Azzura

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Oratilwe Taoufiq - Errante

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◈ Missives : 31

◈ Âge du Personnage : 29 ans
◈ Alignement : Neutre Bon
◈ Race : Valdur
◈ Ethnie : Sharda du Sud et Sharda du Nord
◈ Origine : Une cité près de Syltamyr
◈ Localisation sur Rëa : Syltamyr
◈ Magie : Magie des ombres, tourments du coeur du porteur
◈ Fiche personnage : Fiche de Tila

Héros
Oratilwe Taoufiq

◈ Mer 29 Juil 2015 - 19:30

◈ Prénom :  Oratilwe
◈ Nom : Taoufiq
◈ Surnom : Til (plutôt dans le Sud) ou Tila (plutôt dans le nord)
◈ Sexe : Femme
◈ Âge : 29
◈ Date de naissance : 16e jour de la lune d’Ordo, en l’an soixante et un de l’ère des Rois

◈ Race : Valdur
◈ Ethnie : Métisse Sharda du Nord et Sharda du Sud
◈ Origine : Radjyn. Tila a vécu sa petite enfance à Al’Akhab et le reste de sa vie à Saan Met.
◈ Alignement : Neutre Bon
◈ Métier : Pas vraiment de métier pour le moment

◈ Signe particulier : Épileptique, bien que ce mal ne porte pas réellement de nom. Pour certains il s'agit d'une bénédiction lorsqu'elle permet d'avoir des visions, pour d’autres c’est une simple malédiction.
◈ Statut : Elle n’a pas encore connu l’amour.



Magie


Magie des ombres – Tourments du cœur du porteur

La Magie d’Oratilwe n’a rien de commun, puisqu’Oratilwe elle-même n’est pas commune. Est-ce dû à son physique faible ? Ou à son cerveau qui semble être construit différemment ? Ou peut-être les deux ? Nul ne le sait moins qu’elle. Il semblerait que dans les méandres de son cerveau se soit cachée une source de magie qui a trouvé refuge dans son épilepsie. Elle n’a donc aucun contrôle sur ce pouvoir qui apparaît uniquement pendant ses crises, et qui se retourne contre elle. Alors qu’avec l’âge les attaques semblaient s’être dissipées, le retour de la magie les a vues réapparaître, aux dépens de la jeune femme. Cette magie la ronge donc de l’intérieur, et risque de l’empêcher de mener à bien le but qu’elle s’est fixé depuis l’âge de onze ans.



Compétences, forces & faiblesses


Artisanat
Cuisine - (experte)
Création d’arômes - (intermédiaire)
Parfumerie - (intermédiaire)
Fard d’embellissement - (experte)
Fard de rituel - (experte)

Connaissances
Calcul - (novice)
Folklore alkhabirois - (intermédiaire)
Folklore saa -(maître)
Géographie de Radjyn - (experte)
Géographie de Rëa -(novice)
Histoire de Radjyn - (experte)
Histoire de Rëa - (novice)
Politique d’Al’Akhab - (novice)
Politique de Saan Met - (novice)
Nature - (experte)
Religion d’Al’Akhab - (intermédiaire)
Religion de Saan Met - (experte)

Langues
Kaerd - (experte)
Alkhabirois - (experte)
Saa - (maître)

Art des écritures
Calligraphie - (novice)
Littérature - (intermédiaire)

Art des sages
Connaissance de la faune et de la flore de Radjyn - (experte)
Connaissance de la flore de Rëa - (novice)
Confection de médicaments - (experte)
Confection des potions rituelles - (maître)

Arts de représentation
Chant - (intermédiaire)

Force
Bonne mémoire
Odorat assez développé
Sens de la justice
Ouverte d’esprit
Bonomie
Amicale
Loyale envers ceux qui lui tendent la main

Faiblesse
Force physique quasi nulle
Aucune connaissance relative au combat
Crises d'épilepsie soudaine
Sens de la justice personnel
Imprudente
Confiance parfois trop facilement accordée
Sa loyauté peut être mise à contribution par des gens mal aguerri



