Azzura


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Présentation de Marìa Martines

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◈ Missives : 1

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Aventurier
Marìa Martines

◈ Mar 1 Mai 2018 - 21:06

◈ Prénom :  Marìa
◈ Nom : Martines
◈ Sexe : Femme.
◈ Âge : 21 ans.
◈ Date de naissance : 5 Phra de l'an 69 de l'ère des rois.
◈ Race : Elëar de l'Aube.
◈ Ethnie : L'ethnie de l'Aube ?
◈ Origine : En Seregon, au royaume d'Aiseth.
◈ Alignement : Chaotique bon.
◈ Métier : Plutôt noble malgré sa pauvre ascendance. Elle dirige un hôpital de charité pour ceux qui n'ont pas assez pour se soigner par eux-même.

C'est mon premier forum RP alors je débute niveau écriture. Bonne lecture à tous !


Magie


Elle n'a aucun pouvoir magique.


Forces & faiblesses



Les plus grandes de forces de Marìa sont sans doute sa persévérance et son grand cœur qui ont dirigé sa vie depuis qu’elle a 17/18 ans.
Mais cette force est également sa plus grande faiblesse ; en effet sa trop grande bonté, son altruisme à vouloir aider son prochain est certainement ce qui la perdra. Car elle a tendance à oublier qu’elle ne peut porter sur elle toute la misère du monde.
Elle est sensible à tout ce qui atteint les autres et est très empathique.
Toutefois, son enfance dans les rues l’a nourri d’une part d’ombre ; c’est pourquoi elle est capable de réagir avec une agressivité non cachée face à la haine ou à la violence.
C’est aussi une femme jeune. En tant que telle, elle est fragile émotionnellement et a une forte tendance à la franchise et à être particulièrement têtue.
Face à certains nobles, elle sait de par son expérience –et son habileté- comment éviter les ennuis voire comment en tirer ce qu’elle veut. Que ce soit en usant de ses charmes ou de menaces.
Ses très nombreuses connaissances lui ont permit de connaître les qualités et faiblesses des plus importants d’entre eux.



Physique


La plupart du temps, Maria a tendance à s’habiller de vêtements bon marché ; elle ne souhaite pas dépenser plus d’argent que nécessaire quand certains n’ont pas de quoi se nourrir ou se soigner.
Cependant, lorsqu’il s’agit de rencontrer la haute noblesse, elle ne lésine plus sur les moyens et est prête à mettre plusieurs oryns dans une simple tenue ; il en est de même concernant maquillage ou coiffure, matières auxquelles dans sa vie Maria n’a jamais attaché d’importance.
Ceci mis à part, Maria possède une chevelure blonde resplendissante que beaucoup envient ainsi que deux yeux couleur azur.
Du haut de ses 1m65 elle est extrêmement agile et preste et, malgré sa finesse apparente, plus musclée que la plupart des femmes, ceci grâce à ses années à voler, se battre et courir dans les rues.
Ces dernières ont laissé par ailleurs plusieurs marques, des cicatrices à plusieurs endroits du corps. Blessures accidentelles ou volontaires, elles n’en restent pas moins des preuves de son endurance à la douleur et de sa survie.  


Caractère


Marìa est une femme sensible. Aux autres principalement, à ce qu’ils ressentent, à leur état.
C’est suite à une expérience traumatisante et au décès d’un proche qu’elle s’est sentie le devoir de soigner quiconque avait besoin de son aide.
Elle a, à l’heure d’aujourd’hui, ouvert un centre de soin dont les portes sont ouvertes à tous ceux dans le besoin.
Mais elle est également très caractérielle ; ce n’est pas une femme qui se laisse marcher sur les pieds, loin de là. Il est bon de se souvenir des 17 ans qu’elle a passé à vivre dehors.
Ceux-là lui ont forgé une partie d’elle presque sauvage, qui ne se soucie guère des bonnes manières.
Heureusement, elle ne dévoile ce fragment de sa personnalité qu’en colère ou si elle a affaire à quelque chose qui la révolte ; une violence inutile, un abandon, ou tout simplement la vision d’actes haineux.
Ceci mis à part c’est tout de même sa gentillesse et son attention qui vous marqueront en premier si jamais vous lui adressez la parole.
Elle est également une pro des roublardises et ne se sent aucunement coupable à soutirer de l’argent aux riches.
De son point de vue, il est naturel que l’argent des plus fortunés soit utilisé pour aider les Azzuriens en détresse. C’est simplement rétablir l’équilibre.



