Azzura

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Théobald Aldmera - Capitaine de la garde de Childéric Vermerran

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◈ Jeu 28 Mai 2015 - 21:35

◈ Prénom :  Théobald
◈ Nom : Aldmera
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : Trente-sept ans
◈ Date de naissance : Aldar an 53 de l'ère des Rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vrëen
◈ Origine : Ordanie, Kaerdum
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Métier : Capitaine de la Garde de Childéric Vermerran.


Magie


Théo n’a pas été béni par Alvar, et il s’en moque bien vu ses rapports avec son dieu.


Compétences, forces & faiblesses


Forces :

Guerrier né : on ne devient pas chef de la milice privée du plus grand salaud que l’histoire n’ait jamais connu sans être soi-même un redoutable bretteur, et un gros bâtard quand il s’agit de tirer l’épée. Point de finesse ou de beaux duels, mais la vérité de la guerre. Du sang, des tripes, et des cadavres.

Patibulaire : les marques sur le visage de Théo, le vert de ses yeux glauques et son assurance dans ses habits guerriers font qu’il n’est pas un homme à prendre à la légère.

Instinct de survie : Théobald sait quand il faut agir ou non, parler ou laisser Childéric déployer ses fantasmes les plus sinistres, tirer l’épée ou essayer de négocier. Voir se carapater avec son patron sous le bras quand les flèches et carreaux commencent de siffler un peu trop près.

Futé : on ne sert pas le grand prince de la luxure sans être un peu intelligent. Si on ne l’est pas, on l’apprend. Si on ne l’apprend pas…Mieux vaut pas savoir ce qui arrive.

Amoral : Théo n’aime pas faire le mal pour le mal, mais s’il faut le faire, au nom de l’homme qui l’a élevé du ruisseau, tuer et torturer ne le dérange pas. La seule chose qu’il s’est toujours refusé à faire c’est violenter une femme ou un enfant, pour ne pas ressembler à son défunt père. Lui il a une âme au moins, pas comme Childéric.

Courageux mais pas téméraire : Théo est quelqu’un de froid et rationnel, il sait se montrer courageux quand il le faut, mais il ne mettra jamais en danger sa vie, celle de ses hommes, et celle de son patron.

Faiblesses :

Cupide : Théo aime l’or, heureusement, son patron le paye fort bien pour faire son travail. Enfin, vu qu’il se tue à la tâche, c’est quand même la moindre des choses non ?

Epicurien : avec l’or viennent les petits plaisirs de la vie, et Théo aime bien la nourriture, le bon vin et les beaux objets. Childéric doit déteindre sur lui…Quelle horreur.

Famille : le guerrier redoutable, le sicaire sans foi ni loi et l’âme damnée de Childéric a une grande faiblesse, Ysenia, sa femme, et ses deux petites filles, Margot et Mélusine. Devant elle, il est doux comme un agneau, et il ne laissera personne les toucher, pas même son maître. Jaloux, on raconte qu’il a arraché la gouttière maîtresse d’un homme qui aurait mal parlé à sa dame et qu’il l’aurait donné à ses dogues de combat. Il aime sa femme et cette dernière l’aime en retour. Toutefois le service passe avant les menus plaisirs de la vie, et son plus grand regret et de ne pas voir souvent sa maisonnée. Il s’en plaint d’ailleurs régulièrement à Childéric quand il est de mauvaise humeur.

Loyal : Childéric a dit un jour à Théobald « Vous savez, je ne peux pas douter de votre loyauté. Car qu'importe ce qu'on vous offrira pour me trahir, vous savez que je peux payer plus ». Après douze ans de bons et loyaux services, Théo n’oserait pas dire qu’il est l’ami de Childéric, ce bâtard prétentieux ne connait même pas le sens de ce mot, mais il doit beaucoup à l’homme qui a fait du jeune déserteur un homme aisé, qui vit dans un quartier honnête de Lavern, et aimé de sa famille. Courageux, proche de ses hommes et de son seigneur, Théo ne trahira jamais ce dernier, et cette loyauté pourrait lui coûter bien plus que sa vie.

