Azzura


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Constant Adalbéron, Haut Conseiller du Roi de Kaerdum, Haut Commandant des Armées d’Alvar, membre du Haut Conseil de la Lune d’Argent.

Constant Adalbéron
◈ Missives : 2

◈ Âge du Personnage : Cinquante-six années.
◈ Alignement : Neutre bon
◈ Race : Valdur.
◈ Ethnie : Vrëen.
◈ Origine : Rhaemond
◈ Localisation sur Rëa : Raiendal
◈ Magie : Les vents magiques n’ont pas effleuré le Valdur qui est resté totalement hermétique à ce retour implacable.
◈ Fiche personnage : Constant Adalbéron
◈ Crédit Avatar : Claudio Tumiati

Héros
Constant Adalbéron

◈ Dim 9 Juin 2019 - 2:42

◈ Prénom :  Constant.
◈ Nom : Adalbéron.
◈ Sexe : Homme.
◈ Âge : Cinquante-six années données au temps.
◈ Date de naissance : Dix-septième jour d'Élye, an 35 de l'ère des Rois.
◈ Race : Valdur.
◈ Ethnie : Vrëen.
◈ Origine : Duché de Plaesis, au nord-est de la capitale de Rhaemond, aux abords des côtes. Il a vécu une courte partie de sa vie au Château des Deux-mers, haut-lieu du duché appartenant à sa famille.
◈ Alignement : Neutre bon, inlassablement tiraillé entre la loyauté et le chaos.
◈ Métier : Haut Conseiller du Roi de Kaerdum, Harden de Dévéra ; Haut Commandant de l’Armée d’Alvar ; Membre du Haut Conseil de la Lune d’Argent.
◈ Crédit avatar : Old Knight by Claudio Tumiati.


Magie


Les vents magiques n’ont pas effleuré le Valdur qui est resté totalement hermétique à ce retour implacable. Ce dernier, d’ailleurs, s’en réjouit, ayant des desseins bien trop importants pour perdre du temps avec un don instable et malheureux. Cependant, l’homme ne méprise pas la magie qui a sa part d’utilité : alors que toutes les prunelles du monde ne sont tournées que vers elle, Constant continue d’agir à l’ombre des regards.


Forces & faiblesses


- Constant est un homme doté d’un profond sens politique et d’une grande intelligence, lui permettant d’évoluer avec aisance dans cet univers marqué par des us et coutumes particuliers. Manipulateur et réfléchi, il joue un double jeu depuis des années dans une cour royale où les jeux et influences politiques sont plus courant que la sincérité.
- Le Valdur est un homme prudent. Ainsi, il veillera toujours à ne pas commettre la moindre erreur. Il est ainsi le seul à porter le poids des innombrables secrets et tourments du monde, afin de mener à bien la cause pour laquelle il se bat.
- Le Haut Conseiller est bien placé dans le Royaume. Indéchiffrable et insoupçonné, il est influent et respecté que ce soit à Kaerdum ou ailleurs. Il est effectivement identifié comme un interlocuteur potentiel dans le cadre de relations diplomatiques, dans les cas où le roi, Harden de Déréva le lui demande.

- Constant est un être bien trop sûr de lui, pouvant le mener parfois à sous-estimer l’intelligence des autres, notamment des femmes. Cela a tendance à le rendre fier et donc facilement irritable quand les éléments ne vont pas dans son sens. N'écoutant que lui-même, il peut lui arriver de faire des erreurs dans ses stratégies.
- Son âge qui ne cesse d’avancer lui joue de plus en plus de tours. Combattant hors pair pendant sa jeunesse, il perd en rapidité et endurance, et même en technique. Son poste de Haut Commandant l’éloigne également des champs de bataille pour être plus porté sur la stratégie militaire. L’homme a donc beaucoup perdu en faculté.
- La cause qu’il défend, la démocratie, ne correspond pas au monde tel qu’il est aujourd’hui. En avance sur son temps, même si ce régime est plus ancien encore que les civilisations actuelles, Constant ne parviendra certainement jamais à atteindre l’objectif de sa vie. S’il est découvert, il subira pire que la mort.



