Azzura

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Sheïra El Thali - Baš Kadin Efendi - Sheörr

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◈ Missives : 14

◈ Âge du Personnage : 47 ans
◈ Alignement : Loyal Mauvais
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Tiam
◈ Magie : Elle ne possède aucune once de magie.
◈ Fiche personnage : Sheïra

Héros
Sheïra Ar'Rhaman

◈ Mer 1 Oct 2014 - 10:42

◈ Prénom :  Sheïra
◈ Nom :El Thali, nom illustre qui lui eut dépossédé celui de sa naissance, quand bien même il n’en possédait pas moins tous son poids dans l’histoire d’Al’Akhab.
◈ Sexe : Femme à part entière jusqu’au bout des ongles.
◈ Âge : Elle est âgée aujourd’hui de 47 ans.
◈ Date de naissance : 16ème   jour  d’Élye en l’an de grâce 43 de l’ère des Roi.
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Radjyn en Al'Alkhab.
◈ Alignement : Loyal Mauvais.
◈ Métier : Sous l’éclat du soleil brulant d’Al’Akhab, Sheïra est Baš Kadin Efendi , c’est-à-dire la Favorite et première épouse du Sultan . Et dans l’ombre de l’astre solaire la Sultane est maîtresse du conseil du Sheorr.
◈ Liens : Fille : Azshara Ssyl'Vaithis
Fils : Idriss El Thali
Ami : Ejaz Abd Al'Haqq
Ennemie : Valkrys El Thali


Magie


La magie qui coulait dans les veines de Sheïra n’était point d’ordre mystique, mais purement charnelle. Elle était de ces créatures qui dégageaient, non pas une puissance magique, mais une impression de supériorité qui écrasait les êtres.



Compétences, forces & faiblesses



Forces et Faiblesses


> Arts de la noblesse & de la bourgeoisie
(Métier engagé : Sultane)
- Lecture & écriture : Maître
= Le fleuron de l'éducation pour un sang royal, Sheïra maîtrise la plume et la calligraphie délicate.
- Mathématique (comptabilité, arithmétique de base) : Avancé
= Sans équivoque, la Sultane en aura reçu les bases.
- Étiquette : Expert
= La Sultane sait se tenir et se maintenir en toute occasion, à l'exception de ses colères sourdes et mots acerbes contre ceux qui ne vont pas en son sens.
- Politique : Maître
= Formée par l'Ombre des ombres, dans les arcanes et les méandres de la manipulation, elle connaît les rouages de la politique dans leur plus parfaite équation.
- Équitation : Intermédiaire
= Elle a su apprendre à monter correctement les magnifiques pur sang destinés au Sultan, pour parader et pour suivre son engouement.
- Diplomatie : Avancé
= Claquera sa langue de vipère à tout importun. Elle sait l'art des diplomates, mais le pratique dans l'ombre de son époux.
- Représentation (chant, danse de salon) : Expert
= Par plaisir de l'esthétique, par lignée, Sheïra a appris à user de sa voix pour plaire et, par sa grâce naturelle, de son corps pour illusionner.

> Arts de l’ombre
(Métier engagé : Maîtresse du Haut Conseil du Sheörr)
- Subterfuge (chantage, mensonge, manipulation, etc) : Maître
= Le domaine où elle excelle sera celui de la manipulation, de la crainte instillé en ceux qu'elle voit comme ennemi.
- Cryptographie (décryptage et conception) : Avancé
= Un savoir qui lui aura été appris depuis, par intérêt.
- Résistance à la douleur : Avancé
= Par les horreurs que son corps a subi en enfantant, la déchirant, les autres ne sont maintenant que des spasmes, des gênes. Elle aura appris à ne point faillir si elle était capturée.
- Discrétion (déplacement silencieux, furtivité, déguisement) : Expert
= S'enfuir du Sérail jusqu'à la ville depuis l'adolescence est devenu un exercice aisé à la Sultane qui a su se fondre dans les ombres par maints moyens.
- Collecte d’informations (utilisation d’un réseau, contacts, etc) : Maître
= En tant que Maître du Haut Conseil, formée aux savoirs les plus sombres par les plus talentueux espions, elle sait coordonner la moindre infiltration, utiliser le réseau tentaculaire qu'elle a su créer et concevoir au coeur d'Al'Akhab par son statut et grâce au Sheörr et, bien évidemment utiliser toute information.

> Compétences générales
- Religion : Expert
= Née d'une lignée pieuse, elle aura acquis la foi et ses concepts dans leur subtilité
- Histoire (générale) : Avancé
= Depuis bien jeune, elle a profité de la précieuse et rare bibliothèque Sultane pour se gorger de ses savoirs, ainsi que des récits du Conteur.
- Linguistique : Alkhabirois, kaerd : Maître, Eressae, Gordhien, Alšrha : avancé, Nymeriin, Demeri, Nain : Novice
= Sheïra se complaît à apprendre des langues afin d’amasser d’autres savoirs. Mais surtout, elle érige autour de sa personne un bouclier fait d'illustres connaissances venant de tous les alizés de Reä afin d’abattre ses cartes et celles de ceux qui auraient l’audace de la prendre pour plus imbécile.
- Intimidation : Avancé
= Par ce qu'on sait d'elle, les histoires gravitant autour de son être,
Sheïra est un être intimidant. Pourtant, sa taille fragile, sa minceur et son apparente fragilité rompent cette crainte avec facilité.


Autant son esprit était aussi aiguisé que les armes les plus tranchantes des lames de ses gardes, autant son corps ne possédait pas la même dangerosité. Plus intellectuelle que physique, voilà où se nichait sa faiblesse. Car au-delà d’un corps agréable à regarder, rien n’était fait pour qu’elle se défendît.  Et l’une de ses faiblesses également est l’orgueil, elle possède une profonde estime d’elle-même.  
Cette femme avait tout misé sur son arme la plus redoutable : son intelligence, telle une araignée tisseuse qui lançait ses fils afin de maintenir sous sa coupe les êtres.


Physique


-Iris : Dorés
-chevelure : Noir
-Peau : Ambrée
-Taille : 1m55/ 4 pieds 9 pouces

Chaque grain de sable possédait sa propre forme, disait-on, ainsi que sa propre origine. Pourtant, tous avaient une essence commune à leur genèse. Sheïra, elle, provenait d’une famille aussi ancienne et importante que l’était son nom. Le sang qui roulait ardemment dans ses veines était glorieux et le fruit le plus pur des Sharda, ces êtres aux traits fins et racés où les cheveux étaient de l’éclat le plus sombre des abysses et ou les yeux d’un ambre rougeoyant. Ce fluide se vit distiller au travers des lames acérées du peuple de la ville de Tiam et modelé par le souffle brûlant des terres arides de la capitale d’Al’Akhab, mais surtout de l’acre réalité que fut son mariage dans ses prémices pour insuffler un feu ardent à sa chair.
Elaïm dans sa généreuse bonté lui offrit l’apanage de son peuple de la plus pure des façons.  Il lui avait échu une  peau souple et encore ferme  malgré l’âge ; un hâle d’or dont l’onctueuse chaleur embrasait  sa carnation. Et pour écho à l’ambre le plus clair : des prunelles à la couleur de miel dont les éclats tranchants rappelaient la dureté d’autres métaux précieux que son peuple affectionnait.  Les mèches furent d’un noir de jais et elle eut la chance de posséder des boucles égales à la finesse et la douceur de la soie.

