Azzura

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Sòlveig Olefdòttir - Trappeuse et chasseuse

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◈ Ven 23 Jan 2015 - 23:30

◈ Prénom :  Sòlveig
◈ Nom : Olefdòttir
◈ Sexe : Incontestablement une femme
◈ Âge : Vingt-huit ans
◈ Date de naissance : An 61 de l’ère des Rois. Née à l’aube du dix-huitième jour d’Ansbar, peu après le solstice d’hiver.
◈ Race : Valdruis
◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Originaire de Valdrek, en Ordanie, elle a vu le jour à Valgard, bourgade glaciale au nord de Wargarth.
◈ Alignement : Chaotique bon
◈ Métier : Trappeuse et chasseuse



« Le sommeil et la mort surprirent les montagnes
et rien ne se leva dans l'âpre vent de glace
que la lune des nuits et mon ancien tourment. »




Magie


Aucun.


Compétences, forces & faiblesses


◈ Artisanat

  • - Création d'objetsexperte ;
    - Cuisine novice ;

Bannissement et errance l’ont contrainte à se pourvoir de tout sans rien posséder. Aussi, pièges et armes rudimentaires n’ont aucun secret pour elle. Ses compétences artisanales s’étendent maigrement au domaine culinaire ; Herbes bouillies et carne flambée – Tout juste de quoi se sustenter.

◈ Connaissance

  • - Folklore localintermédiaire ;
    - Religionexperte ;
    - Géographie novice ;
    - Nature Intermédiaire ;

Sòlveig n’a pas eu à souffrir d’un enseignement poussé, et ses connaissances résultent essentiellement de son éducation et de son expérience. Bercée des légendes alsderns, il n’est pas étonnant qu’elle en ait gardé le souvenir. De même, à l’instar des autres enfants nordiques, elle fut baignée dans la croyance dès sa plus tendre enfance. Très jeune, elle apprit à également à appréhender son environnement ; Elle sait les cols rocheux et les denses forêts qu’elle parcoure, les vents froids qui claquent sur les massifs, les circonvolutions hasardeuses des nuages au creux de l’hiver,…

◈ Art des combattants

  • - Combat à mains arméesintermédiaire ;
    - Combat à mains nues – intermédiaire ;
    - Stratégies de combatnovice ;
    - Archerie maître ;

Comme de nombreuses alsderns, la nordique n’est pas en reste une lame entre les mains. Cependant fait, la faiblesse de son sexe ne l’avantage guère en combat au corps-à-corps et son art guerrier s’exprime moins au travers de la stratégie, qu’à celui de l’instinct. Bien moins combattante que chasseuse, il n’est d’arme qu’elle manie mieux que l’arc.

◈ Art des navigateurs

  • - Maîtrise des cordes novice ;
    - Pêcheintermédiaire ;

Son père aura pris soin de lui enseigner les rudiments de son métier ; Si ses compétences en pêche et en navigation sont loin en deçà de ses compétences en chasse, elle est bien à même de se débrouiller sur un ponton.  

◈ Arts des sages

  • - Connaissance de la floreexperte ;
    - Connaissance de la fauneexperte ;
    - Confection de médicationsintermédiaire ;

La valdra est capable d’identifier la majorité des espèces animales et végétales d’Ordanie. De plus, elle sait user des propriétés thérapeutiques des plantes les plus communes par broyage, mastication ou encore décoction.

◈ Langues

  • - Valdra maître ;
    - Kaerd novice ;

Sòlveig parle tout naturellement le valdra, sa langue maternelle. Elle sait également les rudiments de la langue commune, assez pour comprendre et se faire comprendre, malgré l’accent prononcé qui roule sous sa langue.

