Azzura


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Vriekhilde Oldengard - Reine d'Alsvard

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◈ Missives : 39

◈ Âge du Personnage : 29 ans
◈ Alignement : Chaotique Neutre
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Satvar, Alsvard
◈ Magie : Arcanique : dissipation
◈ Fiche personnage : Vriekhilde Oldengard

Héros
Vriekhilde Oldengard

◈ Mar 2 Déc 2014 - 22:24

◈ Prénom :  Vriekhilde
◈ Nom : Oldengard
◈ Sexe : Femme
◈ Âge : 29 ans
◈ Date de naissance : An 61, 21 d'Eldra
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Satvar / Alsvard
◈ Alignement : Chaotique neutre
◈ Métier : Reine d'Alsvard


Magie


◈ Magie arcanique : dissipation de la magie
Eut égard à la nature subtile de son pouvoir, à ses répercussions infimes sur le monde et à la rareté des phénomènes magiques en Alsvard, Vriekhilde n'a pas encore pris pleinement conscience de son talent.


Compétences, forces & faiblesses


◈ Artisanat : confection des runes (expert)
S'il n'y a rien de réellement compliqué dans la réalisation d'un jeu de runes, Vriekhilde ne saurait user d'autres que les siennes.
◈ Connaissance : us et valeurs du peuple alsdern (maître), mode de vie et protocoles en usages chez les Vreëns (intermédiaire), écriture (expert)
Vriekhilde a été élevée à la fois pour être une princesse exotique en des terres lointaines et pour être la reine qu'elle devint.
◈ Art des combattants : épée (expert), arc (expert), stratège de guerre (expert), commandant (expert)
Son oncle lui a appris à se battre avec habileté et vaillance, et son père à commander les guerriers avec fougue et violence.
◈ Arts des navigateurs : natation (intermédiaire), pied marin (novice)
Vriekhilde est peu familière des navires, mais suffisamment pour savoir qu'elle n'est pas sujette au mal de mer.
◈ Art des chasseurs : pistage (intermédiaire)
Vriekhilde apprécie la chasse, même si celle-ci a plus souvent été une nécessité alimentaire lors des mauvais hivers de Drak qu'une sortie d'agrément.
◈ Art des chevaliers : équitation (expert), combat monté (intermédiaire)
L'équitation figurait au nombre des obligations de la princesse.
◈ Art des politiciens : diplomatie (intermédiaire), intimidation (expert)
La reine possède suffisamment de diplomatie pour s'exprimer avec tact, reste à supposer qu'elle désire en faire usage.
◈ Arts des sages : connaissance de la flore et de la faune (intermédiaire)
Là où feu et glace cèdent place à la terre nourricière de Satvar, survivent quelques bêtes rustiques et quelques plantes opiniâtres, lesquelles ont peu de secrets pour Vriekhilde.

◈ Langues : Alsvard, Kaerd

◈ Forces
- Aplomb, orgueil, audace
- Guerrière accomplie
- Meneuse d'hommes

◈ Faiblesses
- Reine et femme en un monde d'hommes
- Connaissance réelle du monde plutôt étroite
- Susceptible et téméraire


Physique

Vriekhilde est une jeune femme au port altier, au menton volontaire et à la silhouette guerrière.  La reine s'enorgueillit davantage de l'habileté de son bras d'épée que de ses charmes féminins, ses formes disparaissant souvent sous d'épaisses couches de vêtements de cuir ou de fourrure.

Qui ose soutenir son regard s'offre à l'éclat tranchant de ses yeux d'un bleu pâle, évoquant l'aigue-marine. Vriekhilde a hérité des traits de son père, plus acérés que lisses et de la pâle chevelure blonde de sa mère.

Vriekhield se soucie assez peu de son apparence et de l'image qu'elle offre au monde. Si elle apprécie les vertus d'un bon bain - fut-il froid -, ses ablutions sont généralement courtes et ses parures simples. En bonne alsderne et en dépit de la volonté de sa mère de lui faire découvrir les robes raffinées des Vreën, Vriekhield ne sacrifie pas volontiers l'utile et l'agréable sur l'autel du paraître. Les rares bijoux dont elle s'encombre sont des pierres, plus polies que taillées, montées sur de simples cordons de cuir.

Paradoxalement, c'est souvent cette absence volontaire de luxe qui intimide les rares dignitaires étrangers faisant halte à Drak, rappelant que la reine n'a pas besoin de signifier son rang par des fioritures pour le voir respecter par ses pairs.