Les Sharda n’étaient pas grands et la Sultane entrait parfaitement dans cette appellation.  Ainsi l’on pouvait dire sans coup férir que Sheïra était petite et ce à l’aune de tout son peuple. Elle possédait néanmoins la stature de quelqu’un en bonne santé. Elle était une entité frémissante de vie aux flancs palpitant d’une rage égale à sa volonté, félin aux membres déliés et fins qui possédait des nerfs assez puissants pour ne pas rester uniquement nonchalamment étendue sur l’un ou l’autre délicieux coussin. Malgré une grossesse gémellaire,  elle ne possédait que peu de reste du souvenir des mois où elle avait porté les prunelles de ses yeux à la vie. Marques légères sur un ventre redevenu plat depuis longtemps et en d’autres restes, elle possédait une opulence légère, mais délicieuse à faire pâlir de désir ces messieurs - il était tellement plus aisé de manipuler un homme lorsqu’on détenait fermement le centre de ses entrailles - .
La Sultane détenait un corps indubitablement féminin, une poitrine lourde et bien dessinée, une taille fine, même si elle ne possédait plus le lustre de sa jeunesse, des hanches marquées et des reins fermes avec des jambes souples.
Par-dessus le tout, juché sur des épaules nerveuses, un long cou soutenait un visage ovale régalien aux traits matures, portant encore le sceau de la jeunesse juché sur son faciès aux expressions qui semblaient figées d’une gravité dans le temps. Ce visage était pourtant bien vivant lorsque l'on captait la flamme de son regard dévorant, le frémissement de  son nez fin et les rares sourires de ses lippes rouges nettement dessinées.

Elle connaissait ses atouts, en usait et en abusait ouvertement et c’était cela qui constituait une menace palpable pour ses rivales qui se complaisent dans la modestie et la vertu, faisant oublier ce qui se cachait sous la surface lisse de ce lac paisible en apparence.

Louée comme l’une des plus grandes beautés de son temps, Sheïra se sait belle et, malgré l’âge, elle peut s’afficher sans honte face à d’autres fleur dont la jeunesse était seul gage de leur éclat présent. Lorsque le souffle de leur aurore sera passé, ces dernières retourneraient dans les abysses dont elles n’auraient jamais dû sortir. La chef du conseil était de ces parfums subtils qui portaient aux êtres leurs essences  et qui au fil du temps  prenaient de l’ampleur et les envoûtaient pour les prendre dans ses serres évanescentes. Ainsi c’était avec une patience accrue qu’elle aiguisait ses armes pour les envoyer telles des sternes en plein cœur de ses proies. Sheïra tenait à être à la hauteur de la tâche qu’elle s’adjoignait et surtout à effacer les premiers prémices de la chute de son éclat.
Chaque jour, de longues heures durant, la Sultane s’adonnait à l’entretien de son corps, brossant méticuleusement ses longues mèches d’un noir d’ébène, pour leur donner douceur et brillance. Elle les coiffait de façon subtile, mais pourtant somptueuse. Sheïra dosait toujours ses efforts, bien qu’elle pût mettre des heures pour que tout fût parfait : elle n’émettait jamais dans l’ostentatoire. Ainsi, les vêtements qui drapaient son corps étaient de la plus belle facture, mais ne s’étalaient pas dans l’ostentatoire, sauf lorsque la situation l’exigeait. On le distinguait par la finesse arachnéenne du tissage qui laissait deviner les volutes de sa chair dans de doux jeux d’ombre et de lumière, ou dans le travail minutieux des broderies qui ne laissaient pourtant pas à nu les somptueux tissus dont la coupe était toujours choisie avec soin.
Les bijoux étaient les seules fantaisies qu’elle s’accordait : l’or comme harmonie avec sa personne, équilibrait l’ensemble de sa vêture.  

Souveraine, dans ce mélange subtil et entêtant, elle avait dans la façon de porter tout son corps une lenteur exquise, sensuelle. Son regard était toujours empli de soupirs naissants. Sybarite dans sa statique, elle avait ce mélange des grands fauves  qui paraissaient être aux repos mais étaient prêts à fondre sur la créature ayant éveillé leur intérêt.




Caractère



Femme au zénith de son existence, Sheïra était une Ar'Rhaman : cette famille appartenait à l’une des plus anciennes lignées dirigeantes d’Al’Akhab et avait maintenu son empire sur la capitale Siltamyr et sur le reste du pays durant des décennies. Pourtant, celle-ci s’était vu éclipsée par l’infamie de l’une de ses branches cadettes. Ce relent âcre porta l’amertume dans le sang de ses héritiers.  Les Ar’Rhaman prônaient une ligne de conduite qui ne souffrait qu’avec grande difficulté d’être éconduite et surtout rejetée, et ce depuis toujours. Cependant, elle se vit accentuée par l’ascension des El Thali  au trône lorsqu’on exécuta le dernier sultan de cette dynastie lors du siège de la capitale causé par l’armée de Kaerdum.
Cet abject poison corrosif corrompit l’être même de Sheïra, de sa naissance jusqu’aux plus hautes cimes de sa grandeur.

Certaines personnes étaient nés pour ployer l'échine en direction du sol, plier sous le poids des affres du temps et des cieux, d’autres étaient nés pour porter sur le monde un regard impérieux et y imprimer de leur sceau la glaise de l’existence. Sheïra était de celles qui avaient leur importance sur la trame du temps.  D’un geste, d’un coup d’œil plus appuyé, elle insufflait une nouvelle ligne directrice aux quidams qui ne demandaient qu’à être aiguillés dans leurs braillements inconséquents. Noble dame dont la pureté de son lignage n’avait d’égale mesure que sa perception aigüe de son rang et de l’honneur de son sang, la Sultane était une personne qui se savait née au-dessus du commun des mortels et s’entendait à ce qu’on la respectât ce fait. Même au-delà de sa simple naissance, elle appliquait fermement sa poigne de fer sur le quelconque, les façonnant à son image ou les portant à l’extérieur d’eux-mêmes.

Elle était fière et c’était à l’aune de son indépendance de caractère et de son amour-propre.

L'impression d'aberrations qui nous tourmentait parfois venait du spectacle du mal autour de nous, en nous, et la perception qu’elle avait de l’existence n’était pas édulcorée : Sheïra n’était pas utopiste, ni idéaliste et encore moins royaliste par stupidité, mais seulement par intérêt. Pragmatique, elle ne s’en tenait qu’aux vérités les plus abruptes et les plus douloureuses. On lui avait appris à voir de cette façon l’existence afin de ne pas sombrer à cause d’une confiance mal placée et surtout trop vite offerte. C’était la loi du plus fort. La Bàs Kadin effendi  agissait selon ses propres gains avec les lignes directrices de ses apostolats manichéens. Absurdes notions toutes tracées par l’espèce pensante qui peuplait Rëa, leurs concepts établis ne pouvaient être franchis. Ils étaient abattus comme les vétilles qu’ils étaient par Sheïra qui suivait sa voie, ses idéaux et ce qu’importe la souffrance que cela pouvait apporter aux êtres. Cruelle, sans pitié, ni compassion, c’était ainsi qu’elle agissait pour ses intérêts, pour le sultanat mais également pour le Sheörr.
Allant même à l’encontre des choix et des actes de ses proches, leur souffrance, si c’était dans un but meilleur et pour les protéger de tous et d’eux-mêmes, était un mal à payer pour le meilleur et le bien commun.

