Azzura

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Ba'hel Annseth - Lieutenant de la Légion Rouge

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◈ Mer 13 Mai 2015 - 18:14

◈ Prénom :  Ba'hel
◈ Nom : Annseth
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 71 printemps, et toutes ses dents
◈ Date de naissance :treizième jour de la Lune de Rahn, an 18 de l’ère des Rois
◈ Race : Ordhaleron
◈ Ethnie : Daemon
◈ Origine : forêts de Kaerdum
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Métier : Lieutenant et guerrier


Magie


Magie : des ombres

Ba’hel Annseth n’a pas été touché par le retour de la magie, du moins pas consciemment. En effet, être empli de remords d’avoir tué tant de gens dans une vengeance stérile, chef qui a mené trop de guerriers à la mort, Ba’hel reste psychiquement fort le jour. Mais la nuit, ses cauchemars prennent le forme concrète de filaments d’ombres s’il n’a pas pris soin de se tuer l’esprit dans l’alcool et les fumées. Il ne maitrise pas son don de magie des ombres qui se trouve à l’état de stase, sauf lors de ses nuits cauchemardesques et quand il ne maitrise plus sa peur au combat. Ba’hel n’a pas conscience de ce don, il va et vient au gré du stress au combat et de ses frayeurs post-traumatiques, et il ne le maitrise absolument pas.
De fait cette magie des ombres non contrôlée pourrait conduire Ba’hel à la folie ou à de dangereuses pratiques sans même qu’il ne s’en rende compte, détruisant peu à peu sa vitalité au gré des combats qu’il conduit pour le glorieux nom des Ordhalerons.

Capacité magique : Ba’hel n’a pas conscience de la trame d’ombre intangibles qui tourne autour de lui, ou plutôt, il l'interprète comme étant résultante de ses cauchemars. Au combat, quand il est dans une position plus que délicate, ces ombres peuvent se mouvoir et bloquer les personnes autour de lui pour protéger leur maître, mais sans faire de distinctions entre ennemis et alliés.


Compétences, forces & faiblesses



Artisanat :

Ébéniste (intermédiaire) : fils d’un ébénistes talentueux, Ba’hel se destinait à cette voie dans le royaume de Kaerdum avant l’assassinat de sa famille. Même s’il n’est pas allé au bout de sa formation, et qu’il manque d’outils, Ba’hel aime de temps à autre jouer avec un couteau en guise de ciseau à bois et dessiner des formes animales et des petits objets du quotidien pour lui et ses hommes.

Cuisinier (novice) : un bon guerrier sait que la nourriture est sacrée, pour le bien du corps et de l’esprit, Ba’hel, en montant les grades a été plus qu’à son tour de corvée de patates, et il se débrouille relativement bien pour faire une tambouille à peu près mangeable.

Art des combattants :

Combat armé (maître) : le véritable talent de Ba’hel, c’est faire la guerre. Et ce avec toutes les armes à sa disposition même s’il a un petit faible pour sa hache « Mord Vrëen ».

Combat à main nue (intermédiaire) : les coups, Ba’hel sait les donner et en recevoir s’il le faut, mais la lutte c’est pas trop son truc quand même, à quoi bon casser la figure de ses alliés en dehors de montrer qui est le patron ?

Tactique (expert) : Ba’hel n’est pas un stratège, mais diriger une équipe de soldat, il sait le faire. Embuscades, coups tordus et autres prises de positions, il connait toutes les ficelles du commandant de terrain, la seule place valable pour un officier !

Art du chasseur :

survie (expert) : on vit pas jusqu’à l’âge avancé de Ba’hel sans savoir survivre dans la nature pendant une campagne, ou quand on est traqué par de vilains Vrëens qui ont mal pris la mort de leurs petits camarades.

Art des sages :

guérison (novice) : faire un bandage, tenir une plaie avant qu’un vrai médicastre vienne le faire, c’est parfois nécessaire pour sauver un ami, sale, mais nécessaire.

