Azzura


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Azraël Rahegar

avatar
◈ Missives : 3

◈ Âge du Personnage : 32
◈ Alignement : Chaotique Bon "Rebelle"
◈ Race : Valdur
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Seregon/Algar
◈ Localisation sur Rëa : Algar
◈ Magie : Nope.
◈ Fiche personnage : [url=][/url]

Aventurier
Azraël Rahengar

◈ Jeu 29 Mar 2018 - 14:58

◈ Prénom :  Azraël
◈ Nom : Rahegar
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 32 ans
◈ Date de naissance : 24 Friest 58 de l’ère des rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Seregon / Algar
◈ Alignement : Chaotique bon – « Rebelle »
◈ Métier : Vagabond


Magie


Aucun.


Forces & faiblesses



Loyal : Il déserte pour ne pas avoir à combattre des Villileär.

Altruiste : Donne beaucoup de son temps pour aider les autres, notamment dans les temples d’Alvar

Aventureux : Partir à la découverte est toujours un plaisir depuis tout petit.

Courageux : Il n'aura pas peur de se sacrifier pour une cause qu'il pense noble.

Pugnace/Combatif : Il tient à se battre pour améliorer les choses.

Solitaire : A cause des longues années à vagabonder seul.

Bagarreur : Toujours prêt à lancer une bagarre si on le provoque un peu trop.

Discret : Il développa cette compétence lorsqu’il devait se terrer pour échapper à la vigilance des gardes après sa désertion ou pour suivre des pistes en forêt avec son maître et son ami Elirann.

Renfermé : Il laisse peu de place aux nouvelles personnes dans sa vie de peur de les perdre un jour.

Cicatrices : Remarquables et remarquées, elles sont une preuve de sa force mais aussi les raisons de rejet ou d’insultes.

Culpabilité : Sa mère meurt en le mettant au monde et il blesse et combat contre des Villileär pendant son service militaire.

Rebelle : S'il comprend en général les lois et cherche au maximum à les respecter, il peut tout à fait agir dans l'illégalité si les circonstances le réclament.



Physique



Yeux : verts
Cheveux, barbe : châtains
Peau : teint mat
Taille : 5 pieds et 5 pouces soit 1m76

Azraël est un homme châtain avec une barbe de quelques jours lui donnant toujours un air de vagabond. Ses yeux verts de jade sont vifs, son regard est perçant. Sa stature n’est pas imposante mais s’il ne rivalise pas par sa taille ou sa musculature, il est par ailleurs rapide et agile. Il porte souvent une cape à cause de ses années en tant que vagabond. Celle-ci lui couvre le visage qui fut profondément marqué pendant son enfance : deux longues cicatrices entaillent le côté droit de sa face. La première plus profonde, traverse son front, son arcade sourcilière et s’arrête à sa joue. La seconde, plus petite, débute à la base de son nez et passe par ses lèvres. C’est un ours qui s’en est pris à lui lorsqu’il était enfant et sans aide extérieure, Azraël n’aurait pas survécu. Son dos aussi est marqué par les multiples coups de ceinture reçus toute son enfance et bien qu’il ne soit pas en lambeaux, quelques cicatrices sont plus profondes que d’autres. Ces défauts physiques, Azraël en fait une force, elles lui rappellent les épreuves auxquelles il a survécu. Il est physiquement et mentalement plus résistant aux blessures grâce, ou à cause, de son passé. Son service militaire l’a, comme beaucoup d’autres Algaréen, endurcit et il a gagné en endurance.


Caractère


Azraël est un homme altruiste, il aime aider les autres, surtout ceux qui sont dans le besoin. Malgré l’importance des horreurs dont il a pu être témoin, il garde une foi indéfectible envers son dieu Alvar, et tente envers et contre tout de relever chaque défi qui s’impose à lui. Il n’hésite pas à sortir du cadre de la loi s’il juge qu’il le faut, même si cela doit mettre sa vie en danger. Son histoire l’a contraint à la solitude et il peut parfois avoir du mal à alimenter une conversation et il lui sera très difficile de réussir à s’intégrer quelque part.  Très souvent sujet aux moqueries et à la violence, il s’est replié sur lui-même tout en s’affirmant, de façon tout à fait paradoxale. Il ne sera donc jamais à l’aise dans les grands groupes ou la foule mais dès qu’il sera en présence de quelqu’un de confiance il sera bavard et peut même être enjoué. Il est donc plutôt discret et n’attire pas l’attention sur lui, toutefois s’il faut se défendre, il le fera. Bagarreur et tenace, on ne peut pas dire qu’il garde facilement son sang-froid. Azraël est en revanche très attentif aux besoins des autres et n’hésitera pas à rendre des services sans rien en retour. Il n’a jamais eu qu’un seul véritable ami mais il le considère comme son frère. Il hait sa famille et en particulier Galéad même s’il ne l’a pas vu depuis plus de vingt ans. Azraël n’a jamais pu se défaire de la culpabilité qui pèse sur ses épaules depuis sa naissance puis qui s’est alourdie au fil du temps et de ses actions. Son cœur maintes fois meurtri par la perte d’êtres chers le rendent méfiant et retissant à l’idée de faire de nouvelles rencontres.


Inventaire


Il porte une cape longue à capuche qui dissimule de manière efficace son visage. Il possède aussi un bâton robuste qu’il utilise aussi bien pour marcher que pour se défendre. Il a sculpté son bâton au fur et à mesure de son périple.