Inventaire


Rien de particulier...


Histoire


Comment avait-on pu en arriver là ? Effondrée en plein milieu du trottoir, je pleurais toutes les larmes de mon corps. C’était un désastre, même pire. Jamais de ma vie aurais-je pu croire que je ressentirais un jour un tel désespoir.

La pluie battait son plein, les nuages noirs recouvraient le ciel et le soleil peinait à se montrer, comme de peur de se montrer inconvenant. Les cloches de midi sonnaient à mes oreilles, symbole de mon chagrin et de mon deuil, autant que ma propre médiocrité.

Pour ne pas vous perdre, revenons-en au tout début. Fille de prostituée, je n’ai jamais connu mon père. L’avortement est loin d’être une chose rare dans ce milieu bien qu’illégal, et nombre de solutions existent dans ce but. Il faut toutefois croire qu’un instinct maternel soudain s’empara de ma mère pour qu’elle décide de m’élever après 8 mois d’attente. Pour ça je lui serai éternellement reconnaissante. Mais pas pour ce qui suivit.

Son éducation fut la pire qui soit. La plupart des mères apprennent à leurs enfants les bonnes manières et les nourrissent d’une certaine culture louable. Ici, on en était très éloigné : car la quasi-totalité de ce que ma mère savait se limitait à son travail, entendez l’art de faire jouir ses clients, pure logique qu’au final elle se tente à m’apprendre ses « savoirs ». Après tout, elle n’avait jamais fait que ça toute sa vie.

Je ne compris seulement à 6-7 ans, assez tardivement à mon goût, que ma mère se faisait sauter pour de l’argent. Par une journée ensoleillée, du genre qui vous met de bonne humeur par le simple fait d’en respirer l’air extérieur. J’avais tenté d’approcher une bande de garçons jouant en face de l’espèce de roulotte où l’on habitait. Très rapidement j’ai regretté mon geste, après que l’un de ces derniers se mit à me caillasser sans sommations. « Retourne chez toi la fille de pute ! » Avait-il hurlé sous le regard ricanant de ses compagnons.

C’était ce que j’avais fait ce jour là, complètement ahurie, quand j’y repense. Ironie du sort, j’ai compris ses mots grâce à un dico. Puéril lorsque l’on peut se « vanter » d’avoir une mère comme la mienne, pas vrai ?    

Dès lors je pris la décision qu’il était hors de question que je vive de ça. J’avais beau être jeune, j’étais loin d’être stupide. Si elle continuait à m’apprendre sa culture de putain, je vivrais ma vie de la même façon tout en me faisant insulter de tous les côtés. Quelle petite fille pourrait accepter ça ? Se voir dicter une destinée aussi terrible ?

C’est ainsi que je m’enfuis, à vivre de vols et de bagarres pendant plusieurs années, vulgairement appelée une fille de la rue. Je faillis mourir de faim, de soif, de sommeil, de maladie, j’en passe et des meilleures. Je fais sûrement partie de ceux qui ont la réputation de faire les bonnes rencontres aux bons moments ; étant alors une petite fille, certains me prirent plus d’une fois sous leur aile, par pitié ou compassion.

Néanmoins je n’oserais pas affirmer que ma survie dehors n’est due qu’à la chance ou aux autres : j’appris vite comment s’organisaient les choses dans ce milieu ! Cela me servit beaucoup ; mon corps se transforma, se muscla tout en conservant des formes attirantes. Je fus plongée dans des combats de rues qui m’ont rendue malgré moi avertie aux arts martiaux. Plus que tout je me transformai en une embobineuse de première catégorie et aujourd’hui je sais comment attirer les gens, les tromper pour obtenir ce que je veux.

