Azzura


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Keryan Aroluss - Ombre du Lac Sombre

Keryan Aroluss
◈ Missives : 4

◈ Âge du Personnage : 300 ans
◈ Alignement : Neutre mauvais
◈ Race : Ordhaleron
◈ Ethnie : Sylphuriës
◈ Origine : Neya - Daghald
◈ Localisation sur Rëa : Neya
◈ Magie : Magie psychique : angle mort mental
◈ Fiche personnage : L'ombre du Lac Sombre
◈ Crédit Avatar : um..darkspawn i guess..and a video by Nebezial

Héros
Keryan Aroluss

◈ Jeu 3 Jan 2019 - 19:12

◈ Prénom :  Keryan
◈ Nom : Aroluss
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 300 ans
◈ Date de naissance : le premier Verne de Bremisc en l'an – 210 de l'ère de Paix.
◈ Race : Ordhaleron
◈ Ethnie : Sylphuriës
◈ Origine : Neya - Daghald
◈ Alignement : Neutre mauvais
◈ Métier :Ombre du Lac Sombre
◈ Crédit Avatar : um..darkspawn i guess..and a video by Nebezial


Magie

Magie psychique : angle mort mental

Keryan peut devenir d'une certaine façon, invisible dans l'esprit de tous. Son pouvoir lui permet de passer inaperçu, même dans une salle vide. Tout regard extérieur le survole quelques secondes voire minutes, puis l'oublierait. L'attention des quidams reviendrait sur lui s'il pratiquait des activités louches au demeurant ou s'il se mettait à parler. C'est un atout comme un défaut, même ses interlocuteurs peuvent être touchés par ce magisme incontrôlé, le fascinant ou non, selon le sujet "d'étude" et de conversation.      


Forces & faiblesses




◈ Forces





⌘ Son immunité aux poisons et la maladie : des aptitudes qu'il n'a pas eu à la naissance. Elle lui fut transmise par le biais de l'etiå. Même s'il est parfaitement au courant de cette singularité, il ne la crie pas sur tous les toits.

⌘ La perception qu'on a de lui : par sa façon de s'amuser, par la doucereuse folie qui est sienne, les non initiés à la vérité ne savent pas comment le juger. Ils le prennent pour un extravagant, un insensé, sans deviner la réelle psychologie d'Aroluss. Un avantage dont il sait très bien tirer à profit.

⌘ Sa Maîtrise de soi : autant Keryan peu s'ébaudir d'un rien, autant il sait dominer ses plus bas instincts, même les plus inavouables. En outre, la colère, la faim, la lassitude, l'incandescence du désir, ne parviendront pas à lui faire perdre son stoïcisme. Cette aptitude à garder en contrôle son moi profond, couplé à sa patience, à son esprit analytique, le rend dangereux.

⌘ Sa patience : S'il souhaite quelque chose ardemment, l'ordhaleron est en mesure d'attendre tranquillement que les conjonctures se réunissent. S'il est face à un interlocuteur excessif, dans sa gestuelle, son langage ou émotion, il agira avec un calme presque flegmatique.

⌘ Son esprit : si de nombreux trublions souffrent d'une déficience mentale, ce n'est pas le cas d'Aroluss. Son esperite semble aussi tranchant qu'une lame aiguisée et il se plait à l'affûter encore plus, pour cause, il ne veut en rien ressembler à ce qui le fatigue le plus : les nicodèmes, les sots sans une once d'intelligence. Il n’est donc pas surprenant qu’il connaisse plusieurs dialectes, grâce aux nombreux documents qu’il put rassembler au cours de sa longue existence, de façon infâme ou non. Il n'est pas non plus étonnant qu'il ait des notions sur le corps humain, le mal qui les ronge et qu'il peut, ou calmer les maux des êtres ou au contraire, provoquer des souffrances pire que la mort.  

⌘ Son manque de moralité : quelle douceur que de ne pas souffrir d'une moralité exacerbée, quel délice de pouvoir agir en traître. L'inverse aurait été si...triste, si inimaginable. L'honorabilité, quel infect mots. Jamais l'idée d'agir comme tel l'effleurerait, ne serait-ce qu'un instant. Tous les moyens sont bons pour parvenir à ses noirs desseins, mêmes les actes inavouables. Empoisonnements, assassinats, mensonges sont des artifices délectables, agréables à employer.


◈ Faiblesses





⌘ Son épiderme : la chair de cet être est d'une tendresse exquise, aussi fragile que celle d'un enfançon, à contrario de ce que les quidams penseraient. La pulpe des carpes sur le bord d'une table suffit à déchirer son être et à faire s'épancher sur la surface, une substance bistre et sirupeuse. Cette singularité lui vient de son lien fongique avec son symbiote.

⌘ Sa position : en tant qu'ombre du Lac Sombre, Aroluss doit faire preuve de malignité ou il risque de chuter ou au pire, recevoir une dague entre les côtes. Et que nenni, qu'il ne le souhaite pas. Sa place, ô combien délicieuse, lui est tant précieuse... Pour éviter de perdre son poste ou sa tête, Keryan doit sans cesse assurer ses arrières, choisir les bons éléments, se débarrasser des trublions, éviter que la plèbe ne sache qui il est.

⌘ Son assurance : autant elle est pour lui, un atout de taille dans ses quêtes et desseins futurs, autant elle se révèle son talon d’Achille. Jamais le fait de se remettre en question ne lui viendrait à l’esprit. Non, qu’il se croit parfait et immuable. Il est juste, très sûr de lui et très confiant.  

⌘ Son odorat développé : d'une certaine façon, c'est plus pour lui un inconvénient qu'un avantage, surtout quand il doit être en compagnie de trublions à l'odeur faisandée, par dizaines, dans un espace clos, sans aération. Pour éviter d'en avoir des vertiges, il boit pour oublier l'effluve méphitique de la plèbe.

⌘ Son pouvoir : pour le quidam, ce serait un avantage, mais en état, ça reste dérangeant surtout lors des réunions du conseil du lac sombre. S'il ne prend pas la parole, les membres de cette confrérie pourrait avoir tendance à l'oublier, non que ça le dérange en soi.  



Physique

Sous l’action de sa main, la porte s'ouvre et les relents fétides des trublions le frappent de plein fouet, tel un coup de poing puissant dans l'estomac. Ses paupières papillonnent. Sa bouche, moqueuse, se crispe. Ses carpes se contractent sur la poignée. Même avec une certaine préparation mentale, la touffeur des lieux, mêlée à l’odeur des chairs encrassées, lui donne l’envie de faire demi-tour. Mais, le Chef suprême du Lac Sombre ne peut reculer alors qu’il est maintenant là. Le cœur au bord des lèvres, il pénètre l'antichambre de la puanteur.

Les regards se portent sur le nouveau venu, à la démarche dégingandée avant de l'oublier très vite, pour son plus plat amusement. Celui-ci donc peut chercher l'un de ses lieutenants dans la masse grouillante, sans attirer l'attention. Il le retrouve, un peu à l'écart de l'affluence. Les coins de ses lippes enténébrées se soulèvent, formant un sourire de connivence. Il vient à sa rencontre et s'installe sur une des chaises vides.

— Offre au désordre un sacrifice...

L'officier lève sa face encornée de sa choppe et regarde Aroluss, de ses deux paires d'yeux. Sa queue claque contre le sol.

— Il saura te gratifier...