◈ Forces

  • - Combative ;
    - Vraie ;
    - Patiente ;
    - Protectrice ;

◈ Faiblesses

  • - Maternelle ;
    - Méfiante ;
    - Rancunière ;
    - Émotive ;



Physique


Taille : 5 pieds et 9 pouces | 1m76
Poids : 149 livres | 68 kilos
Cheveux : Bruns
Yeux : Bleu azur

Rappelant le charme farouche du peuple Alsdern, Sòlveig possède toutes les caractéristiques physiques des nordiques. Sa démarche haute et affirmée marie avec subtilité la prestesse et l’aplomb, et témoigne d’une aisance certaine à se mouvoir. À peine plus haute que la moyenne, Sòlveig s’est forgée, par le combat et la chasse, une silhouette souple et pleine. Sa fine musculature se dessine à peine sous le cuir de sa peau laiteuse tannée par la morsure du froid ; Cuisses et bras fermes, mais hésitants, elle n’a ni le corps à s’imposer, ni celui à se soumettre. Une poitrine lourde et charnue, marbrée de vergetures, et une taille prononcée viennent adoucir les formes d’une allure trop masculine. Perdus çà et là au creux d’un sein ou d’une cuisse, des grains de beauté ponctuent son corps diaphane où s’entrecroisent aussi bien les écorchures que les cicatrices.

Sa crinière sombre et abimée lui confère une aura sauvage, où les frisottis qui entourent son visage crépitent comme les flammes d’un soleil noir. Ses cheveux de jais, coulant le long de son échine, encadrent un visage clair et rectangulaire aux pommettes hautes et saillantes, atténuant son profil dur, et l’arête de son nez trop abrupte. Les courbes de son visage n’ont rien de poupin ou de délicat, mais dessinent au contraire un caractère fort et indépendant. Elle a des lèvres pulpeuses, exsangues par le froid et déchirées par le gel qui ne savent souffrir d’aucun sourire, et des iris clairs aux reflets de givre, au regard profond et accablé.

Ses vêtements sont simples, sombres, faits de cuir, de tissu et de fourrure, de sa propre facture essentiellement. Portés près du corps, ils laissent toutes libertés à ses mouvements, auxquels elle ne veut aucune entrave. Les jours de grand froid, sa silhouette impérieuse est recouverte d’une longue pelisse qui ne laisse rien transparaître de ses traits. Elle porte rarement des bijoux et les seuls ornements qu’elle s’octroie sont les peintures dont elle se tatoue le visage. Une odeur musquée, de sueur, de cuir et de sang environne son sillage.



Caractère


Dans les rudes contrées nordiques, où la raison du plus fort est toujours la meilleure, la combativité est une nécessité. Plus encore, un peuple qui prône la vie et la valeur au combat ne saurait décemment accepter la résignation. Sòlveig a été élevée ainsi, avec force et fermeté, une éducation rude qu’elle a elle-même inculqué à ses fils. Il n’est pas de coup dur qu’elle ne puisse encaisser, et garder la tête haute et l’esprit clair lui semble aussi évident que de garder la vie sauve.

Bien qu’elle ne soit pas forcément une guerrière émérite, la nordique gère le danger avec calme et sang-froid. Elle a très rapidement compris que la peur n’était pas un atout dans son monde, ni une arme, qu’elle ne la ferait pas manger, ni ne l’empêcherait d’être violée ou égorgée, que les larmes, les supplications et la tétanie ne lui apporteront jamais rien. Elle l’a d’autant mieux compris que la faiblesse de son sexe ne lui permet pas de montrer une once de fragilité. Aussi se garde-t-elle bien de montrer ses sentiments, encore qu’en dépit des apparences, elle reste une femme, et une mère. La peur est un sentiment qu’elle a appris à apprivoiser, tout comme la peine, la douleur et la solitude ; Des signes de faiblesse, qu'elle ne peut se permettre de dévoiler.

D’un naturel distant, Solveig passe pour être une femme froide et non-avenante. Elle se méfie des hommes comme elle se méfie des terres gelées qui l’ont vue naître. Elle sera prompte à la conversation, mais celle-ci ne sera que partielle, superficielle ou unilatérale, et elle n’en dévoilera jamais trop sur elle, et jamais trop peu. Sans rien en laisser transparaître, ses yeux scruteront, détailleront, déchireront les limites des non-dits. La peine qu’elle éprouve à créer de nouvelles relations n’est jamais que le reflet d’une confiance trop de fois bafouée. Loyauté et fiabilité sont des qualités qu’on lui cède volontiers, car elle exècre la duplicité et le mensonge, et abhorre les traîtres, qu’elle considère comme des moins que rien, et à qui elle ne voue que mépris et une rancune tenace. Vraie, la nordique se démarque par une bonne foi crue, qui frise parfois à la rudesse ingénue.