Physique


Cheveux : La chevelure du Haut Commandant est grignotée par l’avancée du temps, passant d’un ton gris à une couleur immaculée.
Yeux : Des prunelles aux couleurs d’un ciel estival.
Taille : 5 pieds, 7 pouces, correspondant à 1,82 mètre.


Le Valdur était attablé à son bureau, plongé dans un amas de parchemins traitant de sujets d’une sensibilité politique sans pareil. Ses yeux dotés de la couleur d’un ciel d’été, parcouraient les traces laissées par des plumes hâtives. Il suivait la situation politique dans les Royaumes avoisinants Kaerdum mais aussi dans les nombreux Duchés composant le territoire des Dévéra. Ses traits étaient marqués par la concentration et l’âge avancé qu’il détenait. Le visage du Haut Commandant de l’Armée d’Alvar était imprégné par le temps.
Le temps qui passe et trépasse.
Le temps qui fuit et s’enfuit.
Rien ne pouvait dissimuler son âge. Sa chevelure, grisonnante, penchait désormais vers l’immaculé. Des mèches grises persistaient et apparaissaient comme les vestiges d’une lointaine jeunesse. Sa barbe et ses sourcils prenaient la même voie. Mais finalement, les stigmates d’une vie chamboulée se lisaient sur son visage. Son front était marqué par les ridules de la concentration et des décisions difficiles à prendre. L’homme avait passé une longue partie de sa vie à froncer les sourcils, cherchant dans toutes les parcelles de son intelligence, des réponses et des solutions. Des cernes profondes étaient imprimées sous ses yeux, démontrant une fatigue triomphante sur un homme qui n’avait jamais beaucoup sommeillé. Son visage, allongé et fin, laissait place à des joues creusées. Penché sur un parchemin retraçant les dernières évolutions à Heisenk, des mèches de ses cheveux, mi-longs, flottaient devant son front. Pendant sa lecture, l’homme se pinçait les lèvres, fines et en partie dissimulées par une moustache fournie. Il avait toujours eu cette habitude, de se pincer les lèvres à chacune de ses lectures.
Constant Adalbéron fut extirpé de force de ses parchemins par le bruit sourd d’une main frappant à la porte de son bureau. « Entrez », lâcha-t-il de sa voix rauque et forte. Le garde ne se fit par attendre et ouvrit la porte afin de porter à son supérieur un petit parchemin enroulé sur lui-même et encore cacheté de cire.

Le Haut Conseiller avait la raideur des hommes du monde militaire. Il se leva, laissant son fauteuil crisser sur le sol et se tient droit dans son costume de chef des armées d’Alvar. Il avait toujours eu l’habitude de saluer convenablement les soldats et gardes qu’il croisait. Constant Adalbéron était un homme grand pour sa race et son âge. Il avait dû perdre quelques lignes en vieillissant, puisqu’il était plus grand encore dans ses souvenirs. Cependant, il était resté fin et longiligne, alors que l’âge avait tendance à épaissir les Vrëens. Il était d’ailleurs plus fin qu’à l’apogée de ses capacités. Avec le temps, il ne combattait presque plus, sa musculature s'était donc légèrement évanouie. Bien sûr, il savait toujours manier le fer avec aisance mais il avait fortement perdu ses capacités. Seul son intellect était intact. Du haut de ses cinq pieds et sept pouces, Constant prit le parchemin qu’on lui apportait. Ses doigts, long et épais, se refermèrent sur la missive avec élégance et délicatesse. Il arracha soigneusement la cire et déroula le parchemin.