Art du langage :

kaerd (intermédiaire) : si Ba’hel sait parler la langue commune, c’est qu’il l'a apprise dans sa jeunesse à Kaerdum. Mêlé à l’argot des soldats, il le parle avec un fort accent de cette région mais généralement à contrecœur, sauf quand il s’agit d’insulter copieusement un Vrëen qui passerait pas trop loin de sa lame.

gordhien (intermédiaire) : n’ayant pas fait d’études, le guerrier sait très bien parler de tactique ou d’art de la guerre, mais sorti de ces domaines, il ne saurait nullement composer de la poésie ou parler avec le langage sibyllin de la cour.

Avantages et défauts :

Maître d’arme : une épée ou une hache à la main, Ba’hel ne fait plus qu’un avec sa lame et se transforme en une arme mortelle.

Tacticien : esprit vif et rusé, Ba’hel essayera de prendre l’avantage sur le terrain qui l’entoure pour mener à bien ses combats.

Meneur d’hommes : proche de ses hommes, il attend d’eux une loyauté totale, il les conduira au fin fond de l’enfer, car lui-même se sacrifierait pour eux et tentera pour tout pour les ramener tous du champ d’horreur.

Dépendance à l’alcool et la fumée : Ba’hel ne supporte plus de voir ses soldats mourir au combat, tout comme sa vengeance sans fin lui pèse de plus en plus, dès qu’il n’est plus au combat, il plonge dans l’alcool et le chanvre pour oublier les ombres qui l’entourent.

Code d’honneur : Ba’hel, s’il ne fait pas de pitié aux Vrëens sur les champs de batailles, ne tuera pas les femmes et les enfants de sang-froid. Honorable, il laissera toujours une chance à un ennemi de se battre contre lui d’homme à homme. Tout comme il ne torturera pas de sa main ses prisonniers ni n’encourage le viol de guerre par ses troupes, sauf dans les terres de Kaerdum et toutes les royautés Vrëens. Piller les possessions ennemies oui, violer leurs femmes et massacrer gratuitement leurs enfants tandis qu’on peut en faire des esclaves non. Sa position sur l’assassinat est claire. Jamais en dehors d’un champ de bataille ou d’un duel judiciaire. Le poison et les subterfuges des assassins, très peu pour lui. Cela manquerait d’honneur que de laisser faire les ombres dans la nuit quand on peut vaincre l’adversaire dans un honnête combat.

Inflexible : si sur le champ de bataille il sait s’adapter, Ba’hel ira jusqu’au bout de sa mission, quel que soit le prix qu’il aura à payer à ses cauchemars plus tard. D’où son attachement à sa troupe d’élite sur qui il sait qu’il peut compter pour affronter les pires batailles.

Esprit vengeur : animé par la vengeance, cet être logique et rationnel peut plonger dans une frénésie destructrice et se jeter dans les pièges des Vrëens si des vies ordhaleronnes sont en jeux. De même, il tuera sans pitié aucune les hommes qui tomberaient entre ses mains. Tout comme il ne verra aucun inconvénient à laisser des soldats.

Cochon en politique : les jeux d’alliances et les coups bas, très peu pour lui. Ba’hel aime les choses simples : se battre, boire et baiser. La politique, très peu pour lui. Le fait qu’il ne comprenne pas ses artifices explique qu’il reste un homme de terrain. Qu’on lui donne un ennemi, et il le tuera sans faille. Qu’on le plonge dans la diplomatie et les jeux d’alliances, et vous risquez de faire capoter toutes possibilités de paix.

Blessure ancienne : son poumon, même s’il a bien cicatrisé, l’empêche de soutenir un combat trop long ou une course trop rapide. Ba’hel s’essouffle rapidement, et la fumette n’arrange rien.



