Azzura

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Estrid Oldengard - Reine d'Alsvard

Invité
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◈ Jeu 25 Sep 2014 - 10:01

◈ Prénom :  Estrid
◈ Nom : Oldengard
◈ Sexe : Femme
◈ Âge : 33 ans
◈ Date de naissance : 12 Auldera 56
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Satvar, Alsvard
◈ Alignement : Chaotique neutre
◈ Métier : Reine d'Alsvard

Magie


Les récents bouleversements magiques ne semblent pas avoir atteint la Reine d’Alsvard. Son quotidien n’a pas changé, pas de tremblement de terre, pas de vague de puissance à l’intérieur de soi. Non, non... Pas de magie. Du tout.


Compétences, forces & faiblesses


Compétences

  • Connaissances :
    - géographie (expert)
    - joaillerie (intermédiaire)
    - langues :    
    alsvard (langue maternelle)
    heisen (courant)
    kaerd (courant mais parlé avec un fort accent)

  • Arts des combattants :
    - combat à l’arme d’hast (maître)
    - combat aux dagues (expert)
    - combat à mains nues (expert)
    - stratégie de combat (intermédiaire)
    - agilité (expert)
    - esquive (expert)

  • Arts des chevaliers :
    - combat (maître)
    - équitation (maître)

  • Arts des navigateurs :
    - natation (intermédiaire)
    - navigation (expert)

  • Arts des politiciens :
    - impolitesse (maître)
    - vulgarité (maître)
    - indécence (maître)


Forces

  • excellente combattante, en particulier à cheval
  • force physique
  • sait siffler, crier et roter particulièrement fort
  • peut manœuvrer un navire dans des conditions difficiles
  • grande résistance au froid (si, je vous jure)


Faiblesses

  • son impulsivité (voire agressivité)
  • son manque de discernement
  • les hommes (et les femmes)
  • Magnus
  • l’or
  • sa vendetta contre Thorleif
  • son total manque d’étiquette



Physique


5.7 pieds, soit 1m82

Ils marchaient l’un derrière l’autre, échangeant régulièrement leur place pour profiter de quelques instants de répit. Un vent puissant les fouettait depuis le début de la matinée et ralentissait terriblement leur ascension. N ‘améliorant pas leur situation, les muscles de ses jambes la faisaient terriblement souffrir, se contractaient anormalement à chaque nouvel effort et la faisaient trébucher. Son corps avait beau être entraîné aux conditions climatiques les plus extrêmes, elle peinait à marcher dans la neige depuis sa chute. Sa musculature sèche et développée avait cependant évité le pire à ses articulations. Mais le nord est ainsi fait, blessure ou non, il faut se mettre en marche, cheminer et continuer. Elle avait enterré ses longs cheveux cendrés sous la fourrure de loup qu’elle avait l’habitude de porter et se protégeait les yeux de ses mains, elles aussi recouvertes de cuir et de fourrure. Le rythme était lent, pénible, et Magnus, devant pour le moment, ne la protégeait que peu malgré son imposante stature. Il fallait dire qu’elle était loin d’être menue, facile à cacher derrière un homme... S’ajoutant aux attaques du vent, la luminosité du ciel blanc blessait ses yeux bleus et fragiles, l’obligeant à plisser la peau autour, déjà marquée de certaines rides. Ils avaient convenu de continuer à marcher jusqu’à ce qu’ils trouvent un abri pouvant les protéger de la très prochaine tempête. Trop habitués à ce climat hivernal, ils avaient pressenti son arrivée dès leur réveil. Il leur était evidemment impossible de monter sur leur chevaux, pauvres animaux pas d’avantage capables d’avancer qu’eux dans la neige récemment tombée. Fidèles, ils les suivaient tant bien que mal. Après plusieurs heures de marche, Magnus réclama une pause, obligeant la jeune femme à remettre correctement les couches qui la protégeaient du froid. Quand il vit son beau visage anguleux brûlé par le froid, ses épaisses lèvres presque bleues et son teint pâle devenu transparent, il voulut agir en guerrier protecteur, mais c’était sans réaliser qu’il arborait les mêmes signes de défaillance physique. En échangeant quelques gestes, ils se mirent d’accord pour une courte pause puis repartirent, Estrid en tête, cette fois-ci. La nuit n’était pas encore là lorsqu’elle aperçut l’entrée de ce qu’elle espérait être une grotte creusée dans la roche de la montagne. Elle lui désigna et ils s’engagèrent vers cette direction en entraînant les chevaux à leur suite.