Caractère


Constant Adalbéron se laissa tomber doucement dans son fauteuil, abasourdit. Il reconnaissait l’écriture et savait qu’il était, de fait, coincé. Ses prunelles quittèrent un instant les mots à l’encre noire pour observer le plafond, comme pour oublier ce qu’il venait de déchiffrer. Un soupir caressa ses lèvres et il se replongea dans la missive, la lisant encore et encore pour s’assurer d’en avoir bien compris le sens. Or, malgré ses espérances, il ne pouvait échapper à l’évidence.
Caelum, Lacerta et Vela perdent en éclat, emportant avec elle la constellation. A la prochaine lune, elles pourraient ne plus briller tant les nuages les dissimuleront.
Les mains du Haut Commandant de l’Armée d’Alvar se mirent à trembler, signe minime d’une difficulté à garder le contrôle de lui-même en cet instant douloureux, fait d’une rareté notable. Constant Adalbéron était un être strictement rationnel, agissant méthodiquement pour la mise en place du plan dans lequel il était bercé depuis sa plus tendre enfance. Son objectif était limpide. Ainsi, il exécutait toutes les manoeuvres permettant de l’atteindre. Mais, contrairement à l’image qu’il pouvait laisser transparaître, l’homme était doté d’une profonde sensibilité. Celle-ci, parfois, souvent, se heurtait à sa rationalité infaillible. Aujourd’hui, cette dernière faillit. Cette sensibilité expliquait son combat. Son combat était la raison de son esprit rationnel et réfléchit. Pour y parvenir, le Valdur avait développé son influence et ses capacités de manipulation. Doté d’un sens politique fin, il était capable d’anticiper les situations les plus cocasses. Et Alvar savait à quel point la politique n’était que cocasserie.

Il plongea son visage dans ses mains tremblantes, lâchant ce bout de parchemin qu’il maudissait tout autant qu’il le comprenait. Malgré la violence de ce message, malgré la douleur de ces mots, Constant n’avait point hésité. Il s’exécuterait, sans tressaillir, sans remettre en cause les choix du propriétaire de ces lettres, sans regret. Pour Constant, la rencontre entre ce parchemin et la plume scellant ces destins était suffisante pour que la demande soit justifiée. A cela s’ajoute son intelligence implacable. Ainsi, ses réflexions ne mirent pas longtemps pour comprendre la décision et les objectifs dissimulés derrière ces mots dépourvus de sens pour le commun des mortel.

Constant Adalbéron est un homme de devoir et consciencieux, capable de tous les sacrifices. Sa vie entière en était un témoin implacable. Ses actes futurs en étaient la preuve irréfutable. Il prit sa plume et un bout de parchemin.
Elles ne brillent déjà plus.
Le destinataire comprendrait sans mal. Il enroula sur lui-même le bout de vieux parchemin et le scella avec de la cire, prenant le soin de ne pas y marquer son sceaux, mais celui du Roi. Personne ne lisait les missives de ce dernier au Château. Le risque était trop grand au sein du Royaume. Il fit envoyé le courrier avant de se remettre au travail, se penchant cette fois-ci sur la manière de mener à bien les souhaits de l’Ordre.

Car la demande était claire. Limpide. Implacable.
Caelum, Lacerta et Vela étaient des noms d’étoiles. Trois étoiles, chacune étant un enfant du prince Adhémar de Déréva. La constellation n’était autre que l’épouse de celui-ci, Eileen de Déréva.
Il devait éteindre ces étoiles.
Il devait faire disparaitre cette constellation.
La Lune ne pouvait plus partager son ciel avec elles.
Constant, lui, se sacrifiait, laissant une parcelle de lui-même derrière lui.
Une larme vint s'écraser sur le parchemin de mauvais augure, noyant l'un des mots de celui-ci. Noyant l'Adalbéron dans la tempête qu'était son myocarde.



Inventaire


- Une richesse considérable, du fait de ses fonctions essentielles pour le Royaume. Il utilise une partie de ses revenus pour financer la Lune d'Argent. Il détient un château à quelques lieux de la capitale en plus d'appartements au sein de la cour royale.
- L'essentiel de tout chef militaire : armure, côte de maille, épée, bouclier, etc. Son épée, Constant lui a donné un nom : Parlemente. En hommage à son combat mais aussi par contradiction : une épée de discute pas, elle exécute.
- Des grades et titres de noblesse.
- De nombreuses parures et habits luxueux.
- Plusieurs équidés.