Gronde-t-il de façon presque machinale.

— Et te permettre d'atteindre tes plus noirs objectifs.

Termine Keryan, ses petites dents de charognard découvertes et ses iris luisant de malveillance. Ses carpes disproportionnées s'accolent. Il se penche vers son vis-à-vis, jusqu'à être à quelques centimètres de sa face. Dans son mouvement, sa grande carcasse craque.

— As-tu des pistes pour ma marchandise ?

— Quelques unes, oui.

— Bien... Bien...


L'un et l'autre savent de quoi ils parlent... Du petit penchant de l'Ombre qu'il souhaite aujourd'hui assouvir, lorsque la nuit gouvernera les cieux. Extatique, le Sylphuriës se balance de droite à gauche. Opiter ne dit rien. Il s'est habitué à la folie douceâtre de son supérieur. Keryan cesse ses oscillations et se lève.

— Nous nous verrons ce soir, à l'endroit habituel...

Sur ces derniers mots chantants, il quitte la taverne et son odeur incommodante. Il rejoint ses inféodés, à l'extérieur, montés à dos de bête. Il grimpe en selle, à son tour.

— Allons-y.

Les chevaux, lancés au galop, provoquent des esquilles de glace sur leur passage. Après quelques haltes, pour préserver les montures, ils parviennent à l'orée des bois, près du lac. Habitués aux desiderata de leur supérieur, les vassaux se séparent. Il ne reste plus que Keryan. Seul, l'Ombre descend de sa monture. Il attache le harnais à un piquet. Puis, son regard carminé se pose l'onde tranquille. Il se renifle les aisselles et renâcle. Quelle infection ! L'odeur de suée accouplée à la pestilence de la taverne va le faire défaillir. Il a bien besoin d'un bain !

Ses mains, aux doigts disproportionnés, détachent de sa chair, son pagne de cuir. Son seul vêtement choit sur le sol de neige. A l'anticipation d'une baignade, sa virilité réagit, l'ébaudissant. Totalement nu, Aroluss approche de l'eau glacée, sa vigueur de mâle toute éveillée. Son corps, jusqu'à son buste, s'unit à l'onde pour sa propre satisfaction. Sans un mot, sans un soupir, il s'enfonce jusqu'en haut de son crâne, dans la froideur du lac.

Après un long instant d'immersion, le Sylphuriës s'extrait du liquide. Les gouttes roulent sur sa carnation bistre. Ses carpes pressent le sommet de sa tête, gonflée par l'eau. Sous l'action de ses doigts, le champignon qui le parasite se dégorge. Ayant fini avec ça, sa grande carcasse se dirige vers sa monture. Ses orteils, à l'image de ses doigts démesurés, s'enfoncent dans la neige.  

Le Chef du Lac sombre part à la recherche d'une étoffe pour se sécher. L'ayant en main, il essuie tout d'abord son visage, en prenant garde à ne pas trop appuyer contre le creux où devrait se trouver son nez. Ensuite, il passe à son corps, à la fine musculature nerveuse. Il termine par ses pieds aux chevilles ombreuses.

Sec et propre, il couvre son être d'un nouveau pagne et s'installe près du velarium. Il ne lui reste plus que l'attente.  


Spoiler:
• Cheveux : Aucun
• Yeux : Carmin
• Taille : 6 pieds 5 pouces (2 m 10)



Caractère


Seul, loin de la taverne, des trublions et leur effluence méphitique, Aroluss inspire la fraîcheur du soir, l'effluve de pin et de cyprès. Assis sur un tronc gisant sur le sol, près du velarium dressé pour l'occasion, il inspecte les environs, une bouteille placée vers sa grande carcasse. Alors qu'il porte le goulot de l'hydromel à sa bouche, trois silhouettes s'approchent du point de rendez-vous, sous l’œil implacable de l'astre sélénite.

Ses abîmes carminés observent le trio de monstres pendant que ses carpes posent la bouteille, à terre. Entre curiosité et avidité, Keryan tangue, de sénestre à dextre. Sourire de carnassier, l'Ombre rompt le silence virginal des lieux, d'une voix presque chantante.

— Opiter, tu m'as ramené ce que je souhaite ?

Son lieutenant, un colosse à la chair tout en chitine, acquiesce, avant de débarrasser le couple de leur pèlerine. L'index forme un rond dans le vide, indication succincte de faire étalage de leur nudité. La squérosia et le driumeria obtempèrent et tourbillonnent devant les deux supérieurs. Lorsqu'ils cessent de tourner sur eux-mêmes, le chef suprême du Lac Sombre tape dans ses paumes.

— Bravo, ils sont parfaits.

— A force de vous apporter la marchandise, je connais vos goûts.


Le lieutenant pose son intérêt sur sa cargaison vivante. Il les observe de manière presque chirurgicale.

— Allez-vous laver. Vous empestez.

— Je n'aurais pas dit mieux.


Rétorque Aroluss, amusé par l'instant, ses mains, aux doigts démesurément longs, accolées. Pendant que le tandem procède aux ablutions de leur être, Keryan oscille de droite à gauche.

— Que pense Dorilys de cette rencontre ?

Plein d'entrain pour le spectacle qui l'attend, il continue de gigoter d'un côté, à un autre.

— Elle connaît mes penchants particuliers et les tolère, dans une moindre mesure.  

La conversation s'interrompt. Le couple d'exhibitionnistes revient, trempé mais propre.

— Entrez, entrez ...

Le Sylphuriës montre l'intérieur du Velarium. Puis, le rubis de ses yeux se déporte sur Opiter.

— Garde la tente

Et il entre dans le couvert de sa demeure provisoire. Il s'installe à califourchon sur un coussin vermeil.

— Montrez-moi votre danse de la chair.  

A peine le commandement soufflé, le tandem se met à l'aise. A la touffeur de la tente, se mélange odeur libidinale et gémissements. Keryan apprécie ce spectacle de dépravation et son voyeurisme rend la danse du couple, plus frénétique encore.

— Rejoignez... nous.

S'ébaudissant de la réplique, son rire, aux intonations grinçante résonne.

— Qu'est-ce donc ?

Du bout de son ongle affilé, il caresse cliniquement les lippes ombreuses de la squérosia. Puis, son index, vient se perdre en son giron. Alors que son regard s'égare sur le balancement des monts du désir, il les écorche d'un coup sec. Un fluide flavescent s'échappe de la plaie, coule sur le buste par finir de mourir sur le tapis.

— Tu veux porter mon engeance ?  

S'amuse-t-il à énoncer en flattant la tête de l'ordhaleronne comme s'il s'agissait d'une brave bête. Fut un instant, ses yeux se rétrécirent, son sourire s'effaça, ses doigts prirent en coupe son menton et il se mit à mimer la réflexion. Après d'interminables secondes de passivité, l'ombre, enfin, se meut. Languide, Aroluss étend son bras. Il prend en étau, une mèche de cheveux et la tire, pour approcher le visage du sien.

— Hélas... Par contre...

Les billes pourpres, enchâssées dans sa face, brillent d'une lueur toute licencieuse.

— Je n'aurais rien contre de doucereuses attentions. Montre-moi à quel point, tu peux être attentionnée.

Sans un souffle, sans un murmure, la tête de Caesula se perd sous la seule étoffe couvrant la carcasse d'un des généraux du Lac Sombre. Elle obéit pendant que son corps agonise sous le plaisir. Elle cesse à l'arrivée du lieutenant.