Physique


Grand et trapu, comme tous les Daemons, Ba’hel se déplace cependant avec la grâce des maîtres d’armes. Robuste pour un jeune homme de soixante-dix automnes, comme tous les membres de sa race ou peu s’en faut, l’entrainement constant à la guerre, quand il n’est pas en opération, a taillé le corps de ce guerrier tout en muscles et circonvolutions veineuses. Sans être non plus une bête de guerre de deux mètres de haut, ses respectables six pieds de haut moins quelques pouces et la carrure de ses épaules laissent présager de sa profession, et du fait qu’il n’est pas à prendre à la légère. Félin et agile, il n’est pas non plus un voleur ou un assassin. De fait, il porte généralement le symbole des troupes lourdes de l’empire d’Ordhaleron : l’armure en cotte de maille et en écailles, ainsi que son arme favorite : « Mord les Vrëen ». En dehors de la guerre, il se vêt généralement de cuir, de pied en cap généralement, ce qui indique sa profession tout autant que les cicatrices qui parcourent son corps. Seul un élément, pratique quand même, semble sortir de l’équipement standard de ce guerrier, l’écharpe de soie noire qui encercle son cou, un châle volé dans le pillage d’un château-fort Vrëen.
La plus marquante, et visible aussi, est celle qui traverse son nez de senestre à dextre, souvenir de la lame d’un humain le jour de la mort de ses parents. Le reste de la bête est couturé de part en part de coups de lames, os brisés et autres muscles froissés par tout ce que l’humanité a pu inventer d’armes diverses et variées afin d’attenter à la vie de son prochain. Son souffle rauque et sa voix tout aussi grave ne donnent guère envie de venir discuter avec cet être austère qui ne semble pas souvent sourire en dehors du combat. Bref, pour le bel homme, on repassera en dehors de ces yeux fauves qui scrutent les visages avec acuité, ou total manque de savoir vivre selon les gens.
Ce qui fait de Ba’hel un Ordhaeron se trouve dans les caractéristiques physiques se son ethnie. Sa carnation tire entre le rouge incarnat et l’orange flamme selon la lumière. Il porte des cheveux longs et une courte barbe entretenue avec élégance. Sa pilosité possède la même couleur onyx que les deux cornes de bélier qui piquent le ciel depuis le haut de son front. Ses mains sont identiques à celle des humains, si ce n’est les ongles noirs qui peuvent lui servir à griffer, voire égorger un impudent, tellement ils sont durs. Enfin, la dernière arme de ce corps mortel se trouve dans la queue préhensile rouge incarnat qui se termine par un dard, véritable poignard utilisé essentiellement lors des duels judiciaires entre Daemons ou en dernier recours contre les humains, voire quand il faut étrangler ou briser la nuque d’une sentinelle.


Caractère


Comme tous les êtres vivants, Ba’hel Annseth possède de multiples visages. Loyal aux Ordhalerons, il est un guerrier féroce et réputé sur le champ de bataille. Proche de ses hommes, il a bien souvent plus les allures d’un sous-officier que de général, conduisant des beuveries orgiaques à chaque fin de campagnes ou pour fêter ses victoires. Professionnel de la guerre, il a une philosophie de vie très jusqu’au-boutiste et épicurienne. Autant profiter de ce que l’on a maintenant, car dans l’autre monde, ou aux enfers, on aura tout perdu.

Pourtant, cela ne signifie pas que Ba’hel soit un reître ou un soudard. S’il n’a pas peur de tuer au combat, il n’assassinera jamais un prisonnier. De même, il laissera sans broncher les officiers de renseignements s’occuper des aspects les plus horribles de la guerre, dont la torture, pour obtenir les informations nécessaires à la vie de ses guerriers, mais salir ses propres mains ne lui est pour l’heure jamais arrivé. A plusieurs reprises, d’interdire à ses hommes de piller des villages qui s’étaient bien défendus, et il les a toujours empêché de violer les femmes et s’en prendre aux enfants. Toutefois, si des soldats d’une autre troupe que la sienne cèdent aux brutalités de la guerre, il ne fera rien pour intervenir. Piller et brûler les terres de l’ennemi ne le choque pas, c’est une guerre après tout qu’il mène pour la survie de sa race. Brutal et violent au combat, sans pitié pour ses ennemis, il respecte en fait son propre code d’honneur qui le pousse à se battre, et tuer, que les gens qui sont aptes à assumer leur choix de prendre l’épée, et de risquer de périr par le fer et les flammes.

