils étaient en Allsyria, et le fait qu’ils avaient indirectement le soutien des Eleärs du convoi. Il était difficile de voir les mauvais côtés des Vreën quand des gens comme Claudius qui s’étaient battus pour les eleärs étaient là pour redorer l’image du peuple qui leur avait causé tant de torts. C’est avec cette présence des combattants, quelques discours que les experts diplomates élaborèrent, et surtout avec le soutien non négligeable des Nobles d’Aiseth proches de la Reine que La Coalition des Trois put éviter une nouvelle crise.

C’est finalement après plus d’un an et demi après son arrivée en Allsyria à la date du troisième Dermedrek du mois de Friest de l’an 75, que Claudius avait officiellement conquis le cœur d’Elladrielle. Un baiser lors d’une balade menée par Elladrielle dans une clairière isolée près de Allsyria scella leur union.
Sans nul doute que le grand investissement de Claudius pour la cause Eleär, ainsi que ses tentatives de séduction maladroites mais attendrissantes, avait fini par taper dans l’œil de la Noble dame.

S’ensuivit une période de six mois où Claudius avait véritablement l’impression de vivre au paradis : il était de manière tout à fait officieuse et secrète avec la plus belle eleär qui soit, et probablement le plus bel être du monde, tout en jouant les diplomates pour assurer de bonnes relations entre Aiseth et Rhaemond. En bref, il était sur un petit nuage, il avait oublié toutes notions de responsabilités très importantes à Martoeil, et semblait bien déterminé à rester dans cette position jusqu’à la fin de ses jours…

Néanmoins, tout cela prit fin bien plus rapidement que Claudius ne le voulait. En Friya de l’année 76, le Roi de Rhaemond avait ordonné par une lettre officielle que tous ceux enrôlés pour la mission diplomatique en Aiseth reviennent sur le territoire national.

Le petit nuage était percé.

◈ Chapitre IV

Évidemment. Cela ne pouvait pas durer plus de six mois. Bien évidemment. Claudius fulmina intérieurement à la vue de cette lettre. Lui qui commençait à avoir une vie stable, on venait de la lui retirer avec une force incroyable. Néanmoins les ordres étaient les ordres, si le Roi Elund ordonnait le retour de tous les rhaedars en Aiseth, alors il devait malheureusement s’y plier. On ne faisait pas attendre un Souverain.

Les Vreën alors en mission pour Elund se mirent d’accord pour un départ dans une semaine, le temps de faire les ultimes choses nécessaires avant de partir. Claudius devait donc replier ses affaires et surtout faire ses adieux à sa belle Elladrielle. L’héritier de Martoeil lui expliqua la situation et surtout le fait qu’ils ne pourraient probablement pas se revoir avant longtemps : Claudius allait retrouver ses responsabilités en Rhaemond et peut-être même se marier. Cela lui laissait donc peu de temps pour aménager un voyage en Aiseth, où il pourrait revoir la belle eleär.

Elladrielle semblait compréhensive face à toutes ces problématiques et promis à Claudius qu’ils pouvaient au moins s’échanger des lettres : cela permettait qu’ils restent en contact malgré la distance, même si bien évidemment, pour l’instant plus rien ne serait jamais comme ces six derniers mois. Claudius gardait cependant une lueur d’espoir en lui.

Hélas, comme bien souvent, la vie ne tient qu’à un fil, et malgré tous les efforts pour la rendre plus stable, on ne pouvait pas lutter contre le destin. Cela, Claudius dû l’apprendre malgré lui dans les prochains mois qu’il allait confronter. Le groupe de Vrëen s’en alla d’Allsyria en Friya, et Claudius arriva à Martoeil en Bremisc, deux mois plus tard, un gros sentiment de cafard et de nostalgie derrière lui.

Une fois qu’il avait retrouvé ses terres natales ainsi que sa famille et qu’il avait un peu repris de son voyage, on lui expliqua la suite des événements pour lui. Il allait donc se marier avec une femme, Cyrielle de Caras, apparemment fille d’un noble dirigeant un domaine portuaire dans les Terres Royales. Quelqu’un qu’il ne connaissait pas, et qu’il n’avait jamais rencontré dans toute sa vie. Un mariage arrangé de fond en comble par ses parents qui lui assuraient que Cyrielle était une « merveilleuse femme », et surtout que cela assurait la prospérité du Marquisat de Martoeil.

Les parents de l’Héritier de Martoeil présentèrent la jeune femme à Claudius lors d’une rencontre organisée. Il était alors tellement fermé, qu’il était tout à fait convaincu que ce n’était précisément qu’une « Sainte Tarte », rien de plus.

