Azzura

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Tal' Predat - Explorateur paria

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◈ Missives : 33

◈ Âge du Personnage : 24 ans
◈ Alignement : Neutre Chaotique
◈ Race : Ordhaleron
◈ Ethnie : Jagga
◈ Origine : Ordanie
◈ Localisation sur Rëa : Ordanie
◈ Magie : Sauteur : Sauts améliorés
◈ Fiche personnage : http://forum.azzura-rpg.fr/t612-tal-predat-explorateur-paria

Héros
Tal' Predat

◈ Jeu 23 Juil 2015 - 15:07

◈ Prénom :  Tal'
◈ Nom : Predat
◈ Sexe : Masculin
◈ Âge : 24 ans
◈ Date de naissance : Garges, 66 de l'ère des rois.
◈ Race : Ordhaleron (Paria)
◈ Ethnie : Jagga
◈ Origine : Ordanie
◈ Alignement : Neutre Chaotique
◈ Métier : Explorateur


Magie



Magie métabolique – Sauteur

Très récemment, Tal'Predat s'est découvert une capacité lui permettant d'effectuer des bonds impressionnants susceptibles l'aider à atteindre des zones difficiles d'accès ou des hauteurs, parfois plusieurs sur un court laps de temps. Cette capacité, notre Jagga ne la maîtrise guère. Résultat des courses ? Il n'est pas en mesure de doser la puissance de ses sauts ou bien encore leur longueur, ce qui les rendent aléatoires et imprévisibles aussi bien dans la trajectoire que dans la distance. La charge émotionnelle semble avoir un large impact sur les performances.

Cette capacité lui propose également la possibilité de s'appuyer sur les surfaces afin de rebondir dessus, néanmoins, encore une fois, étant donné l'impossibilité d'obtenir une visée précise et une puissance désirée à l'avance, le résultat reste très hasardeux.



Compétences, forces & faiblesses



Artisanat: Création d'objets – Novice
Arts des combattants: Combat armé – Intermédiaire
Arts des voleurs: Adresse – Intermédiaire | Agilité – Intermédiaire | Détection – Maître
Arts d'espionnage: Discrétion – Intermédiaire (Car uniquement en milieu naturel) | Évasion – Intermédiaire | Pressentiment - Expert
Arts des navigateurs : Maîtrise des cordes – Novice | Natation – Expert ( Uniquement en eau douce )
Arts des chasseurs: Pistage – Expert | Survie – Expert  
Arts des politiciens: Perception auditive – Expert
Arts des sages: Connaissance faune & flore – Intermédiaire ( Surtout de la biocénose aquatique et des marais )
Arts de représentation: Comédie – Novice

POINTS FORTS:

+ Excellent éclaireur / sentinelle / pisteur
+ Capable de se débrouiller seul en milieu sauvage
+ Peut respirer sous l'eau
+ Peut se dissimuler efficacement dans la nature
+ Peut tendre efficacement des pièges
+ Instinct capable de jauger le danger
+ Se déplace rapidement en milieu sauvage
+ Bonne constitution, bonne poigne
+ Rusé

POINTS FAIBLES:

- Connaissances théoriques très anecdotiques
- Hydro-dépendant
- Résiste mal a la chaleur et au gel
- Piètre duelliste
- Perdu et déboussolé sitôt qu'il entre dans une zone urbaine
- Sauvage et ne connait rien à la vie de ville
- Piscivore



Physique



Marcheurs éternels des marécages et des forêts humides, les Jaggas composent un peuple homogène que l'on peut identifier par leurs apparences reptiliennes et par leurs pattes semi-palmées traduisant leur nature : celle d'être des amphibiens.
De manière générale, outre le port d'écailles de couleurs vives, la présence d'une queue et les dits-pattes, cette ethnie est marquée par des individus robustes dont les attributs varient en fonction du sexe, mais qui, unanimement portent tous des appendices colorés au niveau des tempes. Ils sont essentiellement piscivores mais, dans une moindre mesure, peuvent survivre quelques temps en assimilant de la viande ou des racines.

Les mâles ont pour habitude d'être plus épais et d'avoir une charpente osseuse plus lourde, mais surtout, d'être pourvu d'une bosse et d'un cou très court.
Les femelles sont plus fines et sont dépourvues de bosses. Leurs queues sont drastiquement plus longues et elles apparaissent comme étant souvent tachetées.

En tant que membre masculin de l'ethnie, Tal'Predat est un homme-lézard aux écailles orangées qui possède tout les critères énoncés plus haut. D'une corpulence moyenne pour un membre de son espèce, sa taille avoisine la toise pour un poids total d'environs deux quintaux. Ses membres (en particulier ses jambes), sont plutôt bien développés et épais. Une queue pend et s'agite dynamiquement dans le bas de son dos, mais ce qui le distingue d'avantage en comparaison des autres membres de son peuple, ce sont ses appendices et ses yeux bleutés qui tranchent avec la peinture blanche qu'il s'applique sur le visage. Son court museau abrite de fines narines et une mâchoire qui ne contient certes, que peu de dents, mais qui se révèlent être pointues. Les plus grandes de sa mâchoire inférieure dépassent par ailleurs sur ses lèvres. Ses mains ne comportent que quatre doigts dont un pouce et ses pattes n'ont que trois gros orteils. Ses sens de l'ouïe et de l'odorat sont supérieurs à ceux des humains.

Les Jaggas ont une longévité un peu améliorée. Ils peuvent vivre jusqu'aux environs d'un siècle et d'une dizaine d'années, bien qu'un Jagga soit considéré comme vieux à partir de sa soixante quinzième année.




Caractère



Contrairement à ce que son apparence et sa race peuvent laisser penser, Tal'Predat est un être calme, patient et peu belliqueux capable de bienveillance. Il ne possède aucune haine spécifique à l'égard des autres races mais s'en méfie pourtant comme de la peste ( y compris les Ordhalerons loyalistes ). Bien qu'il soit souvent contraint d'user de violence pour s'en sortir au quotidien, Tal'Predat est plutôt du genre pacifiste et n'apprécie pas vraiment le conflit ou le combat. Ne possédant pas d'égo ou de fierté particulière, il a tendance à être un peu téméraire et est donc loin d'être pourvu d'un esprit de combattant.

Bien qu'il ne soit guère un savant, on ne peut pas dire pour autant que Tal'Predat soit un idiot. Les mathématiques élémentaires lui donnent mal à la tête et il peine à lire comme il faut des phrases basiques, cependant, son esprit d'adaptation et ses capacités d'innovations le rendent débrouillard et en mesure de se tirer de bien des situations, avec sa manière favorite : la ruse. Il aime les plaisirs simples, et si ça ne tenait qu'à lui même, il adorerait sans doute passer sa vie entière à dormir ou à pêcher.

