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Theobald Humpfrey - Duc d'Eralie

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◈ Mer 14 Jan 2015 - 16:57

◈ Prénom :  Théobald
◈ Nom : Humpfrey
◈ Sobriquets : Le Petit Lion, Le Hardi, Le Chevalier Badin, L'Invraisemblable, le Saltimbanque, le Ménestrel de la Rouge-Rose, le Champion du Pont d’Argent, Ne-se-rend-jamais.
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 31 ans
◈ Date de naissance : En l’an 58, au seizième jour de la lune de Ranh, dernier Astar de cette lune et jour de commencement de l'Automne.
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Kaerdum, Cité de Castelaube, Citadelle de Blancfort.
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Métier : Duc de la Province d’Eralie, Chevalier.


Magie


Au retour de la magie en ce monde, Théobald a été frappé par la Magie des Ombre. Les manifestations de ses pouvoirs s’accompagnent très souvent d’une chute sensible de la température et de chuchotements tout juste audibles. Le Petit Lion en est venu à songer que ces ombres pouvaient être une manifestation des esprits sans repos des morts… Il ne maîtrise pas le moins du monde ses pouvoirs, tout juste ses classes en Azzura lui ont-elles permis de les refréner. Mais des violents accès de colère comme de forts sentiments sont à même de faire sauter ses barrières et de laisser sa magie exsuder de son corps. A quelques occasions, les ombres se sont montrées oppressantes, comme dotées d’une lourde densité physique, impliquant des pressions étouffantes ou bien se déroulant en lames acérées à même de lacérer les chairs comme la maille…


Compétences, forces & faiblesses


◈ Compétences :
Connaissance
Histoire de Kaerdum (Expert ; Sa connaissance porte principalement sur la Province d’Eralie & sur les Chroniques Militaires du Royaume)
Histoire d’Heisenk (Intermédiaire ; Connaitre son « Ennemi » est la première étape pour le défaire sur le champ de bataille)
Histoire de Lavern (Novice ; Il y aura été introduit par le Roi Aengus alors qu’il faisait partie de la Garde d’Honneur menant ce dernier jusqu’à son jugement)
Économie (Intermédiaire ; Fils d’une des Province les plus Commerciales du Royaume, il sait fort bien percevoir les Taxes)
Religion (Intermédiaire ; Il y fut instruit mais n’y prêta guère attention, laissant ces connaissance à l’état de vague brouillard)

Art des Combattants
Combat à Main Nue (Expert ; Entrainé par la fine fleur du royaume, il préfère toutefois les luttes nues avec le beau sexe au pugilat pur et dur)
Combat à l’Épée à Une et Deux mains (Maitre ; Théobald est l’une des plus fine lames du Royaume et il estime à trois le nombre d’hommes à même de pouvoir le défaire en combat singulier. Noire Sœur ayant l’avantage de se manier aussi bien à une qu’à deux mains, le chevalier en use avec une dextérité folle)
Combat avec un Bouclier (Maitre ; Le Hardi sait user du chêne et du fer pour se préserver des enfers. Il est à même d’user de parades déterminantes comme de revers rageurs pour asséner de lourdes frappes à ses opposants)
Maniement des Lames de Jet (Expert ; Il serait presque capable de raser le cul d’une araignée d’un jet de couteau comme de trouver la faille d’une armure au beau milieu d’une mêlée)
Archerie (Novice ; Raterait un Sanglier en terrain dégagé…)
Stratégie de Combat (Maitre ; Sait Analyser les forces et faiblesses d’un opposant de façon à adapter sa stratégie en fonction.)
Stratégie de Guerre (Maitre ; Vétéran de nombreuses campagnes, Ne-se-rend-jamais sait soutenir un siège comme en organiser un et a su faire preuve d’ingéniosité en de nombreuses reprises pour écraser quelques résistances et disposer de quelques armées)

Art des Chevaliers
Equitation (Maitre ; dispose d’une excellente assiette en selle et semble ne faire qu’un avec Sac-à-Malice. Cette compétence tombe à expert lorsqu’il chevauche une autre bête)
Combat Équestre à l’Épée (Expert ; s’il préfère jouer de la lame à pied, il est tout autant capable de mener une charge à la tête de ses hommes et y prélever son tribut de vies)
Art de la Joute (Maitre ; ne peine guère à darder ses adversaire de la pointe de sa lance, capable de leur faire mordre la poussière avec aisance lorsqu’il chevauche Sac-à-Malice. Cette compétence tombe à expert lorsqu’il chevauche une autre bête)

Art des politiciens
Diplomatie (Novice ; est bien capable de faire entrer un royaume en guerre pour avoir séduit la fille d’un seigneur…)
Intimidation (Intermédiaire ; sait user de Chansons éloquentes ou  faisant sa « gloire » pour instiller des messages équivoques à son public)
Perception Auditive (Intermédiaire ; doté d’une oreille musicale, il arrive à entendre bien des choses dans un brouhaha ambiant. Le reste relève de l’interprétation et ce n’est guère une chose où il excelle)

Arts de représentation
Danse (Intermédiaire ; sait se montrer un danseur compétent s’il déploie des trésors de concentration pour ne pas écraser les pieds de sa partenaire)
Chant (Expert ; il n’est guère incompétent lorsqu’il s’agit de pousser de mélodieuse façon la chansonnette. Il a d'ailleurs un répertoire conséquent, notamment de chansons paillardes, et compose plus qu’à son tour)
Lyre (Maitre ; il est à même de pincer les cordes de son instrument pour en tirer des mélodies d'amour au destin funeste faisant pleurer toutes les dames)

◈ Langues :
Théobald parle tout naturellement le Kaerd. Il dispose d’un vocabulaire fourni pour ce dernier et est à même de se fendre de rhétoriques enflammées. A l’inverse, il ne dispose que de peu de connaissances en Heisen, en comprenant toutefois des bribes du fait des nombreuses insultes qu’il pouvait bien recevoir en se présentant aux remparts d’Hardlieu. Il sait soutenir une maigre conversation en Lavernois auquel il fut instruit par le Roi Aengus -il y a des années de cela- ainsi que par une saltimbanque qui lui offrit, également, d’autres cours de langue. Enfin, il est à même de faire la cour à une jeune femme avec ses frêles connaissances en Lyrien.

◈ Forces :
- Combattant de renom, certains de ses exploits sont entrés dans le domaine du quasi-légendaire, le Petit Lion est l’une des plus fines lames du continent.
- Théobald se trouve dans les bonnes grâces des puissants de son Royaume et peut s’appuyer sur une des provinces les plus prospères de ce dernier.
- Fin stratège, c’est un inventif et déterminé vétéran de nombreuses batailles qui en font un général aussi doué que charismatique pour les hommes placés sous son commandement.
- Loyal, il passe pour être d'une grande rigidité et ne vivre que pour accomplir son devoir, si bien qu’il se montre d’une ténacité folle dans la réalisation de sa tâche.

◈ Faiblesses :
- Sa loyauté peut bien le pousser à suivre aveuglément les ordres alors qu’il ne remet guère en question le bien fondé de ses derniers. Théobald estime qu’il se doit de protéger son Prince et non de le juger.
- Il vit avec ses craintes et ses démons, hanté par la phrase selon laquelle « la Magie des Ombres est celle des cœurs les plus sombres ». S’il montre à la face du monde qu’il est sans peur, il y a pourtant une chose qui l’effraie : lui-même.
- Aventurier et épicurien, sa fougue peut l’emporter dans de dangereuses comme nébuleuses situations pour peu qu’il y ait de l’aventure ou bien quelques trésors dont il raffole au bout du chemin.
- Théobald est semblable au Fer Noir, dur et rigide, qui rompt plutôt que de plier.


Physique


Du haut de ses cinq pieds et huit pouces ramenés à ses cent soixante livres, Théobald laisse transparaitre une vigueur certaine, héritage propre au sang de la lignée des Humpfrey qu’il semble, pour autant, magnifier. Ainsi, il s’inscrit dans la cour des combattants aux muscles puissants et a l’allure racée autant qu’élancée, dont les proportions parfaites prédestinent de naturelles prédispositions pour l’affrontement. Sa musculature fut dictée par l’excellence du maniement des épées courtes comme longues et elle se sculpta donc en conséquence, lui offrant aujourd’hui le luxe de disposer d’un merveilleux atout pour l’art du maniement des lames. Il a donc le profil du Flamboyant Guerrier, à l’épiderme clair épars de cicatrices. Vétéran de nombreuses batailles, ses chairs sont ainsi meurtries en de nombreux endroits. Pour autant, l’impassible Seigneur tire une grande fierté de n’avoir jamais souffert d’une seule blessure dans son dos, attestant qu’il n’a en aucun cas fuit le moindre combat. Une Noblesse propre à son statut de Duc de la Province d’Eralie se retrouve dans son habitude à dignement décomposer ses gestes en société alors que le port altier qui régit sa démarche autant que le souverain regard qu’il déploie sur le monde.