Ba’hel est un bon tacticien, mais il n’est pas un politique. Il obéira les ordres, s’il estime que ces derniers sont justes et logiques. S’ils ne le sont pas, il aménagera le cadre de sa mission pour la réussir en entier, mais en sauvant les vies des guerriers sous ses ordres. Après tout, la fin importe plus que les moyens non ? La mission importe cependant plus que les vies en jeu, et s’il faut tuer et être tué, Ba’hel choisira la voie de la bonne mort avec une inflexibilité effarante.

La seule entorse à sa règle d’honneur concerne les Vrëens. Enfant, il a juré que son chemin le conduirait à tuer tous les Vrëens possibles. Il se lance dans la bataille contre eux avec une furie furieuse qui pourrait lui jouer des tours. Toutefois, après plus de cinquante années de guerres et de raids intermittents mais toujours plus violents, n’importe qui serait las de tant de tueries. Et se rendrait compte de l’impossibilité de la tâche qu’il s’est donné. Mais Ba’hel n’est pas de cette engeance. Malgré le fait qu’il sache inconsciemment la stupidité de ce serment, il a vu bien trop de ses amis mourir aux mains des humains, à commencer par sa famille. Il croit ainsi que les ombres qui l’entourent ne sont pas les manifestations de la magie résurgente, mais les âmes damnées de ses soldats et de sa famille qui reviennent le hanter pour ne pas encore avoir accompli sa juste vengeance. C’est pour cela que, de plus en plus, traumatisé bien plus qu’il ne veut le dire par ce mortel trajet, Ba’hel Annseth se réfugie dans l’alcool et la fumée. Pour s’oublier, lui, sa vengeance, ses blessures, et cette guerre horrible qui saigne à blanc les forces vives de l’Etat qu’il a promis de servir jusqu’à sa mort.


Inventaire


Hache de bataille à une tête, affectueusement surnommée « Mord les Vrëens »
Armure lourde en cotte de maille et écailles
Bouclier en bois peint aux couleurs d’Ordhaleron
Gourde militaire standard
Quelques lanières de viandes séchées roulées en boule, de quoi tenir trois jours
Gamelle standard de l’armée impériale
Trousse de premiers soins standards
Un couteau à tout faire
Bottes de cuirs cloutées
Une bourse qui contient ses maigres pécules et quelques bibelots glanés de-ci de-là au cours de ses campagnes
Nécessaire d’entretien d’armes et d’armures (ça sent bon l’huile de coude, la graisse et le sable chaud anti-rouille)
Cape cirée en cuir, avec une capuche pour se protéger des éléments
Une grosse écharpe en soie (fruit d’un pillage lointain)


Histoire


Septante et une années. Un âge avancé pour un humain, le début de la maturité pour un Ordhaleron. Comme quoi, le temps n’est qu’une question de mesure. Mais la mesure, pour Ba’hel Annseth, ce sont les événements tragiques de sa vie. Et les marques laissées sur ce corps déjà usé par les guerres, les combats et les batailles qu’il a dû mener au cours de sa déjà trop longue existence.

