Azzura


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Grand Purificateur

Saadjib Al-Radjy
◈ Missives : 1

◈ Âge du Personnage : 247 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Radjyn
◈ Localisation sur Rëa : Azzura
◈ Magie : Magie des Ombres : Nécromancie
◈ Fiche personnage : [url=][/url]
◈ Crédit Avatar : Wizard by antoniodeluca

Aventurier
Saadjib Al-Radjy

◈ Mar 4 Juin 2019 - 13:02

◈ Prénom :  Saadjib
◈ Nom :  Al-Radjy
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 247 ans (47 ans d'aspect)
◈ Date de naissance :Il y a 5000 ans, bien avant la "glaciation" de la cité d'Azzura.
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine :  Radjyn
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Métier : Haut Conseiller d'Azzura – Grand Purificateur (maître des rituels funéraires)
◈ Crédit avatar : Wizard by antoniodeluca

Magie


Magie des Ombres : Nécromancie.

Saadjib est capable de percevoir Le Voile qui sépare le monde des vivants et des morts. Incapable de le traverser, il voit pourtant parfois les esprits se mouvoir de l’autre côté, aux endroits les plus fins de cette frontière. Parfois il peut même entendre, et plus rarement encore communiquer avec ceux qui se tiennent au plus prêt de ce rideau.
Capable de voir l’énergie de l’ombre qui irradie et se détache du Voile (à chaque fois qu’un défunt le franchit)  il est alors capable de manipuler ce flux volatile et de l’injecter dans un cadavre pour l’animer et le déplacer à sa guise.
Dénué de volonté, le corps se contente de suivre les ordres du nécromancien, la complexité des actions dépendant du degré de concentration qu'il accorde à son ordre. Les corps ainsi commandés sont  capables d’une dérangeante capacité d’exécution, mais il est compliqué de savoir s’il s’agit du mimétisme résiduel d’un esprit, ou d’un ordre parfaitement adapté à la situation dans la pensé du nécromant.
Comme une marionnette qui, parfaitement guidée par la volonté de son maitre, prendrait presque vie.
Saadjib prétend lui-même ne pas avoir la réponse exacte à cette question, de savoir quel degré de conscience peut être contenu dans la magie des ombres.


Forces & faiblesses



*Saadjib est avant tout un scientifique. Son processus de réflexion et ses protocoles d’acquisition sont sans faille, et il a amassé un lourd bagage de connaissances brutes à travers les années. Principalement en alchimie, ainsi qu’en biologie et en anatomie.
Apprendre comment fonctionne un corps, pour mieux le relever. C’est un sujet qui le fait parfois complexer, tant il a l’impression d’être bien moins compétent en la matière que ne l’est son associé, Emerald, mais sitôt qu’il discute la discipline avec d’autres individus, il se rend bien compte qu’il le maitrise aussi bien que certains médecins.

*Bien que le sujet ne l’intéresse pas, Saadjib s’est également beaucoup documenté sur les coutumes des divers peuplades, et ce toujours dans le cadre de son travail. Chargé de ratifier des rites qui rendront  les corps des défunts inutilisables, il a dû s’enquérir des rites funèbres déjà existants à travers le monde, pour contrarier le moins possible les héritages culturels, et ainsi faciliter l’application des nouvelles lois. Ce n’’est pas un sujet qu’il abordera spontanément, mais il se rappel souvent des habitudes de vie des locaux, malgré lui, lorsqu’il est en déplacement dans une région.

*Il a longtemps vécu à Azzura, mais malgré l’existence d’une cour il n’a absolument aucune connaissance de l’étiquette à observer en présence de nobles, à plus forte raison que les rares choses qui lui ont été apprises : il les oublie volontairement, pour faire valoir à la place son attitude austère et distante.

*Il a été nomade pendant une grande partie de ses trente premières années, en voyageant aux côté de son mentor, et après ça en faisant divers expéditions et missions pour le compte d’Azzura. Son milieu naturel reste celui d’un laboratoire, il aura donc du mal à instinctivement faire appel à ses mécanismes de survie, mais avec un guide quelques directives, il se révèle être un compagnon de voyage très facile à vivre,  capable d’encaisser les inconvénients du climat hostile et de maintenir un campement en état. Il n’est en revanche pas du tout à l’aise à cheval.

*A la faveur de sa vie anormalement longue il a déjà réussi à se dégager quelques instants d’entrainement :
- il sait tenir une lance, suffisamment pour maintenir des animaux à distance
-armé d’une masse il pourra neutraliser des assaillants fébriles, tels que des bandits.
Mais jamais il ne pourra rivaliser avec un guerrier.


Physique


Saadjib est légèrement plus petit que la plupart des Valduris, mais conserve une certaine stature malgré tout. Il l’impose d’avantage par sa présence que par sa morphologie, bien que taciturne et laconique il dégage une aura.
Pas le genre de flux coloré auquel  les mages ne cessent de rattacher leurs écoles, mais quelque chose de plus profond, plus primordial.

Loin d’être dispendieux, il possède des toges teintées de couleurs atypiques et marquées de runes vives, caractéristiques de sa fonction de Maitre des rituels funéraire.
Une démarche empreinte d’assurance et une dextérité saisissante, c’est un homme qui va droit au but, et bien qu’il ne s’occupe généralement que de ses affaires sans demander son reste à quiconque : là où il passe, personne n’arrive vraiment à l’ignorer.
D’aucun dirait simplement qu’il s’agit de sa réputation, son air sombre, et ses capes présomptueuses. Après tout un homme, Haut-conseiller qui plus est, travaillant avec autant d’acharnement à définir et accompagner la mort ne peut qu’être marqué par une image mystique dans l’imaginaire collectif.

D’autres encore réduisent simplement cela à ses yeux : des pupilles reptiliennes entourées d’iris oranges  aux reflets parfois verts.  Même dans cette cité imbibée de magie, un regard si perturbant ne laisse personne impassible, pas même ceux qui ne pensent qu’à un artifice arcanique.
La vérité c’est que Saadjib possède une volonté forte, tournée vers lui-même. Non pas qu’il soit victime d’un égocentrisme malsain, simplement il livre fièrement un combat depuis si longtemps qu’il ne saurait souffrir le regard et le jugement de quiconque. Et cette assurance, cette détermination, elle resurgit immanquablement sur l’image qu’on a de lui.