Un nez aquilin fin et placé au milieu de ce visage en longueur poursuit cette représentation de ce faciès, digne indicateur du sang noble et séculaire qui alimente depuis toujours la haute lignée Humpfrey. Des pommettes hautes, une mâchoire forte ainsi qu’un menton franc prolongent la lointaine influence du sang dans la représentation physique du Chevalier sublimées par de fines lèvres délicatement pincées. Charismatique, le Petit Lion ne s’estime point comme étant des plus beaux ou élégants, mais son sourire amène lui vaut quelques talents de séducteur. Son rire tonitruant dévoile parfois des dents d'une grande blancheur, le plus souvent dissimulées de ses lèvres, trahissant une voracité certaine. Il possède une voix de stentor qui lui permet d'être entendu au cœur des batailles comme des mêlées. D’assez surprenante façon, le Chevalier sait la moduler en de mélodieux phonèmes s’accordant merveilleusement à la musique tirée de sa harpe pour régaler quelques auditoires de ses chansons romantiques…

Moqueur, le destin a longtemps affublé l’enfant Théobald d’oreilles quelque peu démesurées en rapport à sa tête, ce qui lui valut bon nombre de railleries de la part de ses jeunes camarades. Si l’équilibre s’est aujourd’hui un peu mieux trouvé, le Petit Lion en garde l’habitude de les dissimuler sous un voile de cheveux clairs, d’une teinte d’or argenté. Ainsi coiffé d’une trombe de longues mèches tombantes, le Duc magnifie la flavescente chevelure propre à sa lignée de ses sourires scintillants, offrant un contraste saisissant à ses yeux cernés d’ombre. Des yeux bleus, mais d’un bleu plus que bleu, d’un bleu bien plus sombre, et plus resplendissant qu’aucuns yeux d’homme, d’un bleu qui vous brûle comme de la glace. Un bleu qui dégage un regard étrange et une expression sans nulle autre pareille.


Caractère


Comme tout personnage, il a ses faces sombres et ses côtés lumineux. Si on devait trouver quelques qualités pour le décrire, elles seraient sans doute les suivantes : tout d'abord, son Courage & sa Volonté : Au combat comme dans la vie, le Petit Lion est tel un Auroch inébranlable, dont la voie est toute tracée. Peu importent les remparts, peu importent les adversaires qui se dressent sur sa route, il trouve toujours les ressources nécessaires à la victoire. Si bien qu'on se demande qui pourra l'arrêter. Pas lui-même, en tout cas. Il a déjà repoussé ses limites en de si nombreuses reprises qu'il n'a pas à douter de sa capacité à réitérer l'opération. Il est, cependant, conscient de la difficulté accrue de la chose. Doté d’un Code de l’Honneur très strict et d’une certaine éthique, le Chevalier hait ceux qui n'ont pas de fierté et d'orgueil, estimant que l'Honneur est une des rares vertus liées aux humains. Abhorrant les pleutres, il apprécie tout particulièrement les adversaires qui font tout leur possible pour survivre, sans en arriver à la fuite, car comme il le dit lui-même « Quitte à mourir, autant le faire avec panache! ».

De cet honneur exacerbé découle une incroyable Fiabilité. En effet, Théobald est un homme sur lequel on peut compter. Jamais il ne laisserait tomber ses alliés, que ce soit au prix d’une main comme de sa vie. Puissant et droit, il est le genre d’Homme qui sera toujours présent pour soutenir ceux qu'il chérit, dans les bons comme dans les mauvais moments, et ce même si il ne sait pas forcément quoi faire une fois opéré l’acte de présence. Mais une présence même silencieuse vaut souvent bien mieux que la solitude, n'est-ce pas ? Ces naturelles attitudes lui permettent d’aisément concilier l'affection de ses bannerets et de ses serviteurs, se gagnant le respect de ses vassaux en partageant leur quotidien. Consciencieux, il sait également se montrer attentif et considère avec attention les avis de ses compagnons. De là à dire qu’en découle sa Capacité à Fédérer, il n’y a qu’un pas. En effet, le Vreën est un véritable meneur d'homme, un Chevalier capable de galvaniser ses troupes d'un mot éclairant ses actes, pour les faire puiser dans des ressources dont ils n'avaient eux-mêmes pas conscience. Son père lui tint, autrefois, que tout commandant doit savoir faire entendre sa voix dans le tumulte des batailles et si celle du Chevalier-Badin est aussi franche que puissante, elle ne fait qu’appuyer son exemplarité et son courage au combat pour galvaniser ses hommes. Beaucoup s’étonnent alors des mélodieux comme doux phonèmes qu’il parvint à chatonner lorsqu’il délaisse l’Epée pour empoigner sa Lyre.

Mais c'est aussi quelqu'un d'Organisé et de Prévoyant. Planifiant minutieusement à l’avance, ses capacités d’analyse, d'anticipations et de prises de décisions dans chaque situation font du Vreën un personnage relativement taiseux, posé comme réfléchi. Il est bon de savoir que la force du Petit Lion ne vient pas simplement de son intellect mais bien son instinct hors norme qui, jusqu'à présent, ne l'a quasiment jamais trompé. Du fait de ses amitiés comme de ses vœux de Chevalier, l’Héritier du Duché d’Eralie est un homme relativement Protecteur sous ses aspects de Noble issu de privilèges. Il éprouve une certaine affection pour les êtres fragiles, les infirmes, les victimes et autres âmes brisées. Son amitié, comme son affection, ne s’arrête pas au jugement de ses yeux et en fait, pour certains, un exemple de chevalerie. Il est, ainsi, connu pour son sens rigoureux de la Justice, doublé d'une certaine rigidité morale sur les questions processives. Dans sa fonction, le Duc s’apparente à un Seigneur dur mais juste, avide que le bon ordre règne sur ses terres. Aussi, tout plaignant dans son bon droit aura gain de cause, même si la plainte vint à s’élever contre un membre de la caste supérieure. Pour l’Héritier Humpfrey, il est inadmissible qu’un noble ou qu’un puissant se permette de fouler au pied l’existence d’un serf, attachant une immense importance à la notion d’équité judiciaire comme de simple Respect.

Personnage Direct et Immédiat, le Petit Lion ne saisit point de détour pour agir ou prendre une décision. Ce trait inhérent à sa personnalité fait de lui un Capitaine efficace dans une multitude de tâches et lorsque qu'un choix est nécessaire. En outre, Théobald est d'une Franchise brutale et sacrifie peu aux usages, n'hésitant pas à dire ce qu'il pense des uns et des autres sans considération pour les conséquences. D’aucun peut voire cela comme une attitude Moralisatrice insupportable -se mêlant pour ainsi dire de tout, même de ce qui ne le regarde pas et se plaisant à donner son avis lorsqu'il pense qu'il doit conseiller ou aider ses intimes- là où le Chevalier laisse simplement parler ses instincts les plus protecteurs. Il fait, en outre, preuve d'une grande perspicacité concernant son entourage et la perception que l'on a de lui… Abhorrant l'hypocrisie et les détours, il aime les lignes droites, tout ce qui est direct et rapide. Il méprise, à ce titre, le mensonge et la flagornerie des courtisans. Soupçonneux, il se montre extrêmement regardant quant à son honneur comme sa réputation et est, d'ailleurs, rancunier au point de ne jamais oublier un affront. Aussi, Théobald a pour manie de fortement grincer des dents lorsqu'il est contrarié.

Doté d’un sens aigu de la Contradiction, le Chevalier-Badin a une conception de la Chevalerie diamétralement opposée à sa vision de la Justice. Voilà bien longtemps qu’il a bafoué ses vœux de chasteté, avant même de les avoir formulé… Peu porté sur la piété, il apprit –en revanche- à lire très jeune, se montrant un enfant des plus Studieux et se découvrit une réelle passion pour la musique. Il n’est guère rare qu’il se retire parfois en quelques endroits inconnus pour composer de nouvelles chansons. Son austérité vestimentaire s’oppose à la Frivolité de ses mœurs. Séducteur, il multiplie les conquêtes en usant simplement de ses chants comme de ses mélodies pour s’offrir un semblant d’image solitaire comme mélancolique. Suite la mort du premier de ses ainés, dans son jeune âge, Théobald fait montre d'une vigueur et d'une voracité hors-normes. Porté sur la boisson et la bonne chère, il goûte grandement bruyantes ripailles à sa table accompagnant chaque repas de la présence d’un des hommes à sa solde ! Facilement Moqueur, il s'attaque surtout aux personnes dont il estime qu'ils se prennent un peu trop au sérieux. Un comble pour ce Chevalier à la réputation d'Excellent Stratège Militaire -en partie acquise en observant et en s'inspirant des tactiques de ses frères aînés- acquise lors de l’écrasement de l’Union du Bois-aux-Faces, puis lors de la Campagne de Cleverek. Cette réputation est renforcée par la Ténacité qu'il a montrée en soutenant le siège de la forteresse d'Hardlieu pendant près d'un an lors du conflit contre Heisenk, ce qui lui vaut en partie l'image d'un homme Dur et Inexorable. En somme, Théobald n'est pas mauvais ou méprisant, il est plutôt charismatique et surtout fier, mais ses contradictions comme ses propres démons ne le mettent pas sous son plus beau jour…


