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Elenwë Sirandelë - Héritière de la Haute Maison Sirandelë

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◈ Mar 7 Avr 2015 - 23:37

◈ Prénom :  Elenwë
◈ Nom : Sirandelë
◈ Sexe : Femme ♀
◈ Âge : 189 ans
◈ Date de naissance : 2e Verne de Auldera de l’an 938 de l’Ere de Paix
◈ Race : Eleär
◈ Ethnie : Eleär de l'Aube
◈ Origine : Seregon, royaume de Desde
◈ Alignement : Loyal neutre
◈ Métier : Héritière de la Haute Maison Sirandelë et promise au Roi Aerandir


Magie



Magie élémentaire - Contact givrant

Le pouvoir se manifeste à chaque fois qu'Elenwë ressent intensément quelque chose de négatif : stress, colère, peur, angoisse, douleur ou tristesse.
À son contact, les objets inanimés ou les végétaux se couvrent d'une mince couche de givre, comme pendant les premières nuits d'hiver. Les êtres vivants ne ressentent normalement qu'un froid pénétrant très désagréable.



Compétences, forces & faiblesses


Artisanat |
- cuisine : débutante
- broderie : experte

Connaissance |
- folklore local : intermédiaire
- géographie : experte
- histoire : experte
- nature : intermédiaire
- noblesse et royauté : maître
- cartographie : intermédiaire
- religion : experte

Langues |
- Nymeriin : maître
- Kaerd : maître
- Demeri : experte
- Eldimer : experte
- Eressåe : intermédiaire

Arts des voleurs et des espions |
- crochetage : débutante
- déplacement silencieux : intermédiaire
- discrétion : experte

Art des chevaliers |
- équitation : intermédiaire

Art des politiciens |
- diplomatie : experte
- perception auditive : intermédiaire
- psychologie : débutante
- gestion des ressources : experte

Arts des sages |
- concentration : intermédiaire
- connaissance de la flore et de la faune (Desde) : maître

Arts de représentation |
- danse : maître
- chant : maître

Forces |
On apprécie généralement sa sérénité apaisante qui semble contagieuse et qui prédispose souvent les gens en sa faveur, ainsi que sa volonté farouche. Tous ses précepteurs et maîtres louent sa vive intelligence et on lui reconnait une souplesse gracieuse et peu commune, qui fait d'elle à la fois une danseuse fascinante et une cible plutôt difficile à toucher.

Faiblesses |
Comme tous les siens, son manque de force physique est son plus gros handicap. Elle est également victime de son impulsivité qui lui fait faire ou dire des choses imprudentes ou inconvenantes. De même, elle se conforme très difficilement aux ordres qu'on lui donne, la désobéissance étant peut-être ce que sont père regrette le plus chez elle. Enfin, il n'est pas rare qu'on la sous-estime grandement à cause de son apparence fragile et juvénile, ce qui conduit à la croire incompétente sans lui laisser sa chance.



Physique


Taille : À peu près 5 pieds et un pouce (1,65 m)
Cheveux : Argentés, lisses, arrivent au creux de ses reins
Yeux : Bleu profond
Teint : Clair de lune
Particularité : Un grain de beauté sous chaque œil.

« Si Elenwë n’était pas une Eleär, elle serait un paysage de montagne sous la lune, doucement recouvert par la première neige de l’hiver.

Sa peau douce reste toujours très claire, même après une longue journée au soleil. Ses cheveux semblent être des filaments de lune, brillants et argentés malgré son jeune âge, soulevés par le moindre souffle de vent. Ses yeux sont des écrins blancs ourlés des franges longues et recourbées de ses cils, où brillent les saphirs purs de ses prunelles, traîtresses récidivistes de ses émotions profondes. Sous la courbe douce de son nez, ses lèvres pleines et rosées, pareilles à deux pétales de fleur sur son visage d’albâtre, sont les gardiennes de ses secrets et de ses sourires dont la lumière pourrait faire fondre les pierres. Lorsque l’ovale parfait de son visage se tourne vers moi, je crois toujours voir un esprit descendu du firmament et qui se serait égaré sur cette terre.