Pessimiste : Childéric a des visées complètement folles qui donnent des sueurs froides au chef de sa milice. Et ce dernier ne se prive pas pour dire ses quatre vérités à son patron quand il le faut. Après tout, il n’a pas sa langue dans sa poche.

Paysan dans l’âme : si Childéric a élevé à un certain rang le capitaine de sa milice, ce dernier reste un plouc de base. Il sait lire et écrire mais avec de grandes difficultés, par contre il sait compter mieux que n’importe quel maquereau ou maquignon, en dehors de son patron pour le premier métier quand même. Dans le grand monde il ne saurait pas vraiment se servir d’un couteau et d’une fourchette mais Alvar merci, son seigneur ne le paye pas pour faire bonne figure à table, ni même pour dîner sur les grandes tables protégées de lin blanc. Pour le reste, il ne dépense rien de plus que le nécessaire en terme d’armes, d’armures et d’hommes, et il ne comprend pas vraiment les envies de grandeur de Childéric. Son seul manquement à la règle et dans les cadeaux qu’il fait à sa femme et ses filles, dont il est complètement gaga, et dans les choix de vins et de menus. Ou plutôt, il agit en bon éleveur. Une femme heureuse couchera avec son mari, des filles gâtées travailleront bien à l’école pour faire un bon mariage, et des miliciens biens nourris et avinés mourront sans remords au nom de la volonté de ce pingre de Childéric. Tout le monde y trouve son compte non ?

Haine de dieu : Alvar n’a pas sauvé sa famille. Sa mère est morte en couche, ses frères dans des accidents, son père sans même qu’il puisse se venger des coups de ceinturons et de ses terreurs enfantines. Et on ne parle pas des hommes morts aux champs d’horreurs qu’il a vu trop souvent agoniser dans la merde, le sang et les tripes ouvertes tandis que les seigneurs jouaient les gandins et godelureaux victorieux. Théobald aurait pu en vouloir aux baronnets, mais non, pour lui c’est le Temple qui est responsable des misères de l’humanité. Non, le culte n’a rien à apporter à ce monde où seule une bonne lame et la chance permettent aux honnêtes gens de sortir du fumier d’une société inégalitaire. Et servir un athée et un libertin notoire comme Childéric est une excellente idée quand on veut taper sur des prélats aux frais du seigneur Vermerran. Un sourire goguenard trahira les pensées de Théo face aux religieux, si ce n’est un rictus quand il aurait envie de rentrer dans le lard de ces fats et de leurs fausses croyances.  

Compétences :

Connaissance
Lecture et écriture (novice)

Art des combattants :

Combat de lames (maître) : la spécialité de Théo c’est la dague et l’épée bâtarde.
Combat à deux armes (intermédiaire) : Théo n'est pas ambidextre, mais il sait se défendre avec sa bâtarde en main et une dague à senestre pour parer les coups. Ou plonger dans des entrailles bien fraîches.
Combat à main nue (maître) : les poings, il sait s’en servir, surtout pour attendrir la viande.
Armes d’hast (expert) : la lance pour un ancien cavalier, c’est quasiment obligé.
Tir à l’arbalète (intermédiaire) : cavalier léger, Théobald a appris à utiliser les arbalètes à cheval et à pied. Il sait tirer mais n’est pas non plus un maître archer.
Tactique (intermédiaire) : Théo n’a pas été formé pour être officier, mais sa connaissance de l’armée et de sous-off plus vachards que Childéric et ses affidés l’a bien aidé dans son métier.

Art des voleurs :

Détection (expert) : protéger Childéric, c’est pas de la tarte. Et avoir de bons yeux, c’est nécessaire.

Art des chasseurs :

Dressage (expert) : toute son enfance, Théobald l’a passée dans les prés de son père à élever, débourrer et préparer des chevaux pour les charrois et la guerre.

Pistage (novice) : ancien soldat de cavalerie légère, Théo était les yeux et les oreilles de l’armée de Kaerdum avec ses camarades.