Inventaire


- Noire Sœur, une Epée Bâtarde héritée d’un de ses frères trépassé, jadis forgée à partir de fer noir et d’une pierre tombée du ciel découverte par les frères Humpfrey. L’alliage obtenu se vit appliquer un processus similaire à celui suivi pour forger de l’acier de château, obtenant une structure faite de minces couches de métal martelées, torsadées, repliées de très nombreuses fois avant la trempe. D’étonnante façon, cette méthode empirique confère à l’arme une légèreté et un tranchant sans égal aux lames classiques. La lame a un aspect fumé et est d'un gris si sombre et moiré qu'il paraît quasiment noir. Noire Sœur est plus grande d'un bon demi-pied que les épées longues à une main traditionnelles et comporte trois onglets profonds. Son pommeau représente une tête de lion rugissant en argent aux yeux bleu de saphirs. Son fourreau est en merisier, en argent et en maroquin noir clouté de mufles léonins d’argent aux yeux de saphirs. Initialement, les pierreries n’étaient que grenats et rubis troqués contre des pierres bleutés par Théobald.
- Un bouclier de forme ogivale dans sa partie inférieure frappé des armes de la famille Humpfrey : Un lion blanc rugissant et armé d'une lame sur champ écartelé noir et écarlate.
- Une lyre aux “cordes d’argent” que le jeune homme charrie dans ses nombreuses aventures et dont il se plait à user lors de diverses occasions. Il est à même d’en tirer des mélodies d'amour au destin funeste faisant pleurer toutes les dames...
- Une panoplie de courtes lames de jet –un assortiment de dagues et de couteaux- ainsi qu’un ensemble de ceinturons et baudriers de cuir sombre permettant de disposer les lames à portée de main sur une armure comme des lainages.
- La chevalière de son frère coiffée d’une pierre précieuse couleur grenat, sur laquelle brille l'emblème d’argent des Humpfrey, enchâssée dans la gueule d’un lion fait de l'or le plus pur.
- Mailles et plates ternes se disposent parfaitement sur ses tuniques ébène comme écarlates, lui offrant le luxe d’une protection certaine sans le priver de sa liberté de mouvement. Quand ne sonnent pas les cors de guerre et que ne coule pas le sang, l’héritier Humpfrey revêt les atours vestimentaires de tout noble Valdur. Amples tuniques à la couleur sombre comme chausses écarlates ou chemises bouffantes blanches ajoutées de gilets de cuir sombre sont ses tenues de prédilection. Fier de son nom mais bien moins de sa famille, Théobald ne manque jamais d’afficher les armes comme les couleurs de la Maison Humpfrey, bien que ses différents voyages sur le continent aient eu tendance à parasiter ses classiques habits Vreën au profit d’un habile mélange qui lui est désormais propre. Ultime offrande de son professeur d’Escrime, le jeune homme ne se sépare presque jamais d’une pelisse de lion blanc d’une taille impressionnante qui lui permet d'affronter tout type de temps, comme de se lover dedans pour dormir à la belle-étoile. Il a pour coutume d’user de la gueule du fauve comme d’un capuchon.
- Sac-à-Malice, un étalon noir au front tâché de crème n’ayant guère un tempérament placide faisant office de destrier pour le chevalier depuis désormais quatre années. Le palefroi est une créature capricieuse, raffolant tant de pommes que de navets et pouvant se montrer pour le moins facétieux, comme l’indique son nom.
- Veilleur, le vieux limier de Blancfort, une espèce de dogue hirsute au poil ras jaune d’or, colossal, pesant pour le moins cent vingt livres, à cela près gentil comme tout. Vétéran de nombreuses batailles, il voit son cou protégé d’un collier de cuir bouilli noir orné de ciselures d’acier rappelant ses exploits lors de la campagne Cleverek ainsi qu’une héroïque bataille livrée face à énorme sanglier noir moucheté de blanc. De cette histoire, il garde comme trophée la cicatrice offerte par une défense lui ayant lacéré le flanc.
- Tout ce qui peut bien faire partie de l’inventaire d’un Chevalier comme d’un Héritier d’une noble famille de Kaerdum.


Famille



« Dans la jungle des combats, il y aura toujours un lion. »

Il y a des siècles de cela, lors d’un des nombreux et séculaires conflits ayant opposé Kaerdum aux Alsdern, une bataille se déroula en l’actuel Duché d’Eralie. Au cœur de la Bataille, une flèche trouva une faille dans l’épaisse armure du Roi, le jetant à bas de son cheval. Blessé et assailli par la multitude de barbares, le souverain trouva son salut dans le courage d’un jeune chevalier qui le défendit avec la fougue d’un lion, ne cédant nul terrain face à la barbarie. Pour le remercier, le roi le fieffa de ces terres où la Laiteuse rencontre la Mer, et le chevalier repeignit ses armes en un lion blanc rugissant et armé d'une lame sur champ écartelé noir et écarlate. La devise de la Maison Humpfrey vient du serment prononcé par le chevalier selon lequel : « Chaque Roi de Kaerdum pourra compter sur un Lion. »

La loyauté des Humpfrey envers le trône de Kaerdum n’est plus à démontrer et c’est en vassal fidèle que le Duché d’Eralie se tient prête à suivre les directives du Roi. La proche famille de Théobald est composée de la façon suivante :

- Père : Garth Humpfrey [19]. Un homme intransigeant aux traits sévères qui ne sourit jamais et se montre imperturbable en toutes circonstances. Très soucieux de la renommée de sa maison et de sa famille, il se montre intraitable vis-à-vis de ses enfants et les rabroue lorsqu’il estime qu'ils ont failli à la réputation du sang Humpfrey.
- Mère : Senara Humpfrey née Tallett [23]. Une femme belle et aimable, mais de santé fragile.
- Frères : Gyles Humpfrey [45-63]. Theomore Humpfrey [48-67]. Garland Humpfrey [50-65]. Lyonel Humpfrey [52-73].
- Soeur : Joanna Humpfrey [66]. Jeune femme belle et forte, au charme incomparable, opiniâtre et vive. D'une politesse exquise, elle sait se montrer conforme à tout ce que l'on peut attendre d'une jeune fille de grande maison‎.
- Le Reste : Théobalt compte une importante quantité d’Oncles, de Tantes comme de Cousins et de Cousines. Certains portent toujours le nom d’Humpfrey et servent encore à Castelaube, d’autres se sont vu troqués leur patronyme contre quelques mouvements de pions sur l’échiquier des relations diplomatiques. Plus encore ont trouvé la mort au cours des dernières décennies.


Duché d’Eralie



La province se trouve majoritairement composée du bassin-versant du fleuve dénommé la Laiterie. Elle est bordée au Nord-Ouest par une chaine de Montagnes –les Montagnes Grises- la préservant des terres Heisenk dont la frontière est marquée par un fleuve dont le principal gué est protégé par la forteresse d’Hardlieu. L’accès par le Nord est sécurisé par le col de la Griffe Sinople où se trouve La Fauconnière, une forteresse fieffée aux Chevaliers de la Famille Tallett. Au Nord, la Frontière suit les falaises de la Baies aux Phoques jusqu’à atteindre un Mont solitaire. Un coude de la Laiterie délimite la frontière Ouest serpentant entre les collines. La frontière méridionale de la Province est plus difficile à définir, mais semble se situer au niveau du Bois-aux-Faces.

La Province d’Eralie est une terre riche et fertile, parsemée de petites bourgades et de marchés, mais qui ne dispose pas de véritable ville en dehors de Castelaube. Outre les nombreuses routes qui la traversent, le fleuve et les rivières constituent des voies de communication et d'échange privilégiées. Le large lit de la Laiterie est la voie qu’empruntent les marchandises pour traverser la Province. Il n’est pas rare de voir des files de barges s’y étirer sur plus d’un mile. Les grands pics gris-vert des Montagnes Grises renferment quelques des mines de fer, carrières de marbre et surtout d’ardoise qui leur ont donné leur nom. La plaine alluviale de la Laitière et de ses affluents est très fertile, et l’Eralie est l’une des Provinces les plus peuplée du Royaume de Kaerdum, ses récoltes abondantes permettant de nourrir une population nombreuse.

Outre les céréales et biens maraichers, la province fait commerce de son lait, ses pâturages abritant un des plus grands élevages de vaches laitières du royaume. De plus, le port de Castelaube est une porte ouverte vers le commerce avec le reste du monde, accueillant des navires venus du Ghreol comme d’Artraaral. Si ses orfèvres travaillent l'argent, la ville accueille également les denrées qui descendent de la Laitière à bord de fines mais robustes embarcations : minerai, bois et laine. Ces marchandises font l'objet d'un important commerce de vente en gros. De fait, outre les nombreuses embarcations de pêche, la rade de la cité abrite des navires en provenance notamment d’Heisenk -qui apportent de l’hydromel, des peaux comme des fromages de chèvre, et repartent avec des vivres, de la laine et des pierres- de Valdrek et de Lorh. Les rues sont animées par l'activité des douaniers, des pêcheurs, des changeurs de monnaie, des facteurs de laines et autres petits comme gros commerçants. Les impôts et taxes prélevés à l’entrée comme à la sortie de la Laiterie remplissent grandement les coffres des Humpfrey.