Caractère


Il n'y a de chaleur en son âme que le feu des volcans. Une rage ardente incendie ses veines, et la princesse devenue reine n'a rien perdu de sa superbe. Fière au point d'en friser l'arrogance plus souvent qu'à son tour, Vriekhilde ne saurait tolérer qu'on remette en doute sa valeur ou celle de son peuple.

Lorsque nul affront n'est fait à son sang et à ses terres, Vriekhilde est d'un tempérament plutôt réfléchi, consciente que si nourrir la terre du sang de ses ennemis peut apaiser son peuple, il lui faudra tôt ou tard affronter les conséquences de ses actes et décisions. Lorsqu'elle a l'âme aux orages et aux blizzards, elle cherche en sa mémoire le doux souvenir d'Altarid et tente - parfois en vain - d'agir avec lucidité. Il lui arrive de songer que seule sa mère avait la faveur de Vriek, et qu'il n'a consenti à la protéger qu'en souvenir d'Altarid, lui refusant ainsi la sagesse qu'il lui avait accordée.

A la manière de ses terres aux volcans somnolents, elle possède un mépris glacé pour la faiblesse. En ce monde cruel où chacun doit se battre pour survivre, ce n'est pas rendre service que de tendre une main aidante à ceux qui se complaisent dans l'échec. Vriekhilde a le sens du devoir et l'intime conviction qu'en ce monde aux castes et rangs bien ordonnés, chacun se doit de rester à sa place, ce qui ne l'empêche pas d'avoir une vision parfois peu partagée de la place de chacun.


Inventaire


Vriekhilde est généralement vêtue d'habits épais de bonne facture, de cuir et de fourrures. Propulsée en de hautes sphères en présence de dignitaires étrangers, elle prendra garde à s'encombrer de quelques bijoux plutôt simples, et très rarement, à se départir de sa cape et de son manteau pour des habits plus seyants sous d'autres us.

La reine se déplace généralement armée, d'une épée ou tout du moins d'une dague, il arrive que des bêtes sauvages passent l'enceinte de Drak, et une reine alsderne se doit de pouvoir vendre chèrement sa vie.



Histoire


Altarid était une Alsdern singulière. Née d'un Jarl respectable entretenant des rapports avec Yra, les rumeurs lui prêtaient la bénédiction des Eleär. Si beaucoup s'étonnèrent que la vaporeuse et lunatique jeune femme s'attira la faveur du roi d'Alsvard, son père n'hésita pas un instant à la marier à Froward Oldengard.

Certains se plurent à dire qu'il s'agissait d'un mariage d'amour, d'autres plus narquois d'un mariage de raison, Froward étant allé quérir la tempérance qui lui faisait défaut. Altarid s'accommoda de son orageux époux. Elle donna naissance à Vriekhilde, ainsi nommée pour être le bras armé de son père dans le respect des volontés de sa mère.

~°~

« Nous sommes déjà du même sang, elle et moi, Altarid. Qu'elle saigne et je saignerai, mais je ne voudrai pas qu'elle se retrouve désarmée face à des étrangers. En garde, gamine. »

Par chance ce n'était qu'une épée de bois, et Vriekhilde, n'ayant pas vu le coup venir, alla s'étaler dans la neige les flancs meurtris. Asgeir était plus posé que son frère. Il concevait que toutes les femmes alsdernes n'aient pas à prendre les armes mais cela ne signifiait pas pour autant que sa nièce eut à être de celles-ci, quelque soient les espoirs de mariages honteux que sa mère entretenait pour elle.

« Elle est ma fille. La paix se fera par son lignage. »
l'avisa Altarid.
La reine avait la grâce impérieuse des eaux profondes, une beauté limpide en surface, une rage glacée en dedans.

« Elle est la fille de mon frère. Il lui faut savoir se battre. »


Le guerrier-né eut un regard en biais pour sa nièce, laquelle s'était relevée et s'avançait l'épée au poing, prête à parer la prochaine attaque.

« Elle est l'unique enfant de mon frère. » conclut Asgeir à l'encontre de la reine, lui opposant l'argument traître qu'elle ne pourrait contrer. Altarid se renfrogna, refusant de répondre à l'outrage. Ce n'était pourtant pas faute d'honorer son mari et de rendre ses hommages à Elyséa... Elle avait grand-peine à porter la vie et, quand son ventre s'arrondissait, la mort posait sa marque glacée sur ses entrailles avant même que le nouveau-né n'ait pu voir le jour.  