Histoire



Azraël est le fils de Guérak, un humble fermier qui vit à la lisière de la capitale d’Algar : Treäs. Sa naissance en l’an 58 de l’ère des rois, signa la mort de sa mère. Le chagrin du père se transforma en mépris et en colère. Le chagrin du frère se transforma en haine et en dégoût. C’est dans cet environnement qu’Azraël devrait grandir, détesté pour être né. La famille Rahegar n’était plus composée que du père et des deux garçons : Galéad et Azraël. Le père avait mainte fois perdu des enfants en bas âge et il aurait préféré enterrer une nouvelle fois un enfant que de perdre sa douce épouse. Guérak savait que sa vie, à partir du jour où Azraël vint au monde, serait morne et triste. L’ainé avait cinq ans de plus et s’il ne comprenait pas pourquoi sa mère était morte, il avait en revanche saisit que c’était de la faute du bébé. Il était résolu à lui faire payer cette perte.
Partie 1 ~ Parfois, le plus simple est encore de fermer les yeux.

Les temps étaient durs. La terre fertile ne donnait pas les fruits attendus pour offrir une réelle subsistance à la famille. Les plus riches pouvaient bien manger, mais la famille Rahegar ne faisait pas partie de ceux-là. Une nouvelle fois, Azraël s’endormit tenaillé par la faim. C’est Galéad qui le réveilla d’un coup en l’arrachant du lit. Quelques coups de pied dans le ventre pour commencer la journée. Son grand frère fêtait son dixième anniversaire, et il avait la ferme intention de se faire plaisir en martyrisant son cadet. Le petit garçon avait l’habitude de prendre des coups. Il faisait en sorte de pleurer le moins possible pour que son père ne vienne pas lui mettre une raclée supplémentaire. Azraël se releva, il était pâle et maigre. Ses yeux vert emplis de larmes contenues regardaient le grand frère déguerpir en riant. En se tenant le ventre, il sortit de sa chambre, il devait aider son père aux champs. Il n’était pas encore d’une grande aide car trop petit, mais il devait apprendre les ficelles du métier le plus vite possible. Azraël cherchait le plus souvent à échapper à la vigilance de son père pour aller se réfugier en forêt. Aussi mauvais que puisse être devenu Guérak, il laissait son fils s’enfuir car finalement, après avoir essayé de le considérer comme son fils sans succès, moins il le voyait mieux il se portait. Son visage lui rappelait trop sa femme, et cela le rendait très souvent fou de rage. Le jeune garçon n’aimait pas sa famille, dès qu’il le pouvait, il filait en direction des arbres immenses qui entouraient les champs. C’était un monde dangereux pour un enfant, mais Azraël n’avait pas conscience du danger. Il partait à l’aventure, la forêt était immense, il s’échappait alors de son monde et surtout de son frère. S’il était aventureux, il n’en restait pas moins malin, il ne voulait pas se perdre aussi prenait-il soin de toujours marquer son chemin grâce à un petit couteau.  Il explorait la forêt avec plaisir, trouvant de nouvelles plantes ou de nouveaux animaux à observer.

Ce jour-là, un matin pluvieux, Az regardait avec fascination une araignée tisser sa toile avec une précision incroyable. Les gouttes d'eau perlaient du bout des feuilles et glissaient sur le piège invisible de l'arachnide. Trop occupé à observer ce spectacle matinal, il n'entendit pas le prédateur qui s'approchait de lui. C’était un ours qui se rua vers l’enfant en grognant de rage. Azraël se retourna vivement, mort de peur, et poussa un cri qui se bloqua dans sa gorge. L’animal était gigantesque, et mesurait facilement dix fois la taille du petit garçon. Il leva sa lourde patte pour cogner sa proie. Au moment où la patte devait s'abattre sur lui, une flèche s’implanta dans le flanc de la bête, déviant alors la trajectoire de ses griffes de quelques centimètres. Azraël fut touché, sévèrement et tomba inconscient, le visage en sang. L'ours s'enfuit à travers les sous-bois. Lorsqu’il ouvrit les yeux, Azraël vit la cime des arbres, et un petit garçon qui devait approximativement avoir son âge. Il avait le visage fin et de longs cheveux blancs. Ses yeux bleu ciel le regardaient avec une curiosité innocente mêlée à une appréhension inexpliquée. Azraël essaya de bouger mais au moment où il voulut relever la tête une douleur immense l’en empêcha. Son visage le brulait atrocement. Il cria et pleura, incapable de comprendre la raison de sa souffrance. Une femme avec d’étranges peintures sur le visage s’approcha et passa sa main dans les cheveux de l’enfant blessé. Elle lui parla doucement : « Tout va bien, tout va bien aller. Le plus simple pour toi, serait de fermer les yeux. »

Plus tard, il les rouvrit, il put s’asseoir mais sa tête menaçait d’exploser à chaque instant. La femme lui donna une infusion de plante. Il sentait aussi qu’avait été appliqué sur son visage une sorte de cataplasme. Un homme imposant, d’une grâce incroyable, vint se présenter à lui, il était couvert de tatouages lui aussi.