Ses cheveux sont d’un brun plutôt clair, tirant parfois presque sur des reflets roux à la faveur des flammes. Sa pilosité est de plus en plus fournie, mais demeure privée de témoins gris qui trahiraient le début de son déclin.
De même ses traits se font de plus en plus creusés, mais sans pour autant que la vigueur de ses membres ne commence à l’abandonner. Le privilège d’un homme très expérimenté, mais qui n’aurait pas encore complètement entamé la dernière tranche de sa vie. Il semble rester un érudit en pleine possession de ses moyens, voué à poursuivre ses projets aussi longtemps que nécessaire pour les mener à bien.
Le genre de privilège qui est rarement accordés aux Valduris, car à peine arrivent-ils à l’apogée de leur discipline, que le temps à tendance à assagir leur enthousiasme par le biais de la fatigue.

Saadjib n’est pas de ceux là, pour la bonne et simple raison qu’il sillonne son laboratoire, dans cet état instruit et pimpant, depuis plus de deux-cents ans.
Et c’est bien là la raison de son aura si spécifique : la vivacité des Valduris liée à l’érudition des races autrement centenaires, font de lui un être tout particulier et ce même  pour ceux qui ne sont pas au courant de son âge réel et contre-nature.
Car il a beau demeurer un éternel quarante-sept ans d’apparence, son expression affiche le poids de ses siècles de luttes et de scrutations acharnées, ainsi de la fierté et la sagesse qui en résultent.


Caractère


La nécromancie a toujours marqué toute sa vie, depuis son enfance elle le hante et jamais elle ne lui aura donné la moindre  opportunité de s’en détacher
Quand on le regarde aujourd’hui, Saadjib est un académicien patient, perspicace, sage et incroyablement brillant, et on a beaucoup de mal à imaginer ce qui lui vaut cette fascination morbide unilatérale, plutôt que de goûter à n’importe quels autres sujets intellectuels.

Mais la vérité ce que surveiller les morts … ce n’est pas le genre de vocation ou de devoir duquel on peut se détourner. Il avait l’obligation de s’y dévouer corps et âme ne serait-ce que pur son propre salut, et un fois maitrisé, une fois que l’on a aperçu le danger la voie de la nécromancie pour  le monde, il est impossible de se sentir concerné par n’importe quel autre déséquilibre.

Et c’est donc cette morosité, cette peur, cette dévotion inhérente à sa fonction qui a fini par définir son caractère. Constamment tourné vers le sujet qui le préoccupe –le maintient de la mort dans son propre plan- il est très souvent occupé à maintenir et renouveler son contrôle sur ses propres capacités.

Car si le voile devait se rompre, cela invaliderait tout simplement la continuité de l’existence et l’importance de tout ce qui la compose pour l’instant.
Cela le rend à la fois très tolérant envers n’importe quel débat, qu’il ne juge pas si dramatique ou irrémédiable que ses propres affaires ; mais aussi surtout incroyablement condescendant, envers quiconque y consacrerait trop de temps.
Sa position demande une vigilance, une dévotion et un état d’esprit de toute façon difficilement associables avec les préoccupations des vivants.

De fait il semblera souvent à part, déphasé. A la vérité cela lui convient très bien car il estime qu’une partie de son travail est de préserver un maximum la santé mentale des habitants de ce monde ; qui de toute façon ne pourraient pas aider à le préserver. Il évite ainsi bon nombre de distractions.

De la façon dont beaucoup le pressentent, le rôle de Grand-Purificateur n’aurait surement jamais été inventé sans l’arrivée de Saadjib à Azzura. Non pas que les nécromanciens aient été rares à l’époque… mais quasiment aucun n’aurait eu la stabilité psychologique et morale pour remplir un tel rôle aussi longtemps. Trop de nécromants sombrent dans la dépression ou cèdent à l’appel du pouvoir pour vouloir s’embêter au contraire à le contenir.

Puisque Saadjib n’a jamais pu s’imaginer d’autre rôle que de préserver le cycle de renouvellement de leur plan, il ne voit tout autre domaine que comme un rouage du monde, une forme différente mais pas beaucoup plus irremplaçable que n’importe quel autre rouage qui a précédé ou qui succèdera. Si fait, il n’est pas complètement insensible aux beautés de l’existence. Simplement, lorsqu’il contemple un phénomène ou qu’il estime un concept, il ne le fait qu’en considérant sa position dans le cycle, ou sa valeur métaphysique.
Tout ce qui n’est pas un mécanisme assurant la pérennité de la réalité, n’est qu’une futilité.


Inventaire


Il porte souvent d’amples toges, parcourues de runes fidèles à sa fonction, ou du moins telle qu’elle était il y a cinq mille ans à Azzura. Nul doute que sorties de la cité, ses tenues sembleront lourdement colorés, et étrangement chargés en symboles vifs. Il n’y aura pourtant rien de magique à cela.
Il garde constamment sur lui une lourde trousse médicale en cuir, pleine d’outils de dissection et d’embaumement.
Il possède une lance, à la pointe relativement courte, dont il se sert principalement d’appui pour marcher  ne la maniant que maladroitement au combat.
Il porte parfois une masse à une main à la ceinture, dont la tête est cerclée d’argent.


Histoire


Chapitre 1.


Bébé, il pleurait beaucoup. On le pensait vulnérable, sensible au temps chaud et sec de Radjyn.
Mais en grandissant il s’est révélé être incroyablement renfermé, comme absent et il était constamment effrayé par le moindre bruit, la moindre petite créature qui passait à proximité. On le pensait déviant, victime d’une maladie mentale, ou même possédé. Pourtant aucune de ces nombreuses théories ne vint de ses parents. Son père était un biologiste reconnu et sa mère un magistrat éminent, dotés tout deux d’un intellect et d’une tolérance singuliers.
Ils étudièrent sérieusement chacun de ces diagnostiques préliminaires qu’on leur avançait, sans s’en horrifier, pour finir par les exclure faute de preuves convaincantes. Ils étaient bien sûr inquiets et effrayés, mais jamais leurs appréhensions ne prirent le pas sur leur amour. Bien qu’impuissants par son état qui ne cessait d’empirer, ils continuèrent malgré tout de suivre leur plan, jusqu’à trouver un élément logique justifiant l’état quasi-catatonique de leur enfant, décidés qu’ils étaient à ne pas l’abandonner à son affliction.

