Azzura

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Vuzlyn Arkheviir - Artisan spécialisé en Artefacts

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◈ Missives : 26

◈ Âge du Personnage : 32 ans
◈ Alignement : Neutre strict
◈ Race : Eressåe
◈ Ethnie : Eressåe des abysses
◈ Origine : Eressa
◈ Localisation sur Rëa : Eressa... pour l'instant
◈ Magie : Magie psychique - Manipulation des souvenirs
◈ Fiche personnage : Fiche de Vuzlyn Arkheviir

Héros
Vuzlyn Arkheviir

◈ Jeu 14 Mai 2015 - 20:52

◈ Prénom : Vuzlyn
◈ Nom : Arkheviir
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 32 ans
◈ Date de naissance : Le second jour de Mëra, en l'an 58 de l'ère des rois.
◈ Race : Eressåe
◈ Ethnie : Eressåe des abysses
◈ Origine : Cité engloutie d'Eressa
◈ Alignement : Neutre strict
◈ Métier : Artisan


Magie



Magie psychique

Vuzlyn peut cristalliser un souvenir pour en altérer la trame, pour lui ou pour la personne qui le lui confie. Le souvenir peut ainsi être revécu dans le détail, partagé, modifié ou partiellement oublié. La personne doit lui confier ce souvenir de sa propre volonté, et celui-ci doit être d'une intensité particulièrement forte.

L'atlante ne maîtrisant pas du tout sa magie, le résultat n'est pas garanti et l'expérience n'est pas dénuée d'effets secondaires potentiels.



Compétences, forces & faiblesses


♦ Artisanat
- Orfèvrerie (maître)
- Création d'artefacts (maître)
- Utilisation des artefacts (expert)
- Sens des affaires (expert)

♦ Connaissance
- Culte de Céarus (expert)
- Politique d'Eressa (expert)
- Architecture eressåe (intermédiaire)
- Géographie du monde extérieur (novice)
- Politique extérieure (novice)
- Langues : eressa, kaerd.

♦ Arts d'espionnage
- Psychologie (expert)

♦ Art des politiciens
- Diplomatie (expert)
- Négociation (expert)
- Intimidation (intermédiaire)

♦ Arts des sages
- Concentration (intermédiaire)

• Forces
- Secrets d'Eressa
- Maîtrise des artefacts
- Charisme

• Faiblesses
- Méconnaissance des armes
- Méconnaissance du monde extérieur
- Appartenance à une maison arrogante et élitiste


Physique



Vuzlyn n'a de souci des apparences que ce que son éducation lui impose et cela suffit amplement à faire de lui un jeune atlante des plus présentables. A l'image de sa mère Delsaya, il se doit de porter avec dignité de nom de sa maison. De son sang, Vuzlyn a hérité des cheveux sombres qu'il laisse le plus souvent lâchés sur ses épaules, tel une reconnaissance tacite du caractère indomptable des flots, la seule fantaisie qu'il se permette. Ses habits trahissent son appartenance à une classe sociale élevée. Sans se revendiquer ouvertement noble, la maison Arkheviir se plaît à s'établir telle une famille de princes-marchands renommés.

Ses yeux sont semblables à deux aigue-marine, d'une teinte douce ou spectrale selon les sentiments que l'on prête à son visage fermé. Ses sourires sont rares et tranchants, parfois venimeux. S'il est grand de taille, Vuzlyn impressionne davantage par son aplomb que par sa stature, il a les muscles fins de qui est davantage habitué à la précision d'un travail d'orfèvre qu'au ronflement d'une forge.

Sur la face interne de son poignet droit, il porte un tatouage fait de glyphes argentés, lequel n'est visible que par les nuits où la lune se montre. Bien qu'il ne l'avouerait certainement pas, cette marque est pour lui plus qu'un caprice de la lune, le symbole qu'il renferme n'étant pas anodin à l'aune du savoir de sa maison. Il ne le montre généralement pas, comme si l'ignorance de ses interlocuteurs ne pouvaient suffire à conjurer sa défiance.