Quand mon regard ne se laisse pas capturer par le charme de ses iris, il ne peut que glisser sur la douceur du rond de ses épaules, dévaler la pente de sa cambrure et épouser la ligne svelte de ses hanches. Chacun de ses mouvements est un pas de danse, léger et souple, qui semble la mettre toujours hors de portée de la moindre tentative d'approche d'un mortel. Mais tout cela n’est rien encore si on le compare à l’état d’extase merveilleuse dans lequel peut me plonger sa voix. L’entendre parler, c’est comme entendre murmurer un ruisseau d’eau claire, caché au fond d’une forêt enchantée. Et l’entendre chanter, c’est s’exposer au risque d’avoir le cœur fendu par tant de beauté. Mille oiseaux ne sauraient égaler la clarté de son timbre, la puissance de sa voix, la justesse de ses notes, ni la force de ses paroles. Quand Elenwë chante la joie, tous ceux qui l’entendent ne peuvent qu’être transportés de bonheur, et quand Elenwë chante la douleur, elle peut plonger dans l’abîme du désarroi tout son auditoire. Il ne m’a jamais été donné d’entendre quelque chose de semblable et je mourrais de bonheur sous sa fenêtre si elle décidait d’y chanter pour l’éternité.

Douce Elenwë, belle de nuit, que les Eleär puissent garder à jamais en mémoire tous les joyaux dont vous êtes la porteuse.
»

Extrait du journal intime d'un poète anonyme.



Caractère


La majeure partie du temps, la jeune eleär est une personne calme, qui sait s'adapter aux attentes de son environnement et dont la compagnie est apaisante. Il émane d'elle une impression de douceur qui soulage les âmes et donne envie aux cœurs de s'ouvrir à elle. Des sourires timides ou polis ornent souvent son visage, mais il faut avoir un peu de sa confiance et attendre d'être loin de la foule pour voir s'épanouir sur ses lèvres de vrais sourires, pleins de joie.
Sachez que son apparente insouciance est un choix de sa part : elle souhaite garder une part d'elle-même vierge de tout tracas, simplement tournée vers le bonheur et la jouissance des plaisirs qu'offrent la vie. Ce n'est donc pas qu'elle ignore ce qui se passe autour d'elle ou qu'elle soit trop stupide pour saisir la gravité des événements, il s'agit tout bonnement d'une mise à l'écart délibérée de son esprit de tout ce qui pourrait obscurcir son ciel bleu. « La vie se charge bien assez de mettre de nouvelles préoccupations sur notre chemin, il faut savoir lui damer le pion au moins quelques instants pour ne pas perdre pied. » se plaît-elle à dire parfois.

Quand vient l'heure d'être sérieuse, c'est une tout autre Elenwë qui surgit. On entraperçoit alors quelle farouche opposante elle peut être, têtue et prête à lutter pour faire entendre sa voix. Si elle vient à perdre la joute verbale, il est fort possible qu'elle ne fasse que reculer pour mieux sauter et malgré les interdictions ou les décisions prises, elle n'en fera qu'à sa tête si elle est convaincue du bien-fondé de sa vision des choses.
Une fleur douce et gracile qu'il est en réalité très difficile de déraciner.

Concernant l'autorité de façon générale, Elenwë fait les choses comme elle l'entend. Si elle se conforme aux usages de la cour et à la vie en société, c'est qu'elle se montre plutôt rebelle dans bien d'autres domaine et échappe aussi souvent que possible à sa cage dorée pour ne pas suffoquer sous ce qu'elle considère comme des contraintes. Elle n'agit pas par bête esprit de contradiction, si pour le bien de quelqu'un elle devait obéir précisément à un ordre elle le ferait sans hésiter, mais il est dans sa nature de remettre toujours en question la hiérarchie.
La jeune femme est une personne aimante et bonne, elle aime voir des sourires sur les visages qui l'entourent, mais elle sait que son cœur est tendre. Trop pour sa propre sécurité. Aussi préfère-t-elle garder une certaine distance entre elle et les autres, par méfiance. Bien qu'elle apprécie beaucoup la compagnie et qu'elle n'hésite pas à engager la conversation, il est très difficile d'entrer réellement dans son cercle privé, à moins qu'elle ne le désire. Une fois sa confiance acquise en revanche, elle est totale et inconditionnelle au point qu'on puisse la qualifier de naïve.