Caractère


« - Non Magnus, je refuse, on ne va pas rester là !

- Tu as une meilleure idée, peut-être ? On marche depuis des heures et c’est le premier abri qu’on trouve ! Je ne prendrai pas davantage de risques, Estrid. Si la tempête nous surprend à l’extérieur, nous somme morts.

- Et si elle nous surprend dedans, on va être enterrés vivants ! Comment on va survivre là-dedans pendant des jours entiers, gros malin ?!

- On mangera ton cheval.

- Redis ça et je te fais bouffer ma lance.

- Allez, viens ici, découvre toi, je vais essayer de boucher l’entrée.

- Non, j’ai dit NON, on sort d’ici et on repart à la recherche d’un autre abri, on va crever ici comme deux cons si on reste !

- Tu es encore capable de marcher ?

- Evidemment ! Tu me prends pour qui ? Une sale bourgeoise Vreën, peut-être ?! »


Plus têtue que nécessaire, elle voulut se remettre sur ses pieds mais retomba lourdement sur les fesses. Bien trop fière pour admettre son incapacité à marcher, elle prétexta avoir glissé sur le sol gelé. Nouvelle tentative, nouvel échec. Une moue boudeuse aux lèvres, elle tourna le dos à Magnus qui avait simplement sourit devant son entêtement. Evidemment, elle s’en était vexée et refusait à présent de parler. La longue marche et sa chute avait eu raison de son esprit borné et impulsif, qui n’entendait jamais la voix de la raison ni les conseils avisés. Quand Magnus eut terminé de s’affairer près de l’entrer, il vint la rejoindre et l’obligea à sortir de sa mortification.

« - Si tu parles de ma chute à qui que ce soit, Magnus, je te fais fouetter sur la place publique !

- Estrid, ça arrive à tout le monde de trébucher sur un caillou gros comme un chien...

- OH TA GUEULE, TOI !

- Ha ha, allez arrête un peu de jurer et de me menacer et viens là, tu vas mourir de froid.

- Je viens uniquement parce que j’ai besoin de ta chaleur d’homme primaire, sache-le. Et je te menace si je veux, je te signale.

- Oui, moi tu peux me menacer, mais il va falloir arrêter de foutre le bordel dans les tavernes à chaque fois que tu bois un peu...

- Je t’emmerde.

- Tant mieux, au moins j’aurai chaud.

- ...

- Pourquoi faut-il toujours que je te suive quand tu décides de commencer un nouveau voyage suicidaire sur un coup de tête ? Je t’avais dit que ce n’était plus la période des folles escapades ! Nous sommes en Ansbar, par Alstrom ! Tu es inconsciente, on va crever ici, Estrid.

- Mais non, on ne va pas mourir, Magnus, tu t’inquiètes beaucoup trop. Et tu me suis parce que tu n’as pas le choix, tu es le garde personnel de la Reine et tu sais que mon cul ne restera pas assis sur une chaise au château, même si c’est un trône. Cesse de te plaindre, Magnus, tu aimes le danger et les risques autant que moi...

- Possible... mais j’aime vérifier mes chances de survie, avant de partir, vois-tu ? Et nous aurions dû attendre que le temps se calme dans cette auberge de village ! Comme d’habitude, tu as été incapable d’attendre ne serait-ce qu’une journée et nous voici maintenant dans la merde ! Bravo, voilà que ta vulgarité me déteint dessus, maintenant... Bon, et maintenant essaie de te reposer au lieu de te payer ma tête, on dirait un vieux soudard quand tu ris comme ça ! Pense donc plutôt à une montagne de pièces d’or et plein de petits nains venant t’offrir les plus belles pierres du monde...