Caractère



Forgé par l'éducation sans âme de sa maison, Vuzlyn est un atlante cynique au parler tranchant. Pour qui le découvre, il apparaît alors froid et distant, et, pour qui se risque à l'approcher, ses questions peuvent rapidement paraître indélicates ou déplacées, en cela que celui qui les pose a appris à jauger ses interlocuteurs.

Considérant l'érudition comme un dû, Vuzlyn méprise la sottise et la vulgarité. S'il respecte les nobles, il s'incline davantage devant l'autorité qu'il ne ferait l'éloge d'une vie oisive de dilettante. De son existence protégée, Vuzlyn a acquis un certain goût pour les jolies choses, la rhétorique des beaux discours, l'élégance raffinée des belles femmes, et l'audace démente des artistes.

Guerres et conflits l'ennuient terriblement, il laisse à d'autres le soin de brandir l'épée, et s'il se laisse de temps à autres entraîner dans une dispute, ce sera davantage pour jeter des piques bien senties qu'avec le désir d'en venir aux mains.

Vuzlyn est plus que loyal à ses valeurs. Il ne manquera jamais à sa parole si les termes d'un accord sont valides selon les règles de son peuple, et ne se permettra jamais que soit sali le nom de sa maison. Les autres peuples lui inspirent tantôt curiosité, tantôt agacement. Il saura tenir sa langue plutôt que de déclencher un esclandre, mais n'en sera pas moins profondément écœuré devant quiconque creusera dans les bas-fonds de son estime.

Qui ignorerait tout des manières atlantes trouverait dans son attitude une once d'impertinence. Vuzlyn ne détourne jamais le regard lors d'une conversation, sauf lorsqu'il ne parvient plus à camoufler ses sentiments.



Inventaire


Généralement, Vuzlyn est vêtu d'habits élégants aux teintes sombres, et porte à la ceinture un poignard ouvragé marqué de symboles eressåe.
Il possède une sorte de coffret à bijou dans lequel il garde précieusement des pierres de lune vierge, le coffret les protégeant des rayons de la lune. Il a également deux gemmes activées, dont il ne se sépare jamais. Il porte l'une en collier lors des grandes occasions et garde toujours l'autre dans une poche dissimulée.


Histoire



L'on peut unir deux maisons sans marier ni leurs cœurs, ni leurs âmes. Ainsi fut l'union de Delsaya Arkheviir avec son époux, Durgnis d'Olsyan. La maison Arkheviir et sa rivale d'Olsyan se querellaient depuis des lustres quand le mariage fut conclu et s'il fut consommé, il n'inspira jamais la moindre tendresse à aucun des protagonistes, et moins encore à leurs enfants.

Le seul avantage notable de cette union fut de catalyser les haines réciproques pour les concentrer dans une unique relation, faites de mots cruels et de plannings calculés afin que chacun put continuer à vivre comme si l'autre n'existait pas. Les deux familles d'artisan avaient des secrets trop bien préservés pour vouloir les partager, et si leurs intérêts politiques concordaient autant que leurs intérêts commerciaux divergeaient, cela ne suffit jamais à les associer véritablement.

~°~


Vuzlyn se présentait toujours avec une certaine appréhension devant sa mère. Celle-ci était communément d'humeur sombre, et ne lui adressait bien souvent que des paroles acerbes. Mêmes ses rares compliments étaient tranchants, et ses vœux amers. Il fut plus qu'étonné de l'entendre déclarer :
« Loué soit Céarus que Lorel ne soit pas mort. »

Le jeune atlante avait eu grand-peine à cacher sa surprise et, s'il avait levé de grands yeux écarquillés vers sa mère, il s'était empressé de détourner le regard.

« S'il était mort, sa cause aurait eu un martyr, et il s'en serait trouvé d'autres pour s'en emparer. Nos secrets ne doivent pas être révélés, Vuzlyn. Jamais. »

L'intéressé avait acquiescé avec empressement. Il comprenait alors bien peu de choses à la politique, et on lui avait défendu d'avoir le moindre avis à ce sujet, sinon celui affiché par sa maison. Ce qui n'était pas chose aisée quand personne au sein de la-dite maison ne se montrait désireux de s'afficher comme celui qui l'aurait renseigné précisément sur cet état de fait.