— Oui ?

— Un message

— Donne-le moi.


Opiter tend un parchemin taché de pourpre. Aroluss le descelle. Son regard de rapace se pose sur les inscriptions, aux lettres tremblantes.

— La royauté doit trembler de haine et d'impuissance. Aujourd'hui, ils apprennent qu'ils ne sont pas intouchables. Le désordre est partout. Même dans leur rang et leur cœur palpitant.

Les yeux luisants de malice, Keryan se délecte du coup de grâce perpétué sur les Dévéras. Il faut offrir à la destruction l'enfant à la fleur de lys.

— Que fait-on d'eux ?

Du doigt, le colosse à la carnation bistre montre le couple, qui en sait maintenant trop. Keryan réfléchit. Son index seul, pointe vers le haut.

— Je sais... Brûle-les.



Inventaire

Des vélins vierges et du matériel d'écriture reposent sur une table longue, revêtit d'un tissu flamboyant.

A l'abri des regards, l'Ombre possède d'innombrables poisons et antidotes qu'il a confectionnés lui-même ou qu'il a simplement subtilisés, au cours de sa longue vie.

Afin de réaliser ses obscurs desseins, des espions, des assassins et des lieutenants, dispersés partout sur Rëa, se tiennent prêts à lui obéir, scrupuleusement.

Car il est en quête perpétuelle de savoir, Keryan a réussi à rassembler de nombreux parchemins et livres, classifiés par genre et dialectes : de l'art de la guerre, du beau discours, aux poésies et légendes.  

Lorsqu'il sait qu'il doit voyager, il dispose d'une panoplie de senbons, une fiole de curare, du mercure indécelable, de quoi se nourrir et se vêtir, une bourse pleine, et un cheval.



Les Sylphurïes




Introduction



Personne ne connaît l'origine des Sylphurïes, ni quand ils apparurent dans le monde. Pour leur accointance avec les forêts et l’aspect qui est leur, dans leur extrême vieillesse, beaucoup supposèrent qu'ils étaient de lointains cousins des Tréants. Mais lorsque ces êtres disparurent en même temps que la magie, la race des Sylphurïes existait toujours. Lorsqu’on les interroge sur la question, ils se contentent de sourire ou de hausser un sourcil, comme si l'histoire des leurs devait rester secrète.  

Particularité Physique



Leur cime de crâne est tout bonnement incroyable. De type végétal, il prend la forme de ramures entremêlées les unes aux autres ou une forme particulièrement dure comme la roche, avec des excroissances qui se mollissent à l'eau. Dans les trois cent cinquante ans, leurs bras et jambes se transforment en branchages et il n'est presque plus possible de se mouvoir. Ces singularités physiques sont rendus possible par leur lien fongique avec l'etiå, qui transforme leur corps tout au long de leur existence.

Alimentation



Il serait se méprendre de penser que cette race fabuleuse se nourrit de ce qu'offre la nature. Leur régime est particulier. Pour la pérennité de leur lien fongique, ils dévorent des charognes. C'est dans la chair morte qu'ils trouvent ce dont ils ont besoin pour survivre, d'une part, de l'autre, pour satisfaire les besoins de leur parasite. Ce mode d'alimentation est aussi régit par leur désir de préserver l'environnement en le nettoyant des dépouilles plus ou moins important.  

Rite



Aussi loin que remonte le monde, cette race a toujours perpétué un rite que le commun des mortels appellerait inhumain : l'etiåelle. Cela consiste à apposer sur le crâne, tout juste ouvert d'un enfançon de trois ans, un parasite végétal, de la taille d'une main d'adulte : l'etiå. Celui-ci, animé d'une vie propre, s'accrochera immédiatement à la chair et deviendra un tout avec l'enfant. Si d'un côté il y gagne une immunité contre les maladies et les poisons, il verra son corps se métamorphoser jusqu'à la fin de son existence. Sa chair, devenue molle par le symbiote, retournera à la nature dans l'extrême vieillesse.

Mariage et Fécondité



Les mariages ne se font principalement qu'entre membre de la même race et ce pour une raison particulière, la viabilité des nourrissons. Des bébés nés entre une sylphurïes et une autre race mourront dans les premiers mois, seront mal formés ou stériles. La dernière raison est l'etiå. Un ou une Sylphurïes n'est reconnu comme tel que s'il ou si elle a passé le rite de l'etiåelle. Dans le cas contraire, l'enfançon et ses géniteurs, se verront chassés et ostracisés par la famille directe et la ville entière.  




Histoire




Chapitre I : L'oiseau quitte son nid



Le deuil marque les cœurs. Aux aurores du seizième jour d'Elye, Adula voit encore le fantôme de Xylanne, se mouvoir dans la maisonnée. Pourtant, elle est morte depuis un mois. Le visage mélancolique, elle ne fait presque plus attention à Keryan, alors qu'il est encore là, bien en vie. C'est à peine si elle le dévisage ou lui parle. A l'inverse, Salone a de grands projets pour son rejeton. Voyant en lui, l'héritier de son savoir et celle de son épousée, il a déjà organisé son voyage pour la capitale. Un périple qui mettra en honneur ses facultés dans ce domaine.

Depuis un an, il réalise lui-même les décoctions, infusions et autres cataplasmes, de leurs clients, en se fiant aux maux qui sont leurs. Ce talent, presque inné, l'avait consterné, puis, il s'était habitué à ce que son rejeton prenne sa relève, plus tôt que prévu.

Il s'apprête donc à lui parler de son voyage, de vive voix, sachant déjà quel effet la nouvelle provoquerait. Il le retrouve seul, dans sa chambre, assis sur la paillasse, les traits tirés par la tristesse. Le comportement de sa mère le perd. Il ne comprend rien à ce brusque changement. Jadis, il était son trésor et depuis que sa puînée n'est plus, il existe à peine à ses yeux.

Il s'interroge. Il se demande si c'est parce qu'il a fait quelque chose de mal. Ou s'il n'est pas comme les autres enfants. Il a remarqué sa différence depuis quelques mois, sans en dire un mot à ses parents. Il ne voulait pas les déranger alors qu'il offrait du temps à Xylanne. Il ne voulait pas être leur centre d'attention unique, s'il épanchait sa souffrance, cette différence marquée avec ses pairs de son âge. Perdu dans les abîmes de ses pensées, il n'a pas entendu son père entrer dans la pièce. C'est lorsqu'il se trouve dans son dos qu'il assimile sa présence.

— Qu'y a t-il, père ?

Salone pose sa main sur l'épaule de Keryan. Un sourire tendre relève les coins de sa bouche.

— Aujourd'hui, tu partiras avec le convoi de marchand. Ils sont prévenus de ta présence.

Le jeune Keryan se questionne.

— Pour aller où ?

— Xyria


A la mention de la capitale du royaume, son cœur palpite. Une joie, profonde le traverse. C'est un visage enthousiaste qu'il montre à son père. Les yeux pétillants comme mille étoiles, un sourire presque béat, Keryan ne peut empêcher son esprit de tisser les contours de Xyria.

— Prépare-toi. Les mercantiles sont déjà en train de plier bagage.  

Salone enlève ses carpes de l'épaule de son fils et l'observe, maintenant debout. Devant une allégresse, si sincère, il serait indécent de penser à la douleur que provoquera son absence. Car il sait qu'il ne le verra pas avant longtemps, il lui offre une étreinte toute paternelle. Puis, le relâche, quasiment aussitôt.

