Azzura

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Änraé Vanylhiel - Parfumeuse

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◈ Missives : 13

◈ Âge du Personnage : 117
◈ Alignement : Neutre (choix inconscient)
◈ Race : Elear
◈ Ethnie : Elear du crepuscule
◈ Origine : Ile des mirages
◈ Localisation sur Rëa : Île des mirages
◈ Magie : Magie métabolique : souvenir odorant
◈ Fiche personnage : Änraé Vanylhiel

Héros
Änraé Vanylhiel

◈ Sam 19 Déc 2015 - 1:14

◈ Prénom :  Prénom du personnage
◈ Nom : Änraé Vanylhiel
◈ Sexe : Femme
◈ Âge : 117 ans
◈ Date de naissance : Jour 1er d'Auldera, an 1011 de l'Ere de la Paix
◈ Race : Elear
◈ Ethnie : Elear du Crépuscule
◈ Origine : Ile des Mirages
◈ Alignement : Neutre (choix inconscient)
◈ Métier : Parfumeuse


Magie


Magie métabolique
Sans doute une vie dédiée au parfum du monde fut à l’origine de cette magie étrange. Imparfaite, guère maitrisée pour l’instant mais sans doute prometteuse. Elle ne ressent, pour l'heure, qu'une certaine facilité à se souvenir immédiatement de certaines odeurs. Sans doute, lorsque sa magie sera maitrisée totalement, saura-t-elle se souvenir instantanément de toute odeur qu'elle aura inspiré une fois, à condition toutefois d'en connaître la cause.


Compétences, forces & faiblesses


> Art des Sages :
(Métier engagé : Parfumeur)
- Lecture & Écriture : Avancé
= Coucher sur le papier les recettes, les notes précieuses. Parcourir une somme colossale d'ouvrages, en rédiger d'autres sur le précieux matériel, si rare pour la populace. La soif de savoir commença dans une bibliothèque et ne s'en alla jamais plus.
- Mathématique (arithmétique supérieure) : Expert
= Le calcul des proportions, la subtile retenue des chiffres dans les divisions, l'assemblage des additions, tout doit être connu sur le bout des doigts afin de parfaire le juste dosage.
- Géographie (Rëa) : Intermédiaire
= D'anciennes leçons d'enfant, la pratique est maintenant à l’œuvre et la découverte renouvelle les expériences.
- Histoire : Intermédiaire
= Des enseignements de jeunesse, quelques notions préservées dans un coin de l'esprit. Toutefois, la passion dévorante pour d'autres matières n'aura guère accordé son pardon à ce savoir.
- Alchimie : Maître
= Par le soutient des plus grands maîtres, par leur sévérité mais leur justesse, Änraé aura sublimé la maîtrise des alambiques et des fioles dans l'art délicat des parfums. Extraire les essences, les huiles ou encore les fluides de toute chose, trier les matières pour ne garder que l'excellence et le raffinement des odeurs.

> Compétences libres :
- Artisanat (Parfumerie) : Maître
= L'aboutissement de toute une vie. D'apprentie acharnée, la boutique est à présent au nom de la jeune elfe. Les parfums de sa création et de son nom, sa renommée à venir.
- Connaissance de la flore & de la faune : Expert
= Il est étrange que cette notion ne soit pas guidé par l'esprit de la chasse, mais celui des senteurs et des émois. Il s'agit de savoir connaître et reconnaître les fleurs, plantes et animaux pour leurs communions dans une fiole de parfum.


Forces :
• Grande patience
• Mémoire exercée et connaissances très étendues
• Rapidité d'analyse

Faiblesses :
• Crainte du monde exterieur, se traduisant par un renfermement sur elle-même
• Force physique faible
• Quelques difficultés à s'adapter à la vitesse d'action des autres


Physique


Lune, belle lune qui scintille, froide et distante, si fascinante dans sa robe pâle. La longue chevelure, dont la noirceur semble aspirer la moindre lumière, chute, cascade d’ombre se fondant dans la nuit la plus obscure, jusqu’à la courbe délicate des reins, cadre simple pour un visage exquis. Les lèvres sombres offrent leur mélancolie à qui veut les admirer, le nez fin s’harmonise à merveille dans ce visage pâle, les longs cils noirs ourlent de velours deux orbes claires et pensives. Oscillant entre gris perle et indigo léger, parfois plus clair, parfois plus sombre au gré de la luminosité ambiante, l’iris de ces yeux d’exception semble perpétuellement concentré sur d’autres images que nul autre ne pourrait comprendre, comme si sa réalité est toujours plus complexe que ce que le monde physique laisse apercevoir. Et sans doute nombreux sont ceux qui espèrent apercevoir ce monde à part qui se cache derrière ce qui rappelle un écran de fumée légère dont les volutes tourbillonnent autour des pupilles à la noirceur impénétrable.