Castelaube


Castelaube est sans cesse battue par les zéphyrs marins, siégeant là où la Laiterie se jette dans la mer. Depuis la Route du Lait venant de Raiendal, la cité est précédée d’une large bande d’une terre verte aux champs et vergers fourmillant d’activité, des troupeaux pâturant sous la bonne garde de jeunes pâtres alors que de frêles esquifs à la voilure gonflée par les vents remontent le cours du fleuve pour aller commercer leur cargaison vers les bourgades en amont. Épousant la falaise alentour, la ville semble s’être érigée à flanc de monts en strates successives distinctes les unes de autres par une série d’haves remparts épais comme crénelés et sur lesquels battent fièrement les étendards du lion blanc rugissant et armé d'une lame sur champ écartelé noir et écarlate. Couvrant l’ensemble de l’espace entre la falaise et le fleuve se jetant dans l’océan, l’on accède à la ville depuis la Route du Lait par la Porte du Lion. Entourée de remparts, la ville est dominée par l’Antre du Lion et le château de Blancfort, un édifice où siègent les Humpfrey. Fière et indomptable, la citadelle  s’érige au sommet d’une falaise abrupte sur le trois quart de ses faces, déployant une ombre protectrice sur son peuple en contrebas.

Protégée par ses Murs-Blancs, Castelaube est constituée d'un ensemble hétéroclite de maisons comme de tours et bâtiments aux murs blanchis à la chaux et aux toits pentus d'ardoise gris sombre. Les constructions sont toutes séparées par de larges rues droites et pavées. Les approches maritimes sont gardées par un îlot rocheux qui domine les eaux d’une cinquantaine de pieds, la Blanche-Épée, aménagé d’un have fortin garni d’arbalétriers comme d’engins de siège. La rade intérieure, qui bénéficie d'ancrages pour une petite flotte d'une grosse vingtaine de galères de guerre, est protégée par une jetée longue de près d'un mile, les murs de la ville d'un autre côté, et par l'Antre du Lion en surplomb. La rade extérieure située de l'autre côté de la jetée est, quant à elle, plus vaste. Des canaux d’eau font office de docks miniatures sur le premier niveau de la ville où d’imposants bâtiments de bois déchargent leurs denrées comme leurs trésors sur des quais de pierres claires. Le long de ces quais se dresse le marché aux poissons au-delà duquel on pénètre dans le second niveau de la ville par la Porte du Sel.

Derrière celle-ci se trouve une place pavée au centre de laquelle se dresse une fontaine dont s'élève la statue équestre en marbre blanc du fondateur de la Maison Humpfrey haute d'une vingtaine de pieds, appelé le vieux Blanc-Lion par les habitants de la cité. De fait, même si la place porte formellement le nom d'un ancien seigneur, elle est toujours désignée comme la cour du Blanc-Lion. Célèbre pour ses orfèvres qui travaillent l'argent, la Cité est clairsemée d’ateliers d’orfèvrerie tout autant que de forges et d’ateliers pour sculpteurs travaillant le marbre. On trouve par ailleurs à Castelaube de nombreuses auberges (dont le Navet Fringant et L'Anguille Alanguie), brasseries, bordels et débits de boissons. Une large voie pavée de blanc et en escalier mène, au prix d’une ascension serpentant dans les cinq niveaux de la ville, jusqu’à l'Antre du Lion. Cette voie surnommée « Escalier du Château », aux larges degrés de pierre blanche, est éclairée la nuit par de rugissants lions de marbre portant en leurs gueules des vasques pleines d'huile de baleine enflammée.

Blancfort


L’Antre du Lion est le nom du fort qui garde l'accès menant à Blancfort. Accessible depuis l’Escalier du Château et niché sur un éperon rocheux de la falaise, la petite forteresse contrôle le seul accès possible vers la citadelle de Blancfort. L’Antre du Lion est constituée de robustes remparts pâles hérissés de piques de fer, et est défendu par deux grandes tours rondes et une robuste porte elle aussi renforcée de fer. La garnison en faction dans le fort compte pas moins de cent hommes, si bien que tout assaillant tentant de prendre l’Antre devrait le faire sous une avalanche de roches et de flèches impossibles à stopper. Passé le fort, il convient de traverser le pont de l’Hurleuse, baptisé ainsi du fait des sempiternelles nuées venant hurler leur souffle aussi salé qu’iodé aux oreilles des visiteurs. Bâti dans un marbre blanc veiné de bleu, l’ouvrage crénelé surplombe le vide abrupt et est assez large pour permette à six cavaliers d’y chevaucher de front.

De taille plutôt modeste, Blancfort est une puissante forteresse, émergeant au sommet d'un roc à l'aplomb de la mer, constituée de huit tours blanches disposées en octogone et de vastes greniers, l'ensemble permettant d'abriter près de cinq cents cinquante personnes. La forteresse est partiellement troglodyte et est bâtie sur le site d'anciennes mines d'argent à l'origine de la richesse des suzerains. Ses murs, donjons et tours sont construits avec les plus fines pierres blanches, directement extraites des carrières dans les Montagnes Grises. L'intérieur du château est fait de marbre veiné d'or et les chevrons de bois sont taillés dans des troncs de peuplier d'un blanc immaculé. L'allée de la grande salle des Humpfrey, orientée nord-sud, est bordée de sveltes piliers cannelés de marbre blanc veiné de rouge et décorée d'un long tapis écarlate qui mène vers une grande salle nommé Bouche du Lion, abritant les banquets et où se dresse l'antique trône de marbre aux bras sculptés en forme de lions. Elle peut accueillir environ cinq cents hommes sans peine. Les murs de la pièce sont dotés de plus d’une trentaine de torches fixées par des appliques d'argent, celui de l'est étant percé de fenêtres étroites en arceau décorés d’un mufle léonin.

On trouve aussi à Blancfort une grande loggia au sol recouverte de tapis de Lavern comme d’Elra, prisée des dames d’atour de la Duchesse d’Eralie. Entouré par les tours blanches, et visible depuis la loggia, se trouve un jardin gazonné doté de buissons et d’éparses statues. Ce jardin est dominé par une terrasse sur laquelle donnent les quartiers seigneuriaux. A leur image, tous les appartements des tours sont généralement dotés de balcons et de fenêtres condamnables par des volets. Par ailleurs, la plupart des pièces sont équipées de cheminées pour lutter contre les rigueurs des vents Nordiques une fois l’hiver venu. Parmi les autres salles notables de Blancfort on peut citer la Galerie d'Argent serpentant dans le roc ainsi que la Chambre des Héros qui surplombe la mer et où sont enterrés les membres éminents de la maison Humpfrey. Les plus profonds tunnels de la forteresse -auxquels l’on accède par un long, étroit et raide escalier en colimaçon fermé par une porte de ferrugier- forment un complexe réseau faisant à la fois office d’entrepôts, de greniers comme de geôles. En effet, la forteresse dispose d'oubliettes d'une exiguïté telle que les prisonniers ne peuvent ni s'y tourner, ni s'y asseoir. Enfin, sous la Tour des Nuées jaillit une source chaude assez abondante pour remplir trois réservoirs d'eau fumante.


Invité
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◈ Dim 18 Jan 2015 - 14:55


Histoire


A la naissance de l’Automne, en l’an 58, Théobald Humpfrey vit le jour en la Forteresse de Blancfort. Dernier né d’une fratrie comptant déjà quatre fils, l’enfant se vit fort logiquement affublé du sobriquet de « Petit Lion ». Après sa naissance, Dame sa Mère resta alitée près de six mois et beaucoup pensaient qu’il serait le dernier enfant du Duc d’Eralie. Choyé et centre de toutes les attentions, le Petit Lion prit souvent part aux chevauchées de ses frères en se tenant dans le giron d’un de ses ainés. En leur compagnie, il fit la découverte d’une pierre sombre ayant chuté du ciel et qu’ils rapportèrent au château familial pour la voir prendre l’aspect d’une lame sous le marteau d’un maitre forgeron. Dans les premières années de sa vie, l’enfant n’eut guère le luxe de beaucoup côtoyer son père, impliqué dans les affaires politiques du royaume et séjournant fort longtemps à la Capitale.

L’un de ses oncles lui offrit une lyre quand il avait cinq ans. Théobald y prit fort goût. Pendant une moitié d’an, il avait circulé dans toute la forteresse en égrenant ses mélodies, amenant un sourire sur les visages des domestiques et des serviteurs, récoltant les railleries des chevaliers comme des hommes d’arme de sa maison. Ses frères était attendris de le voir ainsi, sa Mère laissa rouler quelques larmes sous la beauté de la mélopée. Tout cela changea abruptement le jour où son père rentra d’un séjour à la Capitale. Ce soir-là au repas, Théobald surprit son géniteur en poussant la chansonnette, pinçant les cordes pour leur tirer une triste et douce musique. Cela n’eut guère le don de plaire à Lord Humpfrey. « Alvar t’a fait chétif. Faut-il que tu sois également idiot ? Tu es né lion, et non rossignol. » Pourtant dans les jungles, nul chant n’est si doux que le rugissement du lion. En ce soir, Théobald connut l’obscurité pour la première fois.