Voir mourir un enfant, un être aimé, voir souffrir, torturer, tout cela faisait mal. Mais ce n'était que l’un des échelons vers une fin plus haute.

Élitiste, ceux qui entraient dans son cercle d’amis proches et dans sa famille étaient choyés au-delà de tous. Mais c’était toujours dans une certaine mesure qu'elle les aimait, les fuyant à demi, car exprimer tout haut ce qu’on ressentait était la porte ouverte aux tourments de l’âme et à une dague justement appliquée en plein cœur. La Dame accordait rarement sa confiance, mais lorsqu’elle le faisait ce n’était pas à moitié. Ses sentiments étaient de ceux qui s’exacerbaient avec l’émotion ou l’intellect, car elle avait appris que son cœur et sa raison devaient être séparés ; le premier muselé par le second, de préférence.
Ses émois étaient puissants à l’égale de ses colères, capricieuse, mais surtout aussi changeant et soupe au lait qu’un orage de printemps. La sultane était quelqu’un au tempérament fort qui faisait éprouver le poids de son ressentit sur de pauvres victimes esseulées.

Sa manière de percevoir l’existence au-dessus de sa hauteur régalienne n’était pas ce que percevaient en premier les autres : on pouvait la qualifier de garce, d’être fier. Pourtant, lorsqu’elle se présentait à visage découvert devant une assemblée, elle était un véritable charme. Ses paroles se faisaient de miel, masquant souvent l’une ou l’autre parole pleines de piquant et pourvues d’un humour certain, le tout tourné de telle manière que certains hésiteraient entre prendre ses répliques comme le plus beau des compliments ou comme la plus horrible des injures. Fine politesse, expressions singulières, éloquence marquée de justesse naturelle, sa rhétorique formait comme un langage particulier mais délicieux. C’était un esprit de haute volée et pointu qui se pensait des plus astucieux mais, bien qu’il le fût, n’était point infaillible. Ses échecs présents étaient puissamment inscrits dans son esprit et dans sa chair pour lui rappeler, car l’impulsivité et la hargne étaient présentes dans son sang, elle aurait dû agir autrement par le passé. Sharda jusqu’au bout des ongles ou plutôt des griffes, elle avait retenu la leçon et patienterait maintenant jusqu’à son heure avant de bondir.




Inventaire



Noble Sultane et première épouse du Sultan d’Al’Akhab, Sheïra, possède tout ce qui convient à une Dame de sa condition en passant de la plus précieuse des parures, aux toilettes les plus exquises et finement tissées. La Sharda connait son rang et sait se vêtir en conséquence pour faire honneur aux siens, mais aussi pour flatter son égo.
Elle possède un coursier des Sables noir sur le front duquel gît un éclat immaculé ; par ce signe, elle nomma l’étalon Kamar. Elle est aussi la propriétaire d'une jument à la robe blanche prénommée Waël. Ces deux équidés forment un couple pur sang des terres arides du peuple Sharda. Ils sont la représentation d’un équilibre qu’elle se complait à établir.

Sheïra détenait aussi un ensemble complet de connaissances : livres et parchemins emplissaient des bibliothèques immenses, savoirs qu’elle se complaisait à amasser depuis qu’elle se trouvât enfermée dans les portes du sérail.




Histoire


«  Ça désole notre amour, même s'il ne semble pas le montrer. Il n’y a guère d’innocence dans l’enfance, surtout lorsqu’un enfant dans son âge tendre connait la douleur.Fit la plus grande des deux femmes assises sur les coussins de soie brochée aux couleurs éclatantes et aux fines broderies d’or.
À l’aurore de l’existence, il est plus facile d’apprendre à souffrir que sur le tard. Lorsqu’un enfant apprend réellement à découvrir le monde qui l’entoure, il est moins aisé pour lui d’apprendre la douleur.
Driss est un homme, il est fort même au-delà de sa candeur. Son sang parle pour lui, il est puissant et le deviendra plus encore avec les années.
» Lâcha abruptement la plus somptueuse des deux, ses prunelles d’un ambre tranchant fixaient intensément le jeune garçon qui barbotait gaiement dans le bassin de la cour intérieure du sérail. Ses éclats de rire brisaient la paix de ce lieu où les trilles des oiseaux et les morceaux de sitar étaient plus communs que les emportements de la jeunesse. Seules les femmes et les favorites du Sultan avaient l’honneur de pouvoir éduquer leur progéniture dans ce lieu clos et étouffant qu’était le grand Harem du dirigeant des Sharda du Nord.  Ce lieu les emporterait jusqu’à la fin de leurs existences, pour certains.

« Il vous ressemble...
Il ressemble à ma chair et mon sang  Naheeda. Il est de la lignée des plus grands Sultans de Syltamir et il n’est pas prêt de déchoir. » Souffla Sheïra avec une moue emplie de fierté qui transcendait sa personne et son être. Cet enfant était la prunelle de ses yeux comme ses aînés. Il était sa chair, son sang et son âme. Driss était le fils d’Azshara, sa fille et trésor le plus précieux qu’y eut existé à ses yeux, mais officiellement celui d’Idriss El Thali, héritier présomptif de son époux et son enfant - futur Sultan du pays du lion d’or, ceint dans le berceau de l’arche du savoir - .

Dans un nouvel éclat de rire, Driss fit une nouvelle gerbe d’eau en s’éclaboussant entièrement alors qu’il vint fièrement tendre en l’air son petit poing. Oui ! Viens Driss, viens mon petit prince. Je te vois, viens près de nous. Lança-t-elle d’une voix plus forte, mais pourtant chantante et pleine d’une douceur inusitée lorsqu’on connaissait la Bàs Kadin de Siltamyr. Cette scène fit rire Naheeda d’un rire limpide et sourire davantage Sheïra.
Il fera un très bon héritier. Fit la membre du Sheörr d’un air entendu, alors que le gamin à la peau dorée sortait entièrement nu du bassin et que ses pieds tapaient doucement sur le sol de marbre blanc. Il vint se planter devant les deux femmes avec un sourire triomphant juché sur les lèvres, d'où transparaissaient les vides que des dents de lait laissaient bée avec leur disparition.
Regarde, Mama… Fit le petit  garçon de quatre ans, son poing tendu en direction du visage de Sheïra. Il finit par l’ouvrir afin de laisser apparaitre un têtard frétillant qui dansottait dans la menotte encore humide de l’enfant.

La Sultane fronça brusquement les sourcils, créant un pli sur sa peau veloutée aux doux reflets ardents. Ses lèvres se pincèrent alors qu’elle resta un instant interdite avant de soupirer et rendre le même sourire que son petit-fils lui offrait avec tant d’amour.
Sheïra, appelle-moi Sheïra, Driss. rappela-t-elle tendrement avant de caresser le minois rond du petit.
Il est beau Driss, mais tu devrais le remettre dans le bassin. Tu sais, tu aimes regarder et courir après les grenouilles. Si tu le laisses, il grandira et deviendra une belle créature. Et je t’emmènerais aux bassins une nuit de pleine lune comme tu aimes tant. Dit-elle alors qu’elle referma tendrement la menotte encore un peu potelée de l’enfant.
Dans un geste souple et félin qui démentait son âge, Sheïra se redressa dans une attitude droite et rectiligne alors que sa masse croulante de boucles sombres chatouillait le creux des omoplates.  La Bàs Kadin apposa ses carpes dans le dos de son petit-fils pour le mener jusqu’au bassin, lui ouvrant la main afin qu’il relâchât l’animal. N’oublie pas, mon chéri. Tout acte doit être réfléchi et tu ne dois pas user de tes prérogatives de façon aléatoire. Tu es destiné à de grandes choses, Driss, et tu es mon petit amour. Ne l’oublie pas. Trois temps de patience avant d’agir et de happer l’existence.
Le petiot inclina son menton rond, d’un geste affirmatif,  alors que sa lippe inférieure se faisait plus ronde et importante dans une esquisse de babillage.
Oui…Ma… Il s’interrompit avant d’entourer de ses menottes le cou de la Sultane Sheï….