— Lorsque tu seras à Xyria, rends toi chez Caeholmar, le maître apothicaire. Il est au courant de ta venue.

Un silence, presque virginal s'installe.

— Va mon fils. Prouve au monde ta valeur.

Keryan, libéré des bras de son père se détourne et part de la maison, qui l'a vu naître. Impatient, il gambade jusqu'au char branlant qui n'attend plus que lui, les mains vides et la tête pleine de rêves.

Il faut encore quelques heures pour que le chargement soit complet, vérifié. Avant que le soleil ne soit à son zénith, la caravane de marchand, à quitté Daghald.


Chapitre II : Le maître apothicaire



Le crépuscule tombe. Un convoi de marchand s'arrête aux abords de la cité impériale, à son bord, Keryan, encore époustouflé par le clinquant de la capitale. Même dans ses rêves les plus fous, Xyria n'avait autant de panache. Débordant de joie, il éprouve une certaine hâte de rencontrer son mentor. Sa liesse, communicative, touche le mercantile à sa droite. Sourire sur sa face hideuse, l'ordhaleron observe le Sylphurïes de ses abîmes obscurs.

— Où dois-je te déposer, petit ?

— Chez Caeholmar, le maître apothicaire


A l'évocation du nom, le marchand éclate d'un rire gras.

— J'ai ouï dire qu'il aimait bien les petits enfants.

Face au visage sidéré et indigné de Keryan, il remercie sa boutade. Il tape bien fort dans le dos du préadolescent.

— Ne prends pas pour argent comptant tout ce qu'on te dit, petit. Caeholmar ne ferait pas de mal à une mouche. Il se nourrirait que de verdure, s'il le pouvait et il exècre la violence. Même si la légion rouge le considère comme une lavette, car il n'est pas fait pour guerroyer, ils reconnaissent aussi ses compétences en la matière.  

Il se tait et lance à Keryan, un regard presque paternel.

— Je ne sais pas ce que tu vaux aujourd'hui. Mais je peux très bien imaginer ce que tu vaudras demain, sous son mainbour. J'ai hâte de voir tes progrès, petit.

Furent les derniers mots de l'ordhaleron avant de faire avancer les chevaux. Dans un silence presque absolu, il conduit le char jusqu'à l'apothicairerie. Arrivé à destination, le sylphuries descend du véhicule sans aide. Il tourne son visage sur son acolyte de voyage.

— Merci.

Le convoi de marchand se retire, laissant Keryan seul ou presque. Le susnommé Caeholmar se tient à quelques pas du Sylphuries, dans l'embrasure de la porte. Il renâcle. L'enfant, âgé de onze ans se retourne. Les lèvres closes, le maître apothicaire fait le tour de son disciple en devenir. Il finit par empoigner le poignet et tâter la chair tendre.

— Es-tu aussi doué que tu es chétif ?

— Oui.

— Nous verrons cela...


Ses doigts relâchent leur prisonnier, d'un geste sec et froid. Sans rien dire de plus, il pénètre le seuil de son domaine.

— Suis-moi.

Dit-il d'un timbre sans chaleur. Pour l'instant, c'est ainsi qu'il agira tant que le "petit" ne lui a pas prouvé sa valeur.

— As-tu mangé ?

Le grondement du ventre répond à la question. Abaissant son visage, un peu gêné, Keryan répond.

— Pas encore.

— Bien... Dès que tu seras rassasié, tu me montreras ce que tu sais faire. Et demain, tu iras à l'école. Je doute que ton père t'as scolarisé.


A la mention d'apprendre par biais de l'école, ses yeux pétillent.

— Ne sois pas si enthousiaste. Mignard comme tu es, tu seras le souffre-douleur des plus forts. Tu vas en baver.

Non, il ne veut pas éteindre dans l'œuf, son désir de savoir. Il veut juste le prévenir de ce qu'il va subir et de la triste réalité de la vie. Les plus tendres se font dévorer.


Chapitre III : Forgeage d'un nouvel alliage



Après deux ans, deux ans à subir à la fois les rosseries de plus en plus poussées des grimauds et la fermeté de son mentor, la perception du monde de Keryan change drastiquement. C'est le forgeage d'un nouvel alliage qui se réalise, un alliage plus sec, plus froid, plus incisif. Sa tendre juvénilité s'est altérée. Sa tendresse s'est vue déchiquetée par la dureté actuelle de sa vie et par les tortures psychologiques qu'il endure à chaque moment de sa scolarité.

Le fait de penser à ces moments détestables, provoquent chez lui, une remise en question abrupte et constante. A-t-il vraiment sa place dans ce monde ? Est-il normal qu'il se fasse écraser par ses pairs ordhalerons car il est différent ? Non... Au souvenir de ce qu'ils ont fait... il hurlerait presque. Des larmes coulent de ses yeux. Dans sa bouche, il a encore le goût infâme des excréments qu'on lui a forcé à ingérer. Aux confins de sa tête, il encore le souvenir vivace du jour où il dû rentrer nu, chez le maître apothicaire, ses mains seules pour cacher ses attributs masculins. Dans son être, il se souvient encore du simulacre de sa pendaison et de cette corde qu'ils ont retiré lorsqu'il était tombé inconscient.

S'il ne souhaite pas encore le trépas de ses tortionnaires, il espère qu'ils souffriront à leur tour, comme lui, voire pire encore. A imaginer leurs afflictions futures, il part d'un rire, presque fou.

Si Salone et Adula voyaient leur fils, ils commenceraient à ne plus le reconnaître. Cette factualité, importe peu au Sylphurïes. Ils n'encaissent pas ce qu'il endure constamment. Pour survivre, il a dû changer, abandonner sa tendre mentalité pour quelque chose de plus solide. Quelque chose qui ne se fissure pas à la moindre bassesse de ceux se pensant plus forts et intelligents.

S'ils savaient à quel point ils étaient dérisoires, complètements grotesques. Afin de prouver sa réelle valeur et fermer leur caquet, il est là, éclairé par la lueur de multiples chandelles, à rédiger un traité de pharmacologie. Après des heures de rédaction, ses paupières se ferment. La fatigue le gagne.

L'épuisement commence à avoir raison de lui. Ses paupières finissent par se fermer. Son corps s'engourdit. Il s'endort sur son pupitre, renversant sur son précieux travail, de l'encre noire. C'est à ce moment là qu'entre dans la chambre de Keryan, Caeholmar. Il l'avise affalé sur son bureau taché de ténèbres liquides, la tête sur ses bras.

— Quel désastre...

Souffle-t-il tout bas avant porter l'endormi jusqu'à son lit. Débarrassé du corps léthargique, il hausse un sourcil devant le tas de parchemins. Il prend le premier entre ses doigts. Il suit du regard les lignes manuscrites.

— Il y a de l'idée mais... c'est bien trop dispersé... Il se perd sur la médication des plantes au profit de l'essentiel.

Il remet à leur place le vélin, puis, jette un œil sur l'adolescent. Pour la première fois depuis qu'il l'a sous sa protection, un sourire apparaît sur sa face disgracieuse.

— D'ici quelques années, tu me surpasseras...