Tout commença quelques semaines avant son seizième anniversaire. Ba’Hel Annseth vivait alors avec sa famille en Kaerdum, dans la forêt qui borde le grand fleuve. Les Ordhalerons étaient chassés et traqués depuis des milliers d'années, mais cette région sauvage se trouvait tellement perdue que nul seigneur de la guerre ou paladin ne cherchait noises à la communauté qui vivait là. Ba’hel apprenait le métier de son père, et montrait déjà quelques talents dans le travail du bois. Les petits objets du quotidien, boîtes à pains et autres jouets pour les enfants qu’il fabriquait de ses grosses pognes rouges étaient un réel ravissement. Et un soutien aussi pour sa famille qui, avec le troc qu’ils faisaient ainsi, pouvaient vivre dans une certaine opulence chiche que seuls les campagnards pouvaient comprendre. On ne manquait de rien dans ces contrées, tout était à portée de main. Même l’amitié avec les hommes, si on avait quelque chose à leur offrir pour lutter contre la dureté de ces magnifiques paysages de collines et de bois sombres.

Tout allait pour le mieux dans le moins pire des mondes connus, jusqu’au jour où les flammes de la guerre vinrent à nouveau faire suppurer des plaines presque cicatrisées. Le raid sur Kaerdum et la mort du roi virent une aube mortelle se lever après cette nuit de feu et d’acier. Les prémices furent le petit frère de Ba’hel qui ramassa quelques tirs de pierres bien ajustés, puis sa mère qui se fit cracher dessus à la foire du carrefour des quatre vallées. Et puis ils vinrent. Chevaliers en armures et sergents en cottes de mailles. Odeur de cuirs d’aciers et d’huiles mêlées aux remugles de chevaux de guerres qui piaffaient et hennissaient dans les bois. Les hommes s’enhardirent, de vieilles épées et des gambisons remisés dans les granges réapparurent entre les torches et les fourches des plus pauvres. Et on partit à la traque des bêtes. Les cris et les hurlements qui résonnèrent dans la vallée, Ba’hel Annseth n’est pas prêt de les oublier. L’odeur de grains brulés, les porcs qui hurlaient, le craquement lugubre des meubles brisés par une populace avinée de mauvaise piquette, et les hommes de guerres qui frappaient et hurlaient à tout va sur les paisibles Ordhalerons qui avaient, une fois de plus, oublié les guerres du passé. Tout cela reste confus dans la mémoire ravagée par l’alcool et la fumée du guerrier. Il ne se souvient plus que du crâne de son frère explosé dans un mélange de cervelle, de matière grise et d’os sur le mur de pierre de la maison. Les hurlements de sa mère tandis que des soudards arrachaient sa robe. Le sang qui maculait la gorge de sa sœur tandis qu’elle cherchait un dernier souffle d’air, tout comme son père aux pieds dansants la gigue des pendus. Comment il en réchappé ? Seul le destin et la chance le savent encore. Il se souvient du liquide chaud qui coulait à verse sur son visage barbouillé de terre, la fièvre de cette course nocturne tandis qu’il crachait ses tripes pour ne pas se faire rattraper par les chiens et les chevaux, les hurlements de l’hallali si proche et si lointains dans ses souvenirs tandis qu’il se rappelle les jappements des dogues aux crocs luisants de bave qui cherchaient à fermer leurs gueules sur ses sveltes mollets. Jours et nuits de cauchemars, mémoire brumeuse d’une fièvre qui faillit terrasser le jeune ordhaleron, tandis que ses blessures suppuraient sa mort par tous ses pores.

La fuite, vers où ? Vers nulle part. Cette arrivée sur la côte. La galère de contrebandiers venus de Sunaï. Ce long voyage entre la vie et la mort. Ba’hel ne s’en rappelle plus. Sauf les discussions avec le capitaine, ancien capitaine de guerre de Neya reconverti à une nouvelle voie. Celle de la paix après la guerre. Ba’hel ne l’écouta pas, et décida de rejoindre les rangs de l’armée. Le capitaine ne put qu’abdiquer, après tout, c’était lui qui avait tracé en partie la voie du jeune homme. Il pouvait s’en laver les mains. A Ba’hel de choisir son chemin.