- Mmmmm... »


Elle se laissa finalement aller contre lui, au chaud et en sécurité, puis poussa un soupir de plaisir. Ses lèvres gercées s’étirèrent en un sourire de satisfaction, rien de tel qu’une belle pensée pour améliorer subitement ses humeurs. Magnus savait comment apaiser son esprit fatigué.



Histoire


«  - Estrid ? S’il-te-plaît... ?

- Oui, oui, OUI ! Je t’ai entendu, cesse de geindre, Magnus. Nous sommes terrés ici comme des ours depuis 5 jours par ta faute et c’est à moi de faire la compteuse de légende ?!

- Je te demande juste de me raconter comment tout a commencé, pas de me créer la légende de ta glorieuse personne !

- Oui et bien tu as tort, Magnus, tu DEVRAIS me demander ça ! Et puis ça va t’avancer à quoi de savoir tout ça ? Sérieusement Magnus, tu sais absolument tout de moi...

- De toi, oui... mais pas de lui...

- Raaaaah, tu m’agaces ! »


* Et par où suis-je supposée commencer ?! Comme ci tout cela pouvait avoir le moindre effet sur le merdier dans lequel on se trouve ! Mais puisque j’y suis horriblement contrainte et forcée, je vais le faire ! Avec un peu de chance, il aura la décence de fermer sa gueule, après ça. De toute manière, on est enfermés ici pour un bon moment... Salaud.

En réalité, je pense savoir où se trouve le début de tout ceci. Ce serait même une évidence puisqu'il s'agit de Kristian... et de lui seulement... ou presque.*


« - Ouvre bien tes oreilles Magnus, je ne vais pas me répéter !

Merveilleuse enfant au caractère doux et docile, j'ai évidemment accepté l'arrivé de ce morveux avec la plus grande des joies (ce devait être en... hum... 61, il me semble). Je n'étais que bienveillance et douceur à son égard et puis dire sans me fourvoyer (j'espère que tu apprécies au moins l'effort de langage, Magnus !) qu'il me témoignait un amour similaire. De splendides journées d'été se succédaient alors que l'affection grandissant entre nous ne manquait point de zébrer nos  peaux halées de ces élégantes petites marques communément appelées gnons. Cheveux, vêtements, ongles et lambeaux de peau volaient gaiement dans une atmosphère de fraternité poignante !

- Qu... Quoi ?

- Oh la ferme, Magnus, laisse moi parler.

Les débuts ont été difficiles, c'est certain, je n’ai jamais pu accepter la présence de cet intrus dans notre maison. Il était un étranger fils d'un inconnu et j'avais toujours été seule à profiter des attentions parentales. Père eut beau m'expliquer qu'il s'agissait là d'un cousin "légèrement" éloigné (vraiment, Ulrik a toujours eu le sens de la formule, appeler « cousin légèrement éloigné » un garçon qui devait avoir des aïeuls communs aux miens... des millénaires en arrière !) qui allait parfaire son éducation chez nous, il n'en demeurait pas moins une tâche sur le tableau doré de mon enfance. Evidemment, il fallait maintenant PARTAGER !

Magnus, si je t’entends encore ricaner, je te fous la tronche dans le feu.

- Oui, pardon... Continue.

- Il fallait donc partager. Et surtout voir Père s'occuper de lui de longues heures durant, lui apprenant à manier les armes, à lire les cartes qu'il m'était interdit de toucher, à envisager un avenir qui n'était pas à ma portée... Kristian devait devenir Roi-guerrier après son père, j'aurais été d'abord épouse puis Reine d’un Roi après le mien. J'imagine que l'esprit d'un enfant est ainsi fait qu'il ne comprend du monde  que ce qu'il peut en apercevoir, autrement dit presque rien. Kristian n'était pas un rival et ne l'a jamais été. Il avait son royaume, j'avais le mien, et sa présence chez nous tenait plus à des raisons de sécurité qu'à une réelle éducation. Conquérant, son géniteur était en guerre ouverte contre des ennemis plus forts et plus nombreux,  envoyer son fils sur un autre continent avait été nécessaire pour sa sauvegarde. Nous étions donc deux monarques-en-devenir que tout séparait, échangeant plus de coups que de politesses. Les années passant, il est devenu le frère que je n'avais pas, un modèle et plus encore, un objectif. Point de broderie ni d'étiquette pour moi, il n'en était pas question et personne ne put me forcer !