Physique


Pour une Sharda du Sud, Oratilwe est trop pâle, trop petite et trop faible. Même les Shardas du Nord trouvent qu'elle n'est décidément pas très grande ; elle ne dépasse pas les quatre pieds et demi de haut. Sa taille lui permet cependant de se perdre facilement dans la foule, mais elle se remarque énormément lorsque Tila marche seule. Son physique frêle se ressent également dans ses courbes, qu'on pourrait parfois confondre avec celles d'une enfant à peine pubère. Elle reste une bonne représentante de son continent si on la compare à n’importe quelle autre race de Rëa, mais pour les gens de Radjyn, ses formes ne sont pas des plus attrayantes. Sa peau a hérité du brun laissé par les morsures du soleil plus clément d’Al’Akhab. Ses yeux sont d’un marron suffisamment profond pour être souvent confondu avec le noir ; ses cheveux ont pris la couleur des ailes des chauves-souris, qui volaient en tourbillonnant le soir dans les rues de sa cité proche de Siltamyr. Elle a hérité de la bouche pleine des gens du Sud, mais du nez plus droit des gens du Nord. Au final, elle est un peu comme n’importe qui, ni belle ni laide. Il est vrai que ses traits, pas tout à fait alkhabirois, pas tout à fait saa, interpellent quelques fois les passants distraits, qui s’en remettront pourtant bien vite à leurs occupations.



Caractère


C’était le vieux Shaman de son village qui lui avait fait prendre conscience de qui elle était. Elle s’était toujours vue comme quelqu’un de faible et secondaire, malgré son nom et l’amour de son père. Elle était une petite fille au corps trop petit et trop maigre pour son âge et ses origines, et ses crises faisaient souvent d’elle une personne à éviter. Elle avait pris l’habitude des moqueries, qu’elle n'entendait plus grâce à son frère et à son soutien constant. Les quolibets des jeunes du quartier qui préféraient leur demi-frère et leurs demi-sœurs, ils en avaient l’habitude, et Emem avait toujours réussi à leur faire face. Elle avait donc souvent l’impression de n'être que l'ombre de son frère. Ce fut pourtant très difficile pour elle d’être séparée de lui lorsqu’il devint guerrier du village. Elle devait aussi avouer qu’elle en était jalouse. Elle jalousait tous ceux dont la vie était basée sur leur force, alors qu’elle-même ne pouvait avoir confiance en son corps. Heureusement, le shaman l’avait aidée. Il lui avait montré la force de l'esprit, la force des enseignements, la force des rites et la force de la nature. Même si sa faiblesse physique la gênait toujours, elle avait compris que la différence permettait au monde de Rëa d’être ce qu’il était. Elle avait fini par s’accepter et accepter les autres. Elle avait appris à être bonne, en suivant les voix des ancêtres, tout en écoutant toujours la voix d’Elaïm. Ses moments difficiles avec les Shardas du Nord lui restaient bien sûr en tête, mais le temps finissait peu à peu par les estomper et allégeait son cœur ; les si nombreux cycles solaires passés en présence d’un peuple bienveillant avaient fini par faire d’elle un être aimant qui croyait en la bonté des êtres. Un peu trop peut-être.


Inventaire


Comme tous les Shardas du Sud, Oratilwe n’a pas besoin d’emporter beaucoup de choses avec elle. Elle porte un turban et des vêtements d’un bleu sarcelle, faits d’un tissu très léger, qui s’accordent en une tunique longue et une sorte de pantalon proche du sarouel. À cela s’est ajouté, au court de ses pérégrinations, une besace en peau de chèvre, à l'intérieur de laquelle se trouve une gourde en calebasse, des plantes, chacune emballées séparément, nécessaires à la fabrication des soins pour les maux les plus courants, et bien sûr les instruments nécessaires à ces préparations. Elle possède également des plantes spéciales afin de réaliser une décoction qui lui permettra de fortifier son âme et de repousser ses crises. Enfin, de la nourriture séchée, pour tenir jusqu’au prochain village ou la prochaine Oasis.


Histoire



Première Ombre

Ce second accouchement avait été des plus difficiles pour Panambi, la seconde épouse de Fakhri, le marchand d’épices ; son corps, que les traces de vie désertaient peu à peu, était froid et transpirait abondamment. Pourtant, la jeune femme était souriante ; sa fille allait vivre, et seul le désir de la voir en vie avait permis à la Saa de ne pas se laisser emporter par la mort. Elle, son mari et chacun des membres de la famille avaient veillé la pauvre petite pendant plusieurs jours, fredonnant des chants d’amour qui l’appelaient à rester parmi les siens, tout en repoussant les approches de Néphalar ; même Emem, son grand frère alors âgé de deux ans, s'était joint à eux. Ce fut au bout du dixième jour que le fils d’Elaïm sembla cesser ses avances, et que le petit être survécu. Elle fut appelée Oratilwe, celle qui était aimée, pour qu'elle n'oublie jamais ce qu'elle avait traversé. En pensant à sa fille, Panambi se tourna vers l’homme qu’elle aimait.