Inventaire


Eu égard à ses modestes origines, Sòlveig n’a que peu de possessions ;

  • - Pour ses chasses, elle dispose d’un arc long et solide dont elle ne se sépare jamais, et le carquois garni de flèches qui l’accompagne. De facture modeste, c’est pourtant, entre ses mains, une arme redoutable qu’elle manie depuis déjà plusieurs années.

    - En guise d’arme de poing, elle possède une hachette usée qu’elle porte à la ceinture et un poignard grossier à la lame mortellement effilée, ceint à sa cuisse. Ces deux lames ont surtout connu la tendre chaire du gibier, mais fou serait de croire qu’elles n’ont pas aussi mordu la viande d’hommes trop impétueux.

    - En plus de ceux qu’elle porte, elle dispose de quelques changes miséreux, essentiellement en lin ; Le cuir et la fourrure étant des matières trop coûteuses pour en disposer à loisir.

    - Une statuette en bois à l’effigie d’Élysea qu’elle a taillé de ses mains et qu’elle garde désormais précieusement dans le revers de ses fourrures.

    - Une lourde besace de cuir contenant des plantes, le nécessaire de ses pièges, et le produit de ses traques lors de chasses fructueuses.

    - De vieux bijoux en étain qu’elle ne porte depuis longtemps.



Histoire



Solveig a vu le jour à Valgard, bourgade portuaire du nord-ouest de Wargarth en l’an 61 de l’ère des Rois. Née troisième enfant d’une fratrie de huit, la nordique fut dans sa jeune enfance presque exclusivement élevée par sa mère, une femme féroce et aimante du nom de Svenja. Son père, Olef, partageaient ses jours entre sa pêche et son commerce, et peinait à nourrir ses enfants, dont la plupart étaient tout juste en âge de travailler. En dépit de leur misère, c’était des gens honnêtes qui tentaient du mieux possible d’offrir à leurs enfants tout ce dont ils avaient besoin, et de leur inculquer le goût d’une vie de travail probe. Elle ne souffrit jamais du manque, ou de l’abandon ; On lui enseigna la force et l’orgueil, l’amour et l’acerbité.

La jeune femme s’intéressa très jeune aux secrets de la nature, et se plut rapidement à accompagner ses aînés lorsqu’ils partaient chercher du bois, ou cueillir des fruits dans la sylve environnante. Dès qu’elle fut elle-même en âge, c’est seule qu’elle s’aventura jusqu’à la lisière diffuse pour s’emparer de branchages qui servaient à alimenter l’âtre du foyer, ou tâcher ses doigts du jus des baies gelées du nord. Mais qu’importait la morsure du froid sur ses mains potelées ? Il n’y avait pas de plus bel endroit que les vastes étendues immaculées qui respiraient d’une vie sourde, cachées derrière le rideau blanc qui s’abattait perpétuellement.

Tandis que ses frères prêtaient allégeance à leur Jarl et entraient au service des armées, Solveig resta auprès de ses parents et apprit l’art de la famille et l’art de la chasse. Sur la volonté de sa mère, elle fut également enseignée le maniement des armes ; Elle n’avait guère l’étoffe d’une guerrière, trop faible pour se démarquer au combat, mais elle gagnait en agilité ce dont elle était dépossédée en force. Son père, qui était avant tout un pêcheur mais n’était toutefois pas en reste un arc entre les mains, lui enseigna l’art de la chasse et l’art de la pêche, il lui inculqua la traque, il lui transmit la patience et l’équilibre. Il lui apprit à fabriquer des pièges, mortels pour l’animal mais inoffensif pour la peau, lui enseigna la valeur de la vie, la sienne et celle de ses prises. Adroite à l’exercice malgré son jeune âge, elle démontra rapidement un véritable talent pour la traque, et il ne fut plus question de lui enseigner un autre métier.

Sa fleur s’épanouit tardivement en dépit de sa maturité, et elle ne fut prête à l’enfantement qu’à ses quinze ans révolus. Pour la première fois de sa vie, elle était considérée comme une femme, et goûta à l’intérêt des hommes. Quant au plaisir de la chair, elle ne le connut que plus tard, au creux d’une nuit sans étoile et à celui d’une couche chaude et humide. Il ne fut pas immédiatement question de mariage ; Nombreux étaient les prétendants, certains avec qui elle avait grandi, d’autres qui étaient plus matures qu’elle et l’idée du mariage ne la rebutait pas, car elle savait sa place de fille et son statut de femme, mais ses frères ne semblaient pas disposés à la laisser se lier au premier venu. Pas plus que sa mère, à qui l’impitoyable instinct maternel dictait de jauger de ceux qui avaient l’audace de porter regard sur son enfant.