Mais avec ces qualités venaient un nombre bien plus important de défauts qui me valaient d’être méprisée des « personnes normales ». Je le devinais à la façon dont ils me regardaient tous, de cet œil mauvais, typique de ceux qui se pensaient supérieur à moi. Ces gens, j’aurais tout donné pour les voir vivre ne serait-ce que quelques jours de mon quotidien. Car rustre je l’étais. Brutale, encore plus. Je ne connaissais également aucune civilité autre que celles que j’avais pu voir de moi-même, si j’en avais seulement compris le sens ou l’utilité. Sans parler de ma fourberie. Combien de fois me suis-je révélée obligée de voler d’honnêtes gens dans le but malheureusement nécessaire de me nourrir. Mais cette explication satisfait peu de gens…

« Personne ne t’aidera, donc n’aide personne. » La devise des gens de la rue, de ceux qui vivent au jour le jour. 10 ans je sus respecter cette règle d’or qui nous liait tous. Mais un jour vint où les choses changèrent, l’instant où l’on m’aida moi-même sans rien en retour.

Lorsque j’ai rencontré ce pauvre garçon de quelques années de moins que moi –j’avais alors 17, quelque chose m’avait stupéfaite au premier regard. Nous étions dans une ruelle très fréquentée et pourtant les gens passaient devant en l’ignorant. Ce comportement hautain était habituel du peuple et de la bourgeoisie envers nous sauf que cette fois, quelque chose n’allait pas. Je voyais que cet enfant était malade, je le voyais comme je les voyais tous, ce tas d’êtres méprisables sur le point de laisser caner un innocent sans une once de bonté.

Je me rapprochai de lui, gentiment, posant une main sur son front. Brûlant. Il avait besoin de soins d’urgence, d’un traitement.

« Petit, as-tu de la famille, quelqu’un qui peut t’aider ? » Cette question n’était pas anodine, je ne l’aurais pas posé s’il semblait comme moi ou les autres pouilleux que je fréquentais. Ses habits étaient d’assez bonne facture. Il avait l’air plutôt bien nourri et propre. Tout indiquait qu’il ne vivait pas dehors.

« La maison… à côté du coutelier… » Concrètement, des couteliers, il n’y en a pas des pléthores dans les environs. Je sus immédiatement duquel il s’agissait. Je posai l’enfant sur mon dos, en lui conseillant de bien s’agripper, et courus vers la destination indiquée. Si j’y arrivai en un temps record, la température du môme  avait elle aussi grimpé comme une flèche. Je toquai à la porte –ou plutôt je pense l’avoir à moitié défoncée tant j’étais effrayée de perdre mon protégé. L’homme qui ouvra portait une barbe blonde de trois jours et paraissait à moitié défoncé.

L’intérieur de la baraque, totalement désordonnée, refoulait le renfermé et la sueur. Les pièces du puzzle commençaient à s’assembler dans ma tête et j’avais une petite idée du pourquoi de l’état du petit.

« Il est à vous, lui ? » D’un signe de tête, je lui montrais le malade toujours sur le dos. Son visage se décomposa subitement et il s’en empara s’en plus même se préoccuper de moi, filant à toute allure je ne sais où de la masure. Je restais là, un peu outrée qu’il m’ait plantée sans un mot. J’en profitai toutefois pour m’improviser une visite des lieux.

Tout était délabré. Brisures de verre au sol, photos éclatés, traces de nourriture moisie, meubles fracturés par le temps et les chocs, les moutons de poussière atteignaient des tailles ahurissantes. Il y manquait définitivement une présence féminine. Aucun entretien n’était fait, et un présumé parent qui laisse son enfant seul face aux griffes de la mort n’avait indubitablement aucun sens des responsabilités. Sans vouloir me la jouer féministe, voilà un comportement typique des hommes.

Quelques minutes plus tard je les retrouvai tous les deux, l’aîné, à peu près trentenaire, penché au dessus d’un lit où reposait son fils, frère, ou je ne savais encore quoi. Malgré tout ce que je pensais de lui, ce qui me traversa en premier était le regard qu’il portait sur le jeune. Des yeux remplis d’amour et j’y lisais non de la pitié mais de l’espoir luisant.

« Je vous dois tout. » lança-t-il à mon encontre en se levant sans un bruit. « Je n’ai pas grand-chose à vous offrir mais je ferais ce que je peux pour vous dédommager. » Instinctivement, mon sale caractère de l’époque prit le dessus et je ne pus réprimer gauchement mes quatre vérités.