Pâle. Sombre. Toute de nuances et de contradictions. Le corps entier de la demoiselle est d’un gris délicat, aux reflets presque blafards, résultat d’une lutte sans vainqueur entre ténèbres et blancheur. Les seins ronds, le ventre plat, les jambes longues, elle est une digne Elear, dont les grandes oreilles fines et pointues semblent une marque d’appartenance. Sa stature est haute, sa démarche calme et assurée. Sa haute taille, dépassant aisément les cinq pieds, s’harmonise parfaitement avec la silhouette svelte et souple. Une certaine grâce émane de ses mouvements, parfaitement maitrisés, jamais superflus. Sa voix, étonnamment douce et chantante, est posée et réfléchie, témoignant de la femme de lettres qui se dissimule sous ce visage lunaire. Car le plus étonnant chez cette belle créature, c’est l’expression lointaine, figée, l’air grave et imperturbable qu’elle arbore et qui interpelle quiconque le contemple. Il émane d’elle un sentiment d’éternité, comme si plus rien ne pouvait l’affaiblir, sage et fière qu’elle est. Ses traits sont sereins et ses changements d’expression ne se perçoivent que dans l’infime plissement des lèvres, l’insignifiant froncement de ses sourcils d’ébène, l’éclair éphémère qui traverse son regard. Si le corps semble frêle et fragile face à celui des autres races, c’est cette force sévère, cette assurance tranquille qui l’entourent qui lui donne l’air inébranlable. Elle n’est pas guerrière de corps mais plutôt d’esprit. Et même le sourire, rare mais toujours sincère, ne parvient à troubler cette étrange aura, pas plus que l’écho de son rire qui, s’il est peu connu, demeure cristallin et vibrant.

Atours, direz-vous ? Mais quels atours pour la lune ? Pourtant et comme la nuit se drape de son manteau d’étoiles, Änraé se vêt de robes simples, blanches bien souvent, à la ceinture délicatement ouvragée, épousant ses formes sans pour autant l’entraver dans une prison d’étoffe. Ses capes sont noires et longues, à l’épaisse capuche procurant une pénombre bienfaisante, dissimulant sans mal son fin visage aux yeux songeurs, ombre dans la lumière et lumière dans l’ombre.


Caractère


Austère et patiente sont sans nul doute les deux premiers mots venant à l’esprit. Son esprit a été forgé au feu de la raison, pourtant elle ne se consacre qu’à sa passion. Si certains cherchent à faire tout ce qu’ils peuvent pour ceux qui les entourent, par bonté ou pour eux-mêmes, ce n’est pas le cas d’Änraé. La pitié est une chose qui l’indiffère, mais elle n’a aucune affinité avec la violence ou la cruauté, étant de nature pacifique. Le calme. Elle ne demande que cela, ne recherche que lui. Capable de passer de longues heures enfermée dans ses ateliers ou plongée dans un livre quelconque, elle apprécie également la solitude, s’estimant capable de se satisfaire de sa propre présence, la seule qui soit véritablement sensée. Elle se protège, sans doute. De ce qui pourrait la blesser ou troubler ce monde gracieux dans lequel elle évolue et qu’elle s’est construit. En se montrant sévère, de cœur mais surtout d’apparence, alors elle peut être en paix. Elle aime l’inédit, et elle aime l’ancien. Redécouvrir de vieux secrets enfouis, se plonger dans la reconquête du passé. Et persévérer, toujours et encore, s’entêter jusqu’à ce que tout soit parfait. Apprendre, encore, toujours ! Doucement, mais parfaitement. Le temps s’adaptera aux actions, à moins que ce ne soit l’inverse ? Qu’importe. Elle n’a nul besoin de se presser alors que chaque seconde recèle des merveilles. L’éclat d’une étoile, la beauté d’une goutte de pluie, la chaleur éphémère d’un rayon de soleil trop vite parti. Elle veut savourer ce qui lui est offert, et qu’importe si cela ne convient pas à certains. Elle ne vit que pour elle et non pas pour les autres. Ni pour leurs besoins ou leurs espoirs, mais pour les siens propres.
Aussi demeure-t-elle souvent silencieuse et n’appréciant que moyennement la compagnie de ceux qu’elle ne connait pas, préférant observer posément que s’agiter en vain ou que de chercher un lien quelconque ; toutefois elle ne rechigne pas à partager une discussion sensée, un minimum intellectuelle, pouvant lui apporter de nouvelles connaissances ou informations et lui permettant  ainsi de faire travailler son esprit. De même elle s’approchera de ceux qui l’intriguent et dont elle ne parvient pas à cerner le comportement, de ces êtres également qui attirent à eux leur entourage sans même que celui-ci ne résiste plus que le papillon au feu de camp. Un peu distante, mais sans timidité, elle interrogera alors sans apparente raison, s’immiscera lentement, à son rythme comme toujours, dans l’univers de sa prise.