Soucieux de la renommée de sa maison, Lord Garth ne pouvait guère tolérer le moindre écart de la part d’un de ses fils. Chacun étant un pion sur l’échiquier politique de ses ambitions politiques, se voir affublé d’un fils ménestrel était une plaisanterie à laquelle il ne goûtait guère. Ainsi, une nuit dans une des sombres cellules du donjon familial serait à même de remettre son fils sur le droit chemin de son sang. Elle n’eut que le don d’instiller en Théobald la crainte de l’obscurité alors que Dame sa Mère, choquée par le procédé, tenta en vain de dissuader son époux d’en venir à pareille extrémité. De ses nombreux séjours dans de sombres cellules pour avoir aimé passionnément la musique, le petit Théobald conservera la peur des ténèbres comme de la solitude. Plus encore lorsqu’il apprendra, au sortir d’une nouvelle nuit dans cet enfer où ses chansons lui tiennent lieu de seules compagnes, le trépas de son ainé Gyles des suites d’une maladie foudroyante. Et le destin, joueur, d’offrir à la famille Humpfrey un nouveau membre quelques mois plus tard alors que vint au monde la petite Joanna. Il n’est alors âgé que de Six ans.

Sensible à la valeur du mot famille, il prit à cœur la mention de Dame sa mère alors qu’il découvrait le bout de chou qu’elle tenait dans ses bras : « Voilà ta petite sœur Théobald. Un jour, ce sera à toi de la protéger. ». Il ne savait guère que la naissance de Joanna avait manqué de tuer Dame sa Mère et qu’elle ne pourrait désormais plus jamais enfanter. A cette naissance s’ajouta l’une de ses lectures et alors qu’il courrait tout juste vers ses Sept ans, le Petit Lion se présenta au Maitre d’Arme de Blancfort en lui signifiant avec un insolent détachement « Il semble que je doive devenir un guerrier. » et l’enfant de débuter avec assiduité cette nouvelle formation. D’aucun théorisent désormais sur le fait que l’ouvrage salvateur fut les Chroniques de la Vie du premier Sire Humpfrey ayant juré au Roi de toujours disposer d’un Lion. Théobald avait-il, dès lors, songé être ce Lion ? Il est permis d’en douter. Une année plus tard, le Petit Lion subissait de nouveau les affres du deuil, apprenant le trépas de son frère Garland lors de la vile attaque Valdra et Heisen, alors que le Royaume subissait la trahison de Lyria et Elra. A mesure que se prolongeait son existence, le nombre de ses frères ne cessait guère de diminuer…

Quelques années de paix, quelques années à voir sa tendre sœur grandir et apprendre à marcher alors que le Royaume pansait ses blessures et ourdissait sa revanche sur un échiquier politique auquel l’enfant n’avait guère accès. Des années à trainer ses frusques sur les terrains d’entrainement comme sur la lice, tant d’efforts qui finirent par payer dans la reconnaissance d’un frère ainé ravi de faire de lui son écuyer. Âgé de dix ans et désormais fidèle chaperon de son ainé Théomore, il accompagna ce dernier en campagne pour repousser les Drakkars débarquant sur les côtes du Royaume. La Guerre n’est pas ce que l’on imagine en lisant des Contes pour enfants… La Guerre est une des pires expériences que l’on puisse vivre… Non seulement elle prive de compagnons et d’êtres chers, mais elle laisse des cicatrices qui ne guériront jamais sur le cœur et les âmes de ceux qui y survivent. La Guerre a beaucoup changé les gens et pas toujours en mieux. De son point de vue élevé, il ne put que voir son frère emporté par un mouvement de bataille puis submergé par la multitude. En quelques années, les Humpfrey avaient offert deux fils au Royaume pour en préserver ses habitants et Théobald vit finir ce jour dans les larmes, abreuvant de sel l’armure ensanglantée de son frère alors qu’un soleil ocre se couchait sur le rivage rendu carmin par le sang versé.

Ne disposant désormais plus que de deux héritiers mâles, Lord Humpfrey envoya son fils cadet vers la Capitale pour qu’il y jouisse d’une grande éducation. Le départ de son fils accabla profondément Dame Senara qui en tint longtemps rigueur à son époux. Désormais proche de ses onze ans, l’enfant rencontra le Prince Adhémar dans cette cage dorée et une amitié sincère se noua entre les deux complices. Peut-être l’Humpfrey avait-il reconnu le futur Roi que son aïeul avait juré de protéger ? Toujours est-il que les deux complices se montrèrent de facétieux enfants, entraînant à leur suite les pupilles de la cour alors qu’ils ne manquaient guère de s’instruire de concert, alors qu’Aldric s’échinait à leur enseigner les rudiments de la Chevalerie. Plus âgé de douze ans, Théobald n’était pas le dernier pour la farce et prenait plaisir à relever les défis de son camarade. Aussi, à ses treize ans et à l’occasion d’un Royal Tournoi donné en l’enceinte de la capitale, les deux complices subtilisèrent des éléments d’armure dans quelques râteliers pour faire participer le Petit Lion aux joutes. Sous le nom de Blanc-Ecu, le hasard offrit à Théobald de croiser le fer avec Aldric qui finit par le démonter non sans avoir brisé trois lances au préalable. Démasqué par le Haut Commandant de Kaerdum, ce dernier lui offrit son surnom de Hardi en le présentant à la foule.

Bien sûr, il fut sévèrement rabroué par le Seigneur son Père pour cet acte puéril, mais le jeune garçon ne l’écouta que d’une oreille, pensant déjà aux prochaines galéjades qu’il pourrait bien partager avec son Prince. Ainsi s’écoulèrent les années, entre plaisanteries et rigueurs d’un entrainement martial dans lequel il trouvait tout juste le temps de perfectionner son art de la lyre, pour le plus grand plaisir des jeunes ladies de la cour ne manquant guère de soupirer dès lors qu’il pinçait les cordes de son instrument. En 72, il est choisi pour faire partie de la « Garde d’Honneur » accompagnant le Roi de Lavern vers son Jugement en la Capitale de Raiendal en compagnie d’Aldric, à la stupéfaction de la cour. Séparé d’Adhémar, c’est la première fois que l’adolescent découvre une nouvelle contrée. Il y vécut une expérience qui, irrémédiablement, marqua sa personnalité. Sa première fois. Avec une saltimbanque de Brand à la peau cuivrée et aux yeux clairs, plutôt mignonne. Ils le firent sous un pont, la nuit à peine tombée alors qu’au loin la musique jouait. Théobald en garde un souvenir ému et cette expérience ne manqua pas de profondément modifier sa perception des vœux de la Chevalerie. Si ces derniers intimaient la chasteté, il les avait brisé avant même de les avoir prononcés… Depuis lors, c’est régulièrement que se produisent ses infidélités à la retenue comme à la contenance.

D’assez surprenante façon, l’adolescent passa une grande partie de leur périple du retour non loin du chariot enfermant sa Grâce. S’il méprisait de prime abord le Roi déchu, Théobald en vint à échanger des banalités avec le souverain pour finalement entretenir avec lui des conversations à bâtons rompus. Sur les routes poussiéreuses les menant vers Raiendal, adolescent et souverain en vinrent à formuler un marché : contre du vin ainsi qu’une chanson douce et triste à la nuit tombée, le monarque déchu l’instruisait à quelques pratiques ayant cimenté son règne. Ce n’est guère tous les jours que l’on peut apprendre d’un Roi et le Hardi poussa chaque soir la chansonnette alors qu’il était instruit aux intrigues de la cour comme à l’importance de savoir faire voler les lames. A leur arrivée en l’épicentre du Royaume, le Petit Lion conta son histoire à son Prince, s’exerça avec assiduité au lancer de lames et ressentit une légère tristesse lors de l’exécution d’Aengus, Roi de Lavern.  

En sa quinzième année, il fut rappelé par son Père à Castelaube pour participer à la répression des exactions d’une communauté de hors la loi se faisant appeler « l’Union du Bois-aux-Faces ». Immédiatement, il montra réticent face à la stratégie employée son ainé Lyonel visant à réprimer quiconque apportait son soutien à la bande. Se remémorant l’un des conseils du Souverain Aengus lui affirmant que « la dissension est l’amie de la victoire. Une main est toujours composée de cinq doigts. Mais il y a une importante dissemblance entre un poing fermé et cinq doigts tendus » il adopta la stratégie visant à désolidariser les populations limitrophes du Bois-du-Roi des hors-la-loi de Terrance Rouge-Barbe. Ainsi, il obtint pour eux de nombreux avantages auprès du Seigneur son Père, bien plus que ce que l’Union pouvait leur proposer, payant aux paysans les vivres que ses troupes consommaient et transmettant leurs doléances au Duc Garth Humpfrey. Affamés, les hors-la-loi finirent par se dévoiler et sur eux fondirent les lions, à l’orée du Bois-aux-Faces.

Les frères Humpfrey éperonnèrent leurs montures, se faisant parangons de célérité à la tête de la cavalerie de leur maisonnée. Bientôt, leurs montures renversèrent des brigands désunis, sans grande discipline et manquant de se débander face à ces destriers caparaçonnés s’enfonçant dans leurs maigres rangs. Mais les pluies de ces derniers mois avaient rendu la douce pente glissante, brisant l’élan féroce des cavaliers alors que bien des montures se mirent à chuter et mirent à bas leurs cavaliers. Armés de longues piques taillées dans le frêne, quelques brigands hasardèrent un mur de pieux pour briser la charge. Une pointe de bois noircie au feu vint se figer dans la poitrine de Lyonel, l’amenant au sol où il s’effondra dans un grand fracas de métal.  Le Vert-Lion ne se releva guère alors qu’autour de lui se déchaînait la bataille… Plongeant à ses côtés, Théobald avait empoigné son épée, Noire Sœur, frappant de taille comme d’estoc tout homme visant à approcher son frère blessé. Nombre de fois, il lui avait hurlé de se lever.