Vriekhilde n'était déjà plus une enfant. Elle commençait à percevoir la vérité mordante sous les non-dits. Son père n'avait pas encore d'héritier mâle, mais la reine était encore jeune et cela viendrait. Elle n'était qu'une remplaçante et l'on ferait d'elle une de ces femmes légères et exotiques, sans valeur et sans force. Cette idée la révoltait. De rage, elle lança de toute ses forces son épée de bois, dans un coup trop bas pour attirer l'attention de son oncle focalisée sur la reine. L'arme d'entraînement vint lui meurtrir le tibia, et le guerrier lâcha un juron, avant de prendre congé de la reine et de grommeler qu'une certaine gamine ne l'y reprendrait plus.

~°~

« La reine désapprouvera. » avait marmonné la veille nourrice de sa voix usée en posant un regard ennuyé sur les bleus qui marquaient la peau diaphane de la princesse.

Vriekhilde feignait de ne pas l'entendre. Parée de tissus fins aux broderies tissées d'or, elle serrait les bras contre sa poitrine affirmée, se gardant du froid mordant qui s'insinuait dans l'immense bâtisse inhospitalière qui tenait lieu de château de Drak. A en croire la reine, de tels habits faisaient fureur sur les terres Vreën d'Ordanie. La princesse n'en avait cure, elle se sentait ridicule et bien peu désireuse de s'attifer de la sorte pour plaire à un seigneur étranger. Un mariage honteux, de toute évidence, si pourquoi était-ce à elle de se préparer à partir, et non à son prétendant de venir présenter ses armes et ses exploits à sa famille ?

Au vingt-et-unième jour d'Eldra, comme chaque année, elle avait lâché les runes à la demande des anciens. Et les présages avaient parlé. Du ventre arrondi d'Altarid naîtrait l'enfant mâle désiré, le digne héritier de Froward. Vriekhilde prendrait la mer pour sceller une alliance durable en territoire Vreën.

« Ma fille,avait commencé Altarid, tâchant en vain d'accrocher le regard buté de la princesse, lorsque le feu et la glace se sont unis contre mon aïeul le Jarl, c'est par la main des Eleär que nous avons survécu. Nous ne devons pas refuser l'opportunité d'une alliance profitable. Seuls, nous survivrons. Avec des alliés, le royaume d'Alsvard prospérera. »

~°~

A en croire Altarid, elle avait la beauté insaisissable des fleurs sauvages qui percent la neige à l'orée du printemps. Vriekhilde en était bien aise mais n'en tirait aucune fierté. Même les fleurs écarlates nées de la pointe des lances et des épées se ternissent et s'étiolent, et rares étaient les gloires assez durables pour qu'on put s'en targuer une existence durant. Les projets de sa mère, avec l'assentiment de son père, firent d'elles une jeune fille en fleur préservée des convoitises.

Un jour, à l'entraînement, Asgeir lui avait assuré qu'il était moindre guerrier qu'en son jeune temps et que son bras avait faibli, bien qu'il fut encore plus que capable d'humilier la princesse par les armes. Les querelles qu'il entretenait d'avec sa mère s'étaient apaisées, comme si la donne changeante en avait annihilé les fondements.

« La guerre est inévitable... »
répétait son oncle, avant de conclure, victorieux et amer :
« La paix a duré si longtemps que même les chevaux ont soif de sang.»

Asgeir glissait alors les doigts dans sa barbe fournie, comme si la cicatrice ancienne qui s'y terrait le démangeait à l'évocation d'une bataille imminente.

Peu de temps après, son père avait convoqué les Jarls et les plus grands guerriers-nés dans la grand-salle. Le pouvoir avait été usurpé chez leurs cousins d'Ordanie et il était de leur devoir, par leur sang, leurs armes et tous les dieux de mettre fin à cette supercherie.

Les armées étaient en marche, les bateaux apprêtés, et l'Ost braillard du roi Froward aiguisait ses lames et ses langues narquoises lorsque Vriekhilde parut. Elle était vêtue des robustes habits de fourrure de son peuple, assez épais pour contrer le froid et la plus hésitante des lames. Elle tint tête à son père et déclara :
« Les dieux m'ont voulu ta fille, mais tu es mon Jarl et mon roi autant que mon père, et me voici prête pour la seule union qui sied aux Alsdern et aux Vreën, des noces d'acier et de sang. »

Une clameur montante accompagna cette déclaration. Le départ potentiel de la princesse en terres étrangères avait toujours peiné les proches du roi qui redoutaient de perdre la lignée de Froward, d'autant que la reine n'avait pas encore mis au monde l'héritier promis. Froward, s'il n'avait jamais pris position contre les voeux d'alliance suggérés par son épouse était bien aise de ce hasard du destin qui lui rendait son enfant autant qu'il gratifiait ses hommes d'une guerre honorable.