Survie (expert) : la survie, il a ça dans le sang, un point c’est tout.

Art ces chevaliers :

Combat à cheval (expert)
Equitation (maître)

Art des politiciens

Intimidation (expert) : visage taillé à la serpe et à coups de lames, yeux verts pénétrants, carrure fine de vipère sadique qui envoie un coup de gantelet plus vite que son ombre, Théobald a une réputation à tenir, sans même avoir à ouvrir la bouche.

Voix du commandement (intermédiaire) : Théo n’est pas un grand orateur, les discours, il laisse ça à son patron. Mais dans le feu d’une bataille de rue ou quand la milice locale vient chercher des pouilles, il faut parfois savoir gueuler un grand coup.

Art de représentation

Luth et chanson (intermédiaire) : chansons à boire, chansons paillardes, ou contes, Théo a appris le luth à l’armée. Il est relativement bon dans ce genre de registres, et il continue d’apprendre des chansons plus douces pour ses filles.

Langues

Kaerd (expert) : pas besoin de parler une autre langue non ?


Physique


Haut de ses six pieds et quelques pouces, Théobald n’est pas ce qu’on peut appeler un petit homme. Toutefois, il ne faut pas non plus voir en lui une simple brute qui dirigerait la garde de Childéric. Mince, malgré l’âge qui avance, il est le genre de type que les recruteurs appellent les chats maigres. Nerveux, musclé, dur, il a le profil du guerrier spartiate et solitaire qui ne s’en laisse pas compter. Dans son privé, il favorise les couleurs vertes et noires, sobres, qui vont bien avec son teint, même s’il choisit toujours des vêtements qu’il pourrait user à la chasse pour leurs résistances, généralement du cuir et des draps de grosse laine Alsdern. En bon mercenaire, il porte au quotidien une armure ancienne qui a connu des jours meilleurs, malgré les offres de son patron de le rééquiper à neuf régulièrement. Assemblage de cuir et d’acier, plus quelques parcelles de cottes de mailles pour protéger les parties non protégées, c’est avant tout une cuirasse légère et pratique pour quelqu’un de sa profession, alliant protection et agilité de mouvements. Aux jambes, une jupe de cuir cloutée protège ses cuisses et ses parties génitales, auxquelles il tient beaucoup, de coups qui autrement le saigneraient comme un goret. Il ne porte pas de jambières, mais des bottes d’équitation renforcées d’acier pour donner quelques mauvais coups à ses adversaires.
Au-dessus d’un gorgerin qui cache plusieurs blessures anciennes, l’effrayant visage de Théobald est entouré par une chevelure épaisse qui tire entre le brun clair et l’auburn selon la couleur du soleil. Sa peau est bronzée, à force de vadrouiller des semaines durant aux frais de son seigneur. Une balafre serpente le long de son côté gauche, et on dit que la barbe drue qu’il entretient soigneusement cacherait une jolie boutonnière laissée là par le coutelas d’un truand à la petite semaine qui en voulait à Childéric. Son nez a plusieurs fois été cassé, et des cicatrices ont laissé ses fosses nasales légèrement de guingois. Ses yeux verts  sont froids et lugubres, aussi glacials que la peau d’un serpent, sauf lorsque ses filles ou sa femme sont là. Il se laisse alors aller à baisser sa garde, et son visage se transforme en un sourire chaleureux et accueillant, voire mièvre.