La réponse leur vint finalement forte et claire comme le tintement tonitruant d’un beffroi : famille bourgeoise depuis maintenant plusieurs générations, ils vivaient dans le riche domaine des Al-Radjy, chargé d’histoires… et de drames. A force de chercher un lien entre ses diverses crises, ils découvrent enfin que beaucoup survenaient à proximité de lieux ou d’objets ayant contribué à un décès. Armes de guerres, chutes d’une hauteur, et parfois même la visite de paysage déserts, qui avaient été des lieux d’affrontements antiques.

L’évidence lava leur quotidien morose comme une cascade d’eau claire, et sitôt la piste trouvée, il devint presque facile de l’aider, malgré l’état pourtant avancé de son trouble.  Ils étudièrent la piste magique pendant longtemps, de savoir si il s’agissait de magie psychique, astrale ou obscure, jusqu’à finalement faire venir un ami mage de confiance pour l’étudier. Les marques d’essence éthérée qu’il trouva étaient noires, et l’évidence fût encore une fois d’une limpidité frappante : si le petit  Saadjib était si effrayé par la moindre souris, ou le plus infime volatile qu’il croisait, c’est parce que certains d’entre eux étaient des animaux qu’il avait trouvé, morts, dans l’enceinte de leurs terres et qu’il avait relevés par magie, quasiment malgré lui. Ainsi pour chaque animal l’approchant, il avait la peur panique d’y voir un automate décomposé de son œuvre qui viendrait se venger

Son père, fort de son expérience scientifique, commença à l’instruire. Il lui apprit à identifier les espèces et leurs spécificités, pour l’aider à différentier les créatures inoffensives, et à mieux faire la différence entre les animaux à craindre ou non.
Il lui apprit le fonctionnement de la nature, des plantes, le rôle de la décomposition dans tout cela.
Petit à petit il réussi à banaliser l’image que son fils se faisait d’un cadavre, dont l’aura magique mouvante était si vive à ses yeux pourtant, depuis sa plus tendre enfance, occultant parfois tout le reste du décor.

Sa mère elle aussi accompagna cette apprentissage en le chargeant de connaissances historiques afin de lui expliquer et de le prévenir de où et quand il risquait de ressentir le plus l’empreinte de la mort.
Capable de distinguer un animal d’un autre, et de délimiter des endroits funestes, Saadjib était de moins en moins horrifié par les volutes vaporeuses qui l’entouraient et petit à petit il arrivait d’avantage à faire la différence entre : les éléments du monde réel, les évènements climatiques naturels, et les marques  spectrales relâchées par Le Voile.



Chapitre 2.

Comparé à l’existence horrifiante et brumeuse qu’avait été sa petite enfance, Saadjib vivait et respirait à travers les études. C’était la première vraie interaction qu’il avait eu avec ses parents et tout se passait infiniment mieux depuis ; si bien qu’il chérissait ses leçons plus que tout. La science dispensée par ses parents avait délimité son monde, lui permettant de distinguer le réel  de l’immatériel  dans un esprit qui, depuis la naissance, n’avait connu que les deux indistinctement.
Il  était initialement brillant, mais de toute façon il se dévouait à apprendre avec tant d’enthousiasme que ses parents n’auraient pas pu l’imaginer autrement qu’en académicien compétent, avec ou sans prédisposition.

Le quotidien n’était jamais sans incident. A travers ses sautes d’humeurs ou pendant des accès de fièvres, Saadjib n’était jamais vraiment complètement maitre de ses pouvoirs. Ils n’avaient pas pu se résoudre à le confier à un précepteur, car même dans un monde magique tel que le leur, le pouvoir si particulier de Saadjib aurait été mal vu. On l’aurait surement emmené pour satisfaire le protocole et qui sait quand ils auraient pu le revoir. Et surtout dans quel état mental.
Pour l’instant le mieux selon eux était de le garder au domaine, de l’instruire du mieux possible et surtout de le soutenir. Mais le débat faisait souvent dispute au sein du couple, surtout quand les cauchemars de l’enfant changeaient un rongeur mort en carcasse gambadante.
Malheureusement, ils n’auront jamais eu l’occasion de trancher réellement sur la marche à suivre. Ni de vérifier si oui ou non leur curieuse progéniture allait devenir un érudit instruit.

Soumis par leurs obligations professionnelles, ses parents devaient se résoudre à laisser leur enfant parfois, et ce malgré ses soucis. Heureusement ils le laissaient entre les mains expertes et loyales de leur intendant et ami. Déjà au service du grand père de Saadjib, il avait une attention et un amour tout particulier pour la famille Al-Radjy, dont il faisait presque partie intégrante.
La diligence de ses parents chute dans un précipice durant le trajet et ils décèdent de même que quelques employés qui les assistaient. Les corps sont rapatriés au domaine. Pendant plusieurs jours on veille leur mort, par tradition et respect. Amis, collègues et famille plus lointaine, tous finissent par laisser le jeune héritier de huit ans à son deuil, persuadés que l’intendant sera parfaitement à même de s’en occuper jusqu’à sa majorité.

Ces dernières années, pour préserver le secret et la tranquillité de Saadjib, il n’y avait pas vraiment eu de visite, et si pour lui la mort de ses parents était littéralement la fin de son monde… il en était également tristement de même pour leur serviteur.
Il avait vu grandir le fils de son premier maitre, l’avait élevé même en grande partie, jusqu’à le voir se marier et faire un fils à son tour. Même si la lignée était en quelque sorte intacte, il n’en restait pas moins que le membre de sa famille le plus intime était disparu. Arraché à la vie beaucoup trop tôt, ne brisant que trop brutalement l’ordre logique des choses, surtout vis-à-vis de leur orphelin.

Le vieil homme avait partagé l’expérience traumatisante de la famille ces dernières années, à travers la découverte des pouvoirs de l’enfant. Ainsi, accablé, dévasté, se retrouvant  à devoir gérer seul l’ensemble de leurs biens jusqu’à la majorité d’un enfant qui n’aurait surement pas envie de l’atteindre. Il se retrouva perdu plus que jamais auparavant.

Et c’est ainsi qu’il ne pu  s’empêcher de vouloir une sorte de providence, comme une opportunité quasi-divine de rendre justice à ce drame autrement effroyable.
Ses parents étaient des gens incroyablement intelligents, d’une compassion rare et doués d’une perception qui fait souvent la qualité des plus grands dirigeants de ce monde. C’était des jeunes visionnaires, et très peu de choses auraient pu les empêcher de prospérer, de rendre leur environnement meilleur, sinon la mort. Et voilà que justement leur progéniture, toute aussi brillante, étaient apparemment capable de relever des êtres décédés.