- Ah, ça... Etrangement j’ai peu de difficulté à te croire.

- MAGNUS, TA GUEULE !

Si Kristian apprenait les armes, la stratégie militaire et la navigation, moi aussi ! Si Kristian était un jeune homme fort et robuste, moi aussi (à quelques détails près...) ! Père nous a élevés ensemble, sans faire de distinction malgré les protestations de Mère, et pour cela, je lui en serai éternellement reconnaissante. Ces années ont été meilleures qu'elles ne présageaient à l'origine, d'autant plus précieuses qu'elles furent brutalement stoppées.

La guerre faisait encore rage en Ordanie (et oui Magnus, à ce stade-ci de ma vie j'étais capable de reconnaître chaque royaume sur une carte ! Tu vois comme j’étais précoce ?!), les conquêtes de territoires se superposant les unes aux autre bien que le Roi d'Heisenk semblât toujours ressortir perdant... Quelle folie traversa son esprit assoiffé de sang ? Était-ce le pressentiment de sa fin ou l’espoir d’une réussite qui n’arriva jamais ? Qu'importe finalement, le résultat reste le même... Ivar rappela son fils à lui en 70, alors que l’issu de la guerre était proche. Personne n'était préparé à cela, et certainement pas moi. Kristian partit contre son gré rejoindre ce pays qui lui était devenu étranger, le cœur lourd d'abandon, de confusion et de 19 années de vie insuffisantes pour déjouer le complot déjà en marche. Cet infâme traître de Thorleif les a tous condamnés à mort ! Je saignerai ce porc de mes propres mains ! Tournant le dos à son propre sang, il les a lamentablement vendus à l'ennemi, décapitant littéralement la tête de l'armée ! Et pire encore, bien pire, il a... Kristian a été retrouvé mort dans les appartements royaux quelques semaines après la reddition de ses nouvelles (ou anciennes, à voir comment le statut de mortes les situe) armées. Son cœur a subitement cessé de battre, voilà tout ce qu'il nous est parvenu dans la missive arrivée en même temps que le reste de notre flotte. Le jeune Roi n'était plus, la corruption avait étêté le royaume et chassé les renforts que Père s'était empressé d'envoyer à son protégé, la situation devenant insurmontable pour les seules défenses d'Heisenk.

Pourquoi m'obliger à faire ça, Magnus ? Tu sais que je souffre toujours de son absence et que... »


Elle prit sa tête entre ses mains, griffant de ses ongles son cuir chevelu. La rage monta en elle, propulsée par la douleur d'une double perte. La couverture sur ses épaules vola dans l’abri sommaire et atterrit sans bruit. La seconde suivante, elle était debout et hurlait en frappant les parois de pierre. Magnus se leva et lui plaqua les bras le long du corps en se refermant sur elle.

« - Espèce de sale dégénéré, je te jure de te faire castrer si on sort d’ici ! Personne ne pourra te protéger de moi, tes couilles m'appartiennent et je vais te les faire bouffer, fils de chienne !

- Estrid, laisse ma mère en dehors de ça. Finis plutôt ton histoire.

- AAAAAAH, JAMAIS ! PLUTÔT MOURIR !