C’est finalement un jeune tanneur du nom d’Eivind qui obtint les bonnes grâces de sa famille. Elle l’avait connu quelques années auparavant, lors de l’une de ses innombrables virées en forêt, et n’avait gardé de lui qu’un souvenir terne et sans intérêt. Sans prétention, sa famille disposait d’une situation stable, et il avait su prouver sa valeur aux yeux de tous, aussi jugea-t-on qu’il était un parti idéal. Leur relation commença secrètement bien avant que ne soit célébrée leur union, si bien que lorsqu’ils échangèrent leurs vœux sous le regard des Dieux, lorsqu’ils ripaillèrent en riant de leur futur à peine ébauché, le fruit de leur amour avait déjà germé dans le creux de son ventre.

Le temps, qui semblait jusqu’alors filer entre ses doigts, s’arrêta brusquement. Les jours s’écoulèrent dès lors paisiblement, et perdurèrent jusqu’à la naissance de son premier enfant. Son époux était un homme remarquable, qu’elle apprenait chaque jour un peu plus à aimer, et sa grossesse instillait en elle une liesse qu’elle n’aurait jamais cru connaître.  


Des années s’étaient écoulées depuis la naissance de son premier fils. Des années douces, et paisibles qui n’avaient rien à envier à son enfance au creux de leur bicoque portuaire, et qui laissaient loin derrière l’orage de la naissance et ses remous. Contre le sein douloureux de sa mère, l’ombre glaciale de la mort était une crainte toujours bien présente, mais distillée par la vivacité du rire de son nouvel enfant, rien ne semblait plus pourvoir obscurcir son horizon. Son aîné l’accompagnait lorsqu’elle partait en chasse, et elle s’efforçait de lui transmettre au mieux les enseignements de de ses ascendants, et son puîné encore nourrisson restait auprès de Svenja, lorsque sa fille s’aventurait hors des barrières de Valgard. Quant à son époux, il avait repris la tannerie de son père, et leur assurait un niveau de vie correct.

La perte de son propre père, une poignée de mois auparavant, était une souffrance sourde et constante dont elle accusait difficilement le coup ; Un jour parti en pêche, ni lui ni ses hommes n’étaient jamais revenu du lointain grège qui s’étendait sous le regard de Valgard. Les jours, puis les semaines avaient passé, et la peur, l’angoisse, s’étaient doucement mues en résignation. Ils avaient laissé voguer une flamme sur la mer, dont la lumière éclatante devait servir à ramener l’alsdern auprès de ceux qu’il aimait. Mais personne n’était dupe, Olef n’était plus. En conséquence de quoi son frère aîné avait pris le relais de son père et assurait désormais l’éducation de ses cadets.

Oui, les années étaient douces et paisibles. Mais l’orage de la naissance ne devait laisser place qu’à une tempête plus destructrice encore, oblitérant jusqu’à l’essence même de son existence. Car les jours n’étaient pas toujours simples, et les chasses n’étaient pas toujours fructueuses. La chair en conséquence, n’était pas toujours présente, et lorsque le frimas venait mordre l’horizon de son baiser glacial, la nudité se drapait de peaux, mais rien ne savait combler la douleur cinglante d’un estomac qui criait famine.

En ces jours de disette aride, les terres glacées de Valdrek n’offraient rien de moins que des racines sèches et un gibier rachitique, et il semblait falloir pousser toujours plus loin dans les terres pour dénicher des prises décentes, lorsqu’il y en avait. Les jours de fastes, Sòlveig partait au matin et revenait à la nuit tombée, avec de quoi sustenter les siens. Mais les jours de famine, elle s’absentait des lunes durant, et revenait transie et éreintée, parfois triomphante mais le plus souvent abattue. Le quatorzième jour de Friest, en l’an 87 de l’ère des Rois marqua un tournant définitif dans la vie de l’Alsdern.