Naheeda jeta un regard en direction de Sheïra. Les deux femmes s’échangèrent un regard furtif, long, lourd et plein de sens pour leurs intellects aigus.  La Sultane finit par couvrir la joue de son petit-fils de ses lèvres pulpeuses afin de lui offrir un tendre baiser et lui montrer qu’elle n’était plus fâchée ainsi, qu’elle était fière de lui.
Ô Combien cette pensée était réelle, il était le nectar qui ensoleillait sa vie à son zénith, rendant moins amère la bassesse qu’était l’existence plein d’âcre acte et de vil mensonge.
Les dangers, elle pouvait les briser afin de protéger cette jeunesse à peine esquissée, pour lui, pour Idriss et surtout pour sa fille, Azshara. Elle ferait tout pour abattre leurs ennemis. Tout et de la plus abjecte des façons qui soit, si cela s’avérait nécessaire. Sheïra n’aurait aucune hésitation et aucun regret pour les vies détruites.

La Dame ne put, une nouvelle fois, réprimer un sourire fier et gonflé d’une douceur douloureuse lui effleurer les lèvres. La maîtresse du conseil du Sheörr empoigna doucement le coude de Driss pour lui glisser, sur un ton murmuré et tendre, de la suivre afin de regagner ses appartements.
Venez. Nous rentrons. Elle s’était redressée, alors que dans ses doigts elle maintenait la main de son petit-fils. Ses prunelles dardaient en direction des arcades qui entouraient de leur grande hauteur la plus imposante cour intérieure du sérail. Les moucharabiehs qui obturaient la vue sur l’intérieur de ce dernier étaient d’un azur marqué, faits de motifs géométriques qui apportaient une douce rigueur à ces décorations où la nacre incrustée mettait un éclat appuyé.

Les trois Sharda entrèrent dans l’un des longs couloirs qui serpentaient le Harem. Leurs pieds nus arpentaient les tapis moelleux richement travaillés. Ils retournaient dans les entrailles du gynécée, lieu où le sultan avait la main mise sur l’ensemble des vies qui y siégeaient. Maître absolu de ses esclaves, car tous ceux qui y pénétraient perdaient leur appartenance et devenaient les choses élues pour le plaisir et le bien-être du maître d’Al’Akhab, tel était l’empire que possédait le Sultan.
Le faste de ces lieux n’était que richesse, raffinement et alors que la Sultane laissait aux mains d’une servante son petit-fils, d’un coup d’œil elle indiqua à Naheeda de la suivre et, par une porte dérobée, elles quittèrent le Palais afin d’emprunter le dédale de couloirs étroits qui les mèneraient au sein du Sheörr.
L’existence de la Sultane était ainsi ordonnée, paisible en apparence, mais dont les méandres étaient d’une obscurité et d’un chaos sans nom. Pourtant, pour la sultane, ce fut ce qui la sauva de tous. Mais cette découverte n’appartint qu’à l’approche du milieu de sa vie. Avant que bien des choses ne l'y formèrent.


…. Elaïm est bon, Elaïm est juste et veille sur son peuple et sur les enfants du monde. Il est le père, la mère, mais aussi le frère de chacun. Et c'est dans son royaume que sera fêtée sa victoire contre le mal à la fin des temps.
Voici ce que les représentants du culte d’Elaïm prônaient envers les habitants d’Ordanie. Mais ces ânes bâtés n’écoutèrent pas les doux préceptes du dieu créateur, ils ne prirent pas la main tendue en aide par le Grand Arif Ar’Rhaman, afin de les faire retomber dans la lumière. Pourtant, dans sa miséricorde Arif donna l’ordre d’exécuter ces hérétiques, pour leur donner la chance de connaître le royaume d’Elaïm,  mais surtout pour leur éviter de tomber davantage dans les bras impurs de Nephalar…


La femme, prénommée Azshara,  qui contait cette histoire était d’une beauté peu commune, mais rongée par l’amertume, cette perfection chutait avec les ans. Elle était la fille unique du Sultan déchu et le goût amer, qui restait dans sa gorge à l’aune des autres parents proches, était un nectar dont le poison pourrissait tout : même l’amour qu’ils pouvaient donner était corrompu par cette décadence. Ainsi ses enfants écoutaient et apprenaient cette histoire ressassée comme une mélopée qui les ancrait dans la réalité de la famille.

… Et Dans leur cruauté inconséquente les Vreën commirent l’irréparable, avec l’aide de ces félons d’El Thali, ils tuèrent Arif comme un chien aux portes de la ville alors qu’il tentait de les empêcher d’endiguer l’attaque avec l’honneur qu’il possédait...
La femme pinça son nez du bout de ses doigts avant de toiser l’aînée de ses enfants.
Sheïra, qu’as-tu retenu cette histoire ? Une question parmi d’autres, toujours la même, celle qui encageait l’esprit des petits cœurs qui étaient sous sa coupe.
Que les Vreën sont des fourbes desquels il faut se méfier et que les El Thali sont des traîtres à leur sang.
Bien ma fille…
Tiens-toi droite ! Immédiatement !
»

Elle, l’était déjà. Roide, le menton dressé en direction de sa mère, Sheïra dont l’âge était encore tendre avec ses  six ans, dardait ses prunelles d’or en sa direction. Ses longues boucles noires étaient prises dans l’étau de la natte qui les maintenait fermement en place. Dorée, dans l’immaculé qui l’entourait, dure, avec aucune esquisse de sourire quelconque. Sheïra était aussi abrupte que l’or avec son chatoiement léonin.

« Allez viens. Fit Azshara en ouvrant les bras à sa fille, qui vint se lover silencieusement contre le giron de sa mère. Celle-ci effleurait du bout de ses carpes la chevelure abyssale de la jeune Sheï avant de lui baiser le sommet du crâne.  
La vie de Sheïra se passait ainsi, les rires et les chants étaient moins coutumiers que l’enseignement de l’étiquette et de ce qu’une princesse devait s’adjuger d’apprendre. Cet âge tendre n’était pas pour autant vécu sans une certaine connaissance du devoir qui transportait l’être. Très vite, la jeunette s’intéressa à l’histoire du pays, s’imprégnant de ce que ses ancêtres avaient fait par le passé, l’histoire de la généalogie des autres hautes familles de Radjyn... Puis cela s’étendit aux coutumes des différents autres pays, mais surtout leurs langues qui étaient un de ses passe-temps favoris. La dynamique presque éclectique sous un fond musical des langues éveillait à ses oreilles des échos attirants.
Connaitre l’histoire des régions c’était posséder au cœur les faiblesses des autres afin de les faire ployer.  Jusqu’à son adolescence elle forma son esprit aux choses les plus aiguës, mais surtout aux arcanes de la politique. Elle devait avec sa fratrie faire ployer le Sultan et sa famille.