Chapitre IV : Le Jugement




18 ans... Keryan ressent un besoin vivace de tuer. Forcé à se tenir à quatre pattes, maintenu par les mains libidineuses des affidés du leader, il est dans l'incapacité de tourner la tête et empêcher ce qu'il l'attend. A défaut de pouvoir se dérober, il garde sa bouche fermée. Sous le regard de tous, Coellond énervé de pouvoir le compisser, frappe fort de sa dextre, la joue du Sylphurïes. Un liquide bistre et sirupeux s'écoule de la lèvre fendue de l’harcelé.  

— Tu vas ouvrir ta bouche, Bagasse ?

Keryan refuse. Pour le forcer à obtempérer, tout d'abord on lui écrase ses doigts. Puis, voyant l'obstination de leur jouet, à désobéir, des carpes empoignent fort ses coilles.

— Argh

Cette simple sonorité soufflée permet à Coellond de franchir la porte des lèvres. Il s'enfonce jusqu'au fond de la gorge, provoquant un haut de cœur à Keryan. Nauséeux, enragé par cette énième humiliation, il ferme brusquement sa bouche. Ses dents pointues tranchent la chair molle. Coellond hurle à la mort alors que son sang se répand sur le sol, tache la gorge du Sylphurïes et son visage.  

Devant tous, il recrache le vit et part dans un grand rire dément. Effrayé par son expiation, par son air complètement aliéné, ses détracteurs fuient, la queue entre les jambes. Seul, ses mains aux doigts démesurés essuient sa face, souillée de pourpre. Il avale l'hémoglobine encore présent dans sa bouche. Il sait qu'il sera jugé pour son acte. Cependant, il ne regrette rien. Il s'est même plu à entendre l'écho de la douleur de son tortionnaire. C'est une petite vengeance après ce qu'il a subi toute ses années.

A genoux, il observe ce rouge liquide, symbole de vie, maculant sa peau. Lui qui était constamment malaisé se sent... vraiment bien, libéré même. Pour la première fois de sa vie, depuis ses onze ans, il ne remet pas en question sa place dans le monde. Il est là, bien vivant. Même si c'est temporaire, cette sensation reste... grisante.

Une heure passe. Le temps lui semble interminable. Il attend la finalité de sa vie. Une mort rapide, espère-t-il. Alors qu'il pense qu'il va échapper à la justice, trois colosses arborant les couleurs de la légion rouge, viennent le chercher. L'un d'entre eux empoigne sans problème le sylphurïes. Sans chercher à aller contre son destin, Keryan marche jusqu'à la charrette, la panse pleine de coupables enchaînés, la tête haute. Il ne regrette en rien son acte, dicté par des années de torture.

Alors qu'il vient à peine d'être poussé dans la cage, le cahot des chevaux annonce le début de la fin. Durant la traversée dans les artères de la capitale, les coupables parlent, se roulent en boule ou geignent, à l'inverse de Keryan. Assis sur ses fesses, il attend sagement, chantonnant presque. Même si son trépas est proche, le fait d'avoir pu obtenir vengeance le rend un peu guilleret.

Les montures s'arrêtent. Ils sont enfin arrivés à destination. Si le Sylphurïes ne ressent aucune peur, ce n'est pas le cas des autres condamnés. Beaucoup d'entre eux ont conscience qu'ils seront exécutés ou emmenés dans l'arène. Mûs par une terreur indescriptible, ils traînent les pieds jusqu'au tribunal.

A force, il ne reste, dans la cage que Keryan. Alors qu'il observe le soleil déclinant, son tour vient, fatalement. A l'intérieur du siège de la justice, le rubis de ses yeux s’égare sur les jurés et l'assistance. Alors que la touffeur du silence se fait oppressant, l'assesseur se lève.

— Keryan Aroluss, ici présent, a arraché le vit de Coellond. La parole est à la défense

Keryan observe la cour. Ces quatorze ordhalerons qui rendent les condamnations lui semblent impénétrables.

— Pourquoi avoir fait ça ?

Aroluss pose ses abimes carminés sur le magistrat qui vient de lui adresser la parole. Alors qu'il se prépare à parler de l'atrocité, son visage demeure insondable.

— Comment réagirez-vous, si on vous force, sous la contrainte, à avaler le vit d'un homme ?

— C'est faux ! Il était d'accord !


Hurle Coellond.

— Silence... Veuillez attendre votre tour.

Le Magistrat reporte son intérêt sur Keryan.

— Continuez, je vous prie.

— Alors que j'étais maintenu, Coellond ici présent a violenté ma bouche... J'ai agi uniquement pour me défendre de l'outrage subi.

— Bien...


Les jurés fixent Coellond.

— Est ce bien ainsi que la scène s'est déroulée ?

— C'est lui qui m'a proposé, en étant à quatre pattes devant moi, comme une Bagasse. Je n'ai fait qu'assouvir son désir. Et voilà comment il m'a remercié.


L'ordhaleron abaisse ses braies pour montrer l'ampleur des dégâts. S'il y a encore ses coilles, son braquemard, quant à lui, est un bout de chair cousue. Keryan s'empêche de sourire devant le résultat de sa morsure. Si c'était à refaire, il recommencerait.

Les membres du jury ne réagissent pas devant cette fécondité volée. Ils se contentent de tourner leur visage sur un des témoins oculaires de la scène.

— Aroluss était-il d'accord  ?

— Ouui... Oui, messire.


Avant de donner leur jugement, comme une seule unité, ils s'intéressent à Caeholmar.

— Pouvez-vous nous dire comment est Keryan ?

— Volontiers. C'est un garçon très intelligent, qui n'a jamais fait de mal à personne. Tout porte à croire, que s'il a agi ainsi, c'est qu'il fut victime de sévices répétés et que ce Coellond l'a compissé.

— Bien.


L'assesseur se lève à nouveau.

— Messieurs et mesdames les jurés, il est temps de donner votre verdict.

Les membres du jury s'adresse un dernier regard avant d'énoncer de vive voix, leur décision.

— Coupable.

— Coupable.

— Non Coupable.

— Coupable.

— Coupable.

— Coupable.

— Coupable.


Keryan sent doucement peser sur ses épaules, le baiser de la mort. Alors qu'il abandonne, les autres jurés plaident non coupable. Il est acquitté.

— La sentence est rendue. Keryan Aroluss n’encourra aucune peine.

Dans les tribunes, Coellond enrage. Il espérait que le Sylphurïes endure la peine capitale. Pour ce qu'il lui a fait, il se promet de doucereusement se venger.


Chapitre V : Petite et Grande Victoire



A l'aube d'un jour nouveau, il contemple l'impensable. Les êtres l'observent de manière reconnaissante. Lorsqu'il passe dans les couloirs, son nom est sur toute les lèvres. Cherchant à connaître la raison, ses grands doigts agrippent l'épaule d'un de ses "camarades".

— Qu'est-ce donc que tous ses regards illuminés ?

— Tu as humilié Coellond. Jamais personne n'a osé réagir comme toi. Tu es leur modèle, voilà tout.


Keryan ricane et offre un sourire de charognard.

— C'est à la portée de tous. Si la majorité des élèves se soulevaient contre lui, alors... il commettrait la faute qui l'expulserait de l'école.

Il ne savait pas que ses mots couplés à la honte qu'il a infligé au tortionnaire changeraient les choses. Le troisième Verne de Bremisc, un vent de soulèvement contre l'oppresseur s'installe. Ceux qu'il considérait comme de faibles moucherons se rebellent contre Coellond et se rassemblent. Par dizaine, par trentaine, par cinquantaine, par centaine.