- Réalises-tu Fakhri, que si je n’avais pas décidé de partir de mon petit village du Saan Met, et que si tu n’avais pas été un marchand en quête de nouvelles herbes du Sud, jamais nous n’aurions pu avoir deux si beaux enfants ?

Fakhri la regarda et sourit tendrement

- Et que si tu n’avais pas eu un malaise dans l’oasis où nous nous sommes rencontrés, je ne t’aurais peut-être jamais remarquée.
- Tu sais très bien que mes ancêtres s’ennuient et comme ils sont très malicieux , ils aiment me jouer des tours, répondit-elle en riant faiblement.

Car malgré son mental d’acier qui l’empêchait de s’apitoyer sur elle-même et qui lui permettait d’être toujours volontaire, son état de santé était médiocre ; chacun des accouchements avait été une terrible épreuve. Ses yeux se fermèrent lentement, et avant de rendre son dernier soupir, elle fit l’effort de porter à ses lèvres les mains de son mari et d'y déposer le dernier baiser qu’il recevrait d’elle.


Deuxième Ombre

- Et comment dit-on … « aller au marché »
- Euh … euh attends je m’en souviens. C’est … ah oui c’est
« aller au marché »
- C’est pas plutôt « aller à le marcher » ?
- Mais non, tu dis vraiment n’importe quoi


Oratilwe et Emem, âgés maintenant de six et huit ans, se rendaient dans la cité de Siltamyr comme tous les Dermedrek, au matin ; ils allaient retrouver un vieil érudit Saa qui leur enseignait les bases de sa langue et les coutumes de son pays. Les deux petits dormaient là-bas et revenait le lendemain au soir. Ils avaient tout à fait conscience de leur chance, car étant les enfants d’un riche commerçant d’épices, de parfums et de fards, ils avaient l’habitude de vivre sans ressentir le besoin et d’avoir droit à certains avantages, comme recevoir une bonne éducation. Ils n’étaient bien sûr pas les seuls du quartier à aller chez le Muezzin Rafa pour apprendre à lire et à écrire l’alkhabirois et le kaerd (nécessaire pour les enfants de commerçants), les mathématiques et la calligraphie, un peu de géographie et d’histoire, mais surtout pour apprendre la grande et belle histoire du Dieu miséricordieux Elaïm. Ils étaient cependant les seuls à recevoir une éducation supplémentaire deux jours par semaine, liée à leur origine du côté de leur mère.

- Emem, pourquoi t’es triste ?
- J’ai encore entendu Ihsan et Papa se disputer. Et elle, elle disait du mal sur nous.
- Bwwwah !
s’écria Oratilwe avant de cracher par terre. Tu dois pas écouter la vieille fille de Néphalar et ses enfants démons !
-Mais Tila, c'est compliqué. C’est la première épouse de Papa, à cause d’elle il y a plein de problèmes.
-Parce que c’est une fille de Néphalar !
-Ça, c’est bien vrai,
répondit-il en souriant à sa petite sœur. Mais tu te souviens, quand grand-père était là, pendant la lune de Siralon ? Il m’avait regardé et il avait dit que ça se voyait que j’étais fait pour être commerçant.
-Oui c’était trop bizarre. Tu peux pas être commerçant, parce que tu t’appelles Emem ! papa dit que ça veut dire paix et que ça veut aussi dire que tu seras Muezzin.
-Oui, et je veux être Muezzin ! Mais comme je suis le premier garçon, je dois être celui qui s’occupe du commerce.
-Mais c’est nul ! Je pensais que c'était ce petit démon de Jalil qui le ferait.
-Mais je suis un peu plus vieux que lui, et pour grand-père ça veut dire que c’est moi. Mais Ihsan elle veut pas. Elle a dit … Elle a dit …