« Nous ne sommes pas de vulgaires vendeurs de breloques, nous sommes des marchands de mystères, et un mystère éventé n'a pas plus de valeur qu'une coupe de vin sans saveur. »

Sans qu'il ne lui soit permis le moindre commentaire, sa mère avait changé de sujet sans prévenir.
« As-tu la pierre de lune ? »

Vuzlyn avait frémi, avant de sortir la précieuse gemme de sa poche. Sa mère avait exigé de lui qu'il en ramenât une. Dans la demeure partagée par le singulier couple de maîtres artisans, les artefacts étaient omniprésents. Leurs réseaux s'entremêlaient comme jamais ne s'étaient affichés Delsaya et Durgnis, tout en gardant chacun leur identité propre. Tous vibraient d'une douce intensité déclinante. Mais le jeune atlante n'avait pas été autorisé à s'emparer de l'une de ces pierres-ci. Sa mère avait exigé une gemme vierge, qui n'avait pas encore subi la caresse de l'astre lunaire.

Cela signifiait s'introduire au plus profond des mines, ces gouffres de ténèbres qui terrifiaient tous ceux de son âge. A mi-mot, on murmurait que les enfants indignes des grandes maisons d'Eressa finissaient leur vie dans le noir, à gratter de leurs ongles la terre ingrate pour en tirer les précieuses pierres de lune. Si Vuzlyn s'y était rendu, il aurait pu s'y perdre et y mourir.

La pierre qu'il avait apporté, Vuzlyn l'avait dérobé dans les réserves de Durgnis. Son père le terrifiait bien moins que sa mère, il n'était qu'une menace sourde à la lisière de son existence, là où Delsaya était un péril éminent, un fauve affamé le titillant de ses griffes. Vuzlyn avait déposé la gemme sur une petite table ouvragée de marbre blanc, au contact glacé.

Delsaya s'était fendu d'un demi-regard, feignant l'intérêt avec une moue amusée.

« Je vois que tu n'es pas totalement idiot. »

La pierre de lune dérobée par Vuzlyn était d'une taille des plus communes, il n'avait pas osé défier l'ire paternelle en dérobant une gemme dont l'absence pouvait être trop rapidement dévoilée. Pour autant, elle comportait un défaut singulier, comme si la terre qui l'avait vu naître ne l'avait libérée qu'à regret, et dans la trame même de sa substance, un pouvoir latent sommeillait, attendant l'appel de la lune pour se révéler au grand-jour. Si un artisan habile s'en mêlait avant que la gemme ne s'éveille, il serait possible d'en tirer un artefact unique et puissant, Vuzlyn en avait la certitude.

Sans plus de préavis, Delsaya l'avait tourmenté des heures durant, l'interrogeant sur toutes choses qu'elle jugeait comme fondamentales. Vuzlyn haïssait ces interrogatoires. Il ne savait jamais s'il répondait juste ou faux, le visage de sa mère ne laissant transparaître aucune émotion. Au départ, il s'efforçait de répondre au mieux, tâchant de la rendre fière et de se montrer digne. Lorsque la lassitude le gagnait, ses réponses se faisaient courtes et sèches, et, lorsqu'elle touchait à des sujets plus intimes, il se retranchait derrière des demi-vérités, refusant de sacrifier la confiance des trop rares personnes qui lui étaient chères.

« Rends la pierre à ton père ou paye-là. » avaient été ses derniers mots avant qu'elle ne lui donne congé.

~°~


Alors que les coups pleuvaient et que le fouet mordait la chair de Kassya, il avait serré la pierre aux arêtes inégales entre ses doigts, de plus en plus fort à mesure que la jeune fille criait. Elle avait manqué à son devoir, elle avait dérobé ou perdu l'une des pierres de lunes inestimables acquise par son père Durgnis, et les lois atlantes qui régentaient la maison d'Olsyan n'étaient pas plus clémentes à l'égard de leurs rejetons qu'à l'égard de leurs serviteurs. Il était déjà surprenant que Durgnis afficha son déplaisir par son absence.