Enorgueillit par sa victoire contre Coellond et cette rébellion, le Sylphurïes voit s'accroître, de manière exponentielle, ses ambitions. Pourquoi s'arrêter que sur un seul et unique dessein ? Alors qu'il est capable de faire de grandes choses : comme bouleverser le cœur des êtres juste par quelques palabres ?

L'effet boule de neige qu'il a provoqué chez ses condisciples, bien malgré lui, le pousse à y croire. Il est capable de tout. Même de faire d'une bande de soumis, brisés et humiliés, une légion vaillante, prêt à jeter des pierres sur celui qui était jadis, la source de leur effroi.

Privé de ses proches, esseulé, détesté, lapidé, Coellond, finalement craque. Il roue de coups un élève et le laisse pour mort. Dénoncé par tous, compromis devant les professeurs, il est chassé de l'établissement scolaire.

Au crépuscule naissant de sa victoire, deux ordhalerons se rendent à l'apothicairerie. Ce qui semble être le père frappe contre le battant. Après quelques secondes d'attentes, la porte s'ouvre.

— Pouvez-vous donner un message à Keryan ?

Caeholmar, tout d'abord surpris, de voir l'un des jurés ici, les invite ensuite de la main à entrer. Le magistrat hoche négativement la tête.

— Nous ne faisons que passer. Dites-lui que nous le remercions de ce qu'il a fait. C'est un juste retour des choses...

Si le message semble nébuleux, le maître apothicaire devine qu'il est bien plus profond qu'il n'y paraît, surtout en observant le bras, comme un bouclier, sur le ventre de la femme et ses yeux, nimbés de fantômes. Elle a du vivre un cauchemar vivant pour avoir un tel regard. Des tourments atroces en rapport avec Coellond. Cessant aussitôt de l'observer, il descelle ses lèvres, collées.

— Le message sera transmis.

— Père, allons-y.


En silence, le duo se retire, laissant un Caeholmar pensif. Comme s'il avait pris des années en quelques secondes, il retourne en son domaine, las de la monstruosité qui peut toucher ses pairs. Ils n'ont pas besoin d'imiter les vrëen. En silence, il monte à l'étage et se dirige vers la chambre d'Aroluss. Il ouvre la porte. Il le retrouve en train de lire ses notes rédigées dans son jeune âge.

— Tu as la reconnaissance d'un des jurés. Il est passé pour te la faire transmettre.

— Oh... Mais que j'en suis touché. Je comprends donc pourquoi la décision de la majorité des jurés était en ma faveur.



Chapitre VI : La toile de l'araignée



Levé bien avant les aurores, Keryan quitte sa chambre, enivré par sa décision de gagner le cœur du bas peuple. Alors qu'il vient à peine de descendre l'escalier, il croise Caeholmar. L'ordhaleron pacifique et instruit l'observe, scrutateur.

— Tu es bien matinal, aujourd'hui. Et bien enjoué. Que se passe-t-il ?

— Les augures n'apportent que de merveilles si on les provoque... Leçon que j'ai apprise bien durement... Si je veux avoir ma place d'apothicaire impérial, je dois me rendre indispensable. Je compte bien l'être dans le cœur des impécunieux en leur offrant la gratuité de mes soins.


Un rire, aux sonorités cuivrées, s'extirpent de la gorge du maître apothicaire. Lorsque cesse son éclat, sa main vient s'apposer sur l'épaule de son disciple.

— Ton ambition me plaît. Tu as mon aval. Saches juste que ton but te vaudra des réactions cinglantes de la part de nos confrères.

— Cette factualité ne m'arrêtera pas.


La discussion prend fin. Aroluss s'extirpe de la bâtisse. Bien avant la venue de l'aube, il a déjà repéré ses clients potentiels dans un des quartiers pauvres de la cité. Tout sourire devant cette bande de monstres faméliques, odorants et maladifs, il s'adosse contre un mur.

— Mes chers, empuantis par le mal qui vous ronge, je peux soulager vos souffrances, gratuitement.

Un des ordhalerons se lève, dominant de toute sa taille Keryan.

— T'es qui toi ?

— Juste un apothicaire qui désire soulager les affres de ceux dans le besoin.


Son vis-à-vis grogne avant de tousser bruyamment. Il se tord en deux alors que du rouge cruor vient maculer ses doigts.

— Je peux vous soulager de ça, si vous daignez me suivre à la boutique de Caeholmar. Qu'en dites-vous ?

— Encore un mot et je te...

— Bretius. Suffit.


Une Ordhaleron, d'une grâce et d'une beauté ensorcelantes, s'approche.

— Ne prenez pas ombrage de sa méfiance et de ses paroles.

— J'accepte de passer outre... Mais, puis-je savoir à qui ai-je affaire ?

— Je suis Salorril. Vous pouvez me considérez comme leur bienfaitrice.


Les abîmes carminés de Keryan luisent d'un intérêt soudain. Il vient de rencontrer une personne capable l'aider à réussir ses desseins. Une personne qui semble de la haute.

— M'aideriez-vous à convaincre ces pauvres hères d'aller quérir des soins lorsque la situation l'oblige ?  

— Je ferai le nécessaire.


Trois jours, trois jours passent après cette rencontre. Au crépuscule tombant, une armada de traîne-misère attend devant l'apothicairerie, dans la file de tête, Salorill. Sous son regard bienveillant, un à un, ses protégés résument les maux qui sont leurs. Par rapport aux symptômes, Keryan, de manière consciencieuse, leur procure des cataplasmes, baumes, infusions ou teintures et les prescriptions d'utilisation.

Les heures s'égrènent. Bientôt, le dernier d'entre eux s'approche.

— Qui vois-je ? Cette fois, on se montre sage ?

Bretius ne dit mot. Il avale toute la hargne que lui inspire son vis-à-vis. Face à son silence éloquent, Keryan jubile. Sous le regard de l'Ordhaleron, Aroluss prépare une infusion courte aux fleurs de sureau et une purée de prêle des champs.

— L'infusion de sureau pour la fièvre... La purée de prêle pour les vomissements du sang.

Britius s'empare de son traitement que lui tend le Sylphurïes. Ensuite, il part, sans même le remercier. Salorril frappe dans ses mains.

— C'était exceptionnel. Malgré votre jeune âge, vous faites preuve d'un talent que seuls les plus aguerris possèdent. Vous me plaisez. Vous pouvez faire de grandes choses.

Un mois s'écoule. Devant la demeure de Caeholmar, les apothicaires se rassemblent. La rage dénature leurs traits, déjà abominables.

— Cessez de nous voler nos clients !

La porte s'ouvre. Keryan part d'un grand rire dément.

— Quelle vindicte. Vous ne portez pourtant pas intérêt au bas peuple.

— Toi... Tu...

— Oui ?


Sans qu'il ne le prémédite, alors que l'un des hargneux allait le frapper, des pierres sont lancées. Lapidés, les contestataires partent, la queue entre les jambes. Pour la première fois de sa vie, Keryan se retrouve... fasciné, réellement fasciné par le chaos qu'il a engendré. Il a une illumination. Désormais il consacrera sa vie au désordre et à la confusion.

— Nous sommes arrivés à temps.

— Oui... Une intervention... magnifique.

— Bretius, nous a tous prévenus. Par ton aide, les rejetés te considèrent comme un des leurs.