Le mariage se déroula un mois après son retour à Martoeil : en Ordo de l’année 76. Une autre date clé pour Claudius. Même à la vue des circonstances de mariage arrangé, on ressentait un particulier désamour de la part de Claudius vis-à-vis de sa femme, si bien qu’il ne lui ait parlé que de très rares fois pendant la soirée.
On pouvait simplement noter le fait que l’héritier de Martoeil revit certains de ses frères d’armes de la Guerre Civile, et notamment un de ses supérieurs, répondant au nom d’Eudes de Terrechêne. À la fin de la Guerre Civile, il avait été désigné comme Duc de Lathar. Ils conversèrent alors beaucoup tous deux de la situation géopolitique là-bas. Claudius fut surpris d’apprendre que la région n’était pas encore totalement pacifiée. Une défaite n’avait visiblement pas suffi à calmer les tensions qui étaient encore vives.

L’héritier de Martoeil émit son intérêt quant au fait d’aider ledit Eudes de Terrechêne dans sa tâche : il avait besoin d’oublier sa rupture et de montrer à son père qu’il était véritablement de retour, alors retourner aux bases dans une mission qui mêlait militaire et gestion pourrait mettre en pratique ce qu’il avait appris ces dernières années, tout en éloignant de mauvaises pensées qui lui minaient le moral. Le régent ne lui donna pas de réponse directement, cependant il prit compte de sa remarque. Claudius était une personne de choix à avoir à ses côtés : sa réputation auprès des soldats le précédait, il connaissait particulièrement ce problème des idéaux du peuple vreën, en plus d’être une personnalité qui n’avait pas pour habitude de fléchir devant les menaces.

À l’issue du mariage se déroula la nuit de noces, pendant laquelle Claudius fit – malgré tout son ressentiment — le colossal effort d’engrosser la « tarte » qui lui servait d’épouse. Une chose miraculeuse que ce supposé heureux événement, mais qui ressemblait plus à une corvée qu’autre chose pour le chevalier, ce soit produit dès maintenant. Il n’avait plus qu’à espérer que c’était un garçon, et il était débarrassé de toutes contraintes vis-à-vis de sa femme.

Ainsi commença la « vie de couple » de Claudius : il faisait cependant tout pour y échapper. Après tout, il s’en fichait. Claudius n’avait qu’une seule envie : se débarrasser de cette « Tarte » pour retrouver son amour Elladrielle le plus vite possible. Cependant, il comprit bien vite que ce n’était pas demain la veille que cela risquait d’arriver.

Suite à sa discussion avec Eudes au mariage, il reçut un mois plus tard, en Phra, une lettre officielle provenant du duché de Lathar : il était désigné en tant que Sénéchal du Duc de Lathar, Eudes de Terrechêne. Il était satisfait de voir que sa demande avait été entendue, et que son réseau autant que ses faits d’armes ne l’avaient pas oublié. Il était temps que le Briseur de Sièges reprenne du service, et qu’il pacifie la zone une bonne fois pour toutes. Il se rendit donc en Lathar, accompagné de sa femme, sous les bons augures de sa famille qui lui envoyait sa bénédiction.

Sa mission là-bas était de pacifier durablement la zone, comme il en avait débattu avec Eudes le jour de son mariage. Pour que tout aille en ce sens, Rodéric Haldebourg se permit d’être de bons conseils pendant toute cette période et il inspira majoritairement Claudius dans de nombreuses décisions, quand il ne lui donnait pas quelques “missions” plus spécifiques à réaliser.

Le Sénéchal s’occupa donc de la gestion de l’armée sous ses ordres en ce sens, il se permit également de conseiller le Duc pour l’orienter sur les choses à faire où à ne pas faire.
Claudius essaya d’être plutôt “clément” envers les rebelles. Il décida de ne pas opter pour un plan de répression massive qui aurait fait des milliers de morts, comme cela s'était vu pendant la Guerre Civile. Il n’était pas question que la rébellion cesse momentanément, il était question que la paix en Lathar reste durablement.

Pour que tout aille en ce sens, il négocia dans un premier temps avec les seigneurs enclins à écouter la Royauté en leur assurant une protection militaire plus importante, il fit également son possible pour qu’Eudes de Terrechêne privilégie ses relations avec eux plutôt qu’avec les seigneurs qui privilégiaient la rébellion.
Claudius prit également le soin de favoriser une politique qui encourageait la population à coopérer avec le Duché, et par extension la Royauté. Il encouragea Eudes à prendre une politique de vaste propagation des actes Royaux qui garantissait à la population une meilleure santé économique, une meilleure sécurité… Ceux qui travaillaient à plein temps dans l’armée ducale fidèle au Roi, se voyaient également récompenser par un salaire plus important. Des lois furent prises par Claudius garantissant d’importantes peines pour quiconque était pris en train de propager des idéaux de racisme, ou qui offensait publiquement un eleär.
À de très rares occasions étaient également organisées des exécutions publiques, pour montrer à la population que l’on coupait les têtes principales de l’idéologie rebelle encore présente.