Si la franchise n’est pas réellement ce qui pourrait la caractériser, le mensonge ne l’est pas pour autant : elle omet de dire, souvent inconsciemment, ou retranscrit selon ce qu’elle en pense sans véritable intention de causer du tort. Comment dire la vérité quand celle-ci varie selon la pensée de chacun ? Elle n’en prêtera pas moins une profonde attention aux détails, quels qu’ils soient, car exigeante envers les autres comme envers elle-même, elle n’aime rien de moins qu’être déçue. Sauf une chose, peut-être. Elle éprouve une peur incontrôlable à l’idée qu’une blessure ou une infection puisse entrainer une perte de son odorat.


Inventaire



  • Plusieurs vêtements (robes, capes, bottes, foulards et autres), aussi bien de piètre facture que bien habillés
  • De nombreux livres, plus ou moins anciens mais toujours sources de svaoir
  • Quelques bijoux de famille
  • Son laboratoire, contenant tout le nécessaire à son travail : fioles, alambics, huiles et graisses, alcools, ingrédients divers, pilons et mortiers, cires et résines... et tout ce dont elle peut avoir besoin.
  • Un petit logement où elle vit seule




Histoire


Rayon de lune qui perça au travers de la petite fenêtre, cri de nouveau-né résonnant dans l’air froid de l’hiver au milieu des visages anxieux. La petite tête qui pointa vers le monde chercha, instinctivement, où se trouvait sa pitance, ses yeux clairs se promenant sur son environnement tandis que de vagues sons se faisaient entendre de sa part et que ses poumons se gonflaient d’air. Des bruits, des lumières, des odeurs, des couleurs, tout était nouveau. Tout était inattendu. Tout était effrayant, des formes qui se mouvaient aux souffles froids qui hérissaient le duvet de son petit corps. Mais, dans les bras rassurants de la douce créature qui l’avait mise au monde, elle ne tarda finalement pas à s’endormir, loin de ces images floues qu’elle percevait, bercée par les battements réguliers d’un cœur plein d’amour et blottie contre la peau chaude de la mère épuisée. Auldera commençait, et avec elle une nouvelle vie.