Le temps passa, de ce temps que Sheïra voulait encore croire infini. Mais elle savait que ce temps fut écoulé. Les vagissements hystériques de sa mère devenue folle à force de remous dans la fange du passé accusa le coup du temps. Ces instants impatients d’Azshara qui martelait de ses doigts les tapisseries ornant les murs, elles finiraient effritées à en devenir friables. Elle voulait l'ignorer, fermer les yeux comme une enfant pour ne point voir ; pourtant elle devenait une femme. Sa féminité avait fleuri et avec elle, Sheïra commençait à comprendre un peu plus. À chaque fois que l'un de ces doigts de femme devenue ombre d’elle-même faisait un crissement sinistre contre le tissu et la pierre, les instants passaient et la vengeance ne s’exécutait pas. Et le vent du temps effaçait les méfaits du passé.
Avec la perte de la raison de sa mère, s’envola la hargne du reste de sa famille ; c’était cette femme le reste véritable de la harangue Ar’Rhaman. Les autres tenaient juste à acquérir du pouvoir ; rapaces aux longues serres qui cherchaient à se refermer sur le royaume pour l’engloutir. Ainsi, les hostilités qu’ils maintenaient n’étaient que façade  afin de les mener plus haut et plus loin encore.

Son monde, ou plutôt sa confiance envers sa famille, vacilla complètement lors de l’année de ses quatorze ans, lorsqu’elle vit une procession entrer dans le palais de sa famille. D’abord, d’une curiosité avide fit face à la nouveauté qui se projetait. La gamine déchanta bien vite lorsque ses oreilles se portèrent en direction d’une porte entrebâillée. Aberration abjecte, c’était une mascarade qui n’était point amusante.
Comment osait-il ? C’était un monde qui s’écroulait, un idéal fait d’histoires et de mots qui déchantaient.
Il allait la marier !

Ses Khetbat commencèrent à partir de ce jour, aurore d’une période qui encore aujourd’hui lui donnait des frissons de dégoût. Les El Thali étaient venus demander sa main à son père. Sheïra ne sut jamais de vive voix  pourquoi l’accord fut obtenu, car l’écoute qu’elle avait pu obtenir s’était envolé avec l’arrivée d’une servante. Et malgré la colère outrée qu’elle porta à l’encontre de l’homme qu’elle avait appelé père jusqu’à ce jour,  sa main fut offerte à Altaïr El Thali. Qu’importe ses injonctions, il ne plia jamais face à l’or de son regard.
Trahison honnie, pourquoi la livrer elle ? Les émotions qui l’avaient envahie face à cette annonce s’approchaient d’une folie meurtrière. Chatte cruelle qui, dès que l’esquisse d’une parole approchait de sa présence, griffait, mordait et surtout détruisait la personne qui eut osé faire cet affront. Cette période, où les cadeaux s’échangeaient et que sa dot s’amassait, fut celle qui définit les prémices de la haine qui l’anima durant des années et transforma son caractère pour devenir celui qu’il était maintenant.
Lorsque l’accumulation  de l’or fut stoppée et que la dot fut entièrement offerte, la date du mariage fut fixée. Ce glas infâme sonna de façon horrible dans les veines de la jeune Sharda.

Malheureusement pour la jeune fille le soir des noces arriva rapidement, Sheïra se retrouva en train de tenir dans une de ses mains un bol de lait de chèvre et de l’autre un bol de dattes confites où le miel était sucré à souhait. De cette nuit, la jeune fille scella la flamme de sa haine brûlante envers la dynastie El Thali et envers celui qui s’était assujetti son être pour la perpétuer. Elle se promit de détruire jusqu’à la plus petite parcelle de cette royauté. D’Altaïr, il n’y aura aucun héritier à son sang qui montera sur le trône.

La pièce immense qui les entourait était portée dans cette touffeur enivrante par les effluves d’encens. Celles-ci s’élevaient haut dans la pièce, montant vers le plafond aux voûtes à muqarnas. Stagne et glauque à l’aune de l’émotion qui emportait la jeune fille et qui ne s’allégeait pas malgré l’apparente bienveillance de son nouvel époux et malgré la brise qui entrait dans la pièce.  Les grandes baies ouvertes, qui s’élevaient vers l’extérieur de la chambre en direction des jardins, étaient encadrées de voiles semi-opaques.  Dans ce lieu, tout n’était que richesse où le raffinement était poussé à son extrême délice.
La finesse des mosaïques qui formaient le sol bataillait avec les tapis qui recouvraient les fresques de nacre et sur lesquels les pieds nus de la jeune fille se juchaient. La nouvelle sultane et épousée se dressait silencieuse dans la chambre qui serait sienne tant dans son statut de conjointe que celle de future mère. Les murs immaculés étaient gravés en leur centre de frises inscrites en lettre d’or, citant alors des écrits des prophètes d'Elaïm.

C’était un lieu à l’image des rêves de nombreuses petites filles comme l’homme qui se dressait devant elle. Pourtant, Sheïra restait de marbre  face à l’aspect avenant d’Altaïr. Ses lèvres incarnates pincées dans une légère moue ne répondaient pas au sourire de son nouvel époux. La jeune fille, plus une enfant qu’une femme,  pouvait voir par-delà le voile qui recouvrait encore son visage l’apparence du sultan : d’une taille approchant de la moyenne haute des Sharda du nord. Son visage, aux joues lisses et rasées de près, était indubitablement masculin avec des traits d’oiseau de proie taillés à la serpe et qui pourtant respirait la bonté.  Et c’était peut-être cette apparente gentillesse qui hérissa davantage Sheïra face à cet homme.  Il n’avait pas sa place ! Un homme comme lui n’aurait pu jamais atteindre le trône sans l’intervention d’autrui.

Première fois qu’ils se voyaient depuis le début de cette mascarade et même avant leurs fiançailles, ils ne s’étaient jamais aperçus. Tradition qu’avait bénie la jeune fille et elle aurait espéré que l’heure où ils allaient se rencontrer fut plus éloignée. Malheureusement l’heure était venue, elle avait quitté les bras de l’enfance pour entrer dans ceux de son mari.

« Sheïra, tu peux te mettre plus à l’aise. Tu es ici chez toi.
— Chez vous, vous voulez plutôt dire.
Fit-elle alors que son corps décida enfin de se mouvoir dans la pièce, à pas léger, jusqu’à une table où elle déposa les deux bols qu’elle avait maintenus fermement dans ses paumes.
Voici… Prenez ce qui vous chante. » Abrupte, tranchante, ses mots n’étaient que l’esquisse de l’émotion qui la portait et pourtant, Sheïra était froide à l’aune des sentiments qui n’étaient qu’abysse à l’adresse de son nouveau maître.

Altaïr qui avait retenu un soupir s’avança afin de prendre le bol de lait entre ses lèvres et y boire une gorgée. Avant de le remettre dans un geste posé et dans la même esquisse le jeune homme vint retirer le voile qui masquait toujours les traits, le faisant chuter sur le dallage tel un morceau éparse d’étoffe qui s’étala en une douce vague sanglante sur l’ivoire du sol. Et dans un geste il vint saisir entre son index et son majeur une mèche sombre qu’il porta à ses lèvres afin de l’embrasser.