— J'en suis flatté.



Chapitre VII : Dans la fosse



Six années et quelques mois ont passé. Six années où il n'est pas resté inactif. Après avoir gagné le cœur du bas peuple, il a rédigé un traité sur la prêle des champs à dix-neuf ans et un sur le thym à ses vingt ans. Par son génie, dans son domaine, il s'est fait connaître par des philosophes de tout genre. Mais, ce n'est pas suffisant. Certaines portes lui restent fermées... Jusqu'à aujourd'hui, tout du moins... S'il survit.

Se tenant parmi la masse grouillante de monstres en tout genre, il se sent incommodé. L'odeur de charogne faisandée provoque son renâclement. Chassant de son esprit ce désagrément olfactif, ses mires sanguines examinent les candidats et leur chance de survie. Un sourire carnassier relève les coins de sa bouche face à cette inspection. Sa survivance est assurée. Face à cette découverte, un rire, railleur, comme un millier de poignards, lui échappe

Prenant pour lui cette moquerie, un colosse ventripotent s'abaisse, de façon que sa tête soit face à celle du Sylphuriës. Ses carpes boudinées touchent le dos de sa hache, presque avec amour.

— Tu es mort ...

Keryan meut sa dextre de droite à gauche, comme pour chasser l'exhalaison fallacieuse de son vis-à-vis.

— Quelle puanteur !

Un grondement quasiment animal s'extrait de la gorge de la punaise immense. Sa main s'apprête à frapper Keryan.

— Tututu. Garde la violence pour la fosse.

A peine les mots s'extraient-ils de sa bouche, moqueuse, la grille les comprimant à l'intérieur, se soulève. Les volontaires braillards, odorants, tout en arme et armure pour certains, se ruent dans la fosse. Les combats débutent sous le regard avide des spectateurs. Aroluss inspire à grande goulée d'air, la liesse et le désir de sang, de l'assistance, haute en couleur. Ce moment d'inaction lui coûte cher, son nez. Son émule se gausse d'une telle réussite.

Plus contrarié qu'autre chose, Keryan, d'un geste vif de sa dextre essuie le cruor ruisselant de la plaie. Il secoue fort la main souillée d'hémoglobine. Les gouttes tombent dans le sable de l'arène.

— Je t'avais dit que tu y laisserais la vie

Le Sylphuriës soupire devant tant de certitude. Il a certes perdu une partie de sa chair, ce n'est pas pour cela qu'il est vaincu... Placide, après avoir évité un énième coup de hache, de son opposant, il arme ses carpes de plusieurs senbons, déjà trempés d'avance dans le curare. Alors que son attaquant se prépare encore à frapper, son bras se bande. Il vise les yeux et le ventre. Les aiguilles s'enfoncent dans la chair molle.

— Raaaaaaaaaaaah.

De rage, le colosse balaye l'air de sa hache, loupant sa cible initiale. Après trois éternelles minutes, le poison agit. L'intoxiqué voit ses muscles se paralyser. Son souffle devenir erratique. L'écume aux bords des lèvres, il s'écroule, s’asphyxiant. Ricanant, Keryan marche sur sa dépouille. Écrase sa tête de ses pieds nus.

— Misérable est celui qui se croit le plus fort...

Un bruit de fer contre fer retentit juste derrière lui. Puis une lame s'appose tout juste contre sa gorge. En dépit du danger, immédiat, son index suit la ligne de l'arrête.

— Tu ne bronches pas... Tu me plais.    

— Dois-je comprendre que tu me laisses la vie ?


Le colosse, tout en parlant, frappe ses opposants, de ses trois bras restants et de sa queue.

— Tu as tout compris... Assure mes arrières et je couvrirai les tiennes.

Le temps s'égrène. Les corps broyés, déchiquetés ou empoisonnés s'amoncèlent. Des volontaires, il n'en reste qu'une poignée. Les cinq survivants se regardent, en chien de faïence, outre le géant et Keryan. Les muscles contractés, tous se préparent aux derniers affrontements.

Soudainement, l'empereur tout puissant se lève de son assisse. Il frappe dans ses larges mains.

— Suffit.

Son seul timbre impose le respect. La foule se tait. Les yeux des survivants fixent le chef suprême des Ordhalerons.

— Vous avez prouvé votre valeur.

La tension retombe. Les armes sont abaissées. Ils ont réussi... La gloire est leur. Keryan virevolte d'un côté à un autre, extatique. Les portes du sommet l'attendent. Bientôt, il les touchera du bout des doigts.  


Chapitre VIII : Mort et opportunité



A l'aube de ce premier verne de Margh, les clients s'agglutinent devant la boutique de Caeholmar : des bourgeois et des nobles, venus spécialement pour voir le maître apothicaire en ce matin glacial d'hiver. Alors que tous crachent des dragons de fumée et que leurs doigts s'ankylosent par le froid, il n'arrive toujours pas. Keryan ouvre la porte et s'incline, pour faire bonne figure.

— Je vais voir ce qu'il en est.

Il monte les marches une à une. Parvenu enfin à la porte de la chambre de son mentor, il frappe contre le battant de bois. Pas l'ombre d'une réponse ne lui vient en retour. Surprit, Aroluss, pénètre le seuil. Dans la mi-pénombre des lieux, il décèle la silhouette allongée du vieil ordhaleron. Il s'approche de l'endormi, les mains sur sa couverture. Le Sylphurïes lui attrape le poignet. La chair est froide, rigide au toucher. Des tâches rougeâtres et violacées marquent l'épiderme. Le diagnostic est formel : Le père de substitution n'est plus parmi les vivants.  

— Bien bien... Voilà bien une fâcheuse situation...

Si le Keryan de jadis aurait versé des larmes pour le mourant celui de maintenant pense aux clients qui partiront car leur confiance envers lui, n'est pas acquise. Face à cette factualité, l'agacement gronde dans sa poitrine. S'ils ne lui laissent pas une chance de les séduire par ses dons, comment peut-il se faire un nom dans la haute société ? Et de là-haut, provoquer un chaos innommable ?

Bredouille, il descend, le regard sombre car tout ce beau peuple lui filera entre les doigts. Il incline sa tête. Ses lèvres enténébrées se descellent.

— J'ai le regret de vous annoncer qu'il ne pourra plus faire don de sa présence. Il n'est plus parmi nous.

Le tumulte se forme dans la foule, vrombissant, intempestif. Aroluss sait que tous ces êtres vont partir et il s'y attend lorsqu'ils voient certains présenter leur dos. Mais... Quelle impolitesse...

— Partons.

— Si Caeholmar n'est plus, nous n'avons rien à faire ici.

— Je n'ai pas assez confiance en son disciple pour mettre ma santé entre ses doigts.


Durant cent quatre-vingt-neuf ans, il a servi le maître apothicaire. Il lui a insufflé son savoir, il l'a engorgé de ses connaissances. Toute ces années pour voir ça le... débecte. Comment peut-il leur faire comprendre qu'il est compétent si dès lors, ils le considèrent comme médiocre ? Alors qu'un rire dément, fruit de toute sa frustration, tous ses espoirs brisés, prend naissance dans sa gorge, la situation change. Les mots se meurent. Les corps se tendent.

Tous se figent devant la silhouette de Salorril. La tension s'installe alors qu'elle ne fait que louvoyer vers Keryan, de sa démarche de grand félin. Ses yeux, perçants se dardent sur le sylphuriës. L'une de ses mains le pointe de l'index.