« Mon bras ne tremblera pas. » déclara Vriekhilde en tirant son épée du fourreau.
C'était une arme de bon acier, sans fioriture, un instrument de mort et non de parade, au pommeau rude et sans attrait à la lame tranchante, à l'image du peuple Alsdern et de ses terres inhospitalières.

Froward se tourna alors vers les guerriers-nés au nombre desquels se trouvait son frère Asgeir.
« La princesse ne saurait faillir. » rugit ce dernier en couvrant avec peine les voix des guerriers.

Nul ne prêta garde à la reine Altarid qui quitta la pièce d'un pas résolu, le teint livide et les yeux hantés de mille morts pour la folie damnée de son peuple.

~°~

La malédiction silencieuse de la reine Altarid dut porter ses fruits car l'armée du roi Froward accusa plus de défaites que de victoires, se heurtant en terres inconnues à des armées bien organisées et en surnombre. Une nouvelle de fort mauvais augure leur parvint alors : la reine Altarid avait péri en couche, et l'enfant qu'elle portait n'avait pas survécu au delà de son premier souffle.

L'étendard de Thorleif s'était joint à celui des Vreëns et les forces d'Alsvard ne purent rendre justice à Heisenk. L'armée de Froward se retira au terme de trois années usantes d'escarmouches. Vriekhilde y a tua son premier homme et suffisamment d'autres pour en perdre le compte, fit la fierté tant de son oncle qui lui avait enseigné les armes que de son père en l'honneur de qui elle les brandissait.

De mornes accords de paix se scellèrent dans l'amertume et l'armée affaiblie d'Alsvard rentra sur ses terres, pour y perdre son roi encore dans la force de l'âge. Le corps du souverain avait été livré aux flammes afin que son âme rejoigne les dieux, et l'enfance interminable de Vriekhilde avait résolument pris fin. Le sort ne l'avait pas fait femme, il l'avait fait guerrière et reine, et elle en était bien aise.

Sur les suppliques de sa nourrice et en l'honneur de sa mère aimante, elle rendit ses hommages au dieu Vriek en leur fête mutuelle d'Eldra. Elle était sa guerrière, elle se sentait trahie. Elle s'était battue honorablement, avait répandu le sang de ses ennemis et dans le même temps, son père et sa mère lui avaient été arrachés, l'un en un crime impuni, l'autre par le lot cruel que les dieux capricieux réservaient aux femmes.

Pis que cela, les présages avaient menti. Sa mère ne portait pas d'héritier mâle : à en croire la nourrice, le nourrisson mort-né était une fille. Les runes lui glissèrent des mains. Vriekhilde n'avait pas le sentiment de les avoir lâchées. Elle s'apprêtait à le faire, seulement... Elle voulut s'en ressaisir, soucieuse d'avoir souillé l'augure mais les anciens l'en dissuadèrent.  

Les anciens parlèrent, parlant d'un triste présage de sang versé, seyant à la mélancolie du dieu. Vriekhilde les ignora. Ce n'était pas cela qu'elle lisait dans les runes. Les anciens s'étaient trompés une fois, peut-être avaient-ils perverti la parole du dieu.

Suis ton sang, disaient les runes. Ou bien était-ce la voie du sang ?

N'avait-elle pas honoré son père ? Devait-elle le venger ? Vriekhilde ne savait que faire de cet augure que les anciens n'avaient pas voulu voir.  

La jeune reine n'avait jamais eu la prétention de lire l'avenir, et l'ambition moins encore. Elle croyait bien moins au destin qu'à la volonté des dieux, restant intimement convaincue que tout un chacun était libre d'influer seul sur sa destinée et capable de surmonter les obstacles que les dieux lui imposaient.

~°~

La reine d'Alsvard se fia aux runes et prit le conseil d'Asgeir, son oncle et protecteur. Celui-là lui apparut pis que contrarié et lui annonça la disparition suspecte du guerrier-né chargé de la défense de Drak. Une mauvaise blessure reçue en Ordanie l'aurait emporté, mais son trépas était du nombre de ces coïncidences déplaisantes qu'une main peu aimante vient parfois aider.