La connexion des deux éléments  faisait crépiter son crâne, et c’est justement ce moment qu’avait choisi le jeune maitre pour se présenter à lui. Par le passé il avait toujours été chétif, craintif, perturbé. Littéralement détruit et rendu au mutisme depuis leur décès, voilà maintenant qu’il se présentait, droit et déterminé, face à son tuteur, avec dans le regard l’intelligence de son père et dans son maintient la prestance de sa mère.
Sans vraiment se concerter très longtemps, Saadjib finit par donner des directives à son majordome, tout deux bien content de pouvoir s’en remettre à un plan plutôt qu’au désespoir.



Chapitre 3

Plusieurs jours étaient passés. Nul ne sait vraiment pourquoi. Saadjib lui était bercé par la folie, autant que par les cadavres animés de ses parents.
Quant à l’intendant, c’était l’espoir certainement. Ils bougeaient de la même façon qu’avant l’accident. Peut-être que tout cela demandait du temps, il n’avait jamais opéré que sur des animaux auparavant, cela lui demandera surement plus de temps avant de pouvoir pleinement leur rendre la conscience et la parole. Ou peut-être que cela lui paraissait moins effroyable tout simplement. Moins effroyable de le voir simuler la vie de ses parents, plutôt que d’ôter la sienne.

Pour beaucoup de gens ce serait surement une perspective moins abominable que de devoir affronter leur perte.
Pendant  la période du deuil, tous les gens de maison était en congé, pour pleurer leurs employeurs si sincèrement aimés. Mais après quatre jours, certains commencèrent à reprendre leurs activités.
Prisonnier de cette fantasmagorie, l’intendant avait oublié d’étendre le congé des jardiniers, et ainsi hypnotisé par le dandinement des disparus, presque aussi déphasé que l’enfant l’avait lui-même toujours été : il ne réalisait pas que dehors ses collègues reprenaient doucement possession de leur zone de travail. C’est bourré de bonnes intentions que le chef paysagiste vint leur rendre visite. Lui aussi loyal et dévoué de longue date, il entra par la porte de service sans se gêner.
Et manifestement il n’était pas de ceux qui pensaient que ce serait surement une perspective moins abominable que de devoir affronte leur perte.


Chapitre 4.

Révulsé, le chef des jardiniers avait couru jusqu’en ville. Lui aussi avait été l’un des hommes de confiance de grand-père Al-Radjy, et le décès prématuré de son fils l’avait détruit tout autant que l’intendant, mais c’est précisément à cause du respect qu’il avait pour la famille que jamais il n’aurait toléré cette infamie,  quand bien même on l’aurait mit dans la confidence.

Même si personne n’en connaissait le fin mot, il était notoirement connu que Saadjib avait des soucis psychologiques, il couvait donc une certaine peur envers lui malgré le respect infini qu’on avait pu vouer à ses parents.
C’est un peu comme si leur disparition avait fait s’éclater la bulle de bonté qu’ils s’étaient évertués à gonfler dans la région pendant toutes ces années, et son contenu retomba sur Saadjib sous la forme d’une antipathie meurtrière. Son crime contre-nature était  quasiment unique et pourtant nul n’avait eu besoin de perdre de temps pour définir la marche à suivre.

On brûla les carcasses désincarnées, on roua de coups le complice, qui en mourut immédiatement du fait de son âge avancé, et l’enfant démon -à qui on reprochait maintenant carrément la mort pourtant accidentelle de sa famille- fut attaché à la façade du manoir Al-Radjy.
La bâtisse commençait lentement à prendre feu, et bientôt le crépitement des flammes rattrapa d’intensité les hurlements de la foule.
On aurait presque pu applaudir la sincérité de cette vindicte populaire, car personne n’avait cherché à piller le contenu  de cette construction jugée maintenant : monument impie.

Le plus haut magistrat de la région se trouvait être la mère de Saadjib elle même. Elle n’avait pas été officiellement remplacée encore, et la plupart des institutions étaient en berne pour la semaine, afin de lui rendre hommage, si bien que les seuls autorités en place avaient été trop désorganisées pour avoir le temps d’interrompre cette émeute, formées en quelques minutes seulement.
Malheureusement les gens étaient bien trop écœurés et révoltés pour avoir le temps d’en percevoir l’ironie.


Une nouvelle vie.

Heureusement : rien n’échappe jamais à un Archimage.
Et c’est peut-être justement l’ironie de la situation qui avait attiré celle-ci spécifiquement, à ce moment précis.

« Assez. »

Personne ne l’entendit murmurer son ordre au milieu du brouhaha, mais heureusement celui-ci fut suivit d’une onde de choc qui explosant puissamment dans un claquement étrangement sec.
La sphère de magie arcanique avait explosée depuis le milieu de cette scène désolante et cette simple explosion transparente  avait simultanément renversés les villageois fous de rage en leur coupant le souffle, éteint les flammes qui semblaient pourtant ne plus jamais vouloir cesser et ramené un silence de mort sur l’endroit.

« Je suis Archimage de la cité d’Azzura. Vous êtes une honte … »

La foule, déboussolée par sa chute, mit du temps à se tortiller au sol avant d’enfin trouver d’où provenait la voix. C’était celle d’une Eleär du crépuscule qui était arrivée derrière eux.
Elle était habillée d’une tunique de cuir sombre dont les coupes faisaient fortement penser  à une tenue de voyage,  mais accompagnée de décorations aux matériaux si riches qu’on aurait eu du mal à l’imaginer traverser un bosquet sans l’abimer.

« Allez, poussez-vous. DÉGAGEZ, avant que je vous tabasse comme les chiens que vous êtes. »

Elle avança droit sur la foule encore étalée au sol, qui s’écarta vivement sur son passage sans qu’elle n’ait à user de ses pieds ou de ses pouvoirs. Arrivée face au mur du manoir,  elle agita une main, détachant par magie le malheureux Saadjib à demi conscient. Elle n’usa pourtant pas de magie pour ralentir sa chute de deux mètres depuis la fenêtre à laquelle on l’avait suspendu, et il s’affala donc au sol dans un nuage de poussière et un hoquet.
Deux jeunes individus à la silhouette gracieuse arrivèrent en trottinant à la suite de l’archimage détonante. Un Eleär de l’aube et un à l’allure toute aussi élégante, mais aux yeux d’un bleu luisant qui certifiait sa nature Eressåe. Ils portaient tout deux  les affaires de leur Mentor, un manteau de fourrure blanche avec des motifs bordés vert clair pour l’un ; deux sacoche de cuir épais pour l’autre. Ils posèrent immédiatement leur fatras au sol aux côtés du secouru, n’hésitant pas à se servir de la cape et d’un sac comme d’un lit de fortune pour le déposer.
L’Eleär commença à palper les flancs de Saadjib, puis ses jambes. Il continua de vérifier les éventuelles fractures aux bras, clavicules et enfila enfin ses doigts dans le cuir chevelu de l’enfant pour palper son crâne.
L’Eressåe poussa légèrement l’épaule de son voisin.