Livre après livre, toute la bibliothèque finissait engloutie par les grands yeux gris, ingurgitée par l’esprit vorace qui se dissimulait derrière les prunelles calmes. Jamais trop, jamais assez. Il lui fallait plus, toujours plus, à cette fillette calme et songeuse qui n’aimait rien tant que se blottir dans un coin de la bibliothèque familiale pour y apaiser sa soif de connaissance. Cette pièce était son sanctuaire, le refuge où elle courait dès lors que la moindre contrariété venait à bouleverser son esprit d’enfant, mais également la source de toutes ses joies. Elle en avait besoin, c’était plus fort qu’elle ; dès lors qu’une question pointait le nez, il lui fallait une réponse, complète et compréhensible, peu importait où elle devait chercher. Rapidement si la chose se pouvait, mais elle ne rechignait pas non plus à sacrifier de nombreuses heures de recherche attentive afin d’arriver à ses fins, sans rien ressentir de la frustration que peut parfois entrainer l’impatiente. Et celle qui se dénommait Änraé faisait ainsi le bonheur des anciens qui veillaient à lui enseigner le maniement de la langue mais aussi toutes les subtilités de l’esprit. Elle s’instruisait de tout avec le même enthousiasme : géographie, mathématiques, écriture, poésie… Mais surtout, surtout elle se passionnait pour un art à part ; les odeurs, qu’elles soient douces et sucrées, fruitées et gourmandes, fleuries et légères. Chacune d’elle résonnait en elle telle une note de musique singulière qui ne pouvait trouver nulle semblable sur ses terres. Elle les savourait, s’en repaissait avec enthousiasme, s’exaltant de l’arôme du pain chaud et s’enivrant du parfum délicat de l’herbe mouillée. Même la plus désagréable avait sans nul doute un rôle à jouer dans l’équilibre des choses, possédait une raison d’exister qui ne pouvait tolérer sa mise à l’écart. Et l’enfant, curieuse de tout, ne pouvait s’empêcher de chercher la réponse à ces questions existentielles.

Elle voulut, elle eut. Souhaitant perfectionner cet art qui l’attirait tant, elle supplia, tempêta, exigea de ses parents qu’ils lui offrent cette chance. Riches bourgeois, ils prenaient soin de leur progéniture tout en sachant se montrer intransigeants lorsqu’il le fallait, et même lorsqu’il ne le fallait pas ; mais la passion de la jeune fille était évidente. Si sa mère avait tout d’abord considéré cela comme une simple fantaisie qui finirait par passer, elle finit par admettre que c’était là l’œuvre de sentiments bien plus profonds qu’elle ne l’avait tout d’abord cru. Il suffisait à Anraé d’évoquer le sujet pour ses yeux s’illuminent d’une lueur inattendue, pour que son attention soit soudainement focalisée sur la conversation et qu’un sourire s’épanouisse sur ses lèvres délicates. C’était le visage d’un amour sincère non pour un autre être, mais plutôt envers une science toute particulière. Et qui peut aimer peut comprendre ce besoin de se plonger dans la source de son bonheur.
Elle apprit donc, comme elle l’avait toujours fait. Elle apprit à associer chaque parfum à un objet, à le lier aux sentiments qu’il faisait naitre. Elle apprit à travailler chaque ingrédient, à modifier subtilement une cuisson ou ajouter de la vapeur, à découvrir peu à peu ce qui se cachait dans chaque pétale de fleur et chaque sécrétion animale. Elle apprit chez des maitres, entourée de carnets de notes, de livres d’experts, de fioles et de produits variées. Elle apprit à savoir ce qui se pouvait sans s’arrêter aux frontières de l’esthétique car même ce qui semblait repoussant pour les autres pouvait se révéler un trésor pour le parfumeur. Le talent dont elle faisait preuve, alimenté par un besoin toujours plus pressant de réussir chacun des exercices qui lui étaient confiés et ce quitte à y passer plusieurs journées, lui permit d’évoluer petit à petit, pour la plus grande fierté de ses parents. Après tout, bien que ces derniers lui aient finalement offert de quoi satisfaire ses envies, ils étaient restés dans l’attente de ses résultats afin de savoir s’ils avaient opté pour le bon choix.

Les maitres qui lui enseignaient leur art étaient non seulement réputés mais également sévères et intransigeants. Il fallait être efficace sans gaspiller de matière première, savoir où aller sans le faire sur un coup de tête, être capable d’imaginer le résultat avant même de l’avoir atteint, être original tout en restant conventionnel. Le plus important restait de satisfaire la clientèle et pour cela, elle devait parfois savoir brider ses ardeurs pour répondre aux vœux des acheteurs. Ils la faisaient vivre et c’était par eux qu’elle pouvait laisser libre cours à la ferveur qui l’animait. Le reste n’avait guère d’importance. Qu’importait la fatigue lorsqu’un riche personnage commandait, à la dernière minute, un effluve unique à offrir à sa tendre épouse. La jeune femme avait encore beaucoup à apprendre malgré le temps qu’elle avait déjà passé auprès de ses professeurs, et elle fut donc finalement placée en apprentie chez l’un de ces derniers possédant sa parfumerie. Lui qui avait depuis longtemps besoin d’une aide avait trouvé en cette petite nouvelle de quoi combler ses espérances.