« Ma Dame vous êtes incroyablement belle et êtes la rose de ces lieux.
— Les mots vous sont-ils plus facile que les gestes mon époux ? »
Dit-elle en retirant d’un geste agacé sa boucle de l’empire de l’homme. Avant d’arquer un sourcil en sa direction. Il la depassait dans sa hauteur, mais elle ne s’en impressionnait pas. Il était son maître, mais elle le plierait : si ce n’était pas ce soir, ce serait plus tard. Elle était patiente et savait par son âge, et malgré son inexpérience en la vie, beaucoup de choses, il la dominerait un temps. Mais elle se jura que cette faiblesse ne serait que partie remise.
Elle finit par esquisser un sourire aux allures sucrées à l’adresse du jeune homme avant de faire un demi-pas en sa direction et Altaïr eut un rire en retour.

« Diablesse. Il soupira faisant une pause avant de reprendre. Tu es mon épouse et tu seras traitée en tant que telle et avec l’honneur de ton nouveau statut…

Des mots, encore des mots, toujours, afin d’apprivoiser l’appréhension évidente du jeune animal qui était à présent entre ses mains. Mais elle n’était pas tendue que par l’unique peur de l’inconnu. Il était à l’aube de la vingtaine et elle n’aborderait la quinzaine que dans une année. Ils avaient cinq ans d’écart et tout un monde distinct où la haine entre leur famille était bien imprégnée. Entre eux se portaient tant de différences et surtout d’amertumes haineuses où l’abandon de sa famille se mêlait à tout ce qui se charriait dans le sang de l’enfant qui allait devenir femme dans l’aurore de son existence et en cette nuit.  Cette nuit scella son destin, la liant jusqu’à la mort à la personne d’Altaïr El Thali.

Les mots qui finirent cette soirée furent le point d’orgue de la relation qui s’esquissait entre eux. Altaïr ne réussit pas à endiguer les sentiments que Sheïra avait à son encontre, juste à les exalter. Qu’importe les gestes qu’il eut à son encontre. Qu’importe qu’il fût doux ou que ses mots le fussent aussi. Le passé était tel qu’un instant passé ensemble ne pouvait éteindre ce qui existait depuis deux générations et qui s’était exacerbé dans son être.  Et ce sentiment n’alla pas en s’améliorant, cette haine s’emparait d’elle pour l’emporter vers une morosité sans nom. Détruite, elle comprenait la folie qui s’était emparée de sa mère au point de craindre pour sa propre santé mentale. Les mois s’écoulaient et le sultan poussait quotidiennement la porte de sa chambre qu’elle quittait juste pour flâner dans les couloirs du Harem.  Morose et emplie de soupirs, les seules choses qui l’animaient un tant soit peu furent d’observer les aléas des évènements qui rythmaient la vie du palais. De ça, elle apprit à comprendre et anticiper les réactions du petit peuple qui vivait dans le cœur du Harem et dans le reste du palais. Car malgré son statut de femme, Altaïr lui permit de sortir de sérail et montra quelques chemins, des couloirs dérobés, afin qu’elle peut découvrir plus avant le palais, sans qu’on la vît. Il avait agi ainsi, pensant que cela redonnerait un peu de joie à sa jeune épousée et, contre toute attente, ce fut le cas. Sheïra découvrit un autre monde, moins futile que les viles rancœurs de Harem. Les arcanes qui se dessinaient devant ses yeux à travers les fenêtres à jalousie, d’où elle pouvait tout distinguer et où personne ne l’apercevait, étaient une toile infinie.

Le sultan continua à la poursuivre de ses assiduités, elle reprit vie. La jeune Sultane avait découvert au-delà de son ennui le moyen de faire plier les êtres. Par écoute, mais surtout par un savoir  auquel elle s’était donné accès, Sheïra était entré dans la ronde. Jeu de privilège et de pouvoir, elle fit rapidement comprendre à nombre de membres du sérail qu’il valait mieux marcher avec elle. Déjà, à l’époque de ses quatorze ans, elle ne possédait aucune pitié et lorsqu’un jour ils découvrirent une servante écroulée dans son sang et les restes de sa cervelle dans ses appartements, la suite fut aisée.  Elle était la femme du sultan, avait le droit de vie ou de mort sur eux et  Sheïra savait très bien par quels mots convaincre son époux. Pour lui plaire, Altaïr acceptait, avec en plus un plaidoyer adéquat : elle pouvait tout. Et pour chacun des services que le sultan lui rendait, l’Ar’Rhaman faisait mine de s’adoucir. Sa beauté, elle l’apprenait, pouvait émouvoir son époux.

Alors que son pouvoir augmentait et que le réseau qu’elle s’était construit également, Sheïra fut abordée par un homme à l’aube de ses seize ans. Chose qui ne put l’émouvoir dans l’instant, car avec le conteur qui se complaisait à se balader dans les couloirs du Gynécée et raconter ses histoires aux autres femmes du sérail, rien ne pouvait l’étonner. D’autant plus que ce vieil homme était aveugle, certes sûrement point eunuque. Mais de lui et de son arrivée dans ses appartements découla un tournant dans son existence : de par  ses talents et de par son réseau dans le palais qui lui rapportait tous ce qui se passait, le Sheörr la contacta. D’abord, incrédule parce que l’homme se disait être l’ombre, le chef, de cette dite organisation, Sheïra finit par accepter de faire partie de cet ordre.
Elle n'était pas de ceux qui étaient destinés aux combats : son entrainement au sein du Sheorr fut de l’ordre mental. La sultane apprit les arcanes de la politique de façon aiguë. Et les restes de brume qui masquaient sa vue et surtout sa compréhension de certains secrets, furent balayés. Il fut délectable de parvenir, juste avec son intelligence, à tirer des ficelles afin que le destin s’orienta selon ses désirs.

Les années défilaient et lorsqu’elle eut dix-huit ans un homme arriva au Sultanat.
Ce fait n’était pas une nouveauté, il arrivait quotidiennement des quatre coins d’Azzura des étrangers, mais celui-ci était plus atypique que les autres. Il était doté d'une beauté hors du commun : une peau pâle avec une crinière abyssale, mais surtout un regard aux allures marines époustouflant.  Il s’était présenté à Altaïr comme l’ancien roi d’Eressa, Lorel Syal'Telar, qu’on avait renversé de son trône. De lui, Sheïra fut absorbée durant son court séjour au sein de Siltamyr et lors d’une nuit, ils s’unirent. Une folle passion avait emporté la sultane, mais pour la première fois de son existence elle désira réellement quelqu’un et son étreinte. De cette nuit qui fut aussi délectable que brève,  il résultat un fruit.

Quelques mois après le départ de Lorel Sheïra découvrit qu’elle était enceinte. Au départ elle avait nié l’évidence. Étrangement et ce, après les années, la sultane allait donner la vie après une seule nuit avec l’Eressae : elle était enceinte. Hasard étrange, la jeune femme savait pourtant que rien n’était aléatoire. Il n'y avait que les crédules et les ignares qui s’en remettaient à la providence. De ce secret, elle n’en parla à aucun sauf à Ejaz, l’ombre du Sheörr, qui était aussi l’un de ses contacts directs en plus d’être un professeur plein de mérite.

De cette grossesse elle garda une impression troublée qui changea sa manière de voir son époux. Sheïra était une pure Sharda et malheureusement, cette origine poussée à l’extrême finesse avait influencé son corps pour en faire un être petit. De ces neuf mois, elle ne faillit pas survivre. Enfant trop gros ou grossesse multiple, les sages femmes n’étaient pas sûres d'elles. Au-delà de la faiblesse qu’elle avait ressentit ou même de la douleur lors de l’enfantement, ce fut la présence d’Altaïr qui apaisa ses maux. Prévenant, doux et surtout attentif, il veilla sur elle, calmant le fond de rage qu’elle éprouvait à son encontre, la faisant presque regretter amèrement cette infidélité, qui pouvait tant lui coûter.