Ainsi, par cet amoncellement de petites mesures efficaces ayant pour but de promouvoir une meilleure situation pour le territoire, Lathar retrouva progressivement un état de paix de façon très majoritaire.

Pour corréler avec ces moments de réussite en matière professionnelle et de politiques efficaces, un heureux événement tomba dans la famille Dussard : en Drema 77, naquit Julius Dussard de Martoeil, fils de Claudius de Martoeil et Cyrielle de Martoeil. Le Sénéchal était Ô combien heureux de cet événement, car cela voulait dire qu’il n’allait pas devoir s’infliger d’autres « séances de tortures » avec son actuelle femme. Au-delà de cette considération purement physique et peu cordiale envers sa femme, il était tout de même content de voir arriver son premier héritier, dont il prit grand soin, en bon père de famille.

Ainsi il y eut une période de relative prospérité pour Claudius, où il put profiter pendant quelque temps d’une période de relative tranquillité professionnelle, où il avait simplement à maintenir ce qu’il avait commencé pour pacifier la région.

Néanmoins, ce temps-là ne dura pas bien longtemps, et au début de l’année 79 de l’Ère des Rois tout s’accéléra. Une forte fièvre maladive toucha le château où résidait la plupart de la noblesse de Lathar. Claudius qui connaissait l’état de sa femme encore fragile et surtout l’état de son fils qui ne pouvait absolument pas se permettre de perdre, fit tout pour que la maladie ne les atteigne pas : cela passa par un confinement temporaire de toute sa famille, ainsi qu’une multiplication de l’utilisation des plantes : bouquets, infusions, encens… Tout était bon pour chasser la maladie. Fort heureusement, la famille de Martoeil réussit à passer cette période sans problème, cependant ce ne fut pas le cas de la famille Ducale, qui fut intégralement ravagée par la maladie. Ainsi, Eudes de Terrechêne, sa femme, et leurs deux jeunes héritiers trouvèrent la mort pendant cette triste période. Il n’existait alors plus d’héritier légitime pour reprendre le duché de Lathar.

Claudius fut informé quelques jours plus tard que le Roi Elund Gartred allait se déplacer en personne sur le territoire : il avait émis ce désir après avoir été informé de la terrible nouvelle. En l’absence d’une quelconque autorité légitime au château, Claudius entreprit de convoquer les seigneurs et ministres de Lathar à se réunir pour la visite Royale, et enclencha un dispositif spécial pour assurer sa sécurité lors de sa visite.

Le Roi de Rhaemond resta un petit mois en Lathar. Sa visite consistait à voir l’état de la situation globale, et éventuellement donner du soutien et des directives aux proches du Duc. Pendant cette visite, il s’entretenait de longs moments avec Claudius : le Roi voulait son conseil sur les personnes à rencontrer, et son avis quant à la situation. Le Sénéchal le fit comme d’habitude avec tout l’honneur, l’objectivité et le respect qu’il devait à son supérieur et ne chercha nullement à se mettre en avant outre mesure lors de cette visite. Il tâchait d’être là où le Roi avait besoin de lui, sans faire de vague, tout simplement.

Finalement, c’est après moult rencontres et réflexions qu’Elund décida, au moment de son départ, de nommer le Sénéchal en tant que nouveau Duc de la région. Claudius de Martoeil était donc désormais Duc de Lathar.

◈ Épilogue

Claudius accepta sa nomination avec toute la modestie dont il pouvait faire preuve : il était à la tête d’une région et dans une position privilégiée dans la noblesse de Rhaemond, néanmoins il faisait du mieux qu’il pouvait pour rester accessible et à l’écoute de son peuple. Pendant les dix années qui suivirent sa nomination, il se passa de nombreuses choses pour le Duc.
D’abord, il décida d’entreprendre de grands travaux de rénovation du port de Lathar : il avait pour ambition de développer la pêche dans le territoire, et surtout d’en faire une grande plateforme commerciale incontournable pour tout l’intérieur de Seregon, là où Ambeorn se focalisait plus sur le commerce intercontinental. Ces travaux commencèrent en 80, et l’inauguration officielle du nouveau port se tint trois ans plus tard : c’était une mesure phare de grands travaux, il avait donc investi un grand nombre d’argents dedans.

Au-delà de l’inauguration du port, l’année 83 fut secouée sur le plan politique. Après de nombreuses années d’observations, Rodéric avait finalement décidé d’introniser Claudius en tant qu’agent de la Lune d’Argent. Il fit la connaissance d’un nombre restreint de contacts politiques de Rodéric, et découvrit avec ces quelques membres que finalement, il n’était peut-être pas si seul que cela à se battre pour un monde meilleur. Il ne pouvait pas encore clairement l’affirmer, mais Claudius sentait que l’Ordre était infiniment puissant.