Histoire


« Tenez ».
Un tintement aiguë perça l’atmosphère lorsque la bourse pleine de pièces d’or rencontra la vieille table en bois, ravagée par les méandres du temps. A l’intérieur du cuir, de nombreux oryns se côtoyaient. Infiniment plus qu’un paysan ne saurait voir dans son existence malheureuse et oubliée. Même l’homme à qui ce bout de richesse était adressé n’osait s’approcher de la bourse, craignant que ses doigts ne brûlent sous le poids de ces pièces. Son visage était possédé par la surprise, frappé par la stupeur, étonné par le fait que la promesse soit tenue. « Voyez, je suis un homme de parole. Vous et vos hommes avaient accompli la lourde tâche que je vous ai attribué au nom de l’Ordre ». L’homme acquiesça. Il avait douté mais regrettait d’avoir osé se permettre telle facétie. Après tout, il était mercenaire pour la Lune depuis tant d’années. Jamais celle-ci n’avait trahi ses étoiles, veillant toujours à ce qu’elles soient récompensées. Seuls les traitres étaient arrachés du ciel et éteints. Lui, n’était pas un traitre. Une fois encore, il l’avait prouvé par l’organisation et la réalisation parfaite de cette mission à haut risque. Il n’avait eu qu’un interlocuteur dont il ne savait rien. La Lune était prudente dans son ciel tumultueux. L’anonymat des étoiles était précieux. Mais il se doutait de l’importance de celui-ci. La mission était la plus risquée de sa carrière et son contact était marqué par les traits de la Noblesse, sous cet accoutrement miteux. « Puis-je outrepasser les usages et vous demander de bien vouloir m’inviter à m’asseoir ? La route fut longue jusqu’à cette auberge ». Le mercenaire observa un court instant son commanditaire aux traits semblables à de vieux parchemins. Il mis plusieurs secondes à traduire ce vocabulaire qui lui était presque étranger. Voyant les doigts du vieil homme saisir la seule chaise vide en bois de sa chambrée, il se leva et lui fit signe de s’asseoir, exécutant par la même une maladroite inclination. Mais le Noble de la Lune ne lui adressa pas le moindre regard. Son âge semblait lui faire défaut et la fatigue attaquait lourdement ses traits pâles, presque blêmes. Le mercenaire, pour sa part, était quelque peu perdu, n’ayant jamais eu une telle proximité avec ce commanditaire qu’il avait croisé qu’à de minces reprises.  Il lui avait uniquement détaillé ses besoins, la manière de procéder et les éléments logistiques pour être présents au bon endroit au bon moment. « Savez-vous qui sont les personnes qui sont mortes sous vos lames et vos flèches ?
Des nobliaux, à voir l’escorte ‘vec eux, répondit-il d’abord. J’ai pas fait ‘ttention à l’blème sur les armures ».
Un sourire se dessina sur les lèvres du commanditaire, amusé par cette naïve ignorance et cette faculté à ne s’intéresser à rien d’autre qu’à la récompense d’une mission accomplie.
Eïleen de Dévéra, épouse de l’héritier et prince Adhémar de Dévéra ainsi que leurs trois enfants.

Pour seule réponse, le commanditaire reçu un haussement d’épaule de la part du mercenaire. Le manque de connaissance politique aurait pu agacer le Noble s’il était dans un état d’esprit normal. Pour mener à bien ses desseins, il était essentiel que les êtres lambdas et au bas de l’échelle sociale se saisissent de ces questions. Mais après tout, comment leur reprocher leur ignorance, eux qui ne pensaient qu’à leur survie. Ce mercenaire, même doté d’une bourse plus confortable que n’importe quel paysan, devait surtout penser à la prochaine mission que l’Ordre lui donnerait. Il n’était qu’exécutant. Les conséquences de ses actes l’importaient peu, et c’est bien pour cela qu’il avait été choisi. Ce mercenaire était loyal et ne posait pas de questions lorsqu’on lui donnait un ordre. « Possible de vous demander quequ’chose, M’ssire ? 