Comme sa vie se compose d'une errance dans des milieux qui lui sont souvent dangereux, l'intégralité de l'approche de Tal'Predat repose sur la prudence et la mesure du danger. Il n'hésitera pas à fuir si il se sait exposé à trop de risques et il faudra qu'il n'ait pas trop moyens de s'en sortir pour qu'il songe à basculer dans une hostilité directe.
Tal'Predat n'aime pas vraiment les comportements matérialistes, gaspilleurs ou dominateurs. Et de ce fait, on ne peut pas dire qu'il éprouve beaucoup de respect pour les Hommes, ayant vu durant l'intégralité de son existence ces derniers tenter de faire disparaître les Jaggas.
 
Tal'Predat aime rire et le partager avec les autres, c'est avec un certain plaisir qu'il est en mesure d'effectuer quelques tours de type jonglage ou ombres projetées.



Inventaire



Il ne porte guère grand chose sur lui, sinon un harpon, un pagne ainsi qu'une coiffe et deux épaulières. Son bien le plus précieuse semble être le collier de coquillage qu'il porte entre ses deux épaulières.




Histoire



Histoire des Jaggas.
Spoiler:

A l'origine, les Jaggas étaient l'une des nombreuses ethnies a avoir rejoints les osts des Ordhalerons. En cette époque, les Jaggas étaient essentiellement attirés par l'espoir de trouver un nouveau lieu de vie qui leur garantirait sérénité et prospérité. Les Jaggas avaient alors beaucoup soufferts des oppressions livrées par les Hommes, mais également de la modification et de l'aménagement des zones humides.
Comme les Jaggas n'étaient pas pourvus d'un esprit guerrier évident et manquaient de discipline martiale pour livrer bataille, ils servirent essentiellement en tant qu'éclaireurs et sentinelles de par leurs capacités de repérage et de camouflage mais également pour des soucis logistiques et physiologique : Effectivement, les années de conquête des Ordhalerons furent pénibles pour ceux qui servaient dans l'armée, puisqu'il n'y avait pas toujours de zones humides où ces amphibiens pouvaient se reposer et veiller à leur bonne santé, et plusieurs périrent car stationnés dans des terrains trop secs ou dans l'incapacité de subvenir à leur régime piscivore. Ils avaient besoin de s'hydrater souvent et de se nourrir de poisson, même dans des lieux où il était compliqué d'en trouver. En ces raisons, les Jaggas ne furent guère déployés en grand nombre et beaucoup d'entre eux ne participèrent pas au front direct. Ils coûtaient effectivement bien plus de ressources à entretenir que le commun des autres combattants.

Par tout ces éléments défavorables à leur mobilisation massive, la population Jagga resta stable durant les années de conflit. Ils se reproduisaient lentement et uniquement dans des milieux qui satisfaisaient certaines conditions d'humidité et de fraîcheur. La population Jagga en déplacement alterna donc les phases de mouvement et les phases d'arrêt dans lesquelles elle pouvait se régénérer et même croître.

Leur histoire prit un tournant crucial peu de temps après la conquête de Neya. Effectivement, comme ils étaient dans l'impossibilité de vivre de manière normale en ville, les Jaggas furent disposés aux alentours et dans le lac central qui se trouvait sur l'île. Dans les premiers temps, les Jaggas se satisfaisaient de cette condition et profitèrent agréablement de leur nouveau lieu de vie, cependant, il n'existait pour eux aucun traité ou écrit qui stipulait qu'ils étaient propriétaires du lac ou que ce territoire leur appartenait plus qu'aux autres Ordhalerons. Aussi, plusieurs décidèrent d'exploiter le lac afin d'y développer une activité fluviale. Cette activité agaça très largement la communauté Jagga, qui considérait qu'elle perturbait le cycle de vie de la faune et de la flore, mais aussi la tranquillité des Jaggas vivants dans le lac, ce qui impactait directement leur population qui se reproduisait de manière plus lente et qui observait une diminution de la présence de poissons dans le lac. Cette mésentente avec leurs voisins créa des tensions qui devaient durer. Pareillement, les Jaggas étaient de moins en moins intéressés dans l'idée de rester assimilé a l'Empire.

Au début de l'ère des rois, dans les premières années, les rapports entre les Jaggas et les autres habitants de l'île s'étaient en ce point dégradé qu'ils menaçaient, comme d'autres, de se révolter contre l'Empire afin de réquisitionner le lac et s'en déclarer propriétaire. Avant même que les réformes que nous connaissons ne prennent effet sur Neya, un petit groupe de Jaggas, lassés de voir leurs vies ainsi parasitées par la présence de civilisation a proximité du lac, décida de quitter les lieux afin de se mettre en quête d'une nouvelle terre non souillée par les installations et la population.

Ainsi, ces expatriés bravèrent la marginalisation apportée par ce qui pouvait être considéré comme un acte de désertion dans le but de fonder une nouvelle colonie. Finalement, l'objectif de ces parias n'était pas si différent de celui que les Jaggas avaient entretenus quand ils s'étaient lancés dans la guerre : Trouver une vie meilleure.
Malgré un quotidien rude et nomade rythmée par les déplacements afin d'éviter les groupes des autres races ou bien des dangers naturels, la communauté expatriée des Jaggas continue encore et aujourd'hui à sillonner le monde a la recherche d'une nouvelle maison. Disposant de faibles moyens de voyage, ils vinrent en Ordanie, continent le plus proche de leur position de départ et incapables de traverser efficacement les mers et océans.

- - - - -

Arrivés dans les terres ouest de l'Ordanie après une traversée difficile ayant considérablement réduit leur nombre, les Jaggas expatriés eurent tôt faire connaissance avec ce qui allait se présenter comme leurs nombreux ennemis. D'abord, ils rencontrèrent les Hommes. Ce n'était pas la première fois qu'ils en voyaient, mais pourtant, les Jaggas ne voyaient guère en eux autre chose qu'une race qui se fondait sur le gaspillage, le consumérisme et la domination. Mal équilibrés sur leurs jambes, pas forcément très grands ou très forts, les Jaggas ne voyaient dans les humains rien de sensationnel sur le plan physique. En revanche, ils étaient étonnés la ténacité et de la détermination dont la race pouvait faire preuve si tôt qu'ils disposaient d'un leader charismatique ou que leurs possessions aussi bien morales que physiques étaient en danger. Cependant, les Hommes peinaient à poursuivre les Jaggas dans les terrains humides. Leurs chevaux s'embourbaient et leurs soldats fatiguaient en pataugeant dans les hauts-fonds. Leur cupidité jouait aussi contre eux, et ils ralentissaient afin de s'approprier les objets de valeur que les Jaggas transportaient. Les Jaggas fuyaient donc chaque confrontation, leur métal n'étant pas en mesure de contrer celui des Hommes car moins affiné et surtout manié par moins bien de mains, laissant derrière eux de petits objets en or ou en pierreries afin de ralentir leurs poursuivants.