« Apprenez déjà à vous occuper de vous avant de vouloir aider les autres ! Le pauvre, vous savez où je l’ai trouvé ? Il allait clamser sans moi. »

« Je sais. J’en suis navré. Malheureusement, il est très malade et son traitement coûte plus qu’une fortune. Je ne possède pas assez pour me le permettre et il lui arrive de faire des crises, des périodes où il ne contrôle plus lui-même son corps. »

Après m’avoir expliqué ce contexte, il me détailla de haut en bas. Fait que j’avais trouvé alors extrêmement indiscret et insolent.

« Pardonnez mon intrusion dans votre vie privée… Vous n’avez pas de logis, n’est-ce pas ? Que dites-vous de rester vivre ici ? Vous pourrez dormir et manger à votre convenance. Prenez ça comme acte de gratitude de notre part à mon frère et moi. »

Méfiante, je pense être restée à le dévisager pendant toute une minute pour vérifier ses véritables attentions. Il faut dire que cela, on ne me l’avait jamais proposé, et venant de n’importe quel obsédé, jamais je ne l’aurais accepté. Mais il m’avait l’air –d’apparence et d’attitude en tout cas – de quelqu’un de bien et l’hiver rude qui frappait la ville me faisait peiner à trouver de la nourriture ou un abri convenable protégeant de la chaleur. Je repensais à ma règle d’or. « N’aide personne car personne ne t’aidera. » Mais l’ayant déjà brisée en aidant ce garçon, la respecter à présent paraissait futile.

« Pourquoi pas ? » répondis-je, finalement.

Au bout de quelques jours, j’avais remis la maison en état. Non pas qu’être une femme me poussait à faire les tâches ménagères ; ce type de comportement  m’avait toujours révolté. Mais peu importe où je logeais, j’avais la mauvaise habitude de rendre l’endroit confortable, peut-être enviais-je les riches familles et tous leurs raffinements.

Je me demandai comment ces deux frères avaient-ils pu vivre si salement. La salle de bain même, supposé être le lieu sain de l’habitation, était un désastre, regorgeant de saleté dans les moindres recoins, des flaques noirâtres de souillure régnant sur le sol déjà malsain. Quant à la cuisine quand je les imagine se nourrir de plats préparés dans un environnement aussi crotté de moisissure où aucun ustensile ne s’avérait avoir été nettoyé depuis des lustres… Un scandale je vous dis. A bien des égards mon arrivée fut providentielle.

Si je ne peux affirmer avec certitude comment communiquait les deux frères avant mon arrivée, George, le cadet de la famille, n’avais plus dit un mot depuis que je l’avais trouvé. Il avait en fait l’air de plus en plus mal plus le temps passait. Je tentais de mon mieux de lui donner les rares soins que je connaissais, qui se limitait malheureusement à changer un linge humide sur le front, mais il restait alité nuit et jour.

Plusieurs semaines après, j’étais devenue presque intime avec Alexandre, le frère aîné. Nous passions beaucoup de temps ensemble à discuter de nos vies -si différentes étaient-elles- oubliant pendant ces moments tous nos soucis. Mais c’est à cette période que j’appris une triste nouvelle. George souffrait d’une maladie qui risquait de l’emporter d’un jour à l’autre et malgré toutes les économies réalisées, l’élixir était bien trop coûteux.

Cette révélation et les infinis efforts et sacrifices que le frère faisait me touchèrent, preuve que vivre ici m’avait en quelque sorte changé ; c’était la première fois que je ressentais une si vive émotion.

Et je me mis à travailler, ou du moins essayer car les échecs furent abondants. Car mes manières semblèrent disconvenir aux marchands et autres ouvriers, sûrement étrangers à voir arriver, empli de bonnes intentions, une ancienne petite criminelle. Non sans sarcasme, je dus, aidé d’Alexandre, prendre des cours de bienséance. Me furent inculqués les valeurs importantes que je refoulais alors sur le respect et l’égalité. Par le même biais j’appris aussi à lire, écrire et à compter.

J’obtins un travail en tant que boulangère rapidement après ça. Néanmoins lorsque je fus payé pour la première fois je compris. Il ne suffisait pas de travailler. A ce rythme, avec un apport d’argent aussi faible, nous n’obtiendrions pas la somme voulue même dans plusieurs années. Et l’état de George se détériorait rapidement. Ces derniers-temps, il avait une fièvre des plus terribles et ses crises se décuplaient. Selon Alexandre, il n’avait plus beaucoup de temps à vivre.