Inventaire


En société, Elenwë porte souvent des robes élégantes qui soulignent sa beauté, dans les tons blancs et rehaussées d'une seule couleur vive que l'on retrouvera dans les détails de sa tenue (rubans, broderie ou laçage). Elle pare sa coiffure de bijoux. Quand elle n'a pas à se montrer pour une occasion spéciale, elle préfère porter des pantalons, des tuniques longues ou des robes estivales très simples qui lui permettent une grande liberté de mouvement puisqu'elle adore se rouler en boule dans un grand fauteuil ou s'asseoir en tailleur pour lire. Elle garde alors les cheveux libres ou simplement attachés en queue de cheval.
À son cou se trouve très souvent un même bijou : un saphir taillé en poire, enserré par deux brins d'argent.


Histoire



| 18ème jour de Margrh, cycle 89 de l'ère des Rois |

~ Mon père est venu me trouver aujourd’hui, alors que j’étais dans le jardin près de l’étang. La journée était belle, rien de spécial à l’horizon, tout allait pour le mieux aussi sa visite m’a étonné. Non pas que nos relations soient si distantes, mais généralement il ne vient me chercher dans mon refuge que pour me parler de choses importantes qui ne peuvent pas attendre.
C’est amusant comme certains souvenirs peuvent rester gravés dans notre mémoire avec une précision étonnante : je le revois très distinctement s’approcher à grands pas, le sourire aux lèvres, après m’avoir appelé. Il semblait ravi, avec cet air bien connu sur son visage, celui qui dit « j’ai réussi à obtenir ce que je voulais après avoir livré bataille ». Je n'avais pas eu vent d'une quelconque affaire politique importante, or je pensais qu'il me tenait au courant de presque tout afin que je reste impliquée dans les affaires du pays. Quelle pouvait bien être cette grandiose nouvelle pour laquelle il venait à ma rencontre ?

Ah, si j'avais su ! Je ne sais pas si ma réaction en aurait été changée, mais le choc aurait été moins important. Le voilà qui s'avance, tout sourire et en m'ouvrant les bras comme pour m'embrasser. Je lui ai naïvement demandé ce qui le mettait en joie et il m'a répondu : «Le roi accepte l'idée de t'épouser ! ». Je crois que je n'ai jamais aussi bien illustré l'expression "rester de marbre". Mon corps tout entier était si parfaitement figé que j'ai vu l'inquiétude se glisser dans les yeux de mon père. Il s'est alors agenouillé à côté de moi pour me prendre par les épaules et me demander ce qui n'allait pas. Que devais-je lui répondre ? Je n'avais aucune idée de comment j'allais !
Une part de moi était terrorisée à cette idée, j'avais l'impression qu'on me volait ma vie, qu'on m'enchaînait à un destin qui n'était pas le mien, qu'on me coupait les ailes avant même que je n'aie pu les déployer totalement. Je me sentais comme une marchandise que l'on échange, que l'on offre en guise de cadeau et que l'on peut se passer de main en main. Je trouvais cela injuste de n'avoir même pas été mise au courant des projets qui étaient prévus pour moi.
Puis, une autre part de moi se sentait heureuse, presque euphorique. Mon père souhaitait me voir mariée au roi et ce dernier avait accepté l'idée. Je pouvais être utile non seulement à l'eleär le plus important de notre royaume, mais également à tout mon peuple. Je pouvais être reine et être reconnue, entendue comme telle. Je pouvais être le lien entre deux familles puissantes et fière. Je devais être fière et heureuse.

Mais ce tiraillement en moi ne trouvait pas de vainqueur en cet instant et j'étais pétrifiée, bloquée en moi-même à mi chemin entre deux réactions. La voix de mon père me sortit de la rêverie et je trouvais la force de balbutier quelque chose. Je ne me souviens plus de si cela ressemblait ou non à des mots, cependant le seigneur Valandil n'avait pas besoin de plus pour être rassuré et retrouver son sourire. Il s'est alors assis à côté de moi pour me parler, mais ses mots n'ont trouvé le chemin de mon esprit que depuis que le jour est tombé. Il m'a dit être préoccupé depuis de nombreuses années par la situation du royaume, et les récents événements n'ont fait que renforcer ses craintes. La plus grande de toute étant de voir sombrer notre belle terre de Desde dans un conflit qui coûterait de nombreuses vies à notre peuple et peut-être même celle de notre roi. Roi qui n'a ni femme, ni enfant pour assurer sa succession. D'un point de vue politique, la perte de notre monarque serait une catastrophe surtout en cas de guerre et les motivations de mon père sont louables, il pense à la stabilité du pays avant tout. Mais s'il n'y avait que la politique dans cette histoire, elle ne serait pas si compliquée...