Néanmoins il apprit aussi à ses dépens que la Lune n’était pas des plus enclins à l’écouter pour l’instant : lui n’était qu’un agent et de ce fait il était assez impuissant sur les grands enjeux de l’ordre. À titre d’exemple en 84, quand la Lune fit des tentatives d’assassinats sur la fille d’Elund, Elladrielle Gartred, Claudius dut remuer ciel et terre pour faire entendre son opinion et secouer ses contacts pour faire entendre le fait qu’elle était inoffensive.

En réponse à ces tentatives de meurtre, la jeune fille partie en Aiseth pendant 4 ans. En Auldera 88, à la demande du Roi Elund, le Duc de Lathar, avec d’autres personnes, se rendit une nouvelle fois en Allsyria, dans le but de renouveler leur mission diplomatique qu’ils avaient assurée par le passé. Ils étaient également chargés de ramener la Princesse chez elle.

C’est également à cette période-là que Claudius décida de revoir sa belle eleär. Néanmoins, ce n’était pas des retrouvailles comme il l’espérait depuis tant d’années : L’Elladrielle qu’il avait connu n’était plus. Elle était mariée, et avait à présent un enfant. Un immense sentiment de solitude frappa alors le Duc. Il s’en voulait vraiment d’avoir tant haït Cyrielle pendant tout ce temps, alors qu’elle était probablement aimante. Il s’en voulait d’avoir agi comme un malpropre avec sa femme, il s’en voulait d’avoir négligé sa famille. Ainsi lui revint en tête une leçon de son défunt père :

« Ton premier devoir, sera de veiller sur ta famille. »

Le véritable déshonneur de Claudius était là, ses passions l’avaient complètement aveuglé. Sa vie était un exemple d’ascension au sein de la noblesse, mais… Personnellement ? Il ne lui restait rien, si ce n’est un fils qu’il avait essayé de protéger, et une femme qu’on lui avait promise à laquelle il n’avait presque jamais parlé.

Le Duc se reprit quelques jours plus tard, alors qu’il était sur la route vers Lathar, après avoir escorté la Princesse jusqu’à bon port. Il allait reconstruire tout ça. Pierre par pierre. Il allait honorer sa famille, tout autant qu’il honorait son pays.
C’est avec cette idée de renouveau, et de véritable changement personnel, qu’en Siralon 89 naquit Iseult de Martoeil, fille de Cyrielle de Martoeil et de Claudius de Martoeil.

Alors… Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ? Pas tant que cela. De nombreuses tempêtes secouaient encore Claudius : la politique, la vie en tant qu’agent de la Lune d’Argent, être Duc d’une région en Rhaemond, c’était un combat de tous les jours. Néanmoins, Claudius pouvait affirmer aujourd’hui, qu’au milieu de tous ces tumultes, il avait construit un refuge idéal, qui l’aiderait à traverser les épreuves du futur dans les meilleures conditions.


Ambitions & Desseins


Comme dit le proverbe : “A coeur vaillant rien d’impossible !” et si Claudius a déjà accompli beaucoup de choses, il n’est pas prêt du tout de prendre sa retraite. Ainsi figure dans la liste de ses projets notamment :

- Un grand parcours au sein de la Lune d’Argent qui l’ammènerait au sommet de la hiérarchie de l’Ordre Secret, et qui lui permettrait d’entreprendre des projets ambitieux pour le monde.

- Donner à Rhaemond, et d’une manière générale à Seregon, une place de choix dans l’ordre international

- Voir grandir sa famille et former son fils Julius pour qu’il connaisse lui aussi un grand destin



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : OUI (HE SAID YES OLALA)
Moultipass : Validé par Harden

+ Special thanks à Plume d’avoir supporter mes humeurs pendant toute la conception de la fiche et d’avoir répondu à mes questions mêmes les plus connes. Special thanks à May pour m’avoir aider sur la partie concernant la Lune d’Argent (j’espère qu’elle te convient !)


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◈ Missives : 2229

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Sam 10 Fév 2018 - 18:59

Ce cher Claudius ! Te voilà enfin ! *regard en biais à Elund*

Que la Sainte Tarte te soit féconde et prolifique, mon ami. Quoi qu'il en soit, j'ai avalé cette fiche de bout en bout et ne suis pas déçu du résultat.

Je te souhaite donc toutes mes félicitations, mais aussi la bienvenue, officiellement, ici.

N'oublie pas de construire ton Journal de Bord, et à faire une demande de RP pour ton lancement.

A cause de toi, je risque de ressortir Zael de ma poubelle. J'attends l'avis de mon cher staff.