Après l’accomplissement de votre difficile tâche, comment pourrais-je vous refuser cela ?
Le mercenaire fronça les sourcils, ayant besoin de quelques secondes supplémentaires pour s’adapter à ce vocabulaire d’une caste qui lui était inconnue.
Qui êtes-vous ? »
Un sourire prit possession des traits du Noble abîmé par le temps. Ce dernier se laissa aller dans le fond du dossier de cette chaise peu confortable et grinçante. « Constant Adalbéron ». Evidemment, ce nom ne lui disait rien. C’était d’ailleurs bien pour cette raison que le dit-nommé lui offrit son nom sans la moindre résistance ou hésitation. « Voulez-vous bien nous servir un peu de vin ? ». Le mercenaire s’exécuta. Après la plus importante mission de sa carrière et sachant que la récompense lui serait donné le soir même, le mercenaire avait fait le plein de vinasse pour sa chambrée. Il voulait avoir le luxe de boire seul dans cette chambre d’auberge. Il n’était finalement pas contre le fait de partager ce plaisir avec une personnalité du grand monde. Après tout, il ne côtoyait pas du nobliau tous les jours. Et il n’était pas contre le fait d’obtenir des informations supplémentaires. Ce dénommé Constant Adalbéron semblait faible et fragile comme une feuille frappée par l’automne. L’information autour de ce meurtre pourrait certainement se revendre bien plus chère que son exécution. « Savez-vous ce qu’est la démocratie, cher ami ?
Non, répondit-il, ingurgitant au passage une généreuse gorgée de vin.
C’est ce que les personnes que vous avez sauvagement tué menaçaient ».

Constant en était persuadé, même si leur disparition était un réel crève-coeur. Il se forçait à conserver une image des trois étoiles pleines de vie, qui illuminaient la vie de la capitale et cherchait à éliminer la vision des trois astres arrachées avec violence aux cieux. Il engouffra le bord du verre usé dans la commissure de ses lèvres et laissa l’alcool se déverser dans sa trachée. Le goût piquant, caractéristique d’un vin de piètre qualité, avait quelque chose de réconfortant cette nuit-là. Au moins, il oubliait quelques instants le poids de son coeur. « Voyez-vous, cher ami, la démocratie c’est vous, c’est moi, ce sont les gens qui boivent de la bière en dessous de ce sol, ce sont les personnes à qui nous avons loué nos chambres respectives pour la nuit. Et lors que vous avez perpétrer ces meurtres sanguinaires, vous avez porté un coup sérieux à l'absolutisme ». Le mercenaire restait silencieux, observant Constant Adalbéron avec insistance. Il ne pouvait plus le quitter des yeux, il était happé par ses paroles. Il n’en comprenait pas les tenants et aboutissants, mais, sans pouvoir le dire, il trouvait ces mots saisissants. « La démocratie, c’est le partage du pouvoir entre les différents hommes qui composent le peuple », lâcha Constant dans un souffle, se parlant plus à lui-même qu’au mercenaire. Ce soir, il avait besoin de se répéter ses certitudes, ses croyances, les raisons de son combat pour atténuer la peine qui possédait son coeur. Celle-ci le dégustait avec ferveur. De fait, il reprit une longue gorgée de vin et grimaça lorsqu’elle s’éparpilla dans son être.

Constant balaya la chambre sans la voir. Celle-ci était ce qu’il aurait pu qualifiée de miteuse. Tout du moins, pour les prunelles d’un noble tel que lui. Mais, pour la population, elle était d’un confort certain. La cheminée permettait de conserver une chaleur agréable, le bois n’était pas encore rongé par les mites. Il n’y avait simplement pas de fenêtre. La seule aération était ces petits trous dans les murs, permettant à l’air de renouveler l’air, sans pour autant qu’il ne fasse trop froid. l’Adalbéron, pour sa part, repensa à son enfance. Lorsqu’il avait l’âge du cadet d’Adhémar de Dévéra, son père mourrait bêtement d’un accident de chasse. Constant s’était alors retrouvé orphelin, comme Adhémar l’était aujourd’hui à la suite de la perte de ses trois enfants.