J’avais des remords, cependant dans mon esprit ne restait plus beaucoup de solutions, de façons d’obtenir ledit élixir dans les temps.

Quelques jours plus tard, je m’étais glissée dans le quartier des nobles, et il avait alors lieu une réception pour lever des fonds dans le but de construire un grand monument dédié à la gloire d’une célébrité locale.

Dans la salle bondée d’un manoir, les convives prenaient l’apéritif, constitué d’alcool de luxe et d’entremets de prestige  tandis que le maître de cérémonie allait monter sur une estrade pour faire un discours. Je m’étais infiltrée par une fenêtre entrouverte apprêtée de mes plus beaux apparats pour passer comme l’une des leurs. D’un bond, je devançai l’individu, et lança un « Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, je vous souhaite la bienvenue ! »

Intérieurement, je priai pour ne pas être interrompu. « J’aimerais vous conter une histoire. Celle d’un enfant, de onze ans, atteint d’une maladie grave, qui tous les jours reste cloîtré dans sa chambre avec une monstrueuse fièvre ! Sa déficience empire chaque seconde qui passe ! Un élixir existe mais bien trop cher, et si je suis là c’est pour requérir votre aide à chacun ! Il suffirait que tous donniez un peu pour sauvez sa vie ! » Je fus stoppé net dans mon discours bar des bras musclés qui m’attrapèrent et me jetèrent dehors, sur le sol humide, salopant mes vêtements. Mais le message était passé, c’était l’important.

Quelques heures plus tard, les invités quittaient peu à peu la grande demeure. Assise sur le rebord du muret de la propriété j’étais adossée à la clôture à laquelle j’étais agrippée. Je les regardais et écoutais leurs conversations, attendant l’élu, celui qui serait assez généreux pour me payer l’élixir. Mais les heures passaient et il se faisait de plus en plus tard. Le jour était sur le point de se lever lorsqu’enfin on m’adressa la parole.

« N’avez-vous pas froid, mademoiselle ? » La femme qui vint à mon encontre était assez âgée mais vêtue somptueusement. Elle semblait amicale mais devant ma cause, je jouais carte sur table sans perdre mes moyens, même si j’étais impressionnée.

« Soyez franche. Vous venez pour m’aider ? » Je la regardais sans ciller du regard.
« Votre discours m’a vraiment profondément émue. Tout était vrai ? » Répondit-elle, tout en saluant brièvement de la main ses connaissances qui partaient.

« Bien sûr que tout était vrai. Et c’est d’autant plus vrai que si je n’ai pas l’élixir très rapidement, mon ami est foutu. Est-ce que vous pouvez m’aider ou pas ? » Insistais-je, agacée et m’impatientant.

« Vous m’avez l’air extrêmement mature et débrouillarde pour votre âge. Je peux vous faire gagner assez d’argent pour vous procurer l’élixir. Et même plus, en réalité. J’ai des contacts dans de nombreux domaines. Très fortunés. Il n’est pas rare que des soirées comme celles-ci rapportent des milliers d’Oryns si elles sont bien organisées. Si je consens à organiser une soirée caritative, je pourrais vous présenter à des gens d’influence et à vous faire une place dans le milieu. Vous devez toujours est-il me promettre une chose. Vous serez la maîtresse de cérémonie de mes soirées. »

« Pourquoi faites-vous tout ça pour moi ? Vous ne me connaissez pas, peut-être vous arnaquerais-je dès que vous aurez le dos tourné, ou peut-être vous ai-je menti depuis le début. »

Je commençais à flairer le mauvais coup. Mais une occasion pareille ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval c’est pourquoi je n’insistais pas, et puis les effets de la fatigue commençaient à se faire sentir.

« Vous m’avait l’air ma foi très bien éduquée. Et une simple arnaqueuse ne resterait pas dehors plusieurs heures pour finalement refuser plusieurs milliers d’Oryns. Acceptez mes termes et je vous garantis la vie de votre ami, ainsi qu’une vie bien meilleure. » Chose à laquelle nous finîmes par conclure. J’étais prête à tout pour sauver George. Même si ce plan-ci puait l’argent sale à plein nez.