L'autre grand ennemi, c'était les représailles de la désertion.  Ce n'était un secret pour personne, les Ordhalerons n'aimaient pas les déserteurs. Il n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd que plus d'un avait été passé par le fer après avoir été accusé d'avoir quitté son poste et abandonné sa cause. Bien que les périodes de grandes répressions étaient terminées, les Jaggas craignaient qu'un jour où l'autre, ils finiraient par rencontrer un peloton de combat impérial destiné a leur faire comprendre le prix de la désertion. Même si ce n'était pas la priorité des expatriés, cela hantait quelque fois l'esprit.

Le dernier des grands ennemis, c'était l'environnement. Certes, rivières, marais, lacs, étangs, mares ou hauts-fonds constituaient un refuge idéal pour les Jaggas, néanmoins, l'eau marquait aussi parfois la présence humaine, ou encore une faune dangereuse. Ces lieux de vie étaient donc parfois inaccessibles à l'ethnie piscivore qui avait pourtant besoin de cette eau et de son contenu. Pas question de penser à la mer : le sel allait déshydrater complètement ceux qui tentaient d'y plonger. Pas possible de passer également dans les zones trop froides.

C'est donc dans un environnement hostile que les Jaggas avaient prit le pari risqué de trouver des terres vierges propices à leur développement. Fort heureusement pour eux, ils pouvaient cependant compter sur des atouts de choix.

D'abord, leur morphologie. Comme énoncé plus haut, les Jaggas pouvaient compter sur leur coté amphibien, leur aisance avec l'eau douce et leur sens améliorés pour tirer profit de leur environnement. Ainsi, ils devenaient proprement insaisissables dans les terrains humides, et leur sens du repérage et de la communication leur assuraient la capacité de voir l'ennemi de loin et de préparer habilement leurs mouvements. Ils étaient également en mesure de tendre de redoutables pièges et embuscades ou encore de se dissimuler. Bien que les pillages ou les vols n'étaient pas dans les habitudes des Jaggas, lors des déplacements, ils s'en prenaient parfois aux voyageurs qu'ils trouvaient sur leur chemin. Non pas par envie de sang que par besoin de s'approprier les ressources.  
Ils étaient donc considérablement efficaces si tôt qu'ils se trouvaient dans les zones humides, au prix d'être terriblement désavantagés dans les autres biomes.

Par la suite, vers la moitié du siècle, les expatriés Jaggas avaient avec eux des figures fortes qui leur portait moral et espoir, un trio de tête qui avait pour rôle de maintenir soudée leur communauté.

La première d'entre elle s'incarnait sous les traits de Ru'waan. C'était un Jagga massif, bien bâtit et dont tous connaissait la solidité, autant que son caractère martial, pragmatique et brave. Les appendices de ses tempes étaient bien plus longs que la moyenne, pendants jusqu'à la base de son cou. Au départ, cela avait été une source de moquerie. Puis, par ses faits et gestes, Ru'waan en avait fait une source de respect. La rumeur voulait qu'il eut un jour affronté un crocodile et que l'animal se serait enfuit suite a la morsure du Jagga. Ru'waan était d'un calme froid, mais il était un mur qui n'hésitait à se dresser pour protéger les siens. Très respecté de tous, c'était devenu une sorte de leader naturel.

La second était Scarl T'ayil. Plus petit et plus trapu que son camarade Ru'waan, Scarl était une sorte de petit personnage voûté aux membres épais et a l'échine de fer. On le savait colérique et brutal, mais c'était également le meilleur pêcheur de toute la communauté. Il aimait manger et n'était pas réputé pour sa finesse, aussi bien de parole que de geste. Téméraire, Scarl ne craignait rien ni personne, sinon de ne pas avoir son repas du soir.

Enfin venait Tuu'Atara. Et nul doute à avoir sur le fait qu'il était aussi bien le plus jeune que le plus aimé de tous. Tuu'Atara portait ses idées vers le soin apporté a sa communauté en objectif principal. A l'écoute, plein de bonne volonté et désireux de plaire, son seul défaut était sa jeunesse et son inexpérience. Il se laissait dompter par ses émotions plutôt que sa raison. Si bien que dans son désir de bien faire, il pouvait lui arriver de mettre en péril tout les siens.

Tout trois avaient passés un serment au pied d'un palétuvier en 50 de l'ère des rois. Depuis, ils étaient inséparables et avaient prit les rênes de la direction de la communauté des expatriés, soudant ainsi les Jaggas en fuite les uns envers les autres.
C'est grâce à tout ses facteurs que les Jaggas, devenus parias des Ordhalerons, survivent durant plus de quatre vingt années sur les terres de l'Ordanie.


Tal'Predat naît en 67 de l'ère des rois dans l'ouest de l'Ordanie, au sein du campement des expatriés Jaggas.  Durant son enfance, en l'absence de tuteur ( sa mère étant morte durant la ponte ), c'est le guérisseur de la communauté Hiss'Predat qui s'occupe de lui et qui lui transmet son nom. En cette époque, Tal'Predat apparaît comme étant peu perspicace et presque simplet, et seul son tuteur soupçonne du talent chez lui. Son enfance est singulière et banale, banale . Un jour, précisément dans sa seizième année, il fait la connaissance de Ru'waan. Âgé de sa petite cinquantaine, ce dernier était occupé à pêcher aux abords d'une petite rivière qui sillonnait les environs. Lui et Tal'Predat débutent alors une discussion qui va durer du petit matin jusqu'au début de soirée, ce qui suscite l'intérêt de Ru'waan pour ce Jagga quelque peu distrait.

Quelques mois plus tard, Hiss'Predat devait mourir. Dépêché pour les funérailles, Tal'Predat fera sur place la connaissance de Scarl T'ayil et de Tuu'Atara par le biais de Ru'waan. Sa relation avec le trio débute et se réchauffe un peu après qu'il ait comparé Ru'waan à un vieux cheval à qui il reste assez de force pour galoper et Scarl T'ayil a un vieux bœuf capable de porter des charges sur des longues distance. Forcément, les concernés lui ont par la suite demandé comment lui se situait par rapport à eux. Tal'Predat eut alors simplement répondu que si il s'agissait d'évaluer les risques ou les intérêts d'un mouvement, il n'était pas de niveau, mais que si il s'agissait d'évaluer les gens et de deviner combien de poissons allaient remonter la rivière à cette saison, il avait un mois d'avance. Le trio fut satisfait par la réponse. Intéressés par la personnalité presque anormale de Tal'Predat dans un milieu où la survie et les dangers rongeaient les esprits, les trois se décidèrent finalement à prendre celui qu'ils surnommaient le « Têtard endormi », en raison de son jeune âge et de son caractère presque narcoleptique.