La rumeur courait, se propageant de maison en maison, semant angoisse et frissons d’excitation morbide. Le troisième mort, déjà, et nul coupable découvert. Leur point commun ? Leur richesse, sans aucun doute. Des familles aisées, liées de près ou de loin à certaines Hautes Maisons de la ville. Cela faisait déjà plusieurs jours que la première victime avait été découverte, et jusqu’à présent l’enquête n’avait rien donnée. Pas de trace de violence, nulle goutte de sang ; seule la certitude d’un empoisonnement existait. Toute la ville en parlait, et Änraé commençait à trouver l’atmosphère réellement pesante. La méfiance avait ressurgie aussi vite qu’un papillon s’approche d’une lumière et chacun soupçonner son voisin d’en être responsable. Comment ? Par quel moyen ? Et quelle était cette substance qui révulsait les yeux et tordait de douleur les visages ? Soupirant, elle se redressa et poussa la porte de l’atelier dans lequel elle travaillait, pour tomber nez-à-nez avec les gens d’armes. Oh… Quelle gentillesse de venir ainsi la voir. A leur simple odeur, elle manqua leur proposer de quoi cacher autant que faire se pouvait la puanteur de leur habits, mais se ravisa. Cette pensée ironique ne dura finalement que l’espace d’un instant avant qu’elle ne croise le regard du chef de la petite troupe. Ni mauvais ni cruel, mais dur, d’une sévérité qui donnait envie d’obéir sans discuter. Aussi l’apprentie accompagna-t-elle sans discuter lorsque ce lui fut demandé, le ventre serré par la nervosité et l’angoisse étincelant dans ses yeux pâles. Ils la prenaient pour une meurtrière… l’était-elle sans le savoir ?

Dormir, voilà la seule pensée qui animait la jeune femme. L’interrogatoire l’avait épuisé et le stress avait achevé de saper ses dernières résistances. Perdue, elle avait écouté sans comprendre l’assemblée des membres influant de la principale maison gérant la ville, répondu à leurs questions de sa voix douce, pour à présent attendre le verdict. Dans la fatigue et le froid. La pièce dans laquelle elle se trouvait était vide, si l’on écartait le petit lit minable et la table branlante sur laquelle reposait un broc d’eau ébréché, mais elle ne manquait pas de courants d’air. Ils s’infiltraient dans ses vêtements, rampaient jusqu’à ses jambes nues sous ses jupes, glissaient le long des murs pour murmurer à ses oreilles. Et s’il ne l’effrayait pas, il ne manquait pas de la geler. Se roulant en boule sur la couchette, elle ferma les yeux sans réussir à s’endormir. Les récents évènements tournaient et retournaient dans son esprit sans qu’elle n’ait la moindre emprise sur eux. Meurtrière. En était-elle réellement une, sans même le savoir ? Son maitre avait été déclaré comme responsable de ces meurtres. Oh, pas seul, mais les diffuseurs de parfums, également sources des empoisonnements, étaient de ses mains. Comment aurait-elle pu le savoir, elle, Änraé ? Elle ne s’occupait que des bases, les produits avant que le maitre n’ajoute la touche finale. Elle était une apprentie et rien de plus. Elle n’avait pas besoin du reste, ne devait pas s’en préoccuper.
Le bruit des pas la tira de cette tentative ratée de sommeil. Se redressant, elle dévisageant d’un air las le soldat qui attendait qu’elle le suive, la menant de nouveau dans la salle où serait rendu le verdict. Sans doute la jeune femme aurait-elle dû ressentir une anxiété, mais se trouvait totalement détachée de la réalité dans laquelle les autres souhaitaient la plonger. Elle planait doucement sur un petit nuage qui tentait de la laisser voleter au gré des vents de son imagination, petite plume poussée par des rêves de sommeil paisible et autres repos bienheureux.