Le Haut Commandant de l’Armée d’Alvar n’avait que peu de souvenirs de sa vie dans le Château des Deux-mers. Sa mère était décédée lorsqu’il était très jeune et il ne se remémorait même plus la cause. Une maladie, très certainement. Les souvenirs de son père n’étaient que la vision de ce dernier dans son lit, quelques heures avant le trépas. Sa vie avait finalement commencé lors qu’il avait rencontré Zael Jaghar. La Prêtresse de Matra avait pris l’habitude de récupérer ce qu’on pouvait considérer comme les pupilles de la Noblesse. Une chance inespérée pour le jeune Constant. Cette rencontre changea son destin à jamais. Il baigna dans une idéologie novatrice dans ce monde ravagé par l'obscurantisme, ressurgit de temps anciens. Il fut confronté à la réalité, celle que les Nobles, aveugles, ne discernent pas. Sa pensée fut ainsi construite, par l’influence d’une Elëar ayant connu le confins du monde, par les rencontres en découlant et l’éducation qu’elle lui prodigua. La lecture lui permit notamment de développer un esprit rationnel. Ses prunelles lui confièrent la vision de la pauvreté et de la sauvagerie qu’il fallait abattre. Rapidement, il épousa la cause. Et par habile manigance de celle qui lui avait tout donné, le jeune Constant Adalbéron qu’il fut, se retrouva au coeur du Royaume le plus puissant de Rëa, écuyer d’un héritier qui devint roi : Harden de Dévéra. « Je me bats pour elle depuis tant d’années. Elle me permet d’être encore là, face à vous ce soir. Mais elle est également à l’origine de ces cheveux blancs et de ces mains vieillissantes ».

La démocratie demandait maints sacrifices. Le Vrëen avait d’ailleurs cessé de les dénombrer. A quoi bon ? Cette lutte valait bien plus que ce qu’il avait abandonné. Constant avait une lecture très nette de lui-même, un avis rationnel sur l’être qu’il était. Il se savait intelligent et fin. Mais surtout, il avait conscience de sa place et de son rôle dans un combat qui dépassait amplement sa propre personne. De facto, il avait accepté et compris que ses sentiments n’étaient que poussière face à la Cause. Sa rationalité, cependant, lui permettait de ne pas basculer dans un fanatisme religieux. « Je les aimais, vous savez ? Les enfants à qui vous avez arraché la vie. A qui j’ai arraché la vie ». Le mercenaire n’arrivait pas à comprendre l’homme qui se tenait face à lui et qui semblait vieillir à chaque grain de sable du temps écoulé et perdu dans la lourdeur de l’atmosphère. Tuer des êtres chers lui semblait impensable. Comment le lui reprocher ? L’ignorance n’empêchait pas la pensée logique. « Tout le monde aimait ces être innocents. Et c’est de ce fait qu’ils sont devenus coupables. Coupables de porter atteinte à nos desseins. Coupables de trahison envers les peuples du monde, en leur donnant l’illusion que la monarchie absolue est souhaitable et viable ». Il reprit du vin et engloutit son verre d’une traite. « Il le fallait ». Ses mires délavées plongèrent dans le regard hagard du mercenaire. Ses yeux noirs luisaient d’incompréhension, mais il buvait les paroles du vieillard qu’il était, s’interrogeant sur leur valeur. Constant eut un sourire attristé. La naïveté de ce mercenaire était un don du ciel. « Je sais ce que vous vous dites ». La main du mercenaire se resserra sur son verre, craignant d’être découvert. Même si le Noble était pour lui un vieil homme facile à tuer, il le craignait, sans pour autant pouvoir l’expliquer. « Vous vous dites qu’il me suffirait de tuer le Roi, Harden de Dévéra, pour mettre fin à la monarchie ». Le mercenaire se détendit, tandis que Constant riait intérieurement. Bien évidemment, ce tueur à gage n’était pas assez intelligent pour ne serait-ce qu’émettre cette stratégie ridicule. « C’est tout bonnement contre-productif. Le Roi de Kaerdum, s’il meurt, sera remplacé. Car, contrairement à ce que tous les monarques pensent, ils sont remplaçables et interchangeables. Ils sont peu à marquer l’Histoire et lorsque la Lune arrivera à ses fins, l’Histoire se souviendra d’eux comme de tyrans. Ainsi, il est nécessaire de faire en sorte que le Roi n’ait plus d’héritiers tout en donnant au peuple les clefs de la révolution. Harden, malheureusement pour lui, doit vivre et observer la chute de sa dynastie avant de tomber lui-même ». Le mercenaire ne saisissait pas le sens de ces paroles. Mais le but de tout ceci n’était pas qu’il comprenne. L’objectif était, pour Constant, de soulager le poids qui écrasait son coeur. Il déversait, inondait cette pièce de ses peines, pour ne pas être le seul à porter cette charge émotionnelle. « Et puis, des rois, j’en ai déjà tué plusieurs. Laissons donc du répit à celui de Kaerdum ». Là encore, le tueur qu’il avait missionné ne comprenait aucune parole. Pourtant, Constant se souvenait encore très nettement d’Ulrik Oldengard ou encore du fils d’Ivar Velmut. Harden de Dévéra était hors de danger, non pas par amitié ou loyauté - ces raisons n’étaient pas suffisantes pour qu’il épargne quelqu’un, en témoignait le meurtre d’Eïleen de Dévéra et de ses enfants. Il avait pour l’instant besoin de lui sur le trône pour rester Haut Conseiller du Royaume et ainsi jouer au mieux de son influence.