- Bonjour jeune homme, je suis un Villileär, et tu es ici chez moi.
Azraël restait bloqué sur les peintures qui parcouraient le corps de cet elfe sylvain. Il dit d’une voix hésitante :
- Bonjour, je… Je m’appelle Azraël.
- Et moi je suis Ydraniel, membre du clan des Daendur. Tu as été attaqué par un ours et tu as été blessé au visage. Le garçon incrédule ne dit rien peinant à comprendre la situation. L’ours t’as attaqué car tu étais trop près de l’endroit où dormait son petit. Tu es gravement blessé, Feliandra ma femme t’as soigné de son mieux. Mais tu vas mettre du temps à récupérer. Azraël resta silencieux une nouvelle fois. Cette fois une voix enfantine se fit entendre.
- Tu pourrais dire merci, c’est mon père qui t’as sauvé la vie. Et ma mère a réussi à conserver ton œil droit intact. Le jeune Villileär avait un ton ferme et résolu, il attendait de l’invité qu’il exprime un minimum de gratitude vis-à-vis des efforts menés par ses parents.  
- Je.. Il balbutia un peu. Je, je… Merci. Finit-il par dire, visiblement plus concentré sur sa douleur que sur le jeune elfe.
- Elirann tais-toi, laisse Azraël se reposer veux-tu ? L’air sévère de son père fit perdre toute assurance au jeune elfe et lui passa l’envie d’intervenir. « Tes parents vont s’inquiéter, où habites-tu ? ».

Penser à son père glaça le sang d’Azraël, il allait probablement recevoir la correction du siècle pour avoir trainé si longtemps en forêt. Le petit garçon ne répondit pas à l’Eleär, mais Ydraniel vit la peur dans son regard. « Repose toi encore, nous te ramèneront ce soir. » Conclut-il. Feliandra s’approcha à nouveau pour lui caresser les cheveux. Jamais Azraël n’avait été l’objet de tant d’attention et de bienveillance, si ce n’est lorsqu’il se rendait une fois par semaine au temple d’Alvar. « Ferme les yeux Azraël, endors-toi encore un peu. » Tandis qu’il sombrait une nouvelle fois, il sentit que la femme lui changeait de cataplasme. Cette fois il eut le sommeil agité, et revit l’ours en cauchemar qui le pourchassait dans une forêt sombre. Lorsque l’ours s’apprêta à le frapper au visage il se transforma en son père fou de rage et c’est son poing qui le frappa. Azraël se réveilla en sursaut.

- Il est temps de rentrer chez toi jeune Vreën. Peux-tu marcher ?

Azraël épongea ses sueurs froides d’un revers de manche, déglutit et se redressa sur ses jambes. Il fut pris de vertige et manqua de s’écrouler. C’est alors que le petit Elirann vint le soutenir en prenant le bras d’Azraël sur son épaule. Ce geste toucha le cœur du petit garçon plus qu’il ne sut l’expliquer. Il lui était pleinement reconnaissant, il lui sourit et ils entamèrent le chemin du retour. Ils descendirent un merveilleux escalier en colimaçon taillé dans le bois, les décorations florales témoignaient de l’incroyable talent artistique de cette espèce. Il constata que les grandes maisons de bois qui formaient le village se trouvaient en haut des arbres, reliées entre elles par des ponts de bois magnifiquement ouvragés. Il avait l’impression de rêver. La marche fut pénible pour Azraël qui voyait régulièrement des tâches noires danser devant ses yeux. Mais il ne céda pas, il voulait montrer à Elirann qu’il était fort. Arrivé à la lisière de la forêt, les Villileär le laissèrent.  

-Azraël, tu es le bienvenu chez nous. Nous ne pouvons pas t’accompagner, les Vreën n’aiment pas particulièrement mon espèce, ce serait dangereux pour mon fils.
- Merci monsieur. Merci beaucoup.
- Fais attention à ton visage, la première griffure est assez profonde, il ne faut pas qu’elle s’ouvre si tu veux cicatriser correctement.
- Je ferai attention. Au revoir.

Sur ce Azraël pris toute la force dont il disposait pour paraître fort et digne aux yeux des elfes alors que chaque pas vers sa maison fut un calvaire de douleur et de terreur grandissante.
Comme le jeune blessé l’avait prévu, il était attendu par son géniteur, et celui-ci ne semblait pas de la meilleure humeur.

- Ça fait deux jours qu’on t’as pas vu ?! T’étais où sale vaurien !
- Je me suis perdu dans la forêt…
- Qu’est-ce que tu t’es collé sur la joue, enlève-moi ça ! Il arracha le cataplasme et le fils, surpris, ne put retenir un cri.

Son père fut pris de stupeur d’abord, il contempla les deux plaies qui traversaient le visage de son fils. La première longue et profonde entaillait son côté droit du front jusqu’à la joue en passant par l’arcade sourcilière. Son œil n’avait pas été touché, c’était un miracle. La seconde, moins profonde sectionnait le côté droit en partant de la base du nez jusque sous sa lèvre. Il était littéralement défiguré. Azraël sentit la honte lui brûler les joues quand son frère se moqua de lui. Son père se mit à rire. Cette réaction glaça le sang du petit garçon, son père semblait heureux de le voir blessé. Il n’en comprenait pas la raison, pourtant sa sensation était fondée, Guérak ne verrait plus le visage de sa femme sur son fils, le destin le vengeait enfin de lui et voilà qui le ravissait. Pour cette raison il fut clément et ne rajouta pas ses poings pour clore ce chapitre, il emmena avec lui Galéad laissant le petit tout seul mort de chagrin.S’il ne les avait jamais aimés il ne les détestait pas avant cet épisode. Mais après avoir découvert un moment d’attention et de tendresse chez les elfes, il ne put s’empêcher d’en vouloir à ses bourreaux seulement capables de violence. Il se répétait dans sa tête la phrase de l'Eleär Tout va bien, tout va bien aller. Le plus simple pour toi, serait de fermer les yeux.
Partie 2 ~ « Entre l’ombre et la lumière. »