Ce dernier se souvient de son premier jour à Neya. L’accueil dans les rangs de la Légion. Sa nouvelle famille, pour qui le jeune homme marqué par ses blessures n’était qu’un orphelin de plus. Sans ami ni parentèle, les premières semaines furent dures pour le voyageur en haillons qui avait poussé la porte du casernement.
Course à pied, lutte, entrainement aux armes en bois. Le régime des cadets, faits de privations et de marches nocturnes, n’aidait pas à son rétablissement. Mais malgré la fièvre, les fatigues et les douleurs, Ba’hel avançait maintenant sur la voie de la vengeance.

Toujours le premier levé, toujours le dernier couché. Ce jeune daemon était mue par une folie vengeresse qui allait le conduire vers de noirs abîmes et, à coup sûr, sa mort. Mais il emporterait le prix du sang et des larmes bien avant que sa dernière heure ne fusse venue.

L’art de la guerre s’apprend dans la souffrance et la mort. Et Ba’hel n’avait rien à perdre à se plonger dans l’étude de ces deux matières. Il n’aimait pas la mer, vue sa précédente expérience lors de sa fuite éperdue, alors il se tourna vers la terre. Embuscade, vie sur le terrain et tout ce qu’il fallait savoir du camouflage, il l’apprit. Tout comme il apprit à se servir d’une multitude d’armes, de traits, siège ou de corps à corps. Cette dernière devint rapidement sa spécialité. En quelques mois, le paysan mal dégrossi s’était transformé en une arme polyvalente. Et ce fut sa première campagne.

Le talent du guerrier ne se révèle qu’au feu. Et Ba’hel ne fit pas exception. Dans les forges de la guerre, l’ancien ébéniste devint un maître de guerre accompli. Pillant et brûlant les terres des ennemis d’Ordhaleron, il tuait sans sourciller les guerriers et laissaient faire ses hommes, quand l’ennemi avait abandonné la région, d’assouvir leurs vengeances sur les femmes de Kaerdum. La guerre nourrit la guerre, pillage, viols et violences étaient le lot commun des reîtres et soudards de la légion, la meilleure armée du monde. Sous-officier capable, il tapa presque dans l’œil de son général, Lord Aislinn. Daemon lui aussi, ce dernier apprit à son petit protégé l’art subtil du tacticien et du stratège, même s’il se rendit rapidement compte que Ba’hel était fait pour commander à l’avant des troupes et que jamais il ne serait général. La politique ne parlant pas non plus à son protégé, il le forma comme le forgeron travaille son fer, en le battant à chaud. Envoyant le jeune lieutenant se frotter à de multiples missions plus tordues les unes que les ordres, Aislinn fit de Ba’hel Annseth un grand soldat et un grand capitaine. Un de ceux qui choisissait chacun des hommes adapté à la mission en cours, et qui réussissait à ce que tous donnent le meilleur d’eux-mêmes par sa seule présence.