Le roi Aerandir a presque 100 ans de plus que moi. Il est même plus âgé que mon propre père de 11 années. Pour les eleärs, cela n'est guère plus important que quelques cycles pour les Valduris, mais c'est tout de même intimidant. Il était déjà adulte alors que je venais au monde, je me souviens d'être allée à la cour dans mon enfance, avoir croisé son regard, l'avoir entendu parler à l'assistance tandis que j'étais lovée dans les bras de ma mère. Quelle image peut-il avoir de moi ? Je ne suis plus une enfant depuis longtemps, mais le voit-il de cette façon ? Sans compter qu'il est aussi dur et froid que les glaces du nord. Et mon père veut que je les fasse fondre ? En suis-je seulement capable ?
J'aime le roi. Comme tous les sujets de son royaume, peut-être plus encore car j'ai la chance de pouvoir le côtoyer régulièrement. Mais si je sais quel monarque il est, j'ignore tout de l'homme qui se trouve sous la couronne. On m'a dit qu'en d'autres temps, avant ma naissance, il était notre Prince Bien Aimé, beau comme le jour et plein de rires et de joie. Moi je n'ai connu que l'homme au regard tranchant et à la volonté inébranlable dont le courroux s'abat sur les Vreëns sans aucune pitié. Sa beauté est pareille à celle des lames de maître : froide et acérée, fascinante mais aussi effrayante. A-t-il seulement jamais souri en ma présence ? Deviendrais-je un jour la femme de cet homme qui ne semble vouloir de personne dans son cœur ? Chacun sait quelles sont ses blessures, même moi qui n'ai pourtant jamais vu son visage de Prince, mais comment pourrais-je l'approcher ? Je ne signifie rien pour lui, c'est un échec couru d'avance et je ne comprend pas pourquoi il a accepté l'idée de mon père. Bien sûr, aucun engagement n'est fait, mais il a cédé à cette demande et je brûle de savoir pourquoi, d'aller le lui demander en face pour qu'il se rende compte de qui je suis et de ce qu'il a accepté d'étudier comme possible union. Je ne saurais même pas dire s'il a une idée précise de mon visage, il a tant d'autres sujets de préoccupation.

Mais mon père souhaite que je sois la femme du roi, son soutien indéfectible, et je crois que de cela je suis capable. Peut-être même que je m'en sens l'envie. Il est possible que ça ne soit que la fierté et le désir de me montrer à la hauteur qui me guide, mais le temps saura faire le tri pour moi car il y a peut-être d'autres choses en moi que je ne vois pas. D'une certaine façon, j'accepte moi aussi l'idée de cet engagement sans me prononcer encore sur l'engagement lui-même. Le plus dur et le plus passionnant reste à faire. Quelle que soit l'issue de ce pari absurde, je ne pourrais qu'en ressortir plus forte. Non, pour être exacte, je me dois d'en ressortir plus forte.
~

La jeune femme posa sa plume à côté du grand cahier relié de cuir qui lui servait de journal depuis des dizaines d'années. La couverture était usée et elle venait de remplir la dernière page de son écriture fine et déliée. Elle n'écrivait pas régulièrement, seulement quand quelque chose d'important arrivait et qu'elle souhaitait s'en souvenir ou quand elle avait le cœur trop lourd. Avec un soupir, elle se laissa aller dans le fond de sa chaise et se mit à feuilleter les pages précédentes, par curiosité.

| 4ème jour d'Auldera, cycle 89 de l'ère des Rois |

~ J'ai eu la peur de ma vie.
Il n'y a pas deux jours, j'ai fêté mon 189ème automne en petit comité, autour d'un dîner simple mais avec mes parents réunis spécialement pour l'occasion. Ce n'est pas si souvent que nous pouvons nous retrouver autour du même repas pour parler de choses sans gravité. J'étais alors loin de me douter que le ciel m'enverrais un étrange présent avec un peu de retard.
Aujourd'hui a été une journée difficile : quelqu'un s'est trompé dans les comptes, ce qui a engendré une certaine panique car cela signifiait qu'il y avait eut un vol conséquent ou des impôts impayés. Dans les deux cas, il fallait agir vite et efficacement. J'ai dû recompter moi-même et vérifier tous les chiffres du mois dernier tout en étant sollicitée régulièrement par des personnes alarmées qui ne savaient pas quoi faire, ce qui a mis ma patience à rude épreuve. En fin de journée, j'étais si agacée que je n'ai pas su garder mon calme. Sur l'instant, j'ai pensé que ce picotement intérieur était simplement une conséquence de ma colère, mais ce qui s'est passé ensuite me fait désormais douter. Alors que j'invectivais le pauvre diable qui était venu me déranger au mauvais moment, pour une raison que je n'ai même pas retenue, j'ai frappé des poings sur la table. Immédiatement le bois s'est retrouvé couvert d'une fine pellicule de glace, formant deux auréoles à l'endroit où mes mains avaient frappé. Emportée dans mon élan, je n'ai même pas remarqué le phénomène et ce n'est qu'en saisissant ma plume et en la voyant se couvrir de givre que j'ai réalisé ce qui se passait. J'ai été si surprise que je l'ai lâchée comme si elle m'avait mordue la main.
La chose ne s'est pas reproduite depuis et j'ai demandé à la personne témoin de cela de ne pas en dire un mot avant que la lumière ne soit faite sur ce qui s'est réellement passé. Bien sûr, je lui ai également présenté mes excuses pour mon comportement. Le soir venu, j'aurais pu en parler à mon père, mais je crois que j'étais trop inquiète de sa réaction pour le faire. Je ne sais pas si c'est le fruit de ma colère ou un élément de la pièce dans laquelle j'étais qui a donné ce résultat stupéfiant, mais je suis intriguée. Mieux vaut enquêter seule pour le moment.
~

Elenwë sourit. Elle se souvenait très bien de cet épisode. Depuis, il avait été établi que la magie était de retour sur Rëa. On ne savait pas vraiment pourquoi ni comment, mais les faits étaient là : certaines personnes se trouvaient dotées de pouvoirs étranges. La plupart du temps, ce n'était pas quelque chose de très puissant et leur utilisation restait aléatoire, mais on pouvait espérer un renforcement de ces capacités au fil du temps. Du moins, c'était ce que les Anciens pensaient. Il semblait donc qu'elle fasse partie de ceux que la magie avait choisi comme hôte et son don (ou sa malédiction) concernait la glace. À trois reprises déjà elle avait été témoin de ce que cette puissance étrange pouvait faire à travers elle et elle commençait à dessiner les contours de son pouvoir. La première fois, elle avait tracé un chemin de givre du salon jusqu'à sa chambre, simplement en étant pieds nus. Elle était alors furieuse, suite à une discussion avec sa mère qui s'était terminée en dispute. Puis il y avait eu ce gros chagrin quand son petit chat était mort. Cette fois, elle avait transformé presque tout le parquet de sa chambre en une surface blanche sur laquelle les pas crissaient légèrement. Enfin il y avait eu ce moment d'angoisse quand son père lui avait parlé du mariage, plus tôt dans la journée. La terre était encore froide et glacée dans le jardin, aussi ni l'un ni l'autre ne l'avait remarqué, mais elle avait bien senti que son pouvoir s'était manifesté quand, en se redressant, elle avait touché de sa main dégantée le banc près duquel elle était agenouillée. Il semblait qu'elle soit capable de geler superficiellement tout ce qu'elle touchait quand elle était soumise à des sentiments négatifs puissants. Pour l'instant, elle n'avait expérimenté que la colère, le chagrin et l'angoisse, mais elle avait le pressentiment que d'autres conditions pouvaient la conduire à éveiller son don.

Elenwë tourna encore quelques pages, remontant encore dans le temps. Elle lisait parfois une phrase à la volée, des bribes de son passé souvent sans grand intérêt à présent. Mais elle était tout de même heureuse d'avoir couché ces instants sur le papier.
Son regard s'arrêta sur une nouvelle page qui n'était presque pas remplie.

| 18ème jour de Drema, cycle 75 de l'ère des Rois |

~ Par décret du roi, les frontières de notre royaume sont désormais fermées aux Vreëns. Tous les habitants non eleär de Desde doivent quitter nos terres le plus vite possible sans possibilité d'y revenir.
Cela va trop loin... Quand sera-t-il enfin en paix ? Veut-il voir tous les Vreëns mort à ses pieds pour enfin être apaisé ? Je crois qu'il n'y aurait que la disparition de ce peuple pour le calmer, ou alors l'entêtement d'une personne décidée à le faire revenir à la raison. Et je pense qu'il faudrait quelqu'un d'encore plus patient et entêté que lui pour parvenir à un tel résultat, car cela fait presque deux cent ans qu'il nourrit une haine farouche pour ces Valduris.

Je ne porte pas non plus ces gens dans mon cœur car ils sont les auteurs de beaucoup de nos souffrances passées et présentes, mais chasser des fermiers paisibles qui ne demandaient qu'à cultiver leurs terres me semble être aussi déraisonnable qu'injuste. Comment demander la paix à des gens que nous bannissons de notre patrie à cause de la haine d'un eleär ? Je ne suis personne pour aller lui parler, c'est mon père qui lui tient lieu de conseiller, d'ami et de représentant de notre maison. Mais peut-être qu'en parlant avec mon père, mes mots remonteront jusqu'au roi ?
~

La lecture de ces lignes laissa la jeune femme pensive pour quelques instants. Elle leva le nez de son journal pour regarder par la fenêtre. Il faisait nuit noire, comme souvent lorsqu'elle se décidait à écrire et le reflet de la lumière de sa chandelle lui cachait tous les détails de son jardin sous la lumière de la lune, mais elle pouvait en deviner les contours. Leur roi tant aimé et respecté pourrait-il un jour revenir sur sa décision ? Ouvrir les frontières à un plus grand nombre de commerçants Vreëns ferait entrer plus de richesses, les valduris appréciaient les compétences eleärs autant à Rhaemond qu'ailleurs (mis à part quelques fiefs bien précis) et des accords avaient été signés pour le bien des leurs sur les terres vreëns. Que faudrait-il de plus à leur monarque pour changer d'avis ? Elle ne savait pas vraiment où était les réponses à ses questions. Un sourire à la fois amusé et ironique étira ses lèvres roses : elle n'était pas si différente d'Aerandir finalement, car si elle regrettait le départ des Vreëns c'était principalement car il représentait un appauvrissement de leur royaume. Au fond, c'était donc plus le bien-être et la richesse de son peuple qui lui importait plutôt que l'amitié de leur belliqueux voisin.
Elle s'arracha à ses pensées avant de trop s'y perdre et retourna à son journal. Les pages glissaient entre ses doigts fins, retenant parfois un peu de son attention, mais sans qu'elle s'y attarde vraiment. Finalement, elle en arriva à la toute première, celle qui avait inauguré ce journal personnel qui n'était que le deuxième volume qu'elle remplissait. Ses iris bleu océan restèrent accrochées sur la date avant de commencer une lecture qu'elle savait douloureuse.

| 1er jour de Friest, cycle 24 de l'ère des Rois |

~ Ma plume tremble entre mes doigts et je ne sais si l'encre pourra tenir sur le parchemin tant il est mouillé de mes larmes. Mon cœur saigne, comme celui de toute ma nation, car aujourd'hui nous avons fait nos adieux à notre roi bien aimé, le plus grand monarque que Desde ait eu. Je n'ai connu la vie que sous le règne d'Aldaron Ciryior, mais je sais qu'il était l'un de nos rois les plus exceptionnels. Malgré toutes les souffrances qu'il a pu endurer à cause de ces maudits Vreëns, il s'est toujours montré aimant et tolérant, préférant trouver un terrain d'entente qui puisse favoriser l'amitié. Il nous a tous aimé de la même façon qu'il a aimé son fils et sa femme, nous étions autant son peuple que ses enfants et aujourd'hui, nous pleurons sa mort comme celle d'un père.
Je me rappelle cette marée blanche d'eleärs en larmes, les lamentations et les prières. Comme toutes les autres, ma robe était blanche comme la première neige, sans aucune autre couleur. Je n'avais pas attaché mes cheveux et je ne portais pas une tenue de fête, car nous étions là pour pleurer le départ de notre souverain. Je crois me souvenir de ma mère en pleurs, mais je me rappelle surtout que l'un des seuls visages secs était celui du prince, qui désormais sera notre roi. Je ne doute pas de la profondeur de sa souffrance, mais je m'interroge sur la froideur de son cœur pour que même la mort de son père n'arrive pas à en faire fondre une partie pour la transformer en larmes.
~

Elenwë arrêta sa lecture à cette phrase et referma son journal avec un sourire triste. C'était du passé, mais que représentent 60 cycles dans une vie de plusieurs centaines ? Elle regrettait l'ancien monarque, mais reconnaissait que son fils faisait également preuve de grandeur. Son règne était encore jeune, mais il veillait farouchement sur les siens, malgré certaines décisions qu'elle n'approuvait pas. Il resterait, lui aussi, dans la mémoire des eleärs comme étant un grand roi.

Dans un froissement discret de tissu, la jeune dame se leva pour aller ranger l'ouvrage sur une étagère en hauteur, non loin de son lit. Il avait désormais sa place à côté du premier volume qu'elle avait commencé à ses vingt ans. Comme le temps filait vite...Pourtant elle ne s'était pas souvent ennuyée dans sa vie. Elle reconnaissait avoir été parfois un peu trop ouvertement rebelle avec ses parents, dans ses jeunes années, mais elle ne regrettait pas. Faire le mur pour aller en ville ou en forêt lui avait demandé beaucoup d'ingéniosité et d'imagination, elle avait même apprit à crocheter quelques serrures. Aah ce bon vieux temps où elle jouait aux évadées de prison alors que ses parents tentaient par tous les moyens de la garder à la maison. Même si elle apprenait beaucoup grâce à eux et à ses professeurs, ses escapades lui en avait appris tout autant et désormais elle pouvait aller et venir librement, même en pleine nuit du moment qu'elle était discrète. Son enfance avait été heureuse et paisible, pourtant elle l'avait détaillée dans son journal. Les petites joies et les grandes découvertes, ce qu'elle avait appris de la cour et de la nature, son bonheur infini à pouvoir courir seule dans les bois, sans avoir besoin d'un nom ou de bijoux pour pouvoir faire ce qu'elle voulait, sa peur des attaques vreëns quand elle était enfant et sa colère d'adolescente avant de comprendre que ce n'était pas un chemin utile et qu'il valait mieux garder la tête froide. Les longues heures d'apprentissage, la découverte de la danse et surtout du chant, où elle excellait bien qu'elle n'en fasse profiter que les arbres et les fleurs, par timidité. Tant de brides de souvenirs se trouvaient enfermés dans ces pages.
Elenwë souffla sa bougie et ouvrit en grand une de ses fenêtres, laissant entrer l'air piquant de la fin de l'hiver dans sa chambre. Un frisson couru sur sa peau, mais elle ne chercha pas à se couvrir plus. Elle resta ainsi, abîmée dans la contemplation du beau jardin sauvage qui s'étendait à ses pieds, un sourire rêveur aux lèvres. Un mariage... Cette drôle d'idée ne lui avait encore jamais effleuré l'esprit, mais elle était curieuse à présent. Curieuse de savoir qui était vraiment le roi Aerandir Ciryior.


Ambitions & Desseins


- [préoccupation récente] En savoir plus sur Aerandir, faire sa connaissance et respecter la volonté de son père. | En découvrir plus sur son pouvoir et son utilisation.
- [préoccupation générale ] Le bien-être de son peuple et du royaume de façon générale.
- [ambition générale] Pouvoir être entendue par les notables et le Haut Conseil, jouer un rôle dans la politique de son pays.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : Majeure et vaccinée !
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Oui et si, le cas échéant, on pouvait me citer en temps que co-créatrice  du perso d'origine, ça serait gentil ^w^
Moultipass : Ok par Onyria

+ Encore bravo pour le forum, il est très beau, propre et bien construit. Ça promet des rps passionnants ^^


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◈ Missives : 2134

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Lun 13 Avr 2015 - 16:29

Félicitations, douce Elenwë.

Ton écriture est douce, délicate, tout autant que l'est ton personnage.

C'est donc avec joie que nous te validons et te souhaitons la bienvenue dans nos contrées !