Azraël avait grandis, son visage avait cicatrisé. Il avait environ huit ans. Il était moins pâle qu’avant et avait pris des forces. Son père avait honte de son fils et préférait qu’il ne soit pas auprès de lui, même s’il aurait pu se révéler d’une aide précieuse au champ, Guérak le supportait pas. Le voir entaillé l’avait profondément satisfait, mais il se rendait compte qu’il aurait préféré qu’Azraël reste perdu en forêt, qu’il aurait voulu que son fils soit mort sous les griffes du prédateur. Cette pensée amère le rendait malade car il savait combien sa femme aurait été opposé à cette idée. Il devait se retenir en mémoire de sa défunte épouse. Le meilleur moyen qu’il avait était de l’envoyer au temple d’Alvar. Là-bas il aiderait les autres et ne le gênerait pas lui. Azraël se rendait au temple gris depuis déjà deux ans. Il aidait les malades et les nécessiteux de la ville. Ses cicatrices repoussaient souvent les gens mais Azraël en faisait une force. Alvar l’avait mis à l’épreuve et il avait survécu à l’ours. Un assesseur qui savait à lire et écrire enseignait les bases aux enfants qui venaient au temple. Ainsi Azraël commençait à savoir lire. Beaucoup de mots lui échappaient mais ses progrès étaient source de motivation. Vers la fin de la matinée, après avoir aidé pendant six heures le temple, il s’éclipsait pour gagner la forêt. Là-bas il y retrouvait le clan Daendur qui l’avait accueilli trois ans plus tôt. Il siffla un air mélodieux, code secret entre lui et Elirann. Celui-ci ne tardait alors pas à apparaître. Il avait un sourire joyeux et gambadait devant son père qui avait toujours cette allure fière de prince et cette aura bienveillante qui émanait de tout son être.

- Az’ ! Regarde Az !!!
Le jeune Villileär courrait maintenant vers lui pour lui montrer son nouvel arc.
- Avec les conseils de papa j’ai réussi à fabriquer un arc qui sera surement plus efficace que l’ancien.
- « Il a l’air d’être taillé pour la chasse » répondit son interlocuteur ravi pour son ami. L’elfe aux cheveux blancs banda son arc et fit semblant de viser quelque chose, il lâcha et sa flèche imaginaire se planta dans un arbre. « Très bien visé !» le complimenta Azraël en rigolant .
Elirann fit une révérence. Son père intervint :  
- Allez vous deux, la leçon commence, qu’est-ce que nous avions appris au sujet du pistage la dernière fois, quelle est la règle numéro 1 ? Azraël leva la main trépignant d’impatience, il savait la réponse. Elirann réfléchissait toujours.
- Az ?  
- Le silence, un pisteur doit toujours être silencieux et à l’écoute. Il doit tout observer de son environnement ! Il était tout excité à l'idée qu'Ydraniel, son maître, puisse voir qu'Azraël était attentif.
- Excellent ! Bravo. Il fit un sourire aux deux garçons et lança l'exercice du jour.

Le soir quand Azraël rentra il avait de nouveaux conseils de pistage et de chasse en tête, il remercia Alvar pour cette journée. Ils avaient réussi à attraper un gros oiseau dont il ne connaissait pas le nom et les Villileär lui offrirent pour lui et sa famille. Si Azraël n’aidait pas son père, et ne gagnait pas d’argent, il fallait qu’il mérite d’avoir un toit et de la nourriture. Sinon son père le chasserait de la maison. Il aurait voulu quitter sa famille et s’installer avec ses compagnons de la forêt mais il aimait les gens qui étaient autour de son quartier. L’assesseur, Tom, qui travaillait au temple lui apprenait beaucoup et il ne se voyait pas ne plus jamais le revoir. Il comprenait la vision de son dieu qui disait que rien n’était blanc ou noir et que toute chose avait une part de lumière et une part d’ombre. C’était comme ça qu’il voyait sa vie. Il passa avant de rentrer donner une cuisse de l’oiseau à Magda, une veille dame toujours souriante qui tricotait pour gagner sa vie. Malgré la bonté de beaucoup d’habitants, elle restait constamment dans le besoin. Avec les moissons qui n’étaient pas suffisantes, la nourriture manquait et la famine s’installait. Les habitants grondaient d’ailleurs contre les Villileär qui eux pouvaient chasser. En effet, ce privilège était normalement réservé à leur seigneur le Duc. Azraël savait que ramener le gros oiseau était parfaitement illégal, mais les patrouilles ne l’avaient encore jamais pris la main dans le sac. Il s’avança plus avant dans son quartier pour prendre le chemin de sa maison. Galdéac l’attendait, avec ses deux meilleurs amis tout aussi costaud et agressif que son ainé. Trois gaillards de 13 ans contre un jeune de 8 ans, le combat était pour le moins déséquilibré. Azraël tourna les talons et se mit à courir. Si des années de courses pour échapper à son frère l’avait rendu plus rapide, cela ne suffisait pas encore pour semer son grand frère. Il l’attrapa par le col et le flanqua par terre. Les deux brutes le maintinrent au sol par les bras tandis que l’oiseau mort tombait par terre. « Oh quelle belle prise, c’est toi qui l’a eu ? Haha non bien sûr, toi tu sers à rien, tu l’as sûrement volé ! Tout comme tu m’as volé ma mère ! Enfoiré ! » Il donna un coup de poing dans le visage d’Azraël. «T’es qu’un sale voleur qui ne mérite rien d’autre que la prison. Papa et moi on travaille dur pendant que tu gambades en forêt ! Tu ne devrais même pas être en vie ! » Sur ce, il donna deux nouveaux coups de poings à son frère, l’un au ventre puis l’autre au visage. L’arcade d’Azraël saignait. Les trois garçons se relevèrent, prirent l’oiseau et s’en allèrent. Galdéac lui lança « Ne tarde pas à rentrer… Papa t’attend. » avec un sourire suffisant. Azraël se releva, les larmes aux yeux. Il avançait en boitant jusque chez lui. La colère et la haine le nourrissait. Il se vengerai de son frère. Ce n’était pas de sa faute si leur mère était morte, il n’avait pas le droit de l’en tenir responsable ! Il cherchait à s'en convaincre en se répétant ces phrases, mais au fond il se sentait coupable. Il pensait mériter la violence des membres de sa famille. Il poussa la porte et son père était assis avec un verre à la main.