Tal'Predat étant apprécié par la plus grande majorité du camp, sans doute que sa légère déconnexion de la dure réalité apportait une petite fraîcheur appréciée au sein de la communauté des parias, il fut désigné par Tuu'Atara pour l'assister. Son rôle était simple, il collectait les suggestions et les avis de la tribu afin des les rapporter à Tuu'Atara, qui faisait grand cas de l'opinion des autres. De par ce rôle, il se rapprocha au fil du temps de Tuu'Atara, au point d'en devenir une sorte de confident et conseiller. Tuu était sujet à de nombreuses paniques et doutes, et même si Tal'Predat ne saisissait pas toujours les enjeux et le sens des paroles, sa franchise avait tendance à apaiser Tuu'Atara. Leur lien se renforça par la suite, et en naquit une certaine amitié et un respect mutuel. Comme Tal'Predat était désormais un proche de l'entourage de Tuu'Atara, c'est sans surprise qu'il se retrouva à fréquenter par la même occasion Scarl T'ayil et Ru'waan. Sans trop s'en rendre compte, Tal'Predat devenait l’intermédiaire entre le peuple et le trio dirigeant, se chargeant de rapporter les suggestions de l'un contre les recommandations et demandes de l'autre.  C'était avec confiance que l'on s'adressait au peu farouche Tal'Predat, qui, et ce n'était un secret pour personne, influençait partiellement les choix des trois de par sa présence et ses rapports. C'est d'ailleurs à cette occasion et pour son rôle qu'il se peint le visage en blanc, afin de souligner sa tâche et de se démarquer un peu de la masse. Pour ne rien cacher, Tal'Predat lui même appréciait son rôle qui lui amenait la bienveillance des autres. Comme pour continuer à coller à son personnage décalé de la réalité constituée de poussière, de voyages difficiles et d'inquiétudes sur des adversaires à leur recherche, il prit plus de temps afin de se perfectionner dans les arts de représentation, sur les moyens de faire passer un message positif, de déclencher le rire ou d'aborder de manière légère des thèmes plus graves. Sa spécialité ? Utiliser les ombres projetées par le feu afin de représenter des scènes. On le savait aussi doué pour le jonglage et habile aussi bien de ses mains que de ses pieds.

Mais hélas, si adopter un comportement léger et distraire les autres était sans doute une qualité afin de maintenir l'ordre et le moral au sein du camp, ce n'était pas avec ceci qu'il allait s'en sortir dehors. Ru'waan était soucieux à l'égard de Tal'Predat qu'il craignait incapable de se débrouiller quand les ennuis viendrait. Chanceux, le Jagga n'avait pas encore connu les longues traques des hommes, la nécessité de parfois se cacher des jours dans la boue ou les points d'eaux ou encore d'emprunter des terrains dangereux pour s'échapper. Et il était dans leur intérêt de veiller à ce que Predat ne meurt pas dès que la prochaine rixe viendra. Ru'waan prit ainsi le conseiller par la main et ne lui laissa pas vraiment d'autres choix que d'apprendre en sa compagnie plusieurs points d’intérêts : Apprendre à écouter, apprendre à observer, apprendre à jauger. Scarl, de son coté, avait décidé de lui enseigner le maniement du harpon, et ils buvaient et riaient après chaque leçon. Car du haut de ses presque dix sept ans, Tal'Predat n'avait effectivement que bien peu des connaissances pourtant si partagées des nomades. La faute à son rôle et au fait qu'on ne lui a effectivement jamais demandé de faire autour chose que du social.

- - - - - - 

Un an passa dans le quotidien, entre « gouvernement » si l'on peut dire et séances d'apprentissage. Un soir, le sommeil de tous fut interrompu par le retour d'une sentinelle agitée...
« Réveillez vous ! Réveillez vous ! Des hommes approchent ! » lança la sentinelle.
«  Quoi ? Par quel coté ? »demanda Ru'waan aussitôt réveillé aussitôt levé.
En dépit de son âge avancé, il avait conservé toute la vigilance et l'alerte de sa jeunesse. La sentinelle souffla et tourna la tête.
« Par le sud... Ils se dirigent vers notre position. Ils sont nombreux mais leur progression est lente. »
La communauté s'éveilla en vitesse et on commença à distribuer à chacun un minimum d'affaires à emporter en fonction de la force de chacun. Il fallait emporter tout ce qui pouvait être nécessaire. On sépara volontairement la communauté en deux. Tuu'Atara et Ru'waan dirigeaient le gros de la tribu hors d'ici. Scarl T'ayil quand à lui avait prit la tête d'un petit groupe de pêcheurs vigoureux afin de surveiller l'avancée des hommes et pourquoi pas, afin de les distraire au besoin. De son coté, Tal'Predat ne lâchait pas d'une semelle Tuu'Atara.
« C'est étrange... Il n'y a qu'une seule sentinelle qui a donné son rapport. Les hommes ont-ils réellement été durs à repérer ou bien n'avions nous pas assez de guetteurs ? » questionna t-il.
« Qu'importe, nous ne pouvons pas prendre le risque d'une présence armée qui marche vers nous. Mettons nous en marche vers le nord. Nous allons passer par les bois à proximité, cela ralentira leur progression. »

Et de facto, ils s'étaient bien vite mit en marche. Leur campement avait été installé au bord d'une rivière, comme d'habitude. Pas étonnant que les hommes les aient encore retrouvés, ils savaient parfaitement qu'ils vivaient près de l'eau douce. Mais Tal'Predat était un peu chiffonné. Habituellement, le rapport des sentinelles était bien plus vif que cela, et d'avantage de guetteurs revenaient annoncer leurs observations . Ici, il n'y avait qu'un seul Jagga qui avait manifesté le déplacement de quelque chose. Avait-il bien vu ? Dans tout les cas, Tuu'Atara avait sans doute raison. Il valait mieux partir.