Caractère (roquefort)


Deux hommes se cachent sous la peau de Théobald Aldmera. Un homme privé, qui aime ses filles et sa femme comme d’autres adorent les dieux. Un homme qui sait rire des petites bêtises de deux gamines de neuf et sept ans et réconforter les gros chagrins bien vite oubliés d’une enfance choyée. Un homme doux qui n’a jamais levé sa main sur une femme, et encore moins sur sa femme, sauf pour caresser son corps encore ferme et voluptueux malgré les années. Un homme qui est aisé, connu de son voisinage de marchands et de greffiers, et qui pourrait passer pour un bon voisin. S’il n’était pas le lige de la pire crapule que les Valduris n’aient jamais enfantée.
Au travail, Théobald est froid, dur avec ses hommes et encore plus contre ceux qui cherchent à nuire à son patron. Il attend de ses hommes le même engagement que lui, et la milice de Childéric a plus à voir avec une armée privée qu’avec les gardes bourgeoises de villes trop grasses.
Loyal, il laisse régulièrement sous-entendre qu’il escompte un jour trahir Childéric, mais il n’en fera rien. Tout simplement parce qu’il doit beaucoup trop à cet homme qui saurait monter les prix pour racheter sa loyauté. Ou qui n’hésiterait pas à le priver de son bonheur et de sa vie, après, pour cette dernière du moins, l’avoir fait longuement souffrir dans les caves d’une de ses résidences. Par contre, ces égarements oraux peuvent induire en erreur certains adversaires de son seigneur, et on dit que Théobald s’est déjà fait passer pour une balance et un cave avant de foudroyer les traîtres à son patron bien aimé.
Patibulaire, Théobald n’est pas pour autant un salopard. Le sang, les cris et la mort ne font pas bander cet homme, mais s’il faut se salir les mains, il le fera. La seule règle qu’il se refuse à transgresser serait de faire violence aux enfants, et de torturer une femme. Par contre, abréger les souffrances d’une catin traîtresse d’un coup de dague bien porté est dans ses cordes et il le fera sans états d’âmes. Il est un soldat, un homme qui n’a aucuns regrets, ou qui les cache très bien derrière une langue bien pendue quand on lui demande son avis, ou dans un mutisme profond et quelques grognements quand il n’a pas à parler.
Régulièrement, il grognera, en privé, contre Childéric, ou se lancera dans des joutes verbales contre lui, surtout si ce dernier cherche à mettre son corps ou ses biens en dangers dans des opérations hasardeuses. Mais avec politesse et en lui laissant le dernier mot. Après tout, c’est lui qui paye non ?


Inventaire


Une armure de cuir et de mailles usée.
Une épée bâtarde dans son fourreau.
Un gros couteau pour trancher la viande, les doigts, les gorges.
Une bourse bien remplie.
Le tabard de la famille Vermerran.


Histoire


La nuit venait de tomber sur Brand, et ma journée de travail commençait à peine. Assis sur les coussins moelleux d’un cabaret, terme générique pour indiquer une maison de passe, je me réchauffais doucement à la chaleur d’une timbale de vin cuit fraichement tirée des flammes après avoir remercié la serveuse. Dehors, un fin grésil tombait, tâchant le sol de mares de verglas et d’une neige qui collait aux basques. Des gens entraient et sortaient, au rythme de leurs conversations et de leurs affaires plus ou moins charnelles qui se réglaient au premier étage. Une nouvelle nuit dans un des bordels de mon patron, Childéric Vermerran.

J’écoutais vaguement les conversations, prêt à rapporter le pouls de la capitale à Childéric quand je lui ferai mon rapport. Mais j’essayais surtout de chauffer mes doigts gourds au métal qu’ils encerclaient avec avidité. Je pensais encore à la douceur de la dernière caresse de mon épouse, et le sourire de mes filles tandis que je les bordais avant de quitter notre maison cossue d’un quartier bourgeois de Brand. Encore une soirée sans que je ne sois auprès d’elles, et mon cœur de père et d’époux se pinçait à cette idée. Mais j’avais un travail, et ce travail importait plus que le simple bonheur familial.

Bien enfoncé dans la petite alcôve tapissée de soieries de Radjyn, mes yeux furetaient dans la salle. Deux nouveaux plantons commençaient leur boulot ce soir, et moi j’avais à voir ce qu’ils avaient dans le ventre. Tout comme je me tenais au courant de tout ce qui passait dans l’empire du Prince des Plaisirs. Parce que j’étais le capitaine de sa garde personnelle et le surveillant en titre de ses tavernes, lupanars et de toutes les poules et autres margoulins qui travaillaient pour lui.