- Galdéac, c’est toi ? Sa voix vibrait d’espoir.
- Non père, c’est moi.  
- Ah… La déception de son père ne fit qu’augmenter la haine qui faisait battre le cœur d’Azraël.

Son père repris « Tu as servi à quelque chose aujourd’hui ? ». Le long silence qui suivit serait lourd de conséquence, il le savait. « Bien, Azraël enlève ton tee-shirt, et retourne-toi. » L’enfant à regret savait qu’il valait mieux obéir très rapidement et ne surtout pas supplier sinon la punition était pire. « Tu sais ce qu’on fait aux enfants qui ne servent à rien Azraël, n’est-ce pas ? » Le jeune garçon entendit son père défaire sa ceinture. Il serra les dents, priant pour que son père soit clément. Le premier coup cinglant dévasta son dos d’une douleur lancinante. Le second fut pire encore. Au troisième Azraël vit son frère regarder par la fenêtre en souriant, l’animal toujours à la main.
Partie 3 ~ Désastres.


Quand Galdéac dut partir pour son service militaire, Azraël cru à un miracle. Son insupportable et cruel ainé s’en allait enfin de la maison, c’était inespéré. Éviter son père était plus simple que d’éviter son frère. Et lorsque Azraël ramenait du gibier, il était plutôt clément. Les temps étaient de plus en plus dur. Azraël voyait le peuple souffrir plus que jamais de la faim tandis que les années passaient. Le premier véritable désastre de sa vie fut Magda. Il retrouva la vieille dame morte de froid, devant sa petite maison sur sa chaise. Elle avait dû s’endormir de fatigue dehors et la nuit lui avait été fatale. La vieille femme avait toujours été bienveillante et c’était une belle personne qui ne méritait pas une mort solitaire dans une ruelle sombre. Il était terriblement triste de la perte de son amie. Elle était la seule qui savait lui dire les mots pour l’encourager à tenir bon. Elle avait remarqué les bleus sur le corps et la manière dont il fuyait son frère. Si les Vreën s’affaiblissaient, chez ses amis les Villileär, les temps s’assombrissaient aussi. Des disparitions inexpliquéesse multipliaient ses derniers mois dans les différents villages de la forêt. Azraël avait passé beaucoup de temps dans le clan des Daendur, il y côtoyait la famille d’Elirann mais aussi d’autres elfes sylvains. Il jouait notamment avec Ky’ah une elfe incroyablement jolie et dont les talents ne semblaient souffrir d’aucune limite. Les Villileär commencèrent à se méfier des Vreën et la venue d’Azraël ne fut plus aussi bien perçue par tout le monde. Son ami l’avait pourtant rassuré en lui expliquant que c’était sûrement une erreur et que les tensions allaient finir par s’apaiser. Malheureusement ce ne fut pas le cas. Les désastres allaient s’enchaîner. Les Eleär disparaissaient toujours, le frère de son maître de chasse, l’oncle d’Elirann comptait parmi les disparus. Un jour son fidèle ami le mit en garde :

- Az… Tu ferais mieux de ne pas revenir tout de suite. Les Villileär sont en colère, certains ne veulent plus de Vreën dans l’enceinte du village. Deux enfants sont portés disparus depuis hier. La mère de Ky’ha ne veut plus la laisser sortir et encore moins que tu joues avec elle. Azraël était profondément peiné de voir la situation dans laquelle sa famille adoptive était et il sentit une vague d’injustice monter malgré tout en lui.  
-Elirann, tu sais bien que je n’ai rien à voir avec tout ça, tu sais bien que je ne ferai jamais de mal aux tiens ! Pourquoi me repousser ?!
- Je le sais mon ami, mais tous ne sont pas du même avis. Je viendrai à ta rencontre quand tout ça se sera calmé, en attendant reste dans ton quartier.