Des vols de flèches à empennage blanc fendaient le ciel pour se perdre dans les rangs des hors-la-loi rendus plus féroce que jamais par quelque maléfice dont le Petit-Lion ne saurait deviser l’origine. Le sang se faisait boue dans la poussière du champ de bataille. Au centre des affrontements, Théobald se démenait comme une bête enragée. Chaque coup de son épée bâtarde trouvait le corps d’un ennemi dont la lame avait été repoussée par son armure terne. Là où sa lame fauchait les hors-la-loi de ses éclats fumés, les hommes reprenaient courage, mais le Hardi ne pouvait être partout. Tout flageolant, Théobald étreignit plus étroitement la fusée de son arme et en savourait l’âpre contact quand, émergeant de l’enfer de la mêlée, apparut une ombre assassine. Une ombre de très haute taille, aussi funèbre et terne qu’un trépassé, dont l’armure morose était du même vert-de-gris sombre que ces denses bois où il trouvait refuge… Et les Nordiques d’ouvrir un passage dans leur rangs décousus vers le jeune homme haletant protégeant toujours son frère mis à terre. Terrance Rouge-Barbe...

Bouillonnant, Théobald n’en affronta pas moins bravement l’opposant : « Si tu tiens à danser, dansons ! » dit-il, l’estoc brandi au-dessus de sa tête d’un air de défi. Les hommes avaient besoin de hauts-faits pour les faire puiser dans des ressources dont ils n'avaient eux-mêmes pas conscience. Alors, dans le tapage des combats, le malandrin prononça quelques mots. Le ton était goguenard et le Petit Lion puisa dans l’insulte une rage nouvelle. « Pour Lyonel ! » rugit-il avant de s’élancer hargneux et le poing crispé sur son épée. Le Hardi taillait vivement de gauche à droite, portant tout le poids de son corps dans chacun de ses coups, que le Rouge-Barbe esquivait à grande peine. Les étincelles volaient à chaque rencontre des lames, ébréchant peu à peu celle de son adversaire.

Épique, le Duel fut le combat le plus impressionnant de la bataille, les deux adversaires se rendant coups pour coups dans un assourdissant fracas de métal comme d’hurlements. Au bout de ce qui parut une véritable éternité, l’épée du brigand parut tellement ébréchée que Théobald s’arrêta soudainement de combattre, laissant Rouge-Barbe dans l’expectative. « Autorisez-vous donc à prendre une nouvelle épée. » lui souffla alors l’Humpfrey. Le bandit sembla un instant démuni avant qu’un sourire ne passe sur sa lippe. D’un doigt, il désigna l’épée du Petit Lion. « C’est c’te lame là que j’veux ! » grogna-t-il avec assurance. Les céruléennes pupilles du Hardi passèrent un instant sur le tranchant à l’aspect fumé, d’un gris si sombre et moiré qu'il paraissait pratiquement noir. Alors qu’alentour, les combats hurlaient, Théobald se contenta de soupirer.

« Si tel est votre souhait, vous l’aurez... » et l’épée du Lion perça d’estoc la cotte de bronze, arrachant au brigand blessé un hurlement de souffrance alors qu’il tombait à genoux. Le sang jaillit entre les mailles et chacune de ses gouttes, en touchant le sol, maculait la boue d’un rouge ardent. L’horreur se lisait dans les yeux des hors-la-loi alors que Théobald, se saisit à deux mains de sa lame au fil incomparable. Dans un geste abominable, l’épée se leva et retomba pour une froide boucherie. La lame à la sombre teinte de la fumée tranchait dans la cotte de maille comme elle l’eut fait dans la soie. Ses protections n’étaient plus que loque et plus que décombres son visage de défunt fondateur de l’union du Bois-aux-Faces. Les brigands ne tardèrent guère à ployer le genou pour réintégrer la Paix du Roi. Théobald se retrouva, une nouvelle fois, à devoir surplomber le corps brisé d’un de ses ainés. Au moment de mourir, Lyonel demanda son épée tout en exigeant de son cadet qu’il ne s’agenouille. Il lui toucha une fois l’épaule droite et l’épaule gauche, tout en marmonnant quelques mots. Quand le Petit Lion se releva, son frère était mort et il était Chevalier.


Désormais seul héritier de Lord Garth Humpfrey, Théobald se vit intimer l’ordre de rester en la Province d’Eralie. Mais nouvellement Chevalier et se considérant comme un homme fait, le Petit Lion déclina la proposition, considérant que sa place était pour l’heure aux côté de son Prince pour en finir avec ses enseignements. Une décision qui eut le don de mettre son père en rage et les deux hommes s’opposèrent dans une violente dispute qui les laissa brouillés de longues années. Savourant quelques instants en compagnie de Dame sa Mère ainsi que de sa jeune sœur, Théobald s’en retourna finalement vers la capitale pour y retrouver sa fratrie d’adoption, alors que sa vie le menait tranquillement vers ses seize ans.

Pendant quelques années, le Royaume connut la paix et les adolescents ne trouvèrent la guerre que dans les entrainements d’Aldric. Théobald était un combattant doué, comme en attestaient déjà ses précoces prouesses, peut-être même plus que le Prince lui-même. Mais le Petit Lion manquait de quelque chose dont Adhémar débordait : l’ambition. Là où son Prince s’entraina sévèrement pour devenir un Champion de Sa Majesté, l’Humpfrey lui tint la dragée haute –s’astreignant probablement à de plus grandes difficultés lorsque la solitude venait à le trouver- tout en prenant soin d’afficher publiquement une image indolente, celle d’un guerrier ni trop bon, ni trop mauvais. Adhémar gravit bien vite les échelons là où son ami se contentait d’une paisible carrière de bien piètre Chevalier. Dans la confidence, le Prince chercha nombre de fois à l’aiguillonner sur les sentiers du succès, estimant qu’il était abject de gâcher pareil talent. Pour le Petit Lion, toujours les même réponses laconiques alors que ses doigts pinçaient les cordes de sa harpe : « Qui se hâte sa vie durant hâte simplement sa mort » ainsi que « Plus un homme s'élève haut, plus vertigineuse est sa chute ». Ne souhaitant guère se voir accablé de lourdes responsabilité et préférant vivre une existence de jouissance immédiate, Théobald se contenta d’avancer masqué comme voilé d’ombre de façon à respirer une vie tranquille. Et cela fonctionna plutôt bien...

Des mélodieuses notes de sa harpe découlèrent bon nombre d’aventures sans lendemain ainsi qu’une passion qui lui fit découvrir ce mot. S’il ne s’en attire guère le mérite, le Hardi a la faiblesse de penser que son Prince et Eileen se sont découverts quelques complicités dans la seule écoute de ses mélopées. Ravi pour son ami, il exprima sa félicité lors des Noces du Prince en entonnant une mélodie d'amour au destin heureux faisant pleurer toutes les dames de la cour. Puis il s’enivra au point de s’éveiller dans les écuries en compagnie d’une palefrenière. De cette époque, il garde bien des souvenirs, le plus intense se devant d’être la naissance du premier enfant de son ami. Il se montra fort maladroit quand le bout de chou lui fut présenté et fort attendri par le bonheur simple de la Princière famille. Théobald en vint à se promettre muettement bien des serments de protection comme de préservation. C’en était fini de son apparente oisiveté comme de son existence tranquille et il se fit fort de le montrer au plus vite. L’on donna, en la Capitale, un Tournoi pour célébrer la naissance du Petit Prince et le Hardi se fit fort d’y participer. Il y accomplit de grandes prouesses en tant que jouteur mystérieux, prenant sa revanche sur Aldric et terminant victorieux pour finalement se dévoiler et adresser au couple Princier ses solennels vœux de bonheur.

Alors âgé de dix-neuf ans, le Chevalier se présente au le Haut Commandant de Kaerdum pour lui quémander une fonction responsable. Interloqué, Aldric le questionna sur ce revirement soudain et Théobald lui rétorqua simplement dans un haussement d’épaules qu’il s’était éveillé. Circonspect, le vieux Chevalier douta du fait que l’Humpfrey ait définitivement tué l’enfant qui sommeille en lui. Point apeuré par le défi, Théobald l’encouragea à lui offrir un défi. Quelques semaines plus tard, les deux acolytes se trouvèrent en un éloigné fortin de la côte orientale où le précédent commandant s’était trouvé révoqué par ses propres hommes. L’accueil y fut glacial sous le soleil ocre et Aldric n’offrit qu’une huitaine au Petit Lion pour y remettre de l’ordre et de la discipline. Drapé dans sa pelisse de Lion Blanc, le Chevalier gagna l’amitié de quelques semblables de haute naissance et partagea le quotidien des hommes, offrant à certains bons mots et conseil. Son caractère entier séduisit la garnison mais une frange de cette dernière le tint toujours en horreur, moquant ses origines comme ses décisions. Au septième jour, Théobald décida d’à nouveau remplir quelques Tours de Guet laissées abandonnées par le laxisme du précédent commandant. Si la majorité des hommes qu’il affecta à leur direction se virent honorés d’avoir un bâtiment comme quelques soldats à commander, l’un des séditieux Chevaliers vit en sa proposition une insulte. Au matin du huitième jour, le Petit Lion se devait de montrer qu’il pouvait prendre de difficiles décisions.