D’elle naquirent deux poupons, naissance gémellaire d’un garçon et d’une fille. Elle avait apporté l’héritier tant désiré à la lignée El’Thali, réalisant en même temps le dessein qu’elle avait espéré un instant lorsqu’elle avait consommé sa nuit avec le roi perdu : anéantir le sang d’Altaïr et remettre en place sa propre lignée sur le trône des Sharda du nord.  
Heureusement pour elle, chacun d’eux ressemblait à un Sharda. Ainsi, son méfait resta inconnu de tous et allait le rester définitivement.

L’année et demie qui suivit fut une période de paix et de calme pour la sultane. Apaisée dans sa rancœur, enamourée de ses deux petits trésors, elle profitait de l’air paisible du sérail. Cependant, au-delà des terres de Radjyn l’ambiance n’était pas à la paix et afin de favoriser les rapports maritimes et d'améliorer les rapports avec les royaumes Alsdern d’Ordanie, le Sultan prit une seconde épouse. Acre jalousie, instinct de possession souverain ; Sheïra n’acceptait pas de se faire détrôner par un insecte barbare qui ne possédait aucune grâce.

« PETITE PUNAISE !Hurla Sheïra, quelques jours après la fête et le mariage en l’honneur  du Sultan et sa seconde épouse. Ses prunelles brillaient telles celles d’une chatte cruelle. Toutes griffes dehors, elle vint bondir pour atteindre cette grande truie balourde.
Tu n’es rien et je t’exterminerais Fit-elle dans un ton plus sombre, avant d’entailler durement la chair au-dessus de l’arcade sourcilière gauche de Valkrys.
De cette altercation, elle eut le poignet cassé et reçu une ruade de la barbare Alsdern. Mais cette haine était liée par un sentiment de possession : le Sultan était à elle et cette sale gamine n’était qu’une intruse, qui allait détruire ses plans et ceux du Sheörr.
Le statu quo, entre les deux sultanes fut toujours d’une tension étouffante. Sheïra ne laissa pas un instant à l’Alsdern pour respirer, l’entourant de ses sbires et de sa présence. Elle était peut-être plus forte qu’elle, mais cette pauvre fille ne l’égalait pas par l’intelligence. Pauvre mocheté écervelée qui s’élevait seulement par ses muscles : la haine, elle perdura jusqu’à ce jour encore.

Ses enfants grandissaient, ils étaient sa fierté : d’une intelligence inégalée, d’autant plus impressionnante qu’ils étaient précoces dans leur manière d’appréhender le monde. Et leur présence parvenait à faire s’éclipser celle de Valkryss et de son fils, conçut peu de temps après l’arrivée de cette dernière.
Pourtant une ombre apparaissait dans le tableau qui se dessinait devant la Bàs Kadin – l’intelligence de sa fille   –.
Trop belle, trop intelligente. Sheïra apercevait son propre reflet dans celui de sa chair. La Sultane souhaitait par-dessus tout que sa fille ne possédât pas un destin comme elle-même ; devenir la simple épouse d’un émir la détruirait et la ferait devenir une menace pour elle-même et pour tout Radjyn. Azshara, qu’elle avait prénommée en souvenir à sa mère, était de ces êtres destructeurs qui, lorsque leur énergie n’était pas canalisée, éclataient et pour lesquels les conséquences alentour n'importaient pas. Elle deviendrait elle-même loin de la Cour  et, même si elle devait arracher son propre cœur, Sheïra sauverait sa fille ! Au sein du Sheörr elle pourrait être qui elle souhaiterait et mettre à profit son intelligence sur autre chose que de simples broderies.

Au crépuscule des sept ans de ses enfants survint l’occasion qu’elle espérait trouver pour qu’Azshara s’échappe des griffes du sérail. Des extrémistes d’Elaïm créaient des tords dans toute la ville : l’agitation était à son comble et les gravats s’amoncelaient dans la cité de Siltamyr. Elle était à feu et à sang et, pendant une rixe plus importante que les autres, Sheïra fit entrer les hommes du Sheörr dans le Harem avec pour ordre simple d’enlever les jumeaux.
Les hommes ne brisèrent point l’estime qu’avait la sultane en eux. Les agents de l’ombre exécutèrent vite et bien la tâche qu’elle leur avait donnée alors que tout  le sérail découvrait avec atterrement la disparition des enfants du Sultan. Sheïra n’eut guère de mal à jouer l’effondrement de cette perte, car son esprit était déjà porté en direction de l’acte qu’elle allait devoir commettre. Lovée à demi dans les bras du Sultan, les joues maculées des larmes qu’elle laissait échapper, la dignité qui la composait en cette heure était brisée.  

« Mes enfants !! Sa voix était entrecoupée, hachée par l’émotion.
Idriss….Az..Shara… Mes petits.
— Respire…Sheï. On va les retrouver
Disait Altaïr en lui caressant les cheveux. Le visage tendu par l’émotion.

La sultane leva ses prunelles désespérées en direction de l’homme à la mine sombre. Non, on ne les retrouverait pas, ou tout du moins Azshara.  Elle le savait, le passé était mort avec la décision que Sheïra avait prise de sauver sa fille. La sauver d’elle-même et du futur qui allait la détruire au-delà de tout.  Sa fille allait la détester, la haïr,  la Bas Kadin le savait, mais c’était la croix qu’elle allait devoir porter pour le reste de son existence.

Elle gémit, complainte à fendre l’âme en écho à la sienne qui disparaissait avec les derniers rayons de l’astre solaire. Ce ne fut que plus tard dans la soirée que des soldats du sultanat entrèrent dans le salon impérial, la mine sombre. Pourtant, ils revenaient avec le petit Idriss qui se jeta dans les bras de sa mère.

—   MAMAN ! Maman…Je suis désolé…Ils étaient trop nombreux…Je n’ai pas pu la protéger… Marmonna-t-il dans ses lèvres. Les paroles d’Idriss se perdaient dans la poitrine de sa mère, roulée contre elle, pendant qu’elle le serrait désespérément et que le chef des gardes s’avançait vers son maître.

Votre majesté... Je suis désolée, la nouvelle que je vous annonce est des plus difficiles mais, lorsque nous avons récupéré votre garçon et malgré le fait que nous ayons élargi notre champ de recherche, nous n'avons pu retrouver votre fille...
Le soldat se tut un instant et dit avec une expression douloureuse.
Je regrette, mais votre fille a été retrouvée morte... Les... Extrêmistes vous ont envoyé le pire message que je puisse vous transmettre. Son corps a été retrouvé calciné et cloué aux portes de Siltamyr. Nous avons pu identifier ses vêtements, ses bijoux...
—  NON ! NON ! Ce n’est…
Commença Altaïr alors que sa peau dorée palissait à vu d’œil. Sheïra qui avait à demi lâché son fils vint soutenir le sultan dans sa détresse.
Ce n’est pas possible…..