Asgeir lui suggéra de recruter rapidement l'un des plus valheureux guerriers du royaume pour le remplacer, lui proposant d'organiser un tournoi pour ce faire, et d'éviter de se créer par là-même des inimitiés dans son règne naissant. Vriekhilde se fia à son avis, non sans protester qu'Asgeir valait tous les guerriers-nés du royaumes. Ce dernier lui opposa qu'il n'était nul besoin pour lui de prétendre à un tel titre car sa lame lui était déjà acquise, par le sang et tous les dieux.

Vriekhilde n'eut de cesse par la suite de maudire Asgeir, Vriek et sa propre sottise. Le tournoi fit des merveilles en ces temps moroses, et de nombreux guerriers-nés, Jarls et fils de Jarls se prirent au jeu. Beaucoup avaient en commun d'être bons à marier et d'être des prétendants à la royauté d'Alsvard plutôt acceptables. Vriekhilde ne put ni s'empêcher de s'en apercevoir, ni manquer le message subliminal envoyé par son oncle et ses sujets. Elle accorda au vainqueur l'honneur de défendre Drak, mais se garda bien de lui offrir sa main et de lui donner par la même le titre de Jarl ou de roi.

L'intéressé, Lutvejn, fin bretteur et fils de Jarl prit très au sérieux son rôle de défenseur de la cité et de protecteur de la reine, et bien moins au sérieux le respect qu'il devait à sa souveraine.

Le guerrier n'était pas assez sot pour commettre un affront évident, mais à plusieurs reprises, il laissa glisser regards et allusions à même d'irriter la souveraine, et il lui causa plus d'aigreur d'estomac que les potages insipides qu'on servait à Drak au plus fort de l'hiver.

« Cessez, Lutvejn, et comportez-vous comme si j'étais votre roi. » finit un jour par lui asséner une Vriekhilde de fort mauvaise humeur.

Conscient d'être peut-être allé trop loin, le protecteur de Drak s'inclina et se retira.

~°~

Même si les insolences de Lutvejn la distrayaient parfois de la froide monotonie d'Alsvard, Vriekhilde était bien aise de lui avoir rabattu son caquet. Son oncle lui avait souvent répété qu'il ne suffisait pas à une femme d'être l'égale d'un homme pour régner, il lui fallait être plus que cela, car c'était l'évidence qu'elle entendait asseoir et non la légitimité. Elle se devait d'incarner Oldengard tout entier.

C'était là la volonté des dieux, se répétait-elle alors qu'elle franchissait le seuil de ses appartements. La reine se figea. Elle devinait une silhouette assise sur son lit. Son sang fit un tour. Était-ce là la vengeance de Lutvejn que de laisser n'importe qui pénétrer dans sa chambre ? Était-ce ainsi qu'il assurait sa protection ?

La reine tira son épée et s'avança au devant de l'ennemi et se retrouva nez-à-nez avec une jeune fille à demi-nue, laquelle poussa un cri étranglé devant l'arme brandie.

« Qui êtes-vous ? »

« Laissez-moi, laissez-moi... » gémissait la jeune fille en se protégeant vainement le visage de ses bras, comme si un tel geste eut pu arrêter la lame.

Pour seul vêtement, un foulard moiré lui glissait des épaules pour lui ceindre le dos. Elle avait les traits délicats et des yeux verts en amande comme Vriekhilde n'en avait jamais vu.

« Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ? » répéta la reine en renonçant à l'idiome de son peuple au profit de la langue commune.

« Rothya. Je devais distraire le roi, mais je ne savais pas qu'il avait une compagne... »

Vriekhilde entra dans une rage folle, et sans la sincérité humiliante des paroles de la jeune fille, elle l'eut certainement giflée et jetée dehors, à elle de voir ensuite si un foulard de soie suffisait pour affronter les rigueurs d'Alsvard. Au lieu de quoi, c'est un tabouret de bois qui valsa à travers la pièce, tandis que la dénommée Rothya se recroquevillait un peu plus sur le lit, tâchant de masquer sa nudité sous l'étoffe transparente.

~°~

Vriekhilde avait suivi les conseils de son oncle, tâché de porter avec dignité la couronne de son père, et elle n'en éprouvait qu'une amère désillusion. Elle restait convaincue que Vriek lui avait adressé un geste, un signe qu'elle même pouvait percevoir même si elle peinait cruellement à lui donner un sens.

Suis ton sang.

Peut-être avait-elle feint d'y voir ce qu'elle voulait y lire. C'était sa mère qui l'avait mise au monde en ce vingt-et-unième jour d'Eldra, attirant sur sa vie la faveur du Dieu. Sa mère l'avait voulu voir mariée à un Vreën de haute naissance, pour enterrer à jamais les guerres répétées entre les deux peuples.