« Hey mais ! Emerald arrête ! Quand c’est la tête, c’est à moi normalement.
-Oooh, mais  arrête Artrym’ laisse moi faire c’est bon. Si il a une fracture du crâne de toute façon ça servira à quoi que tu cherches à le diagnostiquer, tu vas encore rester coincé.»

Lasse de regarder leurs chamailleries, l’Archimage accéléra le mouvement.

« Arrêtez ! Si il était mourant le temps que vous fassiez les gamins il y passerait surement.  Emerald ?
-Ben y’a pas d’hémorragie je crois. Mais il a plein de fractures : quatre côtes, son avant-bras gauche la mâchoire.  Et…
*Il baissa le regard pour éviter celui de son mentor.*
La chute n’a pas vraiment aidé. »

Elle sourit.

« Exact. D’ici je dirais le tibia et la cheville.  A toi. »

L’ Eressåe s’installa au dessus de Saadjib, les genoux de chaque côté de sa tête, et il plaça ses doigts sur les tempes de son sujet, en fermant les yeux.

« Woaaaaaw…. »

Il rouvrit les paupières, en écarquillant ses yeux brillants. D’abord enjoué, et puis très vite un peu inquiet, son visage fut traversé par une grande tristesse, à mesure qu’il ajustait la position de ses doigts le long du crâne.

« Il est… Il est brisé Maître… Je veux dire, c’est pas juste ce soir quoi, il est complètement recroquevillé. Et c’est pas juste englué, il s’est carrément muré, il a tout pétrifié pour que le noyau soit isolé du traumatisme. Je crois même pas qu’il savait qu’il allait mourir ce soir. C’est comme quand vous m’avez montré les rescapés du Cap Gris !! C’est presque plus épais que pour eux... mais c’était  des adultes… Comment il peut alors que c’est qu’un gosse ?
-Oh c’était des adultes oui, mais ils n’avaient été prisonniers que pendant quatre ans, souviens toi. Lui en a huit. Ça fait toujours quatre de plus, tu crois pas ?
-.. je sais même pas par où commencer. Je peux essayer de le ...
-Nan mais pas maintenant de toute façon. Emerald, occupes-toi juste des côtes cassés pour t’entrainer, je me charge de ressouder les membres pour qu’on puisse le déplacer. On s’occupera du reste après. »

Les villageois commençaient à se relever et à reprendre leurs esprits. Nombre d’entre eux contestèrent  la libération du "prisonnier" mais puisqu’ils étaient face à un Archimage, ils se contentaient de grommeler.
Un régiment de soldat arriva en rangs serrées pour commencer à rattrouper la foule contre le mur. La plupart étaient interrogés puis arrête sommairement.
Le gradé s’approcha de l’Archimage qui était jusque là occupée à soigner le jeune nécromancien, avec l’aide de ses deux assistants.

« Archimage Yumeth Ni'llanda-Tira, par les dieux quelle joie de vous avoir ici. Quand on nous a signalé la présence d’un si haut pratiquant d’Azzura dans la région, nous étions déjà honorés mais en plus voilà que vous intervenez pour stopper un incident  fulgurant, réellement c’est un….
-Ouais, c’est bon, vous pouvez arrêter les jérémiades, ça m’importe peu. »

Elle continuait de s’affairer autour de l’enfant en tournant le dos aux habitants, civils comme militaires. Elle les ignorait, supervisant les soins de son apprenti astral tout en questionnant son disciple psychique sur le protocole qu’il comptait mettre en place pour amorcer un retour psychologique de leur patient les semaines à venir.

« …hum. Très bien. C’est l’enfant en question j’imagine ? Inutile de vous sentir obligée de vous en occuper, après tout ce n’est pas la responsabilité d’Azzura de gérer… »

Yumeth se redressa sans prévenir et fondit sur lui. Bien loin de l’image sage et honorable qu’on associe aux archimages, en cet instant elle donna plutôt foi aux rumeurs qui décrivent les Eleär du crépuscule comme des harpies. Elle l’avait saisi à la gorge et le maintenait presque en suspension face à elle, d’une main ferme et sans aucun artifice magique. Les soldats s’étaient bien sûr retournés d’un seul homme pour défendre leur sergent. Mais tous avaient lu ce rapport de la veille, décrivant l’arrivée d’un des plus puissants mage du monde sur leur continent, ils trouvèrent plus sage de garder la main sur la garde, sans brandir d’arme pour autant.

« Je ne me sens obligée de rien, jamais, merci beaucoup de vous en inquiéter.
Je tente péniblement de vous ignorez, comprenez bien, car par votre incompétence vous avez failli me spolié de l’un de mes plus précieux atouts, pour qui j’ai fait un long, ooooh, si long voyage... Mais puisque que vous êtes incapable de gérer votre environnement et votre justice, inutile de vous inquiéter de  "responsabilité". Ni de où s’arrêtent les vôtres, ni de où commence celles d’Azzura, ni de quoi que ce soit, car JE suis là maintenant! Je prends ce qui est mien et vous n’aurez cas disperser ce que je laisserai. »


L’apprentissage

La partie la plus enrichissante de sa vie était également la plus facile à vivre qu’il n’ait jamais connue. Encore aujourd’hui il se demande quels ont été réellement ses choix à cette époque. Il a été trouvé mentalement brisé, et il est certain qu’elle a usée de la magie psychique pour faciliter son rétablissement, son acceptation, diminuer sa peur et accroitre sa résilience à ses traumatismes initiaux. Mais qu’est-ce qui a bien pu être changé d’autre sans qu’il ne le sache ? Sa personnalité ? Ses souvenirs ? Ses intentions ?
D’un autre côté… quand on recueil quelqu’un à huit ans, on va de toute façon modeler sa psyché, magie ou non. Alors à quoi bon s’en inquiéter.