Il n’eut pas le courage de rapporter à sa sœur les mots terribles que leur belle-mère avait prononcés, mais il n’eut pas besoin de le faire, car Oratilwe s’en doutait déjà bien. Ils avaient l’habitude d’entendre celle qu’ils appelaient "la fille du Diable" les traiter d’enfants d’esclave. Certains alkhabirois, peu ouverts d’esprit, supportaient très mal les unions avec les cousins du Sud, car il était impossible de connaître leur statut social. Leur belle-mère n’était pas la seule d’ailleurs, leur demi-frère et sœurs s’en donnaient à cœur joie, comme certains autres enfants du quartier qui s’étaient ralliés à ces démons. Mais ils tenaient bon, parce que leur papa était là, et parce qu’ils étaient ensemble. Même lorsque Ihsan en prenait un à part, de temps à autres, et qu'elle accusait Tila d'avoir tué sa mère en venant au monde, ou qu'elle disait à Emem que les enfants d'esclaves n'étaient pas assez purs pour devenir Muezzin, ils trouvaient toujours le moyen de se réconforter l'un l'autre.
La peine était plus pesante cependant depuis quelque temps, car des groupes extrémistes qui ne respectaient plus les paroles d’Elaïm semaient le trouble dans tout le pays. Comme ils étaient métis, certains parents avaient tendance à croire qu’ils faisaient partie de ceux qui ne croyaient plus en leur merveilleux Dieu, et ils les regardaient d’un air sombre.


Troisième Ombre

Oratilwe se réveilla dans la charrette tirée par son père, son frère à ses côtés.

- PAPA ! PAPA ! Elle est réveillée !

Fakhri arrêta la charrette et vint voir sa fille, la peur dans les yeux.

- Comment tu te sens Tila ?

À chaque fois que la fillette avait une crise, son frère et son père devaient lui maintenir les membres afin qu’elle ne se fasse pas mal, et la retourner sur le coté afin que le mucus ne s'accumule pas dans sa bouche. La jeune enfant tombait ensuite dans un profond sommeil qui inquiétait toujours ses proches.

La famille avait toujours réussi à vivre avec les crises de Tila depuis sa naissance. Il n’était pas rare de voir le fils et le père Taoufiq porter la petite dans une petite charrette lors de longues marches au travers de la cité, afin de pallier toute crise éventuelle qui pourrait les immobiliser pendant un certain temps. Fakhri ne lui avait jamais dit, mais sa fille était une des raisons qui avait fait quelque peu péricliter son commerce. Oh pas beaucoup, bien sûr, mais c’était plutôt mal vu de garder une enfant dont l’esprit semblait être envahi par Néphalar. Pour d’autres heureusement, il s’agissait de visions envoyées par Elaïm, et il arrivait aussi que des gens viennent la voir comme une curiosité. Mais Fakhri ne supportait ni les uns ni les autres, et il avait toujours fait attention à ce que la petite ne s’approche pas de gens qu’il trouvait suspects. Il devait cependant reconnaître que les crises de sa fille étaient étranges ; il lui arrivait de soudainement commencer à trembler, si fort qu’elle tombait à la renverse et risquait de se frapper la tête contre ce qui l’entourait. Avec le temps, les crises s’étaient calmées ; il lui arrivait encore de soudainement s’arrêter avant de s’affaler, comme paralysée. Elle revenait ensuite à elle et expliquait qu’elle avait vu des images étranges que personne ne pouvait comprendre.

Mais les crises plus violentes étaient réapparues avec leur fuite. Après l’assassinat de la fille du Sultan, les répressions faites par les Immortels avaient été d’une violence inouïe à l’encontre des non-croyants. Fakhri et ses enfants croyaient en Elaïm, mais un voisin lui avait avoué avoir vu Ihsan, qui n’avait de généreuse que le nom, se rendre au poste de milice le plus proche. Le marchand d’épices avait rapidement compris les desseins de son épouse et avait décidé de fuir avant d’être embarqué par l’armée. L’agitation et la peur du départ n’avaient fait qu’augmenter le mal-être de la petite. À cela s’ajoutaient les cauchemars où des hommes habillés de noir l’enlevaient pour ensuite la brûler ; on racontait que même les enfants n'étaient plus à l’abri, puisque la Princesse elle-même avait été emportée par les flammes. Ayant presque le même âge que la princesse disparue, Tila ne pouvait s’empêcher de faire le parallèle avec sa propre existence.


Quatrième Ombre

- Tila, tu sais que tu peux pas me parler de ce que tu as vu pendant ton rite de passage !
- Je sais Emem, mais je pense que c’est vraiment important, il faut que tu m’écoutes !