3 semaines plus tard, nous y étions. Durant tout ce temps, Madame Isabelle, la mystérieusement généreuse femme de l’autre soir, m’avait prise sous son aile. Elle m’enseigna tout son savoir sur les déroulements de ces soirées de luxe, lesquelles j’allais devoir organiser et diriger. J’apprenais vite, mais ces 3 semaines, je ne les vis pas passer.

Ce soir, je fus parée d’une robe comme jamais je n’en avais portée. Chose promise chose due, je dus parler à plus de nobles que dans ma vie entière. Par ailleurs, si je n’avais aucune expérience en maîtresse de cérémonie, je possédais toutefois un nombre de connaissances non négligeable –don de trois dernières semaines de travail ardu- et je me rattrapais vite en cas d’erreur ou d’oubli grâce à l’œil aiguisé de ma formatrice qui veillait au bon déroulement des festivités et de ses conseils avisés.

Mais je compris après quelques discussions pourquoi l’on m’avait attiré dans ce nid de renards. La réelle raison de ma présence ici ; j’attirais les regards lubriques des nobles les plus richissimes. D’innombrables d’entre eux n’hésitaient pas à venir m’adresser la parole. Cette soirée, à travers ses plus beaux atours, était emplie d’obsédés aux passions les plus farfelues et obscènes, faisant acquis de présence seulement dans le but de se procurer de nouvelles proies. Malheureusement pour eux, dans la rue, on apprend à les débusquer ces gens-là, et on sait comment les rembarrer ; ou obtenir d’eux ce que l’on souhaite.

C’est ainsi qu’omis mon discours de présentation qui ne fut que de la récitation pure et dure, mes nombreux échanges avec un nombre considérable de nobles me permirent de me mettre dans la poche un certain nombre d’entre eux, et de gonfler les caisses de l’association.

A la fin ne furent pas récoltés quelques centaines d’Oryns mais ma prestation, à croire mon professeur, fut si réussie que nous en amassèrent plusieurs milliers. A moi qui avais toujours vécu humblement je ne pouvais même pas m’imaginer ce qu’une telle somme représentait. Encore moins ce que j’en ferais. Je ne lui quémandai donc pas le moindre bria ; seulement de quoi me procurer l’élixir.

Je considère cette femme comme une des plus intelligentes qu’il m’ait été donné de rencontrer. L’élixir, je l’eu. Et en prime j’obtins une bourse de quelques dizaines d’Oryns ; sans doute une chose que peu de personnes peuvent se vanter d’avoir touché. « C’est le salaire normal pour toute personne travaillant à mes côtés. » déclara Dame Isabelle. Le salaire normal ? C’est complètement démesuré, oui. Me rappelle-je avoir pensé alors. Mais j’acceptais, espérant enfin à un changement de vie tant mérité.

« Une ambition trop grande est condamnée à la chute. »

En attendais-je trop du destin ? Visais-je trop haut en souhaitant changer de vie ? Je ne pense pas, il en est tout simplement des gens comme moi sur lesquels le destin aime à s'acharner. C'est ainsi.

A mon retour à la ville, j’appris du voisin la nouvelle effroyable de la mort de George et Alexandre. George n’avait pas survécu à sa maladie et Alexandre, ravagé par le chagrin, se serait pendu. Le flacon entre les mains que je tenais à leur montrer avec une fierté non cachée s’était transformé en honte. Absente pour soutenir Alexandre, à cause de moi il …

Je déprimai pendant plusieurs semaines. Ne sortant que pour acheter les quelques rares aliments que je parvenais à avaler.

Finalement, ironie du sort, c’est celle que j’avais reniée qui me tira des griffes de ma dépression. Ma propre mère, prostituée de profession, je rappelle. Elle venait de rentrer à l’improviste, alors que j’étais encore en pyjama couchée dans des draps sales… Les draps où dormait George, qui avaient son odeur, que je n’avais pas lavé depuis. En fait je n’avais rien lavé depuis leur mort, je voulais garder la maison exactement dans le même état, ce qui est stupide, je m’en rends compte aujourd’hui. Je m’étonne de ne pas avoir attrapé une sale maladie à l’époque tant c’était plein d’immondice.