Les dieux eux-mêmes avaient donné la victoire aux Alsdern alliés des Vreën à Heisenk.
Peut-etre Asgeir et Lutvejn avaient-ils raison, peut-être devrait-elle prendre époux, après tout.

C'est forte de cette résolution que la reine d'Alsvard avait entamé son périple loin de Satvar, entraînant à sa suite une femme de chambre inoës aux yeux fuyants et un guerrier-né à la langue bien pendue, lequel n'avait pu se retenir de préciser que Rothya lui serait d'une très grande aide, en cela qu'elle connaissait mille manières de conquérir un homme et de le garder fidèle. Quant à sa présence à lui, qu'elle ne gardait pas souvenir d'avoir requise, elle relevait de la simple nécessité.

Lutvejn avait osé lui assurer qu'elle avait besoin de lui, ou tout du moins d'un homme comme lui pour se prévenir du froid, de l'ennui et de la solitude de ses longues nuits de voyage.

«  J'AI BESOIN D'UN HOMME COMME TOI. POUR POUVOIR T'ATTRAPER MÊME DANS LA NUIT LA PLUS NOIRE ET TE PENDRE AVEC TES TRIPES ! »
avait hurlé Vriekhilde tandis que Rothya, paralysée par ces cris dont elle ne saisissait pas le moindre son, tâchait de se fondre dans le mur le plus proche pour s'éviter de croiser le regard fulminant de la reine.

Lutvejn ne se montra plus cette nuit-là. Mais la reine aurait juré avoir entendu l'air glacé ricaner. Le voyage s'annonçait long...


Lutvejn

◈ Prénom :  Lutvejn
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 24 ans
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Satvar / Alsvard
◈ Métier : Guerrier-né, protecteur de Drak et de la reine

Troisième fils d'un Jarl au domaine côtier, Lutvejn a passé la grande partie de son adolescence à bord d'un de ces navires que les Alsderns louent aux Shardas du Nord pour acheminer leurs richesses en toute sécurité. Lors de la campagne de Cleverek, il se retrouva à la tête d'un navire de guerre et eut l'occasion de prendre part à un combat qui tenait plus de la guerre sanglante que de la rixe de taverne.

Une fois la paix recouvrée, il a remporté le tournoi organisé par la reine d'Alsvard, recevant l'élogieux honneur de protéger Drak et sa reine. Tâche dont il prétend s'acquitter avec la plus grande dignité. Pour autant, il n'a pas complètement rompu les liens qui l'unissent à ses terres natales et à ses anciens partenaires commerciaux. C'est en effet aux Shardas qu'il a acheté les faveurs de Rothya.


Rothya

◈ Prénom :  Hiroyasu dite "Rothya"
◈ Sexe : Femme
◈ Âge : 22 ans
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sang mêlée, Inoës / Vreën
◈ Origine : Seregon / Ysino
◈ Métier : Femme de chambre de la reine d'Alsvard

Rothya parle bien bien plus volontiers de la beauté fabuleuse d'Ysino et de la générosité de son climat que de l'existence douloureuse qu'elle y a vécu. Si Lutvejn a très bien compris que cette dernière officiait dans une maison de passe réputée, il n'a jamais cherché à savoir ce qu'elle avait fait pour finir esclave aux mains des Shardas.

L'esclavage n'a guère de place en Alsvard où la seule liberté de vivre impose une épreuve quotidienne. Aussi peu familière du climat que des us alsderns, Rothya se fait une joie sincère de partir vers d'autres terres aux côtés de la reine. Ailleurs sera forcément moins froid et moins hostile...


Divers


Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à réutiliser tout ou partie de votre personnage ? : Je ne sais pas. Je n'ai pas l'habitude de disparaître.
Moultipass : MDP validé par pépé. C'est toi qui parle de fôtes alors que j'ai corrigé tes coquilles *te tape* je m'en vais corriger è_é


   
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◈ Missives : 2161

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mer 3 Déc 2014 - 11:29

C'est une bien belle fiche que nous avons là, et donc une grande validation avec tout plein d'applaudissements !

Rien à redire, tu es validée par Onyria, Lyssaendrel et moi-même !

Par contre ben... Pour le mari... Va falloir attendre les nouveaux... A moins que...

*En train de jouer à Risk avec la vie des personnages du forum*

En tout cas bienvenue à toi ! Very Happy