- Comme tu voudras... »


* * *


* Bâtard ! Sale bâtard ! Je suis bloquée ici par la tempête et je ne peux même pas changer de pièce ! Obligée de terminer son histoire pour avoir de quoi bouffer ! Même les chiens ne sont pas traités comme ça ! Magnus, tu vas me le payer cher, espèce de sale fiente. Pourquoi a-t-il fallu qu’il porte les provisions ? POURQUOI ?! *

« - La suite de l'histoire n'a guère d'intérêt, ignoble geôlier, des pleurs, des cris, de la morve. Qu'importait nos actions, le mal été fait, Kristian était mort et le trône d'Heisenk accueillait maintenant le postérieur infesté de ce chien de Thorleif. Comment avait-il échu là était la question qui tournait dans nos esprits tourmentés sans parvenir à nous apaiser. Avait-il soudoyé le gouvernement du royaume, prit le pouvoir par la force, pactisé avec des dieux malfaisants ? Tout était possible mais invérifiable. Thorleif s'était emparé d'un bien que ne lui appartenait pas, vrai, il avait usé de moyens atroces, vrai, et le royaume de Kaerdum n'était pas étranger à cette fulgurante progression sociale. Je sais que les Jarls du pays l'ont choisi mais rien de tout cela se serait arrivé sans le soutien, et je dirais même plus, la pression d'Harden. Malheureusement, et  malgré nos soupçons, rien ne put être prouvé et Thorleif ne fit que renforcer son pouvoir sur le royaume d’Heisenk. J'étais encore jeune, à l'époque, et incapable d’agir. Face à ma détresse, Père s’évertua à m’expliquer de longs principes d’acceptation de destin mais rien n’y fit. J’étais enragée et je le suis toujours. J’aspirais à la vengeance, à la justice, il ne pensait qu’à la paix avec l’Ordanie, la fermeture de la cité et la présence de gardes supplémentaires ! J’avais 14 ans et la vie était austère, sinistre. Père dirigeait le royaume en s'acharnant à nous protéger de tout, même de la prospérité. Les échanges commerciaux ont été limités au maximum, de même que les entrées dans Drak. Nous étions en deuil, et reclus dans la peur. Plus il souhaitait m’enfermer et me préparer à mon nouveau rôle, plus je m’enfuyais, des heures, des jours, parfois. Il me semble que c’est à cette époque-là que nous nous sommes rencontrés, d’ailleurs. Bref, tout ceci commence fortement à me casser le cul, Magnus, je connais l’histoire de ma vie, merci, je n’ai aucun besoin de la vomir autour d’un feu ! Abruti. »

* * *


« - Sale enculeur de mouche, tu vas me le payer ! Je crève de faim, FILE-MOI A BOUFFER, BORDEL. Comment as-tu osé donner nos dernières rations aux chevaux ? TU VAS AVOIR LA MORT DE TA REINE SUR LA CONSCIENCE ESPECE D’EMPAFE !

- Estrid, il va en falloir un petit peu plus que ça pour t’achever, non ?

- Tu n’en sais rien ! Qui sait ?! Peut-être suis-je déjà en train de me consumer de l’intérieur ? De perdre toutes mes forces !

- Mmmm.... Ca a l’air, oui...

- Raclure !

- Si tu veux bien, en attendant, j’aimerais connaître la suite... S’il-te-plaît ?

- Je vais te frapper, je vais te FRAPPER ! »


* * *


« - Tu connais l’histoire après ça, il y a peu de choses que je ne te confiais pas ! J’ai passé mon temps à me battre et m’entraîner avec toi, à fuir le royaume et son austérité ; ensemble nous sommes allés voir le monde et nous avons cueilli de petites fleurs des montagnes toutes mignonnes dans le pays tout entier et avons volé des poils de barbe aux nains ! Quelques pierres, aussi... Mais bref, passons. Est ensuite arrivé le plus grave délire de Mère : me marier à quelque abruti dont le nom m’échappe totalement -grand merci- pour lui offrir mon trône et mon entrecuisse ! Elle aurait mérité le fouet pour avoir exprimé de telles paroles. Comme tu le sais pertinemment, mon entrecuisse (et mon trône) n’appartient qu’à moi. Fin de la discussion. Puis les années passèrent, bla bla bla, tu m’as abjectement repoussée après que je t’ai nommé garde personnel de la Princesse (oui, je tiens à ce que tu saches que je suis toujours vexée de ce rejet, ta préférence pour les garçons était et reste une excuse totalement inacceptable), bla bla bla, j...