Le groupe se dirigea rapidement vers le milieu des bois, prenant ainsi de l'avance sur leurs poursuivants. Tal'Predat manifestait toujours autant de doute.
 « C'est étrange que le groupe de Scarl ne soit pas encore revenu. »
  « Les Hommes doivent nous talonner. Nous devons continuer... » avait répondu Tuu'Atara.
Aussi avaient t-ils continués. Mais alors que leur progression était nette et sans perturbation, un détail choqua l’œil de Tal'Predat. Ce n'était ni un Homme ni un Jagga. Mais plutôt une sorte de petite lumière qui provenait d'un buisson. Il s'approcha et inspecta la lumière. Des flammes dévoraient les feuilles.
« Du feu... ? »
C'est alors qu'il comprit. Le vent soufflait un peu et alimentait la braise, le bois du coin était sec et facilement inflammable... ils avaient marchés tout droit dans un piège, on les avait déloger et fait fuir dans la direction voulue.
Tal'Predat leva les mains en l'air.
« Le feu ! Le feu ! Le feu ! » hurla t-il.
Tuu'Atara pivota vers lui, l'air surprit. Alors, il commença à apercevoir les flammes. C'était une attaque par le feu, et par tout les enfers, elle avait l'air d'être maîtrisée. Bientôt, il fut apparent que le feu avait été déclenché dans plusieurs endroit stratégie. Bien vite, des flammes commencèrent à dévorer les arbres et les feuillages, transformant la forêt en une zone rougeoyante où la chaleur  régnait. La panique commença à s'installer au sein du groupe.

« Le feu coupe notre chemin ! » hurla l'un des Jaggas.

Un cor se fit entendre, suivit d'acclamations, et enfin, de bruits de pas et de sabots. Franchissant les boisements qui n'étaient guère en flammes, les Hommes fonçaient vers la proie qu'ils étaient parvenus à attirer dans la direction voulue. Les Jaggas étaient dispersés, incapables de riposter et bien peu en mesure de combattre. Alors qu'ils disparaissaient de manière désorganisé à travers les fourrés afin d'éviter les flammes pour ne pas rôtir sur place, un cri puissant et féroce résonna, pétrifiant aussitôt les Jaggas en fuite alors qu'ils reconnaissaient l'appel de Ru'waan. Ce dernier, marchant au milieu du bois et l'air fermé, reprit la main sur la fuite.
« Fuir ainsi ne vous apportera que la mort ! Écoutez mon appel et gardez courage et volonté ! Nous ne périrons pas ici ! » aboya t-il férocement.
Les Jaggas qui avaient quittés la zone se rassemblèrent aussitôt vers lui. On pouvait toujours entendre le fracas des forces humaines s'approcher de la zone à vive allure.
« Je ne veux avec moi que les plus vigoureux de notre communauté. Tout les autres, vous suivrez Tuu'Atara, il vous guidera rapidement hors de danger. Je n'ai pas pour habitude de réclamer quelque chose, mais en ce jour, je demande à tout ceux qui veulent faire face avec moi de se lever. Je ne cacherais rien. Nous allons mettre en grand danger nos vies, mais il est nécessaire de prendre ce risque afin que l'essentiel de notre groupe soit sauvé. Vos petits enfants loueront encore votre nom et se remémoreront de cette histoire. En ces temps troublés, y-a t-il plus belle chose qu'un homme puisse désirer, outre de voir les siens voir de nouveau le jour se lever ? Qui m'accompagnera ? »
En dépit des mains qui se levaient, Ru'waan procéda à un tri rapide mais précis. Une vingtaine de Jagga furent sélectionnés.
« Tuu ? Emporte les autres loin d'ici. Et méfiez vous des routes et des traquenards. Rien ne dit qu'ils ne sont pas encore plus loin, par delà les flammes. »
Tuu'Atara hocha la tête et fit signe à ceux qu'il avait sous sa responsabilité de se mettre aussitôt en route. Ils s'éloignèrent à bon pas.
Alors que Tal'Predat approchait de lui même afin de se porter volontaire, Ru'waan leva la main et secoua la tête.
« Non. Toi, tu ne viens pas. Tuu'Atara compte trop sur toi. Ce que je vais te dire te paraîtra étrange, mais il faut quelqu'un pour veiller sur lui. Et je pense que tu es la meilleure personne afin de le protéger. Pas forcément des autres, mais au moins, de lui même. »
Alors qu'il allait pour protester, un autre Jagga s'avança. Svelte et bien taillé, il semblait pourtant jeune, bien plus encore que Tal'Predat.
« Je t'accompagne ! » pouffa t-il.
Tal'Predat reconnu dans sa posture le fils de Ru'waan, Kol'waan. Son père le jugea du regard pendant un moment, et, alors qu'il semblait vouloir parler, abattit avec force son poing droit sur la face de son fils, l'expédiant immédiatement au pays des rêves. Un peu surpris, Tal'Predat se retrouva soudainement chargé par le corps du fils.
« Il n'est pas encore prêt... Mais j'ai eut la satisfaction de partager l'ambition de mes frères de serment et de voir mes enfants grandir. Nous avons certes vécu au milieu d'une ère de chaos et de dureté, mais quelle vie satisfaisante ne fut ce pas, hum ? Mon seul regret et de n'avoir put donner aux miens une terre de bien et d'espoir... En ces temps, c'est à ce moment là que votre courage va être mis à rude épreuve. Vous allez avoir besoin de toute votre détermination pour vous en sortir, prochainement. Alors promettez moi que vous n'abandonnerez pas notre quête ultime. » dit le noble Jagga.
Tal'Predat se contenta de secouer la tête.
« Nous ne baisserons pas les bras. »
« Bien. Alors il est temps pour moi et ces volontaires de faire notre devoir. J'ai fait mes adieux. Dit à Tuu'Atara de ne pas s'en faire pour moi. »
« Ca sera fait, maître. »
« Excellent... Alors, allons y, compagnons. Transmettons l'esprit à la génération suivante ! »

Alors, Tal'Predat vit Ru'waan et ses volontaires s'élancer vers les flammes, disparaissant finalement dans la fumée, en quête de ces poursuivants. Une grande respiration plus tard, le voilà qui courait afin de rattraper le groupe de Tuu'Atara, chargé du corps de Kol'waan.

- - - - -

Ce n'est que plusieurs jours plus tard que les Jaggas purent enfin s'arrêter et prendre une pause. L'attaque par le feu des Hommes avait bien faillit exterminer pour de bon la présence des parias Ordhalerons sur leur terre. Mais il avait fallut le sacrifice d'une partie des Jaggas, et parmi eux figurait l'illustre Ru'waan, figure emblématique du trio de tête. Bien que personne ne fut présent sur les lieux quand leur supposée mort était intervenue, des Jaggas éclaireurs avaient mentionnés que des têtes empalées sur des piques avaient été posées sur le territoire.
Parmi elles se trouvaient celle de maître Ru'waan.
La nouvelle de sa mort avait accablé et choqué la population. Quand à maître Scarl ? Aucune nouvelle de lui depuis qu'il était parti avec son groupe, pourtant, cela ne lui ressemblait pas de prendre plus de temps que prévu dans sa tâche.
Tuu'Atara était le dernier à mettre au courant de la mort de Ru'waan. Tal'Predat, Kol'waan ainsi que le médecin de la tribu, Zha'Losk, s'étaient rendus dans sa tente.
« Kol'waan ! Te voilà ! Où est ton père ? » avait-il demandé.
A  la sombre nouvelle, Tuu'Atara était resté silencieux et s'était assis dans son siège, déposant une main sur son visage et fermant les yeux.
« Oui... Je comprends... » avait-il répondu quand Tal'Predat avait mentionné qu'il était resté en arrière avec d'autres afin d'empêcher les humains de massacrer l'intégralité de la communauté. « Nous devons mettre un terme à cette situation... » avait-il ensuite énoncé.