« Je ne te la vendrai pas. » avait répondu Kassya. « Mon père ne le permettrait pas. Il refuserait parce que tu le demandes. »

« Mais si tu la voles... Si tu la voles... Alors tu auras une dette envers moi, une dette de sang entre un frère et une sœur. Il n'est qu'un étranger pour toi, et toi pour moi. Si tu gardes une dette envers moi, tu sauras que j'existe. »

Et, alors que la douleur vibrait dans ses doigts lesquels refusaient de lâcher la pierre poisseuse de sang, il avait croisé le regard de sa sœur, y avait reconnu le reflet de sa propre ferveur. Jamais il ne la trahirait, jamais.

~°~


« Il ne suffit pas de porter le nom de notre maison pour en hériter. Il te faudra faire tes preuves et honorer les tiens pour prétendre me succéder un jour. »

Les années avaient filé, et Vuzlyn n'était plus un enfant. Parfois, il n'était pas si certain d'être reconnaissant à sa maison de le traiter en adulte. Soutenir le regard incendiaire de Delsaya était un exercice auquel il ne serait jamais complètement aguerri.

« Tu auras une vie entière pour œuvrer pour Eressa et pour ton roi. Garde-toi jamais de l'aimer, il est ton souverain et ne doit recueillir que ton respect. »

A la longue, le jeune atlante était parvenu à démêler l'écheveau politique qui sous-tendait Eressa. Olsyan s'était montré favorable à Lorel jusqu'à ce que ses lubies ne deviennent dangereuse, et s'était empressé de s'agenouiller devant Aedran. Sa propre maison avait une position plus distante, à la fois plus périlleuse et plus sûre, traitant avec la souveraineté avec un respect prudent.

« Il te faudra forger trois artefacts d'exception. Le plus glorieux d'entre eux, tu l'offriras à Céarus, et deviendra par cet acte membre à part entière de notre maison. Le second, tu le donneras à la personne qui t'es le plus chère en ce monde, afin que tes pensées et pouvoirs l'accompagnent jusqu'à son dernier souffle. Le dernier, tu le garderas comme souvenir de ta propre valeur, et du serment tacite de ne jamais rien recréer de plus que ton présent à Céarus, sans quoi tu auras menti à ta maison, déshonoré ta lignée et insulté jusqu'aux profondes abysses et leur maître. »

Delsaya avait marqué un temps d'arrêt, son regard se faisant plus acéré.
« Si tu réussis, tu seras mon héritier. »

Elle se tut. Il n'y avait pas de place pour l'échec dans la maison d'Arkheviir et Vuzlyn était trop entraîné à ce jeu-là pour ne pas prendre note de ce silence éloquent.

Il échappa ce jour à un flot de questions. Delsaya lui narra une bien curieuse histoire. Celle d'une cité lointaine au passé singulier. Celle de la magie qui habitait jadis le monde, une puissance différente de celle qui vibrait dans les pierres. Elle lui raconta aussi comment, leurs lointains ancêtres avaient jadis espéré l'apprivoiser pour la lier à leur art. A l'en croire, il serait possible de transcender tout ce qu'ils avaient créé jusqu'alors si une telle force revenait en Eressa et s'il était possible de la dompter.

Vuzlyn s'était risqué à lui demander comment. Delsaya s'était fendu d'un de ses trop rares sourires. Elle n'en saurait jamais rien, lui répondit-elle. Voilà bien longtemps qu'elle avait fait son offrande à Céarus, avec le serment de ne jamais rien créer de supérieur, sous peine d'offenser le dieu.