- ESTRID ! Encore cette histoire ? Je sais que tu me veux depuis toujours mais tu le sais, je te suis inaccessible, ma chérie...

- OOOOH, TOI ! Ne viens pas me narguer avec tes airs de minet désolé ! Je sais que tu n’en penses pas un mot et tu es le vrai responsable de ce traumatisme aigu qui m’a conduite dans le lit de beaucoup d’autres pour me consoler ! Tu es un monstre !

- Ha ha ha, oui, je veux bien en prendre la responsabilité, j’aime te voir souffrir quand je me déshabille... Tu sais, quand je commence à enlever mes gants, comme ça, puis que je tire sur le haut de ma ves...

- MAGNUS, TU VAS TE RHABILLER SUR LE CHAMP ! SI TU CREVES DE FROID ICI, JE TE LAISSE, TU M’ENTENDS ?! JE NE TE TRAINERAIS PAS JUSQU’A DRAK !

- HA ! Comme si tu te souciais une seule seconde de ma survie ! Tu as juste peur de ne plus te contrôler et d’essayer encore de...

- FERME LA ! J’ai une histoire à raconter, je te rappelle !

Je disais donc : BLA BLA BLA, je me suis vengée sur ton petit préféré, bla bla bla, j’ai bien failli perdre un bras quand tu l’as découvert (espèce de brute), bla bla bla... Tu vois ? Rien que tu ne saches déjà.

- Oui, merci, je m’en souviens de cette histoire-là !

- Nous venions de passer plusieurs semaines en Seregon lorsque Père m’a annoncé que l’Alsvard entrait en guerre contre Lorh pour aider les petits nains de la montagne. Même si les raisons personnels du Roi m’échappaient (il faut avouer que je n’ai pas non plus cherché à les comprendre...), cette occasion de briser du Vreën était absolument irrrrréééésistible. Comme ce fût merveilleux, Magnus, tout ce sang, ces membres volants, et puis te voir te donner tant de mal à égorger les petits bruns qui couraient dans tous les sens... J’en ai la larme à l’œil, tu sais...

- Tu vois, tu ne sais plus te contenir dès que je suis dans les parages...

- Magnus, tu es toujours dans les parages, même quand je ne veux pas de toi, tu me colles au cul comme une merde mal essuyée.

- Mmmm...

- Bref. Le fait est qu’aujourd’hui, je suis bien heureuse que les nains soient de notre côté. Je suis même très fière que notre maîtrise de la navigation permette aux royaumes de tout Rëa de profiter de l’artisanat nain ! Surtout quand on sait la part retenue pour service rendu...

- Tout à fait d’accord.

- Les choses semblaient être en ordre, chacun vivait son rôle comme il l’entendait (si on peut voir les choses ainsi, j’ai comme un doute sur le fait qu’Orlun partage mon avis...) puis ce fût de nouveau la guerre. Mais une guerre bien différente, cette fois-ci... Les prémices de cette bataille sanglante en Heisenk sont apparus tout juste deux ans après l’épisode de Lorh. Tout a commencé lorsque les rumeurs sont arrivées jusqu’à nous. Bien que la mort de Kristian ait été trop suspecte et favorable à Thorleif pour qu’on puisse douter de sa culpabilité, celle de son père n’avait jusqu’alors pas déclenché de scandale. Il était mort en temps de guerre, un coup soigneusement préparé par ses ennemis et le pays s’en était accommodé, peut-être las de ses humeurs belliqueuses. Les aveux d’un Jarl corrompu, puis d’autres, des années plus tard, ont cependant suffi à réveiller les braises de la suspicion, étouffées depuis trop longtemps. La rumeur s’est répandue dans le royaume comme la peste, attisant la colère des Jarl trahis. Tu étais présent lorsque la nouvelle nous est parvenue... Le pays se soulevait contre son usurpateur de Roi et il était de notre devoir de les soutenir ; Kristian avait beau être parti depuis plus de 10 ans, sa mort restait impunie. Cela faisait des années que nous cherchions un moyen de rétablir la lignée d’Ivar sur le trône d’Heisenk, cet évènement a été l’occasion parfaite... On a tout fait, lutté jusqu’à nos dernières forces, combien de fois avons-nous failli mourir en Ordanie, Magnus ? Des dizaines, des centaines de fois... Et en vain.