Yumeth était une Eleâr du crépuscule, un typique produit de leur système matriarcale : elle était ambitieuse, autoritaire, fière et riche d’initiative. Elle a quitté très jeune son clan pour travailler à Azzura, comme si elle n’avait jamais vu d’avenir nul part d’autre pour elle. Elle a d’ailleurs gravit les étapes avec une telle rapidité qu’aujourd’hui plus personne ne saurait réellement tracer son ascension, tellement elle a été fulgurante à l’échelle d’une carrière magique normale. Certains mages partaient en voyage pour une mission et revenaient à la capitale que pour découvrir qu’elle avait franchit deux échelons hiérarchiques.

Quoi qu’il en soit elle est devenue une Archimage omnipotente, capable de manipuler chaque magie qui compose le monde. Elle avait une infinité de projets en cours, mais sa plus grosse lubie allait à l’immortalité.
Son but était de découvrir les limites du vieillissement, déjà fortement contrastée entre les diverses races, puis plus largement encore : les limites de la mortalité. Sa motivation venait principalement de son éducation, les Elfes noirs étant élevés pour vénérer sans condition chaque segment du cycle de la vie et de la mort, chacun à sa propre valeur.

Pour ce faire elle avait réuni des apprentis. Elle-même maniait chaque école, mais ses disciples représentait chacun d’entre eux un secteur dominant de ses recherches. C’était une façon de redécouvrir les bases d’une magie qu’elle se souvenait à peine avoir eu besoin d’apprendre, de déléguer certaines tâches, mais aussi de spécialiser des éléments.


Emerald Hirel était le principal architecte de ses projets : éveillé à la Magie Astrale, il est la voix du corps, il était calme et studieux et se révélait prometteur, autant par sa puissance magique que par les connaissances médicales qui vont de paire avec. Il devait circonscrire les limites de la chair et mesurer le potentiel d’adaptation des organes.

Artheryus Merelhem Ehïl’ir est membre de l’une des plus riches et importante famille noble d’Eressåe du Clair de Lune. Seulement il n’était que le cadet d’une très longue liste de descendants, alors plutôt que de devoir batailler sa place avec sa tripoté d’ainés, il choisit de s’éloigner de son héritage pour se lancer seul sur la voie plus roturière de l’apprentissage magique, espérant par ce biais décrocher une place à Azzura, peut être moins prestigieuse, mais plus rapide d’accès que parmi sa fratrie. Il s’est révélé être un très habile diplomate, car un excellent utilisateur de la magie psychique. Impressionnée par son abnégation vis-à-vis de son héritage, Yumeth le recrute (le renommant Artrym pour faire un pied de nez à ses origines) pour qu’il l’aide à déterminer le format de l’esprit au sein d’un cerveau, et savoir dans quelle mesure exactement il peut être dissocié d’un corps.

Quand à Saadjib, sa dernière recrue, il est ici pour déterminer la place exacte de l’âme au cour d'une vie. Pour percer à jour jusqu’à quel point un être peut avoir une chance d’exister, même dépourvu de corps, d’esprit ou des deux.



Mais dans un premier temps, c’est lui qui a principalement profité de cette collaboration. Elle lui a enseigné avec une efficacité foudroyante les  bases de son pouvoir, lui apprenant non plus à juste distinguer les morts, des vivants, mais aussi à regarder en profondeur la limite qui les sépare et quels chemins mènent de l’un à l’autre. Ne plus juste distinguer le Voile vaporeux qui l’entour, mais à regarder au-delà.


Il a été accepté sans aucun incident dans ce groupe singulier, et pourtant déjà soudé, où toute la dynamique était déjà fondée et au sein duquel il n’avait plus qu’à fusionner. Comme si la place lui avait déjà été faite il y a plusieurs années de cela.


Procès d’intention

Avant même qu’il ne le réalise, plusieurs dizaines d’années sont passées, pendant lesquelles ils poursuivaient leur objectif commun. Passant d’un indice à l’autre, diverses étapes, divers patients, plusieurs sujets ; ils étaient savamment menés par l’un des Archimages de cette ère, la plus audacieuses de tous, qui gardait son regarde fixé sur son but ultime de percer la limite de la longévité. Les connaissances de Saadjib s’affinaient sans cesse, et sous la baguette virtuose d’un mage dépourvu de limites,  les questions qu’il se posait sur le fonctionnement de son pouvoir de nécromancie restaient rarement sans réponse.
Malheureusement, comme tout ce qui est dans la vie de Saadjib : le bonheur prit fin. La période de faste avait pourtant été beaucoup moins courte que ses 2-3 années de bonheur avec ses parents, mais il n’en fut que plus déstabilisé de voir cela se terminer.
Du jour au lendemain leur mentor avait disparu, présumée morte. Ils furent rapatriées tous les trois à Azzura, après toute une vie nomade à effectuer des recherches à travers le monde. On les interrogea pendant des jours, et on les suspecta pendant plus longtemps encore.

On avait découvert une prison clandestine, taillée dans le cœur d’une montagne, et dans laquelle étaient enfermés des prisonniers dotés d’une longévité et d’une vigueur en désaccord avec leur nature. Des valduris d’une centaine d’année, des eleärs ayant survécue à un empalement, des nains qu’on aurait affamés depuis des semaines. Tous toujours désespérément vivants et étrangement conscients. Si on faisait exception de la folie simplement due à l’enfermement prolongé, évidemment. Un état dérangeant, mais d’autant plus troublant que les traces de magie retrouvées sur eux étaient très très minime. En tout cas trop pour permettre ce genre de résistance.
Les soupçons se sont immédiatement portés sur Yumeth, mais lorsque qu’est venu la confrontation : impossible de la retrouver.
En interrogeant Emerald, l’un des conseillers avait avoué que des traces de luttes avaient été retrouvées dans l’un des laboratoires connus de Yumeth, une lutte impliquant un usage massif de magies.