Alors que le débat allait commencer sur ces dernières paroles, un Jagga en panique entra dans la tente sans s'affranchir de prévenir qui que ce soit.
« Maître Tuu'Atara ! Maître Tuu'Atara ! » s'affola t-il.
« Pas maintenant... » gronda Zha'Losk.
« S'il vous plaît ! » répondit la sentinelle en mettant un genou au sol et se dirigeant immédiatement vers le dirigeant.
« Maître Scarl T'ayil... A été tué...  » gargouilla t-il.
L'intégralité de l'assemblée présente dans la tente sembla frappée de stupeur.
« … Par ses propres hommes. J'étais avec eux... Nous avons découverts une unité d'Hommes. Mais leur chef n'avait pas l'air armé. Il appelait à la reddition et indiquait que nous aurions le pardon si nous posions les armes. Maître Scarl a immédiatement voulu refuser... Mais la graine du doute avait été implantée dans l'esprit des jeunes qui l'accompagnaient. Ils ont apportés sa tête aux Hommes et ont envoyés un d'entre eux faire croire que des forces humaines approchaient de notre camp, afin de nous faire décamper vers la zone boisée... Là-bas, des troupes d'embuscades et d'attaque par le feu avaient été placées... »
Alors, tout ceci n'était donc l'objet que de la traîtrise de jeunes esprits malléables ?
« Ceux qui ont coopéré avec les Hommes ont été exécutés rapidement ensuite ! J'ai réussi à m'échapper de peu... Je ne mérite pas votre pardon pour mon implication là-dedans ! J'accepterais ma punition, qu'elle soit en sueur ou en sang ! Tout est de notre faute ... » bafouilla la sentinelle à genoux en agitant les bras.

Tout les regards se tournèrent vers Tuu'Atara, médusé et dont les mains s'étaient resserrés sur son siège.
 « Les Hommes ont montré leur vrai visage, mon seigneur... » gargouilla Zha'Losk.
Tuu'Atara se leva maladroitement de son siège et fit deux pas en avant, la bouche ouverte.
« Scarl … est mort ? Scarl T'ayil ET Ru'waan sont morts ? » demanda t-il, abasourdi.
Tal'Predat invita aussi bien le médecin que la sentinelle venu se repentir à quitter la tente.  Kol'waan ne fit pas de vieux os non plus à l'intérieur. Tuu'Atara fut ainsi seul, et ce n'est pas plus mal ;

Car personne ne voulait observer le spectacle d'un dirigeant qui venait de perdre ses deux frères.

- - - -

Dès le lendemain matin, Tuu'Atara convoqua Tal'Predat, Zha'Losk et Kol'waan dans sa tente. Le dernier membre du trio avait élaboré un plan d'attaque afin de mettre à sac un village des environs. L'idée simple de s'en prendre aux Hommes dépassait complètement l'intégralité des convoqués.
« Maître... Nous n'avons aucune raison de nous en prendre à ces villageois, aucune de leurs denrées n'est adaptée pour nous ... » gargouilla Tal'Predat.
Tuu'Atara lui renvoya un regard sanguinaire. Predat n'avait jamais encore vu cet effet dans les yeux de Atara.
« Comment oses tu ?! La mort de Ru'waan et de Scarl T'ayil est une raison bien suffisante ! » renvoya Tuu'Atara.
« Maître, le têtard endormi à raison. Au mieux, nous allons juste attirer la garnison des environs. »
« Qui se soucie des combattants ? Nous déferlons assez rapidement pour nous occuper de ce village et repartir aussi sec. »
Si seulement c'était aussi simple. N'importe quel benêt pouvait aisément dire qu'un pillage ne passait pas inaperçu. Sinon attirer une force conséquente vers eux et se livrer sur un plateau d'argent, les Jaggas allaient juste donner de bonnes raisons aux Hommes d'augmenter leurs effectifs alloués à leur traque si ils s'en prenaient aux citoyens. Mais la colère de Tuu'Atara était puissante et lui rendait invisible cette évidence.
« Maître... Si vous le demandez, le peuple vous suivra ! Mais vous ne pouvez pas mettre ainsi en péril la vie de notre communauté ! » marmonna Tal'Predat.

Reprochant à Tuu'Atara sa stratégie, Tal'Predat déclenchera sans le vouloir une effroyable dispute avec lui, cette dernière se soldant finalement sur Predat décidant de quitter soudainement la tente après que Tuu'Atara l'ait réclamé.
Au petit matin suivant, Tuu'Atara avait déjà rassemblé assez de Jaggas vigoureux pour porter son attaque. Tal'Predat ne se débina pas de son rôle en dépit de la précédente dispute. Et quand bien même les deux se faisaient la tête, Tuu'Atara demanda tout de même les retours du peuple à l'égard de sa décision.
« Le peuple vous suivra qu'importe votre décision, maître. Mais les Jaggas ne sont pas des guerriers, et ils ont des hésitations quand à l'idée de devoir se livrer à un tel acte. Nul doute que beaucoup souhaiteraient que cela n'arrive pas. » expliqua t-il.

En dépit de cette réponse, Tuu'Atara ordonna malgré tout le début de la marche, laissant au camp à la fois Tal'Predat mais aussi Kol'waan, tout aussi hostile son idée. Pour la première fois, Tuu'Atara ne s'était pas laissé guidé dans sa décision par le peuple. Mais Tal'Predat ne voyait rien de bon dans ce choix, vu la situation.

Il aurait aimé pouvoir ignorer le destin de Tuu'Atara, et au petit soir, alors que ce dernier était déjà sans doute occupé à lancer le raid sur le village, Tal'Predat prit soudainement ses affaires et décida d'aller le rejoindre. Avant qu'il ne parte, Kol'waan vint l'interroger.