Je t’assure, lorsque Père s’est éteint l’année passée, j’ai cru mourir avec lui. Nous étions liés par la mort de Kristian et un avenir commun. Nous avons mené cette guerre pendant près de 3 ans, nous avons survécu et pour quoi ? Pour qu’il nous quitte subitement à notre retour ! Lorsque j’étais enfant, il était tout pour moi. Il occupait l’intégralité de mon temps et de mes pensées...Et maintenant, il est mort... Une subite maladie, voilà ce avec quoi ces enfoirés ont tenté de nous berner. Mais non, ô non ! je suis tout sauf dupe ! Je sais qu’il s’agit de Thorleif, de cette sale merde issue de la fange la plus ignoble de ce monde, je sais qu’il a fait tuer Père pour nous « apprendre » la leçon. Et bien, elle aura largement été apprise, cette leçon ! Je le vengerai, Magnus, je les vengerai tous les deux et je n’aurai de cesse que lorsque ses entrailles fumantes recouvriront mes bras ! S’il faut que je saigne le pays et que le dernier des Alsdern y passe, je le ferai ! Qu’ils nous tuent, qu’ils nous tuent tous ces charognes bouffeuses de merde ! Peu m’importe ! Thorleif mourra avant moi !

- Estrid ! Comment peux-tu dire ça ! Le pays sort de 3 ans de guerre, les pertes sont énormes, tant du côté des hommes que de la flotte ou des provisions ! Je ne sais même pas comme le royaume va passer l’hiver ! Il faut que tu arrêtes avec cette vengeance, Estrid, ton père a essayé et il a perdu, voilà la vérité. L’Ordanie est trop forte, Kaerdum est trop fort, notre armée au complet ne pourra jamais les vaincre ! Tu vas tous nous faire massacrer ! Estime toi déjà heureuse qu’Harden n’engage pas de représailles et nous laisse vivre !

- Jamais, tu m'entends ? JAMAIS ! Je n'aurais de cesse que quand il sera MORT ! Cet immondice m'a tout pris, tout ! »


Magnus se releva violemment et lui fit face. Ils se tenaient à présent debout, bouillonnant de colère.

« - Non Estrid, il ne t'a pas TOUT pris ! Tu as toujours ta mère et un royaume entier qui comptent sur toi, qui dépendent de toi pour survivre et traverser les années à venir sans se faire massacrer par les Royaumes Unis d'Ordanie ! As-tu seulement conscience du danger dans lequel nous sommes ? Sans défenses, sans soldats, sans provisions, nous allons tous périr ! La seule chose qui puisse encore nous sauver est un hiver clément ! Comment vis-tu la chose ? Tu parviens encore à dormir alors que ton royaume risque l'extermination à cause de cette stupide vendetta ?!

- COMMENT OSES-TU ME PARLER DE LA SORTE ?! JE T'INTERDIS DE PORTER LE MOINDRE JUGEMENT SUR MES ACTIONS ! Je suis ta Reine avant d'être ton amie, ne fais pas l'erreur de croire tes droits puis étendus qu'ils ne le sont ! Tu déshonores le nom de mon père et tout ce en quoi il croyait ! Thorleif a tué les deux hommes qui m'étaient les plus chers et je le lui ferai payer d'une manière ou d'une autre, même s'il faut que j'y laisse ma peau ! »


Son visage était écarlate et ses yeux exorbités brillaient d'une lueur malsaine. Sans véritablement le vouloir, elle avait sorti de ton fourreau la dague qui cinglait toujours son côté droit et la pointait maintenant en direction de Magnus.