Saadjib et Emerald sont restés en observation dans les murs de la cité pendant plusieurs années suite à cela. Pas réellement captifs, mais il est évident  qu’on voulait les garder à l’œil, au cas où leur instructrice chercherait à reprendre contact avec eux. Ou inversement.
Artrym lui aussi était cantonné à Azzura… seulement il était autorisé sur tout le continent, pas juste entre les murs. Il a mit ce temps à partie pour parfaire et élargir son éventail magique. Il devient qualifié dans deux autres domaines et en profite pour devenir instructeur. Beau parleur, il n’hésite pas à asseoir sa renommée et fonde bien plus tard son propre ordre académique, dont il bâti le siège à Lyria. Son institution collabore régulièrement avec Azzura, mais ne répond qu’aux ordres de son fondateur.
Emerald maintient que son traitement de faveur n’a été possible que par des pressions politiques de sa famille. Il est persuadé que leur camarade a été contraint par sa famille à s’éloigner du scandale pour ne pas salir leur nom.
Saadjib reste intimement convaincu que c’est un arriviste vicieux qui amorcé la disgrâce de leur tutrice pour se faire un nom en trahissant ses secrets.



Dragor

Saadjib avance un tabouret devant la grille de la cellule.

« Salut Dargor.
-Oooh mais qui voià. Quelle plaisir de te revoir. Ça fait tellement longtemps. Mais... qu’est-ce qui me vaut le plaisiiir ? Je veux dire... hum... maintenant que vous êtes si occupés, Emerald et toi, avec vos corps tout frais, à faire avancer la médecine ! Quels bienfaiteurs. Tu fais avancer la science de tout le pays... et tu trouves encore le temps de venir me voir ?
-J’ai entendu dire que tu étais sorti de la Torpeur, je venais donc voir ce qu’il en était.
-Oui. Ça je suis sûr que ça t’intéresse, savoir ce que ça donne. Savoir ce qui t’attends quand tu seras dans mon état. Héhéhéhé. T’en fait pas… c’est pas si horrible. Qu’est ce qu’un coma de quinze mois, quand on a l’éternité.
-Elle ne t’as pas rendu immortel, juste rallongé ta longévité.
-Oh… non je parlais de d’elle. Je parle d’eux. Tant que je leur suis utile, ils vont me garder.
-Ahaha, tu te crois vraiment utile ? Désolé de le dire ça mais : regarde toi.
- Si je leur suis utile. Utile pour toi… pour faire un exemple. C'est pas pour te complimenter, mais tu es plutôt rare, même pour eux, donc je ne suis qu'un léger investissement pour…disons pour mettre en garde une partie de ton esprit… et qui sait…peut être que si un jour tu dérailles… héhé…c'est peut être moi qu'ils enverront t’arrêter cette fois. Deux couteaux, braqués l’un sur l’autre. Destruction mutuelle assurée. Ils sont forts comme ça à Azzura tu sais.
-Ils te gardent juste pour savoir ce qui s’est passé, qui  vous a fait ça. Si c’est bien Elle ou pas. Et surtout pour savoir si tu peux aider à la retrouver.
-Et ça les fait chier pas vrai ? De pas tout savoir, pour une fois, hein ? ahahahhahaaaa. Y’a tellement de chose qu’on ne peut pas me soutirer, ou me retirer à moi, humm …. »

Le prisonnier se mit à se tortiller sur le sol, se retournant vers le coin de sa cellule, lorsqu’il revint faire face à son visiteur, il bougea sa main dans les airs tout en désignant le sol du menton.

« Regarde, même ça ils ne me l’ont pas retiré. »

Saadjib plissa les yeux pour distinguer ce qu’était le cliquetis au sol. Il voyait une forme blanche gesticuler et en plissant les yeux, il échappa presque un hoquet de surprise, en voyant le squelette d’une souris remuer, se secouer et progresser vers lui, un peu penaude.

« Écoute Dargor… je ne suis pas là pour te manipuler, ni pour te narguer, ni pour jouer…
-Et ben tu ferrais mieux de t’y mettre mon p’tit vieux ! Sinon tu feras jamais le poids, et quand Elle reviendra et qu’elle verra que tu as fait aucun effort pout t’adapter, maman sera drôlement déçue.
-Héhéhé, très bien. Je vois que t’es toujours pas prêt, tant pis. Je repasserai.
-Quand tu veux. J’ai tout mon temps. »

Il rangea le tabouret rudimentaire dans un coin du couloir, puis jeta un dernier coup d’œil au cadavre de souris qui boitillait dans la cellule aux côtés de Dargor, répondant à ses ordres. Il reparti en direction de l’escalier, avant de finalement s’arrêter devant le gardien. C’était un grand Ordhaleron pourvu d’épaisses cornes de béliers. Il escortait les visiteurs, restant pour observer la scène silencieusement, au cas où. Il était parfait à son rôle, d’une stature suffisante pour maitriser n’importe quel détenu, mais plus intéressant encore : une magie arcanique capable d’inhiber les pouvoirs des autres.

« Je croyais qu’il ne pouvait pas utiliser sa magie. »

Le geôlier posa un regarde neutre en direction de Saadjib, puis en direction de la cellule et laissa fuir un long soupir désespéré. Il enchaine quatre lourdes enjambées et s’accroupit en grognant, de manière à pointer sa torche en direction du sol, puis il regarda Saadjib à nouveau en secouant la tête de désespoir.
Le visiteur daigna se rapprocher de la cellule et inspecta le squelette à la faveur de l’éclairage. Il voyait maintenant très distinctement que les petits os de la créature avec été relié par des  fils, fait de cheveux humain, et qu’ils étaient reliés aux doigts du détenue qui les faisaient gesticuler comme une authentique marionnette

« AHAHAHAH t’es vraiment trop gland, merde ! Je pensais même pas que ça marcherait ! Tu vois c’est ça que je veux dire, un an dans le coltard et j’ai encore un coup d’avance sur toi, parce que tu vois que ce que tu veux voir ! Hey !? Ben quoi tu t’en vas ? Mais non allez reviens, quoi ! Moi je l’ai vue moi, la vraie couleur de la pluie,  je sais à quoi elle ressemble et tant que tu l’auras pas vue, j’aurais beau être coincé ici à pourrir comme une merde, je serai toujours moins prisonnier que toi Saadjib !  Tu m’entends ? T’es autant un prisonnier que moi !! »