Plus de trois cycles solaires s’étaient écoulés depuis que la famille Taoufiq s’était installée dans le village natal de leur mère et épouse Panambi, dans l’est du Saan Met. Leur famille maternelle les avait accueillis dans la plus grande joie et tout le village avait organisé une grande fête, composée de danses et de chants dont les deux enfants saisissaient mal les paroles. Grâce au peu d’éducation saa qu’ils avaient reçue alors qu’ils vivaient encore dans le nord, l’intégration des premiers jours n’avait pas été si compliquée. Les gens du village leur parlaient avec des mots très simples et ne leur demandaient pas encore de participer aux tâches quotidiennes du village. C’est ensuite que les choses se compliquèrent un peu. Les enfants n’avaient pas l’habitude encore de cuisiner, de s’occuper de la cueillette, de la chasse aux petits animaux ou d’autres choses encore qui faisaient partie de la vie des enfants Saa. Le corps fragile de Til l’empêchait de s’occuper des tâches requérant un minimum d'efforts physiques ; heureusement, l'éducation basique qu'elle avait reçue dans son village alkhabirois lui permit de devenir l'apprentie du sage du village. Emem, lui, avait pu rejoindre les autres garçons dans des activités qui leur permettaient d’accroitre leur force avant le rite de passage, car son tour allait bientôt arriver. C’est à ce moment-là qu’elle et son frère avaient commencé à sentir une tension grandir entre eux : Til avait toujours eu honte de sa faiblesse, mais ça ne l’avait jamais gênée outre mesure tant que son frère était à ses côtés. Maintenant qu’il se retrouvait à s’exercer avec d’autres garçons, elle se sentait mise à l’écart. Emem avait également beaucoup de mal à voir sa sœur continuer un apprentissage réservé à quelques rares élus de la tribu, car c’était lui normalement qui devait être le Muezzin de la famille, celui qui devait être le sage et l’érudit. Malgré tout, les deux enfants se trouvaient une fois de plus être deux petits étrangers dans un monde qui ne leur appartenait pas vraiment, et les disputes qu’ils pouvaient avoir étaient vite effacées par le lien indéfectible qui les unissait. Oratilwe avait peut-être été jalouse de son frère lorsque l’année suivant leur arrivée au village, il avait réussi son rite de passage et avait rejoint les guerriers du village, mais c’était déjà oublié ; elle aimait bien passer du temps avec le Shaman, car il la récompensait toujours pour sa bonne mémoire. Elle n’était sûrement pas un génie, mais elle retenait les choses assez vite et bien, ce qui enchantait son vieil ancêtre. Il avait également connu la mère de Til et Emem, et il lui arrivait de lui en parler quand il se sentait d’humeur nostalgique.

- Tu sais, elle était un peu comme toi. Elle n’était pas très forte, mais elle rêvait de voir le monde et avait décidé que ses espiègles ancêtres ne l’en empêcheraient pas.
- Nuru, pourquoi les ancêtres veulent qu'on soit différentes, Maman et moi?
- Ça, je suis bien incapable de le dire. Tu sais parfois les ancêtres aiment bien jouer, mais parfois ils ont leurs raisons de mettre des difficultés sur le chemin de leurs descendants. La faiblesse qu’il y a dans ton corps te permettra peut-être d’avoir une plus grande force dans ton esprit. Je ne sais pas de quoi ton futur sera fait Til, mais si tu dois faire de grandes choses, tu auras bien besoin d’un esprit fort.
- Mais Nuru, comment je saurai ce que je dois faire.
- Tu m’en poses bien beaucoup des questions,
répondit le vieil homme en riant. Certaines de nos filles ont la chance de voir leur destinée lors de leur rite de passage. D'autres y voient leurs plus grandes peurs, et à certaines sont révélées leur plus grand amour. Il y a également bien d'autres choses que tu peux voir, et parfois les types de visions se mêlent et s'entremêlent. Si tu ne les comprends pas, je peux bien sûr t’aider. Mais n’oublie pas qu’il vaut mieux n’en parler qu’à moi ; les messages que les ancêtres donnent à nos femmes sont précieux et ne doivent être connus que par elles.

Et lorsque le solstice arriva l’année du onzième anniversaire d’Oratilwe, les paroles du Shaman résonnaient encore dans sa tête alors qu’elle ingérait les plantes qui lui permettraient de communier avec le monde de la nature et le monde des esprits. Mais bien sûr, le rite se passa un peu différemment pour elle. Assez rapidement, elle tomba au sol et commença à convulser, les yeux révulsés. Elle tomba ensuite dans un sommeil très profond, agité parfois de spasmes, la fièvre lui collant à la peau. Son esprit était recouvert d’une couche épaisse de souvenirs, qui n’en étaient peut-être pas, elle n'en savait rien. Elle voyait une femme crier d'une douleur qu’elle ne pouvait contrôler, pour finalement se faire pourfendre de bas en haut par un petit être, ressemblant trait pour trait à Til, qui lui sortait du ventre et qui ricanait en criant "C'est moi qui ai tué Maman". Elle voyait le sang. Elle sentait ensuite la fumée. Elle voyait une troupe d’Immortels l’emmener loin de chez elle, l’attacher au-dessus d’un tas de bois auquel ils mettaient ensuite le feu. Elle sentait le feu puis sa peau se rétracter sous la chaleur, c’était atroce. Et il y avait cette petite fille qui pleurait et qui disait « je ne suis qu’une enfant, pourquoi faites-vous ça ! » et Til essayait de répondre « mais c’est moi qu’ils brûlent, pourquoi me font-ils ça à moi ? ». Les visions devinrent ensuite bien moins claires et elle sombra dans le néant. Tout ce qu’elle vit, c’était du feu encore, et au loin, un être ni homme ni femme, ni matière ni lumière, qui pleurait de rage dans son royaume empli de haine.