Libre, enfin, mais sans maitre. La Cour avait rendu sa décision et Änraé avait été déclarée comme totalement innocente dans cette affaire. Sa médiocre position, ses rapports aussi brefs que le strict nécessaire l’exigeait, l’absence du moindre motif légitime quant à ces meurtres et le manque de savoir relatif aux poisons, tout cela sans doute avait contribué à l’innocenter. Son maitre en revanche ne parvint pas à réchapper à la justice. Au moment même où les inspecteurs avaient découverts dans son atelier personnel de quoi fabriquer les fameuses bougies empoisonnées, il était déjà perdu. Certes, plusieurs années avaient passé depuis sa dernière querelle avec les victimes de cette affaire du poison. Mais remonter le temps pour découvrir ce qui se passait dans le passé trouble de chaque suspect était un art dans lequel certains semblaient exceller, malgré des zones d’ombres qui demeuraient encore par trop importantes quant à cette étrange affaire. La lumière se faisait lentement, mais comment s’assurer de la véracité de ces faits et supputations ? Quant à la parfumerie, elle avait été récupérée par la Haute Maison gérant la ville pour une inspection plus poussée. Tout cela n’était toutefois plus du ressort de l’elfe.




L’affaire des poisons avait été oubliée. Elle remontait déjà plusieurs années en arrière et la plupart des habitants de la ville n’avait pas porté à tout cela plus d’attention qu’à un autre crime. La plupart… Pas Änraé. Comment aurait-elle pu oublier ces heures sombres passées en cellule, ces moments angoissants face à une Cour ayant le pouvoir de décider, de quelques mots, de son futur ? Comment aurait-elle pu oublier le regard froid de ses parents, n’ayant pas apprécié de voir que leur enfant se trouvait mêlée à une si sombre affaire ? Comment aurait-elle pu oublier sa propre honte et la peur qui l’avait étreinte ? Heureusement, Matra veillait sans doute sur elle à cet instant puisque l’un de ses anciens maitres l’avait contacté peu de temps après pour lui proposer de reprendre son rôle d’apprentie. Lui n’avait pas prévu d’avoir une telle « charge », d’après ses propres mots, mais il refusait de voir un tel talent gâché par un tour du destin. Après une longue hésitation, la jeune Elëar avait finalement accepté, reprenant le rôle qui était sien jusqu’à ce qu’elle parvienne à maitriser tout ce qu’il fallait. Elle se souvenait encore de ce moment si doux où son maitre était venu la voir, alors qu’elle suait sang et eau au-dessus de sa fiole, pour lui demander de venir la voir sitôt son travail achevé. La fierté qu’elle avait lue dans ses yeux quelques temps plus tard avait fait vibrer son cœur de contentement, et plus encore lorsqu’il lui avait annoncé qu’elle désormais prête à prendre son indépendance.

Fermant la porte derrière elle, la jeune femme jeta un regard sur la petite bâtisse, heureuse de sa toute nouvelle acquisition. Elle venait de terminer son installation et n’avait ouvert sa boutique qu’une semaine plus tôt, petit local manquant nettement de place et d’élégance mais enfin à elle. Elle comptait bien parvenir à une échoppe digne de son nom.
Relevant le nez vers les nuages qui s’assombrissaient, elle fronça les sourcils et accéléra. Autour d’elle se murmurait encore qu’Azzura s’était éveillée, offrant ses mystères, figés il y avait peu encore, au reste du monde. Änraé, elle, ne songeait qu’à une seule chose : qui disait nouvelle terre indiquait nouveaux produits à étudier.



Ambitions & Desseins


Découvrir tout ce qui peut l’être, apprendre autant que possible. Plus, toujours plus ! Si elle le peut, découvrir la beauté des lieux sauvages; mais surtout découvrir et réaliser LE parfum, son chef-d’œuvre, celui qui lui donnera l’impression d’être à l’apogée de sa passion, d'avoir dominé l'entièreté de ses capacités.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Yep
Moultipass : Validé par Sigvald


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◈ Missives : 2134

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mar 5 Jan 2016 - 19:22

Après tes efforts, ta patience, bien que ta fiche ait été drastiquement raccourcie suite aux analyses du staff, nous te souhaitons enfin la bienvenue ici ! Tu as une jolie plume, fluide, très facile et agréable à lire, nous sommes charmés.

Ta fiche, survolée sur un événement que ton personnage ne pouvait pas saisir dans sa complexité, me donne l'idée d'une intrigue qui va sûrement te lier avec notre charmante alchimiste Eilihel et une... Dénommée Zael. Mais tu en sauras plus lorsqu'il sera l'heure Wink.

Encore bravo à toi petite Änraé ! Que ton aventure commence.