Des lunes entières s’étaient écoulées sans qu’elle n’aperçoive le moindre gibier à l’horizon et le désespoir commençait à la guetter. C’est au moment où elle songeait à abandonner et à retourner auprès des siens qu’elle le vit ; Ses bois semblaient s’étendre par-delà les cieux, et sa fourrure même scintillait des astres tombés dans le sein des flocons qui parsemaient sa robe. Dans le creux de la pénombre nocturne, ses yeux d’or sombre luisaient d’orgueil.

Son cœur sauta un battement. Le bras de la nordique se tendit sèchement et la flèche siffla dans la nuit, quoiqu’elle n’entende plus que le sang qui pulsait à ses oreilles. Elle se ficha dans la neige craquante, trop tard, car déjà sa proie avait bondit dans son manteau de ténèbres, et s’était enhardie dans la fuite. Bien sûr elle la coursa. Ses pieds étaient agiles, et son corps leste savait suivre aisément malgré l’épaisse couche de neige qui recouvrait le sol, malgré le froid et l’humidité qui s’infiltrait dans le revers de ses bottes fourrées. Elle la coursa beaucoup trop longtemps, beaucoup trop loin, jusqu’à ce qu’elle ne sente plus rien de la morsure glaciale de la neige, jusqu’à ce que la douleur cuisante de ses poumons ne se dissipe pour laisser place à une doucereuse chaleur au creux de sa poitrine. Lorsqu’elle s’arrêta enfin, une éternité semblait s’être écoulée, et la nuit avait laissé place à un jour mordoré, qui naissait timidement entre les ramures dénudées des bois. Le cerf la dominait de toute sa hauteur, superbe et majestueux, mais une flèche brisée avait finalement eu raison de l’animal, qui s’effondra d’épuisement et de douleur. Elle se saisit alors de la hachette qui ceignait sa cuisse et tendit la lame au-dessus d’elle. Puis elle l’abattit. Encore, et encore.
La rage sanguinaire avait fini par s’évacuer, dissipant les nuages de sa fureur, et elle avait réalisé avec horreur ce qui venait de se produire. Elle n’avait jamais été violente, et à l’instar des enseignements de son père, n’avait jamais songé à intenté à la vie d’un être avec cruauté et sauvagerie. Pourtant, entre ses mains l’objet du délit, rougeoyait encore d’une lueur sanglante et le sang poisseux qui collait à ses doigts dégouttait le long de ses poignets grêles, et imprégnait le revers de lin de sa chemise. Sa chaleur l’écœura, bien avant que l’odeur âpre ne vienne chatouiller ses narines. Ses doigts s’écartèrent largement, laissant glisser le manche entre ses doigts maculés. Trop tard, semblait-il, car ses mains tâchées de sang hurlaient à l’ignominie de son crime.

Ainsi considérèrent les soldats de son Jarl lorsqu’ils la trouvèrent transie et blême, accroupie dans la neige. Ainsi fut-elle considérée lorsqu’ils la jugèrent pour braconnage sur les terres de son seigneur.


Son Jarl était un homme sévère, mais juste. Il lui accorda l’honneur d’un jugement prompt et sans appel ; Elle expliqua simplement son geste, et il comprit la fin qui l’avait poussée au forfait. Mais un crime était un crime et, en conséquence, ne devait pas rester impuni. Il balaya la mort au profit d’une plus juste sentence, car elle n’avait jamais fait qu’apporter aux siens de quoi subsister, et y choisit le bannissement comme substitut, espérant ainsi lui offrir une échappatoire. Il crut être bon, en l’épargnant, mais la douleur des mois qui suivirent lui firent rapidement regretter la félicité d’une mort rapide.

Sòlveig n’eut jamais l’occasion de revoir ses enfants ; Elle fut jetée hors de la ville tout juste pourvue de ce qu’elle possédait lorsqu’ils l’avaient trouvée dans les bois, une pelisse et ses maigres possessions, et erra longtemps à la recherche de quelques gîtes pour lui permettre de passer l’hiver, meurtrier dans cette partie des terres. Elle s’était bâti un abri de fortune à l’ombre d’une falaise abrupte, et vécut chichement de ses chasses, quelques temps. Puis les lunes s’étaient rapidement succédé, et pas un jour n’était passé sans qu’elle ne prie les Dieux de lui apporter leur protection pour surmonter la douleur et la précarité. Elle ne dut pourtant son salut qu’à ses propres compétences, car il n’advint jamais d’aide divine ! Mais loin d’altérer sa foi, l’épreuve renforça pourtant sa détermination car lorsqu’elle quitta sa retraite du fond des forêts, l’hiver avait cédé au printemps et la meurtrissure des derniers mois avait laissé place à une froide résignation, comme si les Dieux eux-mêmes lui avaient insufflé le courage et la force de continuer.