Puis la lumière réapparue.
Elle fut extirpée des ténèbres et entendit une voix qui s’adressait à elle dans la langue du cœur. C’était très flou pourtant. Mais elle ressentit l’amour et une partie de cette lumière environnante se logea au fond de sa poitrine. Elle vit tout Rëa. Elle ne le comprit pas vraiment, mais elle vit chacune des âmes qui peuplaient Rëa. Et plus elle les voyait, plus la lumière de son cœur était vivace. Puis, tous disparurent et lentement, elle sentit la paillasse sous son corps, puis sentit le drap humide sur son front. Les odeurs du monde réel lui apparurent plus nettes et finalement elle ouvrit les yeux.

Sa transe avait peut-être été très intense, et elle avait peut-être inquiété tout le village, mais elle n’avait pourtant duré que quelques petites heures. Le vieux Shaman était penché au-dessus d’elle, souriant.

- Alors petite Til, quelle grande chose vas-tu accomplir ?

Ce n’est que quelques jours plus tard qu’elle se décida enfin à tout révéler à son frère, malgré le tabou qui planait au-dessus d’un tel choix.

- Je pense que je dois aider les peuples de Rëa à se lier entre eux Emem.
- Mais qu’est-ce que tu racontes Tila! On est déjà unis contre un ennemi commun !
- Mais justement! On est liés aux autres seulement parce qu'on a peur des Ordhaleron. Et s’ils disparaissent? Et s’ils décidaient qu’ils ne voulaient plus faire la guerre? Personne n'aime vraiment les autres peuples. Même les Alkhabirois ne s'aiment pas entre eux! On est ici parce que des gens voulaient qu'on meurt!
- D'accord, mais ça change quoi? Tu ne peux rien faire contre ça!
- Je ne sais pas. J'ai peut-être une idée mais ...
- C'est bon, pourquoi tu hésites, tu vas pas arrêter maintenant.
- Je pense que c’est l’amour qui va tout résoudre. Je ne peux pas vraiment l’expliquer. Tu sais, j’ai vu des drôles de choses pendant le rite, et je ne me souviens pas de tout. Mais je me souviens que j'aimais tout le monde, et à cause de ça, je ne voulais pas leur faire de mal, et je ne voulais pas qu'ils souffrent. Je ne voulais pas que quelqu'un d'autre leur fasse du mal. Tu sais, j'ai réfléchi, et je me suis dit que notre existence était bizarre. Nos parents, ils viennent tous les deux de Radjyn, mais pas de la même culture. Mais ce n'était pas grave parce qu'ils s'aimaient, et alors tout allait bien. Mais Papa et Ihsan ne sont pas amoureux, et ça ne cause que des problèmes. Ihsan s'en fout si elle fait du mal à Papa, et Papa ... ben il s'en fout un peu aussi si il lui fait du mal. Et ici, au Saan Met, on aime tout le monde, et personne ne fait du mal à qui que ce soit.
- T'es un peu difficile à suivre! Et tu sais bien que tu exagères! Y'a quand-même des gens qui se font du mal entre eux ici!
- Oui, je sais pas pourquoi. Je dois encore réfléchir avec le Shaman. Mais je suis sûre que j'ai raison. Je suis sûre que la clé est là dedans. Et cela vaut pour tout le monde et je crois …,
elle hésita quelque peu à avant d’annoncer ce qu’il lui semblait être la chose la plus importante, et je crois que c'est pareil pour les Ordhaleron.

Son frère ne put lui répondre, sous le choc de cette annonce. Ils avaient tous les deux vécu dans la peur de ce peuple depuis si longtemps, qu’il lui semblait que sa sœur avait tout simplement perdu la raison.