« Que fais tu, têtard ? » avait-il demandé.
« Maître Tuu'Atara ne le voit sans doute pas, mais il est en grand danger. C'est mon devoir d'aller l'aider. »
« Tu n'as donc pas de colère contre lui malgré tout ? »
« Si, bien entendu. Mais j'ai promis à un ami, ton père, de m'occuper de lui. Alors je dois aller l'aider. Il risque de se faire mal en mon absence. »

Mesurant ces paroles, Kol'waan opina du chef.
 « Alors, je viens avec toi ! » avait-il déclaré.
Et non seulement lui, mais aussi quelques Jaggas restés au camp ainsi que des femmes voulurent l'accompagner, convaincus par Kol'waan qui avait hérité du prestige de son père.
 « Attendez, j'espère que vous ne comptez pas quitter ces lieux sans ma présence ! » avait aboyé Zha'Losk.
« Ca alors ? Tu viens aussi ? Je ne sais pas quoi dire, si ce n'est marchons tous ensemble pour aller sauver maître Tuu'Atara de ce mauvais pas ! »

- - - -

Quand ils arrivèrent dans la nuit, dans le creux des collines qui dominaient le village piégé dans un creux de terre, Tal'Predat et ses amis savaient qu'il était déjà trop tard. La fumée montait dans le ciel et les lumière des feux étaient présentes un peu partout.
« Nous arrivons trop tard. Maître Tuu'Atara a déjà lancé la mise à sac. » gargouilla Kol'waan.
Ils observaient la scène depuis un promontoire rocheux des environs.
« Oui, mais malheureusement, les garnisons humaines aussi, sont arrivées. Elles encerclent le village. Vous voyez ces étendards, ces torches et ces silhouettes ? » nota Zha'Losk en pointant du doigt les masses sombres plus loin.
« Regardez, là-bas. On dirait qu'ils utilisent des arcs. Je crois que maître Tuu'Atara, si il est encore en vie, est piégé au sein du village avec les autres... » expliqua Kol'waan.
« Ils ne s'attendront certainement pas à des renforts ennemis. Nous devons profiter de notre effet de surprise pour faire une percée et aller chercher maître Tuu ! » décrété alors Tal'Predat.
Tous se tournèrent vers lui.
« Et une fois à l'intérieur ? » demanda quelqu'un.
« J'ai un autre plan... Mais nous devons pour l'instant nous dépêcher d'avancer avant que les hommes à pied humains ne se décident à lancer l'assaut final. »
« Nous n'avons pas d'autre choix que de te faire confiance, j'imagine... Très bien. Mettons nous en route. En silence. On va répartir les groupes. Nous devons dégager une voie rapide et passer. » répondit Kol'waan.

Ainsi, les Jaggas usèrent de leur avantage de discrétion afin d'ouvrir une brèche en prenant à revers les rangs des attaquants humains occupés à assiéger la zone. Par la surprise et l'effort combiné de la petite force qu'ils eurent mit sur pieds, les Jaggas parvinrent a défaire une petite unité de combattants qui gardaient le flanc droit du village. Dès lors, les Jaggas se ruèrent à l'aide de ceux qui étaient piégés plus bas. Ils les retrouvèrent pour la plupart cachés dans les sur paliers, plaqués contre les murs, dans les habitations qui n'avaient pas flambé. Parmi eux, ils reconnurent le faciès de Tuu'Atara qui semblait ne pas être en mesure de croire ce qui se passait.
« Maître Tuu'Atara ! » s'écria Kol'waan.
Tal'Predat, Kol et Zha'Losk s'approchèrent aussitôt. Tuu'Atara baissa un peu la tête.
« Vous êtes venus me chercher... Malgré ce qui s'est passé... »
« Je ferais un bien piètre assistant si je n'étais pas venu. » répondit Tal'Predat.
 « … J'ai mis en péril la vie de nombreux d'entre nous, et maintenant la votre. Je ne mérite pas que vous veniez me chercher. Beaucoup des nôtres risquent leur vie actuellement par ma faute... Je fais honte à Scarl et à Ru'waan... »
Tal'Predat fronça les sourcils.
« Mais... Vous êtes blessé ! »

Il venait de se rendre compte qu'une large entaille bariolait le flanc de Tuu'Atara. Ce dernier haussa les épaules.
« Nous avons dû subir un premier assaut. Des Jaggas sont morts pour le repousser et me sauver la vie... Même si j'ai été touché. Ce n'est pas très grave. »
Zha'Losk, le médecin, s'approcha et inspecta la plaie. Il ne rendit aucun jugement et se contenta de recommander à Tuu'Atara de se laisser faire et de ne pas bouger. Tal'Predat et Kol'waan se regardèrent.
« Même si nous sommes là, nous sommes encore loin d'être tirés d'affaire. Avec notre percée, les hommes vont sans doute rapidement avancer. Ils sont bien plus nombreux et armés que nous. Nous n'avons aucune chance de nous en sortir par la force... Ils épuisent nos forces par attrition.» gargouilla Kol'waan.
« Alors utilisons la ruse. Nous devons couper la tête du serpent. Attirons leur général, chef de guerre, quoique ce soit ici et occupons nous de lui ! » expliqua Tal'Predat.
« Mais comment les attirer ... »

Tuu'Atara toussa bruyamment, incitant les deux à se tourner vers lui.
« J'ai une idée... Je vais me faire passer pour mort et nous allons sonner la reddition. Cela devrait inciter leur tête pensante à se montrer... Ils savent que je suis blessé, peut-être qu'ils penseront que je puisse y succomber. »

La bataille du village fut aussi brève que pleine de rebondissement. Originellement cherchant à épuiser les Jaggas piégés dans le village par attrition, les Hommes décidèrent de mener l'assaut afin d'achever leurs ennemis quand ils entendirent la corne funeste sonner et que plusieurs se mirent à rapporter le décès du leader Ordhaleron paria de ses blessures. Alors que les Jaggas qui faisaient de la résistance aux abords du village se repliaient, le commandant de garnison déclencha l'assaut, prenant avec lui gardes du corps et infanterie. Ils traquèrent les Jaggas jusqu'au cœur du village. Cependant, alors qu'ils pensaient trouver des forces épuisées et même aptes à la reddition, le piège Jagga se referma sur eux.
L'embuscade Jagga fut courte, et peu d'hommes furent tués. Cependant, la bannière de commandement tomba en même temps que celui qui la portait. Alors que Kol'waan se saisissait de l'étendard pour le brandir en signe d'avertissement et en le jetant au feu, la mort du leader humain impacta sérieusement le moral des troupes qui tombèrent dans la déroute et, plutôt que de poursuivre le combat, décidèrent de fuir la zone, permettant aux Jaggas d'effectuer un mouvement de rassemblement et de repli.