~°~


Vuzlyn avait lu les textes anciens. A les en croire, des tests étranges permettaient de détecter le potentiel des enfants qui seraient capables adultes d'une magie digne d'assez d'intérêt pour espérer modifier les pierres. Il les avait tous échoués. Avec curiosité, il dévorait les récits de magie, amplifiés par la distance ou par l'émerveillement. Il s'était résolu à croire qu'il n'aurait aucun des dons naissants qui germaient de par le monde, que sa terre sous les flots étaient trop isolée pour avoir jamais partagé quelque lien avec la cité magique. De toutes les magies que répertoriaient les ouvrages en des termes évasifs, il ne décelait en lui aucun signe. Les artisans et les mages à avoir essayé d'altérer les pierres par la magie avaient rarement été couronné de succès, mais ce revers du sort ne suffisait pas à dissuader Vuzlyn d'essayer.

Alors qu'il faisait subir une série de tests rébarbatifs à une pierre des plus anodines pour en évaluer la valeur, il ne pouvait s'empêcher de distiller son amertume, d'en éprouver la teneur et les douloureux revers. Il aurait préféré s'en défaire, comme on aurait posé au sol un fardeau inutile pour se libérer l'esprit et se concentrer tout entier à sa tâche. Delsaya avait horreur que le travail soit bâclé, et elle ne supportait pas l'idée que son fils puisse faire plus sale besogne que le premier venu de leurs serviteurs.

Vuzlyn posa la pierre. La tête entre les mains, il s'efforça de se convaincre que sa colère lasse n'avait pas de fondement, qu'elle n'était sur son âme qu'un vernis inutile, dont il eut suffi de se défaire de quelques éclats pour s'en libérer. Lorsqu'il reprit la pierre en main, il éprouva une mélancolie fugace, une brise de rage légère telle une flammèche tirée d'un brasier plus vaste et dut focaliser toute sa volonté pour ce défaire de ce sentiment parasite. En occultant la pierre de son esprit pour se focaliser sur son seul ressenti, il sentait se dessiner une forme singulière. Il n'avait qu'à fermer les yeux pour imaginer la pulsation lancinante qui pourrait en naître... Suivant son intuition, il sculpta la gemme jusqu'à la dénaturer complètement. Lorsqu'il la reposa, il se sentit l'esprit plus clair, comme allégé d'un poids. Entre ces doigts reposaient une pierre de lune unique, si singulière qu'elle ne brillerait probablement pas plus de quelques secondes après que la lune l'eut frappé.

Delsaya allait le tuer.

Ses doigts courraient sur les arrêtes invraisembables de la pierre. Il n'avait pas respecté les règles. La gemme n'avait plus aucune valeur. S'il n'avait rien fait, n'importe quel revendeur des mines aurait pu la tailler à la hâte et en tirer une bonne somme.

Et pourtant, Vuzlyn n'éprouvait pas le moindre remord. Il avait l'impression d'avoir effleuré quelque chose de plus grand, qui, si ce schéma n'avait pas été faux, aurait pu fonctionner différemment. Il s'empara d'une feuille de parchemin et nota scrupuleusement toutes les caractéristiques de la pierre, ses défauts intrinsèques, ses lignes de cassures et sa forme.

La nuit suivante, il se coucha avec des maux de tête terrible, comme si on lui avait enserré le crâne dans un étau de fer. Peut-être y aurait-il vu un avertissement des plus transparents, si son éducation lui avait permis de remettre ses desseins en questions.

~°~


Kassya n'avait pas été difficile à convaincre. Elle avait fermé les yeux et lui avait narré dans le menu détail sa punition par le fouet. L'écho de ses mots réveillait une colère sourde dans l'esprit de Vuzlyn, ravivant ses propres souvenirs, mais il s'obligea à garder sa rancoeur à distance, se concentrant sur les mots de sa sœur pour en tirer une forme inédiet, et sur la pierre qu'il tenait dans son autre main. Lorsqu'il eut achevé le rituel, Kassya lui adressa un mince sourire.