- Je pense que je dois répandre la paix. Ça suffit pas le commerce et la peur d’un même ennemi pour unir tout le monde. Et je pense que je dois retourner à Al’Akhab et trouver un moyen de travailler au service du Sultan. Le peuple de Saan Met n’a pas besoin de moi pour vivre avec la paix des autres dans le cœur, mais le peuple du nord a besoin d’avoir un sultan fort mais qui doit aussi être doux et bon.
- Je crois que je comprends, mais tu te souviens que nous parlons du Sultan qui a failli causer notre mort il y a plusieurs cycles solaires? Comment pourrais-tu le raisonner?
- Il vivait dans la tristesse. Sa fille venait de mourir! Mais peut-être que si quelqu’un de bon avait été à ses côtés, il aurait pu agir autrement.
- Mouais ...
Le jeune garçon réfléchis un peu avant de répondre. Et peut-être que si ses conseillers, ses chefs militaires ou son Vizir avaient pu lui tenir tête, il en aurait été autrement.
- Peut-être… Attends, tu as quelque chose en tête ?
- Je pense que je comprends de mieux en mieux tout ton charabia. Je ne suis pas d’accord sur tout, mais c'est vrai que nos chefs devraient être mieux entourés. Je pense depuis plusieurs lunes à retourner un jour dans le nord moi aussi, et tu viens de me donner une bonne raison. Je pourrais mettre à profit l’apprentissage que j’ai fait ici, et me mettre au service du Sultan, dans ses armées. Et qui sait, peut-être que plus tard je pourrais devenir l’un de ses stratèges ou conseillers et je pourrais alors aider les autres de manière bien plus efficace.


Au loin, Fakhri écoutait discrètement la conversation de ses deux enfants, et se demandait comment des êtres si jeunes pouvaient déjà songer à porter le poids d’un monde si sombre sur leurs épaules. Il se revoyait le matin même, transmettre son savoir de la confection de parfums et des fards à ces enfants, comme il l’avait toujours fait. Cela avait-il vraiment une quelconque utilité ? Il regarda le sable et repensa à sa femme ; était-ce pour ça qu’ils s’étaient rencontrés ?


L'Ombre des Ombres

Il était temps de partir. Le soleil avait tourné dix-sept fois autour de Rëa depuis qu’elle était devenue une adulte, et elle sentait qu’il fallait qu’elle s’en aille rejoindre son frère et son père dans le Nord. Ils étaient partis il y a plus de sept ans déjà, mais elle était restée à Saan Met, car il lui semblait qu’elle avait encore des choses à y apprendre. Peu de temps après, le vieux Shaman du village mourut alors que Til était bien trop jeune pour le remplacer. Un messager avait été envoyé dans les villages voisins afin de trouver quelqu’un capable de prendre sa place et il avait semblé normal à la jeune fille de l’accompagner afin de trouver la prochaine âme qui pourrait parfaire son éducation. Le voyage avait été difficile, mais moins pénible que celui qui l’avait amenée dans son village. La puberté semblait avoir mis fin à ses crises, le soleil du Sud avait quelque peu renforcé son physique frêle et elle avait hérité du mental d’acier de sa Maman. Son chemin la mena jusqu’à un village plus grand, plus proche de la capitale, où le sage qui y vivait possédait une petite bibliothèque, fait plutôt rare dans le royaume. Bien sûr, le Saa n’étant pas vraiment une langue d’écriture, les ouvrages étaient en Alkhabirois ou en Kaerd. Elle réapprit donc cette langue du monde qu’elle avait oublié, et pu survoler l’histoire et la géographie de Rëa. Elle apprit bien plus en profondeur tout ce qui se rapportait à Radjyn, et fut même initiée à la calligraphie et la littérature. La vie s’était écoulée paisiblement. Elle tâchait de ne pas oublier les enseignements shamaniques qu’elle avait reçus, s’efforçait de retenir tout ce qu’elle pouvait de ce qu’elle lisait, et s’amusait encore à confectionner, à l’occasion, des parfums et des fards comme son père le lui avait appris. Les années s’étaient écoulées au rythme des lunes, et cela aurait pu continuer un certain temps si une crise fulgurante ne s’était pas déclenchée. Il y avait bien des années que cela ne lui était plus arrivé et soudainement, voilà que ça la reprenait. Mais cette fois-ci avait été bien différente des autres. Quelques temps auparavant, elle avait déjà ressenti quelque chose en elle, quelque chose de très léger qui avait pourtant provoqué un intense malaise ; elle s'était inquiétée, mais elle avait décidé de ne pas se laisser emporter par cette mauvaise impression. Elle n’y aurait même plus pensé si quelques semaines plus tard, des gens du village ne l’avaient pas trouvée à terre, saisie de convulsions, les yeux obscurcis par un voile noir et criant d’une voix anormalement rauque. Ses muscles s’étaient soudainement détendus, et une légère brume noire, presque imperceptible, s’était évaporée d’elle ; elle n’aurait pas cru à la scène si les témoins n’avaient pas été nombreux. Personne ne savait ce qu’il lui était arrivé, et elle crut qu’il s’agissait d’un mauvais tour de Néphalar, un signe qui lui faisait comprendre qu’il était temps de retourner dans le Nord. Elle repensa au Shaman et aux discussions qu'elle avait eu avec le vieil homme au sujet des visions de son rite de passage ; elle avait compris que vaincre le mal par l'amour était quelque chose de bien trop idyllique, irréalisable à l'échelle d'une vie humaine. Elle allait donc devoir trouver d'autres solutions si elle voulait arriver à un semblant d'entente entre les peuples. Il lui avait fait également comprendre que pour réaliser son destin, elle allait devoir vaincre ses peurs enfouies, ainsi qu'un mal étrange qu'il ne pouvait identifier, quelque chose qui la rongerait et qui pourrait l'empêcher d'atteindre son but. C'est donc avec une certaine peur au ventre qu'elle se mit en marche vers le Nord : comme l'avait prédit le Shaman quelques années plus tôt, quelque chose en elle avait changé. C’était impossible à définir, mais chaque parcelle de son corps semblait la mettre en garde contre une chose terrible.