En cette soirée, les Jaggas échappèrent de peu à une défaite catastrophique face à une armée deux fois plus nombreuses qu'eux qui aurait sans doute marqué leur fin. Néanmoins, cette victoire avait son prix. Ru'waan et Scarl T'ayil avaient périt dans des événements antérieurs mais liés à l'histoire et de nombreuses vies avaient été perdues. Le repos de courte durée qui suivit ne présageait rien de bon pour les Jaggas. Ils avaient donnés la colère et l'esprit de revanche aux Hommes, et la traque allait sans doute être d'autant plus active désormais qu'un noble avait été vaincu au combat.
Pire que tout, Tuu'Atara tomba malade le jour suivant, affaiblis par ses blessures. Sachant parfaitement qu'il ne lui restait que peu de temps sur ce monde, Tuu'Atara se chargea de désigner Kol'waan et Zha'Losk comme prochains dirigeants des parias. On pardonna a Tuu'Atara ses erreurs. Son corps sera brûlé et ses cendres jetées dans l'eau aux cotés d'objets ayant appartenu à ses deux frères de serments.

Tal'Predat avait aussi été un candidat pour prendre les commandes de la communauté, cependant, il se refusa à s'engager dans cette voie, se jugeant incapable de pouvoir gérer une telle responsabilité et préférant agir en tant qu'assistant. Avec Kol'waan et Zha'Losk, il prêta cependant lui aussi serment sous les palétuviers, comme les anciens l'avaient fait avant eux.
Devant la nécessité désormais encore plus importante de trouver des terres libres et prospères, les Jaggas durent se résoudre à un choix difficile. Ils formèrent des éclaireurs dont on avait pour projet de les envoyer bien plus loin que les limites actuelles. Il était dangereux pour un Jagga de s'aventurer dans les terres froides, chaudes, ou quelconque endroit qui n'allait pas avec leur caractère d'hydro-dépendant.  Mais l'Homme grondait de plus en plus, et un refuge allait s'avérer nécessaire.
Tal'Predat, contre toute attente, se porta volontaire pour être un de ces éclaireurs, manifestant le désir de participer enfin à une tâche qui servirait pleinement l'intérêt de la communauté des parias. On loua les volontaires. Et enfin, quand le moment fut venu, ils s'éparpillèrent dans le continent, à la recherche de territoires pleins de promesses.

Au final, les Jaggas n'étaient que peu nombreux et leur population déclinait avec le temps. Désormais réduits à seulement une petite centaine d'individus au maximum, aucun Jagga n'avait assurance de revoir un jour l'un des éclaireurs partis trouver un endroit de vie. Pas plus que les éclaireurs n'avaient la certitude de retrouver un jour les leurs, soit parce qu'ils périraient sur la route, soient parce qu'il était possible qu'au contraire, ce soit ceux qui sont restés à la communauté qui disparaîtraient. Le temps manquait au Jagga, et si nul doute pouvait affirmer que leur temps était révolu, tous se savaient unis par un lien qui leur apporterait au moins la satisfaction d'avoir vécu une vie certes difficile mais rythmée par l'espoir et les histoires mémorables.

Ce dont les Jaggas étaient sûr était leur leçon principale, qui rythmait leur existence : Vivre est un perpétuel combat contre soi même mais il s'agit aussi de survivre aux autres. Les plus forts remportent ainsi le droit de rester en vie. Que ce soit un ennemi ou un ami, il faut surmonter sa disparition pour apprendre et s'en sortir grandit. Chacun doit prendre conscience qu'il n'est que de passage et qu'il n'est pas indispensable au monde, ce qui implique qu'on disparaît un jour. Car le principe même du temps à permis aux situations d'évoluer. Le renier sous prétexte que l'avenir n'est que néant est une erreur. Aussi cruel que soit le cycle de la vie, la renaissance implique dans un premier temps la destruction. Ce schéma est celui même du cercle liant tout les Jaggas entre eux. Néanmoins, tous croient encore en un bouleversement futur. Une nuance qui viendra changer ce cercle en une spirale qui mettra fin au cycle, voué alors à disparaître. Là où certains voient la fatalité du déclin et de la disparition, eux croient encore dans l'espoir du changement.


Nous sommes en 90 et Tal'Predat sillonne encore le monde à la recherche de la nuance qui donnera aux siens la renaissance. Alors qu'il arpente d'un pas sûr le sol des territoires, la magie ressurgit, et, sans qu'il s'en aperçoive, s'empare de lui, lui donnant des talents de sauteur  hors-pair quoique imprécis. Pour Tal'Predat, c'est un signe. Quelque chose se passe. Ses aventures dans les terres humaines l'amènent à se livrer parfois à des actes d'espionnage, le long des chemins, à un carrefour, ou bien encore à proximité des villages. Rien de sophistiqué, juste surprendre une conversation entre deux voyageurs humains. Et leurs rumeurs parlaient d'une certaine Azzura.
Et si Azzura ou la magie était finalement la fameuse nuance que cherchait les Jaggas ?




Ambitions & Desseins



Sauver son peuple, sauver sa peau. Voici les deux objectifs de Tal'Predat. Pour cela, son constat est simple. Il désire tout simplement mettre le doigt sur une terre vivable capable d'accueillir les survivants de son ethnie afin que tous puissent écouler des jours heureux loin des conflits et qui apportera la sécurité à la vieillesse et la prospérité à la jeunesse.
Récemment, selon les rumeurs, il s'est mit en tête de se mettre lui aussi en quête d'Azzura. Bien qu'il ne comprenne guère bien des choses sur la magie où ces histoires, Tal'Predat a l'intuition qu'il pourrait être en mesure de trouver bien des réponses à ses problèmes en suivant la piste.




Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : OUI
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : OUI
Moultipass : Ouki par papy baltou




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◈ Missives : 612

◈ Âge du Personnage : 79 ans, en oubliant les cinq millénaires plongés dans l'obscurité...
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Azzura
◈ Localisation sur Rëa : Azzura
◈ Fiche personnage : Baltazar Numengar / Onyria Azzura

Maître du Jeu
Baltazar Numengar

◈ Jeu 27 Aoû 2015 - 7:17

Bienvenue à toi et Félicitations cher Tal !

Hé bien c'est un beau peuple que tu nous as construit là. C'est avec plaisir que je te valide très cher Tal'Predat

Je t'invite dès maintenant à remplir ton profil, à créer ton journal de bord en partie des Parchemins des Héros, mais aussi à formuler ta toute première demande RP si tu ne t'es pas mis d'accord avec un autre joueur. N'hésite pas a envoyer des propositions de rp via à mp, vu que les vacances sont encore à l’œuvre il ne faut pas hésiter à allez chercher les membres!

Pardonne-moi encore de ma lenteur pour te valider !

Bonnes aventures ! Very Happy