« Je crois que je me sens mieux. Merci. »

Elle ne chercha pas à toucher la pierre, alla jusqu'à tourner le dos tandis qu'il la sculptait. C'était là un accord tacite entre eux. Elle avait bien compris que Vuzlyn pouvait tirer de l'étrange expérience quelque inspiration en leur art commun et elle le respectait. Elle était curieuse du résultat, tel un voeu silencieux et désintéressé, car aucun mot qu'elle eut pu lui accorder l'eut fait sonner faux. Leur lien fraternel ne pourrait survivre à la raison de leurs maisons respectives. S'ils voulaient conserver leur complicité, il leur fallait ignorer les travaux de l'autre, ne s'intéresser ni à ce qu'il créait, ni à ce qu'il gagnait, ne pas chercher à savoir quel marché il convoitait ou quelle alliance il tissait.

~°~


Il y eut cette nuit terrible où Vaeld d'Olsyan, son cousin, l'attaqua l'arme au poing, lui tailladant le bras, l'accusant de vol à l'encontre de la maison d'Olsyan. Vuzlyn aurait pu s'en défendre ou revendiquer sienne l'ascendance de son père, et prétendre qu'il ne pouvait y avoir de vol entre un père et son fils. Mais Vuzlyn était bien décidé à hériter de sa mère, et en rien à ramper devant les rejetons de son père.

Lorsqu'il demanda qui l'accusait, il ne put que fléchir lorsque Vaeld lui cracha le nom de celle qu'il aimait comme une sœur.

Blessé et chancelant, le cœur plus meurtri que le corps, Vuzlyn parvint à s'enfuir tandis que sa parentèle maîtrisait l'opportun. Il ne trouva Kassya qu'à l'aube et celle-ci se précipita à sa rencontre, les yeux hantés des seules larmes qu'il lui eut jamais connu.

« Je suis désolée. Pardonne-moi... »

Au sein d'une litanie d'excuse et de regret, elle lui narra dans un sanglot comment elle avait à la fois oublié la punition de son père et leur accord et jusqu'à l'entièreté des souvenirs qu'ils partageaient. Cela n'avait duré que quelques instants, une heure tout au plus, mais c'était assez pour qu'elle parle et pour que Vaeld s'offense à juste titre du vol de la pierre. Son père n'était pas à Eressa, mais chacun savait qu'elle avait sa préférence et qu'elle hériterait de sa maison un jour. Si elle lui parlait, elle pourrait apaiser les esprits et ramener la paix entre leurs maisons.

~°~


Ou du moins l'aurait-elle pu sans le coup porté de Vaeld à Vuzlyn. Delsaya refusa d'entendre raison et de fermer les yeux sur l'incident, arguant qu'il en allait de l'honneur de sa maison, allant jusqu'à lui rappeler que, n'étant pas un membre à part entière de sa maison, il n'avait pas son mot à dire. Vuzlyn savait lire entre les lignes.

Le soir-même, il prit la résolution de partir loin d'Eressa pour créer les trois artefacts qui feraient de lui l’héritier de la maison Arkheviir et lui donnerait le pouvoir de faire la paix avec Olsyan. Avant de quitter le domaine familial, il se risqua à entrer dans la salle où se tenaient jadis les leçons de sa mère. Il ne fut pas surpris de la trouver déserte, mais s'étonna d'y trouver une pierre de lune sur un coussin de velours noir, non oubliée, mais offerte au hasard de sa venue.

Il se souvint que sa mère n'avait jamais aimé son père, serra la pierre contre son cœur et s'en fut.


Ambitions & Desseins


Vuzlyn a à cœur de se montrer digne de sa maison afin que Delsaya le désigne comme héritier. A ce dessein, il cherchera à créer les trois ouvrages uniques exigées par celles-ci, en conjuguant ses talents d'artisan à sa magie naissante. Il cherchera également à honorer Céarus et à protéger les mystères atlantes, par tous les moyens possibles.


Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : De plus de 18 ans, oui.
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Je n'ai pas l'intention de disparaître, donc non.
Moultipass : mdp validé par pépé


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◈ Missives : 2158

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Lun 25 Mai 2015 - 22:23

Avec un peu te retard te voici validé ! Very Happy

Bon je ne te dis pas à nouveau ce que tu dois faire, n'oublie pas de mettre ton compte DC dans ton profil et inversement, au plaisir de lire encore ta belle plume sur Azzura !