« Tu es devenu plutôt célèbre, tu sais ? Certains de mes clients sont des nobles et lorsqu’ils m’ont parlé d’une fille de basse extraction incroyablement belle qui travaillait maintenant pour eux j’ai tout de suite su que c’était toi. T’as toujours été plus intelligente que les autres. Mais je pensais pas te retrouver là, comme ça. C’est crade ici, pour une noble, non ? ‘Fin, bon l’avis d’une mijaurée pour sa seigneurie doit avoir peu d’importance après tout. » Son sarcasme touchait ma dignité. Je n’étais pas une noble. Je n’étais pas intelligente, comment expliquer sinon que j’avais pu laisser mourir les deux personnes les plus chères à mes yeux ? Et j’étais loin de considérer ma mère comme une simple mijaurée.

Depuis ma rencontre avec George et Alexandre, j’avais grandi et je l’estimais à présent bien plus. Assise sur mon lit, je la regardais avec des yeux de poissons mort et une coiffure en pétard. Sérieusement, je suis sûre que si j’étais sortie dehors j’en aurais fait fuir plus d’un tant je devais paraître effrayante.

« Dans mon métier on perd souvent des connaissances. Des bonnes amies, il arrive. Et je vais te dire quelque chose qui te semblera sans doute horrible. Mais on prend l’habitude. Et figure-toi qu’au dixième de tes proches que tu perdras ça ne te feras plus le même effet. Je n’essaie pas d’être mauvaise. Mais si tu veux ne plus ressentir cette souffrance, ton petit cœur qui se déchire… Et bien change d’endroit. Les nobles t’apprécient ? Alors traînent plus ici. J’ai jamais eu ta chance, moi. Mais si j’avais pu, tu penses bien que j’aurais filé fissa. Profite de ton minois, gagne des thunes. Et oublie pas ceux qui t’ont aidé parce qu’ils sont plus là, surtout. Ça te perdrait. Tes valeurs, forges t-en des solides. Oublie surtout pas que les nobles y sont tous corrompus. J’espère que tu t’en sortiras ma fille. Allez, je file. Quand tu seras riche, t’oublieras pas d’envoyer quelques liasses à ta vieille mère rabougrie, hein ? »

Puis elle s’en alla après son discours, tout simplement, comme elle était venue. Elle était restée à peine 5 minutes mais avait remuée toutes mes pensées et mes sentiments. Son passage, je ne sais comment, était parvenu à cicatriser mes douloureuses blessures et me fournirent une motivation nouvelle.

Depuis lors, je décidai de travailler avec Dame Isabelle. Pendant quatre ans je fus la maîtresse de toutes ses cérémonies, sans jamais une erreur.

Aujourd’hui j’ai ouvert un centre curatif pour toutes les personnes qui n’ont pas assez pour se procurer l’argent pour se soigner, avec infirmières et médecins. Sachant qu’un des clients de ma mère -souhaitant rester discret- dirige un grand laboratoire, ça a été plutôt facile d’avoir libre accès à de nombreux remèdes très onéreux pour presque rien.
Ainsi, je suis connue dans le quartier noble autant que dans les quartiers pauvres, beaucoup me considérant comme une sainte. De plus en plus souhaitent les services de mon établissement, de sorte qu’il a fallu l’agrandir et embaucher du personnel.

J’ai convaincu beaucoup de mes relations qu’il était bon d’investir dans cet hôpital de charité, pour leur réputation. Ainsi je peux compter sur eux pour maintenir les fonds économiques de ce dernier.

Peut-on considérer que j’ai été pardonnée, pour ne pas être parvenue à avoir sauvé le frère auquel j’étais si attachée ? Je ne le saurais jamais. Du moins aurais-je tout donné dans cet objectif et sauvé des centaines de vies.



Ambitions & Desseins


Dans la continuité altruiste de mon personnage, c'est logique que Marìa souhaite sauver le plus de personnes possible. Ainsi, elle voyage beaucoup pour rencontrer des nobles et tenter de les convaincre de partager son idéal. Mais plus franchement, elle en veut juste à leur frik. :3
Etant donné qu'elle sait comment se gère une réception de nobles, il se peut qu'elle aille dans des pays étrangers pour en organiser et collecter des fonds.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui.
Moultipass : Validé par Harden

Désolé si j'ai trop écrit u_U