Douze années que je connaissais cet homme étrange. Childéric Vermerran. Celui qui m’avait littéralement fait, moi, le capitaine mercenaire qui ne voulait pas cette place, l’ancien cavalier de l’armée d’Ordanie qui avait décanillé un peu rapidement de sa troupe, l’ancien garçon d’écurie qui avait appris l’art du dressage dans la ferme familiale. Moi, Théobald Aldmera. La nostalgie qui me poignait ce soir me rappelait notre première rencontre. Je n’étais alors qu’un capitaine mercenaire, un déserteur qui alors vendait sa lame et le seul art qu’il maitrisait à peu près, tuer. Mon enfance importe peu, qui se souvient de la propriété de mes parents, d’un père gros travailleur, qui inculquait à ses enfants les leçons de la vie à coups de ceinturons et de coups de pieds au cul. Un homme méprisable que j’avais vu frapper sa femme qui essayait de se dresser pour protéger ses enfants. Un enfant de salaud qui était mort, emporté par une épidémie qui avait d’abord décimé son troupeau après avoir pris mes frères et sœurs. Oh, pas que moi-même je sois un enfant de chœur, mes services auprès de Childéric, et avant, en tant que simple mercenaire, en sont la preuve. Mais la violence de mon père et de pas mal d’homme que je connaissais, je la haïssais. Et pourtant, je suis très bon dans ce domaine. Quand une épée menace votre vie, seul un bon coup bien crade peut la sauver. Tuer ne me fais pas peur. Casser une figure ou deux non plus. Torturer ne m’enchante pas, mais s’il faut se salir les mains, autant que ce soit fait proprement plutôt que laisser à un bourreau sadique qui en banderait comme un gros porc.

Tout ça, je l’avais appris quand mon père, cet enfant de putain, m’avait envoyé à l’armée. Doué avec les chevaux, avec qui je vivais depuis mon enfance, la cavalerie légère m’appelait. Une lance ou un sabre à la main, je me croyais le meilleur, et je devais l’être, comme on croit tous l’être à vingt ans. Les guerres, les razzias, les pillages, j’en avais connu mon content. Mon corps avait été abreuvé de jolies boutonnières et de blessures qui marquaient la moindre parcelle de ma peau, à commencer par mon visage. Mais jamais je ne pouvais espérer gagner de l’or, ni même parader au milieu des belles cuirasses et des soieries des chevaliers et nobliaux de mon armure. Le Sermonnaire d’Alvar de mon village avait essayé de m’expliquer pourquoi la hiérarchie faisait que les paysans comme moi devaient mourir au champ d’horreur tandis que tout l’honneur serait récolté par les nobles. Ils ne prenaient pas de risque, et nous nous devions risquer notre peau. C’était l’ordre céleste. Alvar aussi devait être un sale bâtard pour laisser les hommes dans cette merde sans nom. Je n’étais déjà pas pieux enfant, mais en grandissant c’était fini pour moi. Alvar pouvait garder ses abattis, moi je ne prenais dans ma besace que les quelques notions de lecture et d’écriture que le bon père de mon village m’avait offert, la science des armes et de la dureté que des sergents vachards m’avaient inculqué, et les chansons à boire et le luth que mes camarades m’avaient offert pour ma quille.

J’avais décanillé dès que je l’avais pu. Avec les quelques pièces d’or que j’avais gagné, je pouvais même pas espérer me payer un lopin de terre. Mon ainé avait hérité. J’avais aucun radis dans la poche. Une gueule de bois plus tard et la rencontre d’un mercenaire sauva ma vie. J’avais quelque chose comme vingt-et-un ans et déjà cinq campagnes derrière moi. Monter dans la hiérarchie, ce fut rapide. Apprendre sur le tas le commandement, quelques nouvelles passes d’armes et de quoi diriger une sacré troupe, c’était pas dur non plus. J’avais peut-être ça dans le sang, comme disait mon capitaine avant qu’un carreau d‘arbalète finisse dans son cerveau. Mon paternel a jamais parlé de la vie d’avant nos champs et nos pâturages. Je me contentais de hausser les épaules, et de servir du mieux que je pouvais. Loyal à ma troupe, c’est peut-être pour ça qu’ils m’ont élu capitaine à la mort du vieux. On se battait alors en Lavern. Des gueguerres de nobliaux. Mais ils payaient de l’or. Un siège suivait l’autre, des chevauchées et des razzias. Tout ce qu’un chef de franche compagnie comme moi pouvait aimer. Surtout quand on rencontre un patron comme Childéric Vermerran.