Grâce à celle-ci et à son intelligence, Constant Adalbéron pu gravir aisément les échelons politiques à la cour royale de Raiendal. Le Haut Conseiller avait toujours fait en sorte de rester dans les bonnes grâces d’Harden de Dévéra, le conseillant au mieux et osant toujours lui dire les choses que celui-ci ne voulait pas entendre. Il n’était pas courtisan, comme nombreux l’étaient dans ce Château. Les courbettes n’entraient pas dans sa stratégie politique. Une rivalité existait entre les deux hommes, née dans leur adolescence, lorsqu’il était écuyer de l’héritier, sans pour autant qu’elle soit malsaine et destructrice. Constant n’était pas loyal, comme pouvait l’être Aldric de Rémat envers Harden de Dévéra. Les deux hommes entretenaient d’ailleurs une relation tendue, l’un se méfiant inlassablement de l’autre. Pourtant, les conseils de l’Adalbéron auprès du Roi de Kaerdum avaient toujours porté leurs fruits, renforçant l’impression d’être un ministre indispensable. Il avait également épousé une femme issue d’une grande et ancienne famille de Kaerdum, profondément attachée à la monarchie et infiniment loyale envers les Déréva pour renforcer son image insoupçonnable. Il avait toujours été doux avec elle, même si elle l’indifférait totalement. Il éprouvait à son égard une forme d’amitié. Elle ne fut pas capable de lui offrir des enfants, plusieurs fausses couches la privèrent de procréer. Malgré cela, il ne la répudia pas, considérant que son incapacité était une peine suffisante.

Constant se leva de sa chaise et fit mine de s’agripper au dos de celle-ci, lui conférant une image d’homme faible. Les cheveux immaculés et les traits vieillis étaient un avantage considérable dans certains cas, comme celui de ce jour. « Donnez moi votre verre, cher ami. Nous devons célébrer cette première victoire ». Le mercenaire, déjà bien alcoolisé tendit son verre sans rechigner. Il voulait extirper des informations supplémentaires à ce vieillard imprudent. Mais ne faisait-il pas erreur ? « Vous n’avez pas regardé la bourse que je vous ai donné. Comptez donc et voyez le nombre de plaisirs que vous pourrez vous offrir », déclara Constant dans un rire. Le mercenaire l’imita avant de se saisir de ce ventre de cuir bien rempli. Il laissa ses doigts caresser les oryns, émerveillé. Tant, qu’il ne vit pas la manoeuvre de l’Adalbéron. Ce dernier sortit rapidement de ses poches une petite fiole et y déversa le liquide dans le vin du mercenaire trop occupé à compter le nombre de prostituées qu’il pourrait se payer. « M’ssire, vous venez d’faire un homme heureux. Entre bons hommes, je vous l’dis, les femmes d’joie auront d’quoi m’user ». Avec un sourire, il lui tendit le verre de mauvais augure. Constant s’enfonça de nouveau dans son siège, leva son verre en hommage à ces femmes que le mercenaire ne verra jamais plus. Celui-ci, éméché, galvanisé et imprudent, avala son vin avec empressement. Le Haut Conseiller posa son verre sur la vieille table en bois, dans un soupir. Il se sentait soulagé. Parler de ses méfaits et de ses sacrifices à une oreille quelconque lui permettait de mieux supporter le poids du monde.