Il tourna le dos à Azraël et s’en alla. L’elfe ne montrait pas sa tristesse mais l’idée de ne pas revoir son ami lui était insupportable. Les jours qui suivirent, il ne répondit pas aux sifflements d’Azraël, leur traditionnel signe de ralliement. Azraël se réfugia au temple d’Alvar, inquiet pour ses amis et triste d’être à nouveau rejeté. Il constata avec effroi que nombre de nécessiteux avaient péri en seulement quelques jours. Le cœur lourd, Azraël n’arrivait pas à s’enlever les images effroyables des corps maigres et sans vie de ces pauvres gens portés par des hommes vers leurs futures sépultures. Tom, son assesseur favori, celui qui lui avait raconté les histoires de dragons et de magie et qui lui avait appris à lire à défaut d’écrire, était tombé malade. Quelques mois eurent raison de lui, Azraël pleura sur sa tombe. Il avait perdu beaucoup... La plupart des gens auxquels il tenait. Ne ramenant plus de gibier car trop occuper à aider au temple, son père redevint extrêmement violent. Elirann ne l’avait pas recontacté, et ces mois difficiles se transformèrent en calvaire. La rage saisit son cœur, il refusa de faire son service militaire et s’enfuit en forêt. Il devait retrouver Elirann et il ne pouvait plus tenir à la maison. C’en était trop. La dernière fois son père l'avait poussé contre le coin de la table et avait bien failli le tuer. Longtemps il avait cru devoir la vie et le respect à son père, travailler malgré ses humeurs et les passages à tabac, le nourrir et s’occuper de lui. C’était terminé, il ne voulait plus entendre parler de son géniteur qui n’était qu’aversion à ses yeux. Il s’enfuit sans se retourner et siffla pour trouver Elirann. Ce ne fut pas lui qui vint, à sa grande surprise, c’est Ky’ha qui se montra. Toujours aussi belle, son habituel air jovial et pétillant avait laissé place à un terrible chagrin. Ils restèrent longtemps assis l’un à côté de l’autre sans rien dire. Si ce n’est profiter de ce moment de paix, un des rares qu’ils aient pu avoir ces derniers temps. Puis Azraël lui demanda ce qu’il se passait, comment se portait le clan. Elle lui raconta que les Vreën attaquaient les Villileär et que certains autres clans avaient été décimés. Les Villileär vont riposter déclara t-elle. Azraël compris avec effroi que la situation n’allait finalement qu’empirer.

-  Az, je suis venue te prévenir, malgré l'interdiction de mes parents de te revoir, tu ne dois pas rester seul en forêt, un des miens pourrait bien te prendre pour cible car la rancœur dans cette forêt est immense. Conscient du danger, Azraël opina du chef.
- Merci Ky’ha, je n’oublierai pas ce que tu as fait pour moi. Il prit sa main dans la sienne. Je te promets que je reviendrai vers vous, soyez fort. Salue Eli de ma part !  
-« Nous serons là à ton retour, sois fort aussi Az. » Azraël ne pouvant plus être seul en forêt ni vivre en ville fut rattrapé par les soldats. Sa tentative d’échapper au service militaire lui valut trois mois de prison durant lesquels il ne pensait qu’à Elirann et Ky’ha.

Partie 4 ~ Trahison


Azraël avait entamé son service militaire sur le mauvais pied. Il était vu comme un lâche, un couard qui cherche à se sauver du danger. Les autres camarades en avait fait leur bouc émissaire. C’était une cible facile, il ne connaissait personne, il était méchamment défiguré par deux larges cicatrices et il avait en plus essayé de déserter le service.  Mais certains des plus vils avaient remarqué son désarroi profond et son mal être qu’il ne pouvait cacher. Ils décidèrent d’être plus fins et, pour le plaisir, d’appuyer là où ça fait mal.

- Salut, le lâche. Jeta un de ses camarades aux cheveux blonds.

Azraël nettoyait le sol de leurs chambres, c’était son jour de corvée. La caserne était entretenue par ses hommes quotidiennement. C’était le début de journée, il devait balayer l’ensemble des chambres des recrues avant de pouvoir déjeuner. Il avait presque terminé mais le blondinet commençait à chauffer ses nerfs.

- Hey, tu pourrais répondre quand on te parle raclure. C’est la moindre des politesses. Azraël se retourna vivement, l’air mauvais et lui balança le balai à la figure telle une lance. Son ennemi esquiva et son sourire taquin disparu en un léger rictus d’agacement. Pourquoi tu t’es enfui ? T’as peur de te battre ?
- Viens te battre pour voir, on verra si tu fais toujours le malin ! aboya Azraël prêt à en découdre. Il avait décidé que plus jamais il ne se laisserait faire.
- Oh la la, voyez-vous ça ! La fillette s’énerve. Il se tourne vers l’auditoire qui commence à se former à cause des curieux qui ont vu un balai voler. Dis moi mignonne, tu es tout triste parce que tu as perdu quelqu’un que tu aimais ?
Azraël eut le regard qui s’assombrit l’espace d’une seconde. Son interlocuteur ravi de voir qu’il avait fait mouche continua sur cette piste. « On est triste parce qu’on voudrait retourner dans les jupes de sa maman hein ?! »

Azraël se jeta sur le blond qui eut pour réflexe de décocher un coup de poing dans le ventre de son adversaire. S’il était doué d’une langue de serpent, le garçon à peine plus vieux que lui avait aussi de sacré réflexe. Un genou à terre, reprenant son souffle, Az siffla entre ses dents
- Ma mère est morte enfoiré ! et il se releva d’un coup se jetant sur son adversaire et l’amenant à terre avec lui.  Quelqu’un l’empêcha de donner des coups au blond en le saisissant par derrière tandis que celui-ci s’épousseta après s’être relevé.
-Elle est morte ? C’est pas de chance ça ricana-t-il. Un garçon dans l’assemblée s’avança et demanda :
-Tu es Azraël n’est-ce pas ? Le frère de Galdéac et c'est toi qui a tué votre mère. Le garçon fin comme un fil et très grand devait avoir 19 ans. « J’ai servi avec ton frère qui vient d’intégrer l’armée. Il m’a parlé de toi, sale ordure, on n’peut pas t’rater avec ta face déchirée ! ». Azraël hurla en se débattant pour sortir de la prise du garçon qui le tenait par l’arrière
- Espèce d'enfoiré, j'ai pas voulu la tuer !