Elle prit la décision de quitter Valdrek, déterminée à laisser derrière elle ses souvenirs de sa vie d’avant et profita de la clémence des premiers jours de merä pour évoluer vers la frontière heisen. De là elle joignit, sous escorte marchande, la capitale, Serth, au sein de laquelle elle séjourna quelques temps. Mais rien n’était plus fait pour lui rappeler sa vie perdue que la culture alsdern, aussi ressentit-elle rapidement le besoin de progresser plus au sud, à la recherche d’un environnement neuf, plus prompt à l’oubli. Sòlveig embarqua dans un port heisen du nom d’Heimdøl, et rallia Lyria, où elle apprit les rudiments de la langue commune et du commerce vreën ; Elle se mêla un temps à l’équipage d’un navire qui voyageait entre les différents continents de Rëa, mettant à disposition ses compétences de pêche et de navigation en échange d’un coucher et d’un souper. Rien d’exceptionnel, mais qui avait la prétention de lui garder les pieds au sec et le ventre plein : plus que ce qu’elle avait eu l’occasion de goûter au cours des derniers mois.

Au bout de plusieurs semaines, l’idée de mettre pied à terre s’imposa finalement à l’alsdern, qui réalisa qu’elle ne pourrait vivre par monts et par vaux indéfiniment. Elle choisit Kaerdum comme retraite, et prit refuge dans une auberge de Raiendal qu’elle finançait essentiellement grâce au fruit de ses chasses. Ses revenus modestes se voyaient régulièrement grossis d’une jolie prime, lorsqu’elle parvenait à vendre les peaux de ses prises à des tanneurs de la capitale, argent qu’elle prenait soin de mettre scrupuleusement de côté pour accuser le coup de saisons moins prospères.
Ou dans l’espoir vain de racheter sa place auprès des siens.

Car s’il est une chose qui la poussait à aller de l’avant, c’était l’espoir.
Un espoir fébrile, plus tremblant qu’une flamme dans la tempête.
Mais solide comme la volonté de fer qui ceint son cœur.  



Ambitions & Desseins


Nulle mauvaise intention, ni vile, ni turpide, n’anime Sòlveig. C’est une femme simple qui, après avoir été arrachée à sa famille, aspire au calme et à l’oubli. Plus espérance que véritable dessein, la nordique ne prétend à l’heure actuelle qu’à la possibilité de revoir un jour ses fils.


Note de la joueuse : J'envisage dans un futur plus ou moins proche de la faire recruter par l'Aigle d'Argent. À voir de quelle manière et quand cela se fera.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : Depuis quelques temps déjà !
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Absolument oui.
Moultipass : Ok By Onyria

Voilà quelques temps que je tourne autour du forum. C'est finalement Theobald qui m'a fait sauter le pas de l'inscription ! On l'applaudit bien fort.

En dehors de ça, je fais du RP depuis presque neuf ans, je suis en fac de biologie, accroc à World of Warcraft et au thé. Que dire de plus ?

Edit: Je DÉTESTE écrire l'histoire de mes personnages.


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◈ Missives : 612

◈ Âge du Personnage : 79 ans, en oubliant les cinq millénaires plongés dans l'obscurité...
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Azzura
◈ Localisation sur Rëa : Azzura
◈ Fiche personnage : Baltazar Numengar / Onyria Azzura

Maître du Jeu
Baltazar Numengar

◈ Mer 18 Fév 2015 - 14:35

Bienvenue encore à toi, fière Sòlveig!

C'est avec joie qu'Azzura t'accueille !
Ta plume est agréable à lire, ton histoire bien construite et c'était une chose dont je ne doutais pas. Comme je t'ai déjà dit, on voit une petite influence pour ton réalisme qui me fait bien sourire.

En tout cas tu es validée!

En attendant, n'hésite pas à poster une petite demande de RP dans cette section, et de créer ton Journal de Bord Wink.