« - Estrid, je... Pardonne-moi. Je n'ai jamais eu l'intention de bafouer l'honneur de ton père ni de minimiser l'importance des crimes de Thorleif. Je suis terriblement inquiet pour toi et l'avenir du royaume. Si nous survivons à cet hiver, je te promets de t'aider à faire tomber Thorleif, coûte que coûte. Nous irons d'un bout à l'autre de Rëa, conclurons des alliances avec d'autres royaumes et irons demander justice à Harden si cela te chante mais par pitié, écoute le conseil et protège ton peuple en premier lieu. »

Elle ne l'écoutait visiblement plus depuis quelques seconde. Perdue sans ses pensées, la Reine d'Alsvard marmonnait pour elle-même en s'éloignant de Magnus, le laissant à son désespoir. Il s'apprêtait à capituler, à simplement s’étaler sur le sol car tout était perdu. Si Estrid continuait à ignorer les dangers imminents, ils étaient tous perdus. Un nom le sorti cependant de sa torpeur et il se précipita vers la Reine qui faisait les cent pas.

« - Que viens-tu de dire ??

- Adhémar, Adhémar, évidemment ! C'est lui la clé ! Par Alstrom, tu es un génie ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?

- Que-qu... Quoi ? Estrid ? ESTRID ? OU VAS-TU ?! »


La jeune femme s'était déjà éloignée de lui, se précipitant vers la sortie de l’abri. Le plus inquiétant n'était certainement pas sa cavalcade dans le blizzard qui faisait rage à l’extérieur, mais bien cet air déterminé qu'il avait vu sur son visage avant qu'elle ne se détourne. Qu'avait-elle encore en tête ?

« - EEEEESTRIIIID...? Et merde ! »


Inventaire


Estrid porte essentiellement des vêtements de cuir, de coton et des fourrures, les saisons déterminant la quantité de couches ; cela varie du presque-nu au yéti. Quand la guerre l’impose, elle revêt des armures légères qu’elle fait systématiquement forger par les nains.
Elle aura toujours des petites lames dissimulées dans les plis de ses vêtements et une dague à la hanche droite.
Elle possède une arme spéciale dont elle ne se sépare que très rarement : une lance tout en métal que son père lui a offerte pour ses 30 ans. Merveille de l’artisanat nain, elle est extrêmement légère et ne s’émousse pas. Gungnir est son nom.
Il est également habituel de la voir avec un collier au cou. Il s’agit d’une fine chaîne dorée au bout de laquelle pend une pierre ovale et transparente. L’origine de ce bijou n’est connue que d’elle-seule, la questionner dessus revient à se faire insulter.


Divers


Liens familiaux et relations


Magnus Ölander (ami d'enfance et Guerrier-Né attaché à sa protection, ils se séparent rarement)

Ulric Oldengard (son père - décédé) :
Olrun Oldengard (sa mère) :
Kristian Velmut (fils d'Ivar Velmut, il a passé plusieurs années dans la famille d'Estrid avant de revenir chez lui - décédé) :


Mdp PAS validé par Calim parce que c'était l'ancien, mais bon on a compris.


avatar
◈ Missives : 2134

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
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◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Jeu 25 Sep 2014 - 13:30

Alors je peux te dire qu'avec Aedran et Lyssaendrel on s'est beaucoup marrés !
(Pardon, on n'a pas pu t'envoyer des photos des makis hier... On était disons... Pas en état de faire autre chose que manger comme des goinfres...)

C'est une validation directe d'Aedran, Lyssaendrel et moi-même, et un grand plaisir pour moi encore de voir que tu t'es vraiment imprégnée des événements de l'Ordanie et de Satvar.

C'est donc une belle mise en post-it et félicitations, la Reine Estrid rejoint nos rangs. C'est super bien écrit et l'originalité du format physique et caractère c'est... grrrouuu !


(Petit bonus pour les images choisies pour illustrer ces proches et ton avatar... 8D )