Ambitions & Desseins



Devenir une émissaire de la paix
Tous les peuples sont censés être unis contre l’ennemi commun, mais la paix ne règne pas pour autant parmi les peuplades de l’alliance. Oratilwe va tenter, par tous les moyens possibles, de changer Rëa et d’en faire un monde plus pur et plus juste. Elle pense pour le moment que se mettre au service du Sultan afin de le conseiller serait une bonne idée. Reste à savoir si elle y parviendra, malgré son statut de simple citoyenne et malgré ses crises qui tentent de l’éloigner du droit chemin.

La découverte de l’origine de la magie
Pour le moment, Tila ne sait pas encore que la réapparition de ses crises est due au retour de la magie. Lorsqu’elle le comprendra, elle se rendra compte qu’il est nécessaire pour elle de trouver l’origine de la magie, afin de pouvoir se débarrasser du mal qui la ronge, et enfin continuer sa destinée sur le chemin de la paix.

La suppression de la magie
Ce but est facultatif et dépendra complètement des rencontres qu’elle fera tout au long de son périple. Si elle considère que la magie est un mal qui va à l’encontre de la paix entre les hommes, elle n’hésitera pas à trouver un moyen pour la supprimer.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : Vi ça fait un peu longtemps déjà
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Si mon perso devient à ce point important, je dois même dire que ça serait un compliment.
Moultipass : L’après-midi c’est chouette, mais les pépés d’Azzura roxxent aussi !

Je suis vraiment contente d’avoir enfin pu retrouver un forum de RPG qui tenait la route. J’espère sincèrement être à la hauteur, car la rouille a commencé à s’installer je dois dire.

Aussi, je ne sais pas si ça se fait par ici, mais comme vous l’avez remarqué j’ai également développé le personnage de mon frère, et je le mets à la disposition du forum si vous jugez qu’il peut être intéressant.


avatar
◈ Missives : 612

◈ Âge du Personnage : 79 ans, en oubliant les cinq millénaires plongés dans l'obscurité...
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Azzura
◈ Localisation sur Rëa : Azzura
◈ Fiche personnage : Baltazar Numengar / Onyria Azzura

Maître du Jeu
Baltazar Numengar

◈ Lun 31 Aoû 2015 - 13:59

Re bienvenue chère Oratilwe!

Nous souhaitons que les ambitions de ton personnage te portent aussi loin que tu le désir. Ce fut une fiche agréable à lire.

Je t'invite dès maintenant à remplir ton profil, à créer ton journal de bord en partie des Parchemins des Héros, mais aussi à formuler ta toute première demande RP si tu ne t'es pas mis d'accord avec un autre joueur. N'hésite pas a envoyer des propositions de rp via à mp, vu que les vacances sont encore à l’œuvre il ne faut pas hésiter à allez chercher les membres!


Cordialement,
Baltazar