S’il s’était tu, personne n’aurait su, mais à présent toutes les recrues pointaient sa lâcheté et le traitaient de meurtrier. Durant ses années de service, Azraël continua de s’endurcir, il était devenu extrêmement bagarreur et finissait souvent de corvée ou battu pour trouble à l’ordre du camp. Il ne supportait plus les insultes. Il avait la rage contre le monde entier. Les seuls moments plaisants furent les nombreux entrainements de tir à l’arc, cela lui rappelait les nombreuses heures passées en compagnie des Villileär et de son maître. Il se débrouillait plutôt bien aussi à la lutte et à l’épée. Il était devenu quelqu’un d’extrêmement pugnace et persévérant. Il avait toujours eu l’habitude des affrontement déloyaux alors quand il se mesurait à quelqu’un de sa taille, il prenait souvent le dessus. Les autres ne cessaient pas leurs moqueries d’autant qu’Azraël parlait souvent dans son sommeil ce qui faisait bien rire les autres. En effet, il faisait beaucoup de cauchemars concernant son ancien assesseur, Magda, ses amis de la forêt, les morts qu’il avait vu ne cessaient de le hanter et de l’assaillir. Les deux premières années de service passèrent ainsi.

- Recrues, nous partons en mission. Équipez-vous et rejoignez-moi dans l’allée centrale. On se dépêche !

Ce n’était pas la première mission à laquelle Azraël participait. Ils avaient fait des patrouilles de reconnaissance, procédé à des arrestations et menés des missions de survie en forêt. Une vingtaine de recrues se retrouvèrent dans l’allée. Des seaux de boue étaient préparés devant les hommes et chacun d’entre eux devait s’en mettre sur le visage. Comme Azraël l’avait supposé, ils se dirigeaient vers la forêt, probablement une mission de survie ou de reconnaissance. Ils se postèrent dans un lieu précis qui avait été préalablement marqué. « Aujourd’hui recrues vous allez devoir démontrer vos capacités de combat. Nos ennemis ne vous feront pas de quartier alors soyez sans pitié ! » Une des recrues demanda contre qui devraient-ils se battre. Le chef regarda gravement les jeunes en face de lui : « contre des Villileär! ». Le sang d’Azraël se glaça. Il savait que des Vreëns s’en prenaient aux Villileär mais il n’avait absolument imaginé que ce pouvait être l’armée elle-même. Estomaqué par la nouvelle, il ne pouvait pas le croire, il avait toujours imaginé qu’il s’agissait d'un groupe de bandit hostile aux Eleärs car ceux-ci ne souffraient pas autant de la famine que ces derniers. Il n’en était rien. L’armée était derrière tout ça, et donc très probablement le seigneur de Treäs. Il eut la nausée. Il se sentait trahi. Mais il n’eut pas le loisir de penser, car l’opération allait se dérouler sous peu. S’il désertait, il serait abattu, s’il restait, il risquait sa vie et devrait probablement tuer le peuple de la forêt. Il fut pris de panique devant le manque de solution qui s’offrait à lui. Si les hommes s’étaient placés à cet endroit c’était pour tendre une embuscade. Des femmes et des enfants marchaient à présent sur un sentier d’où ils ne voyaient pas les assaillants cachés. Le groupe ennemi étaient protégé par des guerriers aux aguets. La première flèche blessa un Villileär à la cuisse. Les guerriers firent courir les femmes et les enfants et restèrent en arrière pour les protéger. Les traits fusaient de toute part, et certains des adversaires courraient vers les recrues militaires pour entamer des furieux corps à corps. Les assaillants avaient la force du nombre et de la surprise. Les non-Valduris, la force de l’expérience et l’expertise du terrain. Azraël dut éviter une flèche de peu pour se rendre compte qu’il devait se défendre, qu’il n’avait pas le choix. Il s’appliqua à ne pas viser les zones vitales mais cherchait toutefois à blesser ses ennemis forcés. S’ils avaient réussi à tuer 7 recrues, les Eleär restants furent, au prix d’importants efforts, finalement neutralisés. Ils étaient une vingtaine d’hommes en embuscade contre huit guerriers Villileär qui protégeaient leurs familles. Azraël contint ses larmes de honte et de rage. Il avait tiré sur eux, il participait aux massacres orchestrés par l’armée. Il n’en pouvait plus. Mais quand il pensait être au comble de l’horreur, il entendit des hurlements à vous fendre le cœur qui résonnaient non loin de leur position. Le chef de l’escouade ravi exulta « Ce doit être les autres recrues qui ont attaqué leur village. » Les autres hommes crièrent de victoire, Azraël, quant à lui, se précipita en direction des cris courant aussi vite qu’il le pût. Il vit des maisons comme celle du clan des Daendur brûler sous les attaques des flèches de feu envoyées par l’armée. Il vit des enfants, des femmes, et des hommes de tout âge crier, et mourir sous les attaques de ses camarades. Une petite fille s’écroula à quelques pieds de lui. Une flèche dans le dos. C’était trop, beaucoup trop. L’injustice et la haine ressentie devant un tel carnage le fit regretter d’être né Vreën. Il s’en alla en courant au cœur de la forêt, en plein milieux de la bataille personne ne le chercherait. Azraël désertait. Il ne pouvait soutenir de telles atrocités, il devenait donc un traître en 76 de l’ère des rois.
Chapitre 5 ~ Sur la route de la rédemption, vers un nouveau départ ?