La première épouse vint l’aider à s’asseoir, restant contre lui avec leur dernier enfant dans les bras. Les années de quiétude étaient définitivement brisées. Les trois jours qui suivirent furent chargés en émotion. Anéanti et empli de colère, le Sultan envoya l’armée des Immortels afin d’exterminer les extrémistes et d'endiguer toute forme de révolte.  Il fallut préparer les funérailles d’Azshara, malgré le peu de corps qu’il restait.
Ce ne fut que sur le tard qu’elle put enfin retourner dans les entrailles du Sheörr, afin d’accomplir la fin de son plan. Vêtue de rouge, elle était régalienne parmi tous les membres de l’organisation, habillés de noir et discret. Ce fut Ejaz qui la conduisit à la cellule où sa chair était enfermée. Silencieuse, elle hésita quelques secondes avant d’entrer, la paume de sa main fermement appuyée contre la porte sombre et froide indentique à tout le reste du Sheörr.
La porte s’ouvrit enfin sur une femme qu’elle connaissait bien. Elle faisait partie du conseil et, dans un geste, elle s’inclina avant de s’écarter et laisser à sa vue la forme misérable qu’était sa tendre fille. Vêtue de souillon sombre et sale, en train de manger les relents d’un repas comme un fauve affamé, elle lâcha brusquement les restes de son assiette avant de crier à son encontre.

« Maman !

D’un geste, elle fut agenouillée sur le sol, bras ouvert, afin d’accueillir sa fille. La serrant contre elle, la sultane était éperdue, tout comme le petit être qui sanglotait contre elle. Temps infiniment long, torture immense pour son cœur, Sheïra ne voulait pas la laisser et elle faisait reculer un peu plus l’instant. Mais soudainement, la sultane repoussa la petite d’un geste net.

—  Je ne suis plus ta mère.

Sans un mot de plus, la jeune femme finit par se redresser d’un geste. Impérieuse, elle jetait un regard froid et impassible à l’enfant qui comme elle, avait perdu quelque chose en cet instant.
Mort.
Mort de l’être et de l’âme. Sheïra s’en alla de la pièce en la refermant dans un coup sec avant de continuer son chemin, évitant le regard aveugle et pourtant lourd d’Ejaz. Elle finit par s’écrouler contre un mur, la respiration courte. Une main tremblante était apposée contre sa poitrine alors que son dos venait s’appuyer contre la paroi de pierre, jusqu’à glisser au sol.

Az….Ma petite…Pardon…

De ce jour vint l’être qu’elle était. La parcelle d’humanité qui avait existé dans l’âme de la Sultane avait disparu en même temps qu’elle avait rejeté sa fille. Le cœur de Sheïra, qui s’était éveillé à la vie en même temps que ses enfants, mourut après cet acte.

Être impitoyable, elle l’était déjà, mais le peu de compassion qui  avait existé en elle s’était éteint. Et à partir de cette heure là, elle décida de monter plus haut et plus avant dans le Sheörr. La jeune femme étendit son empire dans le sultanat, allant jusqu’en Ordanie et plus loin encore. Le réseau qui lui appartenait était le don qu’elle faisait à l’organisation. Et avec les années, elle prenait du poids dans ce groupe jusqu’à atteindre le rang de membre du conseil du Sheörr.  Il lui fallut longtemps et peu à la fois.
La temporalité qui l’entourait à présent était devenue élastique.  Et elle se repaissait dans les complots qu’elle organisait : savourant comme un délectable breuvage chaque coup porté, chaque cadavre offert sur l’autel de la gloire.

Alors que le zénith de sa vie approchait, elle devint maîtresse du Conseil du Sheörr et l’une des premières décisions qui lui échut fut d’envoyer sa fille dans le Harem de l'un des Émir les plus importants du royaume. Ce geste la peina, mais il était indispensable pour la sauvegarde de cet homme provenant de la région d’Amet. Cette mission dura trois années et, jusqu’à la mort de l’homme, tous pensaient qu’il survivrait. Malheureusement, à cause de sentiment qui n’aurait pas dû être, Azshara fit passer la vie de son fils à la place de l’homme qu’elle devait protéger. Cet acte lui valut la douloureuse conséquence d’être blessée, presque mortellement. En tant que mère, elle comprenait ce geste. Mais en tant que maîtresse du Sheörr ce que fit sa fille fut inqualifiable. De la période où Az fut entre la vie et la mort la Sultane resta à son chevet, veillant sur elle en tendre gardienne, immobile, dans l’amour et les soins qu’elle procurait à sa chair et son sang.
Tant d’année qu’elle n’avait plus veillé aussi près d’elle. Dans un geste tendre, elle effleura un front brulant avant de rafraichir le chiffon qu’elle appliquait sur le visage d’Azshara, afin de diminuer sa fièvre.

« Ma chérie…Vis…Tu es magnifique. Vis. Je ne saurais pas supporter te perdre encore une fois. » D’un geste tremblant, Sheïra retira sa main. Au bout de plusieurs jour, sans avoir quitté sa fille, elle finit par se lever en la sentant esquisser les premiers prémices du réveil. La sachant destinée à vivre, la sultane pouvait partir l’esprit en paix.

Lorsqu’elle revint au palais ce fut accompagnée de son petit fils.  De ce retour vint l’une des révélations les plus difficiles à conter : le physique de cet enfant, ainsi que son nom étaient trop proches. Ce secret qu’elle portait depuis une quinzaine d’année devenait avec les ans de plus en plus lourd à porter. Elle révéla cette nuit-là à Idriss que sa sœur était en vie, travaillant au sein du Sheörr, les aidant à maintenir l’ordre et la protection du royaume.  De cette discussion, son fils accepta de faire passer son neveu pour son bâtard, permettant de protéger son neveu et de le faire entrer dans le sérail, afin de le mettre sous la coupe de Sheïra.

Depuis que Driss était entré au sein de Harem, la Sultane le gardait toujours auprès d’elle, l’éduquant et le protégeant de Valkryss et ses complots. Encore une fois, plus il grandissait, plus Sheïra retrouvait l’empreinte de son sang. Gamin vif d’esprit, moins que son oncle et sa mère, mais d’une intelligence certaine. Sheïra profitait de cet gamin, n’ayant pu en engendrer d’autres depuis la naissance de ses enfants. Des seules grossesses qu’elle avait engagée, elle n’avait put en mener aucune à terme : elles se finirent en fausses couches au bout du sixième  mois, laissant sortir d'elle des nouveaux nés trop faibles pour survivre. De cette vie esquissée, elle aurait pu offrir à son époux cinq enfants tous assez formés, mais trop frêles…

Ainsi, les années défilèrent et une paix précaire semblait s’installer jusqu’au retour de la magie. D’elle, on vit d’abord des artistes itinérants acquérir davantage de maîtrise du feu, certains éjecter des objets à l’autre bout d’une pièce et bien d’autres… Sans compter la légende d’Azzura dont le vieux Calim se pâmait à force de joie. C’était la première fois qu’elle voyait le vieil homme si joyeux. La légende d’Azzura était réapparue, la magie revint.
De ces changements que d’autres subissaient, Sheïra n’avait aucune manifestation ; elle était égale à elle-même. La seule chose qui perturba encore l’existence de la Sultane fut l’apparition des marques Eressåe sur les jumeaux. De cette découverte, elle dut avouer un nouveau secret à son fils, mais aussi à sa fille qui fut moins conciliante que son garçon.
De leur silence, de leur discrétion, dépendait la survie d’Idriss. L’essentiel de son existence présente était sa chair et son sang. Et qu’importe qui se dressera devant-elle, la Bas Kadin effendi le détruirait.







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Calim Al'Azran

◈ Jeu 30 Oct 2014 - 21:56

Et c'est une validation que voilà !

Bon pour le MDP... Je vous précise qu'elle le connaît...