La bourse de cuir s’échoua sur le sol, laissant les pièces d’or émettre un tintement aiguë dans l’atmosphère. Une nouvelle fois. Le mercenaire, au fond de son assise, convulsait désormais. Ses yeux, exorbités, laissaient deviner la souffrance qui le secouait à cet instant. Constant Adalbéron, pour sa part, l’observa avec une impassibilité déconcertante. « La Lune vous remercie pour vos agissements, cher ami. Vos actes nous seront d’une grande aide pour mener à bien le combat mettant un terme à la monarchie ». Evidemment, le mercenaire n’entendait plus son interlocuteur, trop préoccupé par la souffrance qui le saisissait de part en part et la mort qui s’approchait de lui. Il avait été un pion et ne l’avait pas compris, facilitant ainsi la tâche du Haut Conseiller. Il avait tout mis en oeuvre pour être le seul au courant des origines du meurtre des Déréva. Et pour éviter que l’enquête n’avance, il avait pris la décision d’éliminer lui-même les assassins qu’il avait recruté. Une fois décimés, Zael Jaghar et Constant Adalbéron seraient les seuls à savoir les tenants et aboutissants de ces assassinats sanguinaires et sauvages. Au bout de quelques minutes, le corps du mercenaire se retrouva dépourvue du moindre soupçon de vie. « Gardez mes secrets précieusement ». Raidit par la douleur, Constant prit soin de lui retirer quelques habits, lui laissant uniquement un linge sur la peau encore tiède. Il glissa le cadavre dans le lit peu confortable et rangea rapidement les lieux, effaçant ainsi les traces douteuses. Il veilla à ce la somme due pour la location de la chambrée soit dans les affaires du défunt puis, il emporta avec lui le verre de ce dernier par précaution. Le poison pouvait laisser une odeur. Il était également essentiel de ne laisser qu'un verre dans la chambre, les taverniers y verraient là un mort naturelle et solitaire. Enfin, il récupéra la bourse d’oryns et quitta la pièce avec délicatesse. Sans remords ni regrets, il se dirigea dans la pièce louée pour la nuit, afin d’éviter le moindre soupçon.

Zael Jaghar lui aurait sûrement rappelé qu’il portait son nom à merveille, tant il agissait avec une constance sans pareil. Une fois encore, il avait partagé ses lourds secrets avec un être lui faisant la grâce de périr en les emportant avec lui.



Ambitions & Desseins


Constant continue d’agir pour mener à bien le grand plan voulu par l’Ombre de la Lune d’Argent. Les derniers événements appuient en faveur des desseins qu’il souhaite accomplir. La peste a permis de décimer une partie de la population et provoque des risques importants de famine. Celle-ci est un facteur de révolte et peut donc mener au renversement des régimes actuels si elle est suffisamment forte et savamment dirigée. La mort de Tristan de Dévéra, possible héritier du trône de Kaerdum, est une sorte de soulagement pour Constant Adalbéron, même si l’enfant était un prodige. Le Haut Conseiller est ravi de ne pas être à l’origine de ce décès mais veut s’assurer que les auteurs ne porteront pas atteinte à la réalisation des objectifs de la Lune d’Argent. Mais surtout, la mort d’Aldric de Rémat est un coup du destin précieux, lui permettant d’accroître son influence dans le Royaume. Il croit en l'affaiblissement de la dynastie Dévéra et agit pour que celui-ci continue de croître, avec la discrétion légendaire qu'on lui connait.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui.
Moultipass : Validé par Harden




Calim Al'Azran
◈ Missives : 2329

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim
◈ Crédit Avatar : Old man with a cane By Igor Babailov

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Ven 28 Juin 2019 - 17:45

On a enfin notre Constant !

J’en pleurerais de joie. T_T

Allez poutou Jenn. Bon jeu.