Les années qui suivirent, Azraël devint un vagabond changeant d’identité au gré des villes et villages qu’il rencontrait. Il ne restait jamais longtemps à un endroit et prenait soin de toujours couvrir sa tête afin de dissimuler au mieux son visage. Il allait dans les temples d’Alvar aider ceux qui en éprouvaient le besoin, il fit en sorte de disparaître aux yeux de l’armée. Il voyageait à pied avec pour équipement son bâton qui l’aidait à marcher ou à pousser la végétation parfois trop dense. Son cœur était devenu poussière. Il avait perdu tous les êtres chers et pire il avait le sentiment d'être responsable de leur disparition : Sa mère était morte à cause de lui, et les elfes sylvains disparaissaient à cause des Vreën dont il faisait partie. Il ne pouvait plus faire autre chose qu’apporter le plus de choses aux autres comme pour racheter ses fautes. Alvar l’avait trop mis à l’épreuve, il ne pensait pas être assez digne pour continuer mais il savait qu'il fallait persévérer. Alors il continua d’aider ceux qui en avaient le plus besoin, à sa manière, le temps de quelques jours ou tout au plus quelques semaines. Il traversa les trois royaumes Vreën et arriva au royaume de Rhaemond. Là dans plusieurs villages, il se dissimula et fit même la rencontre de nains dans une taverne. Ceux-ci critiquaient les Vreën racistes et projetaient de s’en prendre à eux. Azraël les soutint et s’appliqua à ridiculiser les membres de la ville qui se permettaient de penser que leurs vies valaient davantage que celles des non-Valduris. Il ne pouvait néanmoins plus se lier d’amitié avec qui que ce soit. Il avait trop perdu et ne voulait plus jamais ressentir cette souffrance. Si sa vie de vagabond semblait devoir durer éternellement une décision inattendue réveilla les espoirs d’Azraël.

Le roi de Rhaemond avait ordonné le jugement des seigneurs qui avaient perpétrés les ignominies à l’encontre des Villileär. Il apprit par des affiches sur la place du village que ceux-ci devaient être exécutés. Voilà qui sonnait la fin de sa fuite et le moment de faire face à ses actes. Azraël demanda à être vu par le roi d’Algar et expliqua la raison de sa désertion. Il savait qu’il allait probablement le payer mais pas de sa vie puisque le contexte géopolitique lui donnait raison. Le roi fut magnanime et le gracia purement et simplement. Il était impossible selon lui de condamner un déserteur qui eût la présence d’esprit de refuser cette boucherie. Azraël pouvait alors reprendre sa vie, sans se cacher. Néanmoins entre 76, l’année de sa désertion et 85 l’année de sa grâce, il avait été seul sur les routes et rien ni personne ne l’attendait nulle part. Si bien sûr, il y avait toujours son père et son frère, mais ils ne les considéraient plus comme sa famille. Il aurait préféré revoir Elirann et Ky’ha, son maître Ydraniel et le clan Daendur tout entier. Il savait que ce n’était que pur fantasme. Mais il se devait de vérifier. Il avait fait une veille promesse qu’il devait tenir.

Il s’enfonça dans la forêt de son enfance, et siffla l’air qu’Elirann et lui avaient établi pour toujours se retrouver. Pas de réponse. L’homme ému regretta sa venue. Il prolongea quand même en sifflant à nouveau. Puis il se dirigea vers le village du clan de son ancien ami. Il avait été en partie détruit et en partie reconstruit. Les maisons de bois abritaient encore des Villileär, son cœur sauta dans sa poitrine comme réanimé. Ils n’étaient donc pas tous morts. Il demanda si quelqu’un avait vu Ydraniel, mais personne ne lui répondit. Il demanda si quelqu’un connaissait Elirann. Une voix derrière lui, emplie de méfiance lança froidement : « Peut-être bien ! Qui êtes-vous ?! ». Il se retourna vers son nouvel interlocuteur, c’était un elfe gracieux et majestueux, aux longs cheveux d’argent et au regard aussi vif que le sien avec des tatouages magnifiques qui s'étendaient sur son corps svelte. Les yeux verts de jade d’Azraël se plantèrent dans les yeux azurs d’Elirann. Les deux amis s’avancèrent l’un vers l’autre pour une chaleureuse accolade qui démontrait la force de leur amitié. Azraël avait retrouvé le frère qu’il aurait aimé avoir, il était le plus heureux des Vreën. Elirann lui expliqua l’état des lourdes pertes et la manière dont il a réussi à défendre les siens ; Comment son père et sa mère sont morts en héros pour le clan. Comment ils avaient réussi à survivre et à rebâtir. Finalement Azraël posa la question qui brulait ses lèvres. Qu’en était-il de Ky’ha, avait-elle survécu ? Elirann n’en savait rien, elle avait disparue avant les séries d’embuscades contre les villages. Elirann termina par demander les projets de son ami, son silence le conduit à lui proposer quelque chose d’inattendu.

- Azraël, je pars bientôt pour l'Ile aux Mirages, des Eleär du crépuscule ont besoin d'aide là-bas. Est-ce que tu voudrais m'accompagner ?

- J'irai avec toi mon Ami, j'ai une dette envers toi, et envers tous les Villileär.

En son fort intérieur, Azraël savait qu'il suivrait Elirann partout où celui-ci irait s'il le demandait. Ce voyage imprévu serait un nouveau départ.


Ambitions & Desseins



- Volonté de continuer à aider les nécessiteux
- Partir en quête pour aider les Elfes noirs sur l’île aux Mirages
- Apprendre un jour l’existence de la lune d’argent et s’y intégrer, et pouvoir apporter sa pierre à l’édifice.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oh que foui !
Moultipass : MDP validé par pépé

"Calim & Balthazar, c'est Calim et Balthazar - Oouuh yeah". Petit remix version Palmashow
Réponse de pépé : mékilécon xD