Un nouveau monde

« Vous ne jouez pas Grand Purificateur ?
-Désolé Maitre Huo, je n’ai pas le temps.
-Mais vous n’avez jamais le temps. C’est depuis que je vous ai battu c’est ça ? Vous n’êtes quand même pas de ceux qui ne peuvent endurer la défaite j’espère.
-Non, ça ça va, j’ai l’habitude de faire face à des choses que je ne peux défaire.
-Alors pourquoi ne pas me faire plaisir ? Vous savez comme j’aime le Xiangqi.
-Moi aussi Maréchal, j’adore ce jeu. Ce que j’aime moins c’est l’autre jeu auquel vous vous livrez pendant les parties.
-Ça va de paire, excusez-moi, que de lire son adversaire. La stratégie a toujours été un jeu de l’esprit.
-Disons que j’ai déjà soupé des jeux de l’esprit, que ce soit avec vous ou avec d’autres, dès que vous mettez un pied dans la tête de votre interlocuteur, vous laissez vos empreintes partout.
-C’est juste que l’on croise peu d’hommes aussi cryptiques et taciturnes que vous, Maitre des Rituels, dès lors c’est bien le seul moyen que j’ai de savoir ce qui vous turlupine, présentement.
-Coup de bol, ce qui me taraude sera surement abordé au prochain conseil, alors autant dire que pour une fois, vous serez parmi les premiers au courant.
-Mais pas le premier, je le crains. A vous voir ainsi aller… j’ai comme l’impression que votre ami d’Hirel aura droit à un briefing avant l’heure… Oh non ! Ne me regardez  pas comme ça, je n’ai pas pénétré votre esprit, parole de soldat. C’est juste simple : il est surement la seule personne qui mérite que vous vous déplaciez en personne. »


Le haut conseiller Al-Radjy salua malgré tout son homologue et continua sa route en effet en direction de son autre collègue : vers leur laboratoire commun.

« Toi !? Oh non pitié ne me dit pas que tu reviens à la charge avec ton affaire.
-Bon écoute Emerald, j’a rien de plus à dire, tout ce que je veux savoir c’est si oui où non j’aurais droit à ton soutien ?
-Je n’ai jamais manqué de te soutenir, pas une seule fois, et je n’y manquerai pas cette fois non plus. Par contre la seule chose que je ne ferai jamais, c’est t’aider à t’enfoncer dans tes machinations. Ton soucis a toujours été le même, exactement le même : de ne pas faire face à la réalité. Et tu sais quoi ? Je comprends, tu as la meilleure des excuses. Mais c’est une raison de plus pour ne pas t’encourager. Si tu veux sortir courir le monde, te faire taillader par des barbares, ça me poserait aucun soucis. Ce sera même surement marrant. Il faudrait juste le faire pour les bonnes raisons, pas juste pour… chasser des fantômes. Hum… c’est pas pour faire une blague j’ai juste… pas trouvé d’autre expression.
-Je sais. Je ne fais pas ça en pensant retrouver qui que ce soit, ça fait cinq mille ans, sans magie, je sais bien qu’il y a aucune chance qu’ils aient survécu si longtemps sans pouvoirs. J’ai compris ton raisonnement.
C’est uniquement pour satisfaire ma fonction : depuis la glaciation, il n’y a surement plus personne à travers le monde pour faire respecter les rites. Du coup il faut impérativement aller leur rappeler la nécessité de les restaurer. Et il n’y a que moi qui pourrais leur faire démonstration des risques, quand on bâcle ce genre de règle. »


Ambitions & Desseins


*Le but premier et indéfectible de Saadjib est la protection de la frontière entre le monde des morts et celui des vivants.
La nécromancie n’est pas juste la manipulation d’une énergie à la faveur de son utilisateur, c’est la régurgitation d’un flux à l’inverse de sa direction initiale. C’est le retournement d’un processus qui risque de déchirer le tissu qui le véhicule.  Si la membrane, le Voile de la mort, est rompu il n’y aura alors plus de retour en arrière, plus de moyen de le colmater.

Il demeure à ce jour l’unique gardien de ce savoir, le seul qui soit à la fois assez concerné et expérimenté pour veiller sérieusement à ce que la nécromancie ne soit jamais utilisée de façon déraisonnable.
Il s’arrange pour que le moins de cadavres possibles ne soient exploitables, à ce qu’aucun nécromancien déviant ne n’exerce en pleine liberté, et à ce la magie de l’ombre, plus généralement, en creuse pas de sillon trop large dans ce monde. C’est la fonction qui lui est donnée au sein d’Azzura, mais c’est un devoir auquel il se dévouerait surement de toute façon, même sans aide ni supervision.

*Il est aussi dédaigneux qu’il est intrigué par les néo-mages. Par fierté il ne les imagine que comme des gamins sans consistance, mais au fond de lui il sait qu’ils représentent un danger par la façon dont ils génèrent leur magie. La plupart mériterait une bonne paire de baffes, d’autres mériteraient probablement d’être étudiés en détail…
Dans tous les cas il réserve encore un peu son jugement. Il faudrait peut-être rendre visite à l’une de ces fameuses académies pour réussir à les jauger avant qu’ils ne deviennent trop puissants. Qui sait combien de neo-nécromants s’éveillent actuellement dans ce nouveau monde.

*Plus personnellement, il désire aussi ardemment découvrir la vérité qui entour la disparition de son mentor, Archimage d’Azzura d’avant la glaciation.

*Saadjib a beaucoup de mal à s’intéresser à autre chose que son propre domaine d’expertise. Néanmoins le vide historique de plus de 5000 ans auquel Azzura doit faire face à son réveil est sans commune mesure avec tout ce qu’ils auraient pu imaginer de leur temps, et aussi introverti et obtus soit-il, même lui ne saurait rester indifférent. Il est infiniment curieux de tout ce qui a bien pu se passer pendant tout ce temps, même dans un monde dépourvu de magie.
Dans un premier temps il est avide de connaitre l’évolution de l’histoire et des nations telles qu’il les connaissait à la disparition d’Azzura. Mais il est aussi très curieux d’étudier à quel rythme les peuples et les races ont évolués durant ce si long cycle, surement nostalgique de renouer avec l’héritage de ses parents, l’un fan d’histoire et l’autre expert en biologie.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui

Moultipass : validé par Harden


J’ai sciemment contourné les règles qui demandent de consulter le staff avant de pondre une telle fiche de predef. pré-glaciation (rien que pour le pouvoir atypique de nécromancie par exemple). Mais pour ma défense je trouvais ça beaucoup moins artificiel que de devoir discuter chaque point, par Mp ou discord. Je préfère largement présenter mon projet complet, celui qui m’a motivé en premier lieu... quitte à devoir rechanger tous les ponts incohérents après coup.

Le seul truc pour lequel je suis vraiment désolé et qui aurait dû arrêter ma main… c’est de forcer le staff à se taper touuuute la fiche, alors que les idées de base sont peut être erronées.
Et de ça : je m’excuse sincèrement.