« Vous refusez d’obéir à mon ordre ? » « Ton ordre tu peux t’le coller dans l’cul ‘tit ! » Son compagnon eut un mince sourire, ses yeux noirs rivés sur Théobald. A une autre table, un autre soldat séditieux se mit à rire. « A votre guise. » Le Petit Lion adressa un signe de tête au Capitaine Emmett. « Veuillez conduire Khrazz au rempart Nord… » …et enfermez le dans une cellule, aurait-il pu dire. Un ou dix jours recroquevillé dans la pierre gelée l’aurait laissé tremblant et fiévreux, implorant qu’on le libère, Théobald n’en doutait guère. Et dès l’instant où il sortirait, il recommencerait à conspirer, à contester.

et ligotez-le sur son cheval, aurait-il pu dire. Si Khrazz ne désirait guère se rendre dans cette tourelle de guet comme commandant, qu’il s’y rende comme cuisinier. Mais ce ne serait qu’une affaire de temps avant qu’il ne déserte, en ce cas. Et combien d’autres emmènerait-il avec lui en ce cas ? Tue l’enfant qui est en toi, tue l’enfant qui est toi, se murmura le jeune Chevalier. Ses yeux bleus exsudèrent un froid aussi brûlant que les plus anciennes glaces du continent lorsque son timbre de voix laissa rouler dans un craquement similaire à celui d’un lac figé dans les glaces : « …et pendez-le. »

Le visage de Khrazz devint aussi blanc que le lait. Sa cuillère lui glissa des doigts. Emmett et Manfred traversèrent la salle, leurs pas sonnant sur le sol de pierre. Le compagnon tendit la main vers la poignée de son épée. Vas-y, songea Théobald. Il portait Noire Sœur en travers du dos. Expose ton acier. Donne-moi motif d’en faire autant, songea-t-il sans que la moindre expression ne peigne ses traits. La moitié de la salle s’était mise debout. Des chevaliers, des soldats, des hommes du fortin comme des sergents de la capitale. Un instant, le monde se trouva en suspens sur le fil du rasoir. Le compagnon retira la main de son épée et s’écarta pour laisser passer Manfred. Il empoigna Khrazz par un bras, Emmett par l’autre. A eux deux, ils le soulevèrent du banc. « Non ! » protesta le chevalier. « Non, lâchez-moi ! C’est qu’un gamin suffisant ! Un lâche ! Un piètre combattant ! » Il protestait encore tandis que, mi-poussé, mi-trainé, on lui faisait gravir les marches.

Au rempart, Khrazz se dégagea un instant et essaya de se battre, mais Manfred le saisit à la gorge et le jeta contre la pierre terne jusqu’à ce qu’il cède. Désormais, toute la forteresse était sortie regarder. Le Haut Commandant de Kaerdum se tenait sur le parvis du Donjon, entouré de ses chevaliers. « Si le gamin se figure qu’il peut m’effrayer, il se trompe. Il n’osera pas me pendre, Khrazz a des… » Le vent chassa le reste de ses mots. Ça ne va pas, se dit Theobald. « Arrêtez. »

Emmett se retourna, sourcils froncés. « M’sire ? » « Je ne vais pas le pendre, déclara le Petit Lion. Amenez-le ici. » Le sourire de Khrazz avait toute la succulence du beurre ranci. Jusqu’à ce que Théobald ne commande : « Manfred, apporte-moi un billot », et qu’il dégaine Noire Sœur. « Non », s’exclama Khrazz tandis qu’Emmett, en le poussant et le trainant, lui faisait traverser la cour. « Vous n’avez pas le droit… Lâchez-moi… Quand Messire l’apprendra… » Ses mots se perdirent dans le vent, alors que ses yeux se posaient sur Aldric, placide. Emmett, d’un coup de pied, faucha les jambes sous Khrazz. Manfred colla son pied sur le dos de l’homme pour maintenir sa tête sur le billot. Le pâle soleil remonta et descendit sur sa sombre lame quand le Hardi saisit à deux mains la poignée de son épée bâtarde pour la lever haut. « Si vous avez des derniers mots, voici venu le temps de les prononcer... » souffla-t-il, s’attendant à une ultime malédiction.

Khrazz tordit le cou pour le regarder, lui qui le surplombait. « Je vous en prie, m’sire. Pitié. Je… J’irai, je promets, je… » Non, se dit le Chevalier, Tu as fermé cette porte. Froidement, Noire Sœur s’abattit, initiant le silence. Théobald  jeta un coup d’œil vers le Haut Commandant de Kaerdum, vers son mentor… Un instant, leurs regards se croisèrent. Puis son professeur d’hocher la tête. « Quelqu’un veut ses bottes ? Questionna le Petit Lion alors que la tête de Khrazz roulait sur le sol boueux. Elles sont presque neuves ces bottes. Doublées de fourrure. » Maladroitement, un sergent s’avança en levant une main tremblante. Théobald porta son bleu regard par-delà le jeu de lumière matinal sur les moires de son arme, laissant ses yeux se poser sur Aldric. Il lui adressa ce sourire, son sourire… Ce sourire étirant ses lèvres, comme s’il eut été le seul à avoir connaissance d’une galéjade des plus hilarantes. Ce sourire qui lui vaudrait à jamais le sobriquet de Chevalier-Badin. Sous les yeux de son Mentor, Theobald avait tué l’enfant en lui.


Ainsi vint à s’écouler le temps, le Petit Lion se montrant quelque peu occupé à redonner du lustre à sa fonction sans pour autant totalement voir disparaitre sa réputation de Saltimbanque. Le reste de son temps était occupé à la ripaille, à la chanson comme aux choses de l’amour. Alors que débutait sa vingtaine, il reçut des nouvelles du Seigneur son père qui consentit à la réception de son fils en Castelaube, invitant par la même occasion le Prince et sa jeune famille. Y voyant là une habile manœuvre politique, le Hardi n’eut cependant pas le cœur à refuser si bien qu’un cortège emporta femme et enfants du Prince en direction de Blancfort alors que les deux complices étaient retenus en la capitale par quelques affaires. Longtemps, Théobald culpabilisa pour ce qui arriva, considérant que rien de tout cela ne serait arrivé s’il s’était trouvé dans le cortège. Il fut présent pour Adhémar, toutes les années que dura son deuil sans pour autant savoir quoi faire, ni même quoi dire… Il le vit s’enfoncer dans son état de délabrement, caressant simplement l’envie de lui administrer une formidable branlée pour que son ami cesse de s’enfoncer dans l’archétype rôle du héros de mélodrame. Mais qui était-il pour copieusement rosser un Prince après tout ?

Il fut présent pour aider son ami à remonter la pente, mais le Hardi souffrait également des propres intrigues de sa famille. Rabroué par son père lui intimant de prendre une épouse pour perpétuer le sang Humpfrey, Théobald se brouilla une nouvelle fois avec ce dernier, préférant conserver sa militaire existence entrecoupée de rares plaisirs immédiats. Alors qu’Adhémar sortait peu à peu de sa longue léthargie, le Petit Lion n’avait guère chômé dans ses fonctions, gagnant plus encore le respect d'Aldric qui voyait en lui un commandant aussi studieux qu’efficace. Il participa à nombre de visites diplomatiques en les royaumes alentours comme à d’éparses escarmouches où l’on chanta le sombre éclat de Noire Sœur. Il accompagna Aldric lors d’un séjour à Lyria, pour quelques affaires diplomatiques. Là il chanta jusqu'à la mi-nuit pour un seigneur. Impressionné par ses talents de chanteur, ce dernier lui demanda ce qu'il voulait en récompense, et Théobald ne demanda que la plus belle fleur qui fleurissait dans les jardins du château. Comme les roses venaient de fleurir, leur hôte accepta et lui en offrit une. Mais le matin suivant, la fille unique et vierge du seigneur avait disparu, et dans son lit se trouvait la rose. Il ne fallut guère longtemps pour la retrouver, dans les appartements du saltimbanque. L’incident diplomatique fut de justesse évité par la sagesse du Haut Commandant de Kaerdum, mais l’incident resta connu à la cour sous l’épisode de la « Rouge-Rose de Lyria ». Tancé par Aldric, il commença à développer une vision à long terme sur ses actes.