Je me souviens encore du soir où il est venu nous rencontrer dans notre camp de repos. Il avait pas l’air un habitué du cuir graisseux, de l’odeur aigre de cheval et de sueurs, ni même de l’acier encore chaud de sang délicatement essuyé avec un torchon. Mais il faisait bonne figure dans ses beaux habits galonnés d’ors et d’argents. Un noble. Le genre de gars que je n’aimais pas. Mais il avait de l’or. Beaucoup d’or. Et du vin. Il savait parler comme nous. Comme un gars qui s’était fait lui-même, et qui avait vécu pas mal de choses plus dégueulasses que tous les coups de ceinturons de feu mon pater. Et ce qu’il m’a raconté la nuit qui passa alors restera à jamais gravé dans ma mémoire. Même si je le dirai à personne. Il me plaisait ce gars qu’on appelait le Prince du Sexe. Il avait besoin d’hommes durs pour garder son patrimoine. Littéralement des catins que mes gars et moi on fréquentait souvent. Quitter les champs de bataille, commencer de se caser, à vingt-cinq piges, ça me démangeait. On avait fini par toper.

Et je crois que les douze années qui ont passé depuis, j’ai pas eu à les regretter. Maintenant, je suis quasiment l’égal d’un général. J’ai des dizaines d’hommes sous ma botte, que je traite durement mais comme s’ils étaient mes fils. Un bon guerrier doit aimer son supérieur, après l’avoir haï à l’entrainement. Sinon, il fera rien de bon quand il s’agira de tirer l’épée, de tuer et de mourir dans le sang et la merde d’une ruelle sans lumières. L’or et le vin de Childéric, c’est en plus. Même si ça m’a permis de sortir de mon ruisseau. Maintenant, j’ai une femme que j’aime, et deux belles filles. J’les vois pas beaucoup, mais au moins, j’ai quelque chose. Une famille. De l’or. Une belle maison. Oui, je suis loyal à Childéric Vermerran. Et j’ai jamais eu à regretter. Et c’est pour ça que ce soir je suis dans une de ses tavernes, prêt à casser la gueule du premier qui cherchera des pouilles aux possessions de mon maître…


Ambitions & Desseins


Et toi, pourquoi tu bosses pour Vermerran ?
Un homme m'avait posé la question un soir. Un gars comme moi, le genre qui porte le cuir et la maille comme une seconde peau. Je lui avais répondu, après avoir avalé un verre de vin précieux, la chose suivante :
A court terme, je compte m'en mettre plein les fouilles pour arrêter ces conneries de chef de la garde.
Pour ça, à moyen terme, faut que je soutienne mon patron et ses lubies.
Et soutenir mon patron, ça veut dire qu'un jour, après avoir pris Lavern, on s'attaquera à l'Ordanie, puis au monde.
Alors je pense que mes ambitions de prendre ma retraite rapidement, c'est mal barré...



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : oui votre honneur
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : je suis déjà un prédéfini
Moultipass : MDP validé par pépé

Je vous aime les gens. C'est pourquoi je fais un DC ^^.


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◈ Missives : 2136

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Jeu 4 Juin 2015 - 21:48

Bon bah re bienvenue.
J'adore la narration que tu as adopté pour l'histoire ! Very Happy Le personnage est super intéressant. Tu vas te régaler avec Chil !

Tu sais ce que t'as à faire Wink. Content de voir ton DC parmi nous.