— Pourquoi fuir un potentiel maître apothicaire, sans avoir eu la décence de voir de quel bois il est fait ?

Sa langue claque contre son palais.

— Décevant. Vraiment Décevant.

Devant tous, elle offre un sourire des plus chaleureux à Keryan.

— Mon père souffre de fièvre, crée moi un remède.

— Avec plaisir...


Ceux de la haute noblesse se sentent outrées qu'une dame, appartenant à une si imminente famille, qu'est les Eybereighs, offre sa protection à un disciple.

— De quel droit vous me jugez ? Je sais déceler le talent à l'inverse de vous tous. Si vous avez des œillères, qui vous cachent la vue, ce n'est guère ma faute...

Face à tant de piques et de croyances envers l'apprenti de Caeholmar, les bourgeois se ravissent et se tournent vers la porte, par simple curiosité. Après de longues minutes d'attente, Keryan revient avec une décoction. Il tend le précieux médicament à Salorril.

— A boire trois à quatre fois par jours, froid...

— Soulage ma curiosité. Qu'as-tu mis ?

— Chardon-marie, réglisse, petite centaurée, oseille, chicorée, chiendent.

— Quelle breuvage complexe.


Elle se tourne vers la foule.

— Il est le digne successeur de Caeholmar. Il mérite votre confiance à tous. Laissez-lui au moins, le droit de montrer sa valeur.

Après un lourd silence, une voix clame, dans l'assemblée.

— J'accepte de lui donner sa chance. Et s'il ne convient pas aux attentes, je ferai le nécessaire pour le discréditer.


Chapitre IX : Le lac Sombre


A force de manigances, de belles paroles, de services rendus, Keryan est parvenu a s'implanter merveilleusement bien dans les plus hautes sphères. Fièrement accroché à cette toile qu'il a tissée, tout au long de ces cinquante cinq années, le Sylphurïes se régale. Qui aurait cru qu'un jour, des magistrats et des membres, des plus illustres familles de Neya, seraient débiteurs ? Personne.

Ses relations, ses manipulations, ses agissements, sa capacité à disséminer les graines du chaos, attirèrent l'attention du Lac Sombre. Ils envoyèrent l'un de leur agent, le recruter : Dorïlys.

Alors qu'elle apparaissait devant lui pour la toute première fois, au plus profond de son repère, Keryan se plut à dire, un sourire de carnassier sur le visage.

— Que fait un si bel oiseau dans mon antre ? Souhaite-t-il goûter à la salacité de mon être ?

Ses mains difformes se croisèrent alors qu’il se gaussa de sa remarque. Ses mires sanguinolentes s’apposèrent sur la créaturelle, prédatrices.  

— Ou souhaite-t-il plutôt faire appel à mes services ?

La créaturelle, à la peau et à la crinière nivéennes resta de marbre devant la grivoiserie de l'apothicaire, comme si elle connaissait le tempérament lascif dudit personnage. Un sourire, mutin, fleurit sur son visage alors qu'elle répondit, piquante.

—Il faut déjà que vous en ayez les moyens.

Son regard cérulescent se posa sur Keryan.

— Quant à la raison de ma venue, Aroluss, c'est car vous avez su attirer le regard de personnes Haut Placées.

Savoir que des êtres, aux bras longs, lui portent intérêt le rend extatique. Sa tête oscille de droite à gauche.

— Cela me flatte... Que dis-je, m'extasie.

Les mouvements de balancier cessent. Keryan lance sur sa vis-à-vis, un regard remplit de convoitise, malsaine.

— Puis-je, au moins connaître, ce que ces éminents membres mystères, désirent ? S'ils vous ont envoyée ici, c'est pour obtenir quelque chose de moi, non ?

Sans surprise, elle s'attendait à ce qu'il réagisse ainsi.

— C'est on ne peut plus exact. Ils désirent que vous réalisiez quelques choses pour eux.

Curieux par tant de dissimulation et sentant la belle aubaine, Keryan se masse les mains. Ses lèvres se descellent, dévoilant ses dents de charognard.

— Bien bien. Je consens à réaliser leur demande.

Si celles-ci me permettent d'étendre ma toile. Poursuit-il dans sa tête. Tout au long de l'année qui survint, des missions adaptées à ses capacités, lui furent attribuées, par Dorilys. Avec joie, il les recevait et agissait presque immédiatement.

A l'aide de ses pions et de ses talents de maître-chanteur, des familles émergèrent de la fange. D'autres, connurent honte et infamie avant d'être complètement décimées. Bien des âmes dansèrent dans la paume de sa main, - Ordhaleron comme Valduris -, pour son propre plaisir.  

Au bout d'une énième demande de ses mystérieux membres des Hautes Sphères, qu'il apprit l'existence du Lac sombre.  


Chapitre X : Ascension


Aroluss faisait maintenant partie du Lac Sombre. Ce nouveau tracé de vie lui plaisait. Tout comme le laissait sur sa faim. Il désirait ardemment modeler, transformer, la face de l'Ordre. Ordre qui lui semblait si... fade alors qu'il pouvait être grandiose. Mais, pour y parvenir, il devait quitter la piétaille.

A force de persévérance, d'accomplissement, il parvint à gravir les échelons sous le regard amusé de Dorilys. Le petit oiseau avait deviné, qu'il irait loin. Plus loin que n'importe qui. Elle attendait des miracles de sa part et jamais il ne porta atteinte à ses attentes.

Finalement, Elle et les autres membres du Conseil lui remirent une place dans leur sein.   A peine fit-il partie des Hauts de l'Ordre, qu'il exprima à tous, ses idées. Si certaines n’attirèrent pas l'intérêt, d'autres passèrent du concept à la réalisation.

Les années passant, Aroluss se lassa de la stagnation de l'Ordre. Il désirait plus pour ce diamant pur. Ce fut donc blasé qu'il fit tomber l'Ombre grâce à Drekyax. Même si cela l'ennuyait d'avoir une dette envers la larve, il servait son propre intérêt : il se tenait au sommet du Lac Sombre.

A peine tenait-il les rênes du pouvoir qu'il sema la discorde. Ce chaos primordial avait deux buts : protéger le Lac Sombre des gens de l'Extérieur et asseoir sa domination totale sur l'Ordre.


Chapitre XI : Chaos


Depuis qu'il est l'Ombre, de ce si délicieux Ordre Secret, Aroluss n'a eu de cesse de semer la discorde dans les cœurs et les nations. Ysino, Kaerdum, Al'Akhab, subirent les frais de sa doucereuse folie. Il compte bien poursuivre ses expiations.



Ambitions & Desseins

Semer le trouble dans le cœur des souverains et les pousser à se retourner les uns contre les autres, tout ça au nom du désordre et de la destruction.  

Et si besoin est, il provoquera le soulèvement des peuples à leur encontre, en utilisant ses plus fidèles zélés.  




Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui !
Moultipass : Validé par Harden

Ô Azzura, que je t'aime. Je te dédie mon âme


Calim Al'Azran
◈ Missives : 2299

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim
◈ Crédit Avatar : Old man with a cane By Igor Babailov

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mar 8 Jan 2019 - 14:09

Bon xD. Encore une validation directe pour Lolo.............. J'EN VEUX ENCORE !!
JE VEUX PLUS DE FICHES ! JE VEUX !