Ainsi éloigné de ses terres pendant de nombreuses lunes, il ne fut tenu au courant des volontés paternelles de marier sa jeune sœur que tard, en l’an 82. Toujours obsédé par la préservation du sang Humpfrey et désespérant de voir son fils lui offrir un héritier, Lord Garth organisa un faste tournoi dont le prix était la main de sa fille. Chevauchant à bride abattue pour se diriger vers Castelaube et y découvrir sa sœur en larmes, ne désirant point épouser un homme pour lequel elle n’éprouvait point d’amour profond. Ébranlé en son for intérieur, Théobald réclama audience à ses parents et plaida la cause de sa jeune sœur. S’il fut de prime abord moqué, le Petit Lion reçut la colère de son père quand il se réclama Champion de Joanna, se prétendant des antiques voies et proposant qu’en lieu et place du Tournoi se tienne une épreuve du « Pont d’Argent ». Un à un, les concurrents défileraient face au Champion et quiconque réussirait à le terrasser pourrait quémander la main de sa Sœur. Guère tenté, Garth Humpfrey le fut beaucoup plus lorsque son fils ajouta au lot le choix d’une promise par ses parents et le fait qu’il l’épouserait sous une lune. Ainsi se tint le tournoi de Castelaube où nombre de Chevaliers vinrent heurter leur lame à Noire Sœur. Durant une entière journée, Théobald défendit le passage contre tous les soupirants pour ce qui reste une prouesse guerrière bien frustrante aux yeux du Duc, son père.

Désormais conscient que la main de Joanna ne serait offerte qu’à quiconque triompherait de son Champion, le Royaume tourna les vœux de Mariage de Lord Garth en ridicule, n’offrant plus que d’épars prétendant à la jeune femme pourtant d’une rare et exquise beauté. La période de deux ans qui suivit le voit accomplir maintes prouesses guerrières et autres actes chevaleresques. Théobald était alors l’une des meilleures lames du royaume. En 84, suite à l’attaque de Zeran Rheff, il appuya la volonté du Prince et Sénéchal du Royaume, conscient que des Garnisons se devaient d’être renforcées de par le Royaume. Il s’en retourna ainsi en Eralie, logeant en la forteresse de la Fauconnière pour administrer militairement les terres des septentrionales frontalières d’Heisenk. Sous sa houlette, et avec l’appui mitigé du Seigneur son Père, il réhabilita la forteresse d’Hardlieu qui préservait l’Eralie contre tout envahisseur venant du sud par voie terrestre en tenant le Gué Gelé. Au commencement de la Campagne de Cleverek, Théobald s’y trouvait en compagnie d’une maigre garnison. Une partie de l’armée d’Heisenk fiit alors mouvement vers Hardlieu dont elle entreprit le siège.

De prime abord, les assiégeants Nordiques jugèrent hâtivement que la forteresse n’était guère plus qu’une ruine, une erreur qui causa  la perte de bons nombres. En effet, les dernières tours encore debout sur la multitude que pouvait bien compter la place forte offrent une visée dégagée des unes sur les autres, si bien qu’une faible garnison aura toujours tôt fait de pouvoir darder de projectiles le dos d’assaillants se lançant à l’assaut d’une de leurs sœurs. Conscient des forces de sa forteresse, le Petit Lion essuie plusieurs assauts successifs de la part des Alsderns tous repoussés au prix de bien des efforts. Le commandement adverse comprit alors qu’il lui serait difficile de prendre la citadelle par la force et modifia ses plans. La nouvelle stratégie adoptée consiste à affamer la place en maintenant un blocus terrestre. Le siège va s'éterniser pendant près d'un an, et Hardlieu ne tient que par la volonté de fer de Théobald qui refuse de rendre la place, même lorsque les assiégés en sont réduits à manger leurs chevaux, puis les rats. Des assauts épars de la part des Nordiques viennent rompre la monotonie de la fin et, plusieurs fois, le Hardi s’expose aux remparts pour récolter les quolibets de l’armée adverse alors qu’il leur exprime dans l’insulte son refus de céder. Dans le dernier tiers du siège, quatre soldats tentent de fuir par une poterne. Après leur capture, Théobald envisage d'abord d'exaucer leur souhait, mais se ravise, s’interdisant de gaspiller de la bonne viande…

Vers la fin du siège, Théobald et une paire de fidèles opèrent une discrète sortie pour s’infiltrer dans le camp Alsdern et y dérober quelques miches de pain et une cargaison de viande salée. Cette maigre nourriture permet aux assiégés de tenir jusqu'à l'arrivée du Prince Adhémar venu libérer la place forte. A la vue des étendards royaux, les assiégés opèrent une sortie pour prendre les Nordiques en tenaille. Rejoignant son Prince dans la fureur des affrontements, c’est un Théobald amaigri qui lui aura tenu, pour premières paroles, ces badins propos : « J’espère que tu as songé au vin et aux catins ! ». Des mois et des années plus tard, aucun des hommes ayant tenu d’Hardlieu n’aura jamais avancé le fait que leur garnison avait besoin d’être sauvée.

Quiconque pensait que la fin du siège signifierait la fin de la guerre se trompait alors lourdement. Les hommes de la garnison n’eurent que peu de temps pour savourer leur héroïque ténacité que, bien des vivres engloutis, ils tournaient leur attention vers le Nord. La Campagne de Cleverek fut étendue sur deux longues années supplémentaires où Théobald eut tout loisir de faire étalage de ses martiales capacités. Appuyant le Sénéchal comme le Haut Commandant de Kaerdum dans leurs décisions, il fut à l’origine de quelques plans destinés à briser l’effort de guerre d'Heisenk. Il se grima, ainsi qu’une partie de ses hommes, en troupes de la logistique pour feindre le train de bagage destiné aux ravitaillements de l’armée Kaerdum. Voyant là une proie facile, un Jarl insurrectionnel tenta de s’en saisir mais n’y trouva que trépas dans la lame du Chevalier Badin et celles de ses hommes. Lors de la Bataille de la Plaine Sanglante, il perce les rangs de la troupe Heisenk en compagnie de ses chevaliers –renommés les « Hommes du Lion » depuis l’épisode de la Forteresse d’Hardlieu- avant d’affronter et de tuer en duel Ulfrik le Monstrueux, un important Jarl insurrectionnel, malgré une flèche fichée dans la poitrine. D’autres batailles et quelques hauts faits d’armes émaillèrent les trois longues années de campagne de celui que les Alsdern surnommaient désormais « Ne-se-rends-jamais ».

Le conflit terminé et le Chevalier entrant dans sa trentième année, il refusa bien des honneurs qui lui furent avancés en prétextant qu’il n’avait fait que son devoir. De retour à son existence martiale émaillée de plaisirs immédiat, on le vit plus actif que jamais lors de banquets et plus avide encore de musique comme de femmes. D’aucuns disent que ce sont là les stigmates du siège d’Hardlieu… D’épars séjour en Eralie cimentent le froid avec son père alors qu’il prend plaisir à repousser de Noir Sœur tous les prétendants que ne souhaite guère épouser sa jeune sœur. A l’aube de ses trente et un ans, le Chevalier Badin se montre volontaire pour une mission confiée par le Roi, plus pour épauler son ami le Prince que par quelque recherche de gloriole. La suite… Vous la connaissez déjà.


Ambitions & Desseins


Réputé pour sa vaillance et son sens de l'honneur, le Hardi passe pour ne vivre que pour accomplir son devoir. Peu porté sur le lustre de sa Maison comme sur celui de son Nom, comme peut l’être le Seigneur son Père, Théobald se contente de mettre ses talents au service du Royaume comme à celui de son ami le Prince. Il en tire, en parallèle, une existence excitante émaillée de plaisirs immédiats qu’il savoure avec délice. Conscient qu’il sera, un jour, amené à prendre les rênes d’une des plus prestigieuses familles de Kaerdum, il savoure ces derniers instants d’innocence dans la crainte de voir son éveil à la Magie nuire à son équilibre comme à celui de ses proches. De tout ce qu’il a bien pu apprendre en Azzura, une phrase particulière le hante lorsqu’il vient à chercher le sommeil : « la magie d'Ombre est souvent le fardeau des cœurs les plus sombres... »



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : Depuis longtemps…
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Je ne compte pas disparaitre, mais oui pourquoi pas ^^
Moultipass : Ok par Onyria

+ Putain, c’est long… Mais je l’aime bien ce petit. Il fait un peu Mary Sue de prime abord, mais c’est un être complexe qui dispose de failles plus qu’à son tour. Et puis, lui au moins, sa femme n’a pas de moustache…


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◈ Missives : 90

◈ Âge du Personnage : 30 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Kaerdum - Raiendal
◈ Localisation sur Rëa : Alsvard, Drak
◈ Magie : Magie Ardente. Capable de créer des flammes et de la chaleur.
◈ Lié : Altraga
◈ Fiche personnage : Adhémar

Réceptacle
Adhémar de Dévéra

◈ Jeu 22 Jan 2015 - 22:31

Je me dois de t'accueillir ici avec Adhémar.

Je te souhaite la bienvenue ! Ta fiche est sublime et surtout, quels détails apportés à l'environnement familial et du Duché ! Il s'agit pour beaucoup d'un grand modèle d'émulation en ce qui concerne tout cet univers que tu apportes, et cette contribution à Azzura que nombre d'entre vous n'avaient pas forcément intégré : il s'agit d'un forum collaboratif. Chaque plume doit y trouver sa place et contribution.
Ainsi, nous apprécions cette qualité d'écriture que tu as, mais aussi ton implication.

Sinon, pour aller dans le fondement d'un délire entre nous autres :

"That's my boooooooooooy !!!"

*Adhémar attrape Théobald et lui frotte furieusement la tête de son poing*

Je suis donc très heureux de t'intégrer au rang des héros d'Azzura ! Que tes aventures soient épiques et nombreuses ! Encore bienvenue ici.

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