Aislinn travailla aussi l’âme de son protégé. Pour commander et s’imposer face à une troupe de choc, il faut être soi-même taillé dans le cristal le plus pur. Ainsi, l’esprit vengeur du jeune daemon fut transformé pour libérer sa rage seulement au combat. Seul endroit où il laisse le cercle infernal de sa vengeance s’exercer. Ba’hel apprit à se maitriser constamment. A mettre à son service sa fureur, pour vaincre, et vivre. Sauf face aux Vrëen, cette stimulation fonctionna raisonnablement bien. Pillage et plaisir seulement en second plan, d’abord réussir la mission, et quel qu’en soit le prix. Ba’hel devenait le parfait officier des commandos de chocs Ordhalerons. Inflexible et obstiné, aimé de ses hommes pour l’amitié et les soins qu’il leur accordait en dehors du combat, il pouvait les emmener au fond des abysses et revenir victorieux avec un taux de pertes le plus bas possible car chaque vie qu’il avait sous son commandement importait. Pas comme celles de l’ennemi à qui il ne faisait pas de quartiers.
Le soin qu’il accordait cependant à la vie de ses hommes sapait en partie le moral de l’officier en privé. A quarante ans, couverts de gloire et d’honneurs, le lieutenant refusait tout avancement. Pour lui, il importait de préparer ses hommes à toutes les missions, prendre le temps de les connaitre, de leur inculquer des méthodes de guerres fourbes, mais aussi une éthique d’honorabilité en dehors du combat. Échouer et voir ses hommes mourir étaient les pires hontes qu’il pouvait concevoir. Et Ba’hel cédait de plus en plus à cette honte, se lançant dans les drogues et les alcools pour oublier les avanies de son temps. Ses amis, et les forces vives d’Ordhaleron, mourraient au combat par dizaines. Aislinn lui-même tomba l’année des cinquante ans du jeune chef de guerre. Ba’hel Annseth se rendait compte que la vengeance était un plat qui se mangeait de plus en plus cru, au prix de la vie de gens qu’il aimait. Le feu et les flammes de la guerre ne pouvaient lui faire oublier le prix de la vie des Ordhalerons qui se sacrifiaient pour le bien de leurs nations face à l’avarice des hommes.

La crise la plus grande à laquelle il dut faire face eu lieu il y a six années de cela. Le raid sur Kaerdum était à l’ordre du jour. Le corps d’armée dans lequel il servait devait faire diversion, le jeune général à sa tête était un impétrant proche du pouvoir royal. Las pour Ba’hel, ce dernier pensait être un grand stratège. Et força le lieutenant ainsi que sa cohorte à une attaque quasi suicidaire pour prendre un pont tenu par une centaine de Vrëens. L’ordre était donné, loyal et inflexible sur son honneur, Annseth partit à contrecœur à la tête de sa troupe, qui fut exterminée dans un carnage horrible, mais passa de vive-force sur l’ouvrage d’art. Ba’hel lui-même fut touché à la fin de l’engagement, cerné et criblé de coups d’épées avant d’être dégagé par la seconde ligne des troupes de sa race. On le crut mort. Il le fut presque. Avant d’être rapatrié sur Neya. Il passa six années à revenir d’entre les morts, à se refaire une vitalité malgré les nombreuses blessures et fractures qu’il avait subies, dont un poumon qui sifflait de plus en plus. Ce qui fit que cette convalescence prit tant de temps, c’est les palmes et les honneurs que son général pour le prix de vingt-neuf vies d’Ordhalerons sans qu’on ne mentionne leur sacrifice stupide. De plus, il n’a jamais reçu d’ordre, et se traine dans les baraquements de la Légion. Pour son bien selon les médecins. Pour faire profiter de son expérience aux jeunes pour ses supérieurs. Pour lui faire comprendre qu’il n’est plus bon qu’à se souler, fumer, et rêver d’ombres rampantes depuis quelques temps selon lui. S’il continue dans cette voix, Ba’hel pense qu’il va finir par attraper une folie. Ou qu’il s’ouvrira la gorge avec son ciseau d’ébéniste. C’est pour cela qu’il a demandé il y a peu une nouvelle affectation. N’importe où. Au front si possible.

Pour se sentir à nouveau vivant, pour redevenir ce qu’il était, et accomplir enfin sa vengeance dans une mort glorieuse les armes à la main.


Ambitions & Desseins


Mourir glorieusement en emportant pleins d’humains dans sa chute
Sauver ses hommes de sa propre folie
Tuer les démons noirs qui hantent ses rêves
Voir tous les humains brûlés, pendus, écartelés

Exploit futur : finir dans la cage de Childéric



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : même que j'approche du quart de siècle alors bon...
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : faites ce que vous voulez du corps de Ba'hel, il est tout à vous !
Moultipass : mdp validé par pépé Calim (je croyais que c'était les Ordhalerons qui roxxaient Sad )

J'aime beaucoup l'ambiance ici